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.VTYqj.
LA
CAMPAGNE DE 1808
EN ALLEMAGNE
PARIJI. — IM1*R1MBKIB K. CBAPBLOT BT. C*, t, RUK CHRISTINK.
PUBLIA SOUS LA DIRECTION
SECTION HISTORIQUE DE L'ÉTAT^MAJOR DE L*ARHÉE
LA
CAMPAGNE DE 1805
EN ALLEMAGNE
PAR
p'.-cV'alombert^^?^*
contrAlbur de l'administration
DB l'aRmAb
J. COUN
CAPITAINE d'aRTILLHRIB A LA 8B0TION BISTORIQUB
DB L*BTAT-lCAJOR DB L*ARlfiB
TOME TROISIÈME
1" Volume
PARIS
LIBRAIRIE MILITAIRE R. CHAPELOT et C»
IMPRIMEURS- ÉDITEURS
3O9 Rue et Passage Danphine, 30
1904
Toas droits réservés
DC
2 27
pt.l
PRÉFACE
Ce Woisième volume contient lés opérations
autour d'Ulm et en Bavîèrej c'ést^k-dire la cam-
J)agne contre Farmée autrichienne; Nous nous
§Ôtnmë8 arrêtés au îîA octobre, date où TEmpereut
réunit et reforme la Grande Ai*méë pour la marche
sUr Vienne:
NbUfe exprimons ibi la plus Vive feconnaissance
à Mi le prince de Wâgfàtn, qui a bien voulu
hous bUvrir les pt^éciëuseë archives où se trou-
Vàletit; entre autres, les lettt^es de Mack à Berthier,
sans lesquelles nous n'aurions pu écrire rhistéire
de la capitulation d'Ulm.
Le premier rôle dans les opérations autour de
cette place appartient au 6** corps, dont les divi-
sions se battent le 9 k Gûnzburg, le 11 à Haslach,
le i4 a Elchingen, le i5 devant Ulm et près
d'Albeck. Les papiers du maréchal Ney, ses registres
de correspondance étaient donc pour nous d'une
importance capitale, et nous sommes profondément
VI PREFACE.
reconnaissants à M. le prince de la Moskowa d'avoir
consenti à nous les communiquer et à en autoriser
la publication.
Nous témoignons aussi notre gratitude à M. le
comte Gudin pour la libéralité avec laquelle il a
bien voulu mettre à notre disposition les papiers
laissés par le général Gudin, qui nous révèlent
ce que fut la vie du soldat pendant cette cam-
pagne.
La correspondance du major général et celle
du général Andréossy nous ont permis d'étudier
l'organisation et lé fonctionnement des services de
l'arrière à la Grande Armée; celle du général Éblé
fait connaître en particulier le service de l'artillerie
dans un corps d'armée.
Nous n'avons pas cru devoir placer ici le réper-
toire des pièces citées. Il nous a semblé qu'il se
prêterait mieux aux divers genres de recherches
s'il se trouvait h la fin du dernier volume de
l'ouvrage et embrassait la totalité des documents
publiés.
k
Les documents qui ne proviennent pas des Archives de la
Guerre sont indiqués par les initiales suivantes :
A . iV. A rchivei natiuiutUs.
A. A. Archives de la section technique de V artillerie,
A. W. Archives de M, le prince de Wagram,
A. M. Archives de M, le prince de la Moskowa.
A, G. A rchives de M. le comte Gudin.
QUATRIÈME PARTIE
ULM
III.
INTRODUCTION
I
Le 6 octobre, la Grande Armée arrive en vue du Da-
nube ; elle le passera à partir du 7, et, en dix jours, la
manœuvre d'Ulm sera terminée. Avant d'entreprendre le
récit des marches précipitées par lesquelles Napoléon
réalisa Tenveloppement du corps autrichien, il faut faire
connaître la situation des troupes qui les ont exécutées :
« A aucune autre époque, dit Fézensac (1), excepté la
campagne de Russie, je n*ai autant souffert, ni vu Tar-
mée dans un pareil désordre. )>
Les pièces officielles viennent confirmer, autant qu41
est en elles, cette appréciation sommaire si frappante
d*un témoin oculaire.
« Il pleut beaucoup, dit le Bulletin du 40 qui raconte
le combat de Wertingen ; mais cela ne ralentit pas les
marches forcées de la Grande Armée. »
« Ce jour et les précédents, dit le Journal de la divi-
sion Priant, nous eûmes beaucoup de neige fondue et
de pluie. »
« La grande pluie qui tombe depuis ce matin, écrit
(i) Page7i.
4 INTRODUCTION.
Bernadotte, m'empêche d'aller aussi loin que j'aurais
voulu. »
Le général Thiébault écrit dans ses Mémoires : « Le 9,
une pluie aussi abondante que glaciale commença à
tomber à la pointe du jour, et tomba sans discontinua -
tîon ; les chemins se trouvaient horribles, et nous n'arri-
vâmes à Landsberg qu'à la nuit, trempés jusqu'aux os,
morfondus. » « Le lendemain, dit-il un peu plus loin,
(c c'est avec des vêtements encore mouillés et par une
neige abondante que je me jetai à cheval », etc.
« La route qui conduit de Landsberg à Memmingen
traverse de larges forêts de sapins, et nous pûmes, tout
à notre aise, en admirer les effets pittoresques sous la
neige, qui tomba sans discontinuer pendant toute la
journée du iO (1). »
Le i 1 octobre, le général Baraguey d'Hilliers invoque,
pour justifier son retard, les difficultés de la marche
dans des chemins boueux, remplis de neige, et par un
temps pluvieux.
Le Bulletin du même jour dit, en effet, que « le temps
continue à être très mauvais ; qu'il pleut encore beau-
coup », et le Journal de la division Priant affirme que le
temps fut si mauvais qu'on ne put arriver et qu'il fallut
bivouaquer au bord de la route. Bernadotte donne aussi
comme explication de son retard à atteindre Munich
< les pluies continuelles et abondantes ».
Ces averses durent encore pendant les jours sui-
vants, et le Bulletin du 15 répète que la journée a été
affreuse ; la 1'® division de dragons trouve, le 12 oc-
tobre, la Gîinz gonflée au point que les gués de ce ruis-
seau deviennent à peu près impraticables, et le Danube
emporte le pont d'Elchingen, séparant ainsi les deux
parties de l'armée au moment où l'on donne l'assaut aux
ouvrages d'Ulm.
(1) Tome III, page 420 et suivantes.
INTRODUCTION. 5
Le résultat de ce temps effroyable est, non seulement
de causer de vives souffrances au soldat, mais aussi de
pendre la marche extrêmement difficile, et d'accroître la
fatigue dans d'énormes proportions. Il est très excep-
tionnel de rencontrer et de pouvoir utiliser des chaus-
sées pavées ou ferrées ; la plupart du temps, les colonnes
suivent des chemins de terre, ou même prennent à tra-
vers champs (1). Aussi les voit- on partir le matin pour
n'arriver à destination qu'à la nuit tombante.
Ainsi le 3« corps, parti de Neubourg à S h. i/2 du
matin, et n'ayant qu'une durée d'écoulement de 1 h. i/2
ou 2 heures en temps ordinaire, n est rendu à Aichach
qu'à 5 heures du soir, et il a laissé toutes ses voitures
et son parc en arrière.
Le H, nous voyons le 4® corps partir d'Augsbourg
au point du jour et n'arriver à ses positions autour de
Landsberg qu'à la nuit close. La 3® division n'est au
bivouac qu'à 9 heures du soir. Il est vrai que les marches
sont de 9 à 10 lieues, mais encore ne mettrait-on pas,
en temps ordinaire, 13 heures pour les accomplir.
Les troupes, épuisées par ces marches ininterrom-
pues, trouvent rarement une nourriture suffisante, et ne
la reçoivent régulièrement que d'une manière tout à fait
exceptionnelle. L'Empereur rappelle bien, par un ordre
du 7 octobre, que Ton doit avoir constamment quatre
jours de pain; mais où les prendre?
« C'est avec bien de la difficulté que je suis parvenu
jusqu'à présent à procurer les subsistances à ma divi-
sion, écrit le général Bourcier le 9 octobre; depuis
quelques jours, elle n'a reçu ni pain, ni viande, et des
(i) Le 13 octobre, le chemin qui borde le Danube, entre Ulm et
ËlcbiDgeo, s'écroule dans le fleuve au passage des caissons. Des hommes
sont noyés. Ailleurs, des pièces restent embourbées pendant viugt-
quatre heures. (SchOnhals. Der Krieg 1805. Vienne, 1873, page 79 et
suivantes.)
6 INTRODUCTION.
fourrages qu'en petite quantité, surtout en avoine. Les
villages que j'ai occupés jusqu'à présent ont eu à ali-
menter les troupes qui m'ont précédé, et, par cette
raison, se trouvent presque sans ressources. »
Ce jour-là, le général Suchet peut encore fournir du
pain à sa division, grâce, sans doute, aux dispositions
prises par le maréchal Soult depuis le passage du Rhin ;
cependant, les autres divisions du 4® corps, d'après le
rapport du maréchal, manquent de pain, et la troupe
étant fatiguée par la pluie qu'elle a reçue, s'arrête à
Augsbourg pour y recevoir deux jours de vivres. « Les
troupes sont exténuées de fatigue, écrit Vandamme ;
elles souffrent surtout beaucoup du manque de vivres,
et il est bien à désirer que nous ayons enfin quelques
distributions. » On a pris heureusement un convoi de
4,000 rations qui se dirigeait sur Ulm, ainsi qu'un ma-
gasin de blé et d'avoine.
Marmont écrit aussi le 9 octobre : « Les troupes au-
raient marché immédiatement et auraient couché ce soir
à Pôrnbach, si la cruelle disette qu'elles éprouvent
n'avait pas rendu indispensable de les arrêter pour leur
distribuer quelques subsistances. Elles vont recevoir
un tiers de ration de pain et quelque peu de pommes
de terre ; après quoi elles marcheront et iront, j'espère,
à 3 lieues sur la route de Pfaffenhofen, » Le lendemain,
il récrit à Berthier : « J'ai l'honneur de rappeler à votre
souvenir nos besoins de subsistance. Ils sont extrêmes. »
Le 3^ corps s'est trouvé pendant quelque temps dans
la même situation ; mais son séjour à Aichach et sur la
Glon lui permet d'être ravitaillé : « Ce dernier séjour,
écrit Davout le 10 octobre, a fait beaucoup de bien en
permettant aux divers parcs et convois de rejoindre le
corps d'armée. » Le maréchal peut alors reprendre le
système de réquisitions régulières et de distributions
qu'il avait suivi jusqu'au 5 ou 6 octobre. Il fait requérir
des sacs de farine et de blé dans les villages, fait orga-
INTRODUCTION. 1
niser la mouture et la boulangerie daus les moulins et
fours des environs. Des postes sont placés dans ces
divers établissements pour les mettre à Tabri de la ma-
raude. Le bétail arrive aussi dans la journée du 10.
La pénurie dans laquelle se trouvaient la plupart des
corps d'armée ne parait pas étonner TEmpereur, Aux
plaintes de Marmont, Berthier répond, le 11 octobre :
(( Dans toutes les lettres que m*éorît M. le général
Marmont, il me parle de subsistances; je lui répète que,
dans la guerre d'invasion et d'expédition que fait
l'Empereur, il n'y a point de magasins; que c'est aux
généraux commandant en chef les corps d'armée à se
pourvoir de leurs moyens de subsistance dans les pays
qu'ils parcourent. Le général Marmont a eu ordre de se
pourvoir de quatre jours de pain d'avance et de faire
confectionner pour quatre jours de biscuit; il ne peut
donc compter que sur les ressources qu'il se procurera
par lui-même ; c'est ainsi que font tous les corps de la
Grande Armée, et le général Marmont connaît plus que
personne la manière dont l'Empereur fait la guerre. »
Il serait bien téméraire de rechercher s'il était pos-
sible de concilier les procédés offensifs et l'extrême
mobilité de la Grande Armée avec un système de ravi-
taillement satisfaisant ; quoi qu'il en soit, le dénùment
dans lequel les troupes se trouvaient plongées en 1805
entraînait infailliblement la maraude, le pillage et l'in-
discipline. Davout écrit le 11 octobre à Berthier :
« J'ai l'honneur de représenter à Votre Excellence
qu'il devient d'une nécessité impérieuse de prendre
promptement des mesures extraordinaires pour mettre
un frein au maraudage et au pillage, qui sont portés
au dernier excès ; les habitants de ce pays observent
avec la plus vive douleur qu'à l'époque où leur prince
était en guerre avec la France, ils ne furent jamais aussi
maltraités qu'au moment où leurs enfants et leurs pa-
rents font cause commune avec nous contre les Autri-
8 INTRODUCTION.
chiens. J'ai Thonneur de prier Votre Excellence de
solliciter de Sa Majesté Tautorisation de faire fusiller
quelques pillards; ces exemples terribles sont néces-
saires pour arrêter le mal, qui va toujours croissant. »
II n'y a pas de réponse.
Telle était la situation dans le corps d'armée le plus
discipliné; une lettre de Bugeaud à sa sœur nous révèle
comment se conduisaient les soldats de la Garde impé-
riale :
« Juge si 10,000 hommes arrivant dans un village
peuvent trouver facilement chacun de quoi manger. Ce
qui me cause encore de la peine, ce sont les vexations et
les vols que Ton fait aux paysans ; leur volaille, leur
bois, leur lard leur sont enlevés de gré ou par rapine. Je
ne fais pas ces choses-là, mais quand je suis bien afiamé,
je tolère en secret et je goûte bien ma part du vol » (1).
Après ces témoignages contemporains, nous ne pou-
vons faire aucune difficulté d'accepter les rapports ana-
logues des auteurs de Mémoires, Thiébault ou Fézensac.
« La nuit qui suivit notre départ de Memmingen, dit
le général Thiébault, porta un coup sérieux à la disci-
pline, et nous ne tardâmes pas à en avoir la preuve. Les
troupes du corps d'armée, qui par leur sagesse s'étaient
montrées jusqu'alors dignes d'avoir fait partie du camp
de Boulogne, devinrent pillardes, et même, d'après leur
adage : « L'ennemi est comme la gerbe de blé : plus on
le bat, plus il rend », elles prirent l'habitude de frapper
le paysan pour se faire livrer son argent. On ne sau-
rait croire à quel degré ils poussèrent la tactique du
pillage, etc. (2). »
Fézensac résume toutes les soufifrances et tous les dé-
sordres dans le passage dont nous avons déjà cité quel-
ques lignes :
(1) D'ideville : Le maréchal Bugeaud, tome I, page 71.
(2) Tome IIÏ, page 427.
INTRODUCTION. \)
a Cette courte campagne fut pour moi comme l'abrégé
de celles qui suivirent. L'excès de la fatigue, le manque
de vivres, la rigueur de la saison, les désordres commis
par les maraudeurs, rien n'y manqua, et je fis en un
mois l'essai de ce que j'étais destiné à éprouver dans
tout le cours de ma carrière. Les brigades et même les
régiments étant quelquefois dispersés, l'ordre de les réu-
nir sur UQ point arrivait tard, parce qu'il fallait passer
par bien des filières. 11 en résultait que le régiment mar-
chait jour et nuit, et j'ai vu pour la première fois, dans
cette campagne, dormir en marchant, ce que je n'aurais
pas cru possible ; on arrivait ainsi à la position que l'on
devait occuper, sans avoir rien mangé et sans y trouver
de vivres. Le maréchal Berthier, major général, écri-
vait: « Dans la guerre d'invasion que fait l'Empereur, il
n'y a pas de magasins ; c'est aux généraux à se pourvoir
des moyens de subsistance dans les pays qu'ils parcou-
rent ». Mais les généraux n'avaient ni le temps ni les
moyens de se procurer régulièrement de quoi nourrir
une si nombreuse armée. C'était donc autoriser le pil-
lage, et les pays que nous parcourions l'éprouvèrent
cruellement. Nous n'en avons pas moins bien souffert
de la faim pendant la durée de cette campagne Le
mauvais temps rendit nos souffrances plus cruelles en-
core. Il tombait une pluie froide ou plutôt de la neige à
demi fondue, dans laquelle nous enfoncions jusqu'à mi-
jambes, et le vent empêchait d'allumer du feu. Le 16 oc-
tobre, en particulier, le temps fut si affreux que personne
ne resta à son poste. On ne trouvait plus ni grand'garde
ni factionnaire ; l'artillerie même n'était pas gardée ;
chacun cherchait à s'abriter comme il le pouvait, et à
aucune autre époque, excepté la campagne de Russie,
je n'ai autant souffert ni vu l'armée dans un pareil dé-
sordre Toutes ces causes développèrent l'insubordi-
nation, l'indiscipline et le maraudage. Lorsque, par un
temps pareil, des soldats allaient dans un village, ils
10 INTRODUCTION.
trouvaient tentant d'y rester. Aussi le nombre d'hommes
isolés qui parcouraient le pays devint-il considérable. Les
habitants en éprouvaient des vexations de tous genres, et
des officiers blessés qui voulaient rétablir Tordre furent
en butte aux menaces des maraudeurs. Tous ces détails
étant inconnus de ceux qui lisent l'histoire de nos cam-
pagnes, on ne voit qu'une armée valeureuse, des soldats
dévoués, rivalisant de gloire avec leurs officiers. On
ignore au prix de quelles souffrances s'achètent sou-
vent les plus éclatants succès. On ignore combien,
dans une armée, les exemples d'égoïsme ou de lâcheté
s'unissent aux traits de générosité et de courage. »
Tel était l'état physique et moral de la Grande Armée
pendant le mois d'octobre 1805 ; c'est ainsi qu'on devra
se la figurer en suivant désormais, jour par jour, ses
marches forcées et ses victoires.
Il
Soult et Murât se sont arrêtés le 6 octobre à peu de
distance de Donauwœrth, mais l'avant-garde de Soult,
ou plutôt de la division Yandamme, est repartie presque
aussitôt et arrive vers 8 heures du soir à Donauwœrth.
Les 1,000 hommes du régiment J. CoUoredo qui occu-
pent la ville ne peuvent en interdire l'accès aux deux
régiments français (24<* léger, 11® chasseurs), mais ils se
retirent sur la rive droite du Danube en coupant le pont,
et, prenant position, ils empêchent par leur feu le pas-
sage des Français. Vandamme dirige alors sur le pont
de Mtinsier, à deux lieues en amont, un bataillon du 24<^
avec 2 pièces de 4, et 2 escadrons du 11® chasseurs.
Murât, de son côté, a expédié à minuit Tordre de re-
mettre en mouvement les trois divisions de dragons. La
1'®, qui est au bivouac près de Deggingen, devra se
trouver à 5 heures du matin à Mauren, pour marcher de
INTRODUCTION. il
là sur Donauwœrth par Ebermagen et Wornitzstein : la
3*, qui est à Amerdingen, s'arrêtera à 5 heures à Bug-
genhofen, et poussera des reconnaissances sur Schwar-
zenberg et Wornitzstein ; «nfin la 2« prend plus à TOuest
sur Oppertshofen, d'où elle fera reconnaître le pont de
Munster. Murât se rend à Bissingen.
Chemin faisant, il apprend Toccupation de Donau-
wœrth par les Français, ainsi que la position prise par
Tennerai devant le pont rompu. Il forme aussitôt le pro-
jet de passer par Mttnster et d'arriver sur les derrières
des Autrichiens avant qu'ils n'aient lâché pied ; la 2® di-
vision de dragons continue donc en toute hâte par Auxes-
heim et Nordheim. Les 1'® et 3* divisions restent près
de Donauwœrth avec Vandamme. Des reconnaissances
sont envoyées sur Hôchstaedt et sur Pfaffenhofen.
Pendant que la division Walther exécute son mouve-
ment, le jour est venu ; la compagnie d'artillerie légère
de Vandamme a rejoint l 'avant-garde, a mis en batterie
près du pont, et sa première décharge a décidé l'en-
nemi à se retirer sur Rain. A 10 heures, la 2« division
de dragons voit sa proie lui échapper.
Soult s'occupe de faire rétablir le pont de Donau-
wœrth ; il fait passer le Danube à un bataillon du 24« lé-
ger et, sur la demande de Murât, il rappelle celui qui
occupait le pont de Munster, le bataillon de dragons à
pied amené de Amerdingen l'ayant relevé.
La division Vandamme arrive dans l'après-midi et
prend position à l'Est de la ville. L'Empereur vient
diriger lui-même les mouvements des troupes.
Murât forme un escadron d'élite de 150 dragons de la
division Klein, en donne le commandement au colonel
Watier, du 4®dragons, et lui fait traverser le Danube en
bateau. Lui-même passe avec son escorte. Il s'élance avec
Watier sur la route de Rain, et ordonne à la division
Walther, qu'il a rejointe près de Nordheim, d'aller pas-
ser le Lech à Oberndorf, pour tourner l'ennemi s'il veut
12 INTRODUCTION.
tenir à Rain. Les Autrichiens ont en effet coupé le pont
de Rain, et ils occupent la ville, située sur la rive droite
du Lech, avec des uhlans et des fantassins. Watier dut
remonter aussi jusqu'à Oberndorf, et y fit chercher un
gué.
« Quelques tirailleurs traversaient la rivière, non sans
danger, à une demi-lieue au-dessus du village, et furent
suivis immédiatement après par tout le détachement. Ce
ne fut qu'en arrivant sur la rive gauche du Lech qu'on
aperçut Tennemi posté près d'Oberpeuchingen. Quel-
ques dragons mirent pied à terre et commencèrent à ti-
railler ; en même temps, d'autres traversèrent la rivière
et fondirent sur les vedettes, qui se replièrent aussitôt ;
le peloton des tirailleurs les ayant suivis, le colonel Wa-
tier fit mettre pied à terre à une division pour protéger
le gué en cas de retraite ; mais comme l'ennemi conti-
nuait à se retirer, il fit passer tout son détachement,
dont il cacha la faiblesse en se couvrant à propos par des
bois et des ravins.
On apercevait dans la plaine deux colonnes de cava-
lerie que l'on estimait être de 600 à 700 hommes, et plus
loin, sur le revers de la montagne, une troupe d'infan-
terie dont on n'a pas connu la force.
Le jour commençant à baisser, et la retraite de l'en-
nemi paraissant décidée, le colonel Watiçr plaça sa
troupe sur un rang et forma deux échelons, qui mar-
chaient à une assez grande distance, pour en imposer
sur leur force. On continua dans cet ordre et en s'ar-
rêtant souvent, jusqu'à ce que les tirailleurs eussent
balayé la plaine.
Il était nuit close quand le détachement arriva à une
demi-lieue de Pesenpurken, sur la route qui conduit de
Rain à Aichach ; le colonel Watier fit former ses divi-
sions; il dirigea ensuite sa troupe en colonne sur Pesen-
purken; l'ennemi ayant été aperçu, l'officier qui com-
mandait le premier peloton reçut ordre de le charger en
INTRODUCTION. 13
queue ; il n'avait pu encore l'atteindre, lorsqu'il distin-
gua en bataille, très près de lui, toute la cavalerie que
l'on avait remarquée pendant le jour; dans le même
moment l'ennemi sonna la charge et fondit sur lui avec
impétuosité.
Quelques pelotons de uhlans cherchèrent à couper la
retraite au détachement, en se prolongeant à droite et à
gauche de la route qu4ls occupaient; dans cette circons-
tance embarrassante, les officiers et les dragons, ne pre-
nant conseil que de leur propre courage, passèrent le
fossé qui les séparait de l'ennemi, et tombèrent avec
une telle ardeur sur les pelotons qui avaient presque
gagné la queue de la colonne, qu'ils les poussèrent dans
le plus grand désordre; onsonnale ralliement, mais l'en-
nemi survint en si grande force que ce ne fut que 400
pas plus loin que Ton put se former ; le détachement se
porta de nouveau en avant, mais l'ennemi avait disparu.
On se retira en bon ordre sur Rain.
Dans cette affaire, qui futextrêmement vive, les uhlans
eurent trois hommes de tués et considérablement de
blessés, à en juger par les armes des dragons, dont
grand nombre se trouvèrent ensanglantées. On leur prit
6 hommes et 8 chevaux. Les dragons eurent 1 homme
tué, 2 blessés et 8 prisonniers (1) ».
Sur l'ordre de l'Empereur, qui venait d'arriver à
Donauwœrth, Murât avait passé le Lech avec la 2® divi-
sion de dragons, quelque temps après le détachement de
Watier ; il tenta de poursuivre l'ennemi, et ne l'ayant
pas joint, revint bivouaquer en avant de Rain. Les 1"
et 3® divisions de dragons étaient restées au Nord de
Donauwœrth.
Trois régiments de la division Vandamme s'étaient
mis en marche sur Oberndorf derrière les dragons, sous
le commandement immédiat de Soult : le soir, le 57<^ bi-
(i) Journal des marches de la i'* division de dragons.
14 INTRODUCTION.
vouaque au Sud-Ouest de Nordheim ; un bataillon du
24® léger occupe Rain ; les trois autres régiments de la
division bivouaquent au Sud de Genderkingen.
La division Legrand (3«) a pris position au Nord de
Donauwœrth, entre cette ville et le village de Berg, et a
détaché un bataillon au pont de Donauwœrth ; la division
Saint-Hilaire (l'*^) est au bord du Danube, à l'Est de
Donauwœrth.
Suchet (4® division) arrive seulement à Nœrdlingen.
Les deux divisions de cuirassiers, la 1^« ayant été re-
tirée à Davout le malin même, sont au Nord-Ouest de
Donauwœrth près de Feldsheim.
Une reconnaissance de cavalerie a poussé le jour
même à Mertingen, à mi-chemin d'Augsbourg, sur la
rive gauche du Lcch ; Murât fait savoir à TEmpereur
qu'il dirige des reconnaissances sur Neubourg et Frid-
berg (village en face d'Augsbourg sur la rive droite du
Lech).
Quelques prisonniers faits à Donauwœrth ont appris
à Soult qu'il y avait là les régiments d'Erbach et de
CoUoredo, avec les hussards de Liechtenstein ; d'après
eux, et au dire du maître de poste de Donauwœrth, il se
trouvait, sur la rive gauche du Lech, un corps d'armée
assez nombreux, mais le gros des forces autrichiennes
était encore sur l'Iller, et Ulm était fortement occupé.
Maître de Donauwœrth, et jugeant que les Autrichiens
doivent encore se trouver à l'Ouest du Lcch, l'Empereur
veut « couper tout ce que rennemi aurait encore sur
riller, » A cet effet, il va diriger Ney sur Ulm par les
deux rives du Danube, pendant que d'autres colonnes se
porteront sur Augsbourg et Landsberg. Ney doit d'abord
s'emparer de Gundelfingen et de Lavingen, et tenir un
ou deux ponts sur le Danube, car si l'ennemi s'était
retiré vers l'Est, par Augsbourg et Landsberg, le 6® corps
devrait s'y porter vivement « par une marche de flanc » .
INTRODUCTION. 15
L'ordre au maréchal Ney lui prescrit de garder sa
position de Giengen ; mais cet ordre lui parvient peut-
être pendant la marche sur Donauwœrth qu'on lui
avait prescrite la veille ; quoi qu'il en soit, il porte tout
son corps d'armée sur le Danube le jour même, et il
bivouaque autour d'Hôchsttcdt ; la i'® division (Dupont)
est à Deissenhofen, tenant Morschlingen et Luzingen
avec deux bataillons d'infanterie légère, qui fournissent
des postes à Lavingen et Steinheim. La 2® division reste
près d'Hochstœdt, dont elle fait occuper le pont par
quatre compagnies de grenadiers. Elle détache deux
compagnies de grenadiers au pont de Gremheim, où se
trouvent aussi deux compagnies de la 3® division, qui
bivouaque à Blindheim. Le l*''" bataillon du 25® léger
garde le pont de Blindheim. La cavalerie légère bivoua-
que à Steinheim, et envoie des patrouilles sur la rive
droite du Danube vers Zusamaltheim, Wertingen, etc.
Au 4« corps, la division Vandamme bivouaque avec
Soult près de Rain ; Legrand et Saint-Hilaire, qui sont
encore sur la rive gauche du Danube, doivent passer le
lendemain à la première heure, d'après les ordres directs
de l'Empereur. Legrand rejoindra Soult près de Rain ;
Saint-Hilaire attendra de nouvelles instructions. La
Garde et la division Suchet, qui cantonnent à Nœrdlin-
gen le 7, doivent arriver à Donauwœrth dans la matinée
du 8 ; les deux divisions de cuirassiers doivent y passer
aussi. Le 5*^ corps se dirigera sur le pont de Munster,
que sa cavalerie légère atteint presque dans la soirée
du 7, les grenadiers étant â Amerdingen et Bissingen,
Gazan à Neresheim.
Les divisions Bourcier et Baraguey d'flilliers doivent
se diriger sur Neresheim, et l'Empereur a l'intention de
les faire continuer sur Donauwœrth.
Dans la nuit du 6 au 7, l'Empereur, ignorant encore
les événements de Donauwœrth, avait pensé à diriger
Davout sur Rennertshofen, entre le Lech et Neubourg ;
16 INTRODUCTION.
mais dans la journée du 7, il lui assigne Neubourg comme
point de passage, avec mission de prendre à revers les
troupes chassées de Rain par Soult et Murât, puis de se
rapprocher dlngolstadt pour faciliter le passage de
Bernadotte, qui aura lieu le 9. L'Empereur blâme sévè-
rement le maréchal Davout de l'abandon de ses pièces
de 12, importantes pour forcer le passage d'un grand
fleuve.
Le 7 au soir, Davout bivouaque à Mooheim, ayant son
avant-garde près de Neubourg. Marmont est à Pappen-
heim ; Bernadotte et les Bavarois sont à Weissenburg,
et leurs avant-gardes aux portes dlngolstadt.
HI
La journée du 7 n'a procuré à l'Empereur aucun ren-
seignement nouveau. Il savait que l'ennemi se portait de
Memmingen et d'Ehingen vers Ulm le 5, et devait attein-
dre cette ville le 6 ; mais le 6 au soir ou le 7, en apprenant
l'arrivée des Français sur le Danube, Mack aura pro-
bablement continué son mouvement vers l'Est sans inter-
ruption, et dans ce cas, il peut approcher du Lech le
8 octobre, et passer à Augsbourg ou Landsberg le 9.
Du reste, quelle est exactement la partie de l'armée
autrichienae qui avait poussé jusqu'à l'IUer ? Qu'y a-t-il
encore en Bavière, soit autour de Munich et d'Augsbourg,
soit aux débouchés de la Bohème ? Autant de questions
auxquelles on ne peut répondre.
Tout fait supposer, cependant, que le détachement
autrichien signalé précédemment au Nord de Ratis-
bonne est très peu nombreux ; qu'il y a une douzaine
de mille hommes en retraite de Douauwœrth sur Augs-
bourg ou Munich avec Kienmayer ; et enfin l'Empereur
pense que Mack ne reste pas à Ulm, qu'il s'efforce
INTRODUCTION. 17
d'échapper à renveloppement par la route de Landsberg
ou d'Augsbourg.
(c II est probable, fait-il écrire à Ney, que le passage
du Lecb et roccupation d'Augsbourg, qui auront lieu
dans la journée, vont enfin dégriser Tennemi. » « Il est
impossible que Tennemi, instruit du passage du Danube
et du Lech, ainsi que de l'épouvante qui a dû s'emparer
du corps de troupes qu'il avait au delà du Lech, ne
songe sérieusement à prendre le parti de la retraite. Il
esta croire qu'il essayera d'abord de la faire sur Augs-
bourg, mais bientôt il apprendra qu'il n'est plus temps,
et il tentera de la faire sur Landsberg, où, si nos troupes
arrivent à temps, il se décidera à livrer bataille, ou enfin
à se retirer dans le Tyrol ; mais il est probable qu'il
prendra le parti de combattre.
« Sa Majesté ne pense pas que l'ennemi soit assez
insensé pour passer sur la rive gauche du Danube, puis-
que tous ses magasins sont à Memmingen et qu'il a le
plus grand intérêt à ne pas se séparer du Tyrol que, dans
cette manœuvre, il découvrirait entièrement. »
Il écrit lui-même à Ney : « Je ne puis plus penser que
l'ennemi puisse avoir d'autre projet que de se retirer sur
Augsbourg ou sur Landsberg, ou même sur Fûssen.
Toutefois, il pourrait hésiter, et dans ce cas, c'est à nous
à faire en sorte que pas un n'échappe ; je ne doute pas
qu'il ne puisse revenir quelques-unes de ses forces du
Tyrol. »
Si Mack est parti d'Ulm et de Memmingen pour Augs-
bourg et Landsberg le 7 (le 6 on le signalait encore à
Ulm), c'est le 9 qu'on peut avoir à livrer bataille sur le
Lech. Aussi l'Empereur presse-t-il la marche des 2^, 3®,
4« et 5* corps pour avoir des forces suffisantes autour
d'Augsbourg le 9 au matin. Il envoie Mathieu Dumas
en mission auprès de Marmont pour hâter son mouve-
ment :
« Si le général Marmont était arrivé à Ingolstadt, vous
lu. 2
18 INTRODUCTION.
VOUS y rendrez pour lui dire qu'il est nécessaire qu'il
passe le Danube sur-le-champ ; que l'enneini est coupé ;
que dans peu de jours, il n'aura plus d'autre parti à
prendre que d'essayer de nous passer sur le corps, et,
comme il pourra réunir jusqu'à 80,000 hommes, il n'y
a pas un moment à perdre pour rassembler nos forces ».
Bernadotte, qui a le commandement supérieur du
2® corps, reçoit l'ordre suivant : « Ordonnez au général
Marmont de passer le fleuve, et de se mettre sur-le-
champ en marche pour se rendre à mi-chemin de Neu-
bourg ou d'Ingolstadt à Augsbourg ».
Davout a des instructions analogues, et l'Empereur
espère que son avant-garde sera le soir même à Aichach.
Il fait écrire par Berthier :
« L'intention de l'Empereur est que vous vous dirigiez
sur Aichach, où l'intention de Sa Majesté est de réunir
dans la journée de demain (9 octobre), tout votre corps
d'armée » ; et il ajoute dans une lettre personnelle :
« Il me tarde de savoir, enfin, que votre armée arrive ;
j'ai besoin qu'elle soit réunie demain dans la jour-
née à Aichach. Il parait que le général Kienmayer,
qui commande le seul corps qui est entre ceci et Ratis-
bonne, s'est retiré sur Augsbourg. Il est poursuivi de
telle sorte qu'il ne peut échapper. Ne perdez pas une
heure, et que j'apprenne sans retard que vous occupez
Aichach ; votre cavalerie et votre avant-garde peuvent y
être ce soir » .
C'est le corps d'armée de Soult qui forme le noyau, la
partie essentielle du dispositif. Il est dirigé de Donau-
wœrth sur Augsbourg et doit y arriver le 8 pour devan-
cer le corps de Kienmayer, puis toute l'armée de Mack ;
mais l'ordre envoyé dans la matinée par Berthier con-
tient une restriction qui vaudra, le soir, des reproches
au maréchal Soult :
« L'intention de l'Empereur est que vous dirigiez la
division du général Saint-Hilaire, celle du général Le-
INTRODUCTION. 19
grand, celle du général Vandamme et tout votre quar-
tier général sur Augsbourg ; toutefois, cependant, après
vous être assuré que r ennemi n'est pas en force à Aichach
et que M. le maréchal Davout est maître de Neubourg
et du pont de cette ville » .
La mission de Murât et Lannes est d'intercepter la
route d'Ulm à Augsbourg, et en même temps de pour-
suivre les ennemis battus à Donauwœrth :
« L'intention de l'Empereur, écrit Berthier à Murât,
est qu'avec les trois divisions de dragons et les deux
divisions de grosse cavalerie et toute l'artillerie atta-
chée à ces deux divisions, vous vous dirigiez sur Zus-
marshausen et Burgau. La division de cavalerie de M. le
maréchal Lannes marchant dans la même direction,
vous êtes autorisé à en prendre deux régiments pour
éclairer la marche de votre grosse cavalerie. Vous rece-
vrez des ordres pour éclairer la route que vous devez
tenir demain. S'il n'y a rien de nouveau, il se pourrait
que Votre Altesse reçût l'ordre de couper la route de
Landsberg à Ulm, c'est-à-dire de se porter sur Min-
delheim ».
Quant à Lannes, il doit se rendre de MUnster, où il a
passé le Danube, jusqu'à Wertingen, et pousser une
avant-garde sur la route d'Ulm à Burgau. Il se tiendra
en liaison avec Murât et Ney.
Ce dernier est chargé de surveiller les débouchés
d'Ulm vers le Nord-Est; car, malgré toutes les vraisem*
blances, l'Empereur tient compte encore d'une tentative
possible des Autrichiens pour s'échapper de ce côté ;
mais, à vrai dire, il y croit peu. Ney doit surtout s'assurer
des ponts sur le Danube et se tenir prêt à soutenir
Lannes et Murât si l'ennemi se porte vers Augsbourg.
Plus tard, l'Empereur, se confirmant de plus en plus
dans l'idée que Mack va se retirer vers le Sud-Est, or-
donnera à Ney d'occuper Gûnzbourg, de manière à se
trouver sur la route même d'Ulm à Augsbourg.
20 INTRODUCTION.
Le premier ordre, expédié à 6 heures du matin,
prescrit seulement au maréchal de « prendre une posi-
tion, soit celle de Giengen, soit toute autre, qui ait le
double avantage de garder la route d'Ulm — EUwangen
par Heidenheim et la route d'Ulm à Donauwœrth par
Gundelfingen ». Cependant, comme il est plus probable
que Tennemi est en retraite vers le Sud-Est, le maréchal
Ney doit se conserver des ponts sur le Danube pour
marcher sur Augsbourg au premier signal.
Si l'ennemi débouchait d'Uim en forces au Nord du
Danube, le maréchal Ney, tout en faisant sa retraite,
tiendrait une division sur la route d'EUwangen pour
couvrir la route d'Heilbronn à Nœrdlingen. Si Tennemi
lui offre une occasion favorable, il faut l'attaquer.
Afin de mettre le 6® corps en état de remplir cette
mission, l'Empereur le renforce de la division Gazan,
des dragons à pied et de la division Bourcier. Cet ordre
a dû parvenir à 9 heures au plus tard à Hochstaedt (1),
mais le maréchal Ney ne croit pas devoir mettre ses
troupes en mouvement.
Un second ordre, expédié à midi et qui a dû arriver
à 2 ou 3 heures, confirme le premier en prescrivant de
faire garder la route d'Heidenheim par les dragons à
pied (2). Quant au reste des troupes du maréchal Ney,
elles doivent demeurer à proximité du Danube, et il faut
occuper Gttnzbourg, où passe la route d'Ulm à Augs-
bourg, et où le 6® corps arrêterait l'ennemi, le cas
échéant.
Le maréchal Ney donne à midi l'ordre du départ et
met ses troupes en mouvement à 2 heures de l'après-
(1) De Donauwœrth à Hôchstœdt, 17 kilomètres par une grande route.
(2) Une lettre de TEmpereur pressant le maréchal Ney d'occuper Gûnz-
bourg, a été adressée par erreur au maréchal Lannes. C'est celle qui
porte le n^ 9334 de la Correspondance. Le nom du destinataire n'est ins-
crit nulle part sur l'original conser?é aux archives du duc de Montebello.
INTRODUCTION. 21
midi, de manière qu'elles n'arrivent à destination que
dans la nuit du 8 au 9. Bien qu'il ait certainement reçu
à ce moment le second ordre de Berthier, il choisit
une position qui répond aux premières instructions re-
çues : tenir les routes d'Ulm à Heidenheim et à Do-
nauwœrth ; il place les dragons à pied et à cheval près
d'HerbrechtÎDgen, la division Dupont à Hausen et à Bis-
singen (elle n'arrive qu'à 3 heures du matin), la divi-
sion Loison à Burgberg, les divisions Malher et Gazan
en arrière de Brenz et de Modliugen.
Le 59* de ligne (division Malher) occupe Gundelfin-
gen, avec trois compagnies à Lauingen et trois à Dil-
lingen; un bataillon du 22® léger (division Malher)
occupe StOtzingen et Sontheim et s'éclaire sur la route
d'Ulm; un bataillon du 6® léger (division Loison) occupe
Stetten; quatre compagnies du 9® léger (division Dupont)
occupent Nerenstetten. La cavalerie légère est en avant
du front, et un régiment de dragons à Dillingen pour
communiquer avecLannes.
La marche de la division Dupont s'était faite dans les
plus mauvaises conditions ; une foule de traînards s'éga-
raient dans la nuit ; ils eurent une escarmouche près de
Stôtzingen avec des cuirassiers et des uhlans autrichiens,
et furent recueillis, au petit jour, par quatre compagnies
du 96* et 50 hussards. A ce moment, le corps d'armée
se remettait en marche pour remplir les intentions expri-
mées par l'Empereur dans son dernier ordre.
Tandis que le maréchal Ney ne se conformait que
tardivement aux instructions de Napoléon, les trois
corps de l'aile gauche se trouvaient loin d'atteindre les
positions que l'Empereur espérait leur voir occuper
le 8.
Marmont, devant se porter de Pappenheim sur Neu-
bourg, crut avoir le temps de devancer le 1^^ corps sur
la grand'route d'Eichstaedt à Neubourg, afin d'éviter les
chemins de traverse qu'on lui avait assignés. Il arrêta
22 INTRODUCTION.
ainsi le mouvement de Bernadotte, qui dut stationner
à Eichstaedt, et lui-même ne put dépasser Nassenfels.
Quant à Davout, son avant-garde, qui se trouvait à
Rennertshofen, a passé le Danube à Steppberg dans la
matinée; détachant le iV pour assurer la liaison avec le
maréchal Soult, elle a fait surprendre le pont de Neu-
bourg par le colonel du génie Tousard et 25 hommes.
Les 150 Autrichiens qui occupaient la ville s'étant enfuis,
on répare le pont. Il est difficile de savoir à quelle heure
le 3^ corps a traversé le Danube. D'une part, le tableau
des emplacements du corps d'armée donne 10 heures
du matin pour le commencement du passage; mais
ce tableau, qui signale dans l'après-midi l'arrivée
de Marmont à Neubourg, est assez suspect ; d'autre part,
le Journal des marches de la division Priant, document
sans caractère officiel et sujet aussi à caution, déclare
que la division a quitté son bivouac de Monheim à midi.
Toujours est-il qu'à 8 heures du matin, personne n'avait
encore paru à Neubourg, et qu'à 6 heures du soir, tout
le 3® corps était au bivouac au Sud du Danube, l'avant-
garde à 2 lieues en avant, sur la route d'Âichach.
Davout a fait quelques prisonniers, d'après lesquels
le général Kienmayer aurait l'intention de tenir à Ai-
chach avec 15,000 hommes environ.
Le 4® corps, moins la division Suchet qui va arriver
à Donauwœrth dans la journée, mais accompagné de la
2® division de dragons, se porte sur Augsbourg. La 1'® di-
vision (Saint-Hilaire) prend la route directe par Mertin-
gen, les deux autres divisions d'infanterie (Vandamme
et Legrand) avec la cavalerie légère et les dragons, doi-
vent passer par Rain,Holzheim et Lechhausen; mais en
arrivant près de l'embranchement des routes d'Aichach
et d'Augsbourg, à 4 h. 1/2 du soir, nos cavaliers char-
gent un parti de 300 hulans, et Soult apprend la présence
de 5,000 à 6,000 hommes à Aichach, Se conformant à
l'ordre de Berthier, il continue son chemin vers cette loca-
INTRODUCTION. 23
lité. Parvenu à hauteur de Sainbach, il aperçoit environ
2,800 chevaux. Le 8^ hussards, le 26® chasseurs, 2 esca-
cadrons du 11<^ chasseurs et 1 escadron du 13® dragons
chargent sous la conduite de Margaron et de Sébastiani.
L'artillerie tire quelques coups de canon, mais la mêlée
se produit aussitôt et s'éloigne jusque dans Tintervalle
entre Aichach et Walchshofen. Nos cavaliers se trou-
vent alors en présence de postes d'infanterie, et s'arrê-
tent. La nuit est venue, et les troupes bivouaquent à
hauteur de Mainbach. Soult rend comptée 10 heures du
soir de cette échauffourée, et à minuit Berthier, oubliant
ses instructions du matin, lui répond : « L'Empereur
voit avec peine que vous vous soyez éloigné encore du
centre de la guerre, car vous deviez être à Augsbourg
par l'extrémité de votre gauche, c'est-à-dire que vous
deviez le dépasser sur-le-champ et faire une marche sur
Ulm ; au lieu de cela, vous êtes à une demi-marche
derrière, n
La 2« division de dragons (Walther) devait passer en
tète du 4® corps d'armée ; mais elle le trouva déjà en
mouvement à la sortie de Rain et dut en prendre la
queue, à l'exception de l'escadron du 3® dragons que
commandait Sébastiani. Arrivé à l'embranchement des
routes d' Aichach et d'Augsbourg, et voyant Soult engagé
sur la première, le général Walther déboite et marche
sur Augsbourg. A hauteur d'Affing, un détachement
ennemi est signalé et chargé. On lui prend 5 hommes
et 3 chevaux ; mais la nuit est venue, et la division de
dragons bivouaque surplace, à Affing, Gebenhofen et en
arrière. Le 10* régiment, fatigué par suite d'une longue
marche exécutée la veille et le jour même pour rejoindre,
a été laissé à la bifurcation des deux routes.
Murât s'est dirigé de Donauwœrth surZusmarshausen,
non par la route directe, mais par celle de Mertingen et
Ehingen, avec les divisions Klein, Beaumont, Nansouty ;
24 INTRODUCTION.
la division d'Hautpoul était fort en arrière. Il appelle à
lui le bataillon de dragons à pied qui gardait le pont de
Munster, et qui devra se diriger sur Zusmarshausen.
La division Klein devait former l'avant-garde ; elle
monte à cheval à 5 heures, va attendre les ordres jus-
qu'à 9 heures près du Lech, et se trouve ainsi en queue
de colonne. L'avant-garde est formée, à partir de Mer-
tingen, parla brigade de hussards du S^ corps (général
Treilhard, 9® et 10® hussards,) qui est mise sous les or-
dres de Murât par l'Empereur. Au moment où le maré-
chal arrive à Klosterholzheim, l'ennemi est signalé du
côté de Wertingen. La cavalerie légère va le reconnaître
et les quatre divisions sont rassemblées dans la plaine
d'Hirschbach. Murât demande le concours de la division
Saint-Hilaire, qui suivait la route d'Augsbourg ; mais, à
force d'hésitations, ne sachant s'il doit poursuivre dans
la direction indiquée par l'Empereur, ou répondre à
l'appel de Murât, le général Saint-Hilaire piétine sur
place, et finit par n'arriver, ni au combat de Wertingen,
ni à Augsbourg (i).
Il était 2 h. 1/2 environ quand la cavalerie légère fit
savoir que des troupes de toutes armes occupaient Wer-
tingen et les hauteurs de la rive gauche de la Zusam,
avec des postes à Gottmanshofen.
(( La position de l'ennemi ayant été bien reconnue,
S. A. S. ordonna aux troupes de se mettre en mouve-
ment. On fut obligé de passer un défilé pour arriver sur
les hauteurs de Gottmanshofen, où les divisions se mi-
rent en bataille. » La position d'attente se trouvait en
avant de Hohenreichen, et en arrière de la ligne Reals-
hofen, Bliensbach.
Le combat débuta par une fusillade : quelques hus-
sards et 60 dragons pris dans la l'« brigade de Klein,
(1) Voir les Mémoires de Thiébault, tome IIÏ, page 417, où il y a
confusion entre les événements du 8 et du 9.
INTRODUCTION. 25
attaquèrent Gottmanshofen, où se trouvait un petit déta-
chement chargé de couvrir la retraite des Autrichiens.
L'artillerie ennemie ayant ouvert le feu, la nôtre lui
répondit. Bientôt le poste de Gottmanshofen se retira
sur Wertingen, et une fusillade plus vive s'engagea à la
lisière du bourg.
Les premiers coups de canon furent entendus par le
maréchal Lannes qui, ayant passé le Danube à Munster
vers 1 heure, et ayant marché pendant deux heures, de-
vait se trouver près de Thûrheim au moment où Murât
commençait l'attaque. Pressant la marche de sa colonne,
et se portant lui-même en avant, il parvint en quelques
instants en vue de Wertingen.
Des dragons avaient mis pied à terre et s'emparaient
du pont de Wertingen pendant que les tirailleurs du
5® corps ouvraient le feu dans la plaine au Nord du vil-
lage, le long de laZusam.
Les dragons continuèrent à s'avancer pied à pied dans
Wertingen; l'ennemi semblait vouloir tenir sur les hau-
teurs en arrière, dans les vergers et les dernières mai-
sons éparpillées sur les pentes. La division Klein se diri-
gea sur Roggten pour tourner les Autrichiens par le
Sud; en même temps, Lannes s'efforçait de se glisser
derrière eux, le long des bois, avec sa brigade de chas-
seurs à cheval (Fauconnet) et la division Oudinot. Cette
double manœuvre devait aboutir à l'enveloppement
presque complet du détachement ennemi, que Ton jugeait
inférieur en nombre, et qui semblait se mettre en re-
traite.
Pendant que les colonnes des ailes commençaient ce
mouvement, nos tirailleurs arrivaient à occuper tout le
village de Wertingen, mais ne pouvaient prendre pied
dans les groupes de maisons et de vergers qui le pro-
longeaient à rOuest. Murât ordonne au 9® dragons, de
la division de Beaumont, de traverser le village au
galop pour charger ce qu'il trouverait au débouché. Ce
26 INTRODUCTION.
régiment, conduit par le général Scalfort, est arrêté par
le feu de Tennemî ; il se divise en deux parties : celle de
droite, sur la grand'route, met pied à terre, et s'engage
en tirailleurs; celle de gauche, dans la rue qui conduit à
Weinberg, parvient à déboucher, et la division Beau-
mont tout entière la suit, puis se déploie au sortir de
Weinberg.
 ce moment, la division Klein et le 10^ hussards
s'étaient engagés à TOuest de Roggten; marchant de
Gottmanshofen à Hœttlingen, sous le feu d'une batterie
ennemie postée à la Chapelle de Weiler (?) près de
Wertingen, ils avaient franchi la Zusam en file indienne
sur un mauvais pont de bois, avaient traversé Roggten
et s'étaient trouvés alors en face d'une troupe ennemie
établie à la lisière des bois de Binswang. Le 1®' dragons,
qui tenait la tète de la colonne, fut déployé le premier,
et chargea deux escadrons de cuirassiers autrichiens,
derrière lesquels on pouvait apercevoir de l'infanterie et
4 pièces de canon (1).
(1) Extrait du rapport de Murât, sur la journée du 8 octobre :
/«' régiment de dragons,
Arrighi, colonel. — A la bataille de Wertingen, ayant reçu Tordre
de charger 8Ùr les cuirassiers autrichiens soutenus par un bataillon de
grenadiers hongrois et deux pièces d'artillerie qui se trouvaient adossés
h un bois, sur une éminence et devant un marais, il exécuta, avec le
plus grand sang-froid, Tordre qui lui avait été donné par te général
de division Klein ; il porta son régiment au pas sur Tennemi, com-
manda la charge et le culbuta. Le régiment, voyant le sang-froid de
son chef et la manière audacieuse avec laquelle il se précipitait sur lui,
le suivit avec intrépidité. La mêlée dura environ 6 à 7 minutes ; cher-
chant toujours les endroits les plus périlleux, il se précipita sur Tin-
fanterie ennemie ; il fut suivi par les cuirassiers autrichiens qui Tas-
saillirent et lui portèrent trois coups de sabre. Quoiqu^il fût démonté,
il ne cessa de combattre qu'au moment où, son sang Taveuglant, il
fut retiré de la mêlée par un brigadier du régiment.
Leblanc, brigadier. — Au combat de Wertingen, quoique démonté
et mêlé avec l'infanterie et la cavalerie ennemie, il 8*est retiré après
INTRODUCTION. 27
Lorsque la mêlée des deux cavaleries se débrouilla, la
situation de dos dragons se trouva très critique, les
cuirassiers autrichiens s'étant retirés derrière leur in-
fanterie : le 1*' dragons n hésita pas à poursuivre sa
charge jusque dans le bois, où il fit encore quelques
prisonniers et enleva deux caissons, avec Taide du
40* hussards.
Le 2« et le 20® dragons suivirent le 1*'; la 2® brigade
de la division alla se former en réserve au Nord de
Zusamaltheim.
Le 2* dragons, suivant le vallon de Roggten, déboucha
à rimproviste sur la droite de Tinfanterie ennemie, et
la poursuivit sous bois en lui prenant un canon et un
avoir reçu trois coups de sabre sur la tête et a tué trois cavaliers qui
Toulaient le faire prisonnier.
Geugnot, brigadier. — Pendant la charge, il se porta sur deux pièces
de canon qui tiraient sur le régiment, blessa d'un coup de sabre au
bras un canonnier h l'instant où il allait mettre le feu à la pièce. Cette
action hardie attira sur lui plusieurs cavaliers ennemis qui le blessèrent
et des mains desquels il parvint à s'échapper.
Viset, brigadier. — Le colonel se trouvant blessé, démonté, et au
milieu de Tennemi, Viset s'empare d'un cheval, met pied à terre pour
assister son colonel (Arrighi) A monter à cheval et le retirer de la
mêlée. Entendant sonner le ralliement, il confia le colonel à un dragon
nommé Martincourt, et retourna à l'action.
Martincourt, dragon d'élite. — Étant chargé de conduire le colonel
vers l'ambulance, il rencontra un escadron ennemi qui se trouvait sur
les derrières. Trois cuirassiers de cet escadron s'étant détachés à leur
poursuite, Martincourt les combattit, en blessa deux, et donna, par ce
moyen, le temps à son colonel de se sauver.
Lanoix dit Thenot, dragon. — Etant à tirailler h pied, il reçut un
coup de feu h la cuisse ; il remonta à cheval, se trouva à la charge que
fit le régiment, y trouva un officier qui était entouré par l'ennemi,
reçut deux autres blessures et, malgré cela, ne quitta pas le régiment
pendant toute l'action.
Guion, maréchal des logis. — Se dirigea pendant la charge sur un
bataillon ennemi, arracha le drapeau et l'emportait, lorsqu'il reçut un
coup de feu qui lui cassa le bras droit et l'obligea à abandonner le
gage de sa bravoure.
ZO INTRODUCTION.
caisson. Renonçant à atteindre les fantassins dans le
bois même, ils en longèrent la lisière Sud par un chemin
assez difficile, et vinrent couper la retraite à Tennemi
entre Binswang et Eppisburg, sur la route de Gûnzbourg.
Le 20® demeura sur la lisière, entre Binswang et Zusa-
maltheim, pour recueillir les ennemis qui cherchaient
à s'échapper isolément. Le capitaine Favre, de ce régi-
ment, prit une pièce de canon.
Pendant ce temps, la division Beaumont parvenait à
déboucher de Wertingen. Le 9® dragons, remontant à
cheval, se lança rapidement sur un carré de grenadiers
ennemis qui se formait sur la hauteur, à TOuest de
Weinberg; les 5® et 8® se déployèrent sur ses deux
ailes, et le carré ennemi, entièrement enveloppé, dut
mettre bas les armes. Le chef d'escadrons Coulmier
conduisait le 8® ; le sous-lieutenant Morin, du même
régiment, prend une pièce de canon qu'il remet aussitôt
à Murât. Le sous-lieutenant Labouré, du 9®, en prend
une au même moment. Le 16® dragons, traversant
Weinberg, resta sur la gauche avec le 21® ; le 12®, dé-
passant les trois premiers régiments, vint charger l'en-
nemi le long de la grand'route, jusqu'aux bois, sous la
direction personnelle de Murât.
De ce côté, l'ennemi se trouvait pris à revers par les
grenadiers d'Oudjnot, sur le déploiement desquels nous
ne possédons aucun renseignement. La tète de colonne
put seule être engagée, le combat n'ayant pas duré plus
d'une heure, et son rôle se borna à déloger l'ennemi des
bois au Nord de la route. Deux escadrons de cuirassiers
autrichiens avaient été chargés par le 21® chasseurs, qui
marchait en tète du 5® corps. Le combat terminé, Murât
et Lannes se trouvèrent avoir fait environ 2,200 prison-
niers (1), pris 6 drapeaux et 6 canons. Les débris de la
(1) Murât en dirige, pour sa part, 1091 sur Donauvoerth, avec quatre
drapeaux. Lannes en envoie le lendemain iiOO.
INTRODUCTION. 29
division autrichienne, qui comprenait 7 bataillons de
grenadiers, 2 de fusiliers et 4 escadrons de cuirassiers,
se retirèrent dans la direction de Giinzbourg.
La brigade de hussards (Treilhard) poursuivit sa
marche le soir même vers Zusmarshausen, et alla bi-
vouaquer à Hausen. Les deux divisions de dragons
s'établirent (sans doute en cantonnements) dans les vil-
lages en arrière, jusqu'à Roggten ; Murât se tint à Wer-
tingen avec la division Nansouty. La division d'Hautpoul
n'avait pas rejoint ; celle de Saint-Hilaire se mit au
bivouac le long de la route de Wertingen à Augsbourg,
près de Brettelshofen ; Lannes établit ses grenadiers et
ses chasseurs à cheval sur la crête entre Wertingen et
Binswang.
Il y a, à la réserve de cavalerie, 19 tués et 89 blessés;
Murât dirige ces derniers sur Donauwœrth, n'ayant
qu'une ambulance très mal organisée. La division
Oudinot a une trentaine d'hommes tués ou blessés.
Le 8 au soir, l'armée forme un demi-cercle autour de
Donauwœrth, où l'Empereur se tient avec la Garde :
Bernadotte à Eichstœdt , Marmont à Nassenfels ,
Davout en avant de Neubourg , Soult à Mainbach ,
Walther entre Mainbach et Mûhlhausen, Saînt-Hilaire,
Lannes et Murât entre Wertingen et Hausen, Ney,
Gazan, Baraguey-d'Hilliers et Bourcier entre Gundel-
fingen et Heidenheim, sont à plus de 30 kilomètres et
moins de 40 de Donauwœrth.
Grâce aux différents combats livrés par les 3®, 4® et
5® corps et la cavalerie, on a pu recueillir quelques
renseignements, qui ont été transmis à l'Empereur dans
la nuit, mais auxquels il ne parait pas avoir attaché
d'importance.
Un officier pris à Wertingen affirme que le gros des
forces autrichiennes est toujours entre Ulm et Mem-
30 INTRODUCTION.
mingen ; le corps d'Auffemberg, qui a combattu à Wer-
tingen, s'est replié surUlm.
Kienmayer s'est retiré de Rain vers Aichach ; quelques
régiments sont dirigés de Munich sur Ratisbonne ; on
n'a presque rien rencontré près de Neubourg et d'In-
golstadt, et des prisonniers affirment que les détache-
ments qui occupaient cette région sont en retraite sur
rinn pour attendre les Russes. Ces derniers doivent
arriver du i 6 au 24 octobre.
On prétend, en Bavière, que l'armée autrichienne va
se retirer sur Munich.
IV
Les renseignements du 8 octobre contenaient quelques
contradictions : tandis que les prisonniers de Wertingen
affirmaient la présence de 60,000 à 70,000 Autrichiens sur
riUer, les bruits répandus à l'Est du Lech indiquaient
au contraire comme imminente la retraite de Mack vers
risar. Ces derniers avis, cependant, ne paraissaient pas
capables d'infirmer les premiers, d'autant plus qu'on
n'avait pu relever aucun vestige de la marche d'une
armée ennemie entre l'IUer et le Lech ; mais l'Empereur
n'en persistait pas moins à considérer comme plus raison-
nable l'hypothèse d'une retraite de Mack vers Augsbourg
et Landsberg, et il donnait des ordres pour resserrer
l'armée autour d'Augsbourg. Non seulement Soult et
Davout, mais Lannes par l'Ouest et Marmont par l'Est,
devaient se diriger sur cette ville. Seul, Bernadotte
serait tenu tout à fait en dehors de ce rassemblement,
et il marcherait sur Munich pour rétablir le gouverne-
ment bavarois et mettre la main sur les détachements
autrichiens égarés de ce côté. Ney devait encore observer
Ulm, mais on lui faisait savoir qu'il ne se trouvait guère
plus de 3,000 ou 4,000 hommes dans cette place, qu'il
pourrait l'emporter d'assaut, et que sa mission la plus
INTRODUCTION. 31
essentielle serait sans doute de coopérer aux opérations
de Tarmée vers Augsbourg.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre, Berthier écrit au
maréchal Ney : « Le maréchal Soult s'est porté sur
Augsbourg; il est donc essentiel que vous arriviez
promptement à Gûnzbourg, afin d'intercepter tous les
mouvements de l'ennemi d'Ulm sur Augsbourg etd'Ulm
sur Donauwœrth ; soyez très attentif, si l'ennemi ma-
nœuvre sur la rive droite, à vous porter rapidement et
parallèlement à lui. Jetez la division Gazan sur la rive
droite En un mot, vous êtes chargé d'observer le
corps d'Ulm ; s'il marche sur Donauwœrth, vous devez
le suivre ; s'il marche sur Augsbourg, vous devez éga-
lement le suivre, en vous tenant toujours sur sa gauche,
c'est-à-dire entre lui et Donauwœrth, et vous devez
toujours avoir une de vos divisions à une demi-marche
en arrière (1) pour faire votre avant-garde et pour vous
trouver toujours entre l'ennemi et Donauwœrth, si
jamais il se dirige sur cette ville » .
D'après cet ordre et les précédents, le maréchal Ney,
qui disposait de cinq divisions d'infanterie, devait en
porter une (Gazan) sur la rive droite du Danube, quelque
part entre Gûnzbourg et Wertingen, en avoir une à Gûnz-
boorg même, une autre sur la rive gauche, près de
Gûnzbourg, en réserve générale, une sur le plateau de
Bissingen et Albeck, et une vers Gundelfingen.
Le 9 au matin, la division Dupont est portée sur
Àlbeck ; celle de Loison sur Langenau, celle de Malher
à Gûnzbourg; la division Gazan, malgré l'ordre de Ber-
thier, ne passe pas sur la rive droite du Danube, et reste
à Gundelfingen, et les dragons à pied sont toujours à
(1) Berthier veut dire en arrière des fjosiiions de Bissingen et de
Gtaiibourg^ pour passer sur la rive droite à Gundelûngen et couper
la route de Donauwœrth, si l'ennemi s'y porte par Gûnzbourg et
Burgau.
32 INTRODUCTION.
Herbrechtingen. Le maréchal Ney semble donc plus pré-
occupé de la rive gauche du Danube que l'Empereur.
Dans Taprès-midî, Berthier adresse à Ney un nouvel
ordre ; il suppose que les dragons à pied ont été rappro-
chés du Danube, et il ordonne de les diriger sur Augs-
bourg avec la division Gazan. L'Empereur, en effet, se
confirme de plus en plus dans l'idée que la bataille
aura lieu près d'Augsbourg, et que Mack a quitté Ulm,
et il ne voit pas d'inconvénient à se dégarnir de ce côté :
« Quant à Ulm, écrit Berthier, il est impossible que
l'ennemi l'occupe en force ; s'il l'occupe avec 3,000 ou
4,000 hommes, envoyez une division pour l'en chasser;
s'il l'occupe avec des forces beaucoup plus considé-
rables, portez-vous-y avec toute votre armée, enlevez le
poste et faites un bon nombre de prisonniers. Immédia-
tement après, dirigez-vous, suivant les mouvements de
l'ennemi, soit sur Augsbourg, soit sur Landsberg, soit
sur Memmingen » .
Au moment où il recevra cet ordre, Ney aura livré
un combat sanglant à Gûnzbourg ; il apprendra qu'Ulm
est très fortement occupé, et sert encore de point d'appui
à l'armée autrichienne.
Dès la pointe du jour, l'aide de camp Crabbé a été
dirigé sur Albeck avec trente hussards du l®*", un ba-
taillon du 9® léger, et une pièce de 4. Il rencontre un
détachement ennemi près d'Hausen, et le repousse au
delà d'Albeck ; mais, attaqué sans doute à son tour par
des forces supérieures, et son canon démonté, il se
replie sur les bois en arrière d'Albeck, ayant eu trois
hommes tués et trois blessés.
La division Dupont le rejoignit vers 6 heures du soir.
Le général fit former le 9* en colonne sur la route, et
détacha sur ses flancs deux compagnies de voltigeurs et
deux escadrons de hussards. Les postes autrichiens se
retirèrent devant ce déploiement de force, et la division
se mit au bivouac en avant d'Albeck.
INTRODUCTION. 33
La division Loison se rendit de Burgberg à Langenau
par un chemin étroit et encaissé, et prit position der-
rière le ruisseau de Langenau.
Dans la nuit du 9 au 10, la 1" brigade (Villate) de
cette division fut dirigée sur Ober — Ëlchingen, avec
deux pièces de 8 et un escadron du 3^ hussards.
En arrivant à Unter — Ëlchingen, le général Loison
ordonna au 39® de rester en réserve sur les hauteurs
de Saint- Wolfgang.
Le 6® léger a marché en colonne sur Ober — Ëlchingen,
flanqué sur sa gauche par les quatre compagnies de ca-
rabiniers et de voltigeurs, qui côtoyaient les bois et les
marais du Danube. D'Ober — Ëlchingen, la colonne se
dirigea sur le pont. L'escadron de hussards enleva un
poste avancé et quelques hommes aventurés sur la rive
gauche ; le bataillon autrichien (de Sporck), qui devait
défendre le pont avec une pièce de canon, avait retiré
quelques madriers, de sorte que les hussards ne purent
passer; mais les compagnies d'élite du 6® léger coururent
rapidement sur les poutrelles, et l'ennemi se retira, nous
abandonnant 57 prisonniers et son canon. Nous eûmes,
de notre côté, une douzaine d'hommes tués ou blessés.
Dans la journée du 10, la division Loison occupera donc
Ëlchingen et Langenau. Le général Loison insiste pour
que Dupont se rende maître de Thalfingen, mais ce géné-
ral juge que cette opération excéderait les ordres reçus
du maréchal Ney, et Sonnois est soutenu par Crabbé.
La division Malher fut dirigée sur les ponts de
Leipheim et de Gûnzbourg, dont elle devait s'emparer;
mais, comme toujours, elle ne fut pas mise en marche
dès le matin, bien que l'Empereur eût réitéré plusieurs
fois, la veille et dans la nuit, Tordre de presser la prise
de Gûnzbourg. On n'avait fait aucune reconnaissance
des lieux.
La division forma trois colonnes : celle de droite
(adjudant-commandant Lefol, six compagnies de gre-
III. 3
34 INTRODUCTION.
hadiers, trois de carabiniers, trois dé voltigeurs et vingt
chasseurs à cheval du 10®) prît le chemin de Leip-
heim à travers les marais, s'y égara, et, au milieu de
la nuit, se retrouva à Rîedhauseû.
La coloiitie du centte (général Malher, général Mar-
cognet, trois bataillons du 25® léger, un bataillon du
27® de ligne, deux bataillons du 50® et quatre bouches à
feu), laissant un bataillon du 27® à StOtziAgen, prit par
Brenz, Sontheim et Riedhausen; arrivé aUx bois qui
bordent le Danube, Marcognet rencontm l'ennemi et le
repoussa dans l'Ile. Une compagnie de voltigeurs et deux
de grenadiers, qui l'accompagnaient, y firent 200 pri-
sonhiierâ. Le 2S® léger suivit le mouvement, puis le 27®
passa dans l'Ile à son tour, et le 50® resta seul sur la
rive gauche. Lfe 27® amenait avec lui une pièce de 8 et
utie pièce de 4 pour battre la rive droite* Le pont du
grand bras avait été rompu, de sorte qu'il fallut se
retirer dans les bois de la rive gauche après avoir subi
des pertes considérables. Les 26® et 27® eurent 6 offi-
ciers tués et 26 blessés (1).
La colonne de gauche (général Labassée^ 69® de
ligne) ftvait été plus heureuse : partie de Gundelfingen,
elle trouva en aval de GUnzbourg Un pont dont on igho-
rait l'exislehce, et dont les madriers avaient été retirés;
elle le passa sur les poutrelles, malgré le feu d'artillerie
et de mousqueterie de l'ennemi, enleva trois canons, fit
500 prisonniers et pénétra jusqu'à GUnzbourg; mais elle
fut repoussée de la ville et dut prendre position en
arrière sur la hauteur. Une pièce de 8 et un obusier
avaient préparé son passage. Trois régiments de cava-
lerie autrichienne vinrent charger le 69® dans cette posi-
tion sans pouvoir Tentamer. Il a 12 officiers hors de
combat (1).
(1) Martinien. Tableau des o/ficiers tués et blessés pendant les guerres
de r Empire, Paris, 1901.
INTRODUCTION. 35
Averti de ce succès, le général Malher arriva dans la
nuit avec la colonne du centre. Le 50® vint prendre
position près du 39«; le 23® léger et le 27® de ligne
restèrent dur la rive gauche.
Le maréchal Ney se trouvait donc avoir réalisé en
partie les intentions de l'Empereur ; il tenait l'un des
ponts de Gûnzbourg ; mais Gazan était encore sur la rive
gauche du Danube, à Gundelfingen, et Baraguey-d'Hil-
liers en arrière d'Herbrechtingen, hors d'état de passer
le lendemain sur la rive droite. Les événements du 11
montreront que les trois divisions laissées sur la rive
gauche pouvaient, en effet, y être indispensables.
Le maréchal rendit compte, le soir, du combat de
Gûmsbourg, où nous avions fait 800 à 900 prisonniers et
pris cinq bouches à feu. Nous avions eu 300 hommes tués
ou blessés; le colonel Lacuée, chef du 69®, avait été tué.
Le rapport du maréchal contenait des renseignements
importants :
« L'etmemi est plus fort à Ulm qu'on ne V avait cru;
il a reçu à Gûnzbourg un renfort de iSOO hommes
Les renforts arrivés à l'ennemi viennent de Schaffhouse ;
il parait qu'Ulm formera le flanc gauche de sa ligne de
bataille. »
L'Empereur avait ordonné au maréchal Lannes, dans
la mâtinée, de se porter jusqu'à Zusmarshausen et de
là sur Augsbourg. Le maréchal ne put, heureusement,
dépasser Zusmarshausen, et se trouva ainsi moins éloi-
gné d'Ulm que l'Empereur ne l'avait ordonné. Lannes
avait, d'ailleurs, des nouvelles récentes de Ney, le 9 au
soir, car ses patrouilles avaient rencontré celles de la
division Malher sur les avenues de Gûnzbourg; il était
persuadé que Mack finirait par prendre la route d'Augs-
bourg, mais qu'en attendant, il était toujours à Ulm,
avec l'intention « de faire quelques mouvements contre
le maréchal Ney ». Cette opinion devait engager le ma-
réchal Lannes à ne pas hâter son mouvement vers l'Est
30 INTRODUCTION.
et à se tenir plutôt à portée de soutenir le 6^ corps.
Aussi place-t-il une brigade de ses grenadiers sur la
route de Zusmarshausen à Gunzbourg, en échelons,
de manière à se porter facilement d'un côté ou de
Tautre. Les deux autres brigades sont, non pas dans
la direction d'Augsbourg, mais au Sud de Zusmars-
hausen.
Berthier avait fait à Murât diverses recommandations
à 2 heures du matin; il ne lui donnait pas de nouvelle
destination, mais il se montrait uniquement préoccupé
de la liaison de Lannes avec Soult, non avec Ney : « Cer-
tainement Tennemi devrait être en marche d*Ulm sur
Augsbourg, et dans ce cas-là, il faut que M. le maréchal
Soult soit prévenu, et que ce maréchal et le maréchal
Lannes soient réunis ensemble. Si Tennemi est en force,
il ne faut pas que M. le maréchal Lannes engage une
affaire sérieuse, qu'il ne soit réuni avec le maréchal
Soult. »
« Placez le maréchal Lannes, écrit l'Empereur à
Murât, de manière que si demain, à la pointe du jour,
Augsbourg était attaquée, les trois divisions de ce maré-
chal puissent s'y porter. »
Conformément aux ordres de l'Empereur, Murât plaça
ses divisions entre Zusmarshausen et Augsbourg, les
hussards seuls restant à l'Ouest et au Sud (le 9® à Glolt-
weng, le lO** à Steinkirch).
A 3 heures de l'après-midi, on entendit la canonnade
de Gtinzbourg. Murât fit porter de ce côté une brigade
de grenadiers et le 9® hussards, et s'y rendit lui-même
avec le 26® dragons. Il trouva un détachement ennemi
sur la route de Burgau, en avant de Rosshaupten, et à la
nuit close, les grenadiers s'emparèrent de ce village.
Sur l'autre rive du Lech, le maréchal Soult reprend
la route d'Augsbourg après son combat d'Aichach, mais
il ne croit pas que l'ennemi puisse encore essayer de
battre en retraite sur Augsbourg, et il demande à se
INTRODUCTION. 37
porter jusqu'à Landsberg, où il est plus vraisemblable
que Mack cherche une issue. La prochaine arrivée de
Davout à Augsbourg assurerait l'occupation de cette
ville à tout événement. Recevant les reproches de
Berthier pour sa marche sur Aichach, il lui rappelle
que ce détour était conforme aux ordres que le Major
général lui avait expédiés.
Le 4* corps arrive à Augsbourg vers midi, et y reprend
la division Saint-Hilaire. Les Irois divisions d'infanterie
et la division de dragons Walther bivouaquent en demi-
cercle autour de la ville, au Sud, tenant les routes de
Memmingen, Mindelheim, Landsberg et Munich. Les
reconnaissances du général Vandamme ont su, par des
voyageurs, que l'armée autrichienne était encore sur
riller, entre Ulm et Memmingen.
La Garde impériale est à Augsbourg. L'avant-garde
de Davout atteint Aichach. De ce côté, on n'a pas de
nouvelles de la principale armée autrichienne; on sait
que le général Kienmayer réunit 15,000 à 20,000
hommes derrière l'Isar.
Marmont a reçu l'ordre de se diriger aussi sur Augs-
bourg, mais il est obligé de s'arrêter pour nourrir ses
troupes, et il ne dépasse guère Neubourg. Bernadotte,
qui, seul, ne participe pas à la concentration projetée
vers Augsbourg, doit se diriger vers Munich ; mais il n'a
pas encore traversé Ingolstadt.
Ainsi, le 10 au matin, nous trouvons Bernadotte à
Ingolstadt, Marmont à Neubourg, Davout à Aichach;
Soult, la Garde, Nansouty et Walther à Augsbourg; le
grand quartier général à Donauwœrth; l'Empereur à
Zusmarshausen avec Murât et Lannes; enfln le corps de
Ney disséminé depuis Albeck jusqu'à Gundelfingen.
38 INTRODUCTION.
La division Malher est passée sur la rive droite du
Danube à Gtinzbourg, et s'échelonne depuis cette ville
jusqu'à Leipheim ; Loison, qui a combattu pendant la
nuit à Elchingen, a rassemblé de nouveau sa division à
Langenau. Dupont est à Albeck, Gazan à Gundelfingen.
La cavalerie légère est à la droite de Dupont.
Les dragons à pied ont passé la nuit à leur bivouac
d'Herbrechtingen et ils reçoivent Tordre de se porter à
Stôtzingen, détachant treize compagnies à Bren^, Lon-
thal, Sontheim et Môdlingen (1). Bourcier ne laisse que
deux régiments au général Dupont, et porte les quatre
autres à Langenau.
Certain d'avoir devant lui beaucoup plus de 3,000 &
4,000 hommes, le maréchal Ney veut procéder à Tin»
vestissement d'Ulm avec tout le 6® corps. Il rend compte
à Berthier, dans la journée, des ordres qu'il donne pour
le lendemain ;
(( Je viens de donner ordre :
(( Au générai Dupont de s'approcher d'Ulm et den
faire le blocus par la rive gauche du Danube ; je lui
laisse deux escadrons du l^'' hussards et deux régi-
ments de dragons de la division du général Bourcier ;
a Au gépéral Loisop, de partir sur-le-champ de sa
position de Langepau, pour venir s'établir au-dessus de
Gûnzbourg dans la direction de Leipheim (2) ; quatre
(1) La force et la dissémi Dation de cette division seront bientôt mises
en cause, à propos du combat d'Haslach. Nous rappelons qu'elle com>
prenait 4 régiments à 2 bataillons de 6 compagnies; mais les hommes
non montés des 22®, 25®, 26« et 27« dragons n'avaient pas encore
rejoint, ce qui réduisait la division k 40 compagnies. D'autre part, un
bataillon était détaché avec Murât, ce qui réduisait la division à 34 com*
pagnies, dont 21 seulement aux bivouacs de Stôtzîngen. L'effectif de
la division était de 5JO0 hommes, dont 5,500 présents, 4^,900 en
déduisant le bataillon laissé à Murât, et 3,000 seulement aux bivouacs
de Stôtzingen, 1900 étant détachés.
(2) Après avoir envoyé ce premier ordre, Ney prépara une lettre par
INTRODUCTION. 39
régiments de dragons commandés par le général Bour^
eier ont ordre de le suivre, ainsi que le 3^ bussardsi ^t I0
iO^ régiment de chasseurs à cheval.
« Je laisse à StOtaingen la division de dragons A pied,
ainsi que la. division Gavan à Gundelfingen, pour pou-*
voir se porter sur la rive droite du Danube, soit par
Gtinabourg, soit par Lauiugen ou DillingeA, »
Mais déjà ces dispositions ne répondent plus à Tidée
que r^mpereur se fait de la situation : les rapport^ de
Ney et de VaQdammQ, et d'autres p^ut-ôtre, Tout enfin
convaincu de la présence d'un corps enuemi sur TlUer,
mais quant au gros de Tarmée autrichienne, il parait re-
noncer à l'envelopper ; sa manœuvre se trouve peut-être
déjouée par x\m retraite précipitée de Mack vers le;
Tyrol? Il jie sopge plus qu'à se rapprocher de MuAÎçb
pour recueillir des repseignements sur la marche dei^
troupes russes et bousculer Kienmayer, le seul général
aqtrichieu dont on tienne la piste.
Napoléon va diviser la Grande Armée en trois groupes :
la gauche, composée du 1®' corps et des Bavarois, se
porte sur Munich ; le centre, formé par les 2®, 3® et
4® corps et deui^ divisions de cavalerie, restera sur le
Leçh ; enfin, la droite, qui comprendra les 5® et 6® corps
et le reste de la cavalerie, va en finir avec les forces
enneinies demeurées sur TlUer. Comme cette partie de
l'armée sera très éloignée de Napoléon, s'il va jusqu'à
Munich, il en douQe le commandement à Murât.
l4'15ippereur 11'^ plus de la situation une idée au^si
fausse que la veille, mais il est eQcore loin de la vérité :
laquelle il laissait le choix à Loison de ▼enir passer à Gûosbourg ou de
passer à Ober-ElchiDgeu. Si Loison s^en était tenu à cette seconde déci-
sion et avait choisi le passage par Elchingeni la situation de Dupont
et celle de toute Varmée s'en serait trouvée singulièrement plus favo-
rable le H. D'ailleurs, la lettre faite, Ney décida de ne pas l'expédier
et rédigea un second ordre, laissant également le choix entre Gûnz-
bourg et Blchingen.
40 INTRODUCTION.
il n'admet pas que le gros des forces ennemies soit resté
sur riUer, puisqu'il pense à se diriger sur Munich, et
ce n'est pas à Ulm qu'il cherche le corps autrichien
dont Ney et Yandamme lui ont démontré l'existence.
C'est vers Memmingen, ou plutôt entre cette ville et le
Danube, qu'il croit trouver l'ennemi ; aussi ordonne-t-il
d'abord à Murât de se porter à Mindelheim avec la cava-
lerie et le 5® corps.
Ney se trouvera sous les ordres de Murât, mais il
commencera par enlever Ulm, et l'Empereur lui donne
directement des ordres pour cette opération :
« Il reste actuellement à prendre possession d'Ulm,
ce qui est important sous tous les points de vue. Sa
Majesté vous laisse le maître de marcher comme vous
l'entendrez pour arriver à ce but : cernez, dans la journée
de demain, Ulm. Les dragons à pied continueront à
rester sous vos ordres ; vous les placerez à Gtinzbourg
sur l'une et l'autre rive, et ils seront en position de se
porter oCi ils pourraient être nécessaires.
« Immédiatement après qu'Ulm sera pris, vous n'at-
tendrez pas de nouveaux ordres pour agir ; vous y lais-
serez un officier du génie pour achever les travaux que
les Autrichiens ont commencé ; vous vous dirigerez sur
Memmingen ou sur tout autre point où se serait porté
l'ennemi et le suivrez le plus possible
« L'Empereur vous recommande de faire marcher et
de faire donner vos divisions en masse. Vous pourrez
laisser la division de dragons à pied à Ulm, et, selon
les circonstances, vous êtes autorisé à ne laisser à Ulm
qu'une partie de cette division et à faire marcher le reste
avec vous pour servir de réserve.
« Comme l'Empereur va se porter à Munich, où nos
troupes arrivent ce soir, afin d'y attendre les Russes qui
viennent de déboucher, il laisse le commandement de
toute la droite, consistant dans le corps du maréchal
INTRODUCTION. 41
Lannes, du vôtre et de la réserve de cavalerie, au prince
Murât. »
La division Gazan est replacée sous les ordres du
maréchal Lannes, qui doit se porter sur Mindelheim
le 11, ainsi que la réserve de cavalerie, à l'exception
des cuirassiers et de la division Walther, qui opèrent
avec le maréchal Soult.
VI
Le maréchal Ney envoie ses ordres pour le 11 à une
heure avancée de la soirée du 10. Us sont ainsi conçus,
en ce qui concerne la 1'® division du 6® corps :
« La 1" division, aux ordres du général Dupont, blo-
quera Ulm sur la rive gauche du Danube ; on lui trans-
mettra une instruction particulière »
Cette instruction est la suivante :
« Vous voudrez bien, mon cher Général, resserrer la
place d'Ulm autant que vous le pourrez, et faire une
sommation au commandant au nom de Sa Majesté
l'Empereur des Français et Roi d'Italie. Il est très impor-
tant que vous poussiez demain votre droite jusque sur
la Blau, où elle sera appuyée. Vous occuperez les hau-
teurs boisées en arrière d'flaslacherhof, et vous vous
concerterez avec le général Baraguey-d'Hilliers, colonel
général des dragons, sur le placement le plus avanta-
geux de ses dragons k pied, qui doivent soutenir votre
division et en former la réserve.
Vous devez éviter, mon cher Général, de compromettre
votre division contre des forces supérieures et de la trop
morceler. Toutes les communications qui conduisent
d'Ulm à vos postes devront être fortement gardées, vos
postes bien retranchés et couverts d'abatis.
Il en sera de même de la réserve des dragons à pied.
Vous vous établirez à Haslach et ferez occuper Thal-
fingen, si vous le jugez nécessaire.
42 INTRODUCTION.
Vous établirez un rassemblement général des deux
divisions de concert avec le général Baraguey-d'Hilliers,
et me ferez connaître le lieu que voua aurez fixé ; après
que vous vous serez concerté avec ce général, vous
pourrez me proposer une position plus concentrée sous
Ulm, afin qu'en cas d*événement vous puissiez vous sou-
tenir mutuellement. »
Le 11 au matin, une troisième instruction était encore
envoyée au général Dupont ; le Maréchal lui recomman-
dait de se munir d'échelles et de tous les agrès néces-
saires pour escalader les muraillan d'Ulm. « L'ennemi»
ajoutait-il , est frappé d'une terreur dont il y a peu
d'exemples; il se retire sous Bibera,ob pour pouvoir se
sauver parle hfiut Tyrol, toutes retraites lui étaut cou-
pées sur Kempten et Fûssen ; il est donc probable que
Tarchiduc Ferdinand n'aura laissé qu'une faible garnison
à Ulm, avec ordre de tenir jusqu'à la derpière extré-
mité ; mais nos préparatifs et nos menaces décideront
sans doute le commandant à se rendre sans courir les
risques d'un combat. »
Le maréchal Ney était dope entré complètement dans
les vues de l'Empereur, et c'est avec raison que le
général Dupont a pu écrire plus tard (Lettre à M. le
comte D et Spectateur militaire de mars 1840) :
M La circonstance la plus remarquable se pré-
sente en ce moment. Napoléon, en pénétrant dans la
Bavière, croit que Farchiduc Ferdinand se retire sur les
frontières de l'Autriche, et ce prince, placé sur la gauche
du Danube, pense que son ennemi est sur la même rive
avec 9es principales forces. Cette méprise mutuelle va
rendre les chances des opérations plus grandes, et pré-
cipiter les évéqements de la campagne. J occupais le
camp d'Albeck depuis deux jours, lorsque je reçois
l'ordre de me porter sur Ulm, de bloquer cette place, et
de préparer les moyens de l'attaquer de vive force. Les
autres divisions du 6* corps devaient exécuter la même
INTRODUCTION. 43
opérfttioa sur la rive droite du Danube. Cet ordre était
l'effet de Terreur qui régnait sur la position de Tennemi.))
(l'ordre de n^ouvement du 6^ corps comprenait, en ce
qui concerne les dragons à pied, les prescriptions sui^
vantes :
c( Les dragons à pied partiront sur^le-obamp de
Stôtxingen et se dirigeront par Langenau en arrière
d'Albeck, où ils soutiendront la division Dupont. Les
détachements des dragons à pied rejoindront leurs corps
à Albecli. »
Cet ordre, écrit dans la nuit, devait, selon toute vrai-
semblance, arriver à Stôtidngen au point du jour, car il
n'y a que 10 kilomètres de Gûnzbourg à Stôfzingen; le
maréûbal Ney était en droit de supposer que le général
Baraguey-d'HilUers se mettrait en mouvement dans la
matinée et serait rendu à Albeck vers midi pour se
porter sur Ulm avec le général Dupont. De Stoteingen à
Albeck, il y a environ quatre lieues.
Les 2« et 3® divisions du corps d'armée, ainsi que le
gros de la division Bourcier et de la cavalerie légère,
devaient se porter sur Ulm par la rive droite du Danube.
La 3« devait se porter de Gttnzbourg sur Ulm par Leip^-
heim, et commencer son mouvement à 8 heures du
matin. La 2« division devait passer à Elchîngen ou à
Gûnzbourg, prendre position à Falheim ou à Leipheim,
puis suivre le mouvement de la 3®.
C'est à 3 heures du matin que le chef d'escadrons
Rippert, de l'état-major du 6® corps, partit de Gûnzbourg
porteur des ordres destinés à Baraguey-d'Hilliers et à
Dupont; il lui était prescrit de se rendre d'abord à
Stôtzingen, puis à Albeck; mais aucune précaution
n'ayant été prise pendant les journées précédentes pour
jalonner Titinérâire de Gûnzbourg à StOlzingen à travers
le Donau Moos, cet officier s'égara, prit à gauche et, après
avoir erré dans les marais, finit par se trouver près de
Langenau et d 'Albeck, quand le jour parut. Il jugea dès
44 INTRODUCTION.
lors qu'il valait mieux remettre d'abord au général
Dupont Tordre qui le concernait, ce qui fut fait vers
8 heures du matin; puis il se rendit à Stôtzingen. Il
arriva sans doute dans ce village un peu avant 11 heures,
ayant fait en deux heures les 16 kilomètres qui séparent
Albeck de Stôtzingen (1). L'ordre fut remis alors au
général Baraguey-d'Hilliers qui, ne croyant pas devoir
apporter une hâte toute spéciale à son exécution, n'expé-
dia son ordre de départ qu'après midi. Si Ton se rappelle
les marches du 6® corps depuis le passage du Rhin,
l'heure tardive adoptée habituellement pour les départs,
le long temps écoulé avant l'exécution des ordres de
l'Empereur le 8, le 9 et le 10 (2), le peu de rigueur
apporté dans cette exécution, en un mot, le laisser-aller
qui régnait presque toujours dans la conduite des opé-
rations, le procédé du général Baraguey-d'Hilliers n'a
rien qui étonne. Le maréchal Ney lui-même, sans les
(1) Les détails de cette affaire ne furent pas relevés sur le moment;
mais petit h petit, on se mit à reprocher au général Baraguey-d^Hilliers
son inaction lors du combat d*Haslach, et il sollicita une enquête.
C'est alors que Taide de camp Grabbé, plusieurs mois après les événe-
ments, certiûa avoir rencontré Rippert à peu de distance de StÔtzingen
vers 10 heures. Baraguey-d'Hilliers, au contraire, certifiait n'avoir reçu
Tordre qu'aux environs de midi. Ils ne donnent ni l'un ni Tautre une
heure précise, mais aucun des deux ne peut s'éloigner infiniment de la
vérité. Crabbé aura donc rencontré Rippert .\ 3 ou 4 kilomètres de
StÔtzingen, et un peu après 10 heures, soit iO h. 15 ou même
10 h. 30, car ses souvenirs, recueillis au bout de plusieurs mois,
pouvaient-ils avoir une plus grande précision ? Rippert se sera trouvé à
StÔtzingen une demi-heure plus tard, et aura remis Tordre après
11 heures à Baraguey-d'Hilliers.
(2) On se rappellera notamment que les ordres expédiés le 8 à 6 heures
du matin n'ont pas été exécutés le jour même et pourtant, à cette date,
le maréchal Ney se trouvait à Hôchstaedt, T£mpereur à Donauwœrth,
et il n'y av.iit que 17 kilomètres, par une grande route, de Donauwœrth
à Hôchstœdt. Il faut donc admettre, soit une très mauvaise organisation
du service d'état-major et des communications, soit un grand laisser-
aller dans le commandement.
INTRODUCTION. 45
événements qui sont survenus, l'aurait sans doute trouvé
très naturel.
L'ordre du Maréchal contenait la prescription de laisser
rejoindre les détachements à Albeck : le texte était
formel, il n'avait pas à y désobéir. Cependant le général
Baraguey-d'Hilliers, n'ayant au gros de sa division que
2,500 hommes, crut préférable d'attendre les 1500 à
2,000 hommes qu'il avait détachés à Brenz, Lonthal, etc.,
sur Tordre du Maréchal. Pour comble de malheur, il
fit un ordre très compliqué, prévoyant la réunion préa-
lable des détachements avec leurs brigades, et un itiné-
raire spécial pour chacune de celles-ci.
Il avait eu le tort, n'ayant que 2,500 hommes au gros
de sa division, de les partager en trois bivouacs assez
éloignés : un bataillon en avant de Stôtzingen ; le gros
de la 1'® brigade adossé au bois derrière Stôtzingen, près
de la route de Brenz ; le gros de la 2® brigade à la lisière
du même bois, mais à une lieue de là, près de Stetten.
Pour éviter F encombrement des routes^ dit le gé-
néral Baraguey-d'Hilliers dans son mémoire justificatif,
la division (4,500 hommes!) fut mise en mouvement par
deux itinéraires ; la brigade de droite prit directement de
Stetten sur Albeck par un mauvais chemin, tandis que
celle de gauche prenait la route.
La seule rédaction de cet ordre dut faire perdre un
temps sérieux. Son expédition en fit perdre plus encore.
On partit à 3 heures de l'après-midi.
Enfin, au point de vue militaire, les chemins les plus
courts ne sont pas souvent les plus rapides. Les averses
de pluie et de neige fondue qui étaient tombées depuis
plusieurs jours avaient rendu les chemins très mauvais ;
il n'était pas d'usage, d'ailleurs, de marcher très vite :
les colonnes n'arrivèrent à Albeck et Langenau qu'à la
nuit close (1).
(1) Il est d'usage de tirer de cette malencontreuse aventure quelque
ib INTRODUCTION.
Pendant ce temps, la division Dupont était aux prises
avec Tennemi. Ayant reçu l'ordre de Ney à 8 heures,
Dupont s'était mis en marche à i 1 heures, et au bout
d'une heure environ, la présence de l'ennemi lui était
signalée de toutes parts : à Thalfingen, un détachement
parti d'Elchingen trouvait des forces supérieures; à
Dornstadt, assez loin sur notre droite, nos patrouilles se
heurtaient à des patrouilles ennemies. Enfin, avant
d'entrer à Haslach, Dupont apprenait qu'une troupe
conclusion relative au Bervice des étatfl-tnajors; nous croyons d'autant
moins pouvoir nous en dispenser que Tenquête dont nous publions les
pièces ne place pas au premier plan les fautes que Ton signale le plus
souvent comme causes du retard des dragons à Albeck. On a reproché
à Ney, ou plutôt à son chef d'état- major, qui est seul en cause, de
b*avoir pas envoyé chacun de ses ordres en duplicata : cela parait un luxe
supekilu quand il n*y a qu*un chemin possible, et ne peut être donné
comme règle pour de courts trajets hors de portée de l'ennemi et dans
rintérieur d'un corps d'armée. En revanche, il ressort très clairement
de l'exemple qui nous occupe qu'il ne faut pas conûer à un même indi-
vidu, fût-il officier supérieur, deux lettres à porter dans des directions
différentes : g! l'on avait chargé un cavalier quelconque de l'ordre des-
tiné à Baraguey-d'Hillîers, et qu'il fût parti au jour de manière à
apercevoir le clocher de Stôtzingen, l'ordre aurait été exécuté &
temps, car il n'y a que iO kilomètres de Gùnzbourg à Stôtzingen, et
une estafette envoyée après le lever du jour (le soleil parait à 6 h. 15
le iO octobre) aurait été rendue à Stôtzingen vers 8 heures au plus
tard, soit trois heures avant l'îirriTée de Rippert, bien avant le
déjeuner de Baraguey-d'Hilliers, et eb temps utile pour Dupont.
L<;8 marais qui bordent le Danube depuis Elchingen jusqu'à GundeU
fîngen formaient un obstacle très sérieux, qu'aucune route entretenue
ne traversait, et où les chemins, d'ailleurs mauvais, ne reliaient pas
directement GQttzbourg à Stôtzingen, Langenau et Elchingen. C'était
un dédale où il fallait se diriger avec précautioh. La colonne Lefol s*y
était égarée le 9, la cavalerie y avait perdu des chevaux; tout devait
donc décider le chef d'état-major du 6* corps à prendre des mesures,
le 9 et le 10, pour faire repérer les chemins entre les quartiers géné-
raux, soit par des jalons, soit par des hommes, et c'était une bien cou-
pable légèreté que d'envoyer un officier seul remplir une double mission
au milieu de la nuit, sans guide, à travers ces marais.
INTRODUCTION. 47
autrichiekme très nombreuse se montrait sur les hau-
teurs au nord d'Ulm. Pour lui, il disposait du 9® léger
(1,763 présents), du Sfl^ de ligne (1,662 présents) et du
96® de ligne (1,721 présents), soit six bataillons ou
3,146 hommes d'infanterie; les 15® et 17® dragons
(673 chevaux) et le 1®' hussards (373 chevaux), dont la
moitié se trouvait dispersée en reconnaissances, for-
maient sa cavalerie ; il pouvait y avoir 230 artilleurs et
soldats du train pour servir les onze pièces dô la
division Dupont (deux pièces de 12, six pièces de 8,
deux pièces de 4 et un obusier) et les trois obusiers atta-
chés à la cavalerie légère (1), Au total, patrouilles et
détachements compris, il y avait là 6,400 hommes
et quatorze bouches à feu. L'ennemi montrait des
forces très supérieures, et le Maréchal avait prescrit
de ne point risquer d'engagement dans ces conditions ;
mais peut-être le général Dupont comptait-il sur le ren-
fort dé 4,300 dragons à pied avec 10 bouches à feu, et
espérait41 que Tennemi n'avait pas plus de 10,000 à
12,000 hommeSi Se retirer, c'eût été encourager
l'ennemi à prendre Tofifensive, lui révéler que la route
de Nœrdlingen était ouverte. Dupont accepta le combat.
La divisioti était établie à Haslach depuis peu de
temps, ses postes venaient d'être placés, quand l'ennemi
attaqua. La fusillade s'engage entre les tirailleurs des
deux partis, et presque aussitôt le canon entre en jeu.
Nos treize bouches à feu tiennent tête à une artillerie
supérieure^ pendant que le 9® léger se déploie en avant
(1) L*artillerie de la division Dupont avait été fixée à huit pièces
lors du pa^sag^ë du Rhin, comme celle des divisions Loison et Malher
(uûe pièces de 12, quatre pièces de 8, deux pièces de 4, un obusier)
la réserve du corps d*armée étant de douze pièces. Un ordre du
5 octobre affecte à chaque division deux pièces de 8, et un ordre du
7 octobre une pièce de i2 de la réserve. Les trois obusiers restant au
corps d'armée accompagnent la cavalerie légère ; une pièce de 4 se trouve
en réparation le 1 1 octobre. {Historique de l'Artillerie du 6^ corps* A. A.)
48 INTRODUCTION.
d'Haslach, sous la direction du général Rouyer. L'en-
nemi dirigeait vers notre droite des colonnes de cavalerie
et d'infanterie, et en même temps menaçait notre gauche :
il cherchait à nous déborder des deux côtés. A ce
moment, plusieurs de nos pièces sont démontées et ren-
voyées au parc. Des uhlans qui veulent charger sur nos
batteries sont repoussés par un escadron du 17® dragons.
Le général Marchand avait déployé le 32® à la gauche
du 9® léger, et placé le 96® en réserve, près d'Haslach;
le 1®' hussards couvrait sa gauche.
Se voyant près d'être tourné sur sa droite, le général
Dupont porte le 96* de ce côté, non loin du 9®, et le
fait soutenir par une partie de Tartillerie ; puis il
ordonne au 9® léger de charger la colonne autrichienne.
(( Ce régiment s'avance dans la plaine, marchant en
bataille, et sans tirer, va droit au corps le plus avancé.
Cette intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouvement
pour s'appuyer au village de Jungingen (1). » Le 96®
vient charger à la droite du 9® léger, et ils font 2,000 pri-
sonniers. Pendant ce temps, les 15® et 17® dragons char-
geaient la cavalerie ennemie, malgré le feu meurtrier
d'une batterie placée entre Jungingen et le petit bois au
nord-est de ce village : « Le général Dupont donna
Tordre au général Sahuc de charger la cavalerie enne-
mie, qui dépassait de beaucoup sa droite. Le général
Sahuc forma la sienne sur deux lignes, le 15® en première
et le 17® en seconde. Dans ce moment, les chevau-légers
de Rosenberg s'ébranlèrent pour charger un bataillon
du 96® régiment d'infanterie qui venait de passer un
chemin creux ; le 15® régiment les chargea avec vigueur
et les repoussa loin de notre infanterie, qu'ils voulaient
entamer, et qui, dès ce moment, ne fut plus inquiétée;
mais le 15® régiment, chargea son tour par une cavalerie
(i) Journal de la division Dupont.
INTRODUCTION. 49
extrêmement supérieure en nombre, fut obligé de se
replier et vint se rallier derrière le 17®, qui chargea et
repoussa Tennemi. La supériorité du nombre et une
seconde ligne qui s'avançait l'ayant forcé de se replier
sur le bois, les deux régiments se reformèrent et four-
nirent une seconde charge qui devint une mêlée géné-
rale, parce que l'ennemi, ayant dépassé leur droite
depuis longtemps, avait fait filer par le bois un corps de
cavalerie qui acheva de les envelopper. Français et
Autrichiens entrèrent pêle-mêle dans le bois, et ce ne fut
qu'avec beaucoup de peine que le général Sahuc parvint
à rallier quelques-uns de ses escadrons à la sortie de
ce bois. Les autres revinrent ensuite prendre leur rang
dans la ligne, et le gardèrent jusqu'à neuf heures du
soir, que ce général reçut ordre de venir bivouaquer a
Albeck(l). »
« Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur
que lui avait inspirée notre charge brillante, s'avance de
nouveau avec de plus grandes forces. Alors il faut que
les 9* et 96® régiments redoublent d'efiforts et d'activité.
C'est avec ces deux régiments seuls que nous avons eu
pendant trois heures à disputer le terrain qui sépare
Haslach de Jungingen. Ce dernier village a été pris et
repris cinq fois ; chaque fois nos bataillons y enfermaient
l'ennemi qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux
prisonniers.
« A peine avions-nous mis en déroute un corps autri-
chien sur la droite du village, que sur la gauche il s'en
présentait un autre pour nous tourner. C'est en prenant
sans cesse un nouveau front dans toutes les directions
(4) Rapport du général Sahuc. La brigade de dragons a, dans celte
journée, 25 hommes tués ou disparus, dont 3 ofBciers; 54 blessés, dont
15 officiers; et 73 hommes Aiits prisonniers, soit 152 hommes hors de
combat sur G73.
III. 4
BO INTRODUCTION.
que nos bataillons faisaient faoe partout avec une rapidité
et une bravoure admirables (\). »
D'après cette relation, qui devient malheureusement
trop vague vers la fin, l'infanterie aurait résisté victo-
rieusement sur notre droite, les dragons seuls étant
rejetés en arrière des bois.
Entre Jungingen et Haslach, dit le général Di:y[>ont
dans une lettre au général Sanson, « quelques compa*
gnies jetées dans les petits bois qui se trouvaient sur
mon front ont empêché l'ennemi de s'apercevoir que
mon centre était dégarni, et d'en profiter. »
« Le succès a été complet, dit-il encore, la nuit est
arrivée et nous sommes restés maîtres du champ de
bataille». C'était d'un optimisme excessif. A vrai dire,
nous n'avions point été repoussés en arrière de i^otre
point de départ, mais Jungingen demeurait à l'ennemi.
Il n'y avait pas d'illusion possible a notre gauche.
Là, nos pièces démontées restaient sur le terrain, à
l'exception de quatre obusiers et d'une pièce de 4;
le bataillon du 32* et les deux escadrons du 1®' hussards,
qui formaient toute notre aile gauche, étaient accablés par
le nombre (2), et la cavalerie ennemie se précipitait sur
la route d'Albeck.
<( L'armée faisant des progrès sur la droite, écrivait le
(1) Journal de la division Dupont. D'après la meilleure relation autri-
chienne que nous ayons (Schônha^s, Der Krieg 1805, Vienne 1873), le
général Loudon, attaqué i\ Jungingen, aurait repris ce village une pre-
mière fois avec quelques bataillons, puis une seconde fois avec le régi-
ment de Froon comme renfort, et il en serait resté définitivement
maître.
Les premiers bataillons autrichiens engagés (A. Louis, A. Reynier
et Kaunitz) auraient combattu assez mollement, au dire d'un témoin
oculaire (de Launay, capitnine d'état-major au service d'Autriche.
A. G.).
("2) Les Autrichiens font 69 prisonniers au 1«» hussards, qui n*aTait
pas plus de d50 à 200 hommes engagés, le reste étant en reconnais-
sance, rtc.
INTRODUCTION. 51
commandant de rariillerîe (4) dans son rapport, j'ai reçu
l'ordre d'augmenter le nombre des bouches à feu de ce
côté pour pousser les progrès vivement, et c'est alors
que nous avons fait 4,000 prisonniers et pris trois
pièces de canon; mais tandis que l'on triomphait de ce
côté-là, la gauche de l'armée a été débordée par dos
troupes plus considérables que les nôtres, surtout en
cavalerie, qui, s'étant avancées jusqu'au village d'Al-
becky ont coupé et emmené avec eux (sic) tout ce qui était
en arrière, et par conséquent le parc de réserve de la divi-
sion. Le lieutenant Kermorvan (2), qui se trouvait sur la
gauche avec deux pièces de 8, s'est porté de ce tôté, et
après plusieurs décharges de mitraille, sa batterie a été
enlevée, et lui tué sur ces lieux, à ce qu'on assure.
« L'armée ayant été obligée de rétrograder, et les pièces
obligées de suivre le mouvement des troupes dans un
terrain coupé et rendu extrêmement difficile par le mau-
vais temps, il est arrivé qu'une pièce de 12 a été renversée
dans un fossé qu'elle devait franchir et dont on n'a pu la
retirer. La pièce de 8 a eu le même sort. Enfin, la nuit
étant venue et entièrement close, le général a ordonné
de se retirer sur Âlbeck, et c'est dans ce dernier mouve-
ment que la seconde pièce de 42 a été renversée comme
la première, sans qu'on ait pu la relever davantage, en
sorte qu'il ne nous reste plus que quatre obusiers de
6 pouces et une pièce de 4 démontée. Outre les pertes en
matériel, nous en avons fait de grandes en personnel, et
surtout dans le train Le capitaine No^l a été fait
prisonnier (3). Le chariot à munitions qui portait la
caisse de Marotte (4) contenant environ 7,000 francs, qui
portait mes effets et ceux des officiers, a tombé au pou-
(I) Villeneuve, chef de bataillon au 1*' régiment à pied.
(i) Lieutenant en 2* au 1*' régiment à pied.
(3) Capitaine en 4«' au 1*' régiment à pied.
(4) Adjudant du bataillon commandé par Villeneuve.
5i INTRODUCTION.
voir de reoDcmî. Nous sommes tous dans U déiresse et
le déDuement. •
Les pertes cd matériel s*éle%'i^rent à deux pièces de 12
(les alTûts sau%'és), six piiVes de 8, une pièce de 4, trois
caissons de 12, dix caissons de S, huit caissons d*obu-
siers, six caissons d*infanterie, un afftU de rechange*
quatre chariots de paysans chargés de cartouches d'in-
fanterie (I).
Le général Dupont, dans son rapport envoyé le soir
même au maréchal Ney, ne |Mirle |>as du désastre de sa
gauche : « La grande supériorité de l'ennemi, dit-il, lui
a permis de se ré|Mindre au loin pendant Taction ; des
corps  cheval se ^ont |M>rtés jus<|u\\ All>eck, et sur la
Mute ils ont enlevé quelques voitures du parc et des
hagaces ap|Mirtenant A I etat-major et aux ofliciers des
corps. •
Ia' témoignage du général Karaguey-d'ililliers vient
continuer le pnVédent ; ce général, de%'ancant sa divi-
sion, arri\a A Alheck ver:* 4 heures avec une faible
escorte : • Il trou\a la route couverte de voitures de
hagage». de soldats et de fc*inmes é|>ouvantées, et son aide
de camp, le salirc à la main, \enantd*étre chargé dans
la rue d'Allicck par un parti tle chevau-légers ennemis.
Sur-l«*-chaiiip, il ramassa les fujards, les mit en ordre et
ItMir donna un chef; la cnrtie de Mm quartier générml
arri\ant. ell«* fut peu apré« suivit* de tOO hussards do
1'' reiriiucut. et il lit reiiiMntcr sur le plateau qui domine
AIIm « k. l.'eiiiHMiii fuit et r«»n prit position.
A |M'inf If L'tiirril K.irAkMjf) d'Ililliers était-il établi.
1 I * \ T *ii II* r »«-fif 11 {«*<-'« rt 17 ri:»«<*i)ft. lu «IfrUresl, ta
1 ■%;•[*<« !• .ii.'Ai.Nf' r- «.'lit ( I* I . t.ftu* • Nuiift «lâtoat ttttle-
u." ! ; r , « i. ' M N Ht% 'I ti ;. - « ««• l.^.r a S olBn«r«
• '- s • >• '•;.». 4 ': . r- : • ••• t. *t .«■ Ai* *\r Ugur | »of1 H
<..•••'• , / . .'.fc-^ in ^''. iffi l^êé ti if^tifs, ,/.
INTRODUCTION. 33
qu'une colonne d'iofanterie et de cavalerie pèle-mèle,
composée de tous les débris de tous les régiments de la
division Dupont, arriva sur lui et l'informa que les 15® et
17® régiments de dragons ayant été écrasés, leurs batail-
lons avaient été coupés en plusieurs parties par une
cavalerie très nombreuse qui avait enveloppé le général
Dupont lui-même et avait pris toute son artillerie; qu'ils
s'étaient ralliés dans les bois comme ils avaient pu et
marchaient sans but comme sans ordre, bien plus ébran-
lés de leurs revers que présumant un succès. Le général
Baraguey-d'Hilliers les remit en ordre et en position, et
aussitôt après, il poussa une reconnaissance de cavalerie
vers le général Dupont pour avoir de ses nouvelles
Sur ces entrefaites, Taide de camp du général Dupont
arriva à Âlbeck, et apprit au général Baraguey-d'Hilliers
la position de son général, qui était à Haslach dans
Tintention de tenir jusqu'à ce qu'on eût enlevé ses
blessés. Cet aide de camp annonçait aussi la retraite
de l'ennemi )>.
L'arrivée des prisonniers à Âlbeck avec une faible
escorte, la rapidité avec laquelle Baraguey-d'Hilliers a
rétabli l'ordre parmi les fuyards et repoussé la cavalerie
ennemie, tout démontre que cette foule en désordre qui
encombrait Âlbeck se réduisait bien, comme le dit le
journal de Dupont, au personnel des parcs et convois de
la division, chargés par un parti de cavalerie qui avait
pénétré sur les derrières du champ de bataille (1).
Au total, bien que les cavaliers ennemis fussent en
train de piller ses fourgons, et que l'ennemi pût se consi-
dérer comme victorieux, Dupont tenait toujours en face
de Jungingen et repoussait les Autrichiens par ses
formidables coups de boutoir. Sa gauche, à en juger par
(1) C'étaient deux régiments de cuirassiers (Mack et archiduc Albert)
et les cheTAu-légers de La Tour.
84 INTRODUCTION.
le rapport de rartillerie, a été rejetée en arrière
d'Haslach, laissant sur le terrain dix pièces démontées ;
il ne parait pas que rennemi se soit avancé au delà
de ce village sur la route d'Albeck* Il nous fit 800 à 900
prisonniers et nous prit deux aigles et neuf canons, mais
il ne sut pas profiter des forces dont il disposait pour
rendre son succès décisif; la résistance de Dupont lui fit
perdre une journée, et le décida à ne pas continuel^ son
mouvement vers Nœrdlingen.
Fier d'un pareil résultat, de 4,000 prisonniers, trois
canons et un drapeau enlevés à Tennemi, Dupont s'attri-
buait la victoire. Le soir même, voyant son adversaire
se retirer sur Ulm, il écrivait à Ney : « Je ne puis vous
exprimer toute l'admiration que m'a inspirée la bravoure
de nos troupes ; le résultat de la bataille atteste qu'il n'y
en a pas de plus audacieuses et de plus décisives : 5,100
hommes ont combattu pendant cinq heures une armée
de 25,000 hommes et l'ont battue complètement (1) ».
On ne peut guère souscrire à cette dernière conclu*
sion; la panique du lendemain et le repos forcé des
jours suivants allaient montrer combien le moral de la
troupe était éprouvé. L'ennemi, au contraire, avait
repris courage.
Vil
L'Empereur, lisant dans la nuit du 10 au 11 octobre
les rapports de Ney et de Soult, commence à se persua^
(i) Il n'est peut-être pas inutile de remarquer ici une certaine
analogie avec la bataille d'Auerstœdt, 6Ù notre 3^ corps lutta aussi
contre un ennemi supérieur. Le succès y fut tout autre, mais la dispio-
portion étnit moins énorme. Dans les deux cas, Tennemi n'a pas fait
donner toutes ses forces ensemble. Ses bataillons sont venus se briser
successivement contre nos troupes qui, ayant affaire chaque fois à un
ennemi inférieur, ont remporté plusieurs succès partiels et lutté bril-
lamment contre un adver^^aire capable de les anéantir. C'est encQre,
dans une certaine mesure, l'histoire du ootnbat de Dûrreslêin.
INTRODUCTION. 85
der que le gros des forces autrichiennes est sur TlUer :
« Tous les renseignements le portent à croire que Teii-
nemi veut livrer bataille à Ulm ou un peu plus haut »,
écrit Berthier à Lannes vers minuit, et Napoléon lui^
même donne à Murât les explications suivantes :
« Je ne tiens pas encore les affaires finies de votre
côté. L'ennemi, cerné comme il est, se battra. Il reçoit
des renforts du Tyrol et de Tltalie ; il pourra donc vous
opposer 40,000 hommes. Il faut donc que votre réserve
et les corps de Ney et de Lannes, qui font de 50,000 à
60,000 hommes, marchent le plus prés possible, de ma^
niére à pouvoir être réunis en six heures de temps ».
Pour permettre cette concentration rapide. Murât et
Lannes ne se dirigeront plus de Zusmarshausen vers
Mindelheim, mais sur la route d'Ulm, par Burgau, où
ils seront côte à côte avec le maréchal Ney ; Murât tient
ainsi son armée dans la main, capable de s'engager d'un
moment à l'autre devant soi, sans combinaison préa*^
lable. L'Empereur n'a pas confié à son lieutenant uHe
mission complexe : il ne lui laisse pas le soin de combiner
une manœuvre pour ses corps d'armée, et de les concentrer
où et quand il voudra. Murât n'a pas à tendre de rideau^
à se préoccuper des mouvements que les Autrichiens
pourront faire en dehors de son rayon d'action : c( Si
l'ennemi vous échappe, lui dit Napoléon, il sera arrêté
sur le Lech m. Là, en effet, se tiennent Soult et Marmont,
et c*est l'Empereur lui-même qui se réserve de faire
varier le dispositif général de Tarmée. Il ne confie à
Murât qu'une tâche élémentaire : « Marches sur l'ennemi
partout où il se trouve, mais avec précaution et en--
semble ». On ne doit rien risquer, et la première de
toutes les règles est d'avoir la supériorité numérique ;
a II ne faut pas se précipiter, et si l'ennemi était en
grande force et résolu à livrer bataille devant Ulm,
vous devet marcher lentement et ne vous battre que
dans le cas où vous seriez parfaitement en mesure » .
56 INTRODUCTION.
, Murât et Lannes partent pour Gûnzbourg dans la ma-
tinée du 14 • Murât y porte son quartier général, et là,
sans doute, il a un premier entretien avec le maréchal
Ney. 11 serait d'un intérêt essentiel pour l'histoire de
cette campagne de savoir exactement quelles paroles ont
été prononcées alors par Murât, et par quelles indica-
tions le maréchal Ney aura été induit à se méprendre
sur la volonté de Napoléon. Toujours est-il qu'en raison
du mauvais temps, et sans savoir où en était Dupont,
Ney acontremandé le mouvement de Malher et de Loison,
et que, persuadé de la nécessité de conceptrer toutes ses
troupes autour de Gûnzbourg pour se conformer aux
intentions de l'Empereur, il écrit à Dupont, vers midi,
de quitter la position d'Albeck et de rejoindre Loison à
Gûnzbourg.
Cet ordre malencontreux ne parvientau général Dupont
que dans la soirée, au moment où le combat d'Haslach
touche à sa fin. Il ne sera donc pas exécuté dans la jour-
née du 1 i , mais le contre-ordre de Murât sera transmis
trop tard, lui aussi, pour empêcher Dupont d'abandonner
Albeck le 12, et nous n'y reprendrons pied que le 15 oc-
tobre. Entre temps, le corps de Werneck se sera échappé,
et toute l'armée autrichienne aurait eu le temps de
prendre la route de Bohême.
Le 11 au soir, les troupes du prince Murât occupent
les emplacements suivants :
Dupont à Albeck, Baraguey-d'Hilliers à Langenau, la
cavalerie légère du 6® corps à Ober et Unter-Falheim,
les dragons de Bourcier à Bubisheim avec des postes à
Schneckenhofen, la division Malher cantonnée à Nersin-
gen, Strass et Leipheim, celle de Loison à Gûnzbourg
ainsi que la division Gazan.
Les dragons de Klein sont à Ichenhausen et Wetten-
hausen, les grenadiers Oudinot et la division Suchet
bivouaquent de part et d'autre de la route de Burgau à
INTRODUCTION. 67
GûDzbourg; la cavalerie légère du S® corps cantonne
devant Burgau, et les dragons de Beaumont bivouaquent
en arrière de cette ville.
Murât est à Gonzbourg, au centre de son armée.
L'Empereur est plus disposé que la veille à croire
Tarmée autrichienne demeurée sur l'IUer, mais il pense
toujours le 11, et il admettra encore le 12, tout en diri-
geant lui-même le mbuvemeot enveloppant sur Ulm, que
Tennemi s'est peut-être dérobé par Fûssen. Il ne se
décide donc pas à porter tout son quartier général
vers Tune ou l'autre aile de la Grande Armée. Il se tient
à Augsbourg avec la Garde ; la division Nansouty est
cantonnée largement à l'Ouest de cette ville, et Marmoot
est venu bivouaquer à l'Est. Il y a là une réserve de
25,000 à 30,000 hommes au moyen de laquelle l'Empe-
reur parera à ses propres erreurs sur la situation géné-
rale.
Le 4* corps, en marche sur Landsberg, peut former une
barrière ou une sorte d'avaot-garde contre une colonne
ennemie suivant la route de Mindelheim à Munich, à
Salzbourg ou à Innsbruck ; il peut encore être réuni, le
cas échéant, à la réserve générale d'Augsbourg, pour
marcher vers l'IUer ou sur Munich.
Le maréchal Soult, en approchant de Landsberg, a
appris qu'un régiment de cuirassiers autrichiens avait
logé la nuit précédente dans cette ville, et venait d'en
partir pour Memmingen. Il a dirigé aussitôt le 8^ hussards
sur Holzhausen pour lui couper la route, et lancé le
général Margaron à sa poursuite avec le 26® chasseurs,
soutenu par un régiment de dragons, tandis que le
11® chasseurs allait rejoindre le 8® hussards vers Holz-
hausen.
Le régiment autrichien (cuirassiers de Tarchiduc Fer-
dinand) escortait sept pièces de 6; nos chasseurs en
prirent deux et firent soixante prisonniers. En même
58 nmioDucTioN.
temps, lé général Sébastian!, avec une brigade de dra^
gons, faisait quarante prisonniers du même régiment au
Sud-Est de Landsberg, et le 8« hussards prenait une
partie du campement sur la route de Mindelheim et
Memmingen.
Sébastiani se précipita sur la route de Weilheim, où
était signalé un convoi d'artillerie composé de vingt
bouches à feu. Le reste de la division Walther le suivit
dans cette direction. La division Vandamme devait bi-
vouaquer de ce côté, à la bifurcation des chemins de
Munich et de Weilheim ; mais elle demeura au Nord-
Ouest de Landsberg. La division Saiht-Hilaire bi-
vouaqua à rOuest de la ville, face au Sud, son avant-
garde à une lieue et demie sur la route de Sohongau ; la
division Legrand se porta sur celle de Memmingen , son
avant-garde à Buchloe précédée par la cavalerie légère.
L'Empereur espérait que le !•' corps occuperait Munich
dans la journée du 11 , mais Tavant-garde de Bemadotte
ne dépasse pas Kalteherberg et pousse ses reconnais-
sances jusqu'aux portes de la capitale bavaroise sans y
entrer. Le corps de bataille bivouaque un peu au delà
de TÀmper, entre Maisteig et Heimhausen. Tous les
rapports que reçoit Bemadotte lui font croire qu'il y a
près de 20,000 Autrichiens devant lui, et que les Russes
arriveront dans un ou deux jours. Notre ministre à
Ratisbonne, Bâcher, annonce l'évacuation complète du
Uaut-Palatinat par l'ennemi, qui ne se montre pas dans
un rayon de dix lieues autour de Ratisbonne.
Les lettres de Bemadotte reçues le 10 et le H témoi*
gnaient de ses appréhensions et du peu de confiance
qu'il avait dans ses forces pour arrêter les Russes.
Napoléon lui envoie au plus vite le 3® corps, et donne des
ordres détaillés à Davout pour lui faire prendre position
à Ober-Roth, à l'Ouest de Dachau. Ce maréchal sera ainsi
en arrière de l'aile droite de Bemadotte, en état de le
INTRODUCTION. 89
soutenir et de couvrir sa commuDication, du côté menacé
par les troupes autrichiennes du Tyrol. Il demeurera
en même temps à portée de Soult et de Marmont.
La division d'HautpouI est venue, ainsi que Davout,
sur la route d'Augsbourg à Munich. Dans la nuit du 11
au 12, l'Empereur lui ordonnera de se rendre dans cette
dernière ville à la disposition de Bernadette.
Vin
A la première nouvelle du combat d'Haslach, dont la
canonnade devait retentir jusqu'à Gûnzbourg, Murât
avait blâmé Tordre de retraite envoyé tout récemment à
Dupont, et avait décidé que ce général continuerait de
tenir Ulm investi sur la rive gauche avec la l'« division
du 6® corps et les dragons à pied. Si le maréchal Ney
avait fait expédier cet ordre dès le 11, Dupont Taurait
reçu dans la nuit du 11 au 12, ou le 12 de très bonne
heure, à temps pour suspendre son mouvement de
retraite. Mais, comme on Ta déjà vu, c'est seulement le
12 au matin que le contre-ordre partit de Gûnzbourg,
et il trouva Dupont à Brenz, faisant reposer ses troupes.
Une panique venait de manifester Tébranlement produit
parles terribles épreuves de la veillé, et le général, vu
la fatigue et Ténervement de sa division, ne crut pas
pouvoir la remettre en marche. Elle restera deux jours
à Brenz. Ainsi, contrairement aux intentions de Murât,
l'ordre donné par lui le 11 n'eut pour effet, ni d'éviter à
la division Dupont des marches et contre-marches inu-*
tiles, ni d'assurer l'occupation d'Albeck.
Le reste des forces mises à la disposition du lieutenant
de l'Empereur devaient se déployer sur la Roth, de
Falheim à Bubenhausen : la 3*» division du 6» corps à
Falheim, la 2^ à Reinpolzhofen, puis Gazan à Pfaffen-
hofen, Sachet à Attenhofen^ Oudinot A Weissenhorn et
60 INTRODUCTION.
BubeDhausen. Les divisions de dragons s'intercaleraient,
la 4« à Holzheim et KûssendorflF, les l'« et 3* à Attenhofen
et Hegelhofen. Toute cette ligne était couverte par la
cavalerie légère des 5® et 6® corps, qui poussait des
reconnaissances jusqu'à llUer, entre Ulm et lUertissen.
Murât se proposait d'attaquer le 13 sur la ligne de
riller, et il allait la reconnaître le 12 octobre; mais
TEmpereur, à peu près fixé désormais sur la situation,
se décide à exécuter une manœuvre générale avec toutes
ses forces, au lieu du coup droit prescrit à son lieutenant.
Il recommande maintenant de ne pas attaquer avant
le 14, car il fait marcher concentriquement son armée
vers Ulm, et veut attendre l'entrée en ligne de Soult :
(( Aujourd'hui même le maréchal Soult marche sur
Memmingen, où il ne pourra arriver que demain au soir
fort tard. Mon intention est que, si l'ennemi continue à
rester dans ses positions et se prépare à recevoir la
bataille, elle n'ait pas lieu demain, mais après-demain,
afin que le maréchal Soult et ses 30,000 hommes en
soient ; qu'il déborde la droite de l'ennemi, l'attaque en
le tournant, manœuvre qui nous assure un succès certain
et décisif Ceci n'est pas une échauflFourée, ce n'est
même pas l'attaque d'une colonne pendant qu'elle
marche : c'est celle d'une armée qui peut être plus nom-
breuse que vous ne croyez, et du succès de laquelle
dépendent les plus grands résultats. J'y serai de ma
personne ».
Cette fois, l'Empereur pense que toute l'armée autri-
chienne, ou peu s'en faut, se trouve sur l'IUer. Il en
exagère même la force, lorsqu'il fait écrire à Davout par
Berthier : « L'Empereur ne pense pas que l'ennemi ait
plus de 80,000 à 90,000 hommes, mais il l'attaque avec
plus de 100,000 ».
Napoléon n'est pourtant pas assuré de l'exactitude de
la nouvelle conception qu'il s'est faite. Bien qu'il lui
attribue assez de vraisemblance pour se rendre d'Augs-
INTRODUCTION. 61
bourg à Burgau, il écrit encore à Bernadotte : « La pré-
sence du prince Ferdinand à Munich fait craindre à Sa
Majesté que l'ennemi qui était sur Tlller ne se soit
échappé et ne se soit retiré sur le Tyrol En cas que
t armée qui était sur Piller soit échappée, elle aura pu
passer par le chemin, soit de Fûssen, soit de Schongûu,
seuls points où elle puisse traverser le Lech, et de là,
venir passer Tlsar à Tôlz, pour de là se rendre àHolzkir-
chen, longeant la Mangfall, et passer Tlnn à Rosenheim » .
Telle est la dernière expression de la pensée qui avait
été prédominante dans l'esprit de Napoléon depuis le
passage du Danube, et qui commence seulement à tom-
ber au second plan, pour ne s'effacer tout à fait que le 13.
Or, c'est le 14 que le combat d'Elchingen inaugurera
l'investissement d'Ulm, lequel sera achevé le 15.
Il n'y a peut-être pas d'exemple plus frappant de la
difficulté qu'éprouve un général à concevoir exactement
la situation, et par suite, pas de preuve plus péremptoire
qu'on ne saurait attendre des renseignements complets
pour agir.
Et, d'ailleurs, si Napoléon se rapproche de la vérité
en pensant que les Autrichiens sont encore à la hauteur
d'Ulm et de Memmîngen, il commet toujours l'erreur de
supposer qu'ils sont déployés le long de TlUer, et n'ont
à peu près personne au Nord du Danube. Il ne dirige
pas le 4« corps obliquement de Landsberg sur Ulm»
mais droit sur Memmingen, pour déborder à coup sûr
la droite de Mack, et il fait écrire par Berthier au ma-
réchal Soult :
« L'ennemi est sur l'IUer, la gauche appuyée à Ulm
et la droite à Memmingen. Le prince Murât, avec les
maréchaux Lannes et Ney, est placé vis-à-vis, la gauche
à Weissenhorn et la droite à Albeck L'intention de
TEmpereur est que vous vous rendiez à marches forcées,
avec votre corps d'armée, à Memmingen. Il faut qu'avant
2 heures après-midi votre avant-garde ait pris position
62 INTRODUCTION.
vis-à-vis cette ville. Il est probable que vous pourrez
occuper demain Memmingen saus grands obstacles, et
que vous n^y aurez qu'une simple affaire d'avant-
garde
Si l'ennemi veut absolument tenir dans sa position
derrière Tlller, l'intention de l'Empereur est de lui livrer
bataille le 22 (14 octobre). Le rôle que vous devez y
jouer dépend absolument de l'ennemi; mais vous devez
chercher à déborder sa droite et à l'attaquer aussitôt que
vous le pourrez
Envoyez des espions à Kempten et FOssen pour savoir
ce qui s'y passe, et veillez bien à ce que l'ennemi ne
vous dépasse ni par votre droite, ni par votre gauche ».
Entre l'armée de Murât et le corps de Soult, l'Empe-
reur fait intercaler deux divisions de Marmont, que Ber*
thier ordonne d'établir le 13 à Krumbach.
Telle est, dans ses grandes lignes, l'opération entre-
prise le 12 par Napoléon, mais la retraite des Autrichiens
vers le Nord, qui semblait naguère improbable, peut
devenir un coup de désespoir admissible. Aussi, tout en
se disposant à attaquer la ligne de Tlller, l'Empereur
tient à multiplier les moyens de passage sur le Danube,
pour se porter vers Albeck le cas échéant ; il ordonne à
Murât de faire jeter ou rétablir un pont « devant
Albeck ». C'est à cette condition qu'il peut informer
Soult que « la droite de Tarmée est à Albeck ». Murât
fait rétablir le pont de Leipheim, et annonce l'inten-
tioo de reprendre le lendemain ceux d'Elchingen et
de Thalfingen, sans toutefois engager là une affaire
générale.
L'Empereur a soin, par conséquent, de se mettre en
garde contre son propre jugement : il croit l'ennemi sur
riller, et manœuvre de manière à l'y attaquer en l'en-
veloppant ; mais il prévoit en même temps tous les
autres cas possibles : ses mesures sont prises aussi bien
en prévision d'un mouvement de Mack vers NOrdlingen
INTRODUCTION. 63
que d'une retraite par le Tyrol ou par lea Alpes bava«-
roises. Aussi Napoléon peut-il impunément, sur la foi de
renseignements incomplets ou inexacts, se faire parfois
une idée fausse de la gituation : la réalité, en se révélant
subitement à lui, ne le prendra jamais au dépourvu.
L'ordre envoyé par Berthier & Davout expose sous toutes
leurs faces les conceptions et les projets de l'Empereur à
cette date du 12 octobre (20 vendémiaire) :
« Le 22, il y aura une grande bataille sur Tlller, près
d'Ulm, Le maréchal Soult, avec son corps d'armée, est
en marche sur Memmingen. Le général Marmont, avec
les deux divisions françaises de son corps d'armée, est
en marche pour aller se placer sur les hauteurs d'Iller-
tissen, sur l'IUer. Le maréchal Lannes est à Weissem
hom. Le maréchal Ney à cheval sur le Danube, près
d'Ulm. Enfin la Garde impériale en marche sur Weis-
senhorn.
« Le 21, toutes les dispositions seront finies ; le 22, jour
de la bataille, Tennemi sera détruit, car il est cerné de
toutes parts. L'Empereur ne pense pas qu'il y ait plus
de 80,000 à 90,000 hommes, mais il l'attaque avec plus
de 100,000.
« Cette affaire finie. Sa Majesté reviendra pour passer
sur-le-champ l'inn; alors le maréchal Bernadotte et
vous. Monsieur le Maréchal, sereas deux grands corps
agissants, et les autres seront vos auxiliaires ».
Tandis que l'Empereur prépare cette bataille de
Weissenhorn ou d'Illertissen , à la place de laquelle se
produiront sur l'autre rive les combats d'Ëlchingen et du
Michelsberg, il a détaché Bernadotte à Munich pour
éloigner Kienmayer et observer les Russes. Davout,
qui est près de Munich, à portée de soutenir Bernadotte,
doit pouvoir aussi, au besoin, appuyer ou recueillir
Soult et Marmont. Si probable que lui paraisse la victoire
sur l'armée de Mack, Napoléon n'oublie pas de prévoir le
cas où toutes les forces autrichiennes, accablant Marmont
64 INTRODUCTION.
OU Soult, feraient leur trouée au Sud d'Ulm et se porte-
raient vers l'Est.
« La division que vous avez à Brtick, à une marche
d'Augsbourg, écrit Berthier à Davout, continuerait à y
rester, afin que si Fennemi parvenait à marcher sur le
corps du général Marmont ou sur celui de tel autre corps
d'armée, vous puissiez vous porter sur Augsbourg, sou-
tenir la division batave qui y est, défendre le passage de
la Wertach, réunir votre armée, et attaquer l'ennemi.
(( Si une des ailes de l'armée qui marche sur Tlller
était battue, répète Berthier, vous devez encore marcher
sur le Lech pour le défendre de l'autre côté, et donner
à l'Empereur le temps de faire ses dispositions; mais
enfin, je dois vous dire que le gros de l'armée qui sera
sur l'Iller ne pourrait être battu que dans la journée du
22 ; ce ne serait donc que dans les journées du 23 et du
24 que vous pourriez être utile sur le Lech ; aussi, dans
le cas où, demain, le maréchal Bernadotte aurait besoin
de vous pour attaquer l'ennemi qui est derrière l'Isar,
vous pouvez marcher avec la plus grande partie de vos
forces et les employer pendant les journées du 21 et du
22, et revenir le 23 pour être à même d'exécuter les dis-
positions dont je vous ai parlé ci-dessus ».
En résumé : l'Empereur attaquera les Autrichiens sur
riller le 14 octobre; si Mack réussit à percer en écra-
sant Soult ou Marmont, il sera sur le Lech le 15 ou le
16 ; Davout peut donc employer les journées du 13 et
du 14 à combattre Kienmayer, de concert avec Berna-
dotte; le 15, il devra se retrouver prêt à atteindre le
Lech en une demi-journée.
Il faut, d'ici là, que les environs de Munich et les
abords de l'Isar soient dégagés, tant pour empêcher
Kienmayer de tendre la main à Mack, que pour faciliter
le débouché ultérieur de la Grande Armée :
« Vous sentez, écrit Berthier, qu'il est nécessaire que
Tennemi soit chassé à plus d'une journée de Munich, et
INTRODUCTION. 65
qu'il le serait dans les journées du 21 et du 22 vendé-
miaire ; vous aurez, après cela, les 23 et 24 de repos, car
il est probable que le 25 vous marcherez sur Tlnn ».
En conséquence, Davout reçoit les ordres suivants
pour son stationnement :
« Si le maréchal Bemadotte avait besoin de vous,
TEmpereur vous autorise à lui prêter tous les secours
possibles ; cependant Sa Majesté désire que vous restiez
dans votre position actuelle ; mais quand vous vous serez
assuré, dans la journée dedemain21, dans celle d'après-
demain 22, et enfin dans la journée du 23 que M. le
maréchal Bemadotte ne peut avoir un besoin urgent de
tout votre corps, vous placerez une division sur la route
de Munich à Landsberg, de manière à pouvoir vous
porter dans une marche à Landsberg, défendre le pas-
sage du Lech et vous donner le temps de rassembler
toute votre armée, si Tennemi parvenait à passer sur le
corps d'armée du maréchal Soult ».
Les deux autres divisions devaient se trouver, comme
on l'a déjà vu, à Brûck et à Dachau.
Les instructions données à Bei*nadotte dans la soirée
du 12 montrent, comme les précédentes, que Napoléon
craint surtout de voir les Autrichiens se glisser le long
des Alpes pour gagner l'Inn :
« La présence du prince Ferdinand à Munich fait
craindre à Sa Majesté que l'ennemi qui était sur l'IUerne
se soit échappé et ne se soit retiré sur le Tyrol En cas
que l'armée qui était sur l'Illersoit échappée, elle aura pu
passer par le chemin, soit de Fûssen, soit de Schongau,
seuls points où elle puisse traverser le Lech, et de là,
venir passer l'Isar à Tolz, pour de là se rendre à Holzkir-
chen, longeant la Mangfall, et passer l'Inn à Rosenheim.
L'Empereur ordonne que vous envoyiez sur-le-champ
un régiment de cavalerie bavaroise, deux régiments
d'infanterie et six pièces de canon, le tout commandé
par un bon général, pour s'emparer du pont de ïôlz ».
III. 5
66 INTRODtJÔtiON.
En ce qui concerne les opérations contre Kienmayët
et les Russes, Bernadotte reçoit les mêmes ihstrûctiotifi
que DaVout ; il s'agit encore de sUrvëlUef la route qui
longe les montagnes :
(( L'intention de Sa Majesté est que vous éloigniez Tèh-
nèmi à une grande journée de Munich ; a{>l^ès cela, vous
vouls tejioserez el vous vous occuperez de t^aissemblei*
toute votre artilleJrie, vos munitions, etc. Vous pouvez,
dans le cas où vous attaqueriez Tenhetili pour le i'epouS-
ser à une journée de Munich, disposer du tnarêchal
Davout, sans vous éloigtier dtl plan de l*Eitipereul*. Je
ne saurais Irop vous recommander de bîeii Surveillé? le
corps ennemi qui est devant vous, car il pourrait être
dans Tintention de suivre la même direction qii'oiit t)rise
le régiment de Ferdinand-cuirassiers et celui de Nassâu-
hussàrds, pour se porter sur Ulm pàt les routes qui sont
encore ouvertes ».
Jusqu'au 18 octobre, Bernëdotte et t)avout île rece-
vront pas d'autres instructions.
En se portant dlngolstadt ^ur Munich, Bei*nÂdoite
avait placé à Tavant-gardfe le corps bavarois, qui bivoua-
qua le H au soir eu avant de Schleissheitn, au contact
de Tétinemi. Dans la nUit, on vit les feux des bivouacs
autrichiens s'éteindre peu à peu; les [Patrouilles àil-
honcèrent la retraité de Kienmayei*. D'aérés lébrà[)ports
reçus, le général de Wrède pouvait bi*usquer ratta(|Ué,
mais pour épargner à la ville de Munich les hot'réurs
d'un combat, il préféra, dit-il lui-même, faire Uil pdUt
d'or à l'ennemi.
Il se présenta devant la ville, vers 6 heures dU tnàttn,
et apprit qu'elle venait d'être évacuée. Il prit alors le
trot avec sa cavalerie, et se lança à la poursuite àéi
Autrichiens ; mais en arrivant sur la grande placé, il y
trouva le bourgmestre et un peuple innombrable réunis
pour délébrer la fête de l'Electeur et le retour* de SeS
trouves. Il dut arrêter sa course pour porter la Sdhté dû
INTRODOÔtiON. 67
sôUVêiHIin et pit>iiotieei* uhe hàrAilgue u analogue à cette
hetil^euse cbcohstànce iii II eut le bonheur de rejoindre
etieoré TaMHêre-^àt'de ennemie uh peu en deçà de Pai^s-
dorf, et de lui faire bon nombl^e de prisonniers, entre
anti^s tbut un bataillon de Deutschmei&ter qui se rendit
sàliH cout> férir, ses bffieiers l'ayant abandonné.
Pendant que de Wrêde s'arrêtait devant Munich, le
chef d'escadrons Ameil et le lieutenant Botinemain, dVed
citiqliâiite-einQ cavaliers français, avaient tourné la ville
et doublé le tet^ite à réxtrême ârrière-garde ennemie.
Ils y fifeàt 450 ptisoniiiéi^s. Au totale on en prit 1100
datlii éêtte journée.
Dé Wtêde bivoua(}ue le 12 jJrès de Parsdorf ; les deux
divisions françaises de Bernadotte cantonnent à Munich;
Dewy ërt eti àtriêi»è à BchVrabing. L'avant-garde fran-
çaise, qui devait aller seule à Saini-Veit, est Vende à
Sftlmdôi'f. Uii bàtailioil bavarois occupe Freising. Le
général lUvaud à été laissé ft Ingolstadt avec un régi-
ment flteuçaië et Une brigade bavaroise.
Davout a établi ëon quartier général àDachau, avec
sa 1'® division; son avant-garde est à Mosach, aux portes
de Munich, bù elle a boitiscUlé quelques escadrons autri-
chiens et fait qUlUÉé prisonnierii.
La 2* diViiuon a été laissée plusî au Nord, sur TAmmer,
à deux lieUé» dé la (""^ La 3« eist l'estée à Ober-^Roth oU
SchwabhaUëén, a pôi*téé d'Augsbout^g.
Le 14, DavôUt porte tel" division vers le Sud, bar-
rant la toute de Landsbei^g â Munich, près de Gréifén-
berg ; la 2« divislbtt telêVe la 1" à Dâchau et à Bftick, et
Tavant-garte est à Oéi*toéring, enlise Bi^uck et Munich.
La â* ne bongfë pas. Ce dispositif n'est pas abslolument
celui que Berthier avait indiqué, mais répondra mieux,
selon DavôUt, aux vues de TEUipercut*.
Le 13, Bernadotte, suivant l'ordre de l'Empereur,
détacbe à Tôls la brigade bavaroise du comte Mutius
Minucci. Sa cavalerie poursuit les Autrichiens jusqu'à
68 INTRODUCTION.
rinn, par Hohenliaden et Haag, et leur enlève plusieurs
centaines de prisonniers. Le total des prises faites par le
\^' corps et les Bavarois s'élève à 19 bouches à feu,
150 chevaux, des voitures et 1300 prisonniers.
Un officier du génie bavarois, avec un petit détache-
ment d'éclaireurs, et secondé par les paysans, s'empare
le 15, à Rosenheim, de 4 bouches à feu, 19 tonneaux de
poudre et munitions, 273 boulets, etc.
Des partis sont envoyés sans cesse par les 1®' et 2® corps
dans toutes les directions : ils battent le pays jusqu'à
Ratisbonne, Landshut, Mûhldorf, Kufstein et Fûssen.
Passau est entouré par les Autrichiens, mais sa garnison
bavaroise a refusé de se rendre et n'est pas attaquée
sérieusement.
Davout se tient en liaison avec les trois corps de Soult,
Marmont et Bernadette.
Cette situation ne variera plus jusqu'au 19 octobre,
jour où Napoléon, informant les deux maréchaux de la
capitulation d'Ulm, leur ordonnera les premiers mouve-
ments préparatoires de la marche sur Vienne.
Dès que l'armée s'est portée au delà du Danube,
l'Empereur a pris de nouvelles mesures pour la dé-
fense des communications. Il faut remarquer ici que
les localités ne lui ont pas permis de jalonner la route
de l'armée par des dépôts fortifiés à intervalles de quatre
à six marches, comme il le recommande en principe (1).
Depuis le Rhin jusqu'au Danube, il ne se trouve pas de
place facile à mettre à l'abri d'un coup de main. Aussi
les dépôts, le trésor, etc. , seront-ils très exposés le jour où
Werneck et l'archiduc Ferdinand s'échapperont d'Ulm
vers le Nord-Est.
Pour parer le mieux possible à un danger de cette
(1) Noies sur les Considérations de Rogniat : Correspondance de
Napoléon, tome XXXf, pages 356 et suivantes.
INTRODUCTION. 69
nature, TEmpereur a fait organiser et occuper les loca-
lités les plus intéressantes. Deux dépôts sont établis,
l'un à Nordlingen, sous le général Milet, pour les dra-
gons ; l'autre à Harburg, sous le général Verdière, pour
la cavalerie légère et les cuirassiers. Dès le 8, il y a assez
de chevaux complètement guéris pour qu'on puisse
envoyer des renforts aux régiments. Ces deux dépôts
sont donc en état, le cas échéant, de fournir une défense
sérieuse contre les partis ennemis.
A Donauwœrth, le commandement a été donné au
général Godinot, qui dispose du 21® dragons et du 3® ba-
taillon du 34® de ligne. On y a envoyé en outre deux
bataillons wûrtembergeois pour garder le pont de Rain
surleLech. Ces troupes sont chargées de mettre en route
les convois de prisonniers, pour lesquels deux autres
bataillons wûrtembergeois sont placés à EUwangen et
Heilbronn, et deux bataillons badois entre Heilbronn et
Spire.
Le 10 octobre, la route de l'armée est prolongée jus-
qu'à Augsbourg, qui est occupé par la Garde. Bernadotte
a reçu l'ordre de laisser une division de 6,000 à 8,000
hommes à Ingolstadt ; il y met le général Rivaud avec le
54* de ligne et 5,000 Bavarois. Rivaud détache un régi-
ment bavarois sur rilm, entre Pfaffenhofen et Vohbourg ;
un bataillon de chasseurs bavarois entre Vohbourg et
rAltmûhl, et un autre à Rain, qui y relève les deux ba-
taillons wûrtembergeois de Godinot ; ceux-ci sont envoyés
à Augsbourg avec un demi-escadron du 21® dragons et
une compagnie du 34®.
Le J2, Marmont laisse comme garnison à Augsbourg
la division batave Dumonceau, qui remplace la Garde
impériale. Cette division tient deux bataillons dans la
ville, et partage le reste entre les ponts du Lech et de la
Wertach.
Le 12 octobre, l'Empereur croit la présence de l'en-
70 iHTReDuofieî^r
nemi sur l'Iller asse^ probabla pour ^^ porter d^ ce
côté ; mais il laisse le quartier géuéral jt Augsbo||rg. Qe
sa personne, il va eouoher à Burgi^u, et, la i3, i\ spp^ 4
(Jiinzbourg dès l^ prepiière bevipe,
IX
Dans la nuit du 12 au 13 octobre^ le muréphal La^^^9
adresse à Murai une lettre des plus importantes, qui
témoigne de sa clairvoyance et de sa résolution; il reqpn-
Hait que l'Empereur s'est fait une idée tout 4 fait
inexacte de la situation, et il demande à se porter sims
retard dans la direction d'Albeck i u L'armée ennemie
est sur la rive gauche du Danube, écrit-il; il n'ei^iste en
ce moment dans Ulm qu'une réserve d^ 4,000 eu S,OOQ
hommes, et les forces qui sont sur la vive lipoite sont p^U
considérables. Tout parait donc confirmer que Tennemi
a le projet de se retirer par la Franconie, et il n'e^t pa^
douteux pour moi qu'il ne commence son mouveo^ent
cette nuit. Vous jugerez sans doute coilYÇHable, Moqseir
gneur, d'aller au secours de la division Dupont et de
porter une grande partie de vos forces sur ]a fîve g^upbp
du Danube ; en mon particulier, je pense que pe mouve-
ment est on ne peut plus urgent, et je vpua prie pQJ^n)^
en grâce de Tordonner. Votre Altesse jugera aus^i
convenable, j'en suis convaincu, d^informef de Éiuite Sa
Majesté Impériale de l'état des choses ».
Malheureusement Murât, moins clairvoyant que
Lannes, se borne à rendre compte de rppîuipft émisp
par celui-ci : « Quoique le combat livré avantrjiier pap le
général Dupont ait démasqué notre faiblesse sur la riy^
gauche et nos desseins sur la rive droite, jo ne crois pas
à ce qu'a dit l'espion et je ne partage pas l'opinion de
M. le maréchal Lannes Ce matin, aussitôt que Jp
jour paraîtra, j'irai reconnaître la position de l'ennemi ;
en attendant, je me hâte d'engager M. le maréchal Ney
IlfTBOpupTION. 71
à prévenir le général Dupont ^^s projets qqp le maré-
chal (idiines ^pppqse aux A^tHcbi^n£;, en lui ordonnant
d'établir U plus grande surveillance, etc Votre
Majesté vi0nt : ^Ue ordonnera e}le-mè[ne )e q^piyv^ment,
si elle le jiige convenabip ; poup moi, J0 np ^ai^r^is m'y
décider ^i légërepient, sui^toiit lorsque je connais la
marche du général Marmont et du p)aréchal Sonlt sur
ma gaucb^• ^^ s^rait-pe païf désorganise^ vQtre plan
géqéral? Je me borpe donc, ^ire, à presser Tocpupatipp
du pont 4'Ëlphiug^Q et à donner qpfnmqpicatioi) à Votra
Majesté des avis que je reçois. ^)
Murât expose d'ailleurs les motifs pour lasqifals il c^pit
n'avoir rian ^ craipflre dvi P^t^é d'AIj^eck : Â |out évépe-
ment, dît-il, la divis|pi^ Qi^pont est là, et pn peut compter
sur elle, comma p\\e yient encore de le prouvar. le) Murât
semble trop ppésumar 4es forces de celte troupe épqisép
de fatigpe, privée de canons et 4ç mui^ftions, et qui
d'ailleurs, comme il la saiira bientôt, n'est pas à Albeck.
D'autra part, il émet quelques consiflératip^P mal fon-
dées sur l'état mqral de l'ennemi, le disapt pau enclin à
risquer un mouvement qui le séparerait du Tyrol et
l'exposerait é une attaque de f)anc.
11 donpe 4es raisons plus admissibles qqa^d i}
déclare qua les troupa^, parvenues sur leurs positio^s ^
10 heures du soir par un tamps épouvantable, ne peuvent
guère sa remettra an routa au point du jour.
Cependant l'Empereur arriye sur le tarrain, Il passe
d abord par Gûnzbourg, croyapt y trouver Murât et Ney,
et il s'étonne de l'incertitude pu Ton est resté au sujet
de la division Dupont. Jl epvoie à sa recherche un officier
d'état-u^AJor pour en avoir des nouvelles précises, puis
se rend à Pfaffenhofen auprès de Murât. Là, il prend con-
naissance des derniers renseignements et se forme une
idée de la sitqation.
Pas p}i|s à PfaffenhofeQ qu'à Gtinzbourg, il na peut,
acquérir da notion préciçje sur les positions du 6^ corps
7i INTRODUCTION.
On sait que les divisions Loison et Mâlber sont, âu
moinH en partie, dans les villages de Leipheim, Falheim
et Nersingcn; on croit qu^elles occupent Dcbiniren,
et comme Murât a ordonné dès le 1 1 que Dupont demen-
rAt A Albeck, il suppose qu*il s*y trouve. L*Empereur se
contente donc, tout d*ahord, d'ordonner A Lannet de
pousser la division (iazan h Pfnhl, sous les murt d'rim :
le reste du «V corps devra s*emparer coûte que cuiMe
du pont d*Ober-Kirchherir et prendre pied sur la rive
gauche de riller, établissant la liaison directe avec
Soult. Marniont, qui a dépassé Kruinl>ach, doit venir
A Weissenhorn.
IticntAt on apprend que Dupont est A Breni. que le
6* corps n*a envoyé sur Oher-Klchingen qu*un batailloo
du 2y léger et 10 chasseurs h cheval du 10', commandés
par le général Marco&:net; t|ue celui-ci, A peine sur le
plateau. s*est trouvé nvt A nez avec W bataillons et 4 enca-
drons autrichiens, et s'est empressé de revenir. •• ayant
rempli sa mission ». Il n*y a. devant le pont d'KIchin-
gen.4|ue3 compacnies de grenadiers de ladivbionLoisoo.
.Napoléon entre alors dans une violente colère contre
le iiKirrchal Nt*} : il lui repr«»che d*a\4»ir laissé Ilupoot
attaqiKT s<'ul !<• Il, d^ooir fait évacuer Albeck et
KIrhinct'n ountrairemeiit aux onlri»s n'çu», de n'avoir
pas a.H^uri* 1rs i oin mu iiica lions entre ses divisions, et de
laisser IKinpi-reur dans l'ignorance des mouvements et
posilioiiN du ij' ('i.riis. Il lui tmlonne d*4H:cuper le leode*
main h* passaire «rKIchintren.
IN'udant et* Imips. iMipont ann«>nce qu'il est entouré
de l'His i'mI»-h par b-s partis rnii<*mis.
I.t* M>ir. îhipiiut rsi rui'ore à Ilnnu. Malher et Itour*
oitT A Fallirini. I^iisnn «n n»utf* pour Nersingen. les
dr.i.'>ns À pi«*d a Ltiplifiin ; (la/an. Suchet. DeaumoDt
k'ar>i« lit l« iirs p<isiti<>iis di* l.i \«illf» sur la Rotli, et t^udi*
not ar:-i\' a < )|im KirfhlifTj. La (tard*' et 1rs cuirmsaîers
.Naiis..ut\ sont a iiiniibi»ur«. Marmont A Weisseobom,
INTRODUCTION. 73
Soult devant Memmingen, qu*il a investi dans Taprès-
midi avec sa 3® division, et qui parait vouloir se défendre.
Ce dernier annonce que Tarchiduc Ferdinand et le gé-
néral Mack sont à Ulm, où Ton a envoyé récemment des
équipages et du canon par Memmingen.
Dans la soirée, l'Empereur, en réitérant à Ney Tordre
de s'emparer d'Elchingen, prescrit à Lannes de s'éta-
blir à Pfûhl ; il sera soutenu par les dragons à pied et,
éventuellement, par toutes les autres troupes échelon-
nées depuis Gûnzbourg. La Garde et Nansouty doivent
se porter sur la Biber, non loin de Falheim, pour se
tenir prêts à intervenir. Marmont doit passer TlUer devant
WuUenstetten et achever l'investissement d'Ulm au Sud-
Ouest. Quant à Soult, Berthier lui écrit : « Je vous pré-
viens que toute l'armée ennemie est dans Ulm ; il est
indispensable que vous veniez pour former la gauche de
l'Empereur et intercepter à l'ennemi la route de Bibe-
rach. L'Empereur s'attend que votre corps d'armée sera
le plus tôt possible dans les environs d'Ùlm. »
Dans la nuit du 13 au 14, lattention de l'Empereur
se porte de plus en plus sur les événements de la rive
gauche : il sent que les grands coups se frapperont là,
et il invite Lannes à soutenir Ney le plus rapidement
possible, tandis que Marmont relèvera Oudinot dans ses
positions :
« Je vous préviens, écrit Berthier à Lannes, qu'au-
jourd'hui à la pointe du jour, le maréchal Ney se porte à
la rive gauche du Danube pour reprendre la position
d'Albeck. Il est possible que cela donne lieu à un enga-
gement très sérieux ; il est donc convenable qu'au pre-
mier coup de canon vous vous trouviez vous-même sur
la rive droite, du côté du pont d'Elchingen, pour pou-
voir soutenir le maréchal Ney ; suivant les circonstances,
que vos troupes soient prêtes à le soutenir ou à se rap-
procher du champ de bataille. Si l'ennemi sort d'Ulm de
ce côté, nous pourrons marcher à lui et le culbuter; si
74 iTTBODucnosî.
au contraire il ne sort pas, et que l'affaire de M. lu marf -
cbal Ney engage beaucoup de tniupcs ennemies, nous
pourrons le suivre de poste en poste, fiasser sur la rive
gauche en laisssaut le général Marmunt de ee cAlê-ci,
et enlever toutes les hauteurs d'ilni.
« Si Tennemi attaque le maréchal Ney et qu'en même
temps il attaque le général (iaian, cela donnera
lieu à des événements qui arrangeront heauooMp nos
affaires ».
A 4 heures du matin, Iterthier écrit A Ney, |K)ur plus
de sûrt'té :
« I/intention de rKuiftereur est touji »urs que vous vous
emitariez des hauteurs d'Alheck; si cela \uus engage é
une Krando liat«iillCf V4ius serei soutenu fortement : toi|l
ce qui [Hirtera renncini A a\oir une affaire au delA des
retranchements d l Im ne peut que nous «"^tre très a%'an-
tagt!U\ ».
C'est en vertu de ces (»rdres réitérés que le maréchal
Ney livrera, le 14 octobre, le comliat d'KIchiogan.
X
I.f li4M*tobn\ fl.'in> la matinée, Ihi[>4»nt se remet en
maivlie vers .Vlt»erk. mais il apenoit des forces su|>é-
rieures tlf\.int Laiik'*'nau. et n*ooiinalt une c«i|oune aulri-
ehienne filant sur la droite, par la rt»ute de Nen^nstelteo.
If Api*'*» un <oinliat d'axant-L'anle engaçé |>«>ur forcer
renntiiii a nh-ntr«r ti.iitr^ s,'^ fon^e». le général Ilupont
prt'n«l If |>artul«- «»•' rtporter sur la Itrenz afin de oaivrîr
\vs rMiiiiiiunitath'ti*» >lf l'.irnM*^ par (iiindeltingen et
llnn/lxturi:. it <li |irt\(nir les intentions qm* IVnnemi
piiiiriiit i\««ir »r«»|Mrtr un*- iii\«THion tt de dék'ager
1 lin 1 0
Oui *» tom? 4^ h dîvipipR liQison 4e s'illustrer ; Ua]her
a 0U GQozbourg, ^^ Dqpoqma^sl^ob. Le U octobre, ^Q\i^
la âireattoQ per^ofmelle 4u niAPécb^l Ney, qui ser« toq?
jours ai|]| premiers rpingi, ]a. division LfOisoQ reo^pppterj^
la vietoird 4'filphipg§fl, et c^îft P^esq^e f^a^ ^rtiUgriç,
D^m pbomin» vpnimt ^p Nppsingp p ^t 4e Byplpfipgeo
§§ Féqçi^Éf^pt i^uF )q bopd 4u P^oybe, 4wa PHP clwrière
dp qpi^ b§i§ paapéçiigeux qui pqvpjQppejjt le» pié^Qdrei?
et les dérivations du fleuve. C'est là que le mar^isli^i
Ney arriTe 4 8 hmi^^ 4u i^^tin, spîvi par ravMtrgsrde
de Ip divisio» tiflisop «), Dpv^Rt liii, le pont d'ïîlcbipgpft
cm de ]L(pibe«, 4Qnt 1^ efe^rpppte çst FPsféP iptepte, e(
4cfRt ie teblier 4p plftRcbes » été epley^ par Veppeipi,
traverse \p pftnube, large 4e 80 h iQQ piètresit Au àeli
du pont, la chaussée franchit deux bras 4 PPP pi*è§
çppiblés, qui pg §ûpt plu§ gpère quo 4p^ fQ?sép, ppis
depx riiips^ap^ pftFftHèlesi (k Ift lïprg^: W se troHvept
4eqx maisqps 4e pépl^eqrs ^vpç pp bpre^p de péaj^p, Il y
^ 500 w^trp^ du P&PPbP 4 cpsdepj^ m«spps pt 500 mètreg
enoore jpsqpVu pied 4pp cptpftuif, qui ^'élèvppt ft 30
piètres au-4esi^p§do la plaiae. P'abord esparpés et plon-
geant dftps le Dftpphe 4epms Ulrp jusqp'ii. Tbftlfipgep, ils
8>p écartept ppp ^ p^p pt vppt s'ftdpucisswt PPtre c§
yillagp Pt celui 4'Upter'Elcbîngpp, ap ^prd 4uqqel ils
fpiept vers t^ngpnaij, faisjinl pl^cp apii Yi»§tp8 ffiftpai§
du Rio4 et du Popau-Moos,
(i) Brigade Villate : 6** léger (colonel Laplane), 1740 hommes; 39* de
ligné (colonel Maucune), 1640 hommes.
Brigade Roguet : 69* (colonel Qrun), 1726 hommes; 76? (aolonel
Lajonquière), 1800 hommes.
Ont pris part en outre au combat : 3* hussards (Lebrun), 340 cava-
lien; ^0* cbasseuFi (Colbert), 350 cavaliers; ISp dragons ((.pfipbvrp),
335 hommes; 19* dragons (Caulaincourt), 440 bonimes; W dragpns
(Rigaud), 490 hommes.
Total : 8,800 hommes environ.
76 INTRODUCTION.
L'abbaye, cloître ou couvent d'Ëlchingen, qui domine
tout le plateau, s'aperçoit vers la droite, lorsqu'on dé-
bouche du pont, avec son clocher et ses vastes bâti-
ments entourés d'une enceinte ovale qui déborde sur
les pentes. Le village d'Ober-Elchingen descend oblique-
ment, de droite à gauche, de l'abbaye vers la plaine, sur
une longueur de 1000 mètres. Plus à droite, derrière une
croupe qui s'allonge à l'Est du couvent, on entrevoit la
chapelle de Saint- Wolfgang et, dans le fond, Unter-
Elchingen.
Le ruisseau qui descend à Thalfingen ravine profon-
dément le plateau entre les abords d'Elchingen et ceux
d'Haslach, où Dupont a combattu le 11. Un grand bois,
flanqué au Nord et au Sud de deux autres plus petits,
s'étend de l'Est à l'Ouest depuis l'abbaye j usqu'aux pentes
de ce ravin.
Le 14 octobre 1805, le pont d'Elchingen était gardé,
sur la rive gauche, par 300 Autrichiens avec deux pièces
de canon (i). Onze bouches à feu (sept canons de 8, sept
de 4, deux obusiers) leur furent opposées tout d'abord par
le maréchal Ney et en eurent facilement raison ; mais il
n'y avait pas de temps à perdre : sans attendre le succès
de la canonnade, le maréchal ordonne au capitaine Coisel,
aide de camp du général Loison, de donner l'exemple et de
replacer le premier madrier avec l'aide d*un sapeur du
6® léger. Celui-ci a aussitôt la jambe emportée par un
boulet ; mais les compagnies d'élite de son régiment et
du 39® se précipitent : pendant que les uns ramassent
des planches, que le Danube a amenées à la dérive des
ponts rompus en amont, les autres passent en courant
sur les poutres et vont se déployer en tirailleurs au delà
(1) D'après la relation française. Au dire de Schônhals, il y ayait
deux bataillons et deux pièces, qui furent renforcés peu après par deux
autres bataillons et quatre pièces ; mais il semble que ce renfort soit
arrivé trop tard pour coopérer à la défense du pont.
INTRODUCTION. 77
du fleuve. Il y a Jà, bientôt, les grenadiers du 39®, les
carabiniers et voltigeurs du 6« léger et quatre compa-
gnies de ce régiment. Ils chassent devant eux les 300
tirailleurs ennemis, qui essaient en vain de tenir dans les
deux maisons du péage.
Sur ces entrefaites, quelques compagnies autrichiennes
se montrent sur notre gauche et nous prennent en flanc
avec un canon. Le général Villate détache de ce côté
une poignée de tirailleurs et quatre compagnies qui
refoulent peu à peu Tennemi dans la direction de Thal-
fingen.
Le débouché du pont est entièrement dégagé, sans
qu'il ait été fait d'effort sérieux pour en empêcher le
passage. Le 1®' bataillon du 39®, suivant ses grenadiers,
file vers la droite en longeant la lisière du bois, tandis
que les deux bataillons du 6® léger se portent en avant
vers le village et l'abbaye.
Le tablier du pont est réparé, et la cavalerie légère
(3® hussards et 10® chasseurs) s'y précipite pour aller se
déployer dans la plaine entre les bois et le village.
Le maréchal Ney ignore encore quelles forces l'en-
nemi va lui opposer, et les positions qu'elles occuperont.
Les trois bataillons s'écartent en éventail, prenant pour
points de direction : celui du 39®, la chapelle de Saint-
Wolfgang ; le 1®' du 6® léger, l'abbaye ; le 2® du 6®, la
lisière Sud d'Ober-Elchingen.
Les deux bataillons du 6® léger, en colonnes précédées
de tirailleurs, progressent assez facilement, et il ne
semble pas que l'ennemi leur ait disputé sérieusement
l'immense lisière du village. Le 2® bataillon y pénètre
et, luttant pied à pied, finit par gagner la lisière opposée;
puis il chasse les Autrichiens d'une briqueterie située
sur le plateau. Le 1®' bataillon entre dans l'abbaye,
leç quatre compagnies de gauche par la grande porte
(au bout de la principale rue du village) et celles de
droite, avec les grenadiers, par une petite porte située à
78 INl»fe6Dt)dTI0N.
l'angle Sud de Tenceinte. Le bataillon de Sporckj qui
défendfldt Tabbaye, est fait prisoUùiei*.
Le 1" bataillon du 39«, en apt)rochdht dé Sâiii^Wolf^
gang, au lieu de tt^ouvei^ pAt le Vallbti tin pltiil fiÈrôilë
accès vers le plateau, se heurte à dèis foi*cês supfiHèUPëHt
Accueilli par le feu dé tiédis bàtdiilotis &utt46hîe!is,
chargé par plusieurs esdàdi^ons, et il Èè hâte de se
repliei'lsùr lô bois; mëîs poursuivi et chargé ëncot^e^ il
est mis en pleine déroute et se reformé à ^raud'peiôè
sur là lisièi*è.
Il n'y a pas encore d'artillerie pour appuyer TattàqUè
de notre Infanterie ; deux pièbès seUletnent (un caiioh de
4 et un obusier) ont passé avée le 6^ léger, et elles soUt
oppbséës à UUe batteHe ennemie qui, pofiitéé aU BUd
d'Elchingéti, ptend Uos lignés eU échàrpe.
Le 2« bataillon dU 39^ puis la brigade Roguet (8&* êl
76«) traversent le pont à leur toUt» et se pobtfeUt éh ftVàilt.
Les ^8^ 19" et 25« dragotis pasSei*olit isuccéSsîVënieht.
Une UoUvellè phase du éoinbàt Va ôotaimencet.
Quelîî renseignements èi le maréchal Ney SUî* lëS posi-
tions de l'ennemi ? Quelles instructions a4-il l^eçUés de
l'Empereur ? OU l'ignorfe ; itiaid il maUt^uVrë d'abord,
scmble-t-il, de tnanière à attdquer la gauche de l'éii-
nemi et à le rejeter Sur UltU. Laissant lé 6® léger occu-
per seul le village et l'abbàyê d'Ober-EléhlUgeU, et eh
déboucher vers l'OUest, il porté tdUl lé reste dé ses
troupes daiiS l'espace découvert, large de HOO ttiêtrés,
qui séparé les deUi ËlchiUgéU.
Lé 2^ bataillon du 39^ S'est glissé le IdUg dU bôiii^ a
rallié lëS débris du l^' batàîllott et s'est porté èii àtàiil
avec lui sur Saint-Wolfgangétrauglé SUd-OUèst d'tJntër«
Elchitigfen. Cette fois, ils Uë rencontrent plUS de forëëë
supérieures, et prennétil plêd Sur le plâteâU, lâéàVAlerle
légère à leur gâuëhë, âU cétitre de la division.
Lé è9« et le 76" ont débouché du poût, chàcUn d'eUt
INTRODUCTION. 79
toi*màiit éIoté utie Seule coloniie de règitnent, et ils se
dirigent sur Tintervàlle entré l'abbaye et Saint- Wolf-
gàng. Arrivéis là, ils se dêj^lôletit en éVentail à portée
de fusil de Tennemi.
Lé maréchal Ney, d'après le rédacteur de sesl Mémoi-
res, « feignit de VOUloii* opéi*er par i^a droite, àttit^
par ses déploiements les réserves de rennemi sur ce
point, et ne lé vit paS plUtAt dégârtiir son ceiitrê tjilë, se
jetant à la tète d'Utie partie de ses foi*ces, il manœuvrià
pour le couper par la gàtiche, lui enlevet ses communica-
tions (!) ». Le rapport du général Loison àù Mai*échèil
dit en effet : « Arrivés sur le plateau, vous ot*donnâtes
de s'empàrei^ du bois qui est à gauche, et de diriger
cbhstammeiit les mouvements sur la di^oite de l'étiûemi >).
Les Mémoii^és du maréchal Néy coUtiilueiit àiiiisi :
u Roguet l^ompt pai* pélotonS à gauche avec le 09^, longe
intrépideméht lé frdUt de là ligue eUnemie, et reçoit soti
feu à bout portant (2) ».
Le 76« seul poussé droit dévatlt lui, soutëiiu successi-
vement par la cavalerie légère et le 18* dragons. Le 59* et
là cavalerie iégèi*e, qui ont repoussé quelques compa-
gnies ennemies sut Uhtér-Ëlchingen, eu abandonnent la
poursuite aU 19* dragons (S), qui arrive à ce moment, et
vont réjoindre le 6* léger à là gauche de la division.
« Les mouvements furent exécutés avec intrépidité,
dit le général Lôison au marécbal Ney, et personne ne
(i) Tome II, page 311.
(2) Voir le croquis n° 4.
(.i) Le i^ dragons fait 250 prisonniers au débouclié d'Unter-Elchin-
gen, attaque et poursuit quatre escadrons de cuirassiers autricliiehs
jasqu^à ïlferenstetten. Là, il se heurte à un détachemetit deâ trois arihes,
que la division Dupont a reconnu dans la matinée, et il est forcé à son
tour de reculer. Il échappe à grand'peine à la cavalerie ennemie et
revient bivouaquer le ^oir près de Gôttingeo, à trois kilomètres à l'Oiiest
d'Elchingen.
80 INTRODUCTION.
peut mieux que vous, Monsieur le Maréchal, rendre jus-
tice aux différents chefs qui commandaient ces colonnes,
puisque vous fûtes constamment au milieu du feu le plus
vif ».
Les Autrichiens saisissent le sens de la manœuvre
ordonnée par le Maréchal. Ils voient qu'il cherche à
leur couper la retraite sur Haslach. Ils serrent, eux
aussi, de ce côté, groupent leurs colonnes, les forment
en carrés pour les faire appuyer à droite.
a L'ennemi qui, à notre arrivée sur le plateau, était
en bataille sur deux lignes, voyant les mouvements qui
s'exécutaient sur sa droite par notre infanterie, et ceux
que M. le Maréchal avait ordonnés à la cavalerie d'exé-
cuter sur la gauche, forma plusieurs carrés, dont trois
forts de 4,000 hommes chacun (1), et chercha constam-
ment à gauche la route d'Albeck à Ulm en s'appuyant
aux bois, soutenu par sa cavalerie et son artillerie. Ces
différents carrés furent atlaqués par les 69® et 76® régi-
ments, et forcés d'abandonner à ce dernier 4 officiers
supérieurs, 7 officiers et Hl sous-officiers, canonniers et
soldats, 4 pièces de canon et plusieurs caissons. Une
colonne de 700 hommes (de 1600 à 1800 avec drapeau,
selon le colonel Colbert) mise en fuite par le 1®' bataillon
du 76®, fut entièrement ramassée par le 10® de chasseurs
achevai (2) »
Un carré autrichien, formé entre l'abbaye et le bois,
essuie le feu du 76®, résiste à deux charges du 3® hus-
sards, puis du 10® chasseurs, et cède enfin au 18® dra-
gons, au moment où ce régiment débouche sur le pla-
teau.
Le Maréchal ordonne de poursuivre l'attaque vers
rOuest.
« Le général Villatc, dit le rapport de la division
(1) Chiffre exagéré et très éloigné de la Téritt'.
(2) Uapport du général Loison.
INTRODUCTION. 81
Loison, reçut alors Tordre d'obliquer fortement à gauche
avec les troupes des 6® et 39® régiments qu'il avait pu
réunir, de s'emparer des deux bois qui sont en face de
Kesselbronn, entre lesquels passe le chemin de traverse
qui, d*Elchingen, rejoint la route d'Albeck à Ulm, d'y
prendre position, et de jeter des tirailleurs sur sa gauche
afin d'observer les mouvements que l'ennemi aurait pu
faire par la route de Thalfingen ».
Tandis que la brigade Yillate se porte directement
vers Kesselbronn, la cavalerie et la brigade Roguet pour-
suivent l'ennemi dans la plaine, au Nord du bois d'Ëlchin-
gen (1). Le 69® et le 76® se portent vers la grand'route
de part et d'autre du petit bois (2) qui borde le chemin
de Gôttingen à Haslach. (Le 69® et le 2® bataillon du 76®
au Sud, le 2® bataillon du 76® au Nord).
Les rapports ne mentionnent aucun incident pendant
cette marche de trois kilomètres, qui nous conduit au
bord du ravin de Thalfingen, nos troupes formant une
L'gne un peu concave, et l'ennemi se déployant en arc
convexe sur la crête opposée, de Kesselbronn vers Thal-
fingen. Si tant est que le maréchal Ney eût projeté de
couper aux Autrichiens la retraite sur Ulm, cette
manœuvre avait échoué, et il ne s'agissait plus que de les
repousser le plus près possible de la place. La division
Malher, tenue d'abord sur la rive droite en face de Thal-
fingen, avait débouché à son tour du pont d'Elchingen ;
placée en réserve dans la plaine au Sud d'Ober-Elchin-
gen, elle avait traversé ensuite ce village et s'était
déployée sur le plateau au Nord de Thalfingen, couvrant
la communication de la division Loison (3). Le 25® léger
(i) Grosser-Foist sur la carte de Tétat-major allemand.
(2) Entre le Grosser-Forst et le Kâfer-Loch.
(3) Contrairement à ce qu'ont écrit certains historiens, elle ne fut
donc pas engagée et surtout ne combattit pas du côté d'Unter-Elchin-
gen. Le 25* léger put seul tirer quelques coups de fusil.
III. 6
82 INTRODUCTION.
laisse son 1^' bataillon sur la route qui borde le Danube,
dans la direction de Thalfingen, et les deux autres vont
couvrir le déploiement de leur division.
A ce moment, les généraux Yillate et Rognet reçurent
Tordre, le premier de passer le ravin de Kesselbronn,
de s'emparer des hauteurs et du bois qui sont en face
de Unler-Haslach, et le second de se saisir de la route
d'Albeck à Uim et des bois situés vis-à-vis d'Ober-
Haslach (1), en délogeant Tennemî, qui y avait réuni
plusieurs colonnes soutenues par un corps de cava-
lerie (2).
La brigade Villate enlève Kesselbronn et rejette ses
adversaires en terrain découvert au Sud d'Haslach. La
brigade Roguet soutient un combat des plus acharnés, et
à peine a-t-elle débouché en plaine, que la cavalerie
tente un dernier effort pour faire gagner du temps & son
infanterie. Cuirassiers et uhlans chargent ensemble les
69* et 76', qui se forment en carrés pour les repousser.
Sur ces entrefaites, les dragons reparaissent, et notre
artillerie arrive : deux pièces de 8, une de 4 et un obu-
sier ouvrent le feu. Le général Loison profite de ce
renfort pour poursuivre l'ennemi jusqu'en face de Jun-
gingen, et la nuit approchant, le maréchal Ney ordonne
de cesser le combat.
Les troupes de la division Loison, harassées par cette
lutte de dix heures contre un ennemi supérieur, vont
bivouaquer près d'Albeck ; la division Malher vient se
déployer en première ligne, et fournir les avant-postes
derrière le ravin de Thalfingen.
Il est peu de combats offensifis plus brillants que celui
d'Elchingen, où le succès, comme on Ta vu, a été décidé
sans artillerie, et où le maréchal Ney, toujours au pre-
mier rang, sut entraîner les troupes avec une ardeur
(1) Grosser-Gâhr sur la carie de Tétat-major.
(2) Rapport de la division Loison.
INTRODUCTION. 83
admirable, tout en conservant le sang-froid nécessaire
pour dominer la lutte et ordonner & chaque instant de
nouvelles dispositions. Non seulement il s* était rendu
maître d'Elcbiugen, mais il avait rejeté les AutrichieDs
sur Ulm et fort avancé l'investissement de la place.
La division Loison avait combattu seule pendant toute la
journée du 14, depuis le pont d'Elchingen jusqu'à Has-
lach. La division Malher, tenue en réserve à une demi-
lieue du champ de bataille, n'avait pas eu à donner. En
arrière de cette division, la Garde impériale se tenait
prête à intervenir.
Les dragons à pied, d'abord mis à la disposition du
maréchal Ney, et chargés de garder le pont de
Leipheim, avaient été dirigés, le 13 au soir, sur Strass
et Falheim, mais ils tenaient encore le pont de Leipheim,
le 14 à 4 heures du matin, quand les Autrichiens y por-
tèrent une forte reconnaissance. La Garde vint aussitôt
relever les drag<ms, plaçant 400 chevaux et des avant-
postes au delà du Danube, et deux bataillons en deçà
avec quatre pièces. Ces dispositions donnèrent & l'ennemi
l'illusion d'un mouvement important vers Langenau,
qu'il négligea d'observer davantage.
Le reste de la Garde demeura au bivouac entre
Leipheim et Nersingen avec la cavalerie de Nansouty,
ayant ordre de soutenir le maréchal Ney à Ëlchingen ou
d'interdire à l'ennemi le passage de Leipheim^ suivant
les circonstances.
On sut, par les prisonniers, que l'on avait eu affaire
aux trois régiments d'infanterie de Froon, Archiduc-
Charles et Erbach, aux deux bataillons de grenadiers
Archiduc-Charies et Auersperg, aux deux régiments de
cuirassiers HohenzoUern et Archiduc-François, et à
quelques pelotons de hussards et uhlans, en tout 8,000 à
9,000 hommes, sous les ordres du lieutenant général
comte de Riesch, avec 14 pièces de petit calibre. Le
général Riesch n'avait pas demandé de pièces de parc.
84 INTRODUCTION.
étant persuadé, ainsi que tous les chefs de l'armée autri-
chienne, que nos forces se porteraient ensemble sur Ulm
par la rive droite.
Une heure et demie avant Tattaque de la division
Loison, le prince de Hesse-Hombourg, qui était réuni
au comte de Riesch avec 25,000 hommes, les avait
ramenés à Ulm.
Ces explications ne faisaient pas comprendre, cepen-
dant, comment le 39® et la cavalerie légère, dans leur
attaque entre Saint-Wolfgang et Unter-Elchingen, avaient
fait de nombreux prisonniers du régiment Archiduc-
Maximilien, Ce corps appartenait à un détachement qui
se trouvait du côté de Langenau. Lorsque le maréchal
Ney eut reçu, dans la nuit du 44 au 15, le rapport de la
division Dupont, il put se convaincre de la présence de
plusieurs milliers d'ennemis de ce côté.
Pendant que le 6® corps attaquait sur la gauche, le
5® corps et la réserve de cavalerie s'étaient portés par la
rive droite devant la tète de pont d'Ulm. La division
Gazan, écartant quelques cavaliers ennemis, s'établit
sur le mamelon isolé de Pfûhl, puis le 4® léger repoussa
un ou deux bataillons jusque dans les retranchements,
en face desquels il prit position. Le 10® hussards, cou-
vrant la gauche du 4® léger, chargea deux escadrons de
uhlans qui tentaient d'enlever notre artillerie. Nous
eûmes, dans ces divers engagements, 8 hommes tués et
50 blessés; le 4® fit 50 prisonniers et les hussards 15.
L'Empereur dirigea lui-même le 5® corps et les dra-
gons.
Gazan bivouaqua à Pfûhl avec ses trois régiments de
ligne. Le 4® léger, les 9® et 10® hussards bivouaquèrent
près d'Offenhausen. La division Suchet, qui avait suivi
de près celle de Gazan, revint bivouaquer en arrière,
entre Burlefingen et le pont de Thalfingen.
Les grenadiers Oudinot, rappelés d'Ober-Kirchberg,
INTRODUCTION. 85
s*établirent dans le bois en avant d'Holzschwang ; le
13* chasseurs à Finningen, et le 21® à Steinheim.
Les l'* et 3* divisions de dragons furent portées par
Oberkirchberg sur la route d'Ulm à Memmingen, pour
intercepter cette communication et rejeter dans la place
les partis de cavalerie ennemie qu'elles rencontreraient.
Elles vinrent le soir, la l'^ près de Pfûhl et la 3® près de
Finningen.
Marmont s'est rendu dans la matinée à Ober-Kirchberg
avec une avant-garde ; il y a rétabli le pont, fait passer
riUer à 600 chevaux, dont 100 ont suivi la route de
Memmingen, 300 ont été à Gôgglingen et sur la route
de Biberach, 200 sont restés à Ober-Kirchberg en sou-
tien. Les châteaux d'Ober et Unter-Kirchberg sont occu-
pés chacun par quatre compagnies. Dans la soirée, un
poste est établi à Wiblingen, près du confluent de llUer
et du Danube. Le 2® corps est prêt à attaquer l'ennemi
s'il se portait sur la route de Biberach.
Les rapports recueillis par Marmont établissent qu'il
n'est pas passé d'Autrichiens sur la route de Memmingen à
Ulm (rive gauche de riller). On dit que 10,000 hommes,
commandés par le général Gyulay, se sont dirigés récem-
ment sur Biberach, et qu'on a transporté beaucoup
d'artillerie dans cette ville.
Le maréchal Soult, qui est arrivé la veille devant
Memmingen, a dirigé les divisions Legrand et Saint-
Hilaire sur Ochsenhausen (route de Biberach), avec
l'intention de leur faire prendre le chemin de Laupheim,
et d'achever l'investissement d'Ulm de ce côté ; mais à
deux lieues de Memmingen, l'avant-garde de la division
Legrand a rencontré un détachement ennemi et Ta
chargé. Des prisonniers ont annoncé que l'armée autri-
chienne avait commencé à battre en retraite, partie sur
Memmingen et partie sur Biberach.
Le maréchal Soult fait poursuivre sans interruption
la marche de sa 3® division sur Ochsenhausen ; il retient
86 INTRODUOnON.
quelque temps Saint-Hilaire à Berckheim, puis le fait
rejoindre. Vandamme passe la journée devant Memmin-
gen, dont le commandant capitule à 3 h. 1/2. L'éra-
cuation de la place a lieu entre 11 heures et minuit ; le
2® bataillon du 24® de ligne en prend possession immé-
diatement. Il n'y avait pas de temps à perdre^ car le
commandant avait cédé, par une inconcevable faiblesse,
devant la menace de quelques canons de campagne, et
la garnison menaçait de se révolter et de rompre la con-
vention.
Il y avait dans Memmingen neuf bataillons comptant
4,H00 hommes, divers détachements de cavalerie, neuf
pièces et de nombreux équipages*
Dans la nuit même, la 2* division se remit en marche
vers Ochsenhausen.
XI
Dans la nuit du 14 au 15, TEmpereur donne ses ordres
pour l'attaque des positions autrichiennes devant Ulm.
Ney appuiera un peu à droite, et donnera l'assaut sur le
Michelsberg et le Geisberg. Lannesfera passer le Danube
aux trois divisions Oudinot, Suchet et Gazan, sur les
ponts d'Ëlchingen et de Thalfingen, pour soutenir le
maréchal Ney; la 1'® division de dragons suivra le 8*
corps. La garde et la cavalerie de Nansouty se rendront
à l'abbaye d'Ëlchingen. Tous ces mouvements doivent
être exécutés à 8 heures du matin.
La 3® division de dragons restera chargée de l'inves-
tissement d'Ulm devant la tète de pont ; elle y sera
rejointe à 8 heures par le 2® corps, qui prendra position
sur la hauteur de Pfûhl ; les dragons à pied restent en
réserve à Burlefingen.
Soult reçoit l'ordre de se porter sur Biberach pour y
défaire le corps ennemi signalé de ce côté.
INTRODUCTION. 87
Dans la matinée du IS, TEmpereur prescrit la dispo-
sition suivante à Lannes et à Ney :
« Les deux corps d^armée vont se former en bataille :
le corps de M. le maréchal Ney tiendra la droite appuyé
au bois de Mahrîngen, son centre vis-à-vis Lehr, la
gauche en avant de Jungingen. Le corps de M. le maré-
chal Lannes :
La division Suchet, la droite ;
La division Gazan, le centre ;
Les grenadiers d'Oudinot, la gauche.
La droite touchera à la gauche du maréchal Ney et la
gauche coupera la route d'Âlbeck .
La cavalerie légère des deux corps d'armée éclairera
devant et sur toutes les routes à deux lieues aux envi*
rons, même en arrière.
La division de la Garde impériale se mettra en bataille
à Hasiach, la gauche appuyée à Thalfingen.
La division Nansouty en seconde ligne.
La division Bourcier à Lehr et Mahringen ».
La bonne exécution du mouvement exigeait que le
pont de Thalfingen, rompu par les Autrichiens, fût préa-
lablement rétabli, et que Ton disposât de deux passages
sur le Danube ; mais il semble que Ton n'ait pu utiliser
que le pont d'Elchingen, et que la durée d'écoulement
ait été appréciée trop faible. Les troupes défilèrent sur
le pont depuis 4 heures du matin jusqu'au milieu de
l'après-midi. Ce fut d'abord la division Suchet, avec la
brigade de hussards du 5® corps. Partie à 2 heures du
matin de son bivouac, elle arriva au point du jour à
Ober-Elchingen, se porta sur Jungingen et se mit en
bataille un peu en avant de ce dernier village. La bri-
gade de hussards fut mise à la disposition du maréchal
Ney par ordre de l'Empereur.
Les divisions Gazan et Oudinot, avec la brigade de
chasseurs à cheval du 5® corps, partirent de leurs bi-
vouacs à 4 heures et passèrent derrière les troupes de
88 INTRODUCTION.
Suchet. La C® division de dragons les suivit et n'attei-
gnit Ëlchingen qu'à 2 heures de l'après-midi, devançant
encore Finfanterie de la Garde impériale.
Pendant que ce défilé avait lieu à Ëlchingen, les divi-
sions du 6® corps et la cavalerie de la Garde se rendaient
aux positions assignées.
La division Malher replia ses postes et quitta sa posi-
tion (entre les bois d'Ëlchingen et d'Haslach) à 7 heures
du matin. Dirigée par TËmpereur en personne, elle prit
le chemin de Jungingen. En passant près d'Haslach,
elle aperçut un corps autrichien sur les hauteurs au Sud,
et, se déployant à cheval sur la route d'Âlbeck, elle
détacha contre Tennemi des tirailleurs qui le délogèrent
de sa position et le firent rentrer dans les retranchements
du Spitzberg. Reprenant ensuite le mouvement, la divi-
sion se rangea en bataille, la droite au Sud de Jun-
gingen et la gauche près de la route d'Âlbeck. Cette
position n'ayant pas encore été jugée satisfaisante, la
division Malher se porta un peu plus en avant et à
droite, appuyant jusqu'à la grande route de Stuttgart, à
hauteur de Lehr. Dans ce dernier mouvement, elle passa
devant la division Suchet, déjà établie au Sud de
Jungingen.
A peine arrivé à cette dernière position, Malher reçoit
l'ordre d'attaquer.
La division Loison a quitté aussi son bivouac à
7 heures. Elle a suivi la route d'Albeck à Ulm jusqu'à
la hauteur de Jungingen, puis a tourné à droite vers la
route de Stuttgart pour former la réserve de la 3® divi-
sion. La 4® division de dragons s'est portée en avant par
la même route, et s'est formée sur deux lignes à l'Est.
La cavalerie légère suit la division Loison.
La cavalerie de la Garde se déploie à la gauche de
la ligne, en face du Geisberg ; elle est soutenue par la
division Nansouty.
L'attaque ne commence que vers 3 heures de l'après-
INTRODUCTION. 89
midi. Les Autrichiens occupent des ouvrages de fortifi-
cation improvisés sur les hauteurs du Michelsberg et du
Geisberg.
La division Malher se porte sur le Michelsberg. Le
25* léger commence Fattaque au pas de charge. Ses trois
bataillons, en une seule colonne, filent à gauche des
redoutes ; le 3* bataillon, ayant dépassé la première
redoute, Tattaque par la gorge, tandis que les deux
autres abordent l'ouvrage principal de front et à revers.
Le 27® de ligne fait un mouvement analogue à droite
des redoutes, et la 2« brigade (S0« et 59®) reste en réserve,
mais dès que Ton aperçoit Tennemi en déroute se retirer
précipitamment dans la place, le SO® se lance à sa pour-
suite ; après un moment d'hésitation, il parvient devant
les remparts au moment où Tennemi ferme la Porte des
Dames ; écrasé par la mitraille et la mousqueterie sous les
murs d'Ulm, puis assailli par des forces très supérieures,
il est battu à son tour, rejeté sur le cimetière, puis obligé
de se réfugier près du 59®, sur le Michelsberg.
La division Loison avait été placée d'abord en réserve
de la 3®, mais la brigade Villatte fut portée en avant en
même temps que la division Malher. Elle attaqua le
Geisberg et s'en empara : le 6® léger poursuivit les
Autrichiens jusqu'aux portes d'Ulm, mais, repoussé
comme le 50®, il fut obligé de se replier précipitamment
sur le 39*, posté dans une fabrique de papier.
La division Suchet, le 17® léger en tête, prend part à
l'attaque entre les deux divisions du 6® corps.
Le 17® léger poursuit l'ennemi jusque sous les murs
de la place ; il a 33 hommes tués, 128 blessés et 169 pri-
sonniers.
La division Bourcier chargea avec succès la cavalerie
et l'infanterie ennemies en avant du Geisberg ; le
18® dragons fit même un bataillon prisonnier, mais,
entraîné sous le feu des batteries, il reçut une volée de
mitraille qui lui tua quelques hommes et quelques
90 INTRODUCTION.
chevaux et lui fit tourner bride au galop, en abandon-
nant ses prisonniers. La cavalerie légère des 8® et 6*
corps fut engagée entre les colonnes d'infanterie.
Dès que nous fûmes en possession du Hichelsberg et
du Geisberg, TEmpereur fit réunir les dragons et chas-
seurs à cheval, y compris ceux de la Garde, et les hus-
sards du 6® corps, sous le commandement de Murât,
pour aller couper la route de Stokach entre le Danube
et la Blau. Le 10® chasseurs prit les devants pour se
poster à GOgglingen, où il établit la liaison avec le
2* corps.
Les divisions Gazan et Oudinot, ainsi que la Garde à
pied, arrivèrent trop tard pour être employées. Elles
bivouaquèrent entre Gôttingen et Elchingen. Le quar-
tier général de l'Empereur était au cloître d'Ëlcbingen.
La division Dupont avait reçu Tordre de reprendre la
position d'Albeck. Elle était partie de Brens à 6 heures
du matin par la route de Langenau. L'ennemi, qui
Fentourait de tous côtés depuis le 13, était en forces à
Herbrechtingen et Giengen. II fit suivre le mouvement
de Dupont par deux escadrons dans la matinée du IB, et
tomba sur le flanc droit de sa colonne au moment où elle
dépassait la bifurcation des chemins d'Âlbeck à Lan-
genau et à Nerenstetten. Dupont, qui n'avait pris aucune
précaution pour se couvrir ou se renseigner de ce côté,
fut entièrement surpris : n'ayant que 4,000 hommes
environ, dont bon nombre de traînards, il se hAta de
tirer de ses bataillons des essaims de tirailleurs qu'il
poussa vers Tennemi. Les 32® et 96® se formèrent en
carrés pour recevoir le choc de la cavalerie autrichienne ;
le 9® léger, qui approchait d'Albeck, fit face en arrière
et forma crochet offensif contre le flanc droit de l'en-
nemi; son feu obligea les canons autrichiens à reculer;
et sur ces entrefaites, l'intervention de la 1'® division de
dragons, à l'approche de la nuit, acheva de dégager
INTRODUCTION. 94
notre infanterie. Cette division avait passé à Ëlchingen
après la Garde; arrivée près du champ de bataille du
Michelsberg, elle avait appris qu'il ne restait rien à faire
de ce côté, et elle avait couru au canon de la division
Dupont.
Le IS an soir, les divisions Loison et Malber restent
au contact, bivouaquant sur le Michelsberg et le Geîs-
berg, et tenant les remparts d'Ulm sous le feu de
13 pièces de campagne. Suchet et Bourcier, avec la plus
grande partie de la cavalerie légère des 5® et 6® corps, se
sont avancés jusqu'au Sud-Ouest d*Ulm, vers Sôfflingen
et Erbach. Gazan et Oudinot sont restés en arrière, près
de Gôttîngen. Nansouty est à Thalfingen, la Garde à
Elchingen, Dupont et Klein à Âlbeck.
Les dragons à pied sont répartis entre Pfuhl, Thal-
fingen, Burlefingen et Gûuzbourg.
Le 16, ces positions sont peu modifiées. Gazan et
Oudinot se mettent en marche pour rejoindre Lannes à
Sôfflingen, mais le mauvais temps, Tétat du so), et, en
ce qui concerne Oudinot, des ordres et contre-ordres,
les réduisent à bivouaquer le 16 au soir dans les terres
labourées entre Gôttingen et Jungingen.
Marmont avait reçu dans la matinée du IK des instruc-
tions détaillées : son principal but devait être d'em-
pAcher Tennemi de s'échapper d'Ulm vers le Sud-Est,
ou de le retarder suffisamment pour que l'armée pût
revenir des hauteurs d' Albeck et l'atteindre. En tout
cas, s'il forçait le passage, couvrir la route de Gûnz-
bourg et n'abandonner que celle de Memmingen«
Si l'ennemi se dégarnissait sur la rive droite, le
2« corps pouvait attaquer et s'efforcer de produire une
diversion.
Enfin Marmont devait examiner s'il était possible, une
fois que Ney serait maître du Geisberg, de se glisser le
long du Danube, sur la rive gauche, en amont de Thaï-
M IXTRODlXnOX.
fingen, pour attaquer la place de ce côté. Ce projet ne
fut pas réalisé, le pont de Tbalfiogen étant rompu. Celui
d^Elchiogen fut emporté à son tour par une crue dans la
matinée du 16.
Le 4* corps était revenu près du Danube, ayant fait le
tour de Tarmée autrichienne è une ou deux marches de
distance. L*avant-garde de la division Legrand arrivait
à Dellmeosingen, à portée de caoon de la cavalerie
légère de Murât. Le gros de cette division était à Ach-
stetteo, celle de Yandamme à Laupheim, et Saint-ililaire
en avant de Mietingen.
Le maréchal Soult a appris par des habitants ou des
prisonniers qu*une bonne |)artie de l'armée autrichienne
sVst retirée par Biberach vers Lindau, Rregeni et
Fussen avec le général Jellachich. Ce dernier a passé,
le 13 octobre, avec 8,000 hommes et un équipage de
pont. C'était la cavalerie chargée de couvrir cette colonne,
que le 4" corps avait renctmtrée au sortir de Memmingen.
On di!»ait auiiNi que le général Klenau s*était retiré sur
Bregenx |Mir la rive irauohe du Danul>e. Tous les ponts
en auiont drim étaient coupés jus(|u'à Munderkingen.
Le maréchal S^>ult conclut en demandant si son corps
d armée esii eno(»r%* nécei^saire devant Tlm; il lui semble
que renneiiii est suffisamment investi, et que le 4* corps
poiirmit M* |K>rter sur Kempten pour y couper la colonne
de klenau. Dans l'attente de nouvelles instructions, le
Maréchal ne continue pas à se rapprocher d'i'lm.
1/Kmi»ereur ne juu-e |mis à propos de faire venir Soult
jus(]ue sous 1rs murs inim. ni d'accéder à son désir en
le lançant à la |H>ursuite de JelUchich. Il le fait
séjonrut-r à I^upheiin.
Il s'inquiéir au c«»ntraire des forces ennemies signa-
lées au Nor\l liu Danube plus que de celles qui se* retirent
\«Ts !• Ivr**] ll.in^ la nuit du ITi au Iti. il fait appeler
Mur.tt. **t. lui «lonnant If c<>nunandenient des divisioiit
INTRODUCTION. 93
Klein et Dupont, des carabiniers, du l^^^ hussards, des
chasseurs à cheval de la Garde, il le lance sur les déta-
chements ennemis signalés vers Âlbeck. Il lui promet
de le faire soutenir par Lannes le plus tôt possible.
XII
Dans la soirée du 15 octobre, l'attention de FEmpe-
reur s'est portée spécialement sur les faits signalés du
côté d'Albeck. Les deux affaires dans lesquelles la divi-
sion Dupont s'est trouvée engagée, le 14 et le 15, les
pertes essuyées par le 39® de ligne et par le 19® dragons
pendant le combat d'Ëlchingen, les rapports signalant
le séjour prolongé d'un corps d'armée ennemi entre
Albeck, Langenau et Nerenstetten, tous ces symptômes
réunis donnent à Napoléon des craintes sérieuses pour
les convois, les dépôts, les parcs, le trésor, qui se
trouvent sur la route de l'armée, entre EUwangen et
Nœrdlingen. Il envoie son aide de camp, le général
Mouton, à la division Dupont, afin d'obtenir des rensei-
gnements de toute confiance, et il appelle Murât au
grand quartier général, dans la nuit du 15 au 16, pour
lui donner des instructions verbales. Il fait diriger en
hâte sur Donauwœrth les divisions Rivaud et Dumon-
ceau, et leur ordonne de surveiller activement, de con-
cert avec les commandants d'armes de Donauwœrth,
Harburg et Nôrdlingen, les chemins au Nord du Danube.
Il envoie à l'électeur de Bavière un officier bavarois,
M. d'Aubert, pour le mettre au courant des événements
et prévenir les inquiétudes que les partis autrichiens
pourraient lui causer.
Berthier expédie à Dupont l'ordre d'attaquer de bonne
heure le 16 (1). Il sera soutenu par les dragons de Klein,
(1) Cet ordre ne nous est pas parvenu, mais il en est fait mention
94 IimODUCTION.
qui ne Tont pas quitté depuis trois joiin^ par les grena-
diers d'Oudinot et par quelques régiments de cayalerie.
En attendant, Dupont envoie un parlementaire an eom-
mandant de la troupe ennemie pour Tavertir qu'UIm a
capitulé et Tinviter à en faire autant. L'officier français
(aide de camp Morin) échoue dans cette mission, mais il
rapporte le renseignement que Tennemi est commandé
par le général Werneck, sous les ordres de Tarchiduc
Ferdinand. Profitant de cette négociation, les Autri-
chiens commencent à battre en retraite. Murât, qui vient
de rejoindre Dupont, reconnaît les positions ennemies :
elles s'étendent depuis Langenau jusqu'aux bois situés à
mi-chemin d'Albeck à Nerenstetten.
De notre côté, l'infanterie de Dupont a pris position
en avant d'Albeck; les 96® et 32® à gauche de la route,
le 9® léger sur la hauteur près d'Osterstetten, couvert à
sa gauche par deux escadrons de dragons.
Les chasseurs à cheval de la Garde, amenés par
Murât, se déploient immédiatement à droite de la route,
couvrant la division Dupont de ce côté. Plus à droite
encore, la cavalerie se forme sur deux lignes : en avant,
le l^^ hussards, qui fait partie de la division Dupont, et
les 13® et 21® chasseurs, venus avec les grenadiers
d'Oudinot; en seconde ligne, la 1"* division de dra-
gons.
La division Oudinot était venue prendre position en
échelon en arrière de l'aile droite, entre Gœtlingen et
Langenau; mais elle fut rappelée devant Ulm. La divi-
sion Gazan, dont il avait été question aussi, ne vint pas,
étant employée à l'investissement.
Pour marcher plus vite à la poursuite des Autrichiens,
l'infanterie de Dupont se forme en colonnes par bataillon
et la cavalerie prend les devants. Vers midi, la division
daas le Journal de la dWision et dans le rapport du général Mouton, de
manière à écarter toute espèce de d^ute.
INTRODUCTION. 95
Dupont chasse rapidement l'ennemi du bois qui borde
la route ; la cavalerie autrichienne fait alors un mouye-
ment rétrograde sur Nerenstetten, et Murât en profite
pour la faire charger. La déroute de cette cavalerie
entraîne celle de l'infanterie, et des bataillons entiers
déposent les armes. En arrivant à Hausen, nous avions
fait 2,000 prisonniers. Notre cavalerie légère, qui avait
mené la poursuite jusque-là, est à bout de forces et cède
la place aux dragons, qui mènent la chasse jusque sur
les rives de la Brenz, devançant Tinfanterie de deux
lieues environ.
Parvenus sur le bord de la Brenz, près d'Eselsburg,
les dragons s'arrêtent, exténués, devant une position
fortement garnie de canons et d'infanterie. Mais bientôt
l'artillerie ennemie évacue les hauteurs d'Herbrech-
tingen, et le 9* léger arrive. Ce régiment, avec les chas-
seurs de la Garde et le 20^ dragons, enlève le village
d'Herbrechtingen et s'y établit. Le reste de la cavalerie
légère et des dragons cantonne à Hûrben et Hausen ;
rinfanterie de ligne et les carabiniers, à Bissingen.
Murât, qui a conduit en personne la charge des dragons,
revient coucher à Hausen. Il a fait dans la journée
3,000 prisonniers, et a radiasse des armes, des cais-
sons, etc., en abondance.
D'après les renseignements transmis le soir même &
l'Empereur par un aide de camp du général Dupont, le
chef de bataillon de Conchy, les troupes battues par
Murât formaient une arrière-garde de 8,000 hommes
environ, sous les ordres du général Werneck, et appar-
tenant à un corps de 13,000 à 20,000 hommes, com-
mandé par Hohenlohe.
Le i7, Murât dirige dès le matin la brigade de chas-
seurs à cheval sur Sohnstctten. Ses reconnaissances sont
entrées à 6 heures du matin dans Heidenheim, qu'elles
trouvent évacué; elles ont fait 300 prisonniers à Ânhau-
sen et apprennent que l'ennemi doit se retirer sur Aalen.
96 INTRODUCTION.
Murât croit savoir que l'infanterie ennemie a passé en
grande partie par Geislingen, et va peut-être redescendre
en Souabc.
 9 heures, la division Klein se rassemble en avant
d'Herbrechtingen, et à midi elle recommence la pour-
suite. Murât lui a ordonné de prendre des renseigne-
ments sur la direction de retraite de l'ennemi et de con-
tinuer sa marche, soit sur Aalen, soit sur Neresheim, en
envoyant une reconnaissance à Sôhnstetten pour se
relier avec la brigade Fauconnet. Le l^^ hussards pré-
cède les dragons, qui sont suivis par la division Dupont
et les carabiniers. Un régiment de dragons est porté sur
Giengen pour éclairer les chemins de Gundelfingen et
Dillingen.
Parvenu à Heidenheim, Murât apprend que l'ennemi
s'est dirigé sur Âalen et EUwangen ; pour regagner
ensuite la Bohême, l'archiduc Ferdinand aura fait un
détour assez considérable, et on peut le devancer en
marchant directement sur Nuremberg par Nôrdlingen
et Gunzenhausen, route qu'ont prise les convois autri-
chiens. Murât laisse donc à la brigade de chasseurs le
soin de suivre la piste de Tennemi sur la route d' Aalen
et EUwangen; il la fait rejoindre à Âalen par le 1®' hus-
sards. Pour lui, il dirige en toute hâte les divisions
Klein et Dupont sur Neresheim et Nœrdlingen. Il
appelle à lui, de ce côté, les troupes que l'Empereur a
envoyées à Donauwœrth (Rivaud et Dumonceau) et il
invite le commandant de Nœrdlingen (général Milet) à
prendre ses mesures pour n'être pas surpris et pour
favoriser la poursuite.
La division Beaumont, qui est mise à sa disposition,
sera dirigée par Giengen sur Heidenheim. L'intention
de Murât est de porter ensuite cette division sur Aalen,
afln de soutenir la cavalerie légère.
Dans l'après-midi, l'Empereur répond aux rapports
de Murât, le félicite de son succès du 1 G et lui ordonne
INTRODUCTION. 97
de ne prendre aucun repos. Il lui renvoie le général Mou-
ton pour savoir au juste où est l'ennemi et ce qu'il a pu
enlever sur nos communications, et il lui annonce
l'arrivée à EUwangen des 16® et 22® chasseurs, venant
de France.
Nos dragons paraissent à 5 heures devant Neresheim ;
ils bousculent Tennemi, qui venait d'y prendre position
et qui fait peu de résistance. Un régiment de cavalerie
formait son arrière-garde ; tout le reste avait passé sur
la rive gauche du ruisseau de l'Ëgau. La division de
dragons était à peine formée sur deux lignes, à droite de
la route, que l'arrière-garde ennemie se replia en
grande hâte sur Neresheim, et reprit place dans la ligne.
Celle-ci appuyait sa gauche au bois de l'abbaye de
Neresheim et prolongeait sa droite jusqu'à un ravin qui
aboutit à TEgau au-dessus du pont. Cinq bataillons
d'infanterie occupaient la gauche et s'étendaient jusqu'à
la ville; la cavalerie était à droite, en échelon, à hauteur
de la ville, sur une pente douce ; uae batterie de canons,
placée sur la hauteur de l'abbaye, battait au loin la rive
opposée de l'Egau.
L'éloignement de notre infanterie et l'approche de la
nuit, à la faveur de laquelle Werneck aurait pu se dérober,
déterminèrent le général Klein à l'attaquer avec sa seule
division, forte de 1800 chevaux et cinq pièces de canon.
Il opposa une batterie de trois pièces à celle des enne-
mis ; les deux autres furent placées un peu à droite de
la route, sur une pente bien défilée d'où elles pouvaient
inquiéter la cavalerie autrichienne.
Les 4® et 14" régiments se portèrent à la droite de la
batterie de trois pièces pour la soutenir, et le général,
s'apercevant que le feu de l'autre batterie forçait la
cavalerie ennemie à s'éloigner du bord de l'Egau,
ordonna aux tirailleurs et à un peloton du 26® régiment
de passer le pont. Le 1®' escadron du même régiment le
passa immédiatement après et fut suivi du reste de ce
III. 7
98 INTRODUCTION.
régiment, qui se forma en échelon au revers de la mon-
tagne.
Au même moment, un passage ayant été reconnu en
amont du pont, le général Klein opère à peu près comme
à Wertingen : il passe avec les trois autres régiments de
la division (SOS 2® et 1®') file dans un pli de terrain
autour de Dossingen, et se dirige sur Umenheim.
L^ennemi, s'apercevant de ce mouvement, qui menace
sa retraite, laisse quelques escadrons en face du 26^, et
porte le reste de sa cavalerie sur Umenheim ; en même
temps, il retire ses cinq bataillons des abords du cou-
vent et les place le long de la route, face à TOuest, trois
d'entre eux à la lisière d'un bois, les deux autres for-
mant le carré.
Klein, dès qu'il voit la cavalerie ennemie en colonne
sur la route, fait sonner la charge, avec le clocher
d'Umenheim pour point de direction ; mais les cavaliers
autrichiens se dérobant en désordre sur la droite de la
route, le 20® dragons tourne aussi à droite pour les
atteindre, et défile sous le feu des fantassins embusqués
dans le bois. Le 2^ dragons continue sur Umenheim et,
chargeant aux deux issues du village à la fois, y prend
un escadron de hussards palatins.
Le 26% le 4® et le 14®, voyant charger la 1'® brigade,
avaient bousculé les escadrons laissés en face d'eux,
et étaient venus attendre de nouveaux ordres près du
bois situé à gauche de la route. Un escadron des chas*
seurs de la Garde les y avait rejoints.
L'infanterie ennemie, ne sachant où aller, se rendit à
leur première sommation ; mais le général Klein, voulant
profiter de la démoralisation manifeste de son adversaire,
envoya au général Werneck, sur la route de Nordlingen,
un parlementaire chargé de le sommer également. Ce
dernier, ainsi que l'officier autrichien qui le conduisait,
au lieu de rencontrer le général Werneck, trouvèrent
d'abord les patrouilles françaises que le général Milet
INTRODUCTION. 99
avait mises en mouvement autour de Nôrdlingen. Us
atteignirent enfin Werneck à Trochtelfingen, et ce gé-
néral, impressionné par le rapport de son subordonné,
ayant aussi rencontré des détachements français sur le
chemin d'Œttingen, se crut cerné et consentit à entrer
en pourparlers.
Le général Milet, qui commandait à Nôrdiingen le
groupe des petits dépôts des régiments de dragons, les
avait fait montera cheval à 9 heures du matin, en appre-
nant que 250 dragons autrichiens avaient attaqué à
Kirchheim les dépôts des 1®' et 40® cuirassiers. Soutenu
par un détachement du 54® de ligne, avec deux pièces
de canon, il s'était porté sur Kirchheim, et c'était lui
que Werneck avait rencontré à la nuit tombante. Quel-
ques instants plus tard, Milet rentrait à Nôrdlingen, au
moment où le général Rivaud y arrivait de Donauwœrth
avec le 2® bataillon du 54"^.
A minuit. Murât rendait compte à TEmpereur du
succès remporté à Neresheim, mais il ignorait encore le
résultat de la démarche tentée auprès du général Wer-
neck. Il ignorait aussi que la cavalerie légère, en se
portant sur Âalen, avait fait plusieurs centaines de
prisonniers, mais il pouvait annoncer à Napoléon que
les voitures et le Trésor étaient sains et saufs à Nôrd-
lingen.
De son côté, TËmpereur, ne voulant pas abandonner
aux détachements autrichiens, dont la force lui était mal
connue, les environs de Stuttgart, ordonnait à Lannes, à
Beaumont et à Nansouty de se porter sur Heidenheim,
et dirigeait Bourcier sur Geislingen et Stuttgart.
Murât quitte Neresheim le 18, à 5 heures du matin,
et rencontre trois bataillons autrichiens qui, ayant erré
toute la nuit, demandent à se rendre. A 8 heures, il
entend le canon sur la gauche, et il se dirigeait de ce
côté quand il reçoit la capitulation de Werneck.
Le combat, dont le bruit parvenait jusqu'à Neresheim,
100 INTRODUCTION.
se livrait alors entre Tescorte du convoi autrichien, qui
marchait d'Ellwangen sur Œttingen, et les troupes des
généraux Fauconnet et Rivaud, qui attaquaient à la fois
en tète et en queue.
La cavalerie légère, sous les ordres du général Fau-
connet, avait suivi Fennemi à la piste depuis Ellwangen,
tandis que Rivaud se portait sur la route de Dinkelsbûhl
avec des troupes détachées de la garnison de Nôrdlingen.
Ces dernières, comprenant une partie des dépôts de
dragons, un détachement du 6® dragons et un bataillon
du 54^ avec deux pièces, rencontrèrent la colonne enne-
mie qui défilait entre Zipplingen et Rannsteîner Hof. Le
général Milet, débouchant entre Bezenzimmer et Mttn-
zingen, chargea avec les dragons. Les dragons autri-
chiens de Rosenberg, qui escortaient le convoi, faisaient
une vigoureuse résistance, lorsque les nôtres, tournant
contre Tennemi deux pièces prises dans le convoi, en
eurent enfin raison. On prit là 44 bouches à feu, 250 cais-
sons et 900 prisonniers; de son côté, le général Rivaud,
avec le 54®, faisait 1500 prisonniers.
Le général Fauconnet chargeait en même temps la
queue du convoi avec ses deux régiments de chasseurs,
mais la capitulation du général Werneck mit fin au
combat.
Pendant qu'on négociait avec ce général, Pavant-garde
de la colonne autrichienne continuait sa marche. Vers
une heure du matin, Murât ordonne au 1" hussards de
se mettre en route vers Gunzenhausen par Œttingen, et
à la brigade de chasseurs de se porter sur Wassertrû-
dingen par un chemin passant à une lieue et demie à
rOuest d'Œttingen. Klein et Dupont partiront à 5 heures
par la grandVoute, avec les carabiniers et les chasseurs
de la Garde. L'intention de Murât est de se diriger ensuite
sur Pappenheim.
Diimonceau et Rivaud reçoivent d'abord Tordre de
retourner à Donauv^œrth et Ingolstadt, mais ils sont
INTRODUCTION, 101
dirigés définitivement sur Pappenheim, parle chemin le
plus court, pour y devancer le gros de Tarraée. Bour-
cier, Beaumont, Nansouty et Lannes sont invités à ne
pas rejoindre Murât. Ils arrivaient le 19 à Neresheim,
Aalen et Heidenheim.
Le 19 au matin, le l"'^ hussards se lance sur la route
d'Œttingen, et atteint Tarrière-garde ennemie aux portes
de cette ville; il la pourchasse jusqu'au pont, au delà
duquel Tinfanterie autrichienne, formée en bataille, l'ar-
rête par un feu très vif. Ce régiment fournit là plusieurs
charges très brillantes.
A l'arrivée de la division Klein, l'ennemi précipite sa
retraite et parvient jusqu'aux portes de Gunzenhausen
sans avoir subi dé nouvelle attaque. Là, le l^'^ hussards
enlève un détachement de 300 hommes avec quatre ca-
nons. Les Autrichiens veulent couper le pont de Gun-
zenhausen, mais la garnison prussienne s'y oppose. Sur
ces entrefaites. Murât invite le général Klein à faire
connaître aux ennemis la capitulation du général Wer-
neck, dans laquelle il prétend qu'ils sont compris. Le
prince de Schwarzenberg profite de cette communication
pour gagner du temps : il accepte de maintenir ses
troupes en position et de leur donner connaissance du
traité passé par Werneck ; mais en réalité, il commence
à les faire filer, et au bout d'une heure d'attente, Klein
remet ses dragons en mouvement. Il se trouve alors en
présence d'un prétendu conseiller prussien qui, flanqué
de deux officiers autrichiens, le somme de ne pas com-
battre sur le territoire prussien. Cet individu suspect est
arrêté, et Klein continue sa marche, déclarant que si
Schwarzenberg voulait sortir des États prussiens par le
plus court chemin, les Français en feraient autant, mais
qu'en attendant ils Tattaqueraient et le combattraient
partout où ils le rencontreraient. La poursuite ne cessa
qu'à la nuit tombante. On était alors à moitié chemin de
Schwabach, à Erlbach et Brand.
102
INTRODUCTION.
La division Dupont, qui courait derrière les dragons
avec trop d'ardeur pour s'apercevoir qu'elle manquait
de vivres, bivouaqua au débouché de Gunzenbausen, où
son passage procura aux habitants d*honnètes bénéfices.
Le 20 octobre, Murât laisse Tennemi prendre les de-
vants, et ne met son armée en mouvement qu'à R heures.
Il intercale le i^' bataillon du 9^^ léger entre le l^'^ hus-
sards et le reste de la cavalerie (chasseurs de la Garde,
carabiniers et dragons), mais bientôt le général Klein,
impatient de rencontrer Tennemi, fait doubler Tallure
aux cavaliers et laisse toute Tinfanterie en arrière. Il
parvient jusqu'à Nuremberg sans rejoindre la colonne
autrichienne, mais à la sortie de cette ville, il aperçoit
la queue des convois qui entre dans les bois. Cette
marche de douze lieues avait sensiblement allongé la
colonne française. Une halte de trois quarts d'heure,
puis un temps d'arrêt à la sortie de Nuremberg, permi-*
rent de la faire serrer. Le 1®' hussards, les chasseurs de
la Garde et les carabiniers repartirent alors au galop ; on
prit 1500 fantassins ennemis dans les bois; par malheur,
renvoyés à Nuremberg, ils ne purent y être gardés, et
beaucoup s'échappèrent. Un assez grand nombre furent
incorporés dans l'armée prussienne.
Le combat le plus sérieux s'engagea près d'Herolds-
berg, où la cavalerie légère fournit trois charges très
brillantes et mena la poursuite jusqu'à Eschenau malgré
quelques pièces mises en batterie par l'ennemi sur la
hauteur de Geschaid. Gomme les chasseurs de la Garde
descendaient la pente de Geschaid sur Eschenau, ils
furent assaillis par toute la cavalerie ennemie et durent
J>atlîe *.rii nHivuUj nu tuNtant; larrivéi- du 1*' hussards
et du 1*^ earabitiicrs nouB rendit la supériorité et ranima
la charge jusi}u'i E«oheiiiiQ. Lé, renne mi put encore
oppoi!ier dêx foroet supérieures an t"^ régimeat de cara-
biniers» qui al(43iuJ te feu do rartillerie et des
tiroiUeiiTB cmnomi dti 2^ Les deux régiments
INTRODUCTION. 108
poursuivirent jusqu'à Forth, où la nuit et la lassitude
firent cesser le combat.
Le reste du matériel et de rinfanterie de l'ennemi
tomba entre nos mains ce jour- là. L'archiduc Ferdinand
parvint encore à s'échapper avec 3,000 ou 4,000 cavaliers.
La division Dupont n'avait pas pu gagner de vitesse la
cavalerie, mais elle avait fait un effort extraordinaire.
Après une marche de douze lieues, le soldat tombait de
lassitude et de besoin en traversant Schwabach. Le
général fit distribuer à la hâte un morceau de pain et un
▼erre de vin, et la colonne reprit sa course en chantant
jusqu'au delà de Nuremberg.
Le 1*' hussards et le 14* dragons se mirent, le 21, à la
poursuite de l'archiduc, mais désespérant de le rejoindre,
8*arrètèrent à une lieue au delà d'Hilpolstein. Il y avait
plus de profit à battre les taillis dans toutes les directions
pour y recueillir les Autrichiens débandés. C'est ce que
fit faire Murât par le reste des troupes à cheval.
Le général Milhaud arrivait ce jour-là près de Nurem-^
berg, par la route d'Anspach, avec les 16* et 22* chas-
seurs; Fauconnet s'était dirigé sur Weissenburg ; Rivaud
et Dumonoeau, de Pappenheim sur Neumarkt et Dietfurt.
Lannes arrivait à Nordiingen.
Le 22 octobre. Murât fait revenir sous Nuremberg la
cavalerie portée en avant, et le 23 il ira rejoindre
Rivaud et Dumonceau à Neumarkt. 11 se dirige sur
Ligolstadt pour entrer en Autriche avec le reste des
troupes françaises; mais le 25, sur de nouvelles instruc-
tions de l'Empereur, il passe le Danube à Neustadt
avec tout son corps (Dupont, Nansouty et chasseurs do
la Garde), formant la gauche de la Grande Armée, qui
est réunie en arrière du front Munich-Freising.
104 INTRODUCTION.
XIII
Nous ne nous sommes occupés jusqu'ici que des
opérations de la Grande Armée française; nous ne
pouvions songer à donner parallèlement, avec un détail
comparable et une égale abondance de documents,
riiistoire de l'armée autrichienne. D'ailleurs, sans nous
imposer comme but unique de suivre la pensée de
TEmpereur, elle devait être un des objets les plus
importants de notre étude. Or, on a pu voir, d'après les
renseignements reçus et les ordres donnés par Napoléon,
dans quelle incertitude il est demeuré depuis le 7 jus*
qu'au 12 octobre ; si nous avions fait connaître au jour
le jour la véritable situation de l'armée autrichienne,
le lecteur en aurait été forcément influencé, et ne
serait pas demeuré dans l'état d'esprit nécessaire pour
suivre le développement naturel des idées et des opéra-
tions de l'Empereur. Mais, parvenus à l'investissement
d'Ulm, nous ne voyons plus que des avantages à
retracer les événements au point de vue autrichien,
dans la mesure où nous le pouvons (1). La confrontation
(1) Il n'existe pas do recueil documentaire ni de relation absolument
complète rédigée d'après les archives autrichiennes ; mais on a publié
un ouvrage posthume du F.Z.M. Schônhals : Der Krieg i805 in
Deutschland, Vienne^ 1873, écrit d'après les documents originaux, et
le colonel Angeli a ajouté d'intéressants développements à ce premier
travail dans son Ulm und Austerlitz (OEsterr. Mil. Zeitschrift, 1877) et
dans les tomes III et V de son Erzherzog Karl (Vienne, BraumûUer,
1897). Ces derniers ouvrages ont été écrits aux Archives de Vienne, et
citent in extenso ou en partie un certain nombre de pièces importantes.
Le mémoire justificatif de Mack, publié en 1873 par le Historisches
Taschenbuch de Brockhaus, fournit aussi d'utiles éclaircissements.
Eafm les Archives de la Guerre de Paris contiennent plusieurs états
de situation ou d'emplacement et plans de campagne, dont les uns ont
INTRODUCTION. 405
de cette seconde relation avec la première nous pro-
curera des conclusions importantes, non seulement pour
l'histoire elle-même, mais encore pour la manière
d'interpréter les renseignements reçus en campagne.
La Russie entreprit des négociations avec l'Autriche
dès le mois d'octobre 1803, en vue de former une nou-
velle coalition. Au mois de décembre, afin d'engager
plus vivement son alliée à la guerre, elle se déclara
prête à mettre sur pied en huit jours 170,000 hommes,
dont moitié iraient renforcer l'armée autrichienne, et
moitié tiendraient la Prusse en échec ou la décideraient
à se joindre aux coalisés. L'Autriche, cependant, tout en
adoptant le principe d'une coalition et d'une guerre
contre Napoléon, ne se jugeait pas assez forte pour
songer à une prochaine entrée en campagne. La longue
période de revers qu'elle venait de traverser avait
épuisé ses finances et ruiné son armée. Un mémoire de
l'archiduc Charles, remis à l'empereur d'Allemagne le
3 mars 1804, développe ces considérations, mais pose
en même temps les principes généraux sur lesquels il
conviendrait d'établir un plan de campagne si l'on était
forcé, malgré soi, dé combattre la France :
ce La situation financière de l'Autriche, dit-il, est dé-
testable. On ne peut rétablir l'équilibre, en pleine paix,
entre les recettes et les dépenses. Il faudrait 20 millions
de florins au moins pour porter Tarmée au pied de
guerre, 33 millions par an pour l'entretenir, et plus de
ISO millions par an pour faire la guerre. Ce serait la
banqueroute à brève échéance, car la monnaie de billon
et le papier-monnaie ont été multipliés dans des propor-
tions telles qu'on ne peut les augmenter encore; le
été pris à Vienne en J805 ou en 1809, et les autres ont été communi-
qués plus tard à la demande du général Pelet, pour les travaux histo-
riques qu'il ayait entrepris.
406 INTRODUCTION.
crédit est si bas qu'on ne peut pas faire d'emprunt. On
aurait sans doute des subsides de TAngleterre ; mais il
ne faut pas s'en exagérer Timportance : ils diminuent^
ils n'annulent pas les dépenses supplémentaires résultant
de l'état de guerre; en réalité, ils n'en représentent
qu'une faible partie (37 millions de florins), et l'Angle-
terre a soin d'en défalquer les dettes contractées anté-
rieurement par l'Autriche, puis de faire de véritable
usure au moment du règlement de comptes.
(( Les ressources en hommes ne sont pas plus bril-
lantes : les Etats autrichiens n'ont que 25 millions
d'habitants à opposer aux 40 millions de la France
(ancienne France, 25 millions; conquêtes de la Révo-
lution, 4 millions 1/2; Piémont, 2 millions; Cisalpine,
3 millioDS 1/2; Étrurie, 1 million; Parme et Ligurie,
1 million ; Helvétie, 1,700,000 et Batavie 1,900,000.)
« Les populations des pays annexés à la France ont
été peu atteintes par la conscription et fourniront des
recrues en grand nombre. Dans les Etats héréditaires
de l'Autriche, au contraire, les cas d'exemption sont
nombreux, et les levées antérieures ont fortement
entamé les ressources en hommes valides. Au total, on
aurait besoin de 108,598 hommes pour porter l'armée
au pied de guerre (1), et le dernier recensement n'en a
fait trouver que 83,159. On ne peut donc littéralement
pas compléter Tarmée, ni surtout la recruter après la
(i) En 1801, le premier besoin de TAutriche étant de rétablir ses
finances, son armée avait été considérablement réduite. On avait fixé le
pied de paix à 333,000 hommes, le pied de guerre étant de 433,000. Do
plus, on avait envoyé en congé le plus grand nombre des hommes et on
n'avait pas fait de remonte. Au commencement de 1805, il y a plus de
97,000 hommes en congé, 37,000 cavaliers démontés; pas une batterie
n'est attelée, et il manque 13,000 hommes au pied de paix. Il n*y a
que 234,000 hommes sous les drapeaux, dont beaucoup sont détachés.
Il faudrait, non plus 108,000 hommes, mais 156,000 pour atteindre le
pied de guerre. (Angeli. Erzheriog Karl, tome III, pages 9 à 12.)
INTRODUCTION. 107
guerre commencée. Encore, en prenant ces 83,000 hom-
mes, anéanti rait*on totalement Tindustrie et l'agricul-
ture^ qui sont déjà en fâcheux état.
« La France a 432 bataillons, dont on peut supposer
que 11 resteront en Hollande et 22 aux colonies.
ÛÂutriche n'en a que 240. Différence : 159.
« Il faut donc éviter la guerre à tout prix. Elle ne peut,
du moins, être subie que si l'Autriche a des alliés. Et
que seront ces alliés? On ne peut songer qu'aux Russes.
Ils ont poussé TAutriche A la guerre de toutes leurs
forces jusqu'en 1798, sans intervenir* Ils ne se sont
ébranlés que quand ils ont su Bonaparte en Egypte.
Lors des négociations, ils ont accepté avec une parfaite
complaisance tous les plaûs d'indemnisation proposés par
la France. Le contingent qu'ils offrent n'est pas suffisant
pour permettre à l'Autriche de lutter à armes égales.
Et puis, sait-on jamais s'ils ne refuseront pas demain,
sous le moindre prétexte, différends entre des géné-
raux, etc., le concours qu'ils ont offert? Enfin, quelque
zèle qu'ils missent réellement à soutenir l'Autriche, elle
n'en aurait pas moins subi le premier choc des Fran-
çais, peut-être même reçu l'envahisseur dans sa capitale,
avant l'arrivée des Russes sur le Daoube.
0 On ne peut pas, dit-on, éviter la guerre avec la
France. C'est incontestable, répond aussi l'archiduc;
mais au moins peut-on la retarder le plus possible, et
chaque année de paix rend des hommes et des florins
au gouvernement autrichien. Il y a donc intérêt à
attendre (1).
(1) Dans un autre rapport, Tarchiduc ayait émis Tavis, contraire à
«lai de Gobenzl, qu'il ne fallait s'opposer en rien au projet de débar-
quement en Angleterre annoncé par Napoléon. Il ne croyait ni à la
•îoeérité, ni au succès de ce projet. C'était, à ses yeux, une difersion
utile pour TEurope continentale, et capable, si elle était poussée jus-
qu'à Texéeution, d'aibiblir énormément la puissance française. Il fallait
108 IJITRODITTÎOX.
« Si par malheur cetU^ guerre veuait à éclater, quelles
en seraient les conséquences? Pour bien en juger« il
faut passer en revue les divers événements qui pour-
raient se produire, ce qui entraîne à examiner le plan de
campagne à suivre t.
Ici nous traduisons à peu près littéralement :
« l^ front sur lequel $'e9iyageraii la luite $éiend de
la frontière austro- italienne Jusf/uau lac de Constance,
C*est de là qu on délioucherait, si Ton prenait loflensive,
et c>st \k qu on résisterait si Ion restait sur la défensive.
// parait indiscutable que la plus grande partie des fortes
employées serait attril/uêe au théâtre d opérations dlta*
lie : du cAté autrichien, parce que c*est là seulement
qu'on peut songer à une acquisition de quelque valeur,
si Ton a les forces nécessaires en temps voulu ; parce
que c est là (|ue le danger, pour la monarchie aatri-
chif»nne, est le pins proche et le plus grand; enfin parce
que c*est stuilement en prenant Totrensive ou en se main-
tenant en Italie (|u on [leut sauver les États héréditaires
de rinvA»ion. Du c(^té français, parce que le gouverne*
ment français a le plus grand intrrét personnel à sauve*
garder la République italienne ; |)arce que cVsl par là
qu*il peut porter Ifs coups les plus dangereui à TAu*
trirlit*, dès les premiers pas, apn'^s une seule victoire,
atteignant, à travers une frontièrt* ouverte, le cœur et la
capitale même de Tempirt* : enfin |Mirce que Tannée
frant aise envahissante aurait ses ressources immédiate-
ment derrière elle, sur les frontières de l'Italie et de
rilelvètie. 4|uVlle se tnunerait plus voisine de ses
points d'appui et de vs renftirts, tandis qu'en marchant
sur Vienne par la Souabe et la llavière, elle n'arriverait
•«^ wr«irr. tit«4it .t,«lr fuurnir a N«{>m1«'oo un |*r/letti* potirj
INTRODUCTION. 109
que beaucoup plus tard à frapper l'Autriche. Cette con-
sidération serait importante, puisqu'il s'agirait d'obtenir
un résultat avant l'intervention des Russes.
« C'est donc sur fAdige que se trouve le théâtre des
premières et des principales opérations, C/est là que les
armées autrichiennes devraient prendre t offensive^ si elles
avaient un but. »
Mais Tarchiduc voit en Italie toute une série de diffi-
cultés topographiques et militaires : les berges de
l'Âdige, les rives du Mincio, les marais et les dérivations
du Pô, et le fort de la Rocca d'Anfo, et la ligne de
TAdda, et Peschiera, et Mantoue, etc.
« Pour seconder l'offensive ou la défensive de l'armée
autrichienne d'Italie, et pour écarter l'ennemi du Tyrol,
il faudrait opposer une seconde armée ^ bien moins considé-
rable^ à celle que les Français dirigeraient probablement
de Strasbourg sur Vienne par le chemin le plus courte à
travers la Souabe; elle essayerait de prévenir P ennemi sur
riller. Cependant une ou plusieurs victoires gagnées de
ce côté n'auraient pour résultat que de rejeter l'ennemi
au delà du Rhin, où il possède des lignes de forteresses
dans lesquelles il serait déraisonnable de le pour-
suivre
« Entrer en Alsace serait funeste. Attaquer, à 60 ou
80 milles des États héréditaires, un pays aux contours
massifs, supérieurement pourvu de toute espèce de res-
sources, entouré de forteresses comme d'une chaîne de
fer, où l'on perdrait son temps et ses forces, si, par
impossible, un succès y avait conduit ; où, en cas de
revers, on n'aurait plus ni Ehrenbreitstein, ni Mayence,
ni Mannheim, ni une simple tète de pont pour se réfu-
gier; d'où Ton ne pourrait plus gagner, en se retirant,
cette position d'Ulm qui existait en 1800 : d'où l'on serait
rejeté dans les gorges du Tyrol ou jusque derrière
rinn ; une entreprise aussi peu raisonnable ne peut
venir à l'esprit d'aucun tacticien.
110 INTRODUCTION.
c( Ainsi l'on ne peut rien faire en Allemagne, dans
Tétat actuel des choses, tant que l'arinée d'Italie n^aurait
pas franchi TAdda à la suite d'une victoire ; il n'y a donc
qu'à se choisir une position défensive bien calculée, qui
couvre le Tyrol contre les incursions ennemies et em-
pêche Tarmée française de descendre en Autriche par
la vallée du Danube.
« A supposer que cette armée de l'Iller eût battu
l'ennemi à plusieurs reprises, elle ne réussirait qu'à le
rejeter au delà du Rhin et à empêcher peut-être l'armée
française d'Italie, si elle était victorieuse, de pousser
jusqu'au cœur de l'Autriche.
« Si l'armée autrichienne d'Italie, complètement
défaite, était renforcée aux dépens de formée de r Hier y
et si cette dernière, c'est-à-dire maintenant f armée de
riller affaiblie, était battue à son tour, la monarchie
serait sous le coup d'un double danger, etc. »
Conclusion : La victoire ne mènerait à rien de consi-
dérable ; la défaite aboutirait aux pires désastres, et c'est
elle qui est probable, pour ne pas dire certaine (1).
Malgré ces sinistres prophéties, l'Autriche signa, le
4 novembre 1804, un traité préliminaire avec la Russie,
et les deux états-majors se mirent à discuter le plan de
campagne.
Le iS mars 1805 est remis à Pétersbourg un « Plan
de guerre » qui semble rédigé, au moins pour la partie
militaire, par rarohiduc Charles (2) ; il insiste, comme
(i) Angeli, Erzherxog Karl, tome 111, annexe n* 1.
(2) Il existe deux exemplaires manuscrits de oe plan aux ArchÎTes de
la Guerre de Paris, dont Tun, d'une écriture allemande et lié d'un
cordon blanc et noir, porte la mention : '< trouvé à Vienne ». Ce plan
a été publié, d'après une autre copie, dans VHistoire abrégée des traités
de paix, de Koch etSchœll, tome VIU, page 90), arec quelques variantes,
et dans le Mémorial du Dépôt de la Guerre, tome VllI. (Tirage à part
intitulé : Pièces officielles relatives aux premières guerres de l'Empire,
INTRODUCTION. 111
le mémoire du 3 mars 1804, et presque dans les mêmes
termes, sur les éléments d*mfériorité de T Autriche, au
point de vue des effectifs, des finances et du terrain,
mais il tourne court en concluant :
u Sa Majesté ne se laissera pas arrêter par ces grandes
difficultés. Dans le cas supposé d'une guerre inévitable,
elle emploiera les efforts les plus puissants pour les
vaincre et pour remplir ses engagements. »
L*auteur passe aussitôt à la discussion du plan de
campagne :
« Quand on considère la position géographique de la
France et de ses frontières du côté de TÂllemagne, la
Suisse qui lui est asservie et la République italienne, et
qu'on observe la situation des États héréditaires autri-
chiens, il saute aux yeux combien une opération de
rAllemagne contre TÂlsace ou le Rhin serait fautive. »
(Suit le développement de cette idée, d'après les
mêmes principes que dans le mémoire de 1804).
« Une opération contre la Suisse, et de là contre la
France parla Franche-Comté, serait sans contredit celle
que Tennemi aurait le plus à redouter (1). Ici ses fron-
tières sont ouvertes ; mais comme une telle opération ne
peut s'effectuer que par la Souabe ou par le Vorarlberg,
page 50.) Le rédacteur du Mémorial juge, d*aprèa la date, que ce plan
ne doit pas être de Tarchiduc, et il contient en effet quelques idées
opposées aux siennes en matière politique ; mais le plan de campagne
est établi exactement sur les principes exposés dans le Mémoire du
3 mars 1804, et il est atéré, par le compte rendu des conférences tenues
à la 6a du mois d*août 1805 à Hetaendorf, que le plan de campagne
définitif était bien de Tarchiduc Charles. (Àngeli, Ulm und AusterlUi,
page À2t.)
(i) Bien que nous nous interdisions, en principe, toute discussion et
comparaison atec d^autres époques, nous ne pouvons nous empêcher de
signaler la persistance de cette idée jusqu*en 1814, et Terreur de
Clmuiewitt sur le motif qui a fait choisir cette Toie d'intasion.
112 INTRODUCTION.
OU au-dessous du lac de Constance, à cause de Fimpossi-
bilité de faire arriver les transports par le Tyrol, il
faudrait, avant de l'entreprendre, avoir fait des progrès
en Souabe, et les avoir assurés par un corps d'observa-
tion vis-à-vis de Strasbourg. Il faudrait même avoir eu
des succès en Italie avant que d'attaquer la Suisse. En
Italie, une retraite forcée vers Elagenfurt arrêterait la
coopération de l'armée du Tyrol pour l'attaque de la
Suisse; l'ennemi se mettrait en possession du Pusterthal,
sur la grande route de communication de nos transports
avec le Tyrol. On serait forcé de renforcer l'Autriche
intérieure par des troupes tirées de l'armée d'Allemagne,
et de renoncer non seulement à toute opération oflFen-
sive, mais même se borner à n'aller que jusqu'au Lech,
tout au plus jusqu'à l'Iller, et de prendre là une posi-
tion défensive pour n'être pas trop loin de l'Autriche,
et à portée d'y conduire à temps les secours néces-
saires.
« Le résultat de ces observations est que la guerre
doit être commencée par une offensive vigoureuse en
Italie ; c'est là que nous devons l'entreprendre avec les
forces supérieures de notre armée. Ici une victoire rem-
portée nous donnerait autant de moyens d'une opération
offensive contre la France, qu'une bataille perdue donne-
rait à ceux-ci {sic) de facilités pour pénétrer dans Tinté-
rieur des États héréditaires. Si notre position offre des
difficultés, même l'impossibilité d'armer et de porter en
même temps que l'ennemi nos troupes sur les frontières,
combien peu doit-on se flatter, à plus forte raison, que
les troupes impériales russes puissent être arrivées dès
le commencement des hostilités sur le théâtre de la
guerre !
« La France avait intérêt à mettre tout en usage pour
prévenir leur arrivée par une supériorité décidée. Un
rassemblement de nos troupes ou une marche des Russes
fournirait déjà un prétexte assez plausible à Bonaparte
INTRODUCTION. 113
pour déclarer la guerre sur-le-champ. Cette observation
veut que dans le développement d'un plan d'opération,
dans le cas d'une guerre contre la France, la première
répartition et disposition de Tarmée autrichienne^ le
commencement et la première marche des opérations ne
soient calculés que sur nos propres forces.
t< Il faudrait que Tarmée d'Italie (SuU le plan de
campagne pour V Italie.)
« L'armée d'Allemagne commencerait la campagne
par le passage de l'Inn, s'avancerait en Bavière, et atten-
drait au Lech, avant de continuer ses opérations, celles
des autres armées et surtout l'arrivée de f armée russe en
Allemagne.
«Si l'Italie, au commencement des hostilités, est
le point décisif, la Suisse le devient dès que nous y avons
eu des succès, et que nous nous sommes avancés en
Souabe »
On trouve dans ce plan les mêmes idées que dans le
mémoire du 3 mars 1804 sur les grandes lignes de la
campagne, sur la répartition générale des forces. Les
indications relatives à l'Italie, que nous avons négligées,
sont exactement les mêmes. A côté de ces analogies, on
remarquera, comme différences, plus de résolution dans
le projet d'offensive, moins d'appréhension des diffi-
cultés matérielles, et le fait essentiel que l'armée d'Alle-
magne, au lieu de pousser jusqu'à Tlller, doit se tenir
sur le Lech. On trouve enfin une solution pour porter
Toffensive jusqu'au cœur de la France, chose dont l'Ar-
chiduc semblait désespérer l'année précédente. Au total,
ce plan a pu être établi par l'Archiduc, mais avec la
collaboration ou sous la direction d'un personnage plus
confiant et plus ambitieux dans ses vues. En tout cas,
il n'est pas de Mack, qui n'aurait sans doute pas limité
le mouvement de l'armée d'Allemagne au Lech.
Ce plan de guerre fut remis à l'empereur de Russie
m. 8
114 INTRODUCTION.
par le général Stutterheim, qui y joignit un assez long
mémoire explicatif, daté du 6 avril (1).
Il insista sur la nécessité de prendre la Suisse pour
obj&t des premières opérations, en faisant d'abord des
progrès sur ses deux ailes.
« Une offensive vigoureuse, d'abord en Italie, et puis
en Allemagne au moment de l'arrivée des armées russes,
peuvent seules mettre en mouvement et diriger les opé-
rations de l'armée du ïyrol contre la Suisse. L'armée
impériale-royale, étant forcée à la défensive jusqu'à l'ar^
rivée de celles de Russie (depuis la frontière du Tyrol et
de l'Italie sur toute celle de la Suisse, par le Vorarlberg,
le poste important de Feldkirch qui couvre de ce côté
l'entrée en Tyrol et les sources de Tlnn, le long du Lech
jusqu'au Danube) et ne pouvant employer à cette défen-
sive si difficile sur une ligne d'environ 50 milles d'Alle-
magne qu'une moindre partie de ses forces, la plus
grande devant être employée en Italie, il deviendrait de
la nécessité la plus absolue, pour prévenir des malheurs
qui pourraient détruire toutes les combinaisons, que
l'armée impériale de Russie se hAtàt d'arriver sur un
point qui, au moins, opérât une grande diversion en
faveur de celle d'Autriche , la ligne du Lech ;
supposé que les troupes autrichiennes eussent eu le
bonheur de se soutenir sur le Lech jusqu'à l'arrivée des
Russes, je crois qu'à l'approche de ces dernières elles
devraient leur céder la place pour aller renforcer le
Tyrol pour commencer l'attaque de la Suisse »
Stutterheim pense que, si l'on peut obtenir le passage
en territoire prussien, c'est de la Silésie vers Nuremberg
que les armées russes devront se diriger, pour inquiéter
les Français sur toute leur frontière du Rhin. Il revient
sur les avantages que procure la Suisse pour l'offensive.
(1) Archives de la Guerre et Mémorial du Dépôt de la Guerre,
INTRODUCTION. H5
et entrant dans quelques développements sur la marche
des armées russes, prévoit qu'elles auront une bataille à
livrer du côté de Stockach.
L'état-major russe répond par des remarques sur le
plan d'opérations proposé par TAutriche (1).
« Le contingent de la Russie serait en tout de 115,000
hommes. Si on en déduit jusqu'à 23,000 pour le royaume
de Naples, il en resterait 90,000 pour agir en Allemagne,
dont on pourra convenablement former deux armées,
l'une de 50,000 hommes, rassemblée sur ou à portée des
frontières de laGalicie, vis-à-vis de Lemberg, et l'autre
de 40,000 le long du Boug, vis-à-vis de Lublin.
« La première de ces deux armées pourrait détacher,
dès la première apparence d'hostilités, la colonne men-
tionnée qui traverserait la Galicie pour se rendre vers le
Danube, afin d'aider à s'opposer aux premières tenta-
tives des Français sur les États héréditaires en Alle-
magne. Arrivée à la hauteur de Ratisbonne, la position
de l'armée autrichienne déciderait de sa destination ulté-
rieure.
(( Le reste de l'armée russe suivrait immédiatement
pour arriver à sa destination avec le moins de perte de
temps possible. L'autre armée prendrait sa marche par
Lublin et Cracovie Quant à leur emploi, la première
pourrait opérer sur la rive gauche du Danube, commu-
nicativement avec celle d'Autriche sur la rive opposée,
en appuyant d'abord sa gauche sur Donauwœrth. La
seconde armée, arrivée en Bohème, se porterait en
Franconie, ou partout ailleurs où l'état des choses l'exi-
gera. »
Les Russes approuvent le reste du plan proposé, mais
ils protestent contre les renseignements trop pessimistes
de la cour de Vienne sur les ressources comparées de la
(1) Cité par Koch et Schœll, tome VIII, page 98 (sans date).
116 INTRODUCTION.
France et de rAutriche. Bonaparte, disent-ils, ne sait
plus où prendre de Targent. Ses armées sont moins
nombreuses qu'on ne veut bien le dire. Enfin, au point
de vue politique, la France gagne plus que TAutriche à
retarder la guerre, puisqu'elle s'assimile de plus en plus
ses conquêtes, et absorbe tous les petits États d'Italie.
XIV
Tandis que les états-majors poursuivaient ces discus-
sions, qui semblaient supposer une alliance prochaine,
sinon déjà conclue, Cobenzl faisait traîner en longueur
les négociations avec la Russie, et cette puissance, lasse
d'attendre le consentement définitif de l'Autriche, signait
le U avril le traité avec l'Angleterre, qui fut la base de
la troisième coalition. Le contingent et le rôle de l'Au-
triche, les subsides qu'elle recevrait y étaient aussi bien
réglés que si elle eût figuré parmi les signataires.
A la nouvelle de cette convention, qui fut connue dans
les premiers jours de mai, l'émotion fut très vive à
Vienne. L'ultimatum de la Russie à la France, qui était
une véritable déclaration de guerre, obligeait à prendre
parti sur-le-champ. Cependant les craintes étaient si
grandes, il paraissait si dangereux de s'engager dans
cette aventure sans la certitude d'être soutenu en temps
utile, que l'on tarda encore deux mois à répondre à
la Russie. Celle-ci, par une note du 29 juin, mit enfin
l'Autriche en demeure de déclarer si, oui ou non, elle se
conformerait à ses déclarations du 4 novembre précé-
dent. Elle annonçait la mobilisation d'un contingent de
180,000 hommes, demandait à l'Autriche d'en fournir
250,000, comptait obtenir de la Prusse, du Danemark,
de la Saxe, etc., une centaine de mille hommes, et avait
déjà l'assurance que la Suède en fournirait 16,000.
INTRODUCTION. 117
L'archiduc Charles faisait les plus grands efforts
pour détourner l'empereur d'Allemagne de la guerre : il
montrait que la Prusse ne se départirait pas de sa neu-
tralité, que les contingents des petites puissances
n'avaient, en tout cas, aucune valeur, que les forces
réunies de l'Autriche et de la Russie ne suffisaient pas
pour lutter contre Napoléon, et enfin que l'Autriche
seule recevrait les premiers coups avant l'intervention
des Russes.
Le général Duka, quartier -maitre-général de Tarméc,
dans un mémoire sur la mobilisation remis le 20 avril,
avait renchéri sur les affirmations de l'archiduc : il avait
montré qu'il y avait exactement 39,635 hommes présents
sous les armes, avec 3,398 chevaux. Les permission-
naires une fois rappelés, il manquerait, encore 41,767
hommes au pied de paix, et en incorporant tous les
hommes valides de l'Empire, sauf les exemptés, on
aurait encore 60,000 soldats de moins que dans la der-
nière guerre. Duka fut nommé sur-le-champ au comman-
dement du territoire de Temeswar, l'un des plus éloignés
qui pût se trouver (1).
Le chancelier Cobenzl , pour fournir à l'empereur
d'Allemagne des avis plus encourageants, avait jeté les
yeux sur le général Mack, qui se vantait de n'être pas
inféodé à l'Archiduc. Mack vit là une occasion sans
pareille de couronner sa fortune, déjà brillante (2); il
(1) Angeli, U/m et Austerlitz, page -423, BtErzherzog Karl, tome III,
page 18.
(2) Mack était né le 25 août 1752,àNeu88lingen, en Franconie, d'une
famille bourgeoise. Engagé le 16 janvier 1770 au régiment de carabi-
niers Archiduc -François ; fourrier, caporal, adjudant et enfin sous-lieu-
tenant après sept années de service, aide de camp du général Kinsky
dans la campagne de 1778, il attira l'attention de l'empereur et du
FM. Lacy, qui le garda auprès de lui après la guerre, et le fit nommer
capitaine en 1783 à Tétat-major général.
Lacy l'emmène comme major et aide de camp dans la campagne de
118 INTRODUCTION.
déclara tout ce qu'on voulut : qu'il n'y avait rien à
craindre, qu'il était facile de mettre sur pied, en huit
jours, les forces stipulées par le traité anglo-russe.
Cobeuzl, enchanté, le présenta à l'Empereur, le fit
quartier-maitre-général à la place de Duka, et Mack
poursuivit la discussion et l'exécution du plan de
campagne comme si la guerre avait été chose décidée.
Le général Baillet de Latour fut nommé président du
Conseil aulique de la guerre, de sorte que l'Archiduc,
demeuré ministre, ne fut plus qu'un agent d'exécution.
On se tromperait fort si l'on croyait que le général
Mack était alors un objet d'admiration pour toute l'armée
autrichienne. Sa fausse science ne trompait guère que
les hommes politiques.
M. Otto écrit bien, le 28 août 1803 : « Les Autrichiens
ont une si haute opinion de cet officier, qu'à leurs yeux
il équivaut, lui seul, à une armée;» mais c'est làuneopi*
nion recueillie dans les cercles diplomatiques et émanant
de Cobenzl.
« Mack, dit le comte de Neipperg, avait acquis dans
des situations subalternes une réputation méritée, qui
survécut même à salamentable campagne dans le royaume
de Naples et à sa catastrophe de Capoue. L'influence
1788 contre les Turcs. Lieutenant-colonel et colonel en 1789, chef
d*état-major (quartier-maître) de Cobourg en 1793, général-njajor en
179i, il est moins heureux cette année-là. Blessé, il obtient un congé
de coHTalescence. 11 est nommé feld-maréchal-lieutenant en 1797.
En 1798, on Tenvoie commander l'armée napolitaine. Il occupe
Rome. Ghampionnet Ten chasse ; puis il évacue, presque sans combat,
la position prise pour couvrir Naples. Le 21 décembre, le roi Ferdinand
s'enfuit en Sicile. Le 10 Janvier 1799, Mack signe une capitulation qui
livre toutes les places et tous les magasins aux Français et leur accorde
une contribution de 10 millions. Mack est obligé de se réfugier au
camp de Ghampionnet pour n'être pas massacré par les Napolitains.
Envoyé à Paris, prisonnier sur parole, il s'échappe et revient à Vienne,
où des influences politiques le portent à la tète de l'armée en 1805.
INTRODUCTION. 119
anglaise et le parti de la guerre l'ont tiré de l'obscurité
et l'ont mis au gouvernail. Son ambition Ta aveuglé, son
imagination l'a égaré, ses faux calculs nous ont entraînés
à notre perte (1 ). »
Mack était encore moins considéré en France que dans
l'armée autrichienne. Le diplomate Bâcher avait fourni,
an commencement de la campagne de 1800, la note sui-
vante sur les généraux autrichiens :
« Le général Mack, antagoniste de Bellegarde, est un
autre faiseur. Sans naissance et sans fortune, il s'attacha
comme fourrier-écrivain au feld-maréchal Loudon, qui
le donna ensuite à l'empereur Joseph II, à qui il plut
parce qu'il écrivait très vite sous sa dictée. Il s'est formé
dans le cabinet des généraux et, à force de copier des
plans de campagne et des mémoires militaires, il s'est
permis d'en faire qui ont été agréés, mais dont l'exécu-
tion a toujours été malencontreuse, ainsi que le prouve
surtout la campagne de 1793 et tout ce qu^il a entrepris
depuis lors. Il est dévoué à l'Archiduc, dont il est créa-
ture, ayant été son Mentor.
« Le général Hiller a servi dans l'infanterie; c'est un
excellent officier qui a été longtemps aide de camp du
feld-maréchal Loudon. Créature du Conseil aulique de
guerre.
« Le général Kiênmayer a servi avec beaucoup de dis-
tinction sur le bas Rhin. Excellent officier, créature du
Conseil aulique de guerre.
« Le général Jellachich a la réputation d'un fort bon
officier, de même que le général Auffenberg
c( Le général Gyulai^ fort bon officier d'avant-garde . . .
« V archiduc Charles est plein de zèle et d'activité, fort
appliqué et attaché au métier des armes; il est brave et
(1) Journal d'un officier d*état-major, Archives de la Guerre autri-
chieane ; ap. Angeli, Ulm und AusterlitZy page 439.
120 INTRODUCTION.
très aimé du soldat, mais il a besoin d*être dirigé et bien
secondé, n'ayant ni le talent ni le génie d^un grand capi-
taine. . . (1) »
Le 7 juillet partit de Vienne le courrier qui annonçait
à Pétersbourg l'accession définitive de rAutriche à la
coalition et le 16 juillet, les généraux Mack et Schwar-
zenberg se réunissaient avec le général russe Winzinge-
rode pour fixer les conditions dans lesquelles se ferait la
liaison entre les armées russes et autrichiennes.
On convint que la Russie formerait trois armées : la
première, commandée par Kutusow, serait forte de
54,918 hommes, 7,900 chevaux et 200 bouches à feu.
Elle partirait en six colonnes, marchant à deux jours
d'intervalle, dont la tête passerait le 17 août à Brody et
arriverait le 16 octobre à Braunau. Ces troupes devaient
avoir un jour de repos sur quatre, et ne faire que des
étapes inférieures à 4 milles de poste (30 kilom. 500).
Le général Kutusow serait subordonné à l'empereur
d'Autriche et à l'archiduc Charles, mais ne pourrait pas
recevoir d'ordres des autres généraux autrichiens.
La deuxième armée russe (Bennigsen) compterait
39 bataillons, 85 escadrons, 11 compagnies d'artillerie
lourde avec 24 bouches à feu. Elle partirait de Brzesc le
20 août et, par conséquent, suivrait de près la pre-
mière.
La troisième armée (Buxhœwden) se composerait de
33 bataillons et 35 escadrons, et partirait en même temps
que la deuxième.
La destination de ces deux armées n'était pas défini-
tivement arrêtée. Elle dépendrait des événements, et en
particulier de l'attitude de la Prusse. Pourtant, en prin-
cipe, il semblait convenable de les diriger vers la Fran-
conie en traversant la Bohême. La troisième armée devait
(1) Reaicignemeats sur Tariuée autrichienne du Rhin, envoy^>s le
30 pluviôse an vin (19 février 4800) Archives de la Giîerre.
INTRODUCTION. 121
débuter par une démonstration sur la frontière prus-
sienne.
Un petit corps, détaché alors à Corfou avec le général
Lacy, devait débarquer dans les Etats de Naples et s'y
réunir à 5,000 Anglais.
Quelques jours plus tard (9 août 1805) le traité défini-
tif était signé entre TAutriche et la Russie.
L'archiduc Charles protesta en vain contre la conven-
tion militaire du 16 juillet, faisant observer qu'on ne
pouvait pas préparer en Galicie, pour le 48 août, les
vivres nécessaires au ravitaillement des colonnes russes :
il n'y avait pas de magasins à Lemberg; pas de marché
pour la viande; le pain manquait aux habitants; les
légumes secs, tels que lentilles, pois, haricots, etc., ne
se trouvaient pas couramment dans cette région. Ou
bien les promoteurs de l'alliance n'étaient pas au
courant de la situation des provinces de Galicie et
Moravie, ou bien ils voulaient tromper le gouvernement
et ses alliés mêmes.
Depuis le mois de mai, quelques mesures avaient été
prises pour la mobilisation de l'armée et pour sa réunion
dans des camps, sous prétexte d'instruction. Les hommes
en congé avaient été rappelés en vertu d'ordres secrets
invoquant des motifs différents. On avait préparé les
appels de recrues et les achats de chevaux, réuni des
approvisionnements, formé un camp à Pettau, en Styrie,
etc
Le général Mack ne s'en tint pas là : il voulut profiter
de ce moment d'influence pour réaliser toutes les
réformes qu'il méditait et qui, d'ailleurs, n'étaient pas
mauvaises; l'armée s'en trouva toute bouleversée au
moment d'entrer en campagne.
Le régiment, au lieu de se diviser en trois bataillons
de six compagnies, plus deux compagnies de grenadiers,
forma cinq bataillons, dont un de grenadiers, chacun à
quatre compagnies de 160 hommes.
122 INTRODUCTION.
Mack substitua, pour le ravitaillement en campagne,
le système des réquisitions à celui des magasins. II
réduisit de moitié les équipages d'armée, destinés
jusque-là aux transports entre les magasins et Tarmée.
Il rendit ainsi disponibles un grand nombre de chevaux,
qui furent employés par Tartillerie. On reprocha à cette
réforme d'avoir laissé tomber entre les mains des entre-
preneurs des chevaux qui, jusque-là, étaient la propriété
de rÉtat.
De nouveaux règlements de manœuvre furent édictés,
plus simples et plus directement applicables à la guerre.
Bref, il faut bien reconnaître que Mack parait ici
rhomine du progrès et TÂrchiduc Thomme du passé,
mais ce n^était pas Theure des réformes.
L'assurance du général Mack, la facilité avec laquelle
il avait paru trouver les moyens de mettre l'armée en
état de combattre, tandis que tous les autres désespé-
raient, l'activité avec laquelle il se jeta à l'œuvre, lui
conquirent aussitôt la confiance de l'Empereur (1).
Une note qu'il remit le 15 août demandait : l^que
l'archiduc Charles quittât le ministère pour aller prendre
le commandement de l'armée d'Italie, et fût remplacé
par le feld-maréchal CoUoredo; 2^ que l'Empereur prit
sans plus tarder le commandement en chef, désignant
Mack comme son quartier-maltre-général, avec corres-
pondance directe avec les quartiers-maltres-généraux
des diverses armées ; 3® que le corps du Trentin fût mis
sous les ordres de l'archiduc Jean, qui commandait dans
le Tyrol ; 4® que l'invasion de la Bavière eût lieu dès les
premiers jours de septembre, afin de faciliter l'absorp-
tion de l'armée bavaroise.
(1) « Cet homme est fou », disait Tarchiduc Charles. — « Qu'im-
porte? répondait Cobenzl; il est expédient, et cela suffit. » (Angeli.
Uhn und Austerlitz, page 424.)
INTRODUCTION. 123
Ces diverses mesures adoptées, Mack se trouva maître
de la situation.
En revanche, Tarchiduc Charles le déclara fou, et
c'est à peu près le jugement que portera l'histoire, non
3eulement d'après l'examen d'ensemble de ses actes,
mais d'après le texte même de tout ce qu'il a dit et écrit
pendant sa lamentable campagne, car on n'y trouve rien
ou presque rien qui puisse pVovenir d'un esprit sain,
raisonnant normalement.
Le protocole ou la convention militaire passée entre
les généraux autrichiens et russes, le 16 juillet, spécifiait
que les armées russes ne seraient placées sous le com-
mandement du général en chef autrichien que si celui-ci
était l'Empereur en personne ou l'archiduc Charles. Ce
dernier étant en disgrâce, l'Empereur d'Allemagne réso*
lut de prendre lui-même le commandement en chef,
secondé par son favori, le quartier-maltre-général Mack,
lequel se trouva dès lors exercer en fait le comman*
dément suprême. Afin de placer l'armée d'Allemagne
plus complètement sous son autorité, on en donna le
commandement au jeune archiduc Ferdinand d'Esté,
qui entrait dans sa vingt-cinquième année et que son
inexpérience semblait devoir mettre dans un état de
dépendance plus étroite vis-à-vis du généralissime et
du quartier-maltre-général (1). On avait compté sans
la toute-puissance de la jeunesse, qui donnait à l'Ar-
chiduc toutes les qualités dont la majorité des généraux
d'alors étaient privés.
(1) L'archiduc Ferdinand, né le 25 avril 1781, à Mjlan, élève à
rAcadémie militaire de Wiener-Neustadt. Il fait la campagne de 1799
comme colonel et montre du courage dans les affaires de PfuUen-
dorf et Stockach. En 1800, général-major soug les ordres de Kray,
il conduit une brigade légère avec ardeur et contribue au succè** de
Biberach, après lequel il reçoit Tordre de Marie-Thérèse. Nommé feld-
maréchal à la paix, il commande une division de cavalerie en Hongrie^
Il est promu au grade de général de la cavalerie en 180K.
124 INTRODUCTION.
Dans un conseil de guerre tenu le 29 août à Hetzen-
dorf, le jeune Prince, après une lecture du plan d'opé-
rations établi par Tarchiduc Charles, fit observer que
Napoléon allait se trouver à Munich avec 130,000
hommes avant que les Russes ne parvinssent sur llnn.
Il était d'avis, en conséquence, qu'on se bornât à déta-
cher en Bavière un corps de 30,000 à 40,00ù hommes
chargé d'opérer des réquisitions et des reconnaissances
au moyen de colonnes mobiles et de détachements, sans
que Tarmée tout entière se trouvât obligée, le cas
échéant, à une retraite générale du plus déplorable effet.
Il eut aussitôt l'assentiment de Tarchiduc Charles et du
F.Z.M. Zach, et même, d'abord, celui de l'Empereur;
mais celui-ci fut bientôt entraîné dans l'opinion opposée
par le général Mack, qui établit triomphalement l'impos-
sibilité où se trouvait Napoléon de passer le Rhin avec
plus de 70,000 hommes : il en avait à coup sûr 20,000
aux hôpitaux, en laisserait 30,000 à 40,000 sur les côtes
et 20,000 à Paris. Mack comptait d'ailleurs sur la réunion
de 12,000 à ^ 8,000 Bavarois avec l'armée autrichienne,
et évaluait la force des unités autrichiennes au double
de ce qu'elle était réellement. Soutenu par le chancelier
Cobenzl, son avis ne tarda pas à l'emporter.
En présence des archiducs Charles et Jean, des
ministres Cobenzl et CoUoredo, du conseiller d'Etat
Kollenbach, des généraux Latour, Schwarzenberg,
Mack, Zach et Grûnne, et du colonel May er von Heldens-
feld (1), le plan de l'archiduc Charles fut définitivement
adopté.
(]) Mayer toq Heldensfeld est né en 1765. Élève h l'Académie mili-
taire de Wiener-Neustadt ; cadet en 1783, capitaine en 1793, se dis-
tingue en 1794 et 1795. Nommé major au Grand Ëtat-Major général,
l'archiduc Charles le prend auprès de lui. Joue un rôle brillant à Paf-
faire de Wûrzbourg (1796), y reçoit Tordre de Marie-Thérèse. Chef
d'état-major de Tarchiduc eu Italie (1797). En 1799, chef d'état-major
INTRODUCTION. 125
Il y avait alors en Italie ni bataillons et 96 esca-
drons (94,600 hommes); dans le Trentin, 23 bataillons et
6 escadrons (12,100 hommes), soit au total 102,700
hommes.
L'archiduc Jean avait dans le Tyrol 22,000 hommes;
7,40.0 à Imst, Innsbruck et Landeck (14 bataillons et
4 escadrons), sous les ordres de Jcllachich ; 3,700
hommes (7 bataillons et 2 escadrons) dans le Vorarl-
berg, sous les ordres de Wolfskeel; et 10,900 (21 ba-
taillons et 4 escadrons) à Nauders et Glurns, sous les
ordres d'Auffenberg.
L'armée d'Allemagne comprenait 88 bataillons et
148 escadrons, ou 60,000 hommes environ, et il restait
encore 35 bataillons et 18 escadrons (19,000 hommes)
dans l'intérieur de la monarchie.
D'après le dernier plan établi par l'archiduc Charles,
et approuvé par l'Empereur, la campagne devait com-
mencer par la prise de Mantoue et de Peschiera et avoir
pour premier objet de s'établir solidement dans le
Milanais. Les opérations offensives seraient reprises
ensuite, dès que l'armée d'Allemagne, réunie aux
Russes, aurait pris pied en Souabe.
L'armée d'Allemagne devait pénétrer en Bavière au
plus vite et atteindre flller en longeant le pied des AlpeSy
pour gagner le plus de terrain possible sur l'adversaire,
porter le poids de la guerre en territoire ennemi et s'assu-
rer la libre disposition des débouchés du Tyrol en même
temps qu'on mettrait la main sur l'armée bavaroise.
a Ce plan, dit le colonel Angeli sans citer ses sources
sur ce point capital (1), imposait en outre la condition
du feid-maréchal Szturay, se distingue sur le Rhin et à Stockach.
Colonel, fait la campagne dans les Grisons. Nommé chef d*état>major
de l'archiduc Ferdinand, sur la recommandation de Tarchiduc Charles;
ces fonctions lui seront enlevées le 25 septembre.
(I) Ulm und AmterliU, page 399.
126 INTRODUCTION.
de ne pas se laisser entraioer à une affaire incertaine
avant Tarrivée des Russes, de céder à toute force supé-
rieure et, si celle-ci se présentait sur la rive droite du
Danube, de se retirer jusqu'en arrière de llnn, en lon-
geant le pied des montagnes et en laissant des détache-
ments suffisants à la garde des passages du Tyrol. On
reprendrait l'offensive lorsqu'on aurait la supériorité
numérique.
« Si les Français demeuraient sur la rive gauche du
Danube, menaçant Ulm ou Ratisbonne, il fallait, débou-
chant de Munich, faire face au fleuve, et y prendre une
position défensive, ou le franchir en, amont pour menacer
les communications de l'adversaire (1) jusqu'à ce que
l'arrivée des renforts permit d'engager une bataille déci-
sive. Celle-ci gagnée, on reprendrait l'offensive par la
Suisse et la Franche-Comté, et l'on chercherait aussi à
enlever, chemin faisant, Huningue et Belfort. Si au con-
traire on était battu, et contraint à la retraite, l'armée
d'Italie devait se borner à la prise de Mantoue et de
Peschiera, détacher un corps important dans le Tyrol,
et menacer par là le flanc droit de l'armée ennemie qui
s'avancerait en Bavière.
« Les corps qui se trouvaient dans le Tyrol devaient
s'y tenir sur la défensive jusqu'à ce que l'armée d'Italie
eût dépassé l'Adda. »
Comme l'archiduc Ferdinand annonçait à Mack que
l'armée des côtes avait quitté Boulogne le 21 août pour
se porter sur le Rhin : « Cette nouvelle me semble pré-
maturée, répondit Mack; elle peut cependant être vraie,
et n'a rien qui doive me faire perdre confiance le moins
du monde. Car enfin, Napoléon n'est pas plus fort que
nous au total, et s'il porte son armée la plus puissante
en Allemagne, nous n'avons qu'à diriger de ce côté une
(1) C'est l'idée qui hantera Mack pendant toute la campagne.
INTRODUCTION. 127
partie des troupes qui sont en route pour l'Italie ; nous
nous fortifierons solidement à Salzbourg, Braunau, etc.,
et nous nous assurerons sur llnn ou sur la Salza une
position, non pas pour Ty attendre, mais pour l'attaquer
lorsqu'il en approchera, le battre, ou, en cas d'insuccès,
nous retirer dans notre position retranchée et recom-
mencer. ))
Tout en admettant que Napoléon ne saurait se dérober
à l'obligation de respecter la neutralité d'Anspach, Mack
se propose d'affirmer d'abord celle de la Suisse pour la
violer ensuite quand le moment sera venu de pousser
l'offensive par là.
Dès la fin du mois d'août, Mack est résolu à prendre
la direction immédiate de l'armée d'Allemagne, mais il
n'en voit pas tout de suite le moyen. Il se fait charger,
d'abordy du commandement provisoire jusqu'à ce que
l'archiduc Ferdinand puisse se rendre à l'armée, ce qui
n'aura pas lieu avant le 19 septembre. •
Le mouvement des 88 bataillons et i48 escadrons qui
devaient former cette armée avait été réglé de manière à
se terminer à peu près en même temps que celui des
colonnes russes. Leur arrivée sur l'Inn était fixée de la
manière suivante :
Bataillons. Eieadront.
Du 25 août au 5 seplembre 29 40
Du 6 au 15 septembre : 17 8
Du 16 au 25 septembre 13 8
Du 26 septembre au 5 octobre » 24
Du 6 au 15 octobre 5 32
Du 16 au 25 octobre 16 30
Après le 25 octobre 8 6
Total 88 148 •
Mack arriva le 2 septembre à Wels, et mit en route les
troupes qui s'y trouvaient déjà rassemblées ; il en forma
deux colonnes : la première (15 bataillons et 16 esca-
1 28 INTRODUCTION.
drons), sous le général Klenau, fut dirigée sur Braunau ;
la seconde (15 bataillons et 14 escadrons), sous le général
Gottesheim, sur Schârding. Elles devaient franchir Tlnn
le 8 septembre pour entrer en Bavière, la première pas-
serait par Alt-Œttingen, Mtihldorf, Ampfing, Haag,
Hohenlinden et Parsdorf , où elle devait être le 1 3 sep-
tembre. La colonne de Gottesheim passerait par Eggen-
felden, Litzelkirchen, Landshut, Mosbourg et Freising,
où elle arriverait aussi le 13.
XV
Le 3 septembre, FÂutriche répondit par une fin de
non-recevoir à l'ultimatum de la France, et l'.empereur
d'Allemagne écrivit à l'électeur de Bavière une lettre
comminatoire l'invitant à réunir ses troupes à celles de
TAutriche. Le prince Schwarzenberg fut chargé de
porter lui-même cette dépêche à l'Électeur, et de s'en-
tendre avec le général Mack pour les détails de l'incor-
poration. Mack ordonna aux généraux Klenau et Gottes-
heim, dès qu'ils apprendraient quelque mouvement des
troupes bavaroises, d'envoyer à leur poursuite, ou pour
leur couper la route, des détachements de cavalerie et
d'infanterie, celle-ci portée sur des voitures.
Le général Wolfskeel, qui se trouvait à Bregenz, reçut
l'ordre de se porter le 12 septembre à Ravensburg et
Waldsee avec trois bataillons et trois escadrons, de déta-
cher un bataillon et un escadron à Biberach et des
piquets de cavalerie le long du Danube. En ce qui con-
cerne les troupes bavaroises, il avait la même mission
que Klenau et Gottesheim. Les trois bataillons et l'esca-
dron laissés dans le Vorarlberg se tiendraient à Feld-
kirch. Le général Wolfskeel resterait d'ailleurs subor-
donné à Jellachich, dont le corps faisait désormais partie
INTRODUCTION. 129
de Tarmée d'Allemagne, et venait dans le Vorariberg
occuper en force le poste de Feldkirch.
Le reste des troupes d'Allemagne devait suivre de
près Klenau et Gottesheim : Kienmayer, avec 1 3 bataillons,
16 escadrons et une batterie, passerait le \2 septembre
à Schârding ; Riesch, avec 12 bataillons, 16 escadrons et
une batterie, le 13 à Braunau; Gryulay, avec 8 bataillons,
16 escadrons et une batterie, le 15 à Salzbourg.
On aurait ainsi en Bavière 63 bataillons et 78 esca-
drons ; avec les 21 bataillons et 6 escadrons de Jellachich,
c'était donc 84 bataillons et 84 escadrons (51 ,000 hommes)
qui pouvaient agir immédiatement en Souabe. Vers le
17 septembre, on aurait encore 11 bataillons et 4 régi-
ments de cavalerie (8,700 hommes) en réserve à Wels.
Les premiers ordres donnés pour la concentration avaient
été singulièrement accélérés.
Dans rintérieur, 28 bataillons et 52 escadrons, soit
19,200 hommes, étaient encore en mouvement pour
joindre l'armée d'Allemagne. Ils la porteraient à près de
80,000 hommes, force qui, avec les 90,000 Russes
attendus un mois plus tard, pouvait tenir tète à, la Grande
Armée de Napoléon.
L'archiduc Charles jugeait sévèrement les mesures
prises par Mack. Le 9 septembre, il adresse à l'empereur
d'Allemagne le rapport suivant :
« L'examen minutieux de toutes les dispositions prises
jusqu'ici par le F.M.L. Mack conduit aux observations
suivantes :
« Le F.M.L. Mack usurpe toutes les prérogatives
d'un général en chef pourvu d'une autorité illimitée :
« 1^11 fixe la composition des divisions et brigades;
« 2^11 met toutes les troupes en mouvement et marche
en Bavière par des routes divergentes ;
« 3"* Il annonce son mouvement en avant jusqu'à Stoc-
kach;
« 4® Il fait évacuer tout le Tyrol septentrional, envoie
III. 9
130 INTRODUCTION.
les troupes de riDnthal dans le Yorarlberg, appelle à
lui le F.M.L. Jellachich, lui attribue Torganisation des
milices, dont le général Wolfskeel avait été chargé par un
ordre impérial, sous la direction du F.M.L. Hiller; lui
ordonne d'envoyer à ce sujet des plans au Conseil
aulique de guerre, après que cette matière y a été traitée
complètement ; dispose des fonds des caisses provin-
ciales ;
« 5® Nomme le comte Eichhold commissaire territorial
en Bavière, contre Tordre exprès du grand chance-
lier ;
« 6® Désigne le personnel et règle Torganisation d'un
corps de commissariat territorial, dont la création est
encore à décréter;
M V Nomme le major Wolkmann, congédié de Télat-
major général, conseiller de gouvernement;
« 8** Requiert des travailleurs à Salzbourg ;
a 9^* Élève et fixe la solde des troupes ;
« 10» Fait assurer aux généraux bavarois qu'ils seront
admis au service autrichien avec leur grade ;
« 11** Menace d'une lourde vengeance les troupes
bavaroises qui obéissent aux ordres de leur souve-
rain ;
(( \2^ Couvre toutes ses mesures d'ordre militaire,
politique ou civil, de la formule : Par ordre impérial.
(( On a peine à supporter que le F.M.L. Mack ait
assumé cette énorme responsabilité sans avoir reçu les
pleins pouvoirs de Sa Majesté. Il parait sans crainte
de ce c6té.
(( D'après les principes militaires, les mouvements
exécutés jusqu'à ce jour sont décousus, et semblent
ordonnés sans connaissance du pays et des distances.
« Que peut faire une colonne de huit bataillons et seize
escadrons surSalabourg et sur la route d'Innsbrack?
(( Pourquoi, contre tous les projets établis jusqu'à pré-
sent, évacuer leTyrol septentrional avant d'avoir solide-
INTRODUCTION. 131
ment établi l'armée sur TlUer (1), et s'exposer au danger
d'avoir à évacuer le Vorarlberg aussi légèrement qu'on
s'est décidé à l'occuper?
« Que signifie la coopération de deux bataillons et deux
escadrons de hussards venant de Bregenz, à une dis-
tance de quelque cinquante milles ?
« Qu'est-ce que ces randonnées jusqu'au delà de Stoc-
kach, sans opérations sérieuses ?
« Elles ne peuvent guère avoir pour but que de piller
et d'incendier en territoire allemand.
a Comment est-il possible de couper la retraite aux
troupes ennemies au moyen de petits détachements et de
patrouilles, et de les contraindre ainsi à se rendre?
« Que peut faire un escadron de hussards pour main-
tenir les troupes bavaroises, en s'étendant de Biberach
jusqu'au delà du Danube?
« Comment peut-on lancer ce paradoxe, d'envahir la
Suisse sans avoir d'abord conquis la partie voisine de
ritalie?
cf II est possible, il est surtout désirable, que ces
opérations extraordinaires n'entraînent pas de suites
funestes ; que les Bavarois soient tombés assez bas pour
ne pas profiter à notre dam de toutes ces fautes ; il est
possible que l'absurdité de nos mouvements ne soit ni
remarquée ni relevée du côté bavarois ; mais il est
impossible de justifier de pareilles dispositions avec
un : « Peut-être. »
« Au point de vue politique, il faut supposer que le
F.M.L. Mack a reçu des avis, des données et des ins-
tructions sans la connaissance desquels on ne peut porter
de jugement sur l'étonnante série de mesures qu'il a
prises (2). »
(i) Il y avait donc accord sur ce point, que Tarmée d'Allemagne irait
jusqu'à riller.
(2) Ulm und AusterlitZy page 457.
132 INTRODUCTION.
Le 6 septembre, Schwarzenberg arrive à Muoich et
demande audience à l'Électeur. Il en reçoit de vive voix
l'assurance que ce prince marchera d'accord avec TAu-
triche, et le lendemain 7 on lui remet ce billet : « Je suis
décidé, mon cher Prince; entretenez-vous demain avec
mon ministre Montgelas ; il vous fera connaître mes con-
ditions; veuillez ne pas vous y opposer. » Ces condi-
tions, telles que M. de Montgelasles exprima, étaient les
suivantes : la garnison de Munich resterait à la disposi-
tion de rÉlecteur ; elle se composerait du régiment de
corps de TÉlecteur et de celui de l'Électrice. Munich,
Nymphenbourg et les environs, dans un rayon déter-
miné, seraient respectés par les troupes autrichiennes.
Schwarzenberg étant ainsi dépisté, l'Électeur envoie,
le 8, son aide de camp Nogarola à l'empereur d'Alle-
magne pour lui demander à conserver strictement sa
neutralité ; le même jour, et presque au même instant, le
passage de Tlnn par Klenau et Gottesheim le décide à
presser les événements, et il part pour Wtirzbourg dans
la nuit du 8 au 9. Entre temps, Schwarzenberg a écrit
au général Mack, qui arrivait avec la colonne de Gottes-
heim, de ne prendre aucune disposition pour retenir les
troupes bavaroises de force, et de diriger Gottesheim sur
la même route que Klenau. Le 9 au matin, il s'aperçoit
un peu tard qu'il a été joué et va rejoindre Mack ; ils
reçoivent à Ilaag un lieutenant-colonel bavarois, qui leur
annonce le départ des troupes de l'Électeur, et déclare
qu'il ne peut être question de les réunir aux armées
autrichiennes qu'après, et non avant des négociations.
Mack demande que du moins les Bavarois restassent
immobiles, pendant que les Autrichiens avanceraient ;
mais cette dernière prétention décide l'officier bavarois
à rompre l'entretien.
La retraite des Bavarois se fit, comme on Fa vu, sur
Bamberg et sur Wtirzbourg.
Ces événements ne laissaient plus rien à entreprendre
INTRODUCTION. 133
vis-à-vis des troupes bavaroises. Mack dirige les deux
colonnes de Klenau et Gottesheim, qui formeront le
corps de Schwarzenberg, sur Memmingen et Ulm. Pour
des motifs qu'on a peine à comprendre, il précipite leur
marche et les fait arriver le 19 au lieu du 21. Klenau (1)
passe par Mtthldorf, Hohenlinden, Muuich, Dachau,
Âichach, Buchloe, Mindelheim, et s'arrête à Mem-
mingen, d'où il fait sa liaison avecWolfskeel.
Gottesheim (2) passe par Landshut, Freising, Schwab-
hausen, Âugsbourg, Zusmarshausen. Sa pointe atteint
lUertissen le 19, et le gros est à Ulm, Gûnzbourg et
Burgau le 21 septembre.
La colonne de Riesch (3) suit celle de Gottesheim, et
arrive le 21 à Augsbourg. Kienmayer (4), suivant la
route de Klenau, s'arrête le 19 à, Munich. Gyulay (5),
prenant la route de Salzbourg, Wasserbourg, Munich,
arrive à Landsberg le 22.
Mack a devancé les troupes sur l'IUer, et dès le 45, il
s'est occupé, avec une activité fébrile, de relever les for-
tifications de Memmingen et d'Ulm. Il ira ensuite à
Ingolstadt.
On a pu voir dans les mémoires successifs de l'archiduc
Charles et de Stutterheim les idées préconçues et spé-
(i) Régiments KoUowrath, Riese, Manfredini, uhlans de Mer^eldr,
Klenau-Cavalerie.
(2) Régiments Frelich, Archiduc -Maximilien, Ârchiduc-Rainier,
dragons Hohenlohe, chevau-légers Rosenberg.
(3) Régiments Stuart, Erbacb, Colloredo, hussards palatins, chevau-
légers de Latour.
(4) Régiments Kaunitz, Reuss-Plauen, Reuss-Greitz. uhlans de
Schwarzenberg, cuirassiers Archiduc- Albert.
(5) Régiments Wurtemberg, Jellacic, hussards de Liechtenstein,
cuirassiers de Mack.
(Renseignement expédié le 2i par M. Didelot, arrivé le 22 à Stras-
bourg.)
134 INTRODUCTION.
cieuses, qui devaient amener un esprit mal équilibré à
commettre la plupart des fautes énormes où allait som-
brer bientôt la réputation du malheureux Mack. Ce
n'était pas lui qui avait imaginé que Tarmée d'Allemagne
pouvait s'appeler « Tarmée de TlUer » ; ce n'est pas lui
non plus qui avait établi la nécessité, pour la France
comme pour l'Autriche, de porter les plus grands efforts
en Italie ; ce n'était pas lui qui avait projeté l'ofifensive
en Franche-Comté par la Suisse, en vue de laquelle il
fallait faire du Tyrol le centre des opérations autri-
chiennes, et prendre la communication d'Ulm avec Inns*
brtick comme plus importante que celle d'Ulm avec
Munich et Vienne ; mais à ces erreurs, où les trop subtils
raisonnements de l'Archiduc devaient entraîner le pauvre
officier de fortune, inapte et mal préparé au comman-
dement, Mack ajoutait maintenant ses propres illusions
sur la faiblesse relative de l'armée française. Il était seul
à ne pas voir venir l'avalanche, à s'obstiner dans cette
position de TlUer, que le plan de campagne, après tout,
ne lui imposait nullement ; il ne comprenait pas que la
partie de ce plan applicable au cas présent était celle
qui recommandait de ne pas compromettre l'armée
autrichienne dans une lutte inégale, et de demeurer sur
l'Isar jusqu'à l'arrivée des Russes.
L'empereur d'Allemagne lui-même, sans doute insuf-
fisamment endoctriné par Tétrange conseiller que lui
avait donné Cobenzl, et cédant à ses réflexions person-
nelles, écrit le 16 septembre à l'archiduc Ferdinand
pour lui rappeler que Favant-garde seule peut pousser
jusqu'en Souabe, et s'y maintenir tant que les Français
ne commettent aucun acte d'hostilité ; qu'elle doit
ensuite se retirer derrière l'Iller, et prévenir alors les
troupes ennemies que le passage de cette rivière sera
considérée comme déclaration de guerre ; toutes les dis-
positions devaient être prises, en ce qui concernait le
gros de l'armée, de manière à éviter de se trouver engagé
INTRODUCTION. 135
avant l'arrivée des Russes. Le jeune Archiduc a du reste
reçu directement les nouvelles les plus précises et les
plus sûres au sujet du mouvement de la Grande Armée :
il sait que toutes les troupes campées depuis la Somme
jusqu'au Zuyderzée, ainsi que celles du Hanovre, se sont
ébranlées, et qu'elles formeront un total de 150,000
hommes au moins, pouvant entrer en ligne sur TlUer ou
sur le Lech vers le 10 octobre. Il a jugé dès lors que les
60,000 hommes dont il disposerait seraient aventurés en
pure perte s'il les portait jusqu'en Souabe. Aussi, arri-
vant le 19 septembre à Alt-Œting pour prendre posses-
sion de son commandement, ordonne-t-il aux corps de
Riesch, Kienmayer et Gyulay de ne pas continuer leur
marche. Il prescrit à Tavant-garde, si elle a franchi
riUer, de revenir en deçà et de n'envoyer que des recon-
naissances de cavalerie en avant.
Mack continuait alors la visite des places de l'Iller et
arrivait à Memmingen. L'Archiduc le pria de venir à
Munich, pour s'y trouver lors de la prochaine arrivée de
l'empereur d'Autriche ; mais Mack, sans tenir compte
de cet ordre, continua son voyage sur Kempten, se bor-
nant à conjurer l'Archiduc de révoquer ses derniers
ordres et de porter les troupes en avant au nom du salut
de la patrie (<).
(1) Mack à I* Archiduc.
Memmingen, SO septembre.
tt Au moment de renvoyer le courrier, j'apprends par lui que Votre
Altesse Impériale a donné Tordre de faire arrêter le» colonnes du
F.M.L. Riesch. Je me jette aux pieds de Votre Altesse Impériale pour la
conjurer, au nom du salut de la grande cause, de vouloir bien renou-
veler le plus vite possible Tordre de poursuivre la marche sans inter-
ruption. Dans le cas contraire, il ne me reste plus rien à faire à Tarmée,
et je me bâterai de rentrer à Vienne, pour présenter au tribunal de
mon Souverain ma tète, que j*ai appris depuis longtemps à risquer
pour le salut de ma conscience. » (Ulm und AiuterlitZj page 438.)
136 INTRODUCTION.
Le 20 septembre, TEmpepeur arrive à Munich, où il
trouve Tarchiduc Ferdinand. Influencé par une récente
lettre de Mack (1), il annule, dès le premier moment,
l'instruction qu'il avait adressée le 16 à l'Archiduc, et
lui ordonne de reprendre le mouvement en avant. Les
ordres sont expédiés le jour même.
Le 21 septembre, TEmpereur se rend à Landsberg
avec r Archiduc et y retrouve Mack. Ils y demeurent
plusieurs jours. C'est de là que, le 23, les ordres sont
envoyés (2) pour la formation d'un corps à Neubourg afin
(i) Mack à V Empereur d'Autriche,
49 septembre 4805.
<( Tout et tout, sauf peut-être 10,000 à 12,000 hommes qui restent
près des côtes et frontières méridionales de la France, se porte sur le
Rhin, et avant peu deux grandes armées françaises Tont passer ce fleuTe,
Tune probablement yers Huningue et Strasbourg, l'autre à Mannheim
et Mayence; Tune opérerait contre Tarmée de Votre Majesté postée sur
riiler, Tautre aurait pour objet de se porter sur la Bohême par Wûrz-
bourg
« Il faut que je supplie très instamment Votre Majesté d'approuver
les mesures accélératrices que j'ai indiquées dans le projet de note, et
de vouloir bien avoir la bonté de croire que, par de telles mesures,
personne ne sera perdu, comme j'espère que Votre Majesté s'en con-
Taincra bientôt Elle-même h son arrivée à l'armée, où je prierai
respectueusement Votre Majesté de procéder à une information et
enquête minutieuses, car je ne puis guère trop craindre que je lui serai
représenté comme un étourdi qui perd Ses troupes. » {Ulm und
Austerlitz, pages 464 et 465.)
(2) L'Ârchiduc donne ainsi son impression sur Mack après leur
entrcYue du 23 septembre :
ic Dans un entretien qui dura plus de deux heures, je me convain-
quis combien cet homme calculait faux au point de Tue militaire,
comme il connaissait peu l'esprit de son armée et de l'armée ennemie ;
qu'il n'avait aucune idée de ce qui est nécessaire à l'ordre intérieur
d'une armée, considérant comme mesquin et au-dessous de sa dignité
de s'en occuper. Bref, je vis là un homme qui, sans avoir de bonnes
raisons pour cela, était si profondément persuadé de la supériorité de
INTRODUCTION. 137
d'observer Bernadotte et les Bavarois. Dans ce but, les
quatre bataillons du régiment de Memmingen et deux
escadrons de dragons Hobenlohe, qui se trouvaient en
Bobéme, furent dirigés sur Amberg, et les ublans de
Merveldt passèrent le Danube de leur côté pour s'établir
à Ëichstœdt ; derrière cette petite avant-garde devait
se former le corps du F.M.L. Kienmayer, fort de
16 bataillons et 24 escadrons, ou, en y comprenant les
précédents, 20 bataillons et 34 escadrons. Sur ce nombre,
la moitié seulement était déjà en Bavière; 10 bataillons
et 16 escadrons ne devaient passer Tlun que du 22 au
29 septembre. Des ordres furent donnés pour qu'on les
transportât en voiture et qu'ils pussent, doublant les
étapes, être rendus à destination avant le 1®' octobre.
De son côté le gros de l'armée, poussé jusqu'à l'IUer,
détachait sur le Neckar une troupe de cavalerie légère
sous les ordres du colonel Civalart, des chevau-légers
Rosenberg, et Kienmayer envoyait le colonel Wallmoden
dans la direction de Mergentheim et Wtirzbourg avec
un détachement de troupes légères pour éclairer de ce
côté et pour assurer la liaison de Civalart avec Nostitz,
qui commandait à Amberg et Eichstœdt.
Tout en prenant ces dispositions, les chefs de l'armée
autrichienne commençaient à s'inquiéter de la faiblesse
de l'armée d'Allemagne et appelaient en Bavière le plus
de renforts possible. Rassurés du côté de la Suisse, ils
décidèrent que le F.M.L. Auffenberg quitterait le Tyrol
avec les régiments de Spork, Archiduc-Louis et Froon
pour rejoindre sur llller, ne laissant qu'un bataillon à
Innsbrûck; que les régiments Archiduc-Charles et
Auersperg, dirigés d'abord sur l'Italie, prendraient, à
partir de Brixen, la route de la Souabe.
ses talenU militaires sur ceux de tous les autres, qu'il les croyait
capables de remplacer 100,000 hommes. » (Ulm und Auslerlitz,
page 439.)
188 IMTRoDlCTIOX.
Dans les derniers jours de septembre, le Conseil
auliquc de la fruerrt* décida encore de tirer cinq réfri*
ments d*inranterie et deux de cavalerie de Tarniée
d*ltalie pour les porter en Allemagne. L'archiduc Ferdi-
nand en fut informé le 2 <K*tol>re par une lettre de Tar-
chiduc Charles, et, d*un commun acc<»rd« jugeant pemi*
cieuse une mesure qui mettait 14.000 hommes en mi>u-
vement à la veille des opérations décisives, de manière à
ce qu*iU ne fussent ni sur l'Adige ni sur le Danul>e au
moment de comlmttre. les deux archiducs ne tirent e\ê*
cuter lo changement prescrit que |>ar les tnûs régiments
Mittr«>wsky, Czartorisky et Kleeheck, Ies4|uels se trou-
vai«*nt à |H>rtée d'arriver le iO«»ctohre à Kemptenet Kauf-
heuren. Lit rapidité d«*s o|H*ratitins de Napolét»n fit que
cette date se tn»u\a enctire tn»p tardive.
Pendant le séjour de Tempfreur d'Allemagne à
Landsherg. on discute la |>ossiliilité d'une violation du
territoire d'Anspach |iar les Français :
•( I^ violation de la neutralité prussienne, a écrit
Mack <Ians son Mt'mutrr juUificatif, ne m'inspirmit
aucunt* inipiirtud** ; je comptais fermement qu'elle n'au-
rait pas lifu. et /riais m Jroii ify comfttrr^ car Sa
Maj«**%tê rlle-mtMiie et h«in Staatsrefert^ndar, |>endant qu'ils
se trouvaient à L.'indslM*r«:, n*a\aient aucun souci A ce
point ch* vur. et jf iMiuvais d'autant moins en a\oir, qu*a-
prv^s leur di*|Mirt nous ci^mes connaissance dr la décla-
mtion Ci»mniiaati»ir(* du mi de IVussr aux tnûs puis»-
sances(l).
S«*H iiiHtnit*ti«»nH rtant doimées, rKmfM'reur quitta
rarnx't* p«>ur rt'iitp r dans l.i lapitale, où d'autres ikccu-
iKition*» f\i;:fait*iil sa prrsi»nc»*.
ll.iu<« 1 iiitt'itriir. il a\ait ••rtlounr la h*\c-t* do liatail-
I I...
INTRODUCTION. 139
Ions et escadrons de réserve dans chaque régiment. Il
espérait arriver à doubler à peu près la force de rinfan^
terie. Chaque régiment des confins devait aussi mettrq
sur pied un nouveau bataillon.
La marche précipitée des troupes vers Tlun avait
forcé à les employer avant de les avoir complétées. Les
attelages n'avaient rejoint qu'en partie; le harnache-
ment n'était pas ajusté, et suivait dans des voitures de
réquisition. L'artillerie de réserve comprenait quelques
batteries de i2 avec un approvisionnement de munitions
insuffisant; les corps de Jellachich et de Wolfskeel man-
quaient totalement d'artillerie ; celui de Werneck n'avait
pas ses pièces de réserve, et, dans le corps de Kien-
mayer, le régiment de Gemmingen n'avait encore ni
artillerie, ni équipages (1). L'arrivée, forcément désor-
donnée, des divers détachements de chevaux et de
recrues, du matériel et des convois, le va-et-vient qui
s'en suivit, mettaient l'armée dans un état moral détes-
table. Tout cela ne préjugeait rien, il faut le dire, pour
le succès final, mais c'était pourtant un fâcheux début,
et il était uniquement dû au désir de devancer les Fran-
çais sur la position essentielle d'Ulm !
« Comment Sa Majesté m'aurait-elle jugé, écrit Mack,
si j'avais ramené l'armée en arrière des places d'Ulm et
de Memmingen, fortifiées par son ordre, si tout s'était
trouvé perdu par là, et si ensuite la neutralité de la
Prusse n'avait pas été violée ; si enfin la réunion des
forces ennemies n'avait eu lieu que six ou huit jours plus
(i) « Les généraux et la plupart des officiers de Tétat-major épuisent
les calèches de poste pour rejoindre les colonnes et arrivent à
point nommé pour être enfermés dans Ulm. LVrtillerie se traîne jour
et nuit, enterre ses misérables chevaux le long des grands chemins, et
les pontons sont charriés par les squelettes de Wimauer et C«. » (Rela-
tion de la prise d'Ulm, par M. D..., capitaine d'état-major au service
d'Autriche. Archives de la guerre.)
140 INTRODUCTION.
tard? Les Français s'avançaient avec une armée, et nous
en avions une à leur opposer. Quel projet pouvait avoir
Fennemi? Voulait-il, par exemple, repousser seulement
nos troupes légères assez loin pour opérer tranquille-
ment sa jonction avec Bernadotte et les Bavarois? Se
sentait-il au contraire assez fort, sans se réunir à eux,
pour nous assaillir dans nos cantonnements, choisis pour
des raisons de sécurité politique, et nous chasser de
riUer, c'est-à-dire aussi d'Ulm et de Memmingen, dont
la fortification ne pouvait lui être indifférente ? Ces deux
suppositions, et d'autres encore, nous poussaient à accé-
lérer notre concentration et à aller de l'avant pour livrer
bataille à l'ennemi, autant que possible avant la réunion
de ses forces. Cette bataille, nous pouvions bien la
gagner, malgré notre infériorité numérique, car dans les
temps modernes comme dans l'antiquité, il y a de très
nombreux exemples de victoires remportées par le plus
faible sur le plus fort, surtout en prenant l'offen-
sive (1). »
On pouvait, continue Mack, être tourné sur le Lech
aussi bien que sur TlUer ; impossible de tenir sur l'Isar.
Il fallait donc s'en tenir à l'Inn, mais alors employer la
moitié de Tarmée à la garde des cols de Vorarlberg et du
Tyrol.
Restant sur l'Inn avec 30,000 hommes, on devait être
repoussé d'emblée sous les murs de Vienne. Les Fran-
çais, n'ayant pas été retenus en Souabe, seraient arrivés
en Autriche avant que la première armée russe fût orga-
nisée, et pendant que la deuxième était encore loin. C'eût
été un effondrement épouvantable ! L'armée d'Italie était
bloquée et perdue. « Dans ces conditions, conclut Mack,
les motifs que je viens d'exposer m'avaient décidé, long-
temps avant de quitter Vienne, à prendre la position de
(i) Mémoire justificatifs page 14.
INTRODUCTION. 141
riller. Je la considérais comme la meilleure vis-à-vis de
la supériorité plus ou moins marquée de l'ennemi, pour
rassembler en une armée indépendante les troupes des-
tinées à l'Allemagne, éloigner la guerre de Vienne, et
surtout pour profiter de notre avance sur l'ennemi. »
Chose singulière! c'était surtout de la part de Berna-
dotte et des Bavarois que Mack craignait une pointe sur
riUer, et de là sur le Vorarlberg : « C'était pour parer à
tout cela qu'il fallait réunir l'armée sur l'IUer, et c'était
rendu plus indispensable encore par la mise en état de
défense d'Ulm et de Memmingen, que Sa Majesté avait
ordonnée, et que le colonel du génie Dedovich se hâtait
de fortifier en quinze jours. C'était nécessaire aussi pour
empêcher le mouvement présumé des Bavarois sur le
Neckar ; depuis leur désertion, mon plus vif souci était
de les tenir aussi loin que possible et cela le plus long-
temps que je pourrais. On sait comment j'y suis par-
venu par de simples démonstrations de très faibles déta-
chements, et en répandant partout le bruit que non
seulement nous allions les faire talonner par une forte
colonne, mais aussi qu'une puissante armée russe tra-
versait la Bohème pour les attaquer. On sait comment
Bernadotte et Marmont furent attirés ainsi dans le pays
de Wûrzbourg pour sauver les Bavarois ; je crois avoir
mérité là quelques éloges, car j'avais choisi le moment
le plus favorable pour une offensive contre la grande
armée française, en train de passer le Rhin, laquelle
n'était ni concentrée, ni pourvue du nécessaire, et se trou-
vait séparée des Bavarois. Le moment où j'attendais de
Vienne l'ordre d'attaquer était venu, et quand j'appris
l'arrivée de Sa Majesté, je crus réellement qu'EUe
n'avait pas d'autre but. Mais on laissa passer le moment
favorable ; on pensa que la situation politique ne permet-
tait pas encore d'entamer les hostilités, et n'était pas
faite pour y engager, mais qu'elle était de nature à nous
faire conserver l'avantage inappréciable de notre avance.
142 INTRODUCTION.
Le commandement, disait-on, recevrait en temps utile
Tautorisation d'attaquer ; mais, hélas ! elle ne vint que
six ou huit jours plus tard, et nous étions déjà attaqués
nous-mêmes (1)! »
Pendant les premières journées de son commande-
ment effectif, Tarchiduc Ferdinand dut agir d'après les
instructions que lui avait données Tempereur d'Autriche
du 20 au 23 septembre ; ces instructions étaient inspi-
rées par Mack, mais pour l'avenir rien n'était encore
venu modifier la situation légale du jeune prince,
général en chef d'une armée, vis-à-vis de Mack, simple
général de division et chef d'état-major de l'Empereur.
La lettre que ce dernier avait écrite le 16 à l'archiduc
lui recommandait seulement de tenir compte, pour les
résolutions à prendre, des avis du général Mack et du
général Mayer, comme de ceux du conseiller Steinherr
pour les affaires politiques. Sa liberté d'action, son
initiative, sa responsabilité demeuraient entières, sauf
pour les questions réglées par TEmpereur lui-même.
Cependant, tout en refusant au jeune prince une
instruction formelle réglant ses relations avec le général
Mack, l'Empereur lui avait fait connaître clairement sa
volonté à ce sujet pendant leurs conférences de Lands-
berg (2), car le 12 octobre, lorsque l'archiduc reçut enfin
(1) Métnoire justificatif de Mack^ pages 10 etsui?antes.
(2) « Deux quartiers-maîtres généraux existaient alors à notre armée,
Mack et Mayer : le premier, dont Timagination montée sur des échasses
n'enfantait que des plans gigantesques, ne parlait que de la nécessité
de gagner du terrain, et par-dessus tout le point d'Ulm, qu'on devait
irrévocablement regarder comme le pivot de notre armée et de
toutes nos opérations. On répétait : « Il faut gagner du terrain,
il faut insurger les Bavarois, requérir des chevaux, des marmites »,
et Ton admirait son génie. Le deuxième, homme de tète, plein
de connaissances et d'un calcul profond, ne voulait point passer le
Lech, mais organiser notre armée et attendre nos alliés; il parla en
conséquence, démontra mathématiquement et topographiquement la
INTRODUCTION. 143
Tordre écrit de se conformer aux « conseils » de Mack, il
répondit : « Le cas que j'avais prévu, où je n'approuve-
rais pas les plans du F.M.L. Mack, s'est présenté très
souvent; moi, et les généraux les plus autorisés de cette
armée, tels que les F.M.L. prince Schwarzenberg,
Gyulay, Klenau, nous lui présentions nos objections, et
nous avons réussi plusieurs fois à lui faire modifier ses
plans; cependant il nous rendra cette justice en honnête
homme (et j'ai d*ailleurs le prince Schwarzenberg, le
F.Z.M. Gyulay et le colonel Blanchi pour témoins),
qu'en fin de compte il a toujours été fait comme il le
voulait (1). ))
Il faut donc admettre, d'après cette déclaration for-
melle, qu'à partir du 23 septembre, bien que l'archiduc
porte encore la responsabilité du commandement devant
la loi, c'est Mack qui commande en fait. Mack écrit
cependant : « Son Altesse Impériale est restée jusqu'au
8 en pleine possession d'un pouvoir absolument illimité
et, ainsi que je l'ai spécifié dans mon rapport du 8, Elle
avait approuvé peu de temps auparavant mes opérations
et ma concentration sur le Danube. Comme je n'envoyai
les ordres à Son Altesse Impériale que par ce rapport,
on ne pourrait trouver d'autres ordres à la date du 5 et
du 6 Son Altesse Impériale doit se rappeler qu'elle
a souvent exercé son autorité supérieure vis-à-vis de
moi, et par exemple, après le départ de Sa Majesté, elle
a annulé la répartition que j'avais faite des troupes et
solidité de son opinion; son collègue, indigné qu'on osât en avoir une
autre que la sienne, le culbuta, et Mayer eut le commandement d'une
brigade.
a Sur ces entrefaites, S. A. R. Tarchiduc Ferdinand, jeune prince
connu avantageusement par ses campagnes précédentes, arrive à Tarmée
avec le titre de général en chef et ne peut disposer d'un seul bataillon^ »
{Relation de la prise (TUlmy par M. D...)
(i) Ulm und Austerlitz, page 449.
144 INTRODUCTION.
des généraux, et Ta remplacée par une autre toute diffé-
rente {{). »
Ceci prouverait que l'Archiduc a bien ressaisi le pou-
voir dans quelques circonstances d'un intérêt secon-
daire, mais que les ordres de l'armée émanaient de
Mack.
Un des premiers actes imposés par lui avait été de
retirer au général Mayer von Heldensfeld les fonctions
de quartier-maltre-général , et de lui donner simple-
ment une brigade à commander.
Il est assurément fâcheux pour l'honneur des armes
autrichiennes que le jeune archiduc Ferdinand ait été
entravé dans l'exercice de son trop court commande-
ment. Outre l'énergie dont il a fait preuve dans la suite
de la campagne, il avait montré dès le début un bon
sens, une clairvoyance, des talents très supérieurs,
semble-t-il, à ceux de son célèbre parent l'archiduc
Charles.
Le 2 octobre, tandis que Mack, sous l'empire de ses
idées préconçues et de son orgueil, attendait de plus en
plus l'attaque des Français par la Forèt-Noire et la
trouée de Stokach, l'archiduc Ferdinand devinait le plan
de Napoléon par un raisonnement dont il faut remarquer
à la fois la justesse et la subtilité. Il écrivait à l'empe-
reur d'Autriche : « Il semble, d'après les derniers
mouvements de l'ennemi, qu'il n'y ait plus de doute
possible sur ses intentions : il veut menacer et tourner
mon flanc droit. Il a commencé par occuper Freu-
denthal, Kniebis et la crête de la Forêt-Noire ; puis ses
mouvements de ce côté sont devenus infiniment lents;
il en a été tout autrement vers le centre. Dès le 1®',
Stuttgard a été occupé, et il doit s'y trouver environ
30,000 hommes. Bernadotte et Marmont sont arrivés
(i) Mémoire justificatif de Mack, page 2i.
INTRODUCTION. 145
le 29 à Bischo£Psheiin, et peuvent diriger leur marche
vers la Bohème, mais bien plutôt sur Donauwœrth (!) ».
Au moment même où le jeune archiduc définissait
ainsi la manœuvre que Napoléon commençait à exécuter
autour de l'armée autrichienne, l'empereur d'Allemagne
lui enlevait le commandement effectif pour le remettre à
Mack.
XVI
Le 3 octobre, la répartition de Tarmée autrichienne
est la suivante (2) :
1® Jelhctc a laissé Rohan à Glurns, avec 6 bataillons
et 2 escadrons ; il a encore 7 bataillons à Bludenz et dans
rinnthal. Total: 6,700 hommes environ.
Il a amené sur les bords du lac de Constance 2 bri-
gades : Tune (Wolfskeel), de 5 bataillons et 6 escadrons
(3,100 hommes), à Lindau, Tettnang, Buchhorn et
Meersburg; l'autre {Richter)^ de 7 bataillons (3,500
hommes), à Achberg, Wangen, Isny et sur la route
dlsny à Kempten ;
2® Le corps de Schwarzenberg s'étend depuis le lac
de Constance jusqu'au Danube et à llUer. Le gros,
formé par la division Gottesheim (quartier-général à
Ravensburg; généraux Sticker, à Mengen, et Weiden-
feld, à AUmannsweiler), a 6 escadrons (dragons Hohen-
lohe) à Aulendorfy et 16 bataillons (régiments Frelich,
(i) Ulm und AusterlitSy page 440.
(2) Nous ayons trouvé les éléments de cette situation dans SchônhHls
pour len corps Jellacic et Kienroayer; et aux Archives de la guerre pour
les corps Schwarzenberg, Riesch et Werneck. (Voir notre tome II,
page 661 et la carie ci-Jointe.)
m. 10
146 INTRODUCTION.
Archiduc-Rainier, KoUowrath et Manfredini), à Sigma-
ringen, Mengen, Markdorf et Ravensburg. Total :
8,600 hommes environ;
Klenau commande à la fois Tavant-garde et la réserve.
L*avant-garde (généraux Liechtenstein et Mecsery)
comprend 1 bataillon de chasseurs et 14 escadrons
(chevau-légers Klenau et uhlans Schwarzenberg), 4
Pfûllendorf, Stokach, Engen et Radollzell. La réserve
(quartier général à Waldsee, avec le général Fresnel),
comprend 8 escadrons de cuirassiers de Mack à Wur-
zach, Mûnchroth et Ochsenhausen, et 4 bataillons de
grenadiers, à Biberach et Waldsee. Total : 5,000 hommes
environ ;
3^ Le corps du général Riesch est en seconde ligne,
entre Tlller et le Lech, avec son quartier-général à
Weissenhorn. Les divisions Gyulay, Kerpen, et Hesse-
Hombourg, près du Danube ; celle d'Auffenberg, qui
vient du Tyrol, échelonnée depuis Memmingen jusqu'à
Wertingen et Burgau.
Le colonel Civalart est encore sur la rive gauche du
Danube, à Schelklingen, avec son régiment Rosenberg-
dragons (8 escadrons); à Mâhringen, le général-major
Weber avec le régiment de Reuss-Plauen (3 bataillons),
et dans Ulm, le F.M.L. Gyulay avec le général-major
d'Ulm, et les régiments Riese et Archiduc-Maximilien
(8 bataillons).
Au Sud-Est d'Ulm, les F.M.L. Kerpen et Hesse-Hom-
bourg sont à Weissenhorn avec les régiments Nassau-
cuirassiers (8 escadrons), et Erbach (3 bataillons).
Le régiment Hohenzollern-dragons (8 escadrons), est à
Roggenburg, et Stuart (3 bataillons), à Ichenhausen.
A Leipheim, le général-major O'Donnell et le régi-
ment de Kaunitz (4 bataillons) ; à Gûnzbourg, le régi-
ment de Jeilacic (3 bataillons) et les cuirassiers Archi-
duc-François (8 escadrons); à Burgau, le général-major
INTRODUCTION. 147
Ghenedegg avec le régiment de Wûrzbourg (3 batail-
lons); à Welden, le générai-major Vogel et les chevau-
légers de Latour (8 escadrons); à Wertingen, le régi-
ment de Reuss-Greiz (4 bataillons); à Zusmarshausen,
le F.M.L. Aufifenberget le régiment de Sporck (4 batail-
lons); à Gunz, le général-major Auersperg et le régi-
ment Archiduc-Charles (4 bataillons); à Frickenhausen,
le régiment Auersperg (4 bataillons) ; à Memmingen, le
F.M.L. Loudon (1), les généraux- majors Zinzendorf et
d'Aspre, et les régiments Froon et Archiduc-Louis
(7 bataillons). Total : 30,000 hommes environ;
4® Le corps du général Werneck (Q. G. à Tûrckheim),
comprend la faible division HohenzoUern, avec les géné-
raux-majors Hohenfeld, Mayer et Dinersberg, le régi-
ment de cuirassiers Archiduc- Albert (8 escadrons), à
Schwabmtlnchen, et 11 bataillons de grenadiers tirés
des régiments du corps de Riesch. Total : 6,500 hommes
environ, cantonnés entre Buchloe, Tûrckheim et Min-
delhcim ;
5^ Le général Kienmayer a laissé .1 bataillon à
Munich; il en a 3 à Neubourg, 3 et 16 escadrons à
logolstadt; 8 escadrons à Eichstaedt, 4 devant ËUwan-
gen, et 2 sur la route d^Amberg. Il doit recevoir des
renforts venant de Fintérieur, et en outre 5 bataillons
(1 d'Erbach, 4 de Gemmingen) et 4 escadrons (2 de
dragons Hohenlohe et 2 de uhlans Merveldt) qui ont
débouché de Bohème, mais seront forcés d^y rentrer à
rapproche des Bavarois.
(i) Le général Loudon était tenu du Tyrol, en même temps qu'Auf-
fenberg, atec la brigade d*Aspre (régiments Archiduc-Louis, Froon et
Spork : M bataillons, grenadiers compris). Il a^ait cédé ses trois batniU
loDi de grenadiers à la diTision Hohenzollern et réuni à son comman-
dement la brigade Auersperg (régiments Auersperg et Archiduc^
Chariet).
148 INTRODUCTION.
Ainsi, tandis que Ney et Murât sont arrivés à deux
marches d'Ulra, Tarmée autrichienne est encore épar-
pillée depuis le lac de Constance jusqu'au Lech et même
au delà, et depuis les Alpes jusqu'au Danube. Mack
songe alors à la concentrer, mais il ne croit pas pouvoir
le faire sans remanier d'abord la composition des
grandes unités (4). Le 3 octobre, il arrête le tableau
suivant (page 149), qui nous donne la force de l'armée
autrichienne à cette date, mais qui n'a peut-être pas été
mis à exécution dans toutes ses parties, notamment en
ce qui concerne le renforcement de Kienmayer aux
dépens de Riesch.
Les emplacements sont moins bien connus. Nous
savons cependant que des ordres ont été donnés pour
commencer le 4 une concentration autour d'Ulm, qui
doit être accomplie le 8. Mack a fini par comprendre que
le danger ne viendrait pas de Schaffhouse, ni du Kniebis ;
mais il ne veut pas admettre que l'armée française soit
numériquement très supérieure à la sienne, ni qu'il soit
funeste de perdre la communication directe avec Vienne.
(i) « Dans les premiers jours d'octobre, on commence à croire à
l'existence d'une armée ennemie sur les bords du Rhin, qu'elle avait
déjà passé; les gazettes ne cessaient d'en donner le dénombrement et
répétaient, jusqu'à satiété, la direction qu'elle prenait. Cependant, on
s'opiniâtre à la croire peu insignifiante (sic), parce qu'on ne se donne
pas la peine de calculer que, de Boulogne à Strasbourg, il n'y a pas
plus loin que de Vienne à Ulm.
Le 6 du même mois, nos avant-postes heurtent ceux de l'ennemi en
avant de Geislingen; nous recevons quelques affronts partiels, sans
toutefois croire encore au commencement des hostilités. De notre côté,
nous bouleversons les jardins des bourgeois de Memmingen pour leur
prouver que leur bicoque est une place forte; nous creusons et escar-
pons les décombres d*Ulm pour en faire notre place d'armes, et nous
élevons quelques parapets de boue sur le Frauen et le Michelsberg, pour
y établir notre position et assurer notre pivot. » (Relation de la prise
d'Ulm, par M. D. . ., capitaine d'élat-major au service d'Autriche).
INTRODUCTION.
149
CORPS D'ABMÉB.
DIVISIONS.
[ Rlenau.
SCHWABZKN-
BERG.
DiTACHIMBNTS.
GOTTBSHEUI.
' Mecsery
Fresnel
I
'Sticker
iWeidenfeld
N. (colonel de Hoben-
lobe-dragoos
Gyulay.
^Dlm
IWeber
I Liecbtenstein
Colonel Civalart .
RiEscH (Kebpbn.
[Loudon
I Hessb-Uombourg
O'Donnell
Colonel Henneberg.. .
D'Aspre
Hermann
ÎZinzendorf.
Gbenedegg.
Vogel
WBR5ECK ,
HOHENZOLLEBN .
f Ilobeofeld . .
von
iMayer
\ feld
VDinersberg .
Heldecs-
I
(Caramelli
Colonel Engelliardt . . .
Tbeelen
ikiEniiATKK Nostitz
I Colonel Haager
' N. (garnison de Mu-
nicb)
ÎRoban
Ricbter. ...;....
Wolfskeel
Totaux.
10
6
8
8
5
414
BSCA>
DRONf.
14
8
46
8
46
14
4
40
420
HOMMES
d'In-
fanterie.
727
4,987
4,725
3,774
2,8%
1,341
3,407
3,223
4,287
»
3,745
1,362
»
3,106
2,156
6,412
3,225
2,623
478
3,843
3,575
2.858
59,450
CHK-
VAUX.
1,508
744
524
988
987
4,595
901
660
4,505
1,G88
512
4,422
42,734
150 INTRODUCTION.
Il se borne à rassembler des troupes le long du Danube,
face au Nord, couvrant ainsi les débouchés du Tyrol, ce
qui est logique, s'il considère son armée comme subor-
donnée à celle de Farchiduc Charles et celui-ci en pleine
offensive.
Le corps de Schwarzenberg doit venir à TEst d'Ulm,
entre Gôgglingen et Grimmelfingen ; celui de Riesch,
auquel Spangen doit se réunir avec les li bataillons
envoyés d'Italie (1), à Ulm, Gûnzbourg et lilereichhem ;
celui de Werneck entre Zusmarshausen et Burgau (2).
Jellacic viendra à Biberacb, et se tiendra prêt à
déboucher par Riedlingen ou Ehingen pour agir sur le
flanc droit des Français, en cas d'affaire générale. S'il
est battu, il se retirera sur le Vorarlberg, laissant
4 bataillons à Memmingen. Symétriquement, Kienmayer
doit se rassembler vers Neubourg et Donauwœrth pour
en déboucher, le cas échéant, dans le flanc gauche de
Napoléon, après avoir laissé à Ingolstadt une forte
garnison d'infanterie et d'artillerie. Sa retraite est sur
Munich.
Mais Kienmayer n'est pas rejoint par les troupes qui
ont débouché de Bohême vers Amberg, et que la marche
de Bernadotte a fait reculer (3) ; il a laissé 1 bataillon à
Munich; 1 bataillon, 1/2 escadron et 2 [pièces à Ingol-
stadt. Il n'a plus avec lui que 5 bataillons et 31 esca-
drons 1/2, et sur ce nombre, il prend i bataillon,
4/2 escadron et 2 pièces pour tenir Donauwœrth,
1 bataillon pour Rain. Le reste (3 bataillons et 3< esoa**
drons), réuni d'abord à Neubourg, se rapproche de
(1) Mitrowski, 5 batailloDS ; Czartorisky, 5 bataillons; Beaulieu,
1 bataillon.
(2) Voir les tableaux d'emplacement à la date du 7 octobre.
(3) 4 bataillons de Gemmingen, i d'Erbach ; 2 escadrons de dragons
Hohenlohe et 2 escadrons de uhlans de Mervel4t.
INTRODUCTION. 151
Donanwœrth à la nouvelle de l'arrivée des Français;
maiSy à supposer même que le plan de Mack s'exécutât,
ce serait un bien faible appoint dans la bataille que ces
4,000 hommes.
Les ordres du général autrichien ne sont pas encore
exécutés, que l'apparition prématurée des Français
devant Donauwœrth vient tout bouleverser.
A cette nouvelle, Mack s'empresse d'ordonner à Kîen-
mayer de prendre position derrière le Lech, pour rester
le plus longtemps possible en liaison avec le gros de
l'armée ; mais il devra se retirer sur Munich pour peu
qu'il se trouve en face de forces supérieures.
Mack songe un instant à prendre l'offensive sur la
rive gauche du Danube (1), mais il y renonce aussitôt,
(1) Mack à l'Empereur d'Allemagne,
6 octobre 4806.
u Quand même l'ennemi passerait le Danube bien loin en aval et
8*aTancerait jusqu'à Tlnn, nous ne chercherions nullement la ri?e
droite ; encore moins quitterions-nous Ulm, mais nous descendrions par
la rÎTe gauche pour menacer sa communication et le placer entre nous
et les Russes. Si jamais j'eus l'espérance d'un heureux succès, c'est bien
aujourd'hui, et nous ne le devons qu'aux grandes et sages résolutions
de Votre Majesté. Ohl que Votre Majesté aurait dû ne pas quitter
l'armée et lui préparer Elle-même la première victoire, que Dieu vou-
dra sans doute nous accorder ayant l'arrivée des Russes! D'ici à demain
soir, nous aurons réuni près de 80 bataillons et, dès lors, nous ne tar-
derons pas à agir sur les derrières de l'ennemi, qui veut nous prendre
à revers. »
Considérations sur les circonstances présentes, par Mack.
Ulm, 7 octobre 4805.
< Il est à peu près démontré que l'ennemi a l'intention de reoom-
meneer son jeu de Marengo, c'est-à-dire de prendre l'armée à revers
pour la couper des États héréditaires. Comme nous sommes maîtres
d'Ulm et que cette place est déjà en état de défense, il serait facile de
152 INTRODUCTION.
pour ne pas s'éloigner des convois (T artillerie en marche
de Braunati sur Landsberg, Il se décide donc simple-
ment à détourner vers Gonzbourg les colonnes qui opé-
raient leur concentration sur Ulm, et à opérer défensi-
vement, en liaison avec Kienmayer, en ayant Augsbourg
derrière soi.
Il écrit à Jellacic de laisser la brigade Wolfskeel à
Stokach, Lindau et Memmingen, et de venir relever à
Ulm le corps de Schwarzenberg avec la brigade Rich-
ter. Schwarzenberg, aussitôt relevé, se portera à Gûnz-
bourg; Werneck y est arrivé dans la nuit du 6 au 7, et
y reste. Loudon et Spangen, qui viennent de déboucher
du Tyrol, sont appelés aussi à Gûnzbourg.
Mack décide enfin d'envoyer le général d'Aspre sur
la rive gauche, pour observer l'ennemi, non pas avec sa
brigade, mais avec un détachement constitué spéciale-
ment pour la circonstance, 3 bataillons, 2 compagnies
de chasseurs et 6 escadrons.
Le reste de Tarmée se concentrera derrière la Gûnz,
depuis Gûnzbourg jusqu'à Ichenhausen. Par un nou-
veau bouleversement de l'ordre de bataille, Werneck
formera l'aile gauche, Riesch le centre, et Schwarzen-
berg la droite.
Telles sont les dernières dispositions ordonnées pour
larmée autrichienne, au moment où nos troupes com-
mencent à franchir le Danube.
Si l'on reprend sommairement toutes les opérations
de l'armée autrichienne depuis le début de la campagne,
lui faire payer cher ce projet, d*une folle audace, car ou n'aurait qu'à
opérer sur la ri^e gauche, en descendant, et, si Ton avait alors le
bonheur de le battre, son sort serait effroyable, tandis que le nôtre, en
cas de défaite, ne pourrait jamais se terminer très mal, puisque nous
aurions uue retraite assurée sur Ulm ; mais il faudrait eiaminer
en mi^me temps très soigneusement si l'ennemi ne revient pas contre
Ulm. » (D'après Angeli : Ulm und Austerlitz, page 440).
INTRODUCTION. 153
on peut constater qu'elles ont été assez exactement sui-
vies et signalées par nos agents. La formation des
camps, la répartition de l'armée autrichienne entre eux,
puis entre les divers théâtres d'opérations, a été indi-
quée dès le mois d'août. Une seule lacune a subsisté
dans ces renseignements, mais elle est assez grave : à
part deux observations exactes de M. Lezay-Marnesia et
de Bâcher (1), rien ne porte à penser que les unités
n'ont que la moitié de Teffectif réglementaire; les avis
donnés à Murât majorent beaucoup la force des corps
de Wels et de Bregenz; aussi l'Empereur croira-t-il,
jusqu'au 12 octobre, que Mack peut réunir 100,000
hommes sur l'IUer.
Les mouvements de Wolfskeel en Souabe sont assez
exactement suivis, à l'exception de la fausse alerte
donnée par Murât, et rectifiée le surlendemain. Le pas-
sage de rinn est connu par le télégraphe quatre jours
après qu'il a eu lieu. Le nombre, la composition et
l'itinéraire des différentes colonnes sont parfaitement
connus.
Bref, jusqu'au 20 septembre, Napoléon est aussi bien
renseigné qu'on peut Tètre.
Du 20 septembre au 2 octobre, les renseignements
arrivent encore, mais ils sont moins clairs.
Le 22 et le 23, deux rapports remarquables annoncent
que les Autrichiens auront une première ligne vers Sto-
kach, une seconde sur l'IUer, une troisième sur le Lech,
ce qui répond assez bien aux cantonnements pris depuis
Engen jusqu'au Lech par Klenau, Gottesheim et Riesch;
ils signalent le temps d'arrêt ordonné par l'archiduc
Ferdinand sur le Lech, et sa conférence avec l'Empereur
et le général Mack (2). Mais Napoléon ne semble pas
(i) Voir tome If, page 312 et suivantes; page 382.
(2) Tome II, page 325 et suiyaDtes.
154 INTRODUCTION.
attacher grande importance à ces rapports, que d'autres
ne sont pas venus confirmer, et il annonce seulement
dans certaines lettres que les Autrichiens sont sur les
débouchés de la Forêt-Noire, dans d*autres qu'ils ont
pris position sur le Danube entre le lac de Constance et
Ulm (1). Ce qui reste profondément ignoré, ce sont les
prétendues démonstrations par lesquelles Mack se vante
d'avoir trompé Napoléon et attiré Bemadotte à Wûrz-
bourg I
Le l^^ octobre, un renseignement transmis par le
maréchal Ney place le corps de Wemeck à Donauwœrth
et Nôrdlingen ; la division Klenau à Dischingen ; celle
de Gottesheim à Westerstetten, au Sud de Geislingen, et
celle d'HohenzoUem vers Hechingen. Le lendemain,
M. Massias écrit que les Autrichiens se concentrent vers
Stokach ; le 3, Murât annonce un mouvement rétrograde
des ennemis de Gûnzbourg vers Donauwœrth, et le
général Tilly envoie une liste de quelques régiments
autrichiens, avec leurs emplacements, liste où les noms
sont défigurés et les renseignements peu exacts. Il y a
donc une période de deux ou trois jours, correspondant
à notre marche sur le Neckar, pendant laquelle Napo-
léon est mal informé ; il se borne à penser que les Autri-
chiens sont encore sur TlUer (2), c'est-à-dire de part et
d'autre de cette rivière.
Le 4, il en va tout autrement : Murât adresse coup sur
coup à l'Empereur plusieurs rapports très remarquables,
résumant ce qu'il a appris par ses reconnaissances, par
ses agents et par les habitants. Il déclare que l'ennemi,
qui s'était avancé jusqu'à Stokach, revient depuis peu
vers rUler. Il y a aussi un mouvement vers Lavingen,
mais rien du côté de Donauwœrth. Il ne croit pas à la
(i) Tome II, pages 337 et 350.
(2) Ibid., page 650.
INTRODUCTION. 185
retraite des Autrichiens vers Donauwœrth. Le plus
grand nombre paraU se concentrer à Ulm : « Il y a à
lllm beaucoup de troupes, et cela doit être. Si l'armée
s'était portée en avant de Tlller, comme il est à pré-
sumer, Tennemi a dà réunir sur ce point le plus de
forces qu'il aura pu, pour nous empêcher de tomber, par
cette ville, sur ses derrières. Il a dû aussi le faire, s'il a
le projet de prendre l'offensive, de déboucher par Ulm
et de venir nous attaquer dans notre marche de flanc (1)» .
On ne peut qu'admirer la clairvoyance avec laquelle le
lieutenant de l'Empereur lit dans le jeu de l'adversaire,
et cette lettre du 5 octobre vient compléter de la façon la
plus intéressante celle du 17 septembre (2) pour donner
une idée de la valeur de Murât. S'il estime que l'ennemi
est toujours à Ulm, ce n'est pas que les renseignements
soient d'accord pour l'en convaincre : « Tout ce que
j'apprends, dit-il, confirmerait que les Autrichiens se
retirent sur Donauwœrth, ce que j'ai peine à croire.
Il est plus raisonnable de supposer que les troupes
qu'ils font filer sur la rive droite du Danube n'ont
d'autre destination que de masquer leurs mouvements
par Augsbourg. »
Les deux autres rapports de Murât, du même jour, ne
font que confirmer avec plus de force la concentration
des Autrichiens à Ulm (3). D'autres avis, d'origines
diverses, se joignent à ceux-ci et concluent dans le même
sens.
A notre gauche, les nouvelles fournies sont moins
exactes. A en croire Soult et Bernadotte, il y aurait 5,000
à 6,000 ennemis près de Nôrdlingen, et 12,000 ou 15,000
près d'Eichstaedt.
(1) Tome n, page 782.
(2) Ihid., page 269.
(3) Ihid., page 788.
156 INTRODUCTION.
Les rapports du 6 oe parlent toujours que de la con-
centration des troupes autrichiennes à Ulm (1). Les fan-
tômes imaginés par Soult et Bernadotte s^évanouissent à
l'approche de nos troupes. En résumé, au moment de
passer le Danube, Napoléon a une connaissance assez
exacte de la situation de Tennemi, qu'il sait en train de
se concentrer à Ulm.
XVII
Vandamme, arrivant à Harburg le 6 au soir, en chasse
deux escadrons de hussards de Liechtenstein, qui
donnent l'alarme à Donauwœrth. Le bataillon de Collo-
redo qui occupe cette ville commence à enlever les
madriers du pont, et ce travail est à peu près terminé
au milieu de la nuit, quand Tavant-garde française se
présente. Le bataillon autrichien, par ses feux, gagne le
temps d'achever la rupture du pont, et se retire après
avoir perdu 40 hommes.
Kienmayer, en apprenant ces événements, qui présa-
geaient sa séparation du gros de l'armée, se décide à la
retraite immédiate sur Aichach. Il ordonne au général
Theelen de se rendre à Pfafifenhofen avec un régiment de
cuirassiers et le bataillon qui était resté à Ingolstadt, et
il rappelle à lui les régiments de Gyulay et de Brooder.
Le général Nostitz, qui couvrait la retraite sur Aichach
avec deux bataillons de GoUoredo, les hussards de Liech-
tenstein et les uhlans de Merveldt, est attaqué près
d^Holzheim par une troupe de dragons qui avaient passé
le Lech à la nage et menaçaient de le couper. Il leur fait
quelques prisonniers et les repousse.
(1) Tome II, pages 850 et 851.
INTRODUCTION. 157
Dans la nuit du 7 au 8, informé de la force des troupes
françaises qui débouchent sur lui (Murât et Soult), Kien-
mayer n'hésite pas à poursuivre sa retraite sur Schwab-
hausen, où il recueille les cuirassiers de Nassau, venus
de Pfaffenhofen.
Mack se rend le 7 d'Ulm à Gûnzbourg, où il arrive à
4 heures du soir. Il y apprend la prise de Donauwœrth
par les Français, et envoie de ce côté le général Auffen-
berg avec un détachement composé exprès pour la cir-
constance : trois bataillons de Reuss-Greitz, six bataillons
de grenadiers, et quatre escadrons et demi de cuiras-
siers Archiduc- Albert avec huit pièces de canon (1).
Auffenberg se portera par Wertingen sur Donauwœrth
pour reconnaître les troupes qui y ont passé.
Mack apprend, en même temps que la prise de
Donauwœrth par Soult, le passage de Bernadotte à
Anspach et sa réunion avec la Grande Armée. Cette
nouvelle lui fait concevoir la nécessité de prendre d'autres
dispositions ; mais, pour gagner du temps, on avait
dirigé sur Ulm, par le chemin le plus court, chacun des
détachements cantonnés le 3 dans les villages entre le
Lech et le lac de Constance, dont nous avons donné la
liste. Il devenait très difficile de leur envoyer des ordres
à tous, et même de savoir où se trouvait chacun d'eux.
Force était donc d'attendre, tout au moins, que la plus
grande partie des corps d'armée se fût rassemblée. Mack
dut remettre au 9 tout nouveau mouvement. Ce jour-là,
il parlait de se porter de très bonne heure sur Augsbourg
ou Landsberg par Zusmarshausen et opérer sa réunion
avec Kienmayer, dût-il passer sur le ventre à l'avant-
garde française pour se faire jour. Une lettre qu'il
(i) Il s'y joignit ensuite, pendant le combat de Wertingen, deux
escadrons de chevau-légers de Latour. Les généraux-majors mis sous
les ordres d' Auffenberg étaient Hohenfeld et Dinersberg.
158 INTRODUCTION.
écrivit alors à Kutusov donne à penser qu'il ne son-
geait pas sérieusement à cette retraite (1).
D\\spre prendrait sa retraite sur Ulm, où demeurerait
Jellacic, et AufiPenberg se replierait sur Zusmarshausen,
où il rejoindrait le gros de Tarmée.
« Le 7, dit Mack, quand nous apprîmes la marche de
Bernadotte et des Bavarois par Anspach, il n'aurait plus
été possible de ramener derrière le Lech notre armée,
alors en mouvement vers le Danube en un grand nombre
de petites colonnes. Je ne pouvais et ne devais m' efforcer
que de modifier sa première disposition devant le Danube
et devant Ulm, qui l'aurait exposée à tous les dangers
vis-à-vis d'un ennemi infiniment supérieur. Ceci me con-
duisit à décider la concentration à Gûnzbourg pour cou-
vrir la communication avec Kienmayer, resté derrière le
Lech, m'opposer de concert avec lui au passage du
Danube par les ennemis, et peut-être remporter un
avantage partiel sur telle ou telle de leurs colonnes, soit
en amont, soit en aval du Lech. Mais si, à la question de
savoir pourquoi je ne me suis pas retiré derrière le Lech,
le 7 et le 8, je réponds que je ne pouvais plus changer la
direction des nombreuses petites colonnes en marche
vers le Danube, je n'ai dit en aucune façon que je l'aurais
fait si j'avais pu : j'ai bien affirmé le contraire. Lors
même que j'aurais pu prévoir la violation de la ueutra*-
lité prussienne, et alors surtout, je n'aurais pas cru devoir,
en mon âme et conscience, faire reculer l'armée
(1) Mack à Kutusov,
8 octobre 1S05.
M Nous ayons de quoi vivre dans le pays, depuis le Lech jusqu'au
fond de la Souabe, plus longtemps qu'il ne peut nous être nécessaire
jusqu'à ce que l'armée russe arrive sur l'Inn et y soit pourvue de tout,
en état d*agir Nous parviendrons ainsi à Tépoque où l'armée impé-
riale russe sera prête et nous trouverons alors facilement la possibilité
de préparer à l'ennemi le sort qu'il mérite. » (Ulrn und Austerliti,)
INTRODUCTION. 159
« Retirer Tarmée derrière rinn, sacrifier le Tyrol, le
Vorarlberg et Tannée d'Italie, était une résolution que la
toute puissance de Sa Majesté pouvait seule se permettre.
L'ennemi nous y aurait encore atteints avec des forces su-
périeures, et nous aurait rejetés sur les colonnes russes ;
cela lui était d'autant plus facile que le corps d'Augoreau
arrivait déjà en toute hâte, et qu'il n'aurait plus fallu
détacher que 20,000 hommes pour enlever les cols du
Tyrol
(( Il eût été encore plus douteux de ne pas même se
maintenir sur l'Inn, de laisser les gorges de Salzbourg
et de la Haute-Autriche inoccupées ; c'était sacrifier la
plus belle et la meilleure partie de la monarchie, ainsi
que l'armée d'Italie, pour ne couvrir que la capitale avec
toutes les forces disponibles. La bataille d'Austerlitz eût
alors été livrée devant Vienne. Qui oserait dire si Sa
Majesté aurait pris une pareille résolution, et quelles en
auraient été les suites (1) ? »
a La situation de l'armée se trouva terriblement com-
promise par l'apparition subite d'un ennemi plus de deux
fois supérieur en nombre, mais je ne la considérai pas
comme désespérée. Au moment où je fus assuré que l'en-
nemi s'était rendu maître des deux rives du Lech, au
pont de Raiu, qu'il obligeait le corps de Kienmayer à
battre en retraite, et qu'il pouvait atteindre Augsbourg
avant nous, enfin quand son projet fut bien manifeste-
ment de nous couper des Russes, je pris la résolution de
prendre à revers cet ennemi qui voulait nous prendre
par derrière, et de tomber sur sa communication, briser
sa supériorité et l'éloigner des Russes. Nous pouvions,
certes, nous rejeter encore sur le Tyrol, mais je ne le
voulais pas, car c'eût été sacrifier les Russes, que Ten-
nemi aurait rencontrés beaucoup plus tôt sur la ligne
(I) Mémoire justificatif y pages 9 et suiTantes^
160 INTRODUCTION.
beaucoup plus courte qu41 suivait, tandis que nous ferions
un grand détour par les gorges duTyrol et de Salzbourg
avant de faire notre jonction. Je crois encore mériter des
éloges pour cette résolution, prise subitement, car nos
communications s'en trouvaient dégagées, et nous dis*
posions derrière nous de la Bohème, de la Franconie
et de la Saxe même pour notre retraite et notre subsis-
tance. Nous pouvions bien vivre de réquisitions autant
que l'ennemi, surtout étant en droit d'espérer que nous
serions bien accueillis, et soutenus par les Prussiens
d'Anspach et de Baireuth, ainsi que par les Saxons;
vraisemblablement les dispositions de la Prusse envers
nous, alors si amicales par suite de la colère soulevée
par la violation de son territoire, n'auraient pas pris la
tournure défavorable qu'elles ont prise.
« Ces motifs, même si j'avais pu prévoir la violation
de la neutralité prussienne, m'auraient empêché défaire
ma retraite sur l'Inn, car pouvait-il y avoir rien de plus
encourageant pour la Prusse, au point de vue militaire,
qu'une armée autrichienne couvrant ses frontières et
celles de la Saxe et leur mobilisation, et avec laquelle leurs
troupes auraient bientôt pu se réunir? J'affirme que, jus-
qu'au moment où mon projet de passage à Gûnzbourg
fut rendu impossible, et notre existence sur la gauche et
dans Ulm anéantie, je considérai la violation de la neu-
tralité comme un bonheur, quelle que fût la confusion
dans laquelle elle nous plongeait, et j'ai reçu deux lettres
du comte Gobenzl et de Lamberti prouvant clairement
que Sa Majesté et eux étaient du même avis
(( Nous étions pourvus d'artillerie et de munitions pour
longtemps et en tout cas pour trois batailles, car nous
avions toute notre réserve d'artillerie, lourde et légère,
et nous aurions toujours pu tirer quelque chose de la
Bohême, comme un coup d'oeil sur la carte peut le mon-
trer. Les renforts en marche pour nous rejoindre étaient
perdus pour nous, mais non pour notre cause en général.
INTRODUCTION. 161
car ils devaient se réunir à l'armée combinée sur llnn;
ceux qui venaient dltalie devaient garder les cols du
Tyrol, et ils y étaient plus utiles, car pour notre objet une
force de 3S à 40,000 hommes était la meilleure ; c'est ce
qui nous restait après le départ de Jellachich pour le Vo-
rarlberg et du corps de Kienmayer avec un train d'ar-
tillerie destiné aux Russes, qui en étaient dépourvus.
L'ennemi se trouvait ainsi entre deux adversaires, et
obb'gé de se diviser en deux armées, car il était beau-
coup plus attaché que nous à sa communication, n'ayant
avec lui que le strict nécessaire aux besoins du moment,
en artillerie et munitions. En outre, il aurait eu à déta-
cher surFIUer, en face de Jellachich, un corps au moins
égal au sien, car sa communication avec Brisach et
Huningue était coupée par là, et même sa communi-
cation principale pouvait être coupée par des détache-
ments envoyés de là au Nord du Danube.
(( Toutes nos forces restaient en action; notre direction,
que j'ai indiquée plus haut, devait sérieusement inquiéter
l'ennemi et le rendre prudent pour sa marche vers llnn
et vers Vienne, ainsi que vers le Tyrol. Quïl opposât à
notre armée des forces égales ou très supérieures, elles
pouvaient être battues et, ayant le Danube à dos, elles
se trouvaient dans une situation très désagréable. Nous,
au contraire, si nous étions battus, nous n'avions pas à
nous en inquiéter, car notre retraite n'était arrêtée par
aucun fleuve, mais par des rivières et ruisseaux insi-
gnifiants.
« S'il employait contre nous une force notablement
supérieure, nous aurions cédé devant lui, car, le côté du
Rhin excepté, nous pouvions battre en retraite dans n'im-
porte quelle direction ; notre projet d'éloigner le gros
de l'ennemi des armées alliées aurait été atteint d'autant
plus complètement, et nous aurions fait gagner d'autant
plus de temps aux Russes, à notre armée de réserve et
à l'insurrection hongroise.
III. J I
162 INTRODUCTION.
« Il D'est pas douteux que des résultats tout différents
et, sinon heureux, à coup sûr beaucoup moins malheu-
reux, auraient été obtenus si Ton n'avait pas fait avorter
ce projet. »
Situation du 8 octobre (1).
Corps du F.M.L. Kibniiatbr.
(Brigades Gàramblli, Thblbn, Nostitz, Hagbr).
4 bataillons Deutschmeister.
3 bataillons J. Colloredo.
3 bataillons de grenadiers.
1 6 escadrons de cuirassiers Nassau et Lorraine.
8 escadrons de hussards Liechtenstein.
6 escadrons de uhlans Meerweldt (2 escadrons de uhlans Meer-
weldt à Amberg).
Corps du F.M.L. Wbrnbck.
Division Auffbnbbrg (brigades Yogbl et Sinzbndorf).
3 bataillons Reuss-Greitz.
4 bataillons Spork.
4 bataillons de grenadiers.
8 escadrons de chevau-légers Latour.
Difision Kerpbn (brigades ()*Doknbll et Hohbnfbld).
4 bataillons Kaunitz.
3 bataillons Fr. Jellachich.
4 bataillons de grenadiers.
Division Hohbnzollern (brigades Màyer et Dinbrsbbrg).
4 bataillons de grenadiers.
8 escadrons de cuirassiers Albert.
(1) Archives de la Guerre de Paris. Mack se plaint, dans son Mémoire
justificatif, de ce que T Archiduc a remanié la répartition des troupes et
des généraux. Nous ne savons si la situation ci -dessus est conforme
aux ordres de Mack ou à ceux de l'Archiduc. Nous en publions une
autre, un peu différente^ à la date du 8 octobre.
INTRODUCTION. 163
Détachement d^Asprb.
3 bataillons Wurtemberg.
2 compagnies de chasseurs.
6 escadrons de cuirassiers Hohenzollern, de chevau-Iégers Rosen
berg et de uhlans de Schwarzenberg.
Corps de Sgowàrzenberg.
Division Klbnau (brigades Liechtenstein et Fresnbl).
4 bataillons de grenadiers.
4 compagnies de chasseurs.
H escadrons de cuinissiers Mack.
6 escadrons de chevau-légers Klenau.
6 escadrons de uhlans Schwarzenberg.
DiTÎsion Gottbsheim (brigades Stickbr, Weidenpbld» Speth).
16 bataillons Frelich, Archiduc-Régnier, Kolowrati Manfredini.
6 escadrons de dragons Hohenlohe.
Corps de Ribsch.
Difision Gyulat (brigades Ulm, Webbb, ChensdegG) Mbgsbrt).
8 bataillons Riese et Archiduc-Maximilien.
9 bataillons Stuart, Reuss-Plauen, Ërbach.
6 escadrons de hussards palatins.
6 escadrons de hussards Blankenstein.
Difision LouDON (brigades Siccofànti, Aubrspbrg).
3 bataillons Archiduc-Louis.
12 bataillons Archiduc-Charles, Froon, Auersberg.
Oifision Hb&sb-Hombourg (brigades Hermànn, Aubr).
8 escadrons Archiduc-François.
6 escadrons de cuirassiers Hohenzollern.
6 escadrons de cuirassiers Nassau.
COKPB Jbllachich.
(Brigades Rohan^ Richtbr, Wolpskbel).
AUlm :
12 bataillons de TEmpereur, Hildburghausen, Stain.
3 bataillons de grenadiers.
1 bataillon de chasseurs.
164 INTRODUCTION.
A Stokach :
2 bataillons Beaulieu.
8 escadrons de chevau-légers Rosenberg.
A Munich :
i bataillon de grenadiers.
2 escadrons de cuirassiers Nassau.
A Lindau :
i bataillon Beaulieu.
Renforts en marche.
Venant de Bohême :
A bataillons Gemmingen.
1 bataillon Erbach.
2 escadrons de dragons Hohenlohe.
Venant d'Autriche :
5 bataillons Gyulay.
4 bataillons des 1" et 2« valaques.
12 bataillons du yalaque-illyrien, de Brood, de Peterwardein et
du Banat allemand (confins militaires).
8 escadrons de cuirassiers Prince-Impérial.
8 escadrons de dragons Archiduc-Jean.
8 escadrons de chevau-légers 0*Reilly.
16 escadrons de hussards de l'Empereur et Hesse-Hombourg.
Venant du Tyrol :
10 bataillons Mitrowski et Czartoriski.
1 bataillon Beaulieu.
1/2 escadron de hussards Blankenstein (1).
Le 8, pendant que Mack prenait de nouvelles disposi-
tions, Auffenberg arrivait à Wertingen à sept heures du
(1) « Le 8, tous les vorspann de la Bavière et de la Souabe sont enfin
parvenus à rassembler notre armée dans les environs d'Ulm ; mais la
cavalerie, qui n'a pas eu la même commodité pour s'y rendre, n'a pas
vingt chevaux par escadron en état de se remuer, et l'artillerie de
réserve n'a point encore atteint le terme de sa marche. On vit au jour
h la journée : on requiert et on pille le voisinage pour éviter les
embarras des transports. » {Relation de la jjrise d*Ulm, par M. D...).
INTRODUCTION. 165
matin. Il y était à peine, qu'il recevait Tordre de ne pas
poursuivre sa marche sur le Lech, mais de rebrousser
sur Zusmarshausen pour couvrir la route d'Augsbourg,
et y former Tavant-garde de l'armée. Il apprenait en
même temps que des troupes françaises, marchant vers
lui, avaient traversé le village de Norndorf. Malgré cet
ordre et malgré ce renseignement, il résolut de canton-
ner à Wertingen. Il occupa les portes avec ses trois
bataillons d'infanterie, mit les grenadiers au repos dans
les rues, et la cavalerie hors de la ville.
Vers midi, il apprit que quelques centaines de Fran-
çais avaient traversé Pfaffenhofen, à une lieue et demie
de Wertingen. D résolut de battre cette avant-garde et de
se procurer de nouveaux renseignements sur le gros des
forces ennemies. Il forma donc un détachement sous les
ordres du général Dinersberg (2 escadrons de cuiras-
siers, 2 compagnies de grenadiers, 2 compagnies de
fusiliers) pour aller dans cette direction. Dinersberg, à
son tour, partagea son détachement en deux parties
égales, qu'il envoya par les deux rives de la Zusam,
l'une sur Thierheim, l'autre sur Frauenstetten. Ces deux
petites colonnes, fortes chacune de deux compagnies et
un escadron, rencontrèrent près de ces deux villages
des corps français très supérieurs qui les bousculèrent
et les rejetèrent sur Wertingen, non sans leur avoir fait
bon nombre de prisonniers.
A la première nouvelle de ces petits engagements,
Auffenberg disposa quatre de ses bataillons de grena-
diers (Kaunitz, Erbach, Jellacic et J. CoUoredo) sur les
hauteurs à gauche de la route de Gûnzbourg, un (Archi-
duc-Louis) devant la porte d'Augsbourg, et un (Spork)
avec deux compagnies de Stuart devant la porte de Pfaf-
fenhofen, pour recueillir les débris de la troupe de Di-
nersberg. Les trois bataillons de Reuss-Greitz occupaient
la ville ; les deux escadrons et demi de cuirassiers se
tenaient à l'aile droite des quatre premiers bataillons.
i6fï ijcTRoDinrioN.
A pfine les Imiipos étaienl-f*lles rendues !iur re«
emplnoemt*nts. qu'on apprit l'arrivée pro4*haine de deoi
rorps (l'armée fran«;ais. sur N's ileui rives de la Ziium.
l'n rt^pimont de cavalerie franeai^e bouscule le haUîl-
ion de grenadier*! qui carde la porte d'Aunl^ounr.
toinhe Aur len deux escadrons de cuirassiers plarr^ A
droite de la licne autrichienne sur la hauteur, mais se
trou\r arrt^ti^ par le feu du hataillon Kaunitz.
Auirenliere, (pii aperçoit les tt'^tes de colonnes d't>udi-
not, rherch»» A conserver sa liirne de n^traite sur (■ nni-
liour&r. Il (»nlonne la retraite sur les hauteurs au Sud-
Ou#»st de Wcrtinccn. !>• r^iriment de Reuss-Greit^ tient
encore A la porte «le Tfatrenhofen avec les d^liris do
di-tachement di» Dint-rsherp, et le cAn^^ral llohenfeld a
plac«^ i hataillons de grenadiers A l'Kst de Wertincen ;
A peint" se retirent-ils. qu'une troupe de cavalerie fran-
rai.si* les cliarcc et les arn^te. L«*s deu\ escadrons de
Latour déca^rcnt leur infanterie, mais il est imposaible
d'avancer, et il faut se replier sur la rive gauche, et
rhenher la retraite |»,'ir le hois de Hinswang.
Larlillerie autrirhicnne avait diri^<^ ses feu\ sur
l'infanterie d'thidini»!. mais ellt* n'avait pu TempAcher
lie liler le Ion;: des Imi^ pour venir prendre h revers
les liatailloiis autrichiens. drplo\rs sur les hauteurs.
Menai*!' ainsi dirt-ctt-nit-iit. Atitrt-nhenr ordonne pr^ri-
pitainnient la n-traitt-. aliand«innant à Murât le r^iri-
linMit de lteu>s-(ireit/. tjiii s«- dèfen<l encore dans Ir»
niai^oUH <li* \Vertiii;:en. it \r> tmis hataillon^ de crena^
tlier^ de Jellarh . Arrliitliit' I.mimh rt S|H)rk. qui, se trou-
vant en qiH'Uf . si-T'Ut r.»u|»tH . t pris à peu prAs eomplA-
triiii-iit heu\ pi« ri-> il*' iMn<>n èrhappent par miracle.
L* j' ïf r.il lli'lieTifrM pi;t r iiiii'n«'r ^ llur^au IlOO rre-
imIki^. *'[ liiiifi^li' T.- atti'ïjnit /tinniarshausen avec
|.-^ .1' II! is i!»-^ ^i\ t^'- I 11 :i«» \ii!r»'nl»en: fut pris.
!.■ ^ \ :•:!■ I::. !i- i. .^ruX p up 'C mnihat une perte de
lut m *i\^. 2\ i lil«^^> «». 1 i'i'.i pri<^>uiiiers. 3 dra|»eaai et
INTRODUCTION. 167
6 canons. Comme le détachement d'Auffenberg comptait
4,800 hommes environ» il faut supposer, ou bien qu'il y
eut un millier de a disparus », qui rejoignirent plus
tard, ou bien que le nombre des prisonniers fut, comme
l'annoncent les rapports et les ordres de Lannes et de
Murât, très supérieur à 1469.
Si Ton compare ce récit du combat de Wertingen,
d'après les sources autrichiennes, à celui que donnent
Murât et Lannes, on n'y trouve pas de contradictions,
mais on constate que ce ne sont pas les mêmes faits qui
ont fixé lattention des deux adversaires. La relation
autrichienne est plus détaillée sur les mouvements
qu'elle a accomplis avant l'apparition de Murât, et sur
les premiers incidents du combat. On voit que la divi-
sion Oudinot, qui suivait la route directe de Donau-
wœrth à Wertingen, a été signalée avant qu'on eût con-
naissance de l'approche de Murât, et les mesures prises
par Hohenfeld pour éviter la rencontre avec nos grena-
diers l'ont jeté sur notre cavalerie. Celle-ci a attaqué
presque aussitôt qu'elle a été signalée, ce qui témoigne
de la conduite habile et vigoureuse de Murât.
Nos relations ne mentionnent pas la première charge
d'un régiment de cavalerie légère français qui, avant
l'apparition de nos dragons, aurait traversé Wertingen
et poussé jusqu'à la hauteur où Tennemi s'était rangé.
Murât, en arrivant, trouve l'ennemi, partie en posi-
tion, partie en marche pour passer sur la rive droite
de la Zusam.De là le succès facile de notre avant-garde,
et la rapidité avec laquelle elle pénètre jusque dans
Wertingen. Ce faux mouvement des Autrichiens fait
comprendre comment ils n'ont pas eu le temps d'échap-
per à l'enveloppement préparé à la fois par Oudinot et
par Murât.
A partir du moment où ils se retirent sur la hauteur,
et sont chargés par nos dragons, les Autrichiens n'ont
plus manœuvré ni discerné les mouvements de leurs
168 INTRODUCTION.
adversaires. Leur récit, vague et bref, prouve combien
l'attaque de Murât fut prompte et le succès immédiat.
Tous ces événements parviennent à la connaissance
de Mack le 9 de grand matin, au moment où la marche
de Gûnzbourg sur Zusmarshausen vient de commencer,
et le décident à ne pas continuer, sûr qu'il est de se
heurter à des forces supérieures. On lui conseille de
gagner le Tyrol au plus vite par Memmingen; il s'y
refuse. Il s'arrête au projet de passer le Danube, de
prendre position à Giengen et Heidenheim, et d'atta-
quer les troupes françaises restées sur la rive gauche
ou les communications mêmes de Napoléon, pour l'em-
pêcher de continuer sa marche sur l'Inn.
Pour soutenir cette opération, Jellacic remontera sur
Memmingen, et fera des démonstrations vers le Lech,
ou vers la rive droite du Danube. Un corps léger sera
envoyé d'Ulm sur Geislingen pour battre le pays et
enlever les convois et détachements français autour de
Stuttgard. Klenau, Gottesheim, Riesch et Werneck se
succéderont de 3 heures en 3 heures, dans la journée
du 11 et la nuit suivante, sur la route d'Albeck.
. Ulm même devait être abandonné, car il était impos-
sible de l'armer et la garnison qu'on y laisserait affai-
blirait encore une armée déjà trop peu nombreuse.
D'ailleurs, comme les Français se portaient sur l'Inn,
Ulm serait peu menacé, et les deux corps opérant, l'un
vers Geislingen, l'autre vers Memmingen, le couvriraient
suffisamment.
Telles étaient les pensées de Mack lorsque Malher
vint attaquer le pont de Gtinzbourg.Les avant-postes de
Schw^arzenberg devant Elchingen et Haslach avaient
déjà été attaqués dans la nuit du 8 au 9 (par le détache-
ment de Crabbé), mais les Français s'étaient retirés
aussitôt.
Le général d'Aspre, chargé d'éclairer l'armée autri-
chienne sur la rive gauche du Danube, ne s'était guère
INTRODUCTION. 169
éloigné du pont de Gtinzbourg. Il fut si promptenient
surpris par Tavant-garde de Malher, qu'il n'eut pas le
temps de repasser le fleuve; son détachement fut
en un instant pris ou dispersé, et lui-même fait pri-
sonnier.
Le bataillon de Spork, chargé de la défense du pont
avec une pièce de canon, était en pleine action quand
le gros de Farmée parut, revenant de Burgau. La rive
occupée par les Autrichiens dominait Tautre de beau-
coup, et Ton aurait pu foudroyer les colonnes françaises
si Ton avait eu des pièces d'un calibre supérieur au 3.
Avec ces dernières, on ne put que les empêcher de fran-
chir le fleuve.
L'armée autrichienne se déploya sur les hauteurs en
arrière de Gûnzbourg, la droite à Liepach, la gauche à
Reisensburg, tenant tous les ponts jusqu'à Leipheim.
Dans la soirée, on ordonna de rétablir le pont de Gtinz-
bourg. Les Français laissèrent s'accomplir cette opéra-
tion sans la troubler, mais aussitôt qu'elle fut achevée,
ils se précipitèrent sur le pont et s'établirent dans les
petits bois à droite et à gauche du débouché. Les Autri-
chiens les accueillirent avec un feu de mitraille et de
mousqueterie terrible, qui fit subir des pertes sanglantes
au 59^. Enfin les Français, passant le fleuve à côté du
pont, prirent le dessus, et les défenseurs se retirèrent
sur Gûnzbourg. La poussée fut si considérable sous la
porte de la ville, et l'accumulation de troupes si énorme,
qu'elle suffit seule à arrêter les Français.
L'archiduc Ferdinand arrivait alors de Burgau, et en
même temps la tête de colonne de Schwarzenberg
paraissait.
Deux escadrons de hussards de Blankenstein, qui en
formaient la pointe, se jettent sur la colonne française,
mais ils sont reçus par le feu des tirailleurs embusqués
dans les taillis, et bientôt obligés de se retirer. Le général
Mayer vint reprendre le combat avec quatre bataillons
170 INTROï)CCTIO?C.
de Ki'^-nadiers, mais la nuit tom liante obliirf a d*y mettre
tin et de laisst^r les Français en possession du pont.
Lh*s Autrichiens avaient laissé (000 prisonniers et
une pic^ce de 'A entre nos mains, et ils avaient environ
800 hommes tués ou blessés tl).
Mark dut renoncer A se servir de ce pont, qu'il seni>
hiait n'avoir rétabli que pour nous, et à se porter direc-
tement sur la rive frauche.
L'archiduc Fertlinand lit remarquer, alors, qu'il ne
restait plus que deux partis A prendre : ou bien filer,
sans perdre de temps, par le pont d'KIchiniren, i»our
porter les opérations sur l'autn* rive du Danube, ou bien
gagner les nmiitacnesdu l'yrol. Mack ne voulut entendre
parler ni de l'une ni de l'autre solution, et il ordonna la
retraite dans la position d'ilm.
D'ailleurs, dans la nuit du \^ au 10. Loison s'emparait
du puni d'KIchiniren. et Stult cantonnait A AufTsIniurfr.
On ne pou\ait^u«'-re échapper que par le Vorarlberfr, et
encore î
A liiUubouri:. ci»iiimt' â Wertîngen. nos troupes n*oot
pas tr«iu\é les Autrichiens en {NK^ition: ils les ont surpris
«Il 1.»* *J, un (jit un iuumrnif*iil »>n>'iâl. on «lr*rro>l Ir llAoulir
en If* •-•M><\aut «ur U riv. •fr>>(l«-. •>[} jrriv*- à \a h«(it«*ur d^ <tuiii^o<irr.
!.'• nn«*iui pj**** «tir \e% tfi%^r««-« «tu p*>nl, tnn\ mior. AttaqiM \t% mupe%
•Irttini^i** .1 ru drfrotl'i* k pAâ^Ji:**. On «r Uà\ iDulUoftrol, l'archidur
^f-rlin.inl r> t4l!i( tf fonit>At (t uuii* rt'ttun* niAitrr» «lu poal. ■«% la
«rillf. U .lifi^i.in 'lu ••fi' ri' .\j!!t nlirr*;. |KMrr a >^rrtiO|erD, •# «oit
tuii*. i • iip t'!iT.>>iri'' {>jr i.ii •-••rj« n-^rutir* ut *\r ratilm^. l/in/aAten»
%«• j< ti< «luu :«■• î> >.% 't t «lit r> .}.it •'• ^4;-{>' 'U *âhr«* «^1 fait pritoosi^r
^'\\ \ .• •« !• • jii 'Il t'iiut" ut *\A:* !• * ni.iin* ilr 1 f normi H U rmfpé
•1 \ «:!• :i!>' r» • *t i ;«-tj ( r< •> iitMiuu- l.'auiion>r dr rrt ««hrc Am«r
• u tii- I.' t' Mi; % i]ti> . . . • ;.«! j(; rr:. 1 qur !•- w* n< ni «i A«|»rv, «l^ljcbè
• ..r.ir.i- ....'.'.• «t ;:•' ' •--n uuiin m li-iu- ni iluprfW. Telle fut
.1 j- :!. r- i-' •.:...% j:-r..r, . oup* «U caDOB furvBt
. ■.. . . .• . ■ ■• ■ ■• • .ni; ^»r. r:%\ ÎJ.i!'. iHffiUon 4e U
:r,,» / . . , i: M I» . *\ tjiuf t t t,t.ii.Ajur au «enicv d'Autnch«.|
INTRODUCTION. 171
au cours d'une manœuvre qui n'avait pas pour but la
défense du Danube. On ne comprend guère les disposi-
tions qu'avait pu prendre le général d'Aspre : chargé
d'éclairer l'armée autrichienne sur la rive gauche du
fleuve, il ne fournit pas de renseignements, et c'est au
débouché même du pont de Gûnzbourg que les Français
le rencontrent. A lire la relation française, on ne dis-
tingue pas qu'il s'agit d'un corps détaché. Le combat
entamé contre cette brigade se poursuit sans interruption
avec les troupes qui gardent le pont.
« Je répéterai ici, écrit Mack, que tout cet évé-
nement a été d'autant plus inattendu, que le corps
envoyé en observation au delà du Danube avec le général
d'Aspre n'avait pas fait parvenir le moindre rapport sur
l'approche de l'ennemi. L'armée ayant campé le matin
avec sa gauche appuyée au Danube, à proximité immé-
diate du pont principal, et ayant été attaquée sept ou huit
heures plus tard, dans l'après-midi, on pourrait se
demander si l'on n'avait pas une liaison suffisante avec
ce corps d'observation, et par suite la possibilité de le
soutenir sur le champ ? J'étais occupé alors de rédiger
l'ordre pour le passage de nuit sur le Danube, avec tous
les détails qui s'y rapportent ; cet ordre occupe huU
pages ^ dans lesquelles on trouverait difficilement une
ligne superflue^ et l'on comprendra qu'il ait absorbé
toute mon attention et toutes mes pensées. Surtout, des
mesures de prévoyance ordinaire comme celles-ci
n'étaient pas de mon ressort, mais de celui des trois
généraux dont les corps formaient là autant de lignes, et
bien plus encore du premier aide de camp général ; il a
le devoir, non pas de former des projets, mais d'assurer
le succès de ceux qu'a formés le quartier-maître-général
et qu'a approuvés le général en chef, en y apportant tout
son soin, son activité et ses réflexions. Ceux-ci, et surtout
celui auquel le corps d'observation était subordonné,
étaient au courant de son mouvement ; ce dernier aurait
172 INTRODUCTION.
pu y penser et en faire souvenir Son Altesse Impériale,*
et n'eùt-on envoyé que quelques patrouilles au delà du
Danube et du marais qui le borde sur une assez grande
largeur, jusqu'au corps d'observation du général d'Aspre,
que le malheur n'aurait pu se produire, car toute l'armée
était à portée de soutenir ce corps et de repousser
Tennemi aussi loin qu'il le fallait pour le succès de
notre marche nocturne (1). »
L'événement le plus singulier de cette journée est sans
contredit la reconstruction du pont en aval de Gûnzbourg,
que Mack a ordonnée en présence même des Français!
On s'explique ainsi comment les premiers rapports
adressés au général Malher ne signalaient pas ce pont
comme praticable, et comment, le soir seulement, le
capitaine du génie Lafarelle le trouva rétabli et prêt pour
notre passage.
Mack considère son échec de GQnzbourg comme le
plus désastreux de la campagne. C'est celui qui a fait
échouer son projet d'offensive sur la rive gauche du
Danube ; « Il n'est pas douteux que des résultats tout
différents et, sinon heureux, en tout cas beaucoup moins
malheureux, auraient été obtenus, si l'on n'avait pas
fait avorter ce projet. Aussi ai-je qualifié l'événement
de Gûnzbourg de vraiment effroyable^ décisivement
funeste. »
XVIII
Ce fut une ombre d'armée que Mack ramena sous les
murs d'Ulm. Les troupes autrichiennes étaient parties
mal équipées, mal pourvues, par suite de cette mobili-
sation précipitée que Mack avait prétendu organiser.
(1) Mack. Mémoire justificatif , page 25.
INTRODUCTION. 173
qu'il avait fiévreusement entreprise et n'avait pu mener
à bout; souffrant du temps épouvantable qui régnait
depuis quinze jours, elles étaient venues du fond de
l'Empire jusqu'en Souabe en piétinant dans une boue
glaciale, s'étaient répandues dans les cantonnements
entre le Lecb et le Rhin, puis resserrées précipitamment
sur Ulm ; appelées sur Gûnzbourg, mises en marche sur
Burgau, elles étaient revenues sur Gûnzbourg et sur
Ulm, piétinant toujours dans cette même neige fondue;
les perpétuels changements de plans de Mack rendaient
toute distribution de vivres impossible ; enfin les inquié-
tudes et le mécontentement des chefs étaient sensibles
pour tous, et l'on ne recevait que des nouvelles désas-
treuses. Aussi ces malheureux soldats, que leur incor-
poration à vie ne rendait déjà que trop enclins à la
désertion, n'étaient-ils plus capables d'aucun effort.
Les unités avaient fondu au point que les escadrons ne
pouvaient mettre que 40 à 50 chevaux en ligne (i).
Dans la soirée du iO octobre, l'archiduc Ferdinand
reçut une lettre de Tempereur d'Allemagne, datée du
5 octobre, l'invitant à exécuter désormais les ordres du
général Mack (2). Le jeune prince donna avis à ce der-
(i) « Le 10, Tarmée qui, pendant la nuit, avait regagné Ulm, se
poste sur les deux rives du Danube. On change Tordre de bataille; les
divisionnaires ne savent où trouver leurs brigadiers; ceux-ci cherchent
leurs régiments qui, à leur tour, ne demandent que du pain et allument
les maisonnettes de campagne des habitants d^UIm pour sécher leurs
guenilles. » (Relation de la prise d'Ulm, par M. D. . . , capitaine d'état-
major au service d'Autriche).
(2) Mon cher Cousin,
Parles ordres que je vous adresse aujourd'hui, vous verrez h quel
point le sujet est sérieux.
Lors de mon séjour à Landsberg, vous m*avez exprimé le désir, avec
une très louable modestie, de recevoir de moi une instruction qui vous
174 INTRODUCTION.
nier, dans la soirée, de cette nouvelle situation, et Mack
n'attendit pas une minute pour en abuser de la manière
la plus choquante (1). L'Archiduc, de son côté, déclara
formellement que, perdant toute initiative, il n'acceptait
plus aucune responsabilité.
Loin de chercher à rendre moins sensible au jeune
prince un ordre suprêmement humiliant, Mack le prit de
très haut et l'accusa d'avoir tenu secrètes jusque-là les
instructions de l'Empereur, pour ne les lui communiquer
qu'au moment où la violation du territoire d'Anspach
rendait la situation beaucoup plus difficile. L'Archiduc
fixât complètement pour le cas où tous différeriez d'ai^is airec le général
Mack au sujet des opérations de Tarmée qui tous est confiée.
Je tous ai dit alors que j'y réfléchirais; mais maintenant, comme il
s'agit pour tous de prendre telles résolutions dont dépend le salut de
mon Empire et qui, cependant, ne peuvent être prises qu'après avoir
examiné sur place toutes les circonstances, je crois tous rendre un
véritable service en vous invitant — après que vous aurez pris soin que
tout soit mûrement réfléchi — à suivre Tavis du F.M.L. Mack, qui m*a
déjà rendu des services importants en maintes circonstances et possède
une grande expérience de son métier. Dès que mes occupations me
permettront de retourner moi-même à l'armée, je le ferai avec beau-
coup de plaisir, et je vous prie d'être persuadé des sentiments avec
lesquels je serai toute ma vie votre attaché,
François, m. p.
(i) Le li octobre, Mack, en présence du F.M.L. Gyulay, s'exprime
de la manière suivante sur le compte de l'Archiduc, en s'adressant au
colonel Bianchi, son aide de camp :
« Son Altesse Royale ne peut pourtant pas se figurer qu^EUe est
chargée de commander une armée; Elle est beaucoup trop jeune et
inexpérimentée pour pouvoir remplir ce rôle. Sa Majesté lui a déféré,
à lui Mack, les pleins pouvoirs pour les opérations, et il en répond sur
sa tête et n'a là-dessus aucune observation à recevoir de personne. Il
sait très bien que l'Empereur a déjà fait connaître cet arrangement à
TArchiduc à Landsberg et Ta invité à se soumettre à ses ordres. Il
n'était nullement bienséant de la part de Son Altesse Royale de le lui
avoir caché jusqu'à la veille au soir et de ne déclarer cette situation
qu'aujourd'hui. »
INTRODUCTION. 175
le laisse entendre avec une suprême dignité dans Tadmi-
rable lettre qu'il écrit à son parent et souverain au
moment de gravir les dernières marches de ce cal-
vaire (1).
(i) L archiduc Ferdinaïul à C Empereur d'Allemagne,
4? octobre.
Le courrier que Votre Majesté m'a envoyé m'a remis sa lettre du 5.
Je lui exprime mes sentiments les plus reconnaissants pour la grâce
qu'ElIe me fait en me tirant de la situation mal dé6nie oii je me trouve.
Le cas que j'avais prévu sVst, en effet, présenté très souvent, et je n'ai
pas approuvé les plans du F.M.L. Mack. Moi et les généraux les plus
qualifiés de Tarmée, tels que les F.M.L. prince Schwarzenberg, Gyulay ,
Rlenau, nous lui faisions nos objections et il nous est même arrivé de
lui faire modifier ses projets sur certains points ; pourtant, il me rendra
cette justice, en homme d'honneur, — et d'ailleurs le prince Schwar-
zenberg, le F.M.L. Gyulay et le colonel Blanchi en sont témoins —
qu'en fin de compte on a toujours fait ce qu'il voulait.
Ce m'est un devoir de conscience, pour répondre à la confiance de
Votre Majesté, de lui dépeindre la manière dont se comporte le F.M.L.
Mack. Il fait chaque jour deux plans totalement différents, qu'il me
charge d'exécuter complètement; cette perpétuelle modification des
plans, dont aucun n'a encore été jusqu'à l'exécution complète, a fort
épuisé les troupes par d'incessantes marches et contremarches, et a
produit beaucoup de désordre ; moi et MM. les généraux, auxquels je
dois rendre pleine justice, nous faisons les efforts les plus extrêmes
pour rétablir l'ordre dans la mesure du possible. Le F.M.L. Mack ne se
préoccupe de rien, donne ses ordres contradictoires les uns après les
autres, n'écoute aucune représentation et, à proprement parler, je n'ai
été jusqu'ici que son quartier-mai tre général
Je ne peux pas préciser à Votre Majesté les plans ultérieurs du F.M.L.
Mack, car il en a formé aujourd'hui trois, tout à fait différents, dont il
a ordonné l'exécution.
Il est possible que des circonstances heureuses viennent nous tirer de
l'embarras où nous nous sommes mis nous-mêmes, mais la vraisem-
blance n'est pas en notre faveur
Quand j'eus reçu la lettre de Votre Majesté, j'en fis part au F.M.L.
Mack, afin qu'il ne considère pas comme protestation contre ses plans
les remarques que je lui ferai toujours à l'avenir, d'après la volonté de
Votre Majesté. La manière dont le F.M.L. s'est comporté alors» je ne le
ITli INTKoijl .•Th>.N.
Ia* Il au matin. Mark a foriiii* tle nouveaux pnjHs.
cninporlant toujours um* nouvelle nrcanisation. et il
adivsse A l'Arrliitliir la note suivante, datée île |0 heurr<!k
du matin :
l*uint« liuiil jf «I«-.'ii.i!i<l** n'«|iirtii*Mi«cmrnt rt-\«'cution
I ' KornuT in«(.intAni^m'-iit I .iriinV fii Iroi* *orp*. ili» UM.- façon «.i*
rli:idiii ait m** troii[>«*'i li'if»r»*, «!•■ lu'n»* «'t ili» ri*««T»*». roQ«Aqu^unirDt
111)1* .ivaiil>^jirilf 1 1 lin rurp* i!r it* *ir»r, i|ui m^ rompo«#roiit ^hkruD
d'un (]u.irt «lu tout. 1 stiiirr iinfilii' ticm. uranl i U li*;nr.
<Jiii)ui' ninini.iiiii inl il*' «uip^ ili>it »\*»ir ili'tiirnt' m |*^riiu(t''D:«
itan* «un .i%.iiit-»Mri)i* ilnii hit iillitn« J«ti* ili ni |iifrf« Ar 3. rt «i^ui
••*r.i<iriin« li't;*-f<i « t lum ninnlt-«, m)ii« !• « ur<lrr4 il'un uTin^r hjtttl^ ^t
actif. (Niur pouvuir fm|Moy: • r)).v|ii>- iiurjul ce fhrtiC rorpt rwmne
••itri-tiir ■i«3nt-k:Arili\ fl^nr-kjarilf nti roiji* inUnt. ('.h^run auri jum.
ili'^u'ii*' un rA|iil.iin«' «Ir cn-iNrif | .irtK'tiUrrrni» nt hahilr. air<- ua ufïi*
l'HT, & *K>n« c>fr)ricr« rt 40 r.ii.iiitr^. |>our !• « rn^uy^r i»a furti.
.V. .'*'. - !•• f«»rji* ilr Ji-ILii-hirli ilui!. #■» «mli». t'Iri» fn^ni^ Jr rrtir
iii.initrr •! .t«>iir iU iiioin^ «1% * liiiil ••«•M'Irt<n« .
f l.oninii:iiii|ur*r «an* i« t.ir.i l'iii%(rur(iun «i-joiuti-, *ur 1i forontioa
«!•• l<.it.ii !:••»<« l*'.:iT«. .\u\ •-••Miui*ii<f «itU Ji c*»r\t^ il'armfr. pour i]u r|!^
«••il i|iplii| .('• in*«ti«'<( .
I{ M • iiii«\<r tiiiit rjpi't.rt ini{M.:run(. .ipri* i|ii lî aura rt«' lu p«r Svi
Ait* ««• li<.>%a!«-. .lîin «ju*' j<* pii»«««' % juii:<lri iimn a«»« m i]u^li|ur« molt.
^hi iinl il *rra •\ptilir •{u*l<|(i* .lulrt |mic»'. nir l'rniuwr d'aboTil pour
i}l||- J \ lll«-(l'- nMH M*.t .
i* Ji- pri>' ili- in>- i'i>riiiuuni<|(i'T rln-^nf juui . .i^int •'• !•-• ^i;v!irr.
IvtJ* 1* « ii:!:** r> i.itif* ini up'i.it: •!)«;
.% J*- •{•m m!** r* (•• i :iii it<t ne i»l i ^oîi Mt Koi^lr >\r louSotr
l:i-n iijr' n r ( i<<\i*>>im n* :.'. !• I M 1. <•« •i!i\ i^iLirlif r-m»llrr tfriH-ral.
pu «.ju. II. in-'lr li' *»ut p.i* r. 'r.
Mk.k. . / .
a V-tr* M ";< •!• i • -t liii' ■ ?iti«t .• n mV*! prr»oaDrl|r, r| j»
'■•!■•• I- •'■• • J-- .f • î« ■ '. : . •• T iii-f J^ \ulrr Majrar
• ■ ; î ; .• J : »• • .!• ti.' r.t ri.- i.tri f if i \ olr^ Maj^vl/ que
• : ■ ■ ■ • • • ' rT -rS I.- ;■'■ jrii-M! «ju^ ré-Juirr JaBi
i ■• • • ' j • !•• urtirr«<!u \ % I.
INTRODUCTION. 177
Mack écrit à ce sujet dans son Mémoire justificatif :
« En me faisant part, le 10, de Tordre impérial qui lui
prescrivait de suivre mes conseils, sans me le laisser
lire, Son Altesse Impériale TArchiduc m'avait déclaré
formellemeut que, puisqu'ElIe en avait Tordre Elle me
laisserait agir à ma guise, mais qu'EUe ne voulait plus
accepter aucune responsabilité, qu'Elle me la laissait
tout entière à moi seul. Comment donc pouvait-il être
contraire au devoir de ne plus adresser mes dispo"
suions à Tapprobation, mais simplement au visa de Son
Altesse Impériale, puisqu'en me déclarant seul respon-
sable, Elle me refusait toute approbation d'avance, ou
plutôt déclinait toute intervention parce que son appro-
bation aurait annulé ou du moins diminué ma respon-
sabilité ?
« Mais Son Altesse Impériale ayant communication
des ordres, ne pouvait-Elle pas ressaisir à chaque
instant son autorité, changer, bouleverser, déchirer mes
dispositions et en faire d'autres, sauf à me déclarer
qu'Elle , et d'autres officiers , en seraient respon-
sables? »
Le 11, dans la matinée, l'armée autrichienne s'établit
sur les hauteurs au Nord d'Ulm, d'après un nouveau
plan de Mack. Il ne reste plus qu'une brigade du corps
de Schwarzenberg sur la rive droite du Danube. Vers
midi, le canon se fait entendre : c'est Dupont qui attaque
les avant-postes après avoir envoyé à Tarchiduc une
sommation conçue dans les termes les plus vifs. On voit
une colonne d'infanterie française sortir des bois et
entrer dans Jungingen. Loudon Tattaque avec quelques
bataillons etTen chasse, mais Dupont revient à la charge
avec des troupes fraîches et reprend le village. Loudon,
avec le régiment de Froon, encore intact, réussit à
reprendre une seconde fois Jungingen et à s'y maintenir.
Pendant ce temps-là, Schwarzenberg et Klenau se
mettent à la tête des cuirassiers Mack et Archiduc-
m. 12
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ilrux aii:lrs. i.n/i- raimns l't StHI à ÎMH» |iris<.iiiiirrs M.ii k
i's( Mt'Nsr dans ri'ttr iliarLi' v{ Ir «-••(nliat titiil :i\rr un»*
|u'i'ti li'uii ihilliii- «riiniiniiis |).iur |.> Aulritliims. iin
tiiiuvr ilalis |«-N fiiiiiLnii^t ijr |lu|Hint l«»s nrdrr^du lî'i t.r|>«.
tiotaiiiriiriit i-flui (|ui |)rrsi-iivait irfiili'\ri- I lin |i.-ir la
ri\r L'aui lit*, tamlis i|U(* !«' n»st.- cli- l'aiinfr s\ |vr1« riit
par l.i i'i\r ili-iiiti'. l't r\ alliait la L'ai'iiisnii di* la |d.irr à
.'{.utMi ou k.iiM) liiiniiiifs. Mri cul la «l'itihnli* iiui* tnutr«
1rs fnn is frain aisf*. rtaimt sur la ii\r druitiv Kirn il«-
plus fai-ilf ipi>* il*' lui di-i'idii-r d«Mi\ mi tmis niar'.*iir% »iir
la nuiti* t\v l\'i\\r\ur. niai^ il f.iilait st* |i.Ui*r (I .
l'.i-ttc ii*lili>u aiitrji In* nn«' «lu cnniliat d ll.ihlat'li nt-
('••hti'f'dit pas I t Iji- d«- lliipMht •!! If ipii riinrvriii' I cni-
pLiri'Uii lit "Il 1 .itl.iiif* .1 « u lini. l't sfs phases surr*^^-
!• I.' H. 1 • nii lin .l'i , .• \ • 11! 11. iwut j> fr>>nC *W o^'.fr
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• : I.* II.' .M 1 1 .« • I. ^» i«i^o«
, ■ :■ I .-•■!• l'Ut I Ali» irtT»-
INTRODUCTION. 179
sives : elle réduit simplement le nombre des attaques et
ôôntre-attaques dans Jungingen, que le général Dupont,
en habile homme, a su multiplier et entourer de quelque
confusion.
A notre gauche, dans le village et le bois d'Haslach,
notre artillerie, nos hussards et le 32* ont été bousculés
paf six bataillons et quatre escadrons autrichiens. A
en croire nos artilleurs, ce seraient ces derniers qui
auraient poussé jusqu'à nos convois ; mais la relation
autrichienne affirme que nos voitures ont été prises par
la cavalerie qui avait refoulé nos dragons dans le bois
en arrière de Jungingen, à Taile opposée.
Le Mémoire justificatif de Mack confirme cette der-
nière versioû t
« Le ! 1 , quand les rapports sur rapproche et Tattaqué
de l'ennemi arrivèrent. Son Altesse Impériale se hâta
de sortir d'Ulm avec quelques généraux et leurs aides
de camp, sans me laisser, à moi qui naturellement avais
reçu les rapports aussitôt après Son Altesse Impériale,
le temps de joindre Son Altesse, et sans me faire laisser
un mot par son aide de camp général pour m'indiqUer
où je pourrais la trouver? Quant à moi, je courus au
point où je croyais que tendraient les efforts de l'ennemi,
c'est-ft-dit'e au Michelsberg, clef de notre position, dans
la conviction d'y trouver Son Altesse Impériale. Je ne
l'y trouvai pas, et appris seulement qu'EUe était dans
un retranchement situé à notre droite. Les circons-
tances exigeaient ma présence là où je me trouvais : j'y
demeurai les cinq heures que dura le combat, séparé
de l'Archiduc par une distance de plus d'un demi-mille
grade à quelques lieues; sa perte surpasse 3,000 hommes, la nôtre est
à peu près aussi forte, car quelques bataillons (Ludwig, Reiner et Kau-
nitz) se conduisirent misérablement et furent en partie faits prisonniers
par une poignée de tirailleurs. » (Relation de la prise d'tJlm, par
It. D. . ., capitaine d'état-major au service d'Autriche.)
180 INTRODUCTION.
(3,800 mètres), d'où résulta rinconvénient que le corps
ennemi ne fut battu que sur son aile droite par notre
gauche, tandis qu'il aurait pu être complètement enve-
loppé et anéanti, si Son Altesse Impériale s'était trouvée
avec moi à l'aile gauche, car je n'aurais pas manqué
de la prier de vouloir bien envoyer des ordres à
notre aile droite pour chasser l'ennemi qui n'y faisait
qu'une démonstration, pour prendre son gros en flanc et
à revers et lui couper la retraite. Mais il n*en fut rien ;
notre aile droite resta dans une inertie complète, parce
qu'il ne m'appartenait pas d'envoyer des ordres là
où Son Altesse Impériale se trouvait avec le F.Z.M.
KoUowrath, et je pouvais espérer que ce dernier ou
d'autres généraux, et l'adjudant-général, pourraient don-
ner à Son Altesse Impériale le conseil d'attaquer aussi de
ce côté, ce qui n'arriva malheureusement pas. » Gomme
d'autre part le rapport du commandant de l'artillerie
française prouve qu'une attaque autrichienne a produit
des résultats décisifs sur notre gauche, il faut admettre
qu'il y eut de ce côté un combat auquel les Autrichiens
n'ont pas attaché grande importance, mais qu'en somme,
leur cavalerie nous a débordés des deux côtés à la fois.
Ce qu'il y a de bien établi, c'est que l'affaire d*Has-
lach, loin d'iutimider les Autrichiens, comme on Ta trop
souvent répété, fut considérée par eux comme un succès
dès le premier moment, et releva leur moral. Les papiers
4e Dupont, pris dans cette affaire, éclairaient en outre
le commandement autrichien sur notre situation, et il a
fallu toute l'incohérence de Mack et ses mauvaises dis-
positions antérieures pour l'empêcher de tirer parti de
cet événement.
XIX
Mack voulut profiter de sa victoire d'IIaslach, qui
avait subitement relevé le moral des troupes, pour tâcher
INTRODUCTION. 181
de rejoindre les Russes du côté de Ralisbonne. Il forma
donc un nouveau projet en conséquence. Il résolut,
« pour qu'on ne pût pas lui reprocher d'avoir mis quelque
gêne aux mesures à'allégement des Russes, d'opérer par
la rive gauche du Danube sur les communications de
l'ennemi et dans son dos, et lui faire distraire une partie
de ses forces pour la retraite sur Ulm (1) ».
Riesch longerait le Danube avec son corps d'armée,
couvrant ainsi le mouvement. Werneck se porterait le 12
du côté de Stuttgard pour jeter le trouble sur les der-
rières de l'armée française jusqu'au Rhin. L'extrême
fatigue des troupes, représentée par Werneck, obligea
Mack à abandonner ce projet (2); mais le 12 au soir,
apprenant la retraite de Dupont et Baraguey-d'Hilliers
derrière la Brenz, tandis que 20,000 à 30,000 hommes
(1) Mack. Punktationen zu meiner Relation,
(â) Mack écrit cependaat :
c Comnaent peut-on pï étendre que la fatigue des troupes a retardé
le départ jusqu'au 13, quand il est notoire que toutes les troupe.'<, y
compris le corps de Werneck, que je i^oulais encore faire partir d'Ulm
le li après-midi, ont reposé paisiblement dans la nuit du H, après le
combat, se sont rassasiée? le lendemain matin et se sont encore repo-
sées jusqu'au soir? Le F.M.L. Werneck a fait une opposition
d'une violence inconvenante contre le départ de son corps et contre
sa destination, opposition que Son Altesse Impériale a tolérée, quoi-
qu'elle allât si loin que je déclarai à TArchiduc commandant en cher :
« Son Altesse Impériale pourrait me faire partir avec ce corps, aOn
que je prouve au général Werneck que je n'avais projeté rien d'impos-
sible pour lui et son corps d'armée » Il ne plut pas à Son Altesse
Impériale de se prononcer en ma faveur, bien qu'il m'eût rendu seul
responsable deux jours auparavant et qu'il eût entre les mains l'ordre
impérial de décider d'après mes avis quand j'insisterais pour cela ; je
n'avais demandé à Son Altesàe Impériale la réunion des premiers géné-
raux que pour leur faire part verbalement et plus clairement encore
des dispositions ordonnées, mais point du tout pour en faire délibérer ;
le départ ne devant avoir lieu que le lendemain, les trois corps n'étaient
pas encore sortis d'Ulm le i3. >»
182 lOTRODUCTIOH.
86 montraient à Weissenhorn, il revint à son idée avec
quelques modifications. II demeurait persuadé que Napo-
léon se portait sur Tlnn, et que le corps d'armée signalé
pur riUer ii avait d*autre mission que de masquer les
opérations principales. Il écrit dans son Mémoire :
(( Le 13, l'apparition de plusieurs colombes ennemies
se dirigeant sur HUer me fut signalée, et j'acquis la con-
viction que le gros de Tennemi se tournait vers nous et
voulait avant tout se mettre en possession d'Ulm ; pour
tenir cette ville, il fallait 12,000 à 15,000 hpmmes,
c'est-è-dire le maintien du corps de Schwarzenberg, »
(( Le premier projet, rédigé le 12 avant midi, avait été
de diriger le corps de Werneck sur Geislingen le jour
même, d'y prendre position le 13 et d'envoyer de gros
partis vers ^tuttgar^ et peut-être jusqu'au Rhin, tandis
que le 13 au matin, les deux corps de Riesch et de
Schwarzenberg devaient attaquer le corps de Ney et
passer au delà du Danube ou le long du fleuve. Le
second projet fut, puisque ce corps de Ney avait pris
position à Langenau et, disait-on, y avait reçu des ren-
forts, de l'y attaquer le 13 au matin; et à ces deux pro-
jets, j'avais ajouté qu'après qu'on aurait éloigné l'en-
nemi qui se trouvait sur la rive gauche, la réserve d'ar-
tillerie et les convois fileraient d'Ulm sur Heidenheim
et plus loin encore s'il le fallait; que le corps de Jella-
cbich occuperait Ulm et agirait sur la rive droite contre
l'ennemi qui viendrait peut-être de Gûnzbourg, et dont
on supposait toujours les vues dirigées surtout vers les
Russes, tandis qu'il ne songeait, en se tenant sur le
Lech, qu'à nous séparer de ces derniers, et semblait
vouloir nous occuper près d'Ulm par un corps d'armée.
Alors se manifesta la nécessité d'une troisième disposi-
tion, toute différente, car l'apparition surprenante d'une
forte colonne se dirigeant sur l'iller obligeait à renvoyer
vivemeut le corps de Jellachich sur la rive gauche de
cette rivière pour se retirer sur le Vorarlberg s'il le fal-
INTHOPUCTION. 183
lait; en revanche, la retraite de Ney au delA du Danube
permettait de faire partir la réserve d'artillerie et las
convois sur-le-champ, et on y était poussé par ce fait que
renQemi semblait vouloir passer le Danube en amont,
ce qui aurait compromis le départ ultérieur de nos
équipages; pour leur sécurité, la surveillance de la rive
gauche du Danube jusqu'à Ileidenheim fut conûé^ au
corps de Riesob, et la position de Werneck fut fixée à
Heidenheim.
« Des quatre copps d'armée, celui de Schwarzenberg
resterait donc seul à Ulin ou plutôt au delà d'Ulm sur la
rive droite; il devait reconnaître le 13 la colonne enne-
xnîe de Weissenhorn, et le 14, laisser à Ulm le général
Richter avec une garnison, puis s'avancer jusqu'à
Albeck sur la route d'Heidenheim. On était encore dans
le doqte sur le but et les intentions de la colonne enne-
mie de Wçiiisenhprn, et même de sa force, que Ton ne
connaissait que par des rapports d'avant-postes et
d'agents. Il était important d'être complètement rensei-
gné à ce sujet, de savoir si cette colonne avait seulement
le projet de nous couper le chemin du Tyrol au moyen
du corps de Ney, tenu sur la rive droite du Danui3e;
peutrétre fallait-il rappeler les troupes déjà mises en
route pour tenter une attaque. La supposition faite jus-
qu'alors, que le gros de Tennemi était en face des
Russes, restait-elle vraisemblable, ou bien découvrirait^
on des projets différents de l'ennemi par la situation de
cette colonne et son renforcement, qui continuait peut-
être? Ce sont ces motifs qui portèrent, dans la nuit du
12 au 13, à ajouter à l'ordre un supplément prescrivant
cette reconnaissance par le corps de Schwarzenberg, qui
d'ailleurs ne pouvait pas se porter le jour même sur
Heidenheim à cause de la longueur des équipages en-
gagés sur la route unique, rendue très difficile par les
pluies. »
Mack ordonna donc le départ sur la rive gauche dans
184 INTRODUCTION.
la nuit du 42 au 43 (4). D'après ce projet, Werneck
devait se porter le 43 jusqu'à Heidenheim; la réserve
d'artillerie le suivrait et se porterait le 44 sur NOrd-
lingen. Les trains partiraient d'Ulm le 13 à 4 heures
du soir, passeraient la nuit à Âlbeck, et arriveraient du
14 au 45 à Nôrdlingen.
Riesch détacherait la moitié de son corps d'armée,
sous les ordres du général Loudon, du côté de Gundel-
fîngen, avec mission de détruire tous les ponts. Le 14,
ce détachement continuerait jusqu'à Hôchstœdt, obser-
verait les débouchés de Donauwœrth, et attendrait là
(1) Le 12 se passe à dérouiller les fusils et à dévorer les bourgeois
d'Ulm, notre unique ressource, car, à l'exception des réquisitions par-
tielles et journalières, on ne pensait pas le moins du monde à établir
des magasins. Le temps affreux qui ne cesse de nous persécuter depuis
huit jours nous replace h Tépoque désastreuse de la campagne de
Champagne.
Le 13, l'armée se met en mouvement sur trois colonnes. Celle de
gauche, sous les ordres de Werneck, traîne avec elle toute l'artillerie
de réserve arrivée à Ulm Tavant-veille, ainsi que les bagages, les pon-
tons, et se dirige sur Heidenheim ; celle du centre, commandée par
Riesch, marche le long du Danube vers Elchiugen et Langenau; celle
de droite, ayant à sa tète le prince de Schwnrzenberg, a Tordre de se
porter sur la route de Meromingen pour découvrir et observer les
mouvements de l'ennemi sur cette rive du Danube. Le corps de
Jellachich reçoit en même temps une instruction par laquelle il doit
remonter Piller sur sa rive gauche et en détruire les ponts. On voit
que de notre pivot nous nous prolongeons vers des directions diverses.
L'ordre général de Tarmée annonçait que c'était pour poursuivre
l'ennemi battu. Quel en fut le résultat?
D'Ulm à Ëlchingen on compte deux lieues. La colonne du centre y
arrive après quatorze mortelles heures, pendant une pluie à verse et à
travers des chemins à peine praticables. L*avant-garde de cette colonne
trouve Ëlchingen occupé par quelques troupes légères qu'elle en
déloge, et s'y établit. On mine en partie le pont du Danube en cet
endroit, et on y place quelques bataillons avec six pi^ces de canon pour
défense. {Relation de la prise (VUlm, par M. D..., capitaine d'état-
major au service d'Autriche.)
INTRODUCTION. 185
de nouveaux ordres. Si Douauwœrlh n'était occupé que
faiblement, on en profiterait pour jeter une nombreuse
cavalerie entre le Lech et Tlsar et inquiéter ainsi
les derrières de la principale armée française. Quant
à Riesch, il devait passer par Ëlchingen et avoir son
quartier général le 14 à Gundelfingen. Si Donauwœrth
était occupé sérieusement, il rejoindrait alors le gros de
l'armée.
Schwarzenberg devait masquer ce départ en exécutant
une reconnaissance offensive sur Weissenhorn le 13 avec
une partie de son corps d'armée. Traversant Ulm dans
la nuit suivante, il irait camper le 14 à Albeck et Lan-
genau.
Jellacic n'aurait qu'à se retirer sur Lindau le plus
vite possible, et il ne resterait à Ulm qu'une garnison
de 5 à 6 bataillons et 4 escadrons sous le général
Richter.
Le quartier général de l'armée autrichienne se trouve-
rait le 14 à Hausen, sur la route d'Heidenheim.
Selon son usage, Mack avait fait précéder ce plan
d'une nouvelle organisation de l'armée.
Jellacic était parti avec 4 bataillons de Stein, 3 ba-
taillons 1/4 de Jellacic, 1 bataillon de Beaulieu (gre-
nadiers), 3 compagnies de chasseurs de Ghasteler,
2 escadrons de hussards de Blankenstein, 2 escadrons
de chevau-légers de Rosenberg. Il devait trouver près
du lac de Constance Wolfskeel avec 2 bataillons de
Beaulieu et 2 escadrons de chevau-légers de Klenau. Il
devait aussi appeler à lui la garnison de Memmingen,
comprenant le corps venu d'Italie avec Spangen (5 ba-
taillons de Mitrowski, 5 de Czartoriski, 1 de Beaulieu,
et 1/2 escadron de hussards de Blankenstein) mais elle
capitula le i 3 au soir.
Le général Mayer, qui couvrait sur la gauche la
colonne de Jellacic dans sa route sur Laupheim, et
devait couper tous les ponts de l'Iller, se heurta, le 13,
186 INTRODUCTION.
près d'Oberkirchberg, à un détachement français, qu'il
parvint à rejeter au delà de HHer; mais les Français
avaient passé plus bas, coupant ainsi d'Ulm 4 esca-
droqs de hussards de Blankepstein et 2 escadrons de
chevau-légers de Rosepberg, qui se joigqirent h Mayer
et arrivèrent le soir avec lui à Ocl|sephaiiseo.
Werneck avait reçu le commandement de trois divi-
sions. Son avant-garde (généraux- majors Vogel et
O'Doqaell) comprenait 4 bataillons de Spork ^t 3 de
Kaunitz, 3 compagnies de chasseurs de Ghagteler, et
6 escadrons de chevau-légers de Rosenberg.
Le gros (général Baillet, avec les généraux-înajors
Hohenfeld, Weber et Rohan) comprenait 3 batc^iUons
de chacun des régiments Stuart, Wurtemberg, Reqss-
Greitz (1) et Reuss-Plauen, 4 escadrons de chevau-
légers de Latour et 6 escadrons de hussards pala-
tins.
La réserve (général Ilohenzollern, avec les géné-
raux-majors Sinzendorf et Dienersberg) comprenait les
4 bataillons de grenadiers de Spork, Stuart, Reiiss-
Greitz et Reuss-Plauen.
Parti d'Ulm le 13 à 6 heures du matin, Werneck
poussa son avant-garde jusqu'à Ileidenheim, et son gros
jusqu'à Herbrechtingen.
Le corps de Riesch était divisé ep deux cQlonjies :
la première (Loudon) se divisait en une avant-g^rde
(Cobourg) forte de 4 bataillons du régiment Archidqc-
Louis (2) et 2 escadrons de hussards de Blankenstein. ;
le gros (Ghenedegg) , comprenant 4 bataillo^s de Rie^e,
4 d'Archiduc-Maximilien, et 2 escadrons de cuirassier^
HohenzoUern; et une réserve (général d'Ulm) compre-
(1) Ce régiment, à peu près anéanti à Wertingen, ne comptait que
200 hommes.
(2) Les trois premiers, depuis le combat de Gùnzbourg, ne Domp-
taient plus au total que 200 fusils.
INTRODUCTION. 187
napt 3 bataillons 4e Froon et i de CoUoredo (grena-
diers), avec 2 escadrons de cuirassiers HolienzoUern.
La deuxième colonne (Ilesse-Hombourg) se divisait en
avant-garde (Mecsery, 4 bataillons d'Erbacb, 2 esca-
drons de cuirassiers Archiduc-François), gros (Auers-
perg, 4 bataillons Archiduc- Charles, 4 bataillons
Auersperg, 1 escadron 1/2 de cuirassiers Archiduc-
François) et réserve (Herraann, 2 bataillons de FrooQ,
1 d'Auersperg (grenadiers), 1 d'Archiduc-Qhaples
(grenadiers) et 2 escadrons de cuirassiers Archiduc-
François).
Loudon partit à iO heures du matin par la rpqte
dlleidenheim. Peu de temps après, un ordre direct de
Mack lui prescrivit de se détourner vers Elchingen pour
gagner Gundelfingen. Riesch, partait à deux heqres,
reçut aussi Tordre de suivre cette route, Le but de cette
modification était de couvrir l'armée (?) pendant sa
marche sur Heidenheim. Le résultat fut de jeter LoudoQ
et Riesch dans de véritables fondrières, d*oti ils ne
purent se dégager, de manière à atteindre le 3oir les
localités indic[uées, et d'attirer plus fortement l'attentioq
de >Japoléon sur ce point d'Elchingen, qu'il avait déjà
ordonné de faire occuper.
Le chemin que Riesch fit prepdrq à sa colonne était
celui de ThalpQgen, qui longeait le Danube (Ij, Défoncé
et à moitié rompq par les pluies, ce chemin offrit de
grosses difficultés au passage des troupes, qui avaient
parfois de Teau jusqu'à la ceinture ; mais ce fut bien
autre chose pour les voitures. A un tournant, le chemin
(1; Mack dit, dans gon Mémoire justificatif y que Tordre h Riesch
portait en propres termes : u Le sol étant défoncé, on marchera non
pas le long du Danube, mais à quelque distance, sur un chemin plus
praticable, et on enverra seulement des partis le long de la rive
gauche. » Nous n*afons rien trouvé de semblable dans les pièces qui
Dou^ ont été obligeamment communiquées aux Archives de Vienne.
188 INTRODUCTION.
s'écroula dans le Danube, entraînant un caisson avec
ses attelages. Les pièces restaient embourbées, et, après
quatorze heures de marche, on ne faisait qu'approcher
d'Elchingen; on avait avancé de deux lieues.
Loudon, qui avait marché d'abord par Haslach,
s'était rabattu sur Elchingen par les chemins, très
mauvais, mais assez résistants, du plateau d'Albeck, et
il était arrivé le soir à Elchingen.
Il avait rejeté les avant-postes de la division Loison
sur la rive droite, et avait envoyé 4 bataillons et 2 esca-
drons à Riedheim pour observer le pont de Leipheim.
Riesch ne se crut pas assez fort pour s'emparer défini-
tivement des deux ponts, et il tenait à ne pas attirer
Tattention des Français.
Pendant que Werneck et Loudon s'éloignaient d'Ulm,
Mack prenait des dispositions toutes différentes.
Le général Mecsery, qui commandait les avant-postes
sur la rive droite du Danube et se trouvait alors à
Oberkirchberg, envoyait rapports sur rapports pour
annoncer l'arrivée de fortes colonnes ennemies en diffé-
rents points de la vallée de l'Iller, surtout par les routes
de Leipheim, Weissenhorn et Pfaffenhofen. Les prison-
niers et les déserteurs français déclaraient que toute
l'armée était là! Vers midi, Mecsery fut attaqué, et ne
réussit qu'avec peine à se maintenir sur la rive droite
de l'Iller. Enfin on apprit que tout le corps de Ney était
passé sur la rive droite du Danube.
Vers dO heures du matin, l'espion Schulmeister était
venu annoncer à Mack que Napoléon portait une partie
de ses forces sur Memmingen et Kempten pour couper
à la garnison d'Ulm sa dernière retraite, pendant que le
reste des troupes françaises s'étendait vers Elchingen
et Albeck pour s'emparer des hauteurs qui dominent
Ulm. Schulmeister répondait sur sa tête de l'exactitude
de cette nouvelle, mais Mack ne jugea même pas à pro-
pos de la faire vérifier.
INTRODUCTION. 189
Une conversation de table d'hôte, rapportée comme
telle et sans aucune garantie par le commissaire supé-
rieur Steinherr, lui plut d'autant plus qu'elle était plus
romanesque et plus invraisemblable : Ce Steinherr, qui
revenait de Stuttgard, y avait entendu, à la table de
l'hôtel où il logeait, deux petits fonctionnaires wurtem-
bergeois, le maire de Mttnsîngen et le régisseur de
rhôpital de Blaubeuren, qui, s'extasiant sur le grand
nombre de courriers que Napoléon avait reçus dans les
derniers jours, donnaient carrière à leur imagination :
il fallait, disaient-ils, que les Anglais eussent débarqué
à Boulogne, et qu'une révolution contre l'Empereur eût
éclaté quelque part en France.
Ces propos, répétés par Steinherr à son retour de
Stuttgard, furent un trait de lumière pour Mack. Il
raconte ainsi l'impression qu'il en reçut :
t( Si l'ennemi voulait s'emparer d'Ulm, c'est par la
rive droite qu'il pouvait le moins bien y parvenir, puisque
la place est tout entière sur la rive gauche; s'il voulait
réaliser l'investissement de l'armée, il fallait être au
moins aussi fort sur la rive gauche que sur l'autre, et
s'avancer parallèlement des deux côtés. Il fit tout le con-
traire, et sa marche sur l'Iller en plusieurs colonnes,
contrastant avec son inaction de l'autre côté, donnait
plutôt l'impression d'une marche en retraite que d'une
oflfeDsive ; car une armée songeant à se retirer du Lech
sur le Rhin se conduirait certainement de cette façon si
elle savait un corps ennemi en position à Ulm : elle
aurait bien moins à craindre les attaques de son adver-
saire, obligé de passer d'abord des ponts qu'elle peut
observer ou couper, que s'il pouvait lui tomber dessus
dans toutes les directions, ce qui serait le cas du côté où
se trouve Ulm.
« Plongé dans mes réflexions sur ce qu'il y avait
d'extraordinaire dans ces mouvements de l'ennemi, et
sur ses projets, je reçus dans la journée la visite du
190 INTRODUCTION.
baron SteinheiT, commissaire supérieur impérial (K.K.
Ober-landescommissair) qui me raconta qu'il tenait de
la bouche d'un fonctionnaire wurtembergeois, très bien
pensant et digne de foi, revenu récemment de Stuttgard,
cette nouvelle importante, que peu de jours auparavant
neuf courriers envoyés à l'Empereur des Français étaient
passés à Stuttgard dans la même journée, et que l'on se
racontait secrètement cjue les Anglais avaient débarqué
à Boulogne, s'étaient emparés de ce port, et qu'une
révolution avait éclaté quelque part.
« Si les mouvements de l'ennemi avaient été le moins
du monde en contradiction avec ces nouvelles, je les au-
rais considérées comme un bruit sans importance. Mais
ils se conciliaient si bien avec elles que je me laissai aller
à croire à leur vraisemblance, d'autant plus facilement
que, si un moment avait été favorable à un débarquement
des Anglais ou à l'explosion des complots secrets d'un
parti, ce devait être celui où Bonaparte avait subitement
retiré du pays et porté au delà du Rhin tout ce qu'il
avait de troupes mobiles et utilisables. Cette nouvelle ne
pouvait pas, d'ailleurs, être considérée comme un bruit
propagé volontairement par l'ennemi, car il he provenait
pas des camps ni des états-majors de ses armées, mais
de la résidence d'un Électeur que Bonaparte avait con-
traint à s'allier avec Uii. Ce qui renforçait plus encore
ma conviction, c'est la nouvelle indubitablement établie,
que quelques milliers d'hommes de troupes tvurtember-
geoises, qui avaient déjà été mises en mouvement d'Ess-
lingen sur Geislingen, avaient reçu tout à coup Tordre
de rebrousser chemin, et enfin le bruit général, et
non moins croyable, que la Prusse, exaspérée parla vio-
lation de sa neutralité, allait déclarer la guerre d'un
moment à l'autre (i). »
(I) Mack. Eauptrelation Ciber den Feldzug 1805.
INTRODUCTION. 191
« Dès le premier moment, la marche rétrograde de
rennenli m'avait paru étrange. S'il avait des vues sur
Ulm et stir notre armée, pourquoi avait-il donné, quel-
ques jours fc-vant, la mission à un seul corps d'armée
d'enlever cette place, quand il aurait été bien plus sûr
d'y réussir avec toutes ses forces, et n'était pas dans la
nécessité de sacrifier un de ses corps à une espérance in-
certaine? De tels sacrifices ne se font que lorsqu'on y est
forcé pour sa propre sécurité, pour échapper à de gros
dangers ou à une ruine complète (1). »
Le 14 au matin, un ordre général annonçait aux
troupes restées dans Ulm (mais non à celles qui étaient
déjà parties) que les Français étaient en pleine retraite
vers le Rhin en trois colonnes, Tune (Soult) passant par
Memmingen, la seconde par Illertissen, et la troisième
(Bemadotte), par Donauwœrth. La colonne du centre,
après avoir passé Tlller, se porterait sans doute sur
Ehingen et Riedlingen pour prendre la route de Stras-
bourg. Il s'agissait de poursuivre ces colonnes, et cha-
cun des corps d'armée autrichiens devait constituer à cet
effet deux corps légers, pour harceler une des colonnes
françaises l'un sur ses derrières, l'autre sur ses flancs.
Le général Jellacic devait s'attacher à la colonne de
Memmingen, Schwarzenberg et Werneck à celle d'IUcr-
tisseû, Kienmayer et Riesch à celle de Donauwœrth.
Schwarzenberg devait se diriger, par Geislingen, sur
Stuttgard ; Werneck devait s'y porter aussi à marches
forcées, et tâcher d'y devancer Tennemi de manière à
l'obliger, si possible, à déposer les armes.
Kienmayer devait poursuivre Bemadotte l'épée dans
les reins, et le harceler sur son flanc droit ; Riesch se
chargerait du flanc gauche. La réserve d'artillerie serait
renvoyée à Ulm.
1) Mack. Punktationen zu meiner Relation.
Iî»i iM!;tihi rTi.'N.
i\ t*s{ t'o (|Ut* Mïirk. |ilii^ t.'inl. appela ' mid n*%i- i.
l'iH* l(*ttrf i|iril avait rrrito i|iirli|ii«*> hiMircs aii[wira\ant
à Sdii chrf (l*t*t al -major |inivis«iin\ l«* L'i'iiôral li\iila%,
priiiiYt* «lu'il avait tMi un instant l'idt'r cl'attAi|iirr N4|mi-
li'nn.'i WtMssfnhitrn. niais(|u'il avait alianilonni* liii*nti''l Cf-
plan |ionr |irojHi'r la imiirsuitc <lrs lri>i'* Cfil«»nnrH fran-
raisi'î» par trnis riirp< antrii'hi«'n< I ).
.Niius w* \tii\\\tiu^ niins alistniir di' iiiMiitt*r iri l.i
ipirstiiin. tivs iinpdiiantt*. du rnle j^iii- par l'r^pi••n
SthnlnifMstt'r.
• Ml a rti'. anti-ffiiis. jiisi|n à pri-tondrr (|iit* >i-iiul-
ini'i^tfr a\ait vU' Ir pln^ puissant aL-onI «ii* la iMpitii-
latimi (M Ini : <pi a\anl la ronlianci^ di* Mark, il l'aiait
drtidt' a iliMntMirrr aulnur «1*1 lin fii |i* In^nipant <«iir Iji
Uni i;i -I ti- .irr.%. i \\ . ««•iihirii n.** iiiit* colunn^ |»rinri[>al^ , il i !i
l'ii* ^' III !•■ ;■- :;: , I • I !«• •!> • 1 '•; j I «« 'tu t**min. ■ pjirirn'rjuMiu'i
11. If. •]■] il *• î !r*.r».r. In r« .■ ir 1 *i,r li r.irif rm^i niir .ju
Il m: ■.! |.-j *. Iii'.r»!'.» f" . ■î.irr\.r » \\ f«*i nh»rn \*o\ir m^nif
i-ii«ii t> «'ir (•■■■i;|i..ii' . .! |.i**. ? '.- liitiii!' {..ir un l<«nc <i^t'^»r 1**^
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^ ' ■ • ■'.'■ I. •• ■ Il . * .■ lu', (MUl-rl r I* I •••rr
: • . . ■ • . ..,•:. I ! .rjii;
Mark. ". /
INTRODUCTION. 193
nature des mouvements de notre armée, et en lui
parlant d'une descente des Anglais, etc. C'est là une
légende très piquante, à coup sûr, mais qu'il faut
rejeter définitivement.
Mack se défend lui-même, d'ailleurs, d'avoir accordé
quelque confiance à Schulmeister :
(( Qui a donné cet espion pour un de mes meilleurs?
Pas moi assurément ; j'ai dit au contraire qu'il m'avait
un jour inspiré des soupçons par hasard, comme il de-
mandait un renseignement sur nos troupes, et que j'avais
prié qu'on interrogeât le F.M.L. Klenau, à cause de la
méfiance que cet homme m'inspirait.
« Qu'était-il, cet espion? Un homme qui servait pour
de Targent, et non un sujet de Sa Majesté.
ce La prétendue garantie donnée par sa personne pou-
vait-elle avoir la moindre importance? Non, car il
lui restait toujours pour excuse que l'ennemi avait
changé ses dispositions ou ses projets, et il savait bien
qu alors on ne l'aurait pas pendu. Mais dans cette vilaine
chose il s'en cache une autre plus vilaine encore, que je
vais me hâter de découvrir. L'Archiduc commandant en
chef avait établi, aussitôt après son arrivée, un nommé
Wendt comme une espèce de directeur de l'espionnage
avec le titre et le rang de capitaine ; cet homme lui avait été
recommandé, comme je me rappelle le lui avoir entendu
dire à lui-même, par Son Altesse Impériale l'Archiduc
ministre de la guerre, en personne, ou par quelqu'un de
sa suite. De son existence antérieure, je ne savais rien.
Ce soi-disant capitaine se pourvut donc d'espions, obtint
l'argent nécessaire et adressa ses rapports à TArchiduc
commandant en chef et à moi. C'est de lui qu'émane
cette accusation
0 Ainsi le meilleur espion était, à vrai dire, le meil-
leur espion de ce Wendt Sur l'original de la main de
ce Wendt, du 15 au matin, jour de l'investissement, j'ai
prouvé que lui-même, dans le dernier rapport fourni
III. 13
194 INTRODUCTION.
avant rinvestissement, ne disait pas une syllabe qui
pût en faire présager rimminence, mais terminait par
ces mots : « Le pont de Goggliugen a été rétabli cette
nuit; Tennemi doit avoir Tintention de se diriger par là
sur Blaubeuren ». Il me confirmait donc lui-même dans
mon opinion jusqu'à la dernière minute, car Blaubeuren
est à trois milles à gauche, en avant et sur le côté d'Ulm,
sur la route de cette ville à Stuttgard, par Urach ».
Les documents ont établi de la manière la plus
formelle que, dès le début des opérations, Mack son-
geait à laisser Tarmée française s'enfourner en Bavière
pour déboucher sur ses communications et la prendre à
revers pendant que les Russes l'attaqueraient de front.
C'est ainsi qu'il fut amené à prendre près d'Ulm la posi-
tion de flanc oCi il succomba. Longtemps après, un autre
officier de fortune, devenu aussi commandant en chef
d'une grande armée, prit de propos délibéré une posi-
tion de flanc où il eut le même sort que Mack. Tous
deux furent flétris, en somme, pour avoir recouru à
cette « couverture indirecte » où l'on voit le symptôme
de la plus brillante révolution stratégique quand il s'agit
de Valmy.
Ce n'est pas Schulmeister, on Ta vu, qui a donné à
Mack de fausses indications sur les opérations des Fran-
çais : au contraire, il Ta admirablement renseigné, et
c'est malgré ses avis que Mack a été induit en erreur.
Reste un second point à élucider : Schulmeister était-il
au service de Napoléon dès le début de la campagne, et
a-t-il fonctionné comme espion double jusqu'à la capi-
tulation de Mack? Ici, il est impossible de donner une
réponse positive. Un historien très bien renseigné (1),
après avoir consulté toutes les pièces et tous les textes
connus, arrive à une conclusion contraire à celle que
(1) Mûller. L'espionnage sous Napoléon /«. 1896.
INTRODUCTION. 195
nous allons formuler ; en somme, on peut émettre une
opinion, mais on n'a aucune certitude.
Schulmeister a été expulsé de Strasbourg, dans Tété
de 1805, par Tautorité civile, et ce n'est pas là une
peine fictive, destinée à lui donner accès auprès de
Fennemi : son premier soin, dès qu'il rentre en faveur
auprès de Savary, est de demander la révocation d'une
mesure qu'il déclare injuste.
Jusqu'au 16 octobre, nous ne trouvons pas trace de
relations entre Schulmeister et les généraux français, et
Napoléon manque de renseignements.
Entre temps, Schulmeister est entré au service de
Mack et le renseigne exactement. Le 13, c'est lui qui
donne une juste appréciation de nos mouvements ; mais
il est envoyé aussitôt à Stuttgard pour vérifier les propos
de taverne auxquels Mack a prêté plus de crédit. Â cette
date, il n'y a plus d'illusion à se faire, pour un observa-
teur aussi clairvoyant que Schulmeister, sur le sort qui
attend l'armée autrichienne. Il se rend donc auprès de
Savary, et abandonne définitivement le service autri-
chien ; mais on comprend que le rôle qu'il y a joué, les
prédictions qu'il y a faites, ont dû le laisser en bonne pos-
ture pour se représenter plus tard au quartier-général
des Alliés.
Sa lettre du 21 à Savary annonce qu^il a écrit le 17 à
Murât. Rien n'indique que leurs relations aient com-
mencé seulement à cette époque. Peut-être dataient-
elles, comme le pense M. MttUer, du début de la cam-
pagne. Il y a cependant deux motifs pour supposer que
Schulmeister vient seulement de s'entendre avec Savary
le 16, et très sommairement. Le premier, c'est la série
deH demandes que l'espion fait à son protecteur, et qui
auraient sans doute été faites antérieurement : ses lettres
du 17 et du 21 ont bien l'air d'une entrée en matière.
Puis il y a la coïncidence des dates : c'est le 13 que Mack
envoie Schulmeister à Stuttgard, et c'est le i 4 ou le 15
196 INTRODUCTION.
que ce dernier, coDvaiucu évidemment de la prochaine
destruction de Tarmée autrichienne, s'abouche avec
Savary.
Nous admettons donc, sans oser l'affirmer, que Schul-
meister, expulsé de France au mois d'août, a joué le rôle
d'espion auprès de Mack jusqu'au 13, et qu*il n'est entré
que le 14 ou le 15 au service de Savary.
Très bien renseignés sur les mouvements de nos
armées, les Autrichiens savaient que Dupont était réfugié
derrière la Brenz, et que tout le reste du corps de Ney
se trouvait sur la rive droite du Danube, entre Gûnz-
bourg et Ulm. Ils ne prévoyaient pas que cette situation,
résultat d'ordres plus ou moins bien interprétés, allait
être modifiée au premier instant par un vigoureux coup
de barre de Napoléon, et ils se croyaient en toute sécu-
rité sur les hauteurs d'Elchingen et d'Âlbeck.
« Le 13 au soir, dit Mack, j'eus quelques discussions
avec le F.M.L. prince Schwarzenberg et ensuite avec le
F.M.L. Gyulay, qui, tous deux, et surtout le premier,
insistaient pour que je consentisse au départ du corps
Schwarzenberg pour le lendemain; j'étais assez perplexe
à ce sujet, la présence du gros des forces ennemies, en
marche vers llller, m'ayant été confirmée, car la pré-
sence de ce corps à Ulm devenait nécessaire pour la
défense de la place. Sur ces entrefaites, la discussion se
porta sur la conviction que j'avais de la retraite de
l'ennemi, qu'ils avaient déclarée^ mais non démontrée
inexacte; je la croyais possible parce que je savais que
notre cabinet avait demandé instamment un débar-
quement de troupes anglaises, aussi nombreuses que
possible, à Boulogne. La nouvelle, apportée le 15 après-
midi par le commissaire (ober-landescommissair) baron
Steinherr, m'en parut d'autant plus croyable « qu'il avait
reçu en môme temps de la bouche d'un fonctionnaire
wiirtembergeois, bien pensant et digne de foi, qui était
INTRODUCTION. 197
tout récemment à Stuttgard, qu'il était passé quelques
jours auparavant neuf courriers dans un seul jour
par Stuttgard pour Tempereur des Français, et qu'on
racontait là en secret que les Anglais avaient débarqué
à Boulogne, s'étaient emparés de ce port, et qu'une
révolution avait en même temps éclaté quelque part ».
Une autre nouvelle sûre paraissait concorder avec
celle-ci, notamment que quelques milliers de Wtirtem-
bergeois, qui venaient de s'avancer d'Esslingen sur
Geislingen, avaient reçu tout à coup Tordre de re-
brousser. A cela s'ajoutaient mes fermes espérances
en une prochaine déclaration de guerre de la Prusse,
qui aurait été certainement capable de faire réfléchir
l'ennemi, surtout si les Saxons et les Hessois, en tout
250,000 hommes de nouveaux ennemis, s'étaient dres-
sés contre lui. Il pouvait d'ailleurs croire la première
armée russe, arrivée sur l'Inn, plus forte qu'elle
n'était, et la deuxième plus avancée, ainsi qu'elles
auraient dû l'être d'après les traités; il ne devait pas
savoir non plus exactement la force de nos troupes arri-
vées surl'Inn, et pouvait se l'exagérer. De telles consi-
dérations, Tétrangeté que je croyais trouver dans les
mouvements de l'ennemi, mais surtout dans cette éva-
cuation subite de la rive gauche du Danube, me firent
considérer d'abord la retraite comme très vraisemblable,
et aussitôt les contradictions non motivées, simplement
négatives, qu'on m'avait opposées à ce sujet, m'ame-
nèrent à la considérer comme plus vraisemblable
encore, car tel est le sort habituel des hommes qui
sont troublés dans de profondes réflexions et combinai-
sons, en faisant leur devoir, par des représentations
qu'ils n'ont ni autorisées, ni demandées, ni sollicitées,
surtout quand celles-ci prennent en outre un caractère
impérieux, comme ce fut le cas avec le F.M.L. prince
Schwarzenberg, à un tel point que je dus enfin passer
du ton amical à celui du service. »
198 INTRODUCTION.
XX
Le 14, au point du jour, Rîesch détache le régiment
Archiduc-Maximilien avec deux escadrons d'Hohenzol-
lern-cuirassiers, sous le colonel Biber, pour surveiller le
pont de Leipheim et le détruire, s'il en était temps (4).
Le colonel Biber, au lieu d'aller jusqu'au pont avec
toute sa troupe, n'y envoya qu'un bataillon, et s'arrêta à
la ferme de Weissingen avec le reste de son détache-
ment. Le bataillon poussé en avant trouva près de
Riedheim un parti français auquel il fit quelques prison-
niers ; ceux-ci lui ayant appris que le pont de Leipheim
était gardé, il s'arrêta à Riedheim.
Riesch, après avoir rendu compte de la situation à
l'Archiduc, résolut de se remettre en marche avec toutes
ses forces pour couvrir d'autant mieux le mouvement de
l'armée. Il envoya un officier à la recherche de Mack et
de l'Archiduc sur la route d'Ulm à Hausen.
(1) D'après le Mémoire justificatif à^ Mack, Riesch avait reçu Tordre
suivant :
(( Le F.M.L. Riesch prendra, demain 14, son quartier général à Gun-
delfingen, le F.M.L. Loudon à Hôchstaedt; le grand quartier général
sera i\ Ilausen Le F.M.L. Riesch passera la nuit à Ëlchingen avec
le reste de ses troupes; demain 14, de bonne heure, son infanterie sera
déployée le long dû Danube jusqu'à Gundelfingen, et il fera pourvoir
avec le plus grand soin à ce que tous les ponts soient rompus et
détruits; il fera opérer la destruction de telle sorte qu'il soit impos-
sible de rétablir le passage de sitôt. »
Riesch avait écrit, le 13 au soir : « Comme l'ennemi tient fortement
le pont d'Elchiugen de son côté, et n'a enlevé que quelques planches
du tablier près de la rive droite, j'ai fait prendre toutes les mesures
pn'paratoires pour couper ce passage. Reste î\ enlever le pont de notre
côté, mais comme on ne peut y arriver sans un engagement général,
j'attends à ce sujet de nouveaux ordres. »
INTRODUCTION. 199
Mecsery partit en avant par Langenau avec quatre
bataillons et cinq escadrons pour tàter le terrain et
observer Dupont ; Loudon devait le suivre de près avec
dix bataillons, et Riesch partirait le dernier avec dix
bataillons et sept escadrons et demi.
Au moment où Mecsery quittait Elchingen, des troupes
françaises passaient le pont de Leipheim. Le bataillon
avant-garde du colonel Biber se replia de Riedheim sur
Weissingen, annonçant que c'était une colonne considé-
rable, et qu'elle marchait sur Langenau.
Peu de temps après, le maréchal Ney arrivait au pont
d'Elchingen, qui était défendu par deux bataillons avec
deux pièces de canon. Riesch, averti de cette attaque,
envoya seulement de ce côté un renfort de deux autres
bataillons avec quatre pièces, pour tenir jusqu'à la der-
nière extrémité. Ces bataillons, dit le général Schônhals,
s'acquittèrent mal de leur mission, et lâchèrent pied
après un semblant de résistance. Le 39® régiment d'in-
fanterie française déboucha le premier, suivi par le
reste de la division Loison. Notre cavalerie légère se
porta vers la droite, et tomba sur le détachement du
colonel Biber, qui revenait de Weissingen. L'ayant pris
en flanc et à dos, elle le détruisit ou le dispersa presque
entièrement; les deux escadrons de cuirassiers par-
vinrent à s'échapper sur Elchingen, et cinq compa-
gnies, derniers débris du régiment Archiduc-Maxi-
milien, allèrent rejoindre Werneck près d'Hausen.
Quand Riesch vit les Français passer sur le pont
d'Elchingen, il jugea qu'il n'était plus en son pouvoir
d'éviter un combat sérieux. Il envoya l'ordre à Mecsery
et à Loudon, qui se trouvaient déjà, l'un à Langenau et
l'autre à Œttingen, de revenir au plus vite. Il rangea son
infanterie derrière le chemin d'Elchingen à Œttingen,
sa droite au bois en arrière d'Elchingen ; il mit dans ce
bois deux bataillons, et laissa un bataillon de Frgon et
un bataillon Archiduc-Charles dans Ober-Elchingen.
200 INTRODUCTION.
Les sept escadrons et demi furent chargés de couvrir
son aile gauche, sur laquelle il espérait que Mecsery et
Loudon viendraient s'appuyer, bien qu'on eût annoncé
rapproche d'une nombreuse cavalerie française du côté
de Langenau. Une demi-batterie à cheval appuyait cette
aile gauche, l'autre demi-batterie tirait sur le pont.
Il était alors 9 heures du matin, et, bien que le gros
du corps d'armée de Riesch fût déjà dans Elchingen
depuis la veille, la queue et les traînards défilaient tou-
jours sur le chemin de Thalfingen. Les pièces embour-
bées, qu'on venait à peine de remettre en marche, furent
braquées de là sur la tète de colonne des Français.
Les quatre bataillons chargés de la défense du pont
s'étaient vite repliés sur Elchingen. Le prince de Hesse-
Hombourg et le commandant d'état-major Kapler, en
s'efforçant de ranimer leur courage et de les reporter au
combat, furent grièvement blessés.
L'infanterie française, pénétrant alors dans le village,
s'en empara maison par maison et atteignit la lisière
Nord ; elle essaya d'en déboucher, mais fut arrêtée à la
Briqueterie par les feux de salve de la ligne ennemie.
Riesch résolut alors de reprendre l'offensive, mais
apprenant par Mecsery que des forces françaises impor-
tantes, surtout en cavalerie, arrivaient par Langenau, il
y renonça et ne songea plus qu'à assurer sa communi-
cation avec le gros de l'armée, qu'il supposait déjà
éloigné d'Ulm (4).
(i) On a reproché à Muck d'avoir laissé ignorer ù Riesch les nou-
veaux ordres donnés le i4 au matin à Schwarzenberg. Il a répondu,
dans son Mémoire justificatif, que c'était une affaire de chancellerie qui
aurait dû se faire sans son intervention; que d'ailleurs, Riesch n'avait
à connaître que le départ de Werneck pour Hcidenheim, que de toutes
façons c'est de ce côté-là qu'il convenait de faire sa retraite. Mack juge
en outre que Riesch av«nit tort d'envoyer ses rapports à Hausen le i-i
dans la matinée; même en exécutant l'ordre du i3, le grand quartier-
INTRODUCTION. 201
A la fin, il envoya le régiment de Riese vers Albeck
et ordonna au général Mecsery de se rapprocher, mais
déjà nos dragons avaient bousculé les cinq escadrons de
ce général et chargeaient le reste de la cavalerie autri-
chienne, dont les escadrons ne comptaient guère chacun
qa*une cinquantaine de chevaux épuisés.
Le général Hermaun, qui commandait cette cavalerie,
repoussa quatre charges et parvint jusqu'à notre infan-
terie, à laquelle il enleva deux compagnies. Mais bientôt,
accablé par le nombre, il fut pris et sa troupe dispersée
général et Schwarzenberg ne pouvaient être encore très loin d'Ulm à
ee moment :
» Le corps de Schwarzenberg, d'après Tordre général, devait partir
le 14, à iO heures du matin, pour Albeck. Si forte que fût devenue ma
résolution, de faire tenir Ulm par le corps de Schwarzenberg, je ne
pouvais cependant pas considérer comme certain que je ferais réelle-
ment le lendemain ce que j'avais décidé le jour même pour le lende-
main. Si Riesch avait connu Tordre véritable, il ne pouvait pas se
tromper le 14 au matin, quand il fut attaqué, mais il devait savoir per-
tinemment que le corps de Schwarzenberg se trouvait encore à Ulm à
et moment-là. S'il ne le savait pas, et s*il pensait que ce corps était
parti le 13, il fallait d'autant plus preodre sa retraite sur la route
dUeidenheim et vers Hcidenheim.
« Quant au quartier-général, je ne peosais pas, le 13, qu'il dût rester
à Ulm, et j'avais encore moins Tintention de Ty faire rester de mon
plein gré. Sans Tévénement si inattendu et si funeste qui frappa le corps
Riesch le lendemain matin, le quartier-général aurait été ce jour-là,
non seulement à Hausen, mais même jusqu'à Heidenheim, le corps
Schwarzenberg étant resté à Ulm; de la sorte, ayant rejoint Werneck,
nous aurions tenté avec les corps de Werneck et de Riesch, moins forts
à la vérité, ce que les circonstances auraient permis : soit de tomber sur
Teonemi, que Tavant-garde du corps de Riesch signalerait peut-être
plus en aval sur la rive gauche du Danube, soit de tenir la communi-
eatiou ouverte avec Ulm, ou seulement d'observer et d'inquiéter l'armée
qui investissait la place, ou de nous retirer devant des forces supérieures
jusqu'en Bohême, en Saxe ou en Prusse, abandonnant la défense d'Ulm
à ta garnison. »
La vérité, ajoute Mack, c'eit qu'il n'y eut pas de retraite, mais une
fuite désordonnée des troupes vers le point d'où elles étaient parties.
ii)i INTkMlilTTION.
on nn<^anti«\ A l'fxrrption do diMi\ rsca«inms. Mecsen
se tniiivA ainsi i>ntirriMiicnt ronpi'' di* Itiesch et sr retira
snr lliTl>ri>rlitinc(*n.
Niitrr ravalrrir. aprrs rr |irrniirr n'-snltat. m» rrlntimA
oiintrc le ré::iMient «l'infanterie Krliaeli. «pii fermait \m
caui'lie (In rurps nntrirliiiMi : mais i>lle !•■ eharcva en
\nin A <l«*n\ re|iri>es. L'arhilerir antri«Miienne . hirn
servie, sontint très rflirarenienl son infanterie cian» ce
(iinilmt.
t*t'|M*n<i.-int le ivuinient liiest* ann'Mieait l'arriver linoe
ftirtt* en|onn«* lran«-.-ii>e (Ihipunti par Ailieek. et I «lO
\o\ait nnt- sccuiiili* iii\isii»n Mallier) franchir le |K>nt
(rFIcliinuen et <*t* rani:er dan** la plaine. IhiiNint «t'était
en:: ave (nntre l'aile Lraurlic* ilr l'aruièi' autrichienor. et
l«* mniliat. d'alnml im-eitain. axait rti* «linidè en ta
faxrur par rint«*rvfMitiiiii di- n«i> ilrai:<in>.
Ilirsrli n-solut aliirs di- sr retirrr sur l Ini. Il |>onsait.
einiiiut* pi<*-alli'r. rt-jnimlrt* Ji-llacir sur l'Iller. car il
tinxait II* r»Nle di- larint-e sur la itniti- d IleiiioDluMm.
l'iirniant lfM-arrf<». t( tniixi-rt par li*Ntieu\ l»atuilli»nk t|ui
ttM.'iiiMit II* IioJh m Miri.Ti' •! i'!li*hin::rn. il tit m retrAitr
NUI li.-iHl;irli it Jinuin.tn llans i rtte rt'trait«*. les réiri-
niiMit^ Kili.it II i-( Viii TNpfiL' ftiii'ut rnf«incês |»ar les dra-
::"iiH ilr |{.iiiri-i«-r i-t pus «ii uriandt- partie.
idt'ii ipir II* • ;iii<>n dut i^tre iMitmdn dt-puis lonctemp*
du Mil lirlslMiL' l'i ill lin. < t-Nt stulniifnt A llAftiacli i|ur
l(i«-M h ti..u\,» N 11 .■..ll.-iTu." Il- pnini' S*hx»nrxenlienr.
ipM \i-ii.'iit .iu\ I f-iisri.'ii.ini'iit<» il .ipprit alors le dernier
I li.in.-iirii'ut .1* pi tu •!•• M.K k «t II- maintien du irrand
ijU.II tli-I -.i-lH-l (1 .1 I lui
Il .<\.iit {ifi'lii 'iixii -Il ijinu )...iiiiiif*«. tant niorU i|ue
|.n^- uriit-t H. \ :■ 'i:i. .!• ^i s l.-.nrln « à fi»u n'axait êl^
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I .<!:i<i.'::. >ju> !• ^ liMii tiN •!• \.iii lit prendre \M ou
( il.:
INTRODUCTION. 203
Le 14 au soir, le corps Schwarzenberg occupa le
Michelsberg et le Geisberg. Les débris du corps de
Riesch furent placés en réserve.
Toute Fartillerie de position ayant quitté Ulm avec
Werneck, on ne put mettre en batterie sur les ouvrages
du Michelsberg et sur les remparts de la place que des
pièces de 6 et de 3 (1).
A Elchiugen comme à Giinzbourg, comme à Wertin-
gen, nous trouvons l'ennemi en mouvement. Si le corps
de Riesch avait été établi défensivement dans cette
forte position d'Ober-Elchingen, nul doute que le suc-
cès aurait été plus difficile à obtenir. Il aurait fallu, pro-
bablement, attendre l'arrivée de notre artillerie pour
pénétrer dans le village et dans l'abbaye.
Au contraire, la première résistance ayant été sur-
(i) Le 14, pendant que Tavant-garde de Riesch file Ters Langenau,
Tennemi attaque, vers les onze heures du matin, la troupe qui gardait
le pont, le rétablit, passe en colonne, emporte Elchingen et débouche
de tous cdtés.
Pendant que ceci se passe, le général Mecsery, destiné à maintenir la
communication entre la colonne de gauche et celle du centre, envoie
le rapport que toute l'armée ennemie s'ayance contre nous.
L'avant- garde a à peine le temps de se replier et se trouve de tous
c^tés aux prises avec l'ennemi. Nos troupes, repoussées de la rive,
gagnent les hauteurs ; la cavalerie française attaque : on se retire en
carrés. La nôtre reçoit Tordre d'attaquer à son tour ; pas un cheval
n'est en état de se remuer ; peu à peu on gagne la route d'Albeck ;
Tennemi nous poursuit pied à pied et la colonne de Riesch continue sa
marche rétrograde sur Ulm, pendant que celle de Werneck poursuit
la sienne sur Heidenheim. Nous n'en avons plus entendu parler que
pour apprendre sa capitulation en plein champ, dans les environs de
Nôrdlingen, à Trochtelftngen. Pendant que ceci se passe et que les
troupes, exténuées de faim, de fatigue, de misère, viennent reprendre le
soir la position devant Ulm, le général Marmont replie celles qui se
trouvent sur la rive droite du Danube, s'établit sur les hauteurs de
Pfûhl et nous comprime dans notre tète de pont. (Relation de la prise
(fl7/m, par M. D....)
:Î04 INTRODUCTION.
montée au passage du fleuve, grâce à notre supériorité
en artillerie, la brigade Villate n'a rencontré qu'un ou
deux bataillons dans Elchingen, et ils n'avaient pas
encore pris position. En revanche, elle se heurte à
gauche A des traînards et à des batteries restées em-
bourbées dans la dernière marche; à droite, au déta-
chement du colonel Biber, puis à la brigade Mecsery.
Il est difficile de se retrouver au milieu du dédale que
les ordres et contre-ordres de Mack et de Riesch ont
produit de ce côté.
Le corps de Riesch, réduit à 7,000 ou 8,000 hommes,
attend la division Loison sur le plateau. Croyant le
grand quartier-général à Hausen, Riesch veut d'abord
prendre sa retraite en arrière de sa gauche; il se prête
donc très volontiers à la manœuvre de Ney, qui veut
tourner sa droite et le couper d'Ulm.
C'est seulement à la nouvelle, donnée par Mecsery,
que de fortes colonnes françaises débouchaient de Lei-
pheim et de Langenau sur Âlbeck, que Riesch se décida
à se retirer sur Ulm. La division Dupont qui, de son
côté, ne se souciait pas d'attaquer l'ennemi, et voyait
partout des forces supérieures, exerça donc une certaine
influence sur le succès d'Elchingen. Quant au passage
de troupes françaises sur le pont de Leipheim, le ren-
seignement était au moins exagéré. 11 ne s'agissait que
des avant-postes de la Garde impériale poussés à la tète
du pont. Riesch y vit une division entière, sur la foi de
Mecsery, et c'est ainsi que des historiens récents de
cette campagne ont cru devoir faire passer la division
Malher par le pont de Leipheim.
La relation autrichienne ne contient rien qui doive
faire modifier notablement celle du général Loison. La
perte de 4,000 hommes sur 8,000 combattants prouve
amplement que le succès fut complet, et il put l'être
sans artillerie parce que Mack n'avait voulu donner à
ses troupes que quelques pièces de 3.
INTRODUCTION. 1205
Jellacic s'était dirigé sur Memmingen, pour appeler
à loi la brigade Spaogen, mais en approchant de cette
place, il entendit le canon; arrivé à Leutkirch le 43, à
40 heures du soir, il poussa le bataillon de grenadiers
de Beaulieu vers Memmingen, par Aitrach, pour avoir
des renseignements, et le 14 au matin, il apprit que
Spangen avait capitulé. Il se retira doue vers le Vorarl-
berg, par Wangen, laissant encore Wolfskeel à Ravens-
burg, et la marche de Soult sur Biberach le sépara
définitivement du reste de l'armée autrichienne.
XXI
Jusqu'au 43, Tarmée française paraissant s'avancer
de plus en plus au Sud du Danube, la situation de Tar-
mée autrichienne semblait périlleuse à l'archiduc Ferdi-
naod; il ne la jugeait pas désespérée. Le 44 au soir,
rinvestissement d'Ulm se trouvait presque complet, et
Ton ne pouvait plus passer qu'à TOuest d'Haslach. Le
jeune Archiduc, qui avait supporté toutes les calamités
et toutes les humiliations sans mot dire, pour donner le
plus sublime exemple de discipline et d'abnégation,
jugea que Tiostant était venu où Tarmée était irrémis-
siblement perdue, et condamnée à se rendre presque
aossitùt; il n'y avait donc plus d'exemple ni de dévoue-
ment qui pût être réellement utile, et il ne s'agissait,
avant tout, que d'enlever aux Français la gloire de
prendre un Habsbourg. Autant le jeune Prince avait
montré jusque-là de grandeur d'àme et de résignation,
autant il montra de clairvoyance, de sagesse, et d'éner-
gique résolution.
Il ne devait s'écouler que quelques heures entre le
combat d'Elchingen et Tinvestissement complet de la
place; et dans ces quelques heures, l'Archiduc eut pris
206 INTRODUCTION.
son parti, choisi ses compagnons, fait marcher la troupe
qui allait raccompagner, et gagné le large. Quand
Napoléon fit attaquer le Michelsberg, le général en
chef autrichien était sur la route de Geislingen.
D avait désigné pour l'accompagner le F.Z.M. Kollo-
wrath, les F.M.L. Schwarzenberg, Stipsicz,' Gyulay,
ses aides-de-camp et son état-major, et il les avait réu-
nis le 14 au soir sur le Michelsberg; mais Mack ne lui
laissa même pas cette dernière satisfaction, de sauver
avec lui les compagnons de son choix : il réclama Stip-
sicz, Gyulay et Fétat-major comme indispensables à
Ulm. Il terminait sa lettre à T Archiduc par cette décla-
ration menaçante : « Je vous affirme encore une fois
que je réponds de votre personne sur ma tète, si vous
restez tranquillement à Ulm, mais pas le moins du
monde, si vous abandonnez Ulm en pleine nuit et dans
un pareil désordre. »
Un escadron avait été envoyé sur Geislingen, pour
découvrir si les Français occupaient cette localité ; six
autres escadrons suivaient celui-là pour ouvrir la route à
l'Archiduc, escorté par quatre escadrons (4). A 10 heures
du soir, on eut avis que Geislingen était inoccupé, la
route libre, et la petite troupe partit aussitôt. Il comptait
rallier le corps de Werneck et rejoindre Kienmayer.
Les circonstances en décidèrent autrement (2).
(1) Les renseignements français évaluent les onze escadrons emmenés
par l'Archiduc à 600 hommes.
(2) K L'archiduc Ferdinand, condamné jusqu'à cette heure à jouer un
rôle passif, pénétré de notre situation à peu près désespérée et en pré-
voyant rinévitable dénouement, se rend, ù 6 heures de Taprès-midi, à
l'auberge de la Roue, quartier de Mack, lui représente l'état déplorable
auquel ses faux calculs et lès fausses démarches qu'ils avaient entraînées
après eux avaient réduit notre armée, et le presse de mettre à profit le
seul instant encore favorable et le seul moyen de salut encore prati-
cable, celui de se retirer pendant la nuit et se frayer un passage sur la
INTRODUCTION. 207
Wemeck était arrivé le 13 à Herbrechtingen ; son
avant-garde, forte de quatre bataillons de Spork et de
quatre escadrons de Latour (général Vogel) avait poussé
jusqu'à Heidenheim, et éclairait les routes d'Aalen et de
Neresbeim; il avait envoyé cinq bataillons et quatre
escadrons vers Giengen, et quatre escadrons à Unter-
Kocher. Des postes furent établis à Hermaringen,
Hûrben, Hausen et Nerenstetten pour observer Dupont.
Chemin faisant, Werneck avait rencontré à Mangels-
tetten un bataillon français qu'il avait fait prisonnier en
grande partie, et dont le reste s'était débandé. A Hei-
denheim, Langenau et Giengen, il prit un certain nombre
d'isolés et des vivres, vêtements et fourrages.
Le 14, Tavant-garde atteignit Aalen et Neresbeim, et
fit reconnaître EUwangen; mais le gros resta à Her-
brechtingen pour couvrir le passage du convoi et
attendre des nouvelles de Riesch. Od apprit le soir les
gauche de riller. Mack aDQOoce qu*il a pleins pouvoirs, dit que sa tête
répond de tout et assure sur son honneur que Tattaque de Tennemi
n'est qu'une feinte pour cacher sa détresse et masquer une retraite
générale. Les assurances de Mack provenaient-elles de sa persuasion
intime? se fondaient-elles sur le rapport de ses espions? ou bien
n'étaient- elles que la ressource désespérée d'un amour-propre opiniâtre
qui se refuse à l'évidence ?
« L'Archiduc, qui ne pouvait ni ne voulait se laisser enfermer dans
Ulm, et qui perdait son temps à vouloir le plier à ses raisons, le quitte
et monte à cheval. Le général d'artillerie comte Kollowrath, le prince
de Schwarzenberg, les généraux Stipsicz et Gyulay, les adjudants-géné-
raux et quelques offlciers de l'état-major, le suivent ; on arrive à
Michelsberg. L'Archiduc y trouve sept escadrons de cuirassiers de
Mack, les fait partir en avant pour éclairer la route qu'il avait dessein
de suivre, et s'arrête jusqu'à 10 heures du soir à un feu de bivouac. Au
moment où il veut partir, un ordre de Mack rappelle dans Ulm, au
nom de l'Empereur, les généraux Stipsicz et Gyulay et les officiers
d'état-major qui se trouvent avec son Altesse Royale. Elle part, nos
vœux l'accompagnent, et nous retournons à Ulm. » (Relation de la prise
(ft7/m, par M. D....)
208 INTRODUCTION
événements d'Eichingen et l'occupation d'Albeck par les
Français. Werneck, voyant que ceux-ci paraissaient
ignorer sa position, pensa qu'en les attaquant à Timpro-
viste, il obtiendrait un effet de surprise grâce auquel il
pourrait favoriser une off'ensive de Mack.
Le 15 donc, renforcé par les 2,000 hommes de Mec-
sery, Werneck se porte sur Ulm. Il forme sa troupe en
deux colonnes dont Tune, qu'il dirige lui-môme avec le
F.M.L. Baillet de Latour, comprend 12 bataillons et
14 escadrons; Tautre, commandée par Hohenzollern, est
forte de \ 1 bataillons et 10 escadrons. Ces deux colonnes
se portent, l'une, sur Hausen et Nerenstetten; l'autre,
sur Htirben, Hermaringen, Brenz et Langenau. Elles
doivent attaquer Albeck de concert; mais, pour trouver
deux itinéraires différents, il a fallu attribuer à Hohen-
zollern un chemin si long et si mauvais, qu'il n'arrivera
pas en temps utile.
Parti à 11 heures du matin, Baillet arrive à 3 h. 1/2
du soir devant Nerenstetten; il y fait reposer sa troupe
et attend l'apparition d'HohenzoUern. On entend le
canon d'Ulm, et il semble urgent de se porter en avant
au plus vite ; mais Werneck attend toujours Hohenzol-
lern. Enfin il ordonne à son avant-garde de se porter
sur Albeck, où Ton signale un petit détachement fran-
çais. On ne trouve là que 800 hommes, que les chevau-
légcrs de Rosenberg chargent, en leur faisant quelques
prisonniers.
Le général Baillet de Latour suivait l'avant-garde
avec sa colonne, en longeant la lisière des bois. Mecsery,
qui le suivait, arrivait alors à Nerenstetten. On avait
envoyé Dinersberg avec deux bataillons de Kaunitz et
les cuirassiers Archiduc-Albert à Langenau, pour cou-
vrir la gauche en attendant Hohenzollern.
La nuit étant venue sans que celui-ci eût paru, Wer-
neck dut renoncer à son effet de surprise sur les der-
rières des Français, et ramener la colonne de Baillet à
INTRODUCTION. ^09
flaasen par NerenstetteD , laissant Tavant-garde à
Albeck. Il apprit là que Dinersberg avait rencontré des
troupes françaises près de Langenau, leur avait fait
quelques prisonniers, et avait occupé la localité sans
trop de difficulté.
Quant à Hohenzollern, parvenu à Brenz vers 6 heures
du soir, il n'avait pas osé continuer sa marche dans
lobscurité jusqu'à Langenau. Werneck lui écrivit de
revenir à Hausen, et au petit jour, résolu à reprendre
Toffensive, remarcha sur Nerenstetten avec Baillet, lais-
sant à Hohenzollern l'ordre de suivre ce mouvement.
Ilobenzollern ne reçut aucun de ces deux ordres.
Dans la matinée du 16, Dinersberg fut assailli par
Murai, qui culbuta les cuirassiers Archiduc-Albert et
prit presque entièrement les deux bataillons de Kau-
Ditz.
C'est à ce moment que parvenait à Werneck Tordre de
Mack, daté du 14, qui lui prescrivait de concourir à la
poursuite des colonnes françaises et de renvoyer le
parc d'artillerie à Ulm; quelques instants plus tard, il
recevait, coup sur coup, deux courriers de l'Archiduc,
le premier qui lui demandait de faire connaître les
ordres qu'il avait reçus de Mack, le second qui lui expo-
sait la véritable situation et lui ordonnait d'aller rejoindre
le prince à Aalen, en toute hâte.
Werneck remit donc sa colonne en route vers Her-
brechiingen. Pour couvrir (?) ce mouvement, il chargea
Mecsery de pousser une pointe sur Albeck.
UohenzoUem, de son côté, n'ayant pas reçu Tordre de
rejoindre, avait repris sa marche sur Langenau, précédé
d'une avant-garde que commandait O'Donnell.
Un parlementaire français vint alors sommer Werneck
de se rendre, et fut éconduit. En même temps. Murât
chargeait et bousculait Mecsery. et O'Donnell, et, en
poursuivant les débris de ces deux avant-gardes, arrivait
sur le gros de Werneck, comme il prenait position à
III. 14
ilO I.MMUiLiTIU.N
llpi-l»rrciitini:i*ii. Li* riirps .iiitrioliiiMi t>ut à |M-iiic* \v U-mpt
<if* iiirttre (|ii(*l(|iit^s pirrrs i>ii ImttiTÎr et do cl«-|ili»\rr UD«*
p.'irtif lit' smi iiif.-iiitiTiiv H Iliinin'll. I»li'«%si* iiiurli'liiMiirnl.
i»'»;|ii «iilrt* n«»s inaiiis.
Lr nirps ilf \\fi*iirt'k l)i\<*ua<|uait <*ii ilrsunlro ^ur Ir»
hauti-iirs <riliM'liriMliliiiL'iMi. h littili* lirrrirn- lui II fal-
lait sr iiàtrr tir |iasM*r sur l'aiitri' r\\*\ ri rniniiir iiotrr
infaiitiTip. sm'\ «liant à !l lifurcMlu sdir. .iltai|iKiil \i4:ou-
ii-iisi*iiiriit. iiii M* nia sur If |hiiit l'ii trMU|MMii. I.t*^ FnuH
* ii\> lirt'iit l'iiriii'i' là hnii iiiiiuhr** (il- |»riN'>iini«*r^. lU ^n
a\airiil pris riixiniii J.OiMI â 2.r»llO (i.iiis it-tte jniirtirt-.
Li- 17. Il* »iir|»s 4li* W'nin-i k ili-lilt- «laiiN Niriif*rki»clirr
lie i{ li«*iiri*s à *.i liniir** thi matin. Il allait attfindrr
Valf II. (|uan(l il ifi ut lnrilrc dr raivliiiiiir cii- «îi* liiriffrr
*«ur llittiiiirc-ii [lar .\i'ri'<*lii'iiii i-t 1 rm htr|link>n. Ii* |irincc
xi'ulint rii«*iiiili-i' Kit'iiMia\i'i t-ii |i.isH.iiit |»ar M.ttiiu-rn ft
Nruruarkt. Il t'alliit il'»n(* i|ni' «tn lr(Ui|u*s r|iiiiM*t»s. qui
n'aiaiiiit fait i|Uf iii.iri-|i«'*« «t i*"iitl'fii)ari'lii'% le- 15 H
!•' I(i. l't naïahiit |».is iipn^*- (ii*|iiiis i|iiariiite-liuit
htiiriN. i|nittaN*^i'iit ia L'iaiiiii- l'initi' |i<»iir se |M>rler A .\e-
(-('««litMiii |iai 11' rnau\aiN i ln-iuiii il Kliiiatli. i|ui ii**liuLait
|iii un r.ihlilloii Khiiatn -"^tii.- Lis Ji'iit Uilailltilu tir
^"'liiiik «t ii-^ i|iMtri- i'Mailii*n*« ili* L^it«iiir. (|ni a^airut
I N,-.iitf 11' |i.ii< •! artillrrif. if^trit'iit cliarces de iniiirir
<^a ui.ti I II' . Lf !• ^t* .11 1 i\a a Ni'i f^lifiiii. a liuiit de fonc^f^,
t util- Il IhuP'^iIu ihatili r\ A li'lllrs tlii v*iv. Le Ciir{M
il aiiiitr put aii<>«*il<''t |>iis|Ci..ii. r..n\i'it par Ifs liiiMttnls
p il itlIlN Hiil il liMlti- illli-lilt'lllii UN. ri |l«'ir lr«k i*||C\ail-
li.t-r^ '!• Itit^i'iilii-i - -^ii! I rllr il Aalrli.
Il \ a\.iit I iiiipt.iuti' lit ur* H. dit 1 lii««|iirieQ alIeniJUld.
.|ii> Il tr>>iipf- Miaiiliiit Hiii lift « liriiiiiis ilrfonce». »aD9
•i|i>i« 't ^tu^ ii"MMili.i« Li plu*» uTainii' partie de lin-
: ii.r. :-i< ^« i.n^^t t-:::!!' r ii l><>iil ilii i li*-iiiin i>u il tu» le
-. - \ «iii I * il \ i\ I.' I piiUi- Uli«- llclirr i|U '«D j«»Ul»-
^■.' .'■ i-i> « «1 iii" i'ii*> lUt. ipi iii>l la <-.i\aierir fraD-
, -> .■•|ii: .! 1.'" ' i-«ii<!« lui •■ni .in>siti'*t rejrtt-s dan*
INTRODUCTION. 211
Neresheim, mais ils firent une résistance si sérieuse que
l'infanterie eut le temps de reprendre la retraite par
Uhmenheim sur Trochtelfingen ; le général Sinzendorf,
avec trois bataillons de Kaunitz et les grenadiers de
Stuart, posté à Taile gauche, près de la hauteur de
Neresheim, ne sut pas se retirer à temps, et fut enve-
loppé au moment où les hussards évacuèrent Neresheim.
Cette troupe, forte de 1200 hommes, posa les armes à
la première sommation.
Vers minuit, le reste du corps autrichien, réduit à
2,000 hommes, entra par petits paquets dans Trochtel-
fingen, dont les environs étaient inondés ; une partie des
hommes se couchèrent sur place, dans Teau; quelques-
uns gagnèrent les bois. Les Français, poursuivant tou-
jours les hussards palatins, adressèrent à Werneck une
nouvelle sommation. Hohenzollern, qui la transmit, n'at-
tendit pas la réponse pour filer à travers champs dans la
direction d'Œttingen, où U rejoignit l'Archiduc. Werneck
fit traîner les pourparlers, résolu, paralt-il, à refuser
la capitulation ; mais quand il apprit que sa cavalerie
était hors d'affaire avec Hohenzollern, Dinersberg, Mec-
sery et Vogel, et qu'il ne lui restait plus que ces fantas-
sins exténués, qui s'étaient couchés dans la boue et dans
l'eau, incapables de faire un pas de plus, il envoya le
général Baillet à Murât pour traiter des conditions.
La capitulation fut signée à il heures. Elle ne com-
prenait plus que les généraux Werneck, Baillet, Hohen-
feld, Rohan et Weber, 71 officiers et 1553 hommes avec
31 chevaux. Le major Galeotti, qui commandait les
grenadiers de Reuss-Plauen, avait pris l'initiative de
s'échapper comme la cavalerie, et il parvint à rejoindre
l'Archiduc, à Œttingen, vers midi.
Dans la matinée, l'archiduc Ferdinand avait écrit à
Fempereur d'Allemagne la lettre suivante :
212 INTRODUCTION.
CEUingen, 48 octobre.
Votre Majesté,
La situation daos laquelle Tarmée a été mise depuis mon dernier
rapport est bien telle que je l'annonçais alors, en osant exposer à Votre
Majesté les causes de mes inquiétudes. Le F.M.L. Mack, malgré l'oppo-
sition unanime de tous les généraux dont on a demandé Tayis, n'a pu
être détourne de l'idée fixe de s'enfermer dans Ulm, même au dernier
moment et dans le péril le plus pressant.
De nombreuses marches, se contrariant souvent dans les plans suc-
cessifs, et accompagnées du manque de livres, ont amené les troupes
à un tel état de faiblesse qu'à la fin elles étaient tout à fait anéanties,
hors d'état de servir.
Amené ici par le simple développement de ses projets, Bonaparte se
rapprocha de la place démantelée d'Ulm, après le combat du il de ce
mois ; de là ses marches rétrogrades d'Augsbourg sur l'Iller, sur les-
quelles le général Mack émit la supposition, aussi éminemment indis-
cutable que choquante, que Bonaparte était en pleine retraite.
Dans cette conviction sans fondement, le F.M.L. Mack soutint avec
dureté et par des ordres formels son idée si funeste pour Yotre senrice :
aucune observation ne fut admise ; il se tint à Ulm, où il était investi
de tous côtés par des forces supérieures. Mais, à cette conduite néfaste,
il joignit encore les plus grosses fautes de commandement : nos forces
furent divisées et battues séparément en vue même de la place.
Tandis que par ces dispositions extraordinaires, incompréhensibles
pour le dernier soldat de l'armée, Ulm était investi de tous côtés le 14,
le F.M.L. Werneck était avec un tiers des troupes sur Heidenheim, le
F.M.L. Riesch avec un second tiers sur Langenau. Je représentai alors
vivement au F.M.L. Mack les suites de cette triste situation au point
de vue de la prise de ma personne, et je lui demandai son avis. Mais dans cet
instant même, cet homme montra l'endurcissement le plus inexplicable
dans toutes ses erreurs ; il prétendit encore, en présence de plusieurs
généraux, que Bonaparte se retirait ; qu'il se trouvait dans la plus mau-
vaise situation et s'éloignerait du Danube et de llUer au premier jour.
Devant la persistance de ces explications, et comme je ne pouvais pas
oser affronter le danger désormais certain d'être fait prisonnier, je fis
connaître au F.M.L. Mack que je partirais, accompagné du F.Z.M.
Kollowrath, dans la nuit même, avec onze esccadrons de cavalerie
commandés par le F.M.L. Schwarzenberg, pour percer et chercher à
ressaisir ma liberté
Je pense donc, étant arrivé ici avec deux bataillons et quinze esca
drons, à continuer demain ma route sur Gunzenhausen, Roth et
Neumarkt, à travers le territoire prussien, pour décider ensuite, d'après
INTRODUCTION. 213
les circoDstaDceSy Tendroit où je pourrai me réunir au corps du F.M.L.
Kienmayer, si des ordres ultérieurs de Votre Majesté ne me donnent
pas d'autres destinations.
(Angeli, Ulm und Austerlitz, p. 477.)
Quelque temps après avoir expédié cette triste et fière
déclaration, le jeune prince apprit, par HohenzoUern, le
sort qui frappait Tinfanteriede Werneck, et il continua sa
retraite, non plus pour rejoindre Kienmayer, mais pour
atteindre la Bohême par Nuremberg. Il avait alors, outre
les onze escadrons avec lesquels il avait quitté Ulm, les
deux bataillons de Spork et les quatre escadrons de La-
tour qui suivaient Tartillerie, les grenadiers de Reuss-
Plauen, et les faibles débris de sept régiments de cava-
lerie (Archiduc-Albert, HohenzoUern, Milan, Hohenlohe,
Rosenberg, Blankenstein et Palatin). Les chevaux étaient
trop exténués pour que cette petite troupe échappât long-
temps encore à la poursuite de Murât. Elle fut atteinte
non loin de Nuremberg, à Eschenau et Heroldsberg ; le
parc d'artillerie, les bagages et ce qui restait d'infanterie
furent pris : 41 bouches à feu, 300 voitures et quelques
centaines de prisonniers. Mais Murât renonça enfin à
s'emparer de FArchiduc, qui entra le 22 à Eger, où il fit
cantonner ses troupes exténuées. De sa personne, lais-
sant le commandement de cette poignée d'hommes à
KoUowrath, le jeune prince ne s'arrêta pas, mais courut
se remettre à la disposition de son souverain.
L'histoire militaire offre peu d'épisodes aussi lamen-
tables que cette retraite de Wemeck. Ces malheureux
soldats ont été dirigés d'abord sur Herbrechtingen, sui-
vant Tordre de Mack; ramenés à deux reprises vers
Ulm, puis dirigés sur Aalen, de là sur Œttingen, ils
restent cinquante heures sans prendre de repos ni de
nourriture et tombent exténués, aimant mieux rester
couchés dans l'eau que de faire un pas de plus. Cette
fatigue poussée aux dernières limites explique la capitu-
214 INTRODUCTION.
latioa de Werneck, et ses changements de direction suc-
cessifs font comprendre comment il a été si rapidement
rejoint par Murât.
On croit souvent que Werneck et FArchiduc, en
quittant Ulm, avaient l'intention de se retirer jusqu'en
Bohême ; mais on a pu voir que la vérité est autrement
compliquée, et qu'en réalité la marche de Werneck fut
une opération offensive dégénérant peu à peu en retraite,
et de retraite en déroute.
Dans cette poursuite, comme dans les attaques de
Wertingen, de Gûnzbourg, d'Elchingen, nos généraux
ont eu la chance de ne pas avoir affaire à un ennemi
chargé d'une mission exactement inverse de la leur,
c'est-à-dire disposé à défendre les positions où on l'atta-
quait, ou ne songeant qu'à fuir lorsqu'on le poursuivait.
Werneck a été pris, comme Auffenberg, comme RiescH,
en flagrant délit d'opérations, et cela toujours par l'effet
de projets sans cesse renouvelés et insensés du général
Mack.
xxu
Après le combat du 15, le reste de l'armée autri-
chienne s'enferme dans Ulm.
« Nous voilà devant et dans cette ville, dit le capi-
taine d'état-major D..., avec plus de 22,000 combat-
tants, quelques canons de régiment, du pain pour
vingt-quatre heures et cinq cartouches par homme.
« Le IS au matin, Mack, toujours dans la persuasion
que l'ennemi se trouve dans le plus mortel embarras et
effectue sa retraite, fait grimper quelques officiers de
l'état-major sur la tour de la cathédrale pour épier ses
mouvements, laisse imprimer des proclamations où il
annonce nos succès et sa fuite, et fait écrire des dépèches
à Werneck et à Kienmayer pour leur donner l'ordre de
le poursuivre sans relâche, le harceler et surtout lui
INTRODUCTION. 215
enlever son artillerie et ses bagages. On pense bien que
les dépèches restèrent sur son bureau, car il nous eût
fallu les pigeons d'Alep pour les faire voler à leur desti-
nation.
« A 10 heures, les télégraphes du clocher annoncent
que leurs lunettes ne découvrent que de très petits par-
tis de l'ennemi sur la rive droite, et que Tennemi a replié
ses postes sur la rive gauche jusqu'à Haslach. En consé-
quence, on reçoit Tordre de mettre la moitié de l'armée
en quartier chez les bourgeois, qu'on invite par une très
belle proclamation à partager leur table et leurs lits
avec leurs libérateurs. A 1 heure après-midi, on bat
l'alarme, l'ennemi forme ses colonnes et emporte d'as-
saut les hauteurs du Michelsberg ; la troupe gagne en
désordre les portes de la ville ; celle portée sur le Frauen-
berg a à peine le temps de gagner celle de Gunz. On
annonce la catastrophe à Mack; il soutient que c'est
impossible, que cela ne signifie rien, et donne cependant
l'ordre de fermer et de barricader toutes les portes. A
2 heures, toute la masse qui n'était pas nécessaire à
garnir les ouvrages avancés et les remparts, se trouve
entassée dans les rues ou réfugiée dans les maisons. On
se canonne de part et d'autre, et Mack, un bonnet de
nuit sous le chapeau, une redingote bleue sur le corps,
se fait soutenir sous le bras par son valet et se traîne à
pied le long des remparts, assurant à tous ceux qui
veulent l'entendre que le tout n'était qu'une feinte et
que l'ennemi était en pleine retraite. Une position d'une
circonvallation aussi étendue que celle devant Ulm ; une
armée entière, cernée et renfermée dans les murs ; les
cheminées et les toits des maisons qui s'écroulaient sur
nos tètes, étaient des preuves trop convaincantes du
contraire. Vers 5 heures, l'ennemi, pour nous le persua-
der d'une manière plus sensible, forme deux colonnes
d'attaque et donne l'assaut aux deux portes dites Gunz
et Frauenlhor.
illi I.NTK"!»! I Mon.
L.i tr(i* lies ass.-iilL'iiits avait tli'j:\ pêni'trr si»u« 1**»
voûtfs. «ii'i la iiiitraillr et 1rs rtrurts du caiiilaiiir Ci>n]t<*<le
LrxiiriiL'in parvinr«'iit à li's airrlrr. vi t«uit ri» •^iii nf
fut |»;i> tii«- fut fait priviiniii r. r.iTÎ iMit lirii a la Krai2<*n-
tlmr; à rrllr tli* lluiiz iU IK* furnit pas plus liiMinMi\ ft \
laissi-i-fiit iininlti'i* (le iimits l't ili* Morses. A la nuit tiiii-
liaiiti' il arrivr (li*u\ parlent* iit'iiros ennonii*»: on le%
«iiiiiluit au ipiartit'i' «li' Mark. i»ù tous 1rs c«'l]èniu\ ^^
ti'duvfiit rassmiMi-s. < hi in»u> >oiunie «!•' n»»u* rt-mlrr.
Mark fnlinini* «t cifclar»* traktres tous r«'U\ (|ui |^rlr-
roiit (If « apitul.ition ( 1 . »
.Nt-\ a siiiiMiii- I lui dans la soirée «lu !.*>. Mark a
ri'p iiissr tiiuti' «Mpitulatiou. i*t fait aflirher dans la MÏ\e
i|iii' nul n«- di\ait parU'r d*- m* ii-ndrtv I n «'ertatn
Moniliif di* L't ii«'iMM\ .iutrirlii«*hs lui font oliMTver c|U^
la s.iluthiu l.i plus a\antai:fUsi-. si i*IU* est «MH'orr i^^-
silijr, sriait d ••liti-nir !•* lilu'i' |Ki>sai:i* pour r^acuer
I lui i-l SI- iflinr ^ui if hcrli. I hi ronsor^erait ainsi â
rAiiliiili'- iMii- .iiiiiff ipii si'ndilc pertlue dans lnute
antii* '^iip|i<"»iti>'ii. na\.int ni li*s nioyns dt* dffnidiv
I lin. !ii <• ii\ d \ sii|i<.iHtrr. Mark leur oppnse les ^it^>•
|iiiitis Ntnif.Hpirs di- la plan-. Iiien prrferaldf* .i la
p..H^.s<«ii.n d niii- ainifi' . fllt* niniinandc l«-s li::n'-s de
rillii it -lii hanulf. l't tiiiii'.t par •■|ili&:t*r les Frani ai» â
it |i 4^«»f I 11- llliiii ^i lis \ntri«liifn> s \ maintiennent 11
ii-p-.iis»»r r 11!!' M! s t-.iili' h.iiis.irtiiin a\iT I enn**nii :
I •■:.t: I ..I >;ir.* '^ i \ i u .i-iiili* r r«*«.iil i !i p! trr .
il r •■''•. ■'• ' '■ ■•.*•.'■" 'i-Mj.'. r>iinfii^ n j* U
••:•■■ ' ■ .'. ; ' " •'''•"• ' 'î"" • ï»»t a 11 \rW -Ir^
• ■•- I ■•■ • i 1 ;! * : I ;ni |^iu! rr%liT malfrr .!#
- ■ ■ î- ; t • • !. , \ii iiij^n^. ••Il riuu* d a«-
'• . •■•:.' . '■ •! ■•'» ii«iu« t (iruiai^riiiB* J'
M h
• piUin^ «l'*tai mij^r
INTRODUCTION. 217
Si nous restons maîtres d'Ulm et de i'Iiier, Tennemi sera forcé de
repasser le Rhin, et notre bonheur est assuré pour toujours. Il ne
peut pas nous tenir investis plus de huit jours, car les Russes s'appro-
cheront d*ici là et lui prépareront un sort funeste. Nous avons de quoi
vivre jusque-là, car nous avons 3,000 chevaux. Nous n'avons à défendre
que quelques parties d'enceinte très étroites, et nous avons pour cela
i5,000 hommes. Si les munitions venaient à manquer, nous avons nos
baïonnettes, qui sont les meilleures armes contre un assaut ; les par-
ties de Tenceinte que nous avons à défendre étant très étroites, nous
pouvons garder de fortes réserves, et quand même le tiers seulement
des troupes tiendrait bon, ce sera assez. L'ennemi doit être ruiné par
ce temps affreux et ne peut pas garder ici de nombreuses troupes sur
pied, tous les environs étant épuisés.
Je suis donc absolument persuadé que notre devoir est de tenir bon
et de ne pas rendre Ulm. Ma résolution ne pourrait être ébranlée que
par l'opposition unanime de mes camarades, dont ils auraient la respon-
sabilité vis-à-vis de Sa Majesté.
Ulm, le 15 octobre 1805.
Mack, m. />.
Les autres officiers généraux de l'armée répondent par
la note suivante :
Nous soussignés sommes de l'avis opposé et croyons que la libre
sortie d'Ulm, sauvant une troupe considérable, rendrait un plus grand
service à Sa Majesté que la défense obstinée de cette place, qui est loin
d'être hors d'insulte, et où l'on ne peut faire aucune véritable résis-
tance, comme nous saurons le démontrer pièces en main.
RiCBTEB, m. p., Moritz Frust Liechtenstein, m, p.,
général-inajor. général-major,
Gyulay, m. ;>., Klenau, m. p.,
feldmarshall'lieutenant. feldmarshaU-lieutenant.
Stipsicz, m. p., Erbprinz zu Hbssbn-Hohburg, m. p,,
feldmarshall'lieutenant . felâmarshall-deutenant,
RiBSGH, m.p.f LouDON, m. p.,
feldmarshaU-lieutenant. feldmarshaU-lieutenant.
GOTTESHBIM, m, p.,
feldmarshaU-lieutenant.
Avec ou sans rasscntiment de Mack, les trois plus
anciens généraux : Riesch, Loudon et Gyulay, se décident
218 INTRODUCTION.
à envoyer le prince de Liechtenstein au quartier général
de Ney, pour demander la libre sortie jusqu'au Lech,
de la garnison d'Ulm.
Liechtenstein présente au Maréchal la pièce suivante :
Pointé de capitulation.
1^ La plut libre, la plus hoDorable sortie possible avec tout ce qui
appartient à rarniée, y compris Tartillerie ;
1^ Personne de l'armée n'est prisonnier de guerre, pas même les
malades ;
3* L'armée marchera sur le Lech et on lui fournira tous les vivres
nécessaires ;
A^ Tout le monde conservera ses équipages ;
6^ La ville, dont le malheur possible d'être consumée par le feu
nous engage à cette capitulation, est particulièrement recommandée à
la protection française, et on demande là-dessus la promesse la plus
positive.
Nous soussignés déclarons de nous ensevelir sous les ruines do la
ville si M. le maréchal Ney nous refusait d'accepter ces points de capi-
tulation.
Ulm, le 15 octobre 1805.
Grâf Ribsch, m. p., Grap Gyulay, m. />., LoudoNi m. p.
lieutenant général, lieutenant général, lieutenant général,
Ney en réfère aussitôt à Berthier, dont il reçoit Tavis
que TEmpereur veut que la garnison d'Ulm soit prison-
nière de guerre. Liechtenstein ayant rapporté cette
réponse, ses trois mandataires écrivent à Ney :
La garnison d'Ulm, voyant avec regret que le Maréchal n*a pas accepté
les conditions équitables qu'elle croyait pouvoir obtenir de son esprit
de justice, est résolue h attendre les hasards de la guerre.
Ribsch, m. p., Gyulay, m. p,
feldmarshall'lieutenant, felâmarshall-lieutenant,
LouDON, in.p.,
feldmarshall-lieutenant .
« Le 16 au grand matin, on voit circuler un imprimé
INTRODUCTION. 819
signé Mack, par lequel il défend de parler de se rendre
et annonce qu'une armée formidable d'Autrichiens et de
Russes est en pleine marche pour nous délivrer. Au
reste, il promet d'être le premier à manger de la chair
de cheval. A 10 henres, le prince de Liechtenstein
revient avec la déclaration deNey, qui s'engage, unique-
ment par considération pour le Prince, à faire consentir
l'empereur Napoléon à nous accorder la capitulation sui-
vante : (I On accorde une trêve jusqu'à midi, à l'expira-
tion de laquelle Ulm doit être rendu et toute la garnison
prisonnière de guerre et transportée en France. Les offi-
ciers et les généraux conserveront chevaux et bagages.
En cas de refus on donnera l'assaut. » Nous refusons, et
à midi et demi la canonnade s'engage et dure assez vive-
ment pendant deux heures. Un nouveau parlementaire
arrive, on pourparle quelque temps, et on se chauffe de
nouveau jusqu'à 6 heures du soir, que vient un aide de
camp de l'Empereur. Il passe toute la nuit chez Mack, et
la troupe sur les remparts travaille sans relâche à élever
quelques parapets de briques là où il n'existait pas la
moindre défense (1). n
Entrons dans quelques détails sur cette journée
décisive.
Dans la matinée du 16, Ney fait bombarder Ulm pen-
dant quelques heures, sans autre résultat que de tuer
deux hommes.
Bientôt après, un parlementaire français vient, de la
part de Napoléon, prier le prince de Liechtenstein de se
rendre auprès de lui. Mack, informé de cette démarche,
charge le prince (d'après la déposition faite par celui-ci
devant le conseil d'enquête) de débiter quelques flatte-
ries assez plates à l'Empereur, et de lui demander une
entrevue :
(1) Relation de la prise (TUlrriy par M. D. . .
220 INTRODOCTION.
« Dites à Tempereur des Français que vous êtes mon
ami, mon élève favori, mon disciple dans Tart de la
guerre ; que je vous parle constamment de Bonaparte
avec le plus grand respect et la plus haute admiration.
Dites-lui que je sais qu'il méjuge peut-être défavorable-
ment, et qu'il met en pratique des conceptions opposées
aux miennes. Je désire lui parler, pour m'expliquer
et me justifier vis-à-vis de lui, car pour moi son estime
est tout ce qui m*importe ; mais pour l'obtenir, je
veux me montrer un ennemi digne d'être combattu par
lui. »
Quelques semaines plus tard, Mack parlera tout autre-
ment de Napoléon (1).
En attendant, et dès le 16, il offrait de capituler, et la
discussion ne portait que sur le sort fait à la troupe :
Napoléon la voulait prisonnière en France, et Mack
demandait qu'elle demeurât en Autriche avec promesse
de ne pas servir jusqu'à échange.
Dans son entrevue avec Liechtenstein, Napoléon com-
mence par déclarer qu'il est parfaitement au courant de
la situation d'Ulm, et que cette place ne résistera pas au
premier assaut. Le Prince lui répond que ce n'est pas
certain, et que la garnison, de son côté, est sûre d'être
débloquée si elle tient cinq jours. A cette affirmation,
l'Empereur sourit; il est si assuré du contraire qu'il
accordera volontiers ce délai, pourvu que la garnison
pose les armes aussitôt après ; il accorderait tout le temps
qu'on voudrait, quinze jours même, s'il ne tenait à éloi-
gner ses troupes de ce pays marécageux et épuisé. Le
(i) uFais, mon cher Wintzingerode ! Fais que François et Alexandre,
tous deux si bons, tous deux si dignes d'adoration, se lient toujours
plus étroitement et attirent plus fortement à eux ce roi de Prusse,
personnellement si honnête ; alors tout ne peut que bien tourner, et on
110 peut manquer d'arriver, en fin de compte, à aplatir ce faquin
d'empereur (16 novembre i805). »>
INTRODUCTION. 221
Prince, revenant alors à sa mission, réclame la libre
sortie de la garnison. Il insistait, dit le sixième Bulletin
de la Grande Arme'e^ pour que les officiers et soldats
eussent la faculté de retourner en Autriche. « Je Tac-
corde aux officiers et non aux soldats, a répondu l'Empe-
reur ; car qui me garantira qu'on ne les fera point servir
de nouveau?» Puis, après avoir hésité un moment, il
ajouta : « Eh bien ! je me fie à la parole du prince Ferdi-
nand, s'il est dans la place. Je veux lui donner une
preuve de mon estime, et je lui accorde ce que vous me
demandez, espérant que la cour de Vienne ne démentira
pas la parole d'un de ses princes. » Sur ce que M. de
Liechtenstein assura que le prince Ferdinand n'était
point dans la place : « Alors je ne vois pas, dit l'Empe-
reur, qui peut me garantir que les soldats que je vous
renverrai ne serviront pas, » faisant sans doute allusion
à la conduite de Mack en 1800.
Liechtenstein rapporta les propositions suivantes de
Napoléon :
1® La garnison serait prisonnière, à moins qu'il ne
fût avéré que les Russes arrivaient sur le Lech le
16 octobre, auquel cas il serait accordé libre sortie à
l'armée autrichienne ;
2® Les officiers rentreraient en Autriche, et seraient
libres sur parole ;
3® Si Mack le préférait, on pourrait obtenir de Napo-
léon qu'il laissât trois ou quatre divisions devant Ulm,
pendant cinq ou six jours.
Il avait appris la capitulation de Memmingen ; on lui
avait annoncé aussi que Werneck s'était rendu, et que
l'archiduc Ferdinand s'était échappé en Franconie.
Au reçu de la réponse négative rapportée par Liech-
tenstein avec un projet de capitulation, Mack bondit sur
le cheval le plus à portée, galope jusqu'aux avant-
postes, où il trouve le général Bertrand, et remet à ce
dernier une lettre destinée à l'Empereur, dont nous
228 urmoDUcnoN.
ignorons le contenu. C'est Berthier qui répond, à six
heures du soir :
Monsieur le Général.
Si TOUS aTiez Tespoir d*étre secouru par deux armées, comme tous le
dites dans votre lettre à l'Empereur, et qu'Ulm fût une place tenable,
vous n'auriez pas offert la capitulation, portant que vous rendriez la
place aux conditions que yotre garnison serait prisonnière, mais se
rendrait en Autriche sans pouvoir servir jusqu'à rechange
Mack répond encore, et cette fois à Berthier. Ses
réponses ne se rapportant jamais exactement aux lettres
qu'il vient de recevoir, et gardant d'ailleurs la trace de
cette confusion d'idées et de cette mobilité qui le carac-
térisent, il est assez difficile d'être affirmatif sur l'ordre
chronologique des diverses pièces de cette correspon-
dance.
La lettre suivante parait cependant être la dernière
écrite par Mack dans la soirée du 16. Il y manifeste la
conception lapins bizarre et la plus compliquée de l'hon-
neur militaire :
Monsieur le Maréchal,
Je ne puis que me référer à la déclaration que j'ai osé faire à Sa
Majesté... Je répète que la place n'aurait jamais été remise qu'à Sa
Majesté elle-même en personne ; mais vouloir exiger que la garnison,
ou plutôt le corps d*armée se rende prisonnier de guerre, serait le vou-
loir déshonorer, puisque nous avons très positivement du secours h
attendre, et j'ambitionne trop la haute estime de Sa Majesté et celle de
Votre Excellence pour en agir autrement. Je serais trop heureux de
pouvoir recevoir encore aujourd'hui Sa Majesté dans la ville, et de lui
renouveler les assurances très profondément senties de ma vénération
et admiration. Sa Majesté aurait ses gardes ou autres troupes armées
avec elle, et les Autrichiens mettront bas les armes pour deux jours,
savoir jusque après-demain, où elle (sic) pourrait sortir, reprendrait ses
armes, et serait libre de rejoindre la grande armée et de servir comme
auparavant. Je me flatte, Monsieur le Maréchal, que vous voudrez bien
regarder cette condescendance comme une prouve nouvelle du respect
et des égards que j'ai pour l'auguste personne de Sa Majesté.
INTRODUCTION. 233
Napoléon, ne recevant pas de réponse au projet de
capitulation qu'il avait fait présenter à Mack par Liech-
tenstein, avait commencé à tout événement les prépara-
tifs de Tassaut pour le lendemain : on confectionnait des
fascines, on rassemblait des échelles, etc.
Cette résolution ayant été prise sans qu'il en reste de
trace, ni dans la correspondance de l'Empereur, ni dans
celle de Berthier, ni dans celles de Ney ou de Marmont,
et ne nous étant révélée que par deux ordres de Gompans,
recommandant le secret le plus absolu, il semble que
Tintention de l'Empereur ait été bien réellement de
donner l'assaut à Ulm sans avoir éveillé l'attention de
l'ennemi, et non de l'intimider.
Après tout, Mack seul avait intérêt à gagner du
temps, et il devenait urgent de porter la Grande Armée
au-devant des Russes.
C'est seulement dans la nuit du 16 au i 7 que la
réponse de Berthier fut expédiée à Mack. Elle est datée
du 17.
Philippe de Ségur, capitaine et adjoint au grand
maréchal du palais, a écrit un fragment de Journal que
le général Mathieu Dumas a appuyé de son autorité en
le reproduisant dans les pièces justificatives de son
Précis des événements militaires.
D'après ce récit, débordant d'imagination, Ségur
aurait été chargé par l'Empereur, le 16 au soir, de se
rendre auprès de Mack pour le sommer de capituler
dans un délai de cinq jours.
La relation de Ségur, qui fourmille d'inexactitudes
manifestes, doit être considérée comme très suspecte.
Rien n'empêche qu'il ait été chargé, dans la nuit du 16
au 17, non pas d'une mission verbale, mais du port d'une
dépêche au général Mack. 11 faut constater, cependant,
que l'enquête ouverte à Vienne sur la capitulation
d'Ulm, enquête qui a fait ressortir les moindres événe-
ments de ces tristes journées décisives, qui a signalé les
m INTRODUCTION.
allées et venues des parlementaires de Ney, du général
Bertrand, de Liechtenstein , ne dit pas mot de Ségur et
de sa mission nocturne.
Quoi qu'il en soit, le 17 octobre, avant le jour, Mack
reçoit la réponse de Berthier ; c^est une sommation plus
dure que les précédentes :
Sa Majesté désire une explication plus positive. Vous lui proposez de
se rendre dans la place d'Ulro. Elle ne s*y rendra pas, Monsieur. Mnis
pour épargner les horreurs d*un assaut, Elle consentira à ce que la gar-
nison reste cinq jours dans la place, pourvu qu'une porte soit confiée h
Tarroée française ; si pendant ces cinq jours, il se présente une force
capable de débloquer la place, non seulement TEropereur consent à ce
que la garnison ne soit pas prisonnière de guerre, mais même i\ ce
qu'elle fasse usage de ses armes pour le service de la patrie.
Si dans ces cinq jours il ne se présente aucune force capable de
débloquer la place d'Ulm, les troupes qui y sont enfermées seront pri-
sonnières de guerre, mais les officiers pourront retourner chez eux (i).
Le texte de cette lettre est parfaitement conforme à la
mission dont Ségur dit avoir été chargé ; peut-être est-ce
lui qui Ta portée.
Mack répond aussitôt à la lettre de Berthier, qu'il
n'accepte pas les conditions proposées : il veut, ou bien
un délai de huit jours, dans lequel il compte être déblo-
qué, ou bien le renvoi de la garnison en Autriche, avec
promesse de ne plus servir. Il essaye de démontrer à
Napoléon, comme il Ta fait à Télat-major autrichien,
les merveilleuses propriétés intrinsèques de la place
dTlm :
Votre Excellence me dit daus sa lettre d'hier que a Sa Majesté ne
veut pas perdre ses avantages ». Le grand, Timmense avantage est pour
elle la cession d'Ulm, clef de Piller et de la moitié de l'Allemagne !
Vouloir encore exiger que la garnison qui Tévacue se rende prison-
nière de guerre, tant qu'elle a la certitude d'être débloquée, est
(1) Cité par Angcli. Ulm und Atisterlitz, p. 490.
INTRODUCTION. 225
contre les priocipes de la guerre et de rhumanité ; c'est la réduire à
rextrémité, à laquelle elle est résolue de se soumettre mille fois plutôt
que de se déshonorer.
Sur un premier refus de TEmpereur, Mack réitère
ses protestations en adressant à Berthier le billet sui-
vant :
La libre sortie de la garnison sans être prisonnière de guerre. Sinon
un délai de huit jours ou la mort.
Voici ma dernière réponse.
Ulra, ce 17 octobre I8O0.
Mack.
Napoléon ayant enfin consenti à accorder ce délai de
huit jours (jusqu'au 25 inclus), la capitulation fut
signée le 17 à midi; mais, comme on vient de le voir,
elle était devenue inévitable depuis la veille, et Berthier
avait pu écrire le 16 aux maréchaux Brune, Lefebvre,
Kellermann, Augereau :
« Faites connaître à votre armée, Monsieur le Maré-
chal, que la première armée autrichienne a existé (1). »
(i)« Le 17 au matin, nous apprenons le résultat de la négociation : l'em-
pereur Napoléon se décide, par humanité, à ménager la ville, et pour
nous prouver que nous n'avons aucun secours à espérer, il nous accorJe
cinq jours, au bout desquels nous devons nous engager, si nous ne
sommes pas délivrés, à nous rendre prisonniers de guerre, c*est-.\-dire
que les généraux et officiers conserveront chevaux et bagages^ donne-
ront leur parole d'honneur de ne pas servir jusqu'à leur échange, et so
rendront dans les États héréditaires. Les soldats, par contre, après que
la garnison sera sortie avec les honneurs militaires, tambour battant,
mèche allumée, mettront bas les armes et seront conduits prisonniers
en France. De notre côté, on demande huit jours de délai, à l'expira-
tion desquels, s'il n'arrive aucuu secours, on souscrit aux conditions
ci-dessus. A 2 heures vient le maréchal Berthier, et la capitulation est
déterminée, fixée et réglée. Il est à remarquer que, depuis l'époque de
la déclaration faite par les généraux en corps, ils n'assistèrent plus aux
délibérations suivantes, que Mack négocia et termina l'affaire à lui tout
seul, agissant toujours au nom et par les ordres de notre souverain. »
{Relation de la prise d'Ulm, par M. D. . .)
III. 15
226 INTRODUCTION.
XXIII
Aux termes de l'article 6 de la capitulation, une des
portes de la ville (la porte de Stuttgard) fut occupée le
18, à 10 heures du matin, par une brigade du corps de
Ney, commandée par le général Labassée. Le maréchal
Ney s'efforça en vain d'éviter toute communication
entre les troupes des deux armées ; les Français s'infil-
trèrent dans la ville ; bientôt officiers et soldats furent
répandus dans les rues, où régna le désordre le plus
complet. Ney fit remettre en liberté les prisonniers
français faits dans les combats du 8 au 45 octobre.
L'Empereur ordonna que la municipalité d'Ulm reprit
son indépendance et cessât de fournir des vivres aux
Autrichiens, qui durent subsister par leurs magasins.
C'était évidemment les réduire à la famine (4).
(1) « Le 18, en conséquence des articles additionnels, on devrait livrer
une des portes à l*ennemi et, chose inouie jusqu^alors, recevoir une de
ses brigades en quartier dans la ville. A 9 heures, on remet la porte
Neuve aux Français et nous avons le chagrin de voir défiler, au son de
la musique, une de leurs brigades ayant le maréchal Ney à sa tête et
se rendre à la place d*armes, où elle ne tarde pas à recevoir des billets
de logement. Peu à peu il se glisse tant de Français dans la ville
qu'avant la fin du jour elle en contient plus de 5,000. Il faut s'être
trouvé à Ulm pour pouvoir se .faire une idée de notre humiliante situa-
tion ; on ne finirait pas si Ton vonlait retracer tout ce que noos avons
eu à endurer d'avanies et de mauvais traitements. Nos soldats, pôle-
méle avec les Français, n'ignorant pas le sort qui les attend, ne
regardent qu'avec dédain leurs officiers et ne connaissent d'autre
instinct que celui de leur misère. Les généraux français, avec leurs
suites nombreuses, galopent sans relâche dans les rues et nous écla-
boussent de la tète aux pieds. On nous dispute nos quartiers et pen-
dant la nuit on pénètre de force dan;) nos écuries, on nous vole nos
chevaux et on rit de nos réclamations. » (Relation de la prise d'Ulm,
par M. D...)
INTRODUCTION. 227
Dès que les communications furent rétablies entre la
place d'Ulm et l'extérieur, Mack put se renseigner sur la
situation générale et se convaincre de l'impossibilité où
se trouvaient les Austro-Russes de lui faire parvenir des
secours (1). Dès lors, il ne restait aucune raison de pro-
longer une situation plus pénible encore pour Mack que
pour tout autre, et il ne demanda pas mieux que de
s'éloigner des lieux témoins de ses maladresses et de sa
honte«
Le 19, à 2 heures, il se rendit à Ober-Elchingen, eut
une entrevue avec l'Empereur et signa avec Berthier
une convention additionnelle. Le major général y affir-
mait sous serment, pour calmer les derniers scrupules
de Mack : que l'armée austro-russe était au delà de
rinn ; que Bernadotte se trouvait entre l'Inn et Munich,
Lannes et Murât à la poursuite de l'archiduc Ferdinand,
Soult en Souabe, surveillant les routes du Tyrol.
Moyennant ces déclarations, Mack consentait à éva-
cuer Ulm sur-le-champ, à condition que le corps du
maréchal Ney serait immobilisé dans cette ville jusqu'au
25 octobre.
(1) (c Le i9, les lanettes de la tour sont en Tain braquées rers Mem-
mingen pour découTrir les armées de secours.
« On nous apprend que le général Spangen a rendu la ville et qu'il a
été fait prisonnier avec 6,000 hommes; plus tard, noas recevons lanou^
▼elle que Bernadotte est sur Tlnn, et qu'à Munich nous avons perdu
neuf bataillons et trente canons. A midi, Mack sort de la ville avec une
suite nombretrse et se rend à Etchingen, quartier de Temperenr Napo^
léon, qui avait demandé à lui parler. Le soir il revient, fait rassembler
les généraux et leur déclare qu'à cette faeare, il est pleinement con^
vaincu que nous n^avons aucun secours à espérer, que Tarmée ennemie
était forte de plus de cent vingt mille hommes, et qu'il était inutile
d'attendre dans une ville affamée l'expiration des huit jours accordés ;
en un mot qu'au lieu de rendre la ville le 25, comme on l'avait stipulé,
la volonté de l'Empereur est que nous en sortions demain 20 octobre.
On est très étonné de cette infraction à la capitulation ; on proteste, on
dispute, on cède. » (Relation de la prise cTUlm, par M. D. . .)
228 INTRODUCTION.
Le 20, à 2 heures de Taprès-midi, la garnison sortit
de la ville et déposa les armes, en présence de TEmpe-
reur, d'une partie de la Garde, des 2« et 6« corps et des
dragons (().
Les officiers autrichiens devaient garder leurs che-
vaux, mais un grand nombre furent volés pendant les
dernières journées passées à Ulm. Les officiers devaient
partir le 21 pour le Tyrol ; les formalités de leur mise
en route retardèrent ce départ. Ils furent escortés
jusqu'aux avant-postes autrichiens par des officiers
français (2).
(1) « Le 20, à onze heures du matio, l'armée de Marmout, à laquelle
se trouve une brigade hollandaise, traTerse la Tille pour se joindre b
celle de la rive gauche et compléter Timmense carré qui, s'appuyant
d'une part aux mursd'Ulm, couronnait, à l'opposé, les hauteurs devant la
ville. L'Empereur, le trop heureux Napoléon, se pinça sur une élévation
au pied du mont Saint-Michel et au milieu de ses gardes à pied et à
cheval. Tout étant ainsi disposé, on nous donna Tordre de défiler auprès
de Sa Majesté en sortant par la Frauenthor et déposant les armes à
notre arrivée près de la porte Neuve. Vingt-trois mille Autrichiens
sortent, tambour battant, la rage dans le cœur, le désespoir dans l'âme,
traversent le carré français dans toute sa longueur, pendant que la
musique ennemie nous régale de Tair du Vogel Fonger. Journées de
Pultawa, de Pirna, vous n'êtes rien en comparaison de cette hideuse
sortie d'Ulm I La honte qui nous écrase, la boue qui nous couvre sont
ineffaçables
« Durant celte humiliante procession et pendant que les soldats met-
taient bas les armes, à mesure que les bataillons arrivaient à la place
indiquée à cet effet, l'Empereur français dans le costume le plus simple,
au milieu de tous ses généraux brodés (il portait un habit de simple
soldat, un chapeau sans distinction et dont les formes ratatinées annon-
çaient qu'il lui servait de bonnet de nuit au bivouac, ce qui semblait
confirmé par sa capote grise brûlée en plusieurs endroits) s'entretenait
très affablement avec Mack et plusieurs de nos généraux, qu'il avait fait
monter auprès de lui après qu'ils eurent défilé.
K II est nuit; chacun retourne à son quartier et se prépare à sortir le
lendemain d'un lieu qu'on a tant déraison d'abhorrer. » (Relation de la
prise d'Ulrrif par M. D. . .)
(^> « Le 21 , la matinée se passe à obtenir des passeports, à signer Pacte
INTRODUCTION. 229
Le nombre des prisonniers faits à Ulm s'élevait à
25,365. En y joignant ceux de Wertingen, Memmingen,
Gûnzbourg, Ëlcbingen, Haslacb, etc., le total att<eignait
49,718 bommes. On prit à Ulm 40 drapeaux, 63 canons,
2 obusiers, 42 caissons, 13,600 fusils, 6,524 cartoucbes
à canon (1).
qui nous constitue prisonniers sur notre parole et nous paralyse jusqu'à
notre échange. A 2 heures après-midi, on nous annonce que la pre-
mière colonne des officiers, destinée à prendre la route de Kempten, peut
sortir par la porte du Danube ; la foule se presse vers l'issue : géné-
raux, officiers, domestiques, bagages, tout veut sortir à la fois et le
passage est tellement obstrué qu'on ne peut avancer ni reculer. Mack,
qui le matin était parti en poste pour se rendre par Augsbourg à
Vienne, fit très bien de prendre les devants. Il eût trop souffert de voir
tous ceux qui l'accusaient de leur malheur. Enfin on nous laisse sortir
un par un ; les officiers et les commissaires français postés à la porte
dans Tespoir du pillage, réalisent leurs vœux et ont Tinfamie d'arracher
de force un grand nombre de chevaux aux malheureux officiers, sous le
prétexte qu'ils étaient marqués. On leur représente, mais en vain, que
la plus grande partie de nos chevaux portent la marque du haras où ils
sont nés; on n'obtient aucune justice, on est injurié, bafoué, mal-
traité; il fallut vider le calice jusqu'à la lie. Ce manège révoltant dure
trois jours entiers au bout desquels les derniers parviennent enfin à
fuir ce lieu de désolation. » (Relation de la prise d'IMm.)
(i) « Telle fut la fin des opérations militaires entreprises avec tant
d'espoir de succès. Tel fut le résultat accablant des monstrueuses sottises
qui signalèrent cette campagne de sept jours. 11 surpasse sans contredit
tout ce que la monarchie autrichienne a jamais éprouvé de plus fou-
droyant et de plus humiliant. Seize généraux, quinze officiers d'état-
major, vingt-trois mille hommes avec leurs officiers supérieurs et
autres, une grande partie du corps du génie, toute l'artillerie avec ses
attelages tombent dans Ulm entre les mains de l'ennemi. Sept mille
capitulent en plein champ avec Werneck» six mille dans Memmingen,
cinq mille dans Munich essuient le même sort. Les États héréditaires
sont, pour les premiers moments, en proie aux incursions et aux
ravages d'un ennemi accoutumé à ne rien ménager; notre capitale est
menacée, et cet enchaînement épouvantable de catastrophes et de dan-
gers est l'ouvrage d'un seul homme, ou insensé ou coupable.
« Quant à nous, qui avons été condamnés à être les témoius et les
230 INTRODUCTION.
Les priBODDiers d'Ulm furent conduits jusqu'au Rhin
en quatre colonnes, escortés par un bataillon de la divi-
sion Loison et deux escadrons de dragons. Ces derniers
devaient, chemin faisant, battre les bois des environs de
Geislingen et Stuttgard, où Ton disait que de nombreux
isolés continuaient à errer.
XXI
Dès que l'Empereur est assuré queMack va capituler,
il commence à donner des ordres pour le mouvement
vers rinn. Le premier corps d'armée mis en route est
celui de Soult, qui n'est pas employé à l'investissement.
Il partira aussitôt qu'il aura été avisé de l'entrée du
maréchal Ney à Ulm, le 18 au matin. Soult doit reprendre
la route de Memmingen, Mindelheim, Landsberg. La
division Walther cesse de lui être subordonnée, et va
rejoindre le gros de Tarmée.
Le 4* corps s'arrête le 18 à Ochsenhausen, le 19 à
Memmingen. Informé de la présence d'un corps autri-
agents de cette dégoûtante tragédie, nous traînons de province en pro-
vince le sentiment de notre douleur et de notre honte; partout on nous
accueille avec le sourire du mépris. L'habitant grossier, mais loyal, des
montagnes du Tyrol ne sait point saisir la différence qui existe entre
celui qui dirige et commande, et celui qui est passif et obéit. Il ne voit
en nous que des traîtres ou des lâches, et il nous assommerait de
grand cœur si nous n'étions pas les plus forts.
Klagenfurtb, le 8 novembre 1805. >»
[Ici finit la Relation de la prùe d*Ulm, par M. D. . ., capitaine d'état-major
au service d'Autriche. D'après le manuscrit conseryé aux Arehivei de la guerre,
l'auteur serait un capitaine Dclaunay, sans doute un émigré. D'aprèi ÀDgeli
(page 496), il s'appellerait Delort. Il est bien difficile de penser qu'an officier de
nationalité autrichienne aurait trouve le courage de faire tant d'esprit h propos
des malheurs de son pays. L'expression « au service d'Autriche », comme le ton
du pamphlet, paraissent s'appliquer mieux à quelque mercenaire, tel qa'un émigré
français.]
INTRODUCTION. 831
chien au Sud-Ouest de cette ville, vers Leutkirch,
Soult veut s'y porter : son mouvement est interrompu
le 20, les Autrichiens ayant coupé le pont de Fers-
hofen sur Tlller; le 21, au moment où il s'exécute, de
nouveaux ordres de l'Empereur font connaître qu'Ulm
a capitulé, que le détachement ennemi de Leutkirch sera
poursuivi ultérieurement par les 6® et 7® corps. Soult
reprend donc sa marche vers l'Est avec une perte de
deux jours : il est le 22 à Mindelheim, avec son avant-
garde à Landsberg, où le corps d'armée arrive le lende-
Baraguey*d'Hilliers reçoit d'abord l'ordre de se rendre
à Gûnzbourg, puis celui de continuer sur Donauwœrth.
Il laisse à Ney une brigade de dragons à pied, qui sera
remontée avec les chevaux pris à Ulm, et il se met en
route le 18.
La Garde part aussi le 18 pour Augsbourg, sauf les
grenadiers et deux escadrons attachés à la personne de
l'Empereur, dont le quartier général reste à Ober-
Elchingeu.
Suchet, parti le 19, arrêté par une crue du Danube,
n'arrive sur le Lech que le 21. Walther, qui devait partir
aussi le 19, est retenu pour assister au défilé de la gar-
nison d'Ulm le 20, et n'arrive à Augsbourg que le 21 ; il
est suivi de près par Gazan, les troupes non endivision-
nées du 5^ corps, le 2^ corps et les derniers éléments de
la Garde.
Le 21, Marmont, Suchet, Walther et la Garde arrivent
donc à Augsbourg ou aux environs. La division Gazan
est seule en arrière, à GOnzbourg; elle atteindra
Zusmarshausen le 22. Baraguey-d'Hilliers est à Do-
nauwœrth.
L'Empereur reprend le 22 son quartier généra)
d'Augsl>ourg.
Lannes, envoyé le 18 à la suite de Murât avec les divi-
sions Nansouty et Oudinot, et avec celle de Beaumont,
232 INTRODUCTION.
qui a rejoint Heidenheim par GUnzbourg, arrive le 20 à
Nordlingen, s'y trouve inutile, et se rabat sur Donau-
wœrth. Le 21 , Beaumont est à Mertingen ; le 22, il atteint
Âugsbourg. Oudinot et Nansouty cantonnent le 21 à Rain
et dans les villages au Sud de Donauwœrtb. Le 22, l'Em-
pereur les dirige sur Neubourg. Murât est à Nuremberg,
où il arrête sa poursuite.
Le 23, TEmpereur prévient Bernadette et Davout d'avoir
à rassembler leurs corps d'armée à Munich et Dachau,
et de se tenir prêts à partir. Murât, revenant de Nurem-
berg, est à Neumarkt; Oudinot et Nansouty, sous le com-
mandement de Lannes, à Ingolstadt, où ils retrouvent la
division Rivaud. Baraguey-d'Hilliers est à Donauwœrtb.
Suchet, Walther et la Garde ont dépassé Augsbourg et
s'échelonnent jusqu'à Schwabhausen. Marmont, Gazan,
Beaumont sont à Âugsbourg ; Soult à Landsberg.
Ney reste toujours à Ulm. Bourcîer est rappelé de
Geislingen.
Le 24, Suchet, la Garde et Walther ont rejoint
Bernadette et Hautpoul à Munich, où se trouve le
grand quartier général. Davout, déboitant à gauche,
occupe Freising. Oudinot et Nansouty sont encore à
Ingolstadt, Murât à Beilngries. Marmont et Beaumont
s'échelonnent sur la route d'Augsbourg à Munich;
Soult séjourne à Landsberg.
La marche sur Vienne commencera le lendemain.
XXV
Les services administratifs de la Grande Armée, comme
on l'a vu dans les trois premières parties de ce travail,
étaient dans un état assez précaire au moment où l'on
franchit le Rhin. Les moyens de transport, surtout, étaient
rares, et la fâcheuse idée qu'on avait eue de faire passer
INTRODUCTION. 233
par Sampigny les quelques fourgons dont on disposait à
Boulogne, avait privé Tannée de cette dernière ressource.
Ce ne fut qu'à force de réquisitions, légales ou non,
qu'on vint à bout de parer, dans une certaine mesure, à
ce dénuement. Toutes les voitures requises en France
furent emmenées avec leurs attelages et leurs conduc-
teurs qui, mal pourvus et mal administrés, réduits au
désespoir par cette mesure inattendue et par plusieurs
jours de privations, désertèrent en grand nombre avec
ou sans leurs chevaux. Des voitures furent requises dans
le pays de Bade et le Wurtemberg ; le maréchal- Soûl t
eut soin de les renvoyer à leur point de départ après
deux ou trois marches, mais la plupart se trouvèrent bel
et bien incorporées à la Grande Armée jusqu'au jour où
l'Empereur eut encore besoin de voitures dans le pays
de Bade pour y organiser les relais indispensables aux
ravitaillements en munitions et eflFets de toute sorte.
Quelques renseignements recueillis çà et là permettent
de se faire une idée approximative du nombre de voi-
tures traînées à la suite de la Grande Armée.
Le 7 octobre, le général Baraguey-d'Hilliers voit
défiler et compte, à Heidenheim, les voitures des divi-
sions de dragons et une partie de celles du 6® corps. Plus
tard, les observations et les ordres de Davout, de Soult,
de Lannes, ou de leurs divisionnaires, nous donnent
d'autres indications. On peut admettre qu'en moyenne,
chaque régiment de cavalerie ou bataillon dmfanterie a
une voiture d'ambulance, ou plutôt une voiture chargée
d'instruments de chirurgie, médicaments et objets néces-
saires aux pansements. Cette voiture de réquisition tient
lieu provisoirement du fourgon prescrit par l'Empereur.
Beaucoup de régiments se font suivre, en outre, de voi-
tures destinées au transport des blessés et éclopés. En
général, une fois en Bavière, cet abus est découvert et
interdit par les maréchaux. Ils défendent aussi que les
vivandières (une par régiment de cavalerie ou par
234 INTRODUCTION.
bataillon) aient des voitures : elles doivent se contenter
chacune d'un mulet ou cheval de bât. Toutes ces pres-
criptions ont pour but, non pas d'éviter Fencombrement,
mais de rendre disponibles le plus grand nombre de voi-
tures et de chevaux qu'il sera possible. Tout ce qui
devient libre est affecté aussitôt à l'artillerie.
Le nombre des voitures à bagages est très variable :
de une à cinq par régiment, quelquefois plus. Il équi-
vaut donc à peu près à ce qu'on admet aujourd'hui, mais
Davout le fait réduire à deux par régiment. Les officiers
généraux ont une ou deux voitures;
Les vivres (pain et biscuit) sont portés par quatre ou
cinq voitures pour 1000 hommes ; il y a quelquefois des
voitures à viande (une ou deux par régiment); pour
Favoine, une voiture pour 300 chevaux, ce qui représente
à peine une ration. Le quartier général de Murât dispose
de douze voitures d'avoine et seize voitures de vivres.
Il est donc très largement approvisionné, mais ainsi le
service de reconnaissance et de transmission est assuré.
La plupart de ces voitures, nous l'avons dit, sont des
charrettes ou carrioles conduites par des paysans, et
requises sur les deux rives du Rhin. Nos conducteurs et
cavaliers n'hésitent pas non plus à voler ou « échanger »
des chevaux, soit dans l'armée, soit chez l'habitant.
Aussi, le 11 octobre, au moment où les opérations autour
d'Ulm entrent dans la période la plus active, on s'aper-
çoit qu'il n'y a plus de chevaux dans les relais de
postes, et que les courriers ne peuvent plus circuler entre
l'armée et le territoire. Il faut des ordres sévères pour
reconstituer la poste aux chevaux dans le Wurtemberg
et le pays de Bade.
Une autre mesure vient bientôt compléter celle-là :
pour le transport des armes, munitions, souliers,
capotes, etc., il faut organiser des relais spéciaux
depuis le Rhin jusqu'au Danube. Or les chevaux man«
INTRODUCTION. 236
quent absolument dans le pays de Bade. Il est donc
prescrit k tous les corps de renvoyer sur l'arrière les
voitures et attelages requis, pour permettre la constitu-
tion des relais.
Ceux-ci ne sont définitivement organisés que par un
ordre du 23 octobre ; Tinspecteur aux revues du 4® corps,
Lambert, en est chargé, et il résidera à Spire. Les relais
seront établis, en moyenne, de trois en trois lieues;
chacun d'eux disposera de soixante voitures à quatre
chevaux, fournies par le pays, avec un chef d'équipage.
Le loyer sera de six francs par voiture et par jour, et il
ne sera fait aucune distribution aux conducteurs. Ces voi-
tures seront affectées : un tiers à Tartillerie, un tiers au
transport des souliers et capotes accordés aux régiments,
un tiers aux divers transports de vivres et d'effets. Le
chargement initial, à Strasbourg, sera fait par les soins
du directeur d'artillerie et de l'ordonnateur. Il en sera
de même à Spire et à Augsbourg. Les voyages de retour
seront utilisés pour les évacuations de malades ou de
prisonniers. Quand il s'agira de conduire à l'armée des
caissons chargés, on y attellera simplement les chevaux
et on ne déchargera rien.
Les services de l'arrière commencent à être organisés.
La Route de f Armée a été définie par un ordre du 28 sep-
tembre, et les étapes y ont été organisées (commande-
ment, troupes, police, administration). Sur les observa-
tions de Petiet, on supprime une des étapes.
Après la capitulation d'Ulm, la route de l'armée est
prolongée jusqu'à Augsbourg, puis jusqu'à Munich. Il y
a un grand dépôt d'artillerie à Heilbronn (rapport du
21 octobre) où passent journellement 50 à 75 voitures, et
qui contient un million de cartouches en caissons ou en
barils.
La place d'Augsbourg va devenir le premier dépôt
fortifié de l'armée. Le génie reçoit l'ordre de la mettre à
l'abri d'un coup de main, en réparant les portes, palis-
236 INTRODUCTION.
sadant les ouvrages, et rétablissant la circulation de
Teau dans les fossés. Il sera laissé à Augsbourg une bri-
gade d'officiers du génie, commandée par un colonel,
avec un garde-magasin. L'Empereur ordonne à Songis
d'armer la place avec les plus gros canons pris à l'en-
nemi : il espère que dans le nombre se trouveront des
pièces d'un calibre supérieur au 16; mais, à Augsbourg,
à Ulm, à Memmingen, on ne trouve que des canons de
campagne; il faut se contenter d'armer la place avec
40 pièces de 12 et de 6. Il y est organisé une salle d'ar-
tifices, deux gros magasins de cartouches, un petit arsenal
de construction, et une salle d'armes contenant les fusils
pris à l'ennemi. Le tout doit être fait en dix jours par un
colonel directeur, deux capitaines en second, deux gardes-
magasins, une compagnie de canonniers et une compa-
gnie d'ouvriers.
Le général René commande la place, avec un adjoint
à l'état-major et deux adjudants de garnison.
L'intendant général est chargé d'organiser les services
administratifs à Augsbourg, et surtout les hôpitaux. Il y
appellera six ordonnateurs et quarante commissaires.
On distinguera, parmi les hôpitaux, ceux qui sont des-
tinés : 1^ aux blessés et 2^ aux malades. Le nombre des
hôpitaux à établir à Augsbourg n'est pas limité ;
M. Petiet en organisera le plus grand nombre possible.
Il créera aussi deux hôpitaux à Ulm (un de chaque
espèce), un hôpital à Gûnzbourg, un à Donauwœrth, un
à Ingolstadt. 11 en créera le plus grand nombre possible
à Munich.
Il ne doit rien y avoir à Neubourg, à Landsberg, ni à
Memmingen. Les blessés ou malades qui auraient été
laissés dans ces trois villes seront évacués sur Augs-
bourg. (Le maréchal Soult, qui avait réglementé toute
une organisation hospitalière à Landsberg le 23, reçoit
Tordre de la supprimer le 24.)
Aucun malade ou blessé ne sera évacué en arrière
INTRODUCTION. 237
d'Augsboupg sans un ordre spécial- Néanmoins, M. Petiet
est invité à s'occuper de Torganisation des hôpitaux sur
la ligne d'étapes.
Indépendamment des étapes établies sur la route de
Tarmée, il sera placé des commandants d'armes dans les
villes d'Ulm, Gûnzbourg, Burgau, Rain, Landsberg,
Aichach, Dachau, Neubourg, Neustadt, Freising et
Landshut. Le générai Maçon est nommé commandant
d'armes de Munich.
A Donauwœrth, la route de l'armée bifurque : elle
se dirige, d'une part, sur Munich par Augsbourg, et
d'autre part sur Landshut par Neubourg et Ingolstadt.
Le général Godinot quitte Donauwœrth avec son déta-
chement pour prendre le commandement de Munich.
Le général Rivaud rejoint le 1®' corps d'armée avec
les troupes françaises dont il disposait à Ingolstadt.
L'Empereur ordonne qu'Ingolstadt sera évacué et
qu'il y aura une brigade bavaroise à Ulm, un régiment
bavarois à Donauwœrth, un bataillon bavarois à Rain et
un à Landsberg.
C'est le général Baraguey-d'Hilliers qui, à son grand
désespoir, vient occuper Ingolstadt avec les dragons à
pied, que l'on remonte peu à peu. Déjà une brigade a
été remontée à Ulm, et le 23 octobre, il est envoyé encore
3S0 hommes à chaque régiment monté de la division
Walther. Le général Milet vient à Neubourg avec les
dépôts des dragons, et se trouve placé sous les ordres de
Baraguey-d'Hilliers, qui dirige ainsi tout le recrutement
des dragons en hommes et en chevaux.
Il se plaint de la situation peu guerrière qui lui est
faite, mais ne reçoit pas de réponse.
Un détachement de 2,000 Wurtembergeois est dirigé
le 22 sur Geislingen, et de là sur Augsbourg. Le contin-
gent badois part le 24 de Pforzheim pour se rendre à
Donauwœrth. Malgré l'alliance des gouvernements avec
l'Empereur, les populations ne cessent de témoigner
238 INTRODUCTION.
leur hostilité sur le passage des troupes françaises. Non
seulement elles sollicitent et obtiennent de ne plus loger
à Garlsruhe et à Mannheim, mais elles demandent que
le régiment de la Tour d'Auvergne ne soit pas formé en
territoire badois ; elles accueillent les prisonniers autri-
chiens avec une sympathie qui choque même les
ministres de l'Électeur.
L'administration du grand quartier général est aug-
mentée et réorganisée pendant les journées qui iiuivent
la capitulation d'Ulm.
Une décision du 23 octobre prescrit d'organiser une
portion d'administration qui marchera avec le Major
général dans les différents quartiers généraux mobiles
que prendra l'Empereur. On lui affectera :
i ordonnateur ou inspecteur aux revues faisant fonc-
tions ;
6 commissaires des guerres, dont 1 pour les subsis-
tances, i pour les fourrages, i pour les hôpitaux, 1 pour
les prisonniers et 2 disponibles ;
! chirurgien-major et 6 à 8 chirurgiens, 2 petites
ambulances ;
1 chef et 2 employés pour le service des transports ;
i chef et 2 employés pour le service des vivres ;
1 chef et 2 employés pour le service des fourrages ;
1 adjoint aux commissaires des guerres pour les pri
sonniers ;
4 chariots vides ;
9 gendarmes, dont 1 brigadier.
Ce personnel est désigné le jour même, sauf la moitié
des chirurgiens, qui ne se trouvent sans doute pas en
nombre suffisant.
Le lendemain, un préposé de la poste est affecté au
quai*tier général et une imprimerie y est constituée.
Cette organisation une fois réglée, TEmpereur ordonne
(24 octobre) aux services administratifs de la Grande
INTRODUCTION. 239
Armée de demeurer à Augsbourg, pendant que Tétat-
major général se porte à Munich.
Le génie est réorganisé le 22 octobre. Il y aura au
grand quartier général :
2 généraux de cette arme, 3 officiers supérieurs,
10 officiers subalternes, 2 compagnies de sapeurs et
10 fourgons d'outils, etc.
Le génie de chaque corps d'armée comprend :
2 officiers supérieurs, 7 officiers subalternes, 1 com-
pagnie et 2 fourgons.
Le tarif des prises est fixé le 21 octobre : 100 francs
par cheval, 60 francs par canon, 1 franc par fusil, etc.
L'administration des corps d'armée s'est vue réduite à
employer tous les moyens pour entretenir les quatre
jours de vivres prescrits par l'Empereur. Le 6® corps et
la réserve de cavalerie n'ont pu y songer, étant en
opérations très actives dans un pays naturellement
pauvre et déjà foulé par l'ennemi. « Vous ne devez pas,
écrit l'ordonnateur du 6® corps au maréchal Ney, compter
sur une administration qui est sans moyens et sans res-
sources, et qui ne peut utiliser ceux des pays occupés
par l'armée qu'avec des peines, des difficultés et des
pertes qu'il est impossible de se peindre. » Le pain a été
fourni régulièrement jusqu'au 10.
Au S® corps, le chef d'état-major ne cesse de s'occu-
per activement de compléter l'approvisionnement à
quatre jours de pain et de biscuit, ce qui parait démon-
trer qu'il n'a presque jamais manqué du nécessaire
pour assurer les distributions.
Au 4® corps, la troupe « souffre du manque de vivres » ,
dit Vandamme, pendant les journées du 7, du 8 et du 9;
on ne trouve des ressources que pour le 10, à Augs-
bourg, où l'ennemi a fait préparer 50,000 rations de
pain au moment où l'on y arrive. A Landsberg, le corps
d'armée se procure difficilement une demi-ration; maiSi
240 INTRODUCTION.
à partir du 12, il semble que le pain ait été distribué
régulièrement. Les magasins de Memmingen assurent
la subsistance le 15 et les jours suivants. Il est établi
des magasins généraux de subsistances au quartier
général, et les divisionnaires sont invités à ne pas
requérir eux-mêmes.
Au 3® corps, le dénuement est extrême après le passage
du Danube. A Dachau, on parvient difficilement à se
ravitailler; il faut étendre les réquisitions dans un
rayon de 60 kilomètres pour assurer la subsistance. Le
l®*" corps, qui vit dans une aisance relative autour de
Munich, est invité à abandonner une partie des res-
sources de cette ville au maréchal Davout; mais, comme
on peut le penser, ce partage devient une cause de dis-
sentiments entre les maréchaux. Davout tient à ce que
les réquisitions soient frappées et les distributions faites
régulièrement. Il emploie tous les moyens, met en acti-
vité les moulins, et les fait protéger par des postes
contre les bandes de maraudeurs qui les envahissent
souvent.
La maraude se développe rapidement au 3® corps ;
ayant demandé en vain à TEmpereur Tautorisatiou de
faire fusiller les coupables pris en flagrant délit, Davout
prend sur lui de faire juger et exécuter tous les marau-
deurs pris sur le fait.
La plupart des cartouches portées sur l'homme sont
perdues par la pluie, et il faut les remplacer, opération
rendue difficile par Téloignement des parcs d'artillerie.
Davout essaye de trouver de la poudre à Munich pour
refaire des cartouches en utilisant les balles.
Les souliers accordés par l'Empereur avant le départ
de Boulogne n'ont pas encore été fournis. Soult a pu en
percevoir un certain nombre à Augsbourg, mais il lui
reste six à sept hommes par compagnie qui marchent
pieds nus. Beaucoup de soldats ont les pieds et les
INTRODUCTION. 241
jambes enflés, ne veulent pas aller à Thôpital, suivent
quand même, et sont portés souvent comme maraudeurs
ou déserteurs.
Les 1®' et le 3^ corps organisent la fabrication des sou-
liers à Munich.
Le service de santé parait à peu près pourvu du néces-
saire, à force d'expédients; mais les moyens d'évacua-
tion font défaut. Chaque régiment a une voiture de chi-
rurgie tenant lieu du fourgon prescrit ; chaque division
a son ambulance, ainsi que le quartier général. Un ordre
du 4^ corps nous apprend que les ambulances division-
naires évacuent leurs malades et blessés, quand il y a
lieu, sur celle du quartier général, d'où ils doivent être
évacués sur les hôpitaux. Ces ambulances disposent d'un
nombre de voitures très variable : une trentaine à la
division Baraguey-d'Hilliers, 3 seulement à chaque
division de cavalerie, 45 au quartier général du 6* corps.
L'ambulance de la division Gudin n'est organisée que le
23 octobre- Davout se plaint de ne pouvoir diriger ses
malades sur les hôpitaux, faute de voitures, et de n'avoir
pas, à Dachau, d'établissement où on puisse les soigner
convenablement.
Un ordre de l'Empereur à Murât, du 12 octobre, nous
apprend qu'en cas de bataille, chaque corps d'armée
devait organiser une grande ambulance, avec le premier
chirurgien du corps d'armée, un médecin, un commis-
saire et des gendarmes. 11 y était préparé des lits, du
pain et du vin, dans un emplacement désigné par le
maréchal. Pour le 5® corps, nous savons que cette
grande ambulance fut préparée à Biberach (une lieue
Sud-Est de Weissenhorn), en vue de la bataille que l'on
prévoyait devoir se produire sur TlUer.
Les ambulances divisionnaires devaient se tenir à
800 mètres en arrière des lignes.
En réalité, c'est une nouvelle campagne que l'Empe-
III. 16
242 INTRODUCTION.
reur commence le 25 octobre ; il marche contre un
autçe adversaire, sur un autre théâtre d^ opérations.
L*étonDante conversation dont Mack nous a conservé
la substance, et qui eut lieu le 17 octobre à Elchingen,
met en évidence de la manière la plus curieuise et la
plus frappante les dispositions des puissances au lende-
main de cette colossale victoire d'Ulm : Tarméô autri-
chienne vient d'être enlevée, anéantie, et pourtant c'est
TAutriche qui se refuse à traiter, c'est Ntfpoléon encore
qui dièmande la paix, fût-ce au prix de cessions territo-
riales !
On ne manquera de soutenir que l'Empereur, en cette
circonstance, n'était pas de bonne foi : c'est la seule
ressource qui reste à ses ennemis irréconciliables. Ce
qu'on ne pourra pas contester, du moins, c'est que nos
adversaires étaient sincères en refusant la paix.
CHAPITRE PREMIER
7 octobre.
RécapituMion des troupes de la Grande Armée.
(Sans date,)
DESIGNATION
DB« COR M.
État-mi^or général .
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Réserve de caralerie.
Pares généraux
Totaux.
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Oarde impériale ....
Troopea électorales.
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17,737
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41,358
17,788
24,407
14,450
22,015
3,885
100, 20(»
27,187
6,265
23,815
247,773
244 CHAPITRE PREMIER.
Le maréchal Berthier au maréchal Davcut
Nôrdlingen, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Donnez Tordre à la division de grosse cavalerie de se rendre
à Harburg, où il est nécessaire qu'elle arrive aujourd'hui avant
4 heures après-midi.
L'intention de l'Empereur est que vous vous rendiez le plus
tôt possible à Monheim, pour couvrir le Danube depuis cette
ville jusqu'à Neuburg.
L'Empereur a appris avec mécontentement que vous aviez
laissé en arrière vos pièces de 12 et beaucoup de munitions;
vous aviez cependant les moyens des chevaux de réquisition, et
vous êtes le seul dans l'armée à qui cela soit arrivé, de manière
que vous vous trouvez ne pas avoir le nombre de cartouches
nécessaire, ni vos grosses pièces si utiles dans la position où
nous nous trouvons pour passer le Danube.
Sa Majesté a trouvé que le général Sorbier avait eu grand
tort de se fier sur les approvisionnements du grand parc qui ont
leur destination.
D'ailleurs, pourquoi les chevaux de réquisition, qui ont attelé
tout le parc et dont toute l'armée s'est servie, ne seraient-ils
pas aussi bons pour vous qu'ils l'ont été pour les autres ?
Comme il est probable que le maréchal Soult va passer, le
Danube à Donauwôrth, il est très important que vous soyez sur
ce fleuve tant pour inquiéter l'ennemi que pour préparer vos
moyens de passage.
Maréchal Bbrthier.
Le maréchal Berthier au maréchal Davout
Donauwôrth, le 15 vendémiaire an xxv (7 octobre 1805).
Je reçois votre lettre : il est nécessaire que vous couvriez la
rive gauche depuis l'embouchure du Lech jusqu'à Neuburg.
Le Lech sera probablement passé cette nuit.
Votre passage à Rennertshofen en sera d'autant plus facile :
prenez les moulins, défaites-les, cela vous fera autant de pon-
tons.
7 OCTOBRE. 248
Que votre gauche soit sur Neuburg. Si vous pouviez avoir
une brigade au jour sur la rive droite, il est probable qu'elle
ferait des prisonniers et qu'elle pourrait couper une colonne de
Tennemi.
Du moment que le maréchal Soult aura passé à Rain, et que
vous aurez passé le Danube, faites courir des partis après Ten-
nemi, afin de connaître le chemin qu'aura pris le corps que
Tennemi avait laissé pour défendre depuis le Lech Jusqu'à
Ratisbonne.
Portez votre quartier général demain à Neuburg, et faites
rétablir promptement le pont. g
Le 17 (9 octobre), le maréchal Bemadotte attaquera Ingol-
stadt : vous marcheriez pour attaquer le corps qui voudrait
défendre cette ville, si, toutefois, il s'en trouvait.
Le général Marmont doit se placer de Neuburg à Ingolstadt.
Maréchal Bbbthier.
Le général Belliard au général Klein.
Le 15 yendémiaire an xiv (7 octobre 1805), à minait.
D'après les ordres de Son Altesse Sérénissime le prince
Murât, vous réunirez toute votre division pour vous porter à
Mauren, où vous recevrez de nouveaux ordres. Vous ferez
reconnaître aussitôt votre arrivée à Mauren, Ebermergen et
Wômizstein, poussant même jusqu'à Donauwôrth. La 3® divi-
sion sera à votre droite à Buggenhofen. Vous devrez arriver à
Mauren avec votre tête de colonne à 5 heures ^lu matin.
BfiLLlABD.
Le général Belliard au général Walther.
Le 15 yendémiaire an xiy (7 octobre 1805), à minuit.
Conformément aux ordres de Son Altesse Sérénissime le
prince Murât, vous partirez de Ringingen avec toute votre
division pour vous porter à Oppertshofen où vous devez arriver
246 CHAPITBS PREMIER.
à 5 heures du matin et où vous raeevre; da nouveaux ordres.
Vous pousserai de suite, aussitôt votre arrivéa h Oppartshofap,
une forte reconnaissance sur Mùuster. La division Baaumont
sera à Buggenhofen. Marchez toujours avec beaucoup da pré-
caution.
Le même au général Beaumont
Vous partirez ce matin avec votre division pquf VPU^ por^r
à Buggenhofen, où vous devrez arriyer à 6 beuras du inatin
ayep votre téta de colonne, où vous recevrez de nouveau^
ordres. Aussitôt votre arrivée, vous pousserez des reconnais-
sances sur Schwarzenberg et sur Wôrnizsteini ^ oo 46rnier
village, elle pourra se réunir aux reconnaissances du général
Klein, pour pousser ensemble sur Donauwôrth.
La division Klein sera à Mauren, celle de Walther à Opperts-
hofen. Le Prince se rend à Bissingen, sur la route de Bingingen.
Bblliard.
Le même au général Baraguey-cTHilliers.
Son Altesse Sérénissime me charge de vous dire que son
intention est que vous restiez en position à Heidenheim aujour-
d'hui et demain, en vous établissant militairement. Le Prince
pense que toutes vos troupes doivent être réunies et bivoua-
quées comme le reste de Tarmée, afin d'être toujours en mesure,
si Tennemi venait attaquer. Le général Bourcier, avec sa divi-
sion, garde toujours le débouché de Geislingen et doit former
votre avant-garde. Je vous prie de le prévenir que vous restez
aujourd'hui à Heidenheim. M. le maréchal Ney était hier à
Gingen. Le Prince ne sait pas s'il a dû faire un mouvement
aujourd'hui.
Bklliard
7 OOTQBBB. 947
Rapport des mouvements, etc., du corps d'armée de réserve.
Journée du i5 vendémiaire an XIV (7 octobre 1805).
Le Prince, impatient d'arriver à Donauwôrth, fit partir ses
trois divisions de dragons à cheval à 2 heures du matin et les
dirigea par difTérents chemins pour déboucher dans la plaine
auprès de cette ville.
En route, le Prince fut instruit que les Français occupaient
Donauwôrth et que les ennemis, qui avaîept coupé le pont,
étaient sur la rive droite pour en empêcher le rétablissement.
Alors il donna ordre à la 2® division de dragons ainsi qu'au
bataillon de dragons à pied de se porter rapidement sur Munster,
où il se rendit lui-même.
Le pont n'était pas coupé^ on s'en servit, et le Prince voulant
envelopper tout le corps qui était en avant de Donauwôrth fit
déboucher la division Walther par le pont de Munster et ordonna
au général de se porter sur les derrières de Tennemi dans les
plaines d'Heisesheim et Nordheim, pour le combattre s'il faisait
rçsistance et le poursuivre rapidement jusqu'au pont de Rain
sur le Lech, dont le Prince voulait se rendre maître, avant que
les Autrichiens eussent pu le détruire.
Ce plan, savamment conçu, eût eu une entière exécution si
quelques coups de canon, tirés trop tôt des hauteurs de Donau-
wôrth, n'avaient pas débusqué l'ennemi, qui se retira avant que
la division pût arriver; il était 10 heures du matin.
Il fit pousser en même temps des reconnaissances sur Hôch-
stadt et PfafTenhofen.
Ces dispositions faites, le Prince fut à Donauwôrth, où les
deux autres divisions eurent ordre de se rendre.
Elles se mirent en bataille en arrière de la ville.
Le bataillon de dragons à pied fut établi à Munster pour
garder le pont.
Deux bataillons du corps d'armée de M. le maréchal Soult
passèrent le Danube dans des bateaux, pour protéger le réta-
blissement du pont; Son Altesse Sérénissime le prince Murât
fait embarquer son escorte, 150 dragons d'élite de la division
Klein commandés par le chef de brigade Watier, passe le
Danube et pousse en avant.
Son premier projet était manqué; il fit poursuivre Tennemi
248 CHAPITRE PREMIER.
sur le pont de Rain, et en même temps il ordonna à la division
Walther, dont le colonel Watier formait Tavant-garde, d'aller
passer au gué d'Oberndorf et de rabattre par la gauche sur la
ville de Rain et sur le pont pour tourner Tennemi.
Le Prince se dirigea sur le pont; Tennemi s'était retiré préci-
pitamment, avait passé le Lech et coupé deux arches du pont ;
les ordres étant donnés pour le rétablir, le Prince fut sur Obem-
dorf. L'avant-garde de 150 dragons d'élite avait déjà passé le
gué ; le colonel Watier, qui la commandait, se trouva en pré-
sence d'environ 600 hommes de cavalerie ; il n'hésita pas de les
charger malgré la supériorité du nombre et parvint à enfoncer
la première ligne, mais, assailli par toute la troupe, il dut faire
un mouvement rétrograde et attendre la division.
La cavalerie ennemie, qui était restée pour protéger la
retraite de l'infanterie et des bagages, ayant rempli son but,
quitta le champ de bataille. Le Prince passa presque à la nage
avec la division, poursuivit l'ennnemi sans pouvoir l'atteindre,
descendit le Lech jusqu'à Rain, y établit sa division et revint
par le pont de Rain qui avait été rétabli.
Les l»"® et *V divisions restèrent en position en arrière de
Donauwôrth.
Les dragons à pied et la ^^ division ont passé momentané-
ment sous les ordres de M. le maréchal Ney.
Marches et rapports historiques de la V" division
de dragons montés.
Ije 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
La division s'est portée sur les hauteurs en arrière et près de
Donauwôrth, où elle a été passée en revue par Sa Majesté l'Em-
pereur et y est restée la nuit au bivouac.
Jusque-là, l'armée n'avait éprouvé aucun obstacle dans sa
marche; les ennemis s'étaient toujours retirés à notre approche
et aucun coup n'avait encore été donné.
Parvenue à Donauwôrth, elle trouva le pont du Danube coupé
et gardé par de l'infanterie autrichienne, qui déclara avoir ordre
de s'opposer à son rétablissement.
7 OCTOBRE. 249
Quelques coups de canon suffirent pour terminer la discussion
et, dès le soir, le pont fut rétabli. Pendant qu'on y travaillait,
il fut choisi dans tous les corps de la division un détachement
de ioO chevaux, commandé par le colonel Watier, qui passa
dans des hateaux pour aller faire une reconnaissance à la rive
droite du Danube, et donner la chasse aux ennemis qui se trou-
vaient dans cette partie, et qui s'étaient retirés vers Rain. Le
détachement se dirigea sur ce point, mais, parvenu au pont du
Lech, il le trouva également coupé et gardé par des uhlans ;
pour passer cette rivière, il la remonta jusqu'à Obemdorf, et
s'y arrêta, pendant qu'on faisait reconnaître un gué.
Quelques tirailleurs traversèrent, non sans danger, cette
rivière à une demi-lieue au-dessus du village et furent immédia-
tement après suivis par tout le détachement. Ce ne fut qu'en
arrivant sur la rive gauche de l'Ach, qu'on aperçut l'ennemi
posté près d'Ober-Peiching ; quelques dragons mirent pied à
terre et commencèrent à tirailler en même temps ; d'autres tra-
versèrent la rivière et fondirent sur les vedettes, qui se repliè-
rent aussitôt; le peloton des tirailleurs les ayant suivis, le
colonel Watier fit mettre pied à terre à une division pour pro-
téger le gué en cas de retraite ; mais, comme l'ennemi conti-
nuait à se retirer, il fit passer tout son détachement, dont il cacha
la faiblesse en se couvrant à propos par des bois et des ravins.
On apercevait dans la plaine deux colonnes de cavalerie que
Ton estimait être de r>00 à 700 hommes, et plus loin sur le revers
de la montagne, au sud de Baier-Dilling, une troupe d'infanterie
dont on n'a pas connu la force.
Le jour commençant à baisser, et la retraite de l'ennemi
paraissant décidée, le colonel Watier plaça sa troupe sur un
rang et forma deux échelons, qui marchaient à une assez grande
distance pour en imposer sur leur force; on continua dans cet
ordre et en s'arrêtant souvent, jusqu'à ce que les tirailleurs
eussent balayé la plaine.
Il était nuit close quand le détachement arriva à une demi-
lieue de Pessenburkheim, sur la route qui conduit de Rain à
Aichach; le colonel Watier fit former ses divisions; il dirigea
ensuite sa troupe en colonne par quatre, sur Pessenburkheim ;
l'ennemi ayant été aperçu, l'officier qui commandait le premier
peloton reçut ordre de le charger en queue ; il n'avait pu encore
SKO CHAPITBB PBEHIER.
l'atteindre, lorsqu'il distingua en bataille très près de lui, toute
la cavalerie que Ton avait remarquée pendant le jour; dans le
même moment, Tennemi sonna la charge et fondit sur lui avec
impétuosité.
Quelques pelotons de uhlans cherchèrent è couper la retraite
au détachement, en se prolongeant à droite et à gauche de la
route qu'ils occupaient; dans cette circonstance embarrassante,
les officiers et les dragons, ne prenant conseil que de leur
propre courage, passèrent le fossé qui les séparait de Tennemi,
et tombèrent avec une telle ardeur sur les pelotons qui avaient
presque gagné la queue de la colonne, qu'ils les culbutèrent et
les poussèrent dans le plus grand désordre ; on sonna le rallie-
ment, mais l'ennemi survint en si grande force, que ce ne fut
que 400 pas plus loin que l'on put se former; le détachement se
porta de nouveau en avant. Mais l'ennemi avait disparu. On se
retira en bon ordre sur Rain.
Dans cette affaire, qui fut extrêmement vive, les uhlans eurent
3 hommes de tués et considérablement de blessés, à en juger
par les armes des dragons, dont grand nombre se trouvèrent
ensanglantées; on leur prit 6 hommes et 8 chevaux. Les dragons
eurent 1 homme de tué, SI blessés et 8 prisonniers.
/.e m&réche^l Soult au g^riéral V^fc/ainmo*
Donaaworth, le 15 vendémiaire an xiy (7 octobre 1806). .
Monsieur le (jénéral,
La division que vous commandez prendra position à gauche
de Donauwôrth, et vous disposerez le 24« d'infanterie légère sur
les deux rives du Danube pour protéger l'établissement du pont.
Les trois régiments de cavalerie légère se réuniront sous les
ordres du général Margaron, en arrière de Donauwôrth, et se
tiendront prêts à passer le Danube aussitôt que le pont sera
rétabli.
Son Altesse Sérénissime le prince Murât m'ayant prévenu que
ses troupes prenaient poste en avant du pont de Munster, vous
voudrez bien en faire retirer celles de la division que vous com-
mandez.
1 OCTOBRE. 281
Je vous invite à faire établir les gardes nécessaires aux maga-
sins que les Autrichiens ont laissés dans la ville, à charger votre
commissaire d'en faire le dénombrement. Il m'en rendra immé-
diatement compte; vous lui prescrirez de faire cuire la plus
grande quantité de pain possible, de le faire réunir à celui que
la ville aura livré par suite des réquisitions qui lui ont été
faites, pour qu'il en soit disposé sur un nouvel ordre que je don-
nerai.
J'ai l'honneur Soolt.
P,'S. — Renvoyez, je vous prie, au 8« régiment de hussards,
les hommes de ce corps qui font près de vous le service d'pr-
donnance.
U murécfta/ Sqult ^ /'Empensfur.
I^ 15 yendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Sire,
Ge matin Fennemi gardait encore le pont du Danube à Donau-
wôrth; à l'arrivée de la compagnie d'artillerie légère, quelques
coups de canon l'ont forcé à s'éloigner; en ce miEiinent op tra-
vaille au rétablissement du pont, et j'espère que dans quatre
heures il sera en état.
J'ai fait passer le Danube à un bataillon du 24® d'infanterie
légère ; il est sous la protection de nos batteries et ne peut être
compromis.
Le général Vandamrae s'était aussi emparé pendant la nuit
du ppiït de Mûi^^ter (i|ae Ijepe ^u-dessus dp Don^iuwQrth) que
Tennemi a laissé intact ; un bataillon du 24® d'infanterie légère,
deux escadrons du 11« régiment ^p ph^sseuf^ pt ^^ux pièces
de 4 le couvrent en avant. Son Altesse Sérénissime le prince
Murât y a déjà porté une de ses divisions, et, sur sa demande,
j'en fais retirer les troupes de la 2« division qui s'y trouvent.
Le Prince a déjà fait passer le Danube à un escadron.
Le régiment de Joseph Colloredo, autrichien, défendait le
pont de Donauwôrth, il avait 1000 hommes dans la ville et le
restant à Nordheim ou le long du Danube ; 800 à 900 hommes
252 CHAPITRE PREMIER.
de cavalerie étaient répandus dans la plaine; Tennemi s'est
retiré vers le Lecb.
Le maître de poste de Donauwôrth assure que les Autrichiens
ont du côté de Rain 25,000 hommes sous les ordres des généraux
Kienmayer et Gottesheim ; il assure aussi que le général Mack y
est arrivé, et enfin que les Autrichiens veulent se défendre dans
cette partie ; cet homme était effrayé, et je suis persuadé que la
peur lui a fait grossir le nombre. Aussitôt que la cavalerie
pourra passer sur le pont, je ferai battre la plaine pour tâcher
de faire quelques prisonniers.
La division Vandamme arrive et va^ prendre position à gauche
de la ville.
Les deux autres divisions suivent, mais sont encore éloi-
gnées.
J 'ai rhonneur Soult.
P.-S, — Dans Tinstant, on m'amène 10 prisonniers du régi-
ment de CoUoredo ; ils disent qu'il y avait dans cette partie le
régiment d'Erbach avec le leur, ainsi que les hussards de Liech-
tenstein ; qu'à Rain il y a un grand camp dont ils n'évaluent
pas la force, mais il paraîtrait que c'est celui du général Got-
tesheim qui s'est réuni au général Kienmayer. Ils confirment
qu'il y a toujours beaucoup de troupes à Ulm et que l'archiduc
Ferdinand ainsi que le général Mack sont à Constance.
Le maréchal Berthier au maréchal Davout
Sur le pont do Donauwôrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Je vous préviens que les dragons aux ordres de M. le maréchal
Murât, et le corps de M. le maréchal Soult, ont en partie passé
le Danube. L'Empereur va entreprendre de forcer le passage du
Lech.
Sa Majesté désire. Monsieur le Maréchal, que vous fassiez atta-
quer la tête du pont de Neuburg et que vous tâchiez de commu-
7 OCTOBRE. 253
niquer avec la division du maréchal Soult qui marche sur le Lech.
Vous devez tâcher de communiquer entre l'embouchure du Lech
et Altesheim.
Maréchal Berthibr.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney.
Nftrdlingen, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'Empereur vous trouve très bien placé à Giengen.
Le Danube vient d'être passé à Donauwôrth par le maréchal
Soult ; l'ennemi parait très en force à Neuburg pour défendre le
Lech. L'intention de Sa Majesté serait d'attaquer actuellement
Ulm ; vous l'attaqueriez par la rive gauche du Danube et le ma-
réchal Soult par la rive droite ; mais, comme le maréchal Soult
ne peut être dans le cas de marcher que demain matin, faites-moi
connaître, par le retour de mon courrier, si l'ennemi a encore du
monde à Ulm et ce qu'il y fait.
L'Empereur ferait en même temps marcher sur Augsburg et
Landsberg, pour couper tout ce que Tennemi aurait encore sur
l'Iller.
Emparez-vous de Gundelfingen et Lauingen, ainsi que d'un ou
deux ponts sur le Danube, afin que si, d'après les nouvelles que
l'Empereur va recevoir, Sa Majesté voulait vous faire marcher
sur le haut Lech, vous puissiez le faire par une marche de flanc.
Envoyez aussi des patrouilles de cavalerie sur Donauwôrth,
afm que nous soyions maîtres de toute la rive gauche et, par là,
nos communications seront très faciles.
Maréchal Berthier.
Nôrdlingen, le 15 Tendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Ordre à toute l'artillerie du général Gazan et à toute la réserve
du maréchal Lannes de se mettre en marche, aujourd'hui, pour
Ellwangen(l).
Maréchal Berthier.
(i) Nous donnons sous toutes réserves cet ordre étrange, qui ne nous
SB4 CHAPTTRB PREttlER.
Lb prinoe Murai à rEmperùur.
J'ai l'l\ouneur de rendre compte à Votre Majesté que lorsque
j'ai reçu Tordre de Votre Majesté de passer le Lech, le colonel
Watier Tavait déjà passé à Obemdorf, où je vais passer avec les
trois réginienis de Soult et les cinq de Walther. Je donnerai ordre
de reconnaître t'*riédbci^, sur la rolllé d'AiigSburg à Munich, et
Neubiirg qui dut être évacué. J'ai vu revenir de la cavalerie et
de Tinfanterie de ce côté. On a reconnu Mertingen. Il n'y avait
personne à xVugsburg. Le quartier gétiéhd étaii etibore hier à
Memmingeâ, où e^t toute l'at*tnée, e*e^t-à-dire tt qui ne s^était
pa» entore porté M avant.
{Sans date.) MuftAT.
Le maréchal Soiift à fEmjMreiAr.
Le 15 rendéaikire aa ut (7 ociobr» 1805).
Slf^,
J^ai quitté to prtnee Murât à Obemdorf « au momeiil où Son
Altesse se disposait à passer le Lech avec la cavalerie légère du
!• corps d*armfe ; depuis quatre heures, le colonel Watier, arec
iro dragons, e*t sur la rive droite de celte ririère, mais le Prince
n^avait encore reçu aucun rappoH.
i.Vnnemi a évacué Rain à 6 hetffe« du soir cl le bailli est Tenu
de suite près le général Candras. qui était sur la rire droite, lui
faùre offre de service : il s est nié me empressé d envoyer des oo-
>ricr!i p^mr réparer le pi»nt. mais ne l'ayant pas ^u. je n'ai pu loi
faire des questions.
t*: ivnau ^ue jor ud«' cvkfà* tiu r^^tstr* de Berlhifr, où k* *fT«un *k
noîus j^r:f*v5 .ils>Qd<eat. Pir ffvemplt*. ro4rdn* prw^t^nt, di>iit roriiinAl
^^\i>:<' Auv Arvh-.Tç^ du pciiKv ^i^ U Moi*ài>w:i, i <êtc rwofi^ sur W
: ov>:.,-; a:: * vu d^ r< f*A*f T^o^: G'hL-**^.'*^ i^-p^*. xu LiT^a ^«f G^Md/iimfem,
7 OCTOBRE. 2BB
Je crois que le pont sera entièrement rétabli à 2 heures du
matin, déjà les jjbutres d'utte des délit travées sont placées.
J'ai donné ordre au général Candras d'occuper Rain avec un
bataillon du 21** d'infanterie légère ; depuis six heures il y a deux
compagnies, en avant du pont, qui couvrent les ouvriers.
J'ai fait établir la 2« division en avant du village de Gender-
kingen, mais elle a laissé le 57^ régiment en avant du village dé
Nordheim pour couvrir le pont de Donauwôrth.
La 3« division est en position entre Donauwôrth et le village
de Berg.
La l''c division occupe la position à gauche de la ville.
La 4® division arrive aujourd'hui à Nôrdlingen et demain se
rendra à Donauwôrth.
J'ai l'honneur de supplier Votre Majesté, d'avoir la bonté de
me donner ses ordres sur la nouvelle direction à donner au 4® corps
de son armée.
J'ai l'honneur Soult (1).
Le maréchal Berthier au maréchal Scult
DonauwArth, lo !*> vondémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Le bataillon que le général Legrand avait laissé pour garder
Donauwôrth y restera jusqu'à ce (|u'il soit remplacé par un ba-
taillon d^ la division Suchet.
Le général Suchet, à son arrivée, prendra position en avant
du pont, derrière le général Saint-Ililaire, on, si le général Saint-
Hilaire est parti, il prendra sa place.
Maréchal Berthier.
(i) Le même jour, Soult réduit le nombre des cavaliers d'ordonnance
détachés auprès de lul à 4, et celui des cavaliers fournis à chaque
division d'infanterie à iO.
256 CHAPITRE PREMIER.
Le maréchal Berthier au général Lagrand.
DOnauw(}rth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Ordre au général Legrand de partir demain, à 5 heures du
matin, avec sa division pour se rendre sur le Lech du côté de
Rain : il enverra demander des ordres au maréchal Soult qui se
trouve sur ces positions.
Maréchal Bbbthibr.
Le maréchal Berthier au général SainUHilaire.
Donaaw»rth,«Ie 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Ordre au général Saint-Hilaire de passer demain, à 7 heures du
matin, le pont de Donauwôrth et de prendre un bivouac sur deux
lignes, à une demi-lieue en avant du pont, ayant avec lui son
artillerie, pour être à même de se porter sans retard où les cir-
constances Texigeraient.
Maréchal Bbrthibr.
Le maréchal Berthier au général Suchet.
Donaawnrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Il est ordonné au général Suchet de partir demain 16 (8 oc-
tobre), à la pointe du jour, pour se rendre à Donauwôrth avec
toute sa division.
Maréchal Berthibb.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney,
Donauwôrth, le 15 vendémiaire an xiv (7" octobre 1805).
Ordre au maréchal Ney de se tenir où il est, de faire des recon-
naissances sur Ulm ; prévenir Tétat-major de tous les mouvements
(|ue l'ennemi fera, soit^ur la rive droite, soit sur la rive gauche.
7 OCTOBRE. 237
Qu'il se prépare à passer le Danube, afin qu'il puisse le faire, du
moment où il lui en sera donné Tordre.
Le prévenir que le maréchal Davout passera à Neuburg et le
maréchal Bemadotte à Ingolstadt.
Maréchal Bbrthier.
Le maréchal Berthier au maréchal Lannea.
DonauwOrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Donnez Tordre à la division de grenadiers de se rendre au pont
de Munster; et à l'artillerie de rejoindre demain 16 {8 octobre).
Donnez ordre à votre cavalerie de passer le pont à la petite
pointe du jour et d'éclairer la route qui va de Dillingen à Augs-
burg; elle scr cantonnera dans la plaine.
Maréchal Berthier.
Le maréchal Berthier au général Gazan.
DonauwOrth. le 15 vendémiaire an xnr (7 octobre 1805).
11 est ordonné au général Gazan de se rendre à Neresheîm, et
au pont de Munster, aussitôt qu'il le pourra c de Aalen, il passera
par Neresheim, Eglingen, Amerdingen (Marsal), Bissingen et, de
là, à Munster.
L'artillerie de la division Gazan, de Neresheim, passera par
Nôrdlingen.
Maréchal Berthibr.
Le maréchal Berthier au général Baraguey-d'Hilliers.
Donanwdrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
11 est ordonné aux dragons à pied de se porter, le 16 (^ oc-
tof/re)^ à Neresheim.
Maréchal Berthier.
m. 17
S58 CHAPITRE PREMIER.
Le maréchal Benthier au général Bourcier.
DonaawArth, le 15 rendémiaire au xtv (7 octobre 1805).
I] est ordonné au général Bourcier de se porter, le 16 (8 oc-
tobre). à Neresheim.
Maréchal Bertuirr.
Le maréchal Berthier au maréchal Besaières.
Donauwftrth, le 15 vendémiaire an xtv (7 octobre 1805).
Il est ordonné à toute la cavalerie de la Garde de partir demain
16, avant le général Suchet, c'est-à-dire, avant la pointe du jour,
avec son artillerie, pour se rendre à Donauwôrth, où il est néces-
saire qu'elle soit à iO heures du matin.
Ordro à toute la division de la Garde de partir demain i6
(S octobre) y à 7 heures du matin, pour Donauwôrth.
Même ordre au grand (|uartier général.
Maréchal Bbrthibr.
Le maréchal Berthier au maréchal BeaBièrea.
Donaawnrth, le 15 yendémi&iro an xiv (7 octobre 1805).
L'inranterie de la Garde sera logée dans Donauwôrth.
Un bataillon bivouaquera en avant du pont et des consignes
seront données.
La cavalerie de la Garde bivoua(|ucra sur les hauteurs, devant
Donauwôrth.
Maréchal Berthier.
Le maréchal Berthier au général d*HautpouL
Donaawôrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
11 est ordonné au général d'Hautpoul, du moment où il sera
7 ooToflftK. 259
arrivé à Nôrdlingen, de sd diriger sur Donauwôrth, où il atteti-'
dra de nouveaux ordres.
Maréchal Bbethibr.
Le maréchal Berthier au général de Nànsouty.
Donauwdtih, té 15 vendémiaire an xrv (7 octobre 1805).
Ordre au général de Nanaouty de partir demain à 5 heures du
matin pour bivouaquer sur deux lignes, à trois quarts de lieue
en avani de Donauwôrth ; il sera là avee son artillerie^ et tout
le monde restera au corps, a(in qu'il puisse se mettre en moUvc-"
ment au premier ordre. Il fera cependant faire la soupe aux
cavaliers*
Maréchal Bkrthibr.
Le maréchal Berthier au maréchal Bernadotte.
t)onaaw6rih, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
L'Int^titioti de TEmpereur est que vous vous portiez le 17
(9 mtgbte) sur Ingolsiadt, que tous vous en empariez, que vdtis
rétablissiez le pont et que vous fassiez passer le Danube au
corps bavarois.
Maréchal Berthikr*
Le géhéral Baraguey-d^Hllliera au maréchal Berthier.
J'ai rbonneur de vous rendre eompte qu'en exécution de vos
ordres, en date d'hier^ écrits à Aalen, j'ai pris une position
militaire en avant d'Heidenheim, dans la vallée de la Brenz, à
l'effet de couvrir parfaitement les routes de Gôppingen, d'Aalen,
de Neresheim, de Giengen, d'Ulm et de Gundelfingen. J'ai
envoyé des découvertes et des détachements sur Ulni, Gundel-
fingen et Lâuingen, j'ai jeté de iiotnbreux partis entre la rouie
de Weissenstein et d'Ulm. Jusqu'ici il ne m'est parvenu aucun
rapport digne d'être présenté. J'ai envoyé un officier au général
Bourcier pour le prévenir de ma position. Le général Graindorge,
CHAPITRE PREMIER.
qui commande une des brigades de la division Gazan, m'a pré*
venu de sa position à Ober-Koehen.
L'ennemi, jusqu'à présent, ne se montre pas. L'artillerie delà
i® division de dragons vient de m'arriver et je sais que cette
division traverse les montagnes qui séparent le cours de la Fils
de celle de la Brenz en se repliant sur Heidenheim.
Baraguet-d'Hillibrs.
Je vous ferai porter ce soir la liste des convois qui seront
passés à Heidenheim.
J'ai l'honneur de vous prévenir que mes administrations sont
toutes incomplètes, que je n'ai aucun autre employé d'ambu-
lance qu'un économe et que j'ignore sur quels points je dois
diriger les soldats malades ou blessés qui ont besoin des soins
d'officiers de santé.
{Sans lieu ni date,)
Le général Baraguey-d'Hilliers au maréchal Berthier,
Kn exécution de vos ordres, en date d'hier, j'ai l'honneur de
vous adresser l'état des voitin*es qui ont passé ici dans le courant
de la journée et dont j'ai fait diriger la marche sur Neresheim
et Donauwôrth.
Je conserve mes positions dans hi gorge de la Brenz. J'ai
vainement clierché à communiquer avec le général Bourcier
dans le courant de la journée par ^ officiers que j'ai envoyés à
sa rencontre sur la route de Gross-Sùssen. On ne Ta trouvé nulle
part. L'artillerie de sa division est arrivée ici par ses ordres,
mais malgré toutes mes recherches je n'ai pu encore le décou-
vrir, ni être informé de sa direction. J'attends vos ordres.
Baraguby-d'Hillirrs.
P.-S. — Un maréchal des logis, chargé d'ordres pressés de
votre part pour le général Bourcier, m'annonce l'avoir vaine-
ment cherché aussi et n'a pu les lui remettre.
{Sans lieu ni date.)
7 OCTOBRE. 261
État des voitures qui ont passé à Heidenheim
le 15 vendémiaire an XIV (7 octobre 7805).
8 Toitures pour le 2« régiment de (7 chargées de pain.
dragons à pied, dont (1 de bagages et hommes blessés.
2 Toitures pour Tétat-major du 2« régiment.
1 Toiture d'un cantinier du même régiment.
2 Toitures pour le commissaire des guerres.
1 voiture à un chcTal, aTec des équipages du 10® chasseurs à chcTal
(corps d'armée du maréchal Ney).
24 Toitures menant les effets d'ambulance de la dÎTision de dragons à
pied,
'i Toitures Tides suiTant cette ambulance.
Pour la division de dragons à pied :
10 Toitures chargées de pain.
i Toiture chargée d'avoine.
(Elles suivent Tambulance).
- * 1 chargés des équipages du A* régiment.
4 Toitures chargées de pain pour le même régiment.
i Toiture pour un cantinier.
2 Toitures pour le général de division.
Pour la i""® division de dragons à chcTal :
43 Toitures chargées de 51 tonneaux de biscuit.
1 Toiture de pain.
3 voitures chargées d'effets d'ambulance.
1 voiture à deux chevaux conduisant du pain pour l'état-major de la
division de dragons à pied.
16 voitures chargées de pain et d'avoine se rendant au quartier général
du prince Murât.
Pour la 3® division de dragons k cheval :
3 voitures portant des eff*ets d'ambulance.
1 voiture chargée de Tiande.
2 voitures chargées de pain pour le corps du maréchal Ney.
Le détachement d'artillerie légère faisant partie de la division des dni-
gons à pied.
Pour le 1«- régiment de dragons à pied :
3 voitures chargées de pain.
4 voitures chargées de biscuit.
5 Toitures de bagages.
1 voiture de cantinier.
^8 CHAPITRii PBEHIBR.
Pour la i'* diTision de dragons à cheyal :
5 voitures chargées d'avoine.
i Toitun^ chargée de bagages.
i voiture à deux chevaux chargée de pain.
i cantjnier pour le cQrp9 du maréchal Ney,
10 voitures conduisant dq pain, du biscuit, dfi la f&rine et ie Teau-de-
\ie pour le corps du n)Aréc|iaI I^ey,
Pour la i'® division- de dragons à cheval :
5 voitures menant de Tavoine et des équipages.
i fourgon.
4 cantinier.
Pour la 3* division de dragons à cheval :
3 voitures chargée* de vin.
2 voitures chargées d*avoine.
1 voiture chargée de viande.
12 voitures chargées d'avoine pour le quartier général du prince Murât.
1 1 voitures conduisant du pain et de l'avoine pour le corps du maré-
chal Ney (division du général Loison).
Pour une division de dragons à cheval :
5 voitures d'eau-de-vie et d*avoine.
4 voitures de pain.
1 cantinier du 1"' régiment de dragons à pied.
1 voiture conduisant les effets des pontonniers pour le corps du maré-
chal Ney.
Pour la 4* division de dragons à cheval :
2 voilures d'équipages.
1 fourgon.
2 cantiniers.
1 voiture de bagages de la 25" légère (corps du maréchal Ney),
Pour le 3" régiment de dragons h cheval :
2 voitures d'avoine.
5 voitures do bagages.
Pour la 2* division do dnigons à cheval :
1 voiture portant de la viande.
8 voitures des équipages.
1 caisson.
2 voitures portant du pain pour le i« régiment de dragons à pied.
\ voiture d'eau-de-\ie.
1 voituro chargée d'effets d'habillement et havresaci.
(Os voitures étaient conduites par des dragons du 869 à cheval.
Ils n'en suivaient pas la destination.)
7 OOTOBRB. 363
8 voitures chargées d'avoine et de vin pour la 3* division de drafi^oni
à cheval.
S4 voitures charg(^es d'avoine pour le porpa du maréchal Ney.
45 voitures vides pour ramlmlance du corps du maréchal Ney.
3 voitures avec dos effets d'ambulance.
(On n*a pu savoir pour quelle division ; elles en attendaient deux
autres qu^elles avaient perdu de vue depuis plus d*un jour.)
8 voitures d'équipages du 21* dragons \ cheval, pour les selles et
portemanteaux dos chevaux blessés.
\ fourgon du 11* dnigons îY cheval.
^ . 'I équipages de la S* brigade.
7 voitun.^s de fourrages, faisant partie du même convoi et se rendant
toutes h l'état-major général.
S e^irrioles à deux chevaux pour Tarmée du maréchal Ney (dans Tune
un officier, dans Tautru un employé, de son armée,}
4 oarriole k deux chevaux |>our des officiers de la 4* division de dra-
gons k cheval.
i carriole jY trois chevaux ..) w, , .. , ,
i carriole à quatro ch.yau,. | " " ^ '''"" P*"**""" ''"''«»''•
4 carriole à deux chevaux. (Il n'y avait personne.)
1 carriole à deux chevaux où était un général attaché à l'état «mi^or
du prince Murât.
4 carriole à deux chevaux. (Il n'y avait personne dedans.)
2 carrioles à deux chevaux.
48 calissons de munitions d(^ guerre pour h^ maréchal Ney.
Dispositions de marche du 6* corps d'armée
pour le 15 vendémiaire an XIV (7 octobre 7905).
Le corps d'armée devant prendre position, face an Danube, la
droite vers Lauingen, la gauche vers Steinheim, il devra mar-
cher la gauche en tète.
La cavalerie légère s'assemblera à 8 heures du matin à Gun-
delflngen, où elle attendra l'arrivée des dragons; elle flanquera
alors la marche sur la droite de l'armée. Le 40^ de chasseurs se
tiendra à la hauteur de la tctc de la 3® division. Le i^^ et .1" de
hussards marcheront à la queue de la i^^ division.
Le 10"^ do chasseurs poussera des reconnaissances en avant
sur la direction de Donauwôrtb.
Les escadrons attachés à chacune des divisions ouvriront la
!264 CHAPITRE PREMIER.
marche pour la 3® division et flanqueront pour les autres divi-
sions.
A son arrivée à Hôchstàdt, le 10® régiment de chasseurs
bivouaquera et détachera un escadron sur Bleinheim et Grem-
heim. Le chef du détachement informera de suite le général de
l'état des ponts qui peuvent se trouver sur le Danube auprès de
ces deux endroits.
Le même régiment poussera des reconnaissances en avant
sur Schweningen.
Le 3® de hussards bivouaquera entre Lauingen et Feimingen.
Le i^»" de hussards sera placé sur le front, près de Dillingen.
Ces deux derniers régiments pousseront des reconnaissances
sur la rive droite du Danube, si le pont de Dillingen existait
encore, les reconnaissances seraient dirigées sur la grand'route;
dans le cas contraire, on les dirigeraient sur un point où il y
aurait un pont.
La 3® division marchera la première, la gauche en tête. Elle
sera précédée par une avant-garde (jue composera le général
Malher. La marche de la colonne sera ouverte par le 59« régi-
ment, marchant par la gauche. La division partira à 6 heures
du matin, se portera par la traverse directement sur Herma-
ringen et suivra, de là, la chaussée par Gundelfmgen.
Elle bivouaquera sur les hauteurs, au delà de Dillingen, la
gauche près de Steinheim. Ce dernier village sera occupé par
cinq compagnies du "-l^ bataillon du o9« régiment.
Si le pont du ])anul)c existait encore au delà de Steinheim, on
placerait le reste de ce bataillon à la gauche du pont.
Si rartillerie de la division ne peut pas suivre la traverse sur
llermaringen, on la fera passer parla route de (nengen.
La ^^^ division partira de (iiengen à 7 heures et prendra la
mémo route que la 3«, depuis llermaringen.
Lors([ue cette division sera arrivée à Dillingen, elle bivoua-
quera sur les hauteurs qui sont à gauche de la ville, de manière
que Tailc droite y sera appuyée ; le l*^"^ bataillon du (>" régiment
d'infanterie légère fournira des postes à Morslingen, Attheim,
et au moulin à gauche.
La 1""^ division partira dUerbrechtingen à G heures et suivra
la chaussée par llermaringen; cette division bivouaquera sur le
plateau outre Lauingen et Dillingen, la droite, près de Lauin-
7 OCTOBRE. 265
gen ; la gauche, près de la chapelle Lauingen, sera occupée par
le l®*" bataillon du 9® régiment ; quatre compagnies de ce batail-
lon seront à la garde du pont. Le 12^ bataillon du même régiment
établira un poste à Wittislingen, un au moulin à papier qui se
trouve à droite de ce village, et un 3« à Schabringen.
Le parc d'artillerie partira à 5 heures i/2 pour marcher entre
la 2® et la i'® division, et s'établira en arrière de Dillingen.
Le parc des vivres suivra celui de Tartillerie.
L'escorte sera fournie par le 96® régiment d'infanterie qui
marche en tète de la l"' division.
Une compagnie d'éclaireurs du 25« régiment d'infanterie
légère se dirigera de Giengen sur Lauingen, par la route de
traverse qui passe à Saxenhausen. Cette compagnie se rendra
de suite à son corps à Dillingen.
Le quartier général sera à Lauingen.
IjC Maréchal d'Empire^
Nby.
Le service des vivres étant assuré, les chefs devront tenir la
main à ce que les troupes observent la plus exacte discipline,
car tous les excès seront sévèrement punis.
Le maréchal commandant en chef, espère que le 6® corps
d'armée, qui s'est distingué jusqu'à ce jour, continuera à montrer
l'exemple du bon ordre et de la discipline militaires.
Le maréchal témoigne sa satisfaction à toutes les troupes
pour la précision avec laquelle elles ont exécuté les marches
jusqu'à ce jour. Il rappelle à MM. les généraux et chefs de corps,
que la marche par quatre files n'est nécessaire que dans les
routes de traverse ; sur les grandes chaussées et surtout pour
entrer militairement dans les places, il faut rompre simplement
les sections par les procédés de l'ordonnance.
Les généraux, en fixant les haltes, devront obser>er de choisir
à cet effet, un endroit éloigné au moins de 10 toises de la route.
Les troupes devront s'y mettre en bataille et former les faisceaux
d'armes dans un ordre militaire.
{A. M.)
KM rilAlMTRE PKEMIBR.
ti' cours HAHMf.K.
Le Général chef de l' état-major j^enéral A M. le f^énéral Dupottt.
ll'irhtUdt, ■■• Il vfnilciiitAirr an iiv iT Arui»rr I» Jfr
MniiNinir Ir liriiinil,
l.i'H tti\i«.i4ins ilii 1^ iMiqt^k li[\4iuiit|iipri»iit mijniinl'liiii dun» i»
|»oi»ittiiii iii|iiiiri^«' t*ii iirnrrt' il'l|iirh«it.i«lt. la ilrmlr a llri^nhufvD
t't 1.1 tiaiirhi- .1 Siiiiilfrhi'iiii.
I.i« i|iiiirlii'r t!f*ri«'nil ili' l.i I'' ili%i*iiiiii. n Ili*iiii*nhi»r<*n . I|i»r^-
Iini:pii M*rj« iM'iMipr par un iKitiulIiHi il infaiit«*rir kiii*rr ri l.ul-
/ini!**ii par un iiiiln* liiitnilliin
l.r i|iijrtii'r iii'iiiT.il ilr l.i :!' ili\ i^um, a l|iK'li«t.u1t. ••! rrlni dr U
.'f. .1 Itliiiilhrini.
IITu'list.iiit NiT.i «M-riipi* p. Il ipMiri' riiiiipa;:iiirs. ipii ;»*.inlt*r«*Dl
l<> piiiit Niir If iViiinlii' i-l riiiiiiiinnit Ir^ ir.inlt'H ,iii\ pti%tr«
1 11 l».-il.iilliiri (lu -J'î' il inr.iiittrii' li-::rrf «.rra liMiiii.npii' m a^adI
ilii \ill.iL'i' lir liliiiilliniii. uMriIfT.i If puni «kur !•■ iKinnlM' «nr et
piMiil t*l riivrrr.i ilt'iix rnhipa^UH**» a la ftaiirhi* itu ^ill<u:t Je
<iii-hilM*un pnni j.i L'.inlf ilii pnni «pu m« troii\i* Mir 1«* l'Aiiubc.
l.,i i-.i\.i|fiif .lU.iflirf .(ii\ ilivi«iiiiii^ pitiUfetT^i ilr« rr«'«iiinai»*
%ani'f«^ «lu |.i ri\f ilrnili' iln li.innlif . sur hin»vban;:rn. \\>rtiii*:rn,
iM'iillriilpili-n ft Mfitinjfii, pniii a\iiir lirn riMi^ci^iirinriiU nur U
P«i<»iti<*n. Il imrf fl IfN iiiiiii^('ni<-nU lit* I cMiii(*nii.
I.f p.iir fl .irtilIfiH- N ft.tliiii.i III .iiiiiTf il lliirliktaiil.
I.«*H ilrlaflifiiiriit^ «N* «M\ali-iii- ■ (alili^ .i liillm^fn, ||iinUnt le»
piiiil^ ilf Laiiiiu'i-n. Ihlliiijrii •'! Mrintiriiii, > ff^U^niut jiift«|u a
niin\rl tifilir
l.««<» tli\ l'^hMi^ ^1' tiftiiliMhi pfi If» .1 paitii •Ifinain, m •'• hfurr»
Hii in.itin. p"Mi sf iliiii^fi «'iii |ii<h.iiiuiirl)i
I 1 i.i\ liiiM l*i\<iii.iipiii.i .1 j.i iliiiitf ilr Mi'inhriin, a)aiil U
r |\ Hîr* >l \.\:^V Mir ^'ifl lî'ilil
l-.lif it.iMii.i i:ii p"«t< 1 h.iii.iii.iltlH ifii ft frra tli*» |»Atni(ii|lrtt
>■!• \\ .(ti^iinjf II. • >!• i!i^>'i.i .iii*>«i ilr« p.itr<iiiillr« kiir la nir
:t> • ii.rx.tx ^>.r 11 iii' • l'-iii lif /ii^ainalllirini
I . ; ! . ' ^ )..(.. II... t.sl ,.||
hi T%nLi«
7 OCTOBRE. «67
Le générAl Dutaillia au générs^l Tilly,
LariaghoB, le in ▼endémiairt an »▼ (7 octobrs 1805).
Le maréchal me charge de vous prévenir que vous devez laisser
à Dillingen i capitaine intelligent avec iO hommes.
Il bivouaquera en arriéra do cette ville, gardera le pont sur le
Danube et ne laissera passer qui que ce soit sur la rive droite. Il
laissera 6 hommes et i brigadier à Lauingen pour la garde du
pont et ne laissera également passer personne. 11 mettra un poste
de 10 hommes au pont de Steinheim avec la même consigne ainsi
qu*à Hôchstadt.
Le soir, à 8 heures du soir, le poste de Lauingen se reploiera
sur celui de Dillingen, celui-ci sur Steinheim, ensuite sur Hôch-
stadt où rofHcier prendra poste.
Demain 16, il partira à 9 heures du matin pour suivre le mou-
vement de l'armée qui se dirige sur Donauwôrth.
Dans tous les postes qu'il occupera, il se gardera militairement
et poussera, sur 1h riva droite du' Danube, de petites patrouilles
pour avoir des nouvelles de Tennemi ; s'il apprend quelque chose
d'important, il enverra sur-le-champ un courrier au maréchal,
dont le quartier général sera à Schwoningen.
Le maréchal ayant reçu Tordre de se rapprocher le plus pos-
sible de Donauwôrth, Tarméc continuera sa marche par Lauin-
gen, Dillingen et Hôchstadt et se dirigera sur Schweningen, où
elle prendra position.
Il sera envoyé de nouvelles instructions sur remplacement que
la cavalerie devra occuper.
{A . M.) DUTAILUS.
Ordre aux troiê Généraux de ofiV/t/on.
Le 15 vendt^miaire an xiv (7 octobre 1806).
Le maréchal ayant reçu Tordre de le rapprocher le plus pos-
sible de Donauwôrth, Tarmée continuera a marcher dans Tordre
prescrit, pour se diriger par Dillingen et Hôchstadt sur la direc-
tion de Schweningen ; il vous sera envoyé de nouvelles instruQn
tiens sur Templacement que votre division devra occuper.
CHAPITRE PREMIER.
Vous ferez, dès la halte, régler la marche de manière à fatiguer
les soldats le moins possible.
Le maréchal établira son quartier général à Schweningen.
{A, M,) DUTÂILLIS.
Le général Dupont au maréchal Ney.
Deisenhofen, le 15 vendémiaire an xit (7 octobre 1805).
La division est arrivée, à il heures, au camp de Deisenhofen.
Sa marche a été beaucoup retardée par le parc d'artillerie. Elle
occupe maintenant les positions que vous avez indiquées, elle se
tiendra prête à partir au premier signal. J'ai cru devoir placer
un poste d'infanterie légère à Lauingen, pour la garde du pont,
et un autre à Steinheim, sur le chemin qui conduit au camp.
J'ai l'honneur de vous saluer.
(A, M.) Dupont.
Le général Malher au maréchal Ney,
Âu quartier général de Blindheim, le 15 vendémiaire an xiv
(7 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous rendre compte du départ de ma division
de sa position de Giengen, à 6 heures du matin. Je lui ai fait
distribuer le pain à Brenz et elle est arrivée à sa position au-
dessus d'Hôchstàdt à 4 h. 1/2 après-midi ; le pont de Blindheim
est gardé par trois compagnies de voltigeurs et celui de Grem-
heim par deux compagnies de carabiniers ; j'occupe, avec trois
compagnies de grenadiers, le village de Blindheim. J'ai fait oc-
cuper, par des compagnies, les villages de Weilheim, Nebelbach,
Glauheim et Obcr, pour les préserver des dégâts que pourraient
leur occasionner le voisinage des camps ; le quartier général de
mes deux généraux de brigade est à Sonderheim. La troupe est
prête à partir demain, à 5 heures du matin, si vous m'en faites
passer Tordre. J'aurai l'honneur de vous faire parvenir, demain,
le croquis de la marche d'aujourd'hui.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect et
de mon attachement.
{A, M.) Maliier.
7 OCTOBRE. 269
5* CORPS d'armée.
Emplacements du 15 vendémiaire an XIV (7 octobre 1805).
Quartier général : liôchstàdt. -
Les trois divisions d'infanterie ont bivouaqué en arrière d'Hôch-
stadt, la droite à Deisenhofen et la gauche à Sonderheim.
/'« division : Deisenhofen.
1 bataillon d'infanterie légère à Môrslingen.
1 — à Lùtzingen.
1 poste d'infanterie légère à Lauingen, pour la garde du pont.
1 — à Steinheim.
i^« division : Hôchstadt.
4 compagnies de grenadiers à Hôchstadt, pour garder le pont
établi sur le Danube.
2 compagnies à la gauche du village de Gremheim.
La division s'est dirigée par Hermaringen et Brenz, où elle a
quitté la grande route, laissant Gundelfingen et Lauingen sur sa
droite. Elle Ta reprise à la hauteur de Dillingen.
.3® division : Blindheim.
Le i^"" bataillon du 25« léger est en avant de Blindheim, pour
y garder le pont sur le Danube.
2 compagnies à la gauche de Gremheim.
Cavalerie légère : Steinheim.
Au bivouac, à droite de Steinheim, ayant la rivière de TEgge
sur son front, laissant des détachements à Dillingen, Lauingen,
pour la garde des ponts sur le Danube, et envoyant des patrouilles
sur Fristingen (rive droite du Danube).
Direction de Zusamaltheim.
Parc : En arrière d'HôchsUidt.
Bulletin historique de la marche de la division
de la garde impériale.
Elle entra dans un pays de plaine et alla à Wallerstein. Sept
lieues.
Le 15 vendémiaire, quartier général à Wallerstein, cantonne-
ments à Wallerstein, Œhringen, Nôrdlingen.
Général Roussel.
270 CHAPITRE PREMIER.
Le général CompahB au géhéi^l dé brigade Foucher.
Neresheitn, l6 15 rendéitilftirp an xit (7 Wtolm 1805).
Mon cher (iénéral,
Le corps d'armée se met en marche pour se diriger sur Donau-
wôrili et passera par Dischingen, Ëgiingen, Amerdingen et
Marckbissingeii, mais, comme ce chemin est trop mauvais pour
Tartillerie, M. le maréchal désire qlie le parc du corps d*année
se dirige sur Donauwôrth par iNùrdlingen, route que Tartillerie
du général Oudinot prend aussi.
Veuillez, mon cher (îénéral, donner vos ordres en consé-
quence.
COMPÀNS.
Le génértil Compans au Qrand Bailli de Donauwort*
DonauwOnh, le 15 vendémiaire an mv (7 octobre 1805).
Kequicrt M. le grand bailli de DonauwOrth de faire fournir
275 rations de fourrages complètes pour les chevaux du parc
d'artillerie de la division de grenadiers.
Le commissaire ordonnateur du Tj^ c(»rps de la Grande Armée
régularisera cette fourniture.
COMPANS.
Le général Compang à radjudant-comniarldânt Humbert Mâllârd.
Nereslieim, le 15 vendémiaire an xit (7 octobre 1806).
Monsieur rAdjudant-cointnundaut,
La division des grenadiers est en marche pour se diriger sur
Donauwôrth, en passant par Dischingen, Eglingen et Marckbis-
singen ; mais, comme cette route est impraticable pour les voi-
tures, M. le maréchal commandant en chef a décidé que le parc
d'artillerie et les équipages des vivres se dirigeraient par Nôrd-
lingen sur Donauwôrth.
Il vous charge, Monsieur T Adjudant-commandant, de diriger
la marche de ces équipages à l'arrivée des(|uels il met le plus
grand prix, il compte sur votre zèle, (jue rien ne nous soit enlevé
7 OOTOBHE. ï7l
par des tfoupes étrangères au corps d'année, qu'aucune voiture
ne se détache dés convois, qu'ils arrivent le plus promptement
possible. Voilà ce à quoi vous devez apporter la plus grande
surveillance.
Si Fordonnateur ou le commissaire des guerres Panidhot
étaient restés avec les équipages des vivres, prévenez-les qu'ils
doivent suivre la même route et que Tud et l'autre doivent
devancer les troupes à Douane ôrlh pour y faire préparer des
vivres.
COMPANS.
Le général Compana à M. Oecous, adjudanUcommandant
Neresheim, le 15 vendi^miaire an xiv (7 octobre 1805).
Monsieur TAdjudant-commundant,
Je vous préviens que M. le maréchal commandant en chef
vous a désigné pour remplir au corps d'armée les fonctions de
sous-chef de l'état-major général. Je me félicite de son choix*
Vous dirigerez sous mes ordres tout le travail de l'intérieur
du bureau de Tétat-major général; MM. les officiers d'état-major
et les secrétaires qui y sont attachés seront à votre disposition.
CoMfANS.
Le générai Compana à M. Delaage, adjudant^com mandant
Neresheim, le 15 vendémiaire an xiv (7 oetobi'e 1805).
Monsieur T Adjudant-commandant,
Je vous préviens que M. le maréchal commandant en chef
vous a désigné pour remplir au corps d'armée les fonctions de
maréchal des logis. J'informe de cette disposition M. le général
de division Mathieu Dumas, maréchal général des logis de la
Grande Armée^ avec qui vous serez en correspondance direete
pour les fonctions que vous aurez à remplir sous sa direction,
elles sont relatives aux reconnaissances qui ont pour objet les
ouvertures de marches, le campement, les cantonnements,- etc.
En attendant qu'il vous adresse des instructions générales, je
272 CHAPITRE PREMIER.
VOUS remets copies de deux lettres que j'ai reçues de lui concer-
nant votre service et une note jointe à Tune de ces lettres.
Je vous préviens que l'intention de M. le maréchal comman-
dant en chef est ({ue vous lui donniez connaissance, par mon
entremise, de tous les ordres et instructions que vous pourriez
recevoir de M. le maréchal général des logis et de tous les rap-
ports que vous serez dans le cas de lui faire.
Vous voudrez bien aussi, toutes les fois que vous devrez
monter à cheval pour une reconnaissance quelconque, m'en
informer pour que je puisse, quand il y aura lieu, vous charger
de remplir en même temps les objets de service qui intéressent
le corps d'armée.
COMPANS.
5*^ CORPS D*ARMÊE.
Rapport du 15 au 16 vendémiaire an XIV (7-8 octobre 1805).
Wertingen, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
J'ai l'honneur de vous rendre compte de la marche du corps
d'armée le 15 et des cantonnements qu'il a pris.
Division de cavalerie.
La division de cavalerie est partie le 15 au matin d'Ohmen-
heim, et s'est dirigée par Eglingen et Amerdingen sur Erlings-
hofen et Oppertshofen.
La brigade de hussards a cantonné à Kriingshofen.
La brigade de chasseurs a cantonné à Oppertshofen.
Division de grenadiers.
La division de grenadiers a quitté ses cantonnements à
6 heures du matin et s'est dirigée par le même chemin que la
cavalerie sur Bissingen ; elle a occupé le soir les cantonnements
suivants :
Brigade aux ordres du général Mortières, Amerdingen.
Brigade aux ordres du général Kuffin, Unter-Ringingen.
Brigade aux ordres du général Dupas :
2 bataillons, Bissingen.
2 bataillons, Diemantstein.
7 OCTOBRE. 273
Artillerie,
L'artillerie a pris la route de Nôrdlingen et s'est dirigée sur
Donauwôrth, où elle est arrivée le 16 (8 octobre) vers les
4 heures du matin.
Parc d'artillerie du corps d'armée.
Le parc d'artillerie du corps d'armée est parti le 15 (7 octobre)
au matin d'AaIen et s'est dirigé sur Nôrdlingen.
2® division,
La division, aux ordres du général Gazan, a conservé sa posi-
tion d'Âalen et a été détachée dès ce moment du corps d'armée.
COMPANS.
Le général Compans au général Oudinot.
Dooaawtirtb. le 15 vendémiaire an xit (7 octobre 1805).
Mon Général,
M. le maréchal commandant en chef vous charge de remettre
vos troupes en marche demain matin au point du jour, pour
aller prendre position à Munster, où vous les réunirez le plus de
bonne heure possible. Il vous charge également de faire passer
le Danube sur le pont de Munster à deux régiments de cavalerie
et de les pousser en reconnaissance, l'un sur la route d'Ulm en
remontant le fleuve par la rive droite, l'autre sur la route
d'Augsburg.
Ces deux reconnaissances doivent marcher avec précaution et
ne pas se poster à plus d'une lieue, ayant soin de se disposer
par échelons, de manière à mettre le moins de chevaux possible
en avant.
M. le maréchal désire que vous chargiez vos reconnaissances
de faire préparer des vivres dans les villages où elles passeront
et de ramener avec elles tout ce qu'elles pourront trouver soit
en pain, soit en riz, soit en légumes. Il vous charge aussi de
tirer tout le parti possible des villages où vos troupes ont can-
tonné ce soir.
Le pont de Munster, d'après les renseignements qu'on a
m. 18
i74 rilAHTRK PKEMIKK.
(li»iini*N a M. It* iii.'inTlinl. s«>r:iit NiiM*i*ptililr ilo i|tit*li|ii«*% rrpjin-
tioiis 4)iii 11* rriKirait'iil plii^ |»r:«tir:ihle iiu'il m* l'est (Hnir I irtil-
lorir; il voim on^ai!«*. MoiiHimir le Gôiirnil. .1 «"iiiplo^f^r titii* \t%
iiiti\iMi«» |M»ssi|ili*s |Miiii- lo iiifltrf* ilaiiN l<* iiK'illi'iir fUt. <> po«t
l'st ili'sliiic au |iaHK.-i::r dr mui i'iir|i<« «r.iriiir«*.
\iissiln( i)iif Miln* artiljrrif srra arri\rf. flli- m* tliriirmi *u'
MllIlHttT.
M. \v. iiian*i*lial, par la iiian*lif d'anjounl'lnii, ^ r%t trvu^^
isnjr (11* Imis ses iifliciiTs d'rlal-iiiajiir. il n'a aupri*^ ilc lui «|iK
l'oflifirr i\v «'«irn'NpniiilaiM'f ipii \nus n-niritra rrltr l»-llr>' ri j
i|ui il rfscr\f uiir auln' ili's|iiiatii*ii: il \iiu^ prir ili>hi . ni*»p
limerai, di' fairt* parlir «Ir suid* un «iflirifr dr \iilrr rt.it-iiijjtkr
«Ml un nflirirr «Ir ra\a!iTi«' lut'ii niiUiti* ptiur )Mirl«'r au ^«^n^nl
(ia/aii la li'tirt* i-i-iniuti-. .1 smi adn-s^f: i||i« n-nfiTini- r«inJrr 4f
drpart dr s.i «li\isiiin pnur ^i* rrunir a la \nlriv
M. Il' inarrriial \iius fn::.iL:f au^si. Miui^irur li* «M-nrral. m
fain* n-ipii-rir d«'s lurut^^. df inaiiitTf a rn a\itir uni* Irmlainr rn
n'TrM'
Le j^eriera/ Compant au général Gaian.
|»..t -,.1-^ ri», ;.. I», 1. •■•Umiiirv an ii» <" -^iphrm ItMl
Mkii lii-nn.il.
h'apri'H Ifs dispii^iliiinH ain'-lffs p.ir M. Ir niarrrhai cumma»-
daut v\\ i-jifl. 1.1 «li\i%iiin .1 \iis iirdrf«k df^ra partir J'AaIco att»-
sitid l.t ri't'i'plmn dr m.i Irtln*. pinir ^i- miilri* a^rc t«>iite la dlli*
ji-iM-i |i<iNsi|.|. .1 Miiiistn. siii j.i ii\r ::.iu«-|ir du iHinube, ftt
^uix.inl 1.1 iMiiti* dfiit \iiii*i 11* trari* l't I arlillorie iiiarriiani a«rr
.'II.-
|i\a|in .1 I.I111.1I. a Mt-tti'n. a Nfre*klu*iiii . a K|eliiiieea. a
\rriir<iiiijt n. 1 hii iii.tiil^ttin. .t Man-kM^^iiu'cii. a Mua^lrr. am
\MiiN Tfi'fxrtv di- niiii\t'aii\ nriiri'H.
\| Il iii.in I -^.li \MUN rn-aL'< . uinii «irru-ral. a \uu« |»i^>cira
%iii \.iiif rfiitf f-t .1 t.iirf siiM n* ,i\rr \iius autant de pMitk ^or
V- 1^ l" < !i tii<i:\ir. Nmii<» «'••inmt*^ dejn ICI daD« \t pivi
_! <■ I I = : <-r.ix iM.i.i !.v siiiixist.iiiiTN . au^k^i. iii<»n <friieffmL
- [ '■ . :I . ■ * |...i:i \...i^ .ip|ir<iM^lii|inrr. \ ou» j
\ .• ■ t ij.î- ■. ■.^.
7 OCTOBRE. 275
Vous apprendrez avec plaisir que nous avons passé le Danube
à Donauwôrth, que nous avons à notre disposition le pont de
Munster et que même le Lech a été passé.
COMPANS.
Le maréchal Davout au maréchal Berthier,
Monheim, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobi*e 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai reçu Tordre que Votre Excellence m'a adressé pour le
mouvement sur Harburg de la division de grosse cavalerie du
général Nansouty; cet ordre a été transmis sur-le-champ au
général Nansouty et recevra son exécution.
Quant à l'ordre relatif à la marche du corps d'armée sur
Monheim, Votre Excellence aura vu par ma lettre d'hier soir
que déjà mes dispositions étaient faites pour me porter aujour-
d'hui sur ce point.
L'avant-garde est à Rennertshofen ; le corps d'armée à Mon-
heim; ce soir je ferai ce que je pourrai pour passer le Danube
entre le Lech et Neuburg, dont les Autrichiens ont occupé le
pont.
Vous me dites que Sa Majesté vous charge de me témoigner
son mécontentement d'avoir laissé à Mannheim les pièces de 12
et autres pièces et caissons d'artillerie destinés au 3® corps
d'armée et que je suis le seul dans ce cas, les autres s'étant
servi des chevaux de réquisition. Je vous ai rendu compte à
Mannheim que les chevaux de réquisition, qui avaient amené le
matériel de l'artillerie qui nous était destiné, avaient été ren-
voyés par l'ordre du général Songis au général Marmont à qui
ils étaient destinés ; on m'a annoncé que les autres nous seraient
incessamment envoyés ; le passage s'est effectué' et les chevaux
n'étaient point arrivés : 100 chevaux de réquisition étaient sans
destination et personne ne les réclamait; ils nous ont servi à
amener quelques caissons de plus ; enfin, c'est avec des bœufs
et des chevaux requis dans le pays que nous avons remplacé
tous les chevaux morts dans les mauvais chemins que nous
avons traversés.
276 CHAPITRE PREMIER.
J'ai rhonneur de vous prier de faire connaître ces faits à Sa
Majesté, ils m'ont assez contrarié, et il n'est pas juste de m'ac-
cuser des contretemps ou de la négligence des autres.
Davout.
S** CORPS d'armée.
Journée du 15 vendémiaire an XIV (7 octobre 7905).
Quartier général : Steppberg.
A vant-garde : Quartier général, Steppberg.
Se porte sur Kaisersheim, Rennertshofen et Steppberg.
Des parlis longent la rive gauche du Danube et ont ordre de
s'emparer de tous les bacs et bateaux.
!«»■ de chasseurs à Rennertshofen.
/«"o division : Quartier général, Ammerfeld.
Les trois divisions d'infanterie étaient en ligne.
La i^^ appuyait sa gauche à Monheim. Sa droite était pro-
longée vers Gnosue, en arrière d' Ammerfeld.
2® division : Quartier général, Monheim.
La droite à Monheim. La gauche prolongée vers Wittesheim,
tenant la tête des bois.
On fait reconnaître Tarmée du général Marmont, qui était aux
environs de Pappenheim.
3^ division : Quartier général, (?).
Appuyée dans son ordre de bataille à la :2e division.
Elle pousse des reconnaissances sur rAltmûhl ainsi que sur la
route d'Eichstadt (1 ).
(i) Le général de brigade Daultanne^ chef de V état-major général ,
au général Gudin.
Mon cher Générai,
La position «jui vous est indiquée par Tordre de marche, n'offrant
aucune ressource pour abriter le soldat, nécessite que vous preniez
position en arrière de Monheim, faisant face à la route de Monheim à
Donauwôrth et placé sur la lisière du bois qui est à droite du chemin
(|ui conduit de Kreut à Monheim.
Mais cependant, si vous trouviez plus commode de vous placer sur la
7 OCTOBRE. 277
Cavalerie légère : Est mise à la disposition de Tordonnateur,
et disloquée par exécution militaire afin de se procurer des
vivres.
Grosse cavalerie : En 2^ ligne, en arrière de Monheim.
Parc : Suit le mouvement de la 3« division et parque en
arrière de Monheim, près la route.
Pont sur le Danube : Le colonel Mares fait entreprendre un
pont de radeaux à Steppberg. On passe toute la nuit à faire les
radeaux, mais lorsqu'on veut placer la cinquenelle, la force
seule du courant la fait casser et Ton ne peut jamais parvenir à
le tendre.
Les ponts de radeaux ne peuvent se faire que sur une rivière
qui a peu de courant. L'expérience nous fit voir qu'ils ne pou-
vaient réussir sur le Danube.
Ce fut le capitaine de sapeurs Purdeau (1) qui alla chercher
des bateaux sur la rive droite.
Journal de marche de la division Priant.
Le 15 vendémiaire an xrv (7 octobre 1805).
Le 15, nous traversons OEttingen et passons la Wôrniz sur un
pont en pierre pour aller nous établir dans les environs de Mon-
heim, en passant par Hainsfarth, Môgesheim, Maùskreut,
Kronhof, Kreut, Amerbach, Wemding, etc. Le chemin jusqu'à
cette petite ville est bon et a 7 à 8 mètres de largeur
Avant d'entrer à Kronhof, nous passâmes sur un pont en bois
la même petite rivière, sur la rive droite de laquelle la !»■« divi-
sion s'était établie la veille
On va de Wemding à Monheim par des chemins de traverse
très mauvais et dans les bois ; nous passâmes près des hameaux
lisière du bois qui longe à gauche le chemin de Kreut !\ Monheim, vous
seriez le maître de prendre ce parti. Vous y trouveriez de Feau en avant
de votre front.
Je vous salue de tout mon cœur,
Daultaxne.
(1) Probablement Prévost Vernois, capitaine, employé à l'avant-garde.
278 CHAPITRE PREMIER.
d'Heidmersbrunn, d'Asbach, que nous laissâmes à gauche dans
une forêt plantée de hêtres, charmes, etc , par le petit village
de Kreut dans un fond, et vîmes à nos côtés les petits villages
de Gossheim, Fùnfstetten, Nussbiihl, etc Le chemin est en
pente avant d'arriver à la petite ville de Monheim, située dans
un fond, et il est moins mauvais. Nous avions marché toute la
nuit et nous arrivâmes à 8 heures du matin à notre position,
d'où nous pûmes découvrir le Danube encore éloigné. L'ordre
des bivouacs fut changé et nous dûmes établir le nôtre dans des
fonds, de manière que les feux ne pussent être vus de la droite
élevée du Danube.
La gauche de la 2^ division s'appuyait à Wittesheim, occupé
par la 3«, qui avait sa gauche à Solnhoffen sur la rive droite
de la rivière dite AJtmûhl, qu'on dut éclairer ainsi que la route
d'Eichstadt.
La 3*^ division se mit en communication avec la droite du
corps d]armée du maréchal Marmont qui était à Pappenheim
L'avant-garde se porta sur Kaisersheim et détacha 200 hommes
à Graisbach, près la rive gauche du Danube. Elle vint ensuite à
Itennertshofen, sur la route de Monheim à Neuburg, sa droite à
Tembouchure de l'Ussel dans le Danube, cette petite rivière sur
son front. Elle dut ramasser les bacs, bateaux qu'on trouva en
petit nombre ; on put heureusement s'en passer, parce que les
sapeurs des deux divisions, dirigés par les officiers du génie,
réparèrent les trois arches brûlées des deux ponts de Neuburg
avec tant de célérité que l'artillerie put passer le Danube les 16
et 17.
Le général Eppler, commandant l'avant-garde, s'empara aisé-
ment des ponts de la ville, que l'ennemi avait abandonnée, et y
fit quelques prisonniers autrichiens. L'ennemi, maître du pont
(le Nieder-Schônenfeld, rive droite du Danube, aurait pu occuper
avec avantage la position de l'avant-garde derrière TUssel, et
retarder de quelques jours notre arrivée sur ce fleuve.
Les maréchaux Davout et Marmont eurent leur quartier
général à Neuburg.
7 OCTOBRE. 279
4^' CORPS d'armés.
Composition des divisions de r armée au 15 vendémiaire an XIV,
Oûnzenhansen, le 14 vendémiaire an xiv (6 oetobre 1805).
Avant-garde .
Le général de division Kellermann, commandant.
Les généraux de brigade Marisy et Werlé.
1 compagnie d'artillerie légère.
2 bataillons du 27« régiment d'infanterie légère.
1 bataillon de chasseurs bavarois.
4® régiment de hussards.
5* régiment de chasseurs.
1 escadron de cavalerie bavaroise.
Première division.
Le général de division Rivaud, commandant.
Les généraux de brigade Pacthod et Picard.
8« régiment d'infanterie de ligne.
45* régiment d'infanterie de ligne.
54® régiment d'infanterie de ligne.
2® régiment de hussards.
l'e cçmpagnie d'artillerie légère et 6 pièces d'artillerie à pied.
Deuxième division.
Le général de division Drouet, commandant.
Les généraux de brigade Frère et Dumoulin.
1 bataillon du 27® régiment d'infanterie légère.
94« régiment d'infanterie de ligne.
95* régiment d'infanterie de ligne.
1 compagnie d'artillerie légère et 6 pièces d'artillerie à pied.
ARMÉE BAVAROISE ET l^"" ET 2® CORPS DE LA GRANDE ARMÉE.
Marche du 15 vendémiaire.
L'armée électorale se mettra en mouvement à 6 heures du
matin, pour se rendre à Weissenburg, en passant par Ëllwan-
gen. Arrivée à Weissenburg, elle s'établira militairement à la
280 CHAPITRE PREMIER.
gauche de la ville. Le général de Wrède enverra des partis sur
la route de Kipfenberg et le général de Deroy sur celle de Gre-
ding et Beilngries.
L'armée française partira de Gûnzenhausen, se dirigera sur
Weissenburg et s'établira à la droite de la ville. Le général
Kellermann prendra poste à une demi-heure en avant et poussera
des partis jusqu'à Dollenstein sur TAitmâhl et Eichstâdt, s'il est
possible. 11 aura soin d'envoyer, pour faire ces reconnaissances,
les cavaliers les mieux montés.
Les généraux commandants sont prévenus que le quartier
général du ^^ corps de la Grande Armée sera le 10 vendémiaire
à Bùtthard, le il à Weikersheim, le 12 à Rothenburg, le 13 à
Feuchtwang, le 14 à Wassertrudingen et le 15 à Treuchtlingen.
Le général Rivaud enverra chaque jour des patrouilles pour
communiquer avec celles du 2« corps d'armée qui, de son côté,
en enverra pour communiquer avec le général Rivaud.
Les généraux sont prévenus aussi que le 2« corps doit se lier
avec l'armée commandée par M. le maréchal Davout.
l^i" CORPS D*ARMÉB.
Ordre de marche du 15 vendémiaire.
Le général Kellermann se mettra en marche à 8 h. 1/2 du
matin avec son avant-garde, pour se porter en avant de Weis-
senburg, où il recevra de nouveaux ordres pour la position
qu'il devra occuper. Il enverra des reconnaissances sur la ville
d'Eichstadt.
Le général Drouet est prévenu que sa division marche la pre-
mière. En conséquence, il la fera partir à 8 heures du matin
pour se rendre à Weissenburg où elle trouvera un officier qui
lui indiquera remplacement de son camp.
La !»■« division, aux ordres du général Rivaud, partira à
9 heures pour se rendre également à Weissenburg où l'empla-
cement de son camp lui sera indiqué.
Il est essentiel que MM. les généraux préviennent leurs
troupes que, demain soir, l'armée bavaroise fera sa jonction
avec l'armée française et bivouaquera sur sa gauche.
7 OCTOBRE. 281
Relation des mouvements du corps bavarois»
14 vendémiaire (6 octobre), à Spalt.
15 vendémiaire (7 octobre), à Eiiingen, où se fit la jonction
avec le corps du maréchal Bemadotte qui arriva ce jour à
Weissenburg et prit un bivouac à Weissenburg ; le corps que le
lieutenant général de Deroy avait emmené de Bamberg, et con-
sistant en trois brigades, se plaça à la gauche du corps français
et forma la réserve de ce corps.
Le lieutenant général baron de Wrède, qui de Wùrtzburg
avec deux brigades, s'était également porté sur Furth et de
là par Schwabach et Spalt à Weissenburg, fut placé en avant
de Weissenburg sur la route d'Eichstadt pour former, ainsi
que la brigade du général Kellermann,ravant-garde du i^^ corps
de la Grande Armée.
Journal de marohe de l'armée bavaroise, commandée
par le général de Wrède.
Réunion de tout lei^^ corps de la Grande A rmée, i 5 vendémiaire
(le 7). — Le maréchal est à Gûnzenhausen. Le maréchal plaça son
corps d'armée sur la droite de Weissenburg, où fut son quar-
tier général. Le corps bavarois forma Taile gauche de cette posi-
tion et plaça son quartier général à EUingen. L'avant-garde prit
une position pour couvrir l'aile gauche, près de la petite forte-
resse de Wûlzburg, située sur une haute montagne, le quartier
général à Teufelsmùhle.
Ainsi le l^^" corps de la Grande Armée se trouva réuni pour la
première fois à Weissenburg.
Les patrouilles éclairaient principalement la route de Kip-
fenberg.
Nota, — Ce journal n'étant que celui de Tavant-garde, il n'y
est fait mention que des patrouilles exécutées par elle. C'est par
cette raison que souvent il n'est pas question des patrouilles qui
vont reconnaître l'ennemi par les routes les plus essentielles.
281 CHAPITRR PREMIER.
Ordrt de commencer lee hoeUlitêe (7 odobre lêOS).
Le liiMiteiianl ^rm-ral haniii di* \Vn*dr piililia un cirdre
l»ar le iiiarrclial, le<|ii('l oujoigiiait a ra\aul-|rardr d'atUquer lt%
Aulricliieiis partout mi elle le> tnmveraieiit et d'agir bustileiutal,
daiih toute retendue du tornie. les troupe» ba^aroM» rUal 4c»-
tinueM a délivrer leur patrie ou a mourir p<»ur ellea^cc buDDcur.
Le maréchal Bernadotte à rEmpereur
OiiofnhauMn. Ï9 IN v^ndfmUur» àii \n (7 octo6n IM^».
à 9 heurr» du nwti».
Sire.
Je n'ai reru «{u'Iiier a I heures apn*N-inidi, rt a l'invlant OQ
j'entrais a 4iun/enhauseii, la lettrt* i|ue Votn* Majesté m'a fait
l'honneur de nr«*enre : j'ai mande de suite au\ i:enèniu\ bava-
rois de sf reii«lre proniptemeiit a Weissenhury; ; r>%t la que
l'armée èlfetorale doit faire sa n^nnion a\fr le !•» eorp^ de la
lirande .\riii«>e: dans tn»is heures au plus tard. j*\ serai rendu
a\ee ttmles nie> troupes; jr prendrai |M»sition en avant de
Weissfnhurg et j'en\frrai iu**i\ a\ant-garde tout pn*s d'Kich*-
tad( ; demain je srrai i-t.ildi dans la journée entre In^foUtadt et
Neiiliur^. \ussitot ipie j .lur.ii rejoint !•*» Havarois, je me Ctm*
sulterai a\ee leurs ^i-uiTaiix pnur remplir les intention^ de
Votre Majrstf ; j'aurai l'honneur dr l'inrormer. er soir, de% rrn-
sei^nrnirnl^ «pie j aurai ohtenu di- ees niessieunk. J'avai«
emmeni' dt- llaiii»\r*' un petit ripiipa::e de |Mint, c«>mp«>%e de
«|i»u/r hatraiix. la difhrultf de se proetirrr des moyens de traav*
p«iit et rassiiraiK* ipi*' cft tipiipa:;t* ne |H>urrait Htius servir qur
sur df prtiti's iivirrfs III a\aifnt drtermiiie a le laisser d'aboid a
Wmdei'krii.
Il \ .1 (pifl«ph'% i«<iiis «pif I al iliiiin** r>>nire, a tout événement,
dt* \v ilirik'tT sur Wiirt/tMir.' Je rpiis ipi'il doit y ^tre aelUflUe-
TTieilt r»»Tidii.
.)•• fils ptrtn tMi liiiilt- ililiu'i'iier un onieirr d'artillerie poiv
Wiirt/liiirj il f'st fh.'itjt* df f.nn- arri\er eet équipage de ponb
(• l'In^ ir>'i!!|.t*itii lit p<«.NiMi' . I iiTis aiisHi a M. Httâi. et je le
l>n<- il > ti i.i\.*ns.[. tti> t«Mis st s iiiiiMiis. Ir tran%pt»ri. qui ne
7 OCTOBRB. 283
pourra se faii*e que par des chevaux de louage ; je ferai ramasser
sur toutes les petites rivières du pays tous les bateaux qu*on
pourra trouver. Je ne négligerai rien pour exécuter les ordres de
Votre Majesté.
Jusqu'à présent, je n'ai pu avoir Tétat exact de la situation
des troupes bavaroises; plusieurs régiments sont encore en
arrière ; ils étaient dans le haut Palatinat, et malgré qu'ils aient
fait des marches forcées, il leur a été impossible de rejoindre
l'armée. J'espère qu'ils arriveront sous deux jours. Le corps des
Bavarois est de 15,000 à 20,000 hommes. J'en connaîtrai ce
soir la force exacte; j'aurai Thonneur d'en rendre compte à
Votre Majesté.
Le lieutenant général Deroy a exécuté l'ordre de marche avec
beaucoup de précision et d'exactitude ; dès le second jour, notre
communication a été établie ; elle a toujours été bien conservée.
C'est l'occasion de dire à Votre Majesté que les Bavarois sont
animés du meilleur esprit; ils sont pleins d'ardeur et surtout
pleins de confiance dans leur réunion avec les troupes de Votre
Majesté; tous les officiei^s de mon état-major que j'ai expédiés à
leur armée y ont été accueillis avec un enthousiasme qui est du
plus heureux présage; lorsque les officiers français passaient
dans leurs colonnes, des bravos et des battements de mains se
faisaient entendre; d'après tout ce qui me revient, je crois pou-
voir assurer Votre Majesté que les Bavarois seront dignes de son
alliance.
J'ai l'honneur
Bbrnadotte.
Le maréchal Bernadotte au maréchal Berthier.
G&nzeDhausen, le 15 yendémiaire an xiv (7 ootobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Votre lettre du 12 et celle du 14 m'ont été remises à neuf
heures de difl'érence, la première hier à 4 heures du soir et la
seconde cette nuit à 1 heure.
Le !«*• corps de la Grande Armée est en marche pour Weissen-
burg ; il y sera rendu de bonne heure ; je prendrai position en
avant ou en arrière de cette ville avec mon corps de bataille ;
CHAPITRE PREMIER.
mon avant-garde doit se porter tout près d'Eichstadt; Tannée
bavaroise fera aujourd'hui sa jonction avec moi, et demain nous
marcherons tous ensemble; je me rendrai sur le Danube entre
Ingolstadt et Neuburg, laissant Eichstâdt derrière moi ; aussitôt
que j'aurai établi mes troupes, je vous ferai connaître ma posi-
tion.
Sa Majesté a eu la bonté de me faire connaître les mouve-
ments de la Grande Armée ; je vous prie, Monsieur le Maréchal,
de vouloir lui présenter de ma part l'assurance que j'emploierai
tous mes moyens pour la seconder; je lui fais hommage du zèle
le plus soutenu et du dévouement le plus respectueux et le plus
absolu.
Nos troupes sont dans les dispositions les plus satisfaisantes ;
les marches ne ralentissent rien de leur ardeur; elles brûlent
d'en venir aux mains avec notre ennemi ; je leur ai annoncé que
bientôt nous verrions Sa Majesté ; cette nouvelle a été reçue
avec enthousiasme et aux cris répétés de : « Vive l'Empereur I »
L'armée bavaroise n'est pas moins bien disposée; elle est
orgueilleuse de combattre à côté des troupes de Sa Majesté, et
j'ose assurer, d'après tout ce que je sais, que les Bavarois se
rendront dignes d'être nos alliés.
J'ai l'honneur
Bbrnadottb.
Le maréchal Bernadotte k l'Empereur
Weissenburg, le 15 yendémiaire an xiy (7 octobre 1805),
à 10 heures da soir.
Sire,
Aussitôt mon arrivée ici, j'ai réuni les généraux bavarois pour
les consulter et être à même de répondre aux questions que Votre
Majesté m'a faites par sa lettre d'hier.
11 existe plusieurs ponts sur le Danube ; il y en a un à Kel-
heim, un à Neustadt, un à Vohburg, un à Ingolstadt, un à Neu-
burg et un autre à Donauwôrth. Des avis m'annoncent que l'en-
nemi a détruit celui de Neuburg ; sans doute il en aura fait autant
des autres ; mais au moyen de planches et de madriers que nous
tâcherons de trouver dans les villages, je crois qu'on pourra
passer le Danube. J'ai ordonné que tous les bateaux qui se trou-
7 OCTOBRE. 285
vent sur rAltmùhl soient réunis sur un point et gardés par un
fort détachement ; aussitôt que nous connaîtrons le lieu du pas-
sage, nous pourrons les y faire parvenir.
Si nous devons jeter un pont entre Ingolstadt et Neuburg, le
point le plus favorable, d'après Tavis de MM. les généraux bava-
rois qui connaissent parfaitement le pays, serait en avant de
Joshofen ; les environs de ce village présentent une position très
avantageuse ; toute la rive en deçà du Danube domine la rive
droite par des montagnes assez élevées.
Je partirai demain de très grand matin, je m'établirai, avec le
i«' corps d'armée et les Bavarois, en arrière de la petite rivière
de Schutter ayant Nassenfels sur mon front; Tavant-garde du
général Kellermann poussera jusqu'à Attenfeld et celle commandée
par le général bavarois de Wrède poussera ses postes jusqu'à
Pettenhofen.
Dans cette position, j'attendrai. Sire, les ordres de Votre Ma-
jesté et j'ose l'assurer que personne ne les exécutera avec plus
de zèle et plus de dévouement.
J'ai l'honneur
Bbrnadottk.
Le maréchal Bernadotte au maréchal Berthier.
Weissenburg, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805),
à 10 heures du soir.
Monsieur le Maréchal,
Avant de répondre à votre lettre d'hier, j'ai désiré être à même
de vous instruire positivement si Tarmée bavaroise serait en état
de se rapprocher du Danube ; j'ai mandé, à cet effet, les généraux
de cette armée ; ils m'ont répondu qu'ils étaient prêts à forcer la
marche, malgré la fatigue et l'épuisement de leurs troupes; je
me mettrai donc en mouvement, demain matin à 5 heures, pour
me porter sur Eichstadt et, de là, sur la petite rivière de Schutter,
ayant le village de Nassenfels sur mon front ; je pousserai Favant-
garde du général Kellermann jusqu'à Attenfeld, sur la route de
Neuburg, et l'avant-garde du général bavarois de Wrède, aussi
près d'Ingolstadt que je pourrai.
Les avis que je reçois me disent que, depuis deux jours, il est
arrivé beaucoup de troupes à Ingolstadt et Neuburg, et que le
z8d chapitre premier.
nombre en est évalué à près de 35,000 hommes ; des officiel^
russes sont déjà arrivés à Neuburg pour faire les quartiers. Je
donne connaissance au général Mannont des mouvements de
Fennemi.
Agréez BlRNADOTTB.
4«' CORPS d'armée.
Ordre de marche du 16 vendémiaire,
Weissenborg, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Le l«f corps de la Grande Armée et Tarmée bavaroise quitte-
ront leur position de Weissenburg, demain 16 vendémiaire {8 or-
tobre), dans l'ordre suivant et aux heures ci-après :
Le général Kellermann partira à 5 heures du matin, marchera
militairement et se dirigera sur Eichstadt en suivant la grande
route et passant par Rothenstein et Rupertsbuch. Arrivé à Eich-
stadt, il prendra position derrière TAltmiihl à la droite de la ville.
11 enverra des partis à Neuburg en passant par Nassenfels. Les
commandants de ces partis s'informeront de la marche de Fen-
uemi, de 'ses forces à Neuburg et des dispositions qu'il annonce.
Le général Kellermann donnera ordre qu'on s'empare de tous les
bateaux qui se trouveront sur l'Altmiihl et sur la rive gauche du
Danube. Ces bateaux seront réunis, autant que possible, et gar-
dés par un détachement de cavalerie. Il sera rendu compte de
suite à M. le maréchal de la quantité et de la capacité de ces
bateaux. Le général Kellermann s'éclairera sur sa droite pour se
joindre aux partis du général Marmout.
Le lieutenant général de Wrède partira avec ses troupes, à
5 h. 1/2, suivra la même route que le général Kellermann, ira
s'établir à la gaucbe de la ville d'Eichstadt, toujours derrière
rAltmùhl. Le lieutenant général de Wrède éclairera sa gauche
par des détachements d'infanterie et de cavalerie. Arrivé à Eich-
stiidt, le général de Wrède enverra des reconnaissances, elles
devront communiquer avec les partis que le général Kellermann
aura envoyés à Neuburg. Ces reconnaissances s^informeront des
ennemis à Ingolstadt et de leurs projets* Le général de Wrède
fera saisir tous les bateaux qui se trouvent sur l'Altmiihl et sur
7 OOTOBRE. 287
la rive gauche du Danube. Il rendra compte aussi du nombre et
de la capacité de tous ceux qu'il aura pu trouver.
Le général Drouet partira avec sa division, à 5 h. 1/2 précises,
suivra la même route que le lieutenant général de Wrède et ira
s'établir derrière lui à Eichstadt ; il s'éclairera sur sa gauche.
Le général Rivaud se mettra en marche, à 6 heures, suivra la
route des autres corps, se dirigera sur Eichstadt, tiendra la même
route que les corps précédents, ira se former au centre derrière
les divisions Drouet et Rivaud. Toutes les troupes arrivées à
Eichstadt, M. le maréchal donnera de nouveaux ordres. Les ad-
judants-commandants de chaque division se porteront en avant
pour recevoir, du colonel du génie Morio, l'indication de l'empla-
cement de leurs troupes.
Si les avant-postes rencontrent les Autrichiens, ils courront
dessus et les traiteront en ennemis.
M. le maréchal marchera entre les divisions Drouet et Rivaud ;
c'est là que les rapports devront lui être adressés (1).
Note,
DonauwOrth, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
Faire connaître aux généraux Nansouty et d'Hautpoul que les
petits dépôts des régiments de la division Nansouty doivent être
établis dans le village d'Harburg, et ceux de la division d'Haut-
poul à Nôrdlingen.
Le maréchal Murât doit désigner un général*
Tous les dépôts de cavalerie seront sous les ordres d'un général
de brigade ou d'un adjudant-commandant, afin que l'état-major
puisse avoir un état de situation exact tous les jours, et que l'on
puisse les diriger à volonté.
Renouveler l'ordre de faire partir, de Nôrdlingen, tous les
hommes qui appartiennent au corps du maréchal Soult.
(I) Le général Éblé, commandant l'artillerie du 1<" corps^ informe lé
directeur du parc, colonel Navelet, de l'arrivée d'un convoi commandé
par le capitaine Hurlaux, qui le renforcée partir de Giinzenhausen*
288 CHAPITRE PREMIER.
Envoyer un courrier extraordinaire à Stuttgard pour défendre
de ne rien laisser passer à Schômdorf.
Maréchal Berthibb.
Le général Andréossy à M. Petiet
NOrdlingen, le 15 yendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
J'ai l'honneur de vous prévenir que des détachements des 5«,
80, 9®, 12®, 16® et 26« régiments de dragons, conduisant des
chevaux éclopés, ont reçu ordre d'aller cantonner demain au
château de la princesse de Wallenstein, à trois quarts de lieue
de Nôrdlingen.
Ces détachements sont composés en tout de :
4 officiers,
18 sous-officiers,
191 dragons,
et 233 chevaux.
Je vous prie de vouloir bien donner des ordres pour qu'il soit
pourvu à leur subsistance, jusqu'à ce qu'ils reçoivent une nou-
velle destination.
Andrâossy.
Le général Andréoaay à M. Petiet
GmOnd, le 14 vendémiaire an xiv (6 octobre 1805).
Monsieur l'Intendant général,
Je vous préviens que l'électeur de Wurtemberg fournit deux
bataillons de chasseurs de quatre compagnies de 120 hommes
chacune, qui doivent partir demain pour Schôndorf et suivre par
Gmûnd, Aalen et Nôrdlingen, où ils doivent arriver, s'il est
possible, le 16, ou au plus tard le 17. Ils sont commandés par
le colonel et doivent recevoir de nouveaux ordres quand ils
auront rejoint l'armée.
11 y a, en outre, un officier wurtembergeois attaché au grand
état-major général qui doit rejoindre demain à Gmûnd.
Andréossy.
7 OCTOBRE. 289
Le général Andréoaay à M. Petiet
NOrdlingen, le 15 yendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
C'est avec le plus vif regret que je me vois dans Timpossibilité
de satisfaire à la demande que vous faites par votre lettre de ce
jour, mais je n'ai pas un homme à cheval à ma disposition,
j'avais compté sur un détachement de dragons arrivé ce matin à
Nôrdlingen, mais il n'est composé que de chevaux éclopés.
Un détachement de 30 à 40 gendarmes, attaché au quartier
général, est encore en arrière et n'arrivera probablement que
fort tard.
Je ne vois donc aucun autre moyen pour prévenir les excès
qui ont eu lieu ce matin, que de demander directement au
ministre de la guerre, major général, un détachement suffisant
de cavalerie pour être mis à votre disposition (1).
Andrâossy.
Ordre du jour,
Nôrdlingen, le 15 vendémiaire an xiv (7 octobre 1805).
II a été ordonné aux généraux commandant en chef les diffé-
rents corps d'armée, d'avoir toujours à l'avance, pour quatre
jours de pain, indépendamment d'un approvisionnement de
biscuit pour quatre jours ; et de remplacer à mesure la consom-
mation journalière.
L'Empereur est informé que quelques corps d'armée n'ont
point cette quantité de subsistances. Les commissaires ordon-
nateurs et les chefs d'état-major prendront toutes les mesures
nécessaires pour que chaque corps d'armée se conforme aux
dispositions ci -dessus ; dispositions si importantes pour les
succès des opérations militaires.
M. l'intendant général de l'armée se fera rendre compte par
MM. les ordonnateurs, pourquoi les corps d'armée n'ont pas les
(i) Le jour même, Andréossy met à la disposition de M. Petiet, pour
le seconder dans ses réquisitions, iO gendarmes commandés par un
maréchal des logis et un brigiidier.
III. 19
(90 0IIAP1TKK riŒUlBK.
ipiatre jniirs dt* hisctiil «in'iN mil i*tr nlilip's (ra\iiir.i Iriir mhIt.
cl il ft'ra fiiiinattiT a il majnr fr^n^ral. II*»* mntiN dr riu«*\rciiti«iii
(le oct onire, cii lui dfHJguuiit h'> cmiiiiiiftHaireH ••ninniutrur^
i|iij ) aiit'ai«*iil mis ilc la m-uliL'fiM***- iMiis tmiN les t-.i^^. V. I intra-
(laiit i:ô livrai |»ro fuira lt*s iiH'^iirt'N m-cfssain'^ f»«»iir ipir chaqur
i*iir|iN (l'ariiK'i* ait rniislaiiiiiiriit a\(*r lui |iiiiir ipialrr j«iiir^ de
bisoiiit ft |Miiir i|iia(rc .JHiirN ilo (laiii. «lui ^oroiit ri*noii\i*lr'% «ur
!('-(*liani|i. a iiirsiin' Hi'n (Niiisniiiriiatinii^.
Iiaii"^ la JMnrnt'f tir (liMiiaiii. M. riiili'iui.int u't^iK'ral h»> frn
roiufri* ('niii|i|i» tic la siliiatinii di-s aiiiluilaiiri's cl«* rh.ioin tle«
(■iir|»Hilt* rariinT. il (irciKlra Ifs mrsiiros m^iVssairrs )M<.ir i|ii>[|^
Hiiiriit iir::aiiisff<^ «-iiiifiirnii*iiii*iit aux iirtlri*^ (iiiniit's |i.ir ITmpr-
rnir.
I.fs i:t*in'*raii\. rhoN d'rlal in.ijor ilt'silifrrri*!)!^ i*tir|i^ iff'.iriuf^
fcrunl l'iinnaîtn» a MM. It*'* aiili's lir rarii|ift nfTirlrrH ilVui-majur
t'Iiaru»** d'.i|i|mrlfr d*»»* dt''|M^-hi'K :iii L'raml ipiartirr i:riii-ra!. qu'il
Iriir i'st (■\|tri-sM'iiii-iit tirri'titiii il m i-r|iarlir «^.iiis unr tl>jirchr.
Mil HaiiN iiiir .iiitiifiN.itii>ii «II* il«*p.ul ^ijiH'i* ilii iii.ijiir L't'iirral. «««i
«il- M. Il- ;:rinT.il \inlniiNs\. .ihii-niajiir i^nirral.
Si tpii'ltpif .iittrdt' «-.irii|iiiii ufticirr d'i-lat-inajur. iir ^i- rt»iif«^-
fiiait [la^ .1 fi-l Miilii*. il NiT.i iiiiH ;iii\ arrt'-tik. jiiMpi'.i la rrpatn«r
ilii iii.i|i>f ::>-iii-i.il. .iiiipii-l il i-it M'ia ifiiilii «'lififptr ^iir-lc-t'hanip.
¥. VfAl. — Bulletin.
piMix \<>\.i.i-iir<» .irii^i"^ ii'i .iuj<*iiiil*liiii. .1 iiiidî. r.i|ifHiiirnt ^q€
tiiiiti**^ \*-^ triiiip* <» .iiiti i« tih-iirii-s i|iii «•f.iiriit a Sl«i(-L.ii*h ei ra«t-
iiifiN Hiint |i.ir(ii'N l'i ih.itiii. i-ii ^r.iiiili- fi.ili-, fxmr sr |^-r1rr da»
!i*s in\ ir.»riN .f'riiii.
11% .i«<»Mi''Tit. «Il ••Mt!i-. «iii*- li .' t|ii riiiirant pliiHiciir^ di%î%«iMi«
.?.• I irMi. . fr 'fi. Ils. i\ «i> Tit .fi J..ISS.- <l«illj.iril r\ Wûrt/liurie. ^«t
!•• ;. 'iTi !- 1 «.II. ' i. p f 1 -fx .I..TI (M di «.-.iii* fr.iii* aÏH .i\Airnl |ftAni
• *!•••■ !■ •■-■f»- -i I !". .-! .j-r.- -t iTis II' riiiirii^iit. Ci'ttt* plao^ fUll
\ t.iL^' tiii<i.r !• -III -.t hl«")iii • . puiH .pu* r.iile ^mucIm^ 4c I ar
.1 X. 1 i^.tit il' (i.i^s..- ).. ir t'iiiiirr If iLiBr iItmI de I;
• i..«:it:<<- I Ml :si<tiiiik'tru rt rfiipi>clirr la
7 OCTOBRE. 391
de Y Armée russe, dont la première GOloniie doit arriver oes
jours-oi à Pas^au/
Ces mêmes voyageurs (dont Tun est Yaudois) rapportent que
lore de leur passage à Ultn, il ne s'y trouvait pas plus de
1200 hommes de garnison, mais qu un grand nombre de travaill-
eurs y étaient occupés à construire des redoutes et autres ou-
vrages encore très imparfaits (ceci est du 3 octobre à midi, jour
de leur départ d'Ulm) ; ils m'ont assuré, en outre, que toute
Tannée autrichienne se réunit à Memmingen, ayant rencontré
tout le long de leur route beaucoup de troupes qui s'y portaient.
Ils disent, de plus, qu'il existe un grand découragement dans
l'armée autrichienne et que la plus grande partie ne fera p£ts de
résistance; que d'ailleurs, ils craignent d'en venir aux maidSy
surtout vu la force et la valeur de l'armée française qui l'entoure,
à ne lui laisser d'autre retraite que le Tjrrol.
Indépendamment de plusieurs raisons qui me font croire très
positivement à ces rapports, je crois devoir ajouter une circons-
tance qui me parait en confirmer l'authentioité, la voici :
11 y a ici, à l'auberge de la Couronne, où je suis logé, deux
étrangers qui y. sont depuis quelques jours (l'un est Russe et
l'autre Autrichien) qui vivent dans lai plus grande intimité et qui
ont toujours été assez gais, excepté hier et aujourd'hui ; un air
triste et rêveur est répandu sur tous leurs traits, aujourd'hui
surtout. Le premier, qui se dit avoir été militaire, et aujourd'hui
voyageant pour son plaisir, parlant allemand et français, fait
diverses promenades à cheval dans tous les environs ; il va sou-
tent dans les petits cantons et autres endroits de la Suisse. Il
devait partir demain, mais il s'est décidé à rester encore, disant,
qu'il attendait un prince de ses amis.
Le second me parait aussi militaire, mais pins fin et plus
Réservé que le premier. Je les observe et les fais observer.
11 vient d'arriver aujourd'hui dans cJette ville une compagnie
d'artillerie bernoise avec 1 pièces de campagne.
Saint-Gall, le 13 vendômîaitô an xiv (5 octobre 1805).
D'après les nouvelles que j'ai recueillies à mon arrivée et les
lettres de Bôliâfiô,les tfoUpès et lê pafc d'aftîlléMe qui étaient à
Innsbrûck, sont avancés en partie par Reutte et partie par Feld-
kireh pour la Souabe.
292
CHAPITRE PREMIER.
Les ouvrages de Feldkirch ont été suspendus (ce fait est cer-
tain); Ton prétend aujourd'hui qu'ils sont repris et que Ton
construit surtout beaucoup du côté de Memmingen.
D'autres bruits disent que Tarchiduc Jean a filé sur nos fron-
tières, mais tout est incertain à ce sujet.
VrAL (1).
Ordre de bataille de l'armée impériale et royale en Allemagne,
le 7 octobre 1805.
RÉGIMENTS
HT BATAILLOFK.
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HohenluhQp dragons*,»**
Eia^Qgen, Ës:gifigeii
et Enûinf en .
FrCShîkh. grenadiers
Ait:hîdiie-ftftiDiaf .,. .
Qrimetettgen, Sehaf-
falklag«n et Hart-
bauÉen .
M&nfredinî, grâEmdien. , .
Roiowratb, grenadiers. , ,
aogglmgva.
Général- major
Sticker
rrdtlîch... _..,„,..,,
eofUngva.
Arebidne-Raiiiier. .......
Kolowrati.*, •..
Ulm.
Weideafeld
avec
Manfredmi.
Mfin-CrediiiL - « . *
Eu m&rebe de Blbe-
rafb à U)m.
Memory
ehaasaura.
Palatins *.».,.,*
Lebr, Jungiiigeii et
Msibring&a.
CHiK&aeuLi tjroUeafi. ... «
Transportés par rd-
torea de Rudûl&eU à
Ulm, p^ amver Le 7.
Réserre d'artillerie. . . « . .
A tUm, à là pûrte
d'Ert>cber.
Maekp ciiirasaleni, ,.,,.«
Pria d'Ulm.
D'Aspre
à Ulm.
ArebidnC'LQUÏa^ .,,,■■,,
Ulm.
1
(I) Cettr letti-e a pu arriver au quartier gémirai le 7 ou le 8 octobre.
7 OCTOBRB.
293
Corps du feld^maréchal^lieutenant Wernek à Gûnzburg.
OtKÈHkVX'
MAJOR».
Uohonfeld.
Mayer.
Dinosberg.
REGIMENTS
KT BATAILLONS,
Aaersperg, grenadiers. . ,
Ârchiduc-Charles, grena-
diers
Archiduc - 1 ^ais , grena-
diers
Froon
Sporck
Erbach
Pranz-Jellachich .
Stuart
Reuss-Greitz. . . .
Kaonits
Renss-Plauen.. . ,
Joseph-Colloredo.
Albert, cuirassiers .
Latour, cuirassiers.
Reuss-Greitz
Wurtemberg . . .
Sporck
Arehidue-Louis.
Proon
Auersperg ,
Archiduc-Charles . .
Franz, cuirassiers.
QUARTIERS
GÊRtRACX.
Dans Gtinzburg.
Du corps près de Gflns-
burg.
Au-dessus et au-des-
sous de Deffingen.
Du corps près de Gûnz-
burg.
En marche de Mem-
mingen à IJlm.
Le général Victor au Ministre des relations extérieures.
Le 15 vendémiaire an xiv(7 octobre 1805).
Monseigneur,
J'ai reçu la dépêche que vous m'avez fait Thonneur de
m'écrire le 26 vendémiaire dernier.
J'ai pensé aussitôt au moyen de procurer à Sa Majesté les
renseignements qu'Elle désire recevoir sur le nombre et la
marche des armées russes destinées à agir contre nous. Pour
parvenir à ce but, j'ai fait choix d'un homme qui va parcourir
en observateur intelligent les pays où se trouvent maintenant
S94 CHAPITRE PREMIER.
ces réunion^ de troupes, C'est i|n étraQger que npuç avong déjà
employé de la même manière et qui a servi dans nos armées, il
y a douze ans. Je le crois très sûr et d^autant plus propre à cette
mission qu'il parla toutes les langues et même le russe.
D'ailleurs, pour l'essayer, je l'enverrai d'abord dans la Pomé-r
ranie suédoise et il me transmettra d'Hamburg un premier
rapport sur ce qu'il aura observé. Il partira dans deux jours.
L'escadre russe, anponcée depuis six semaines au gouverne-
ment danois, est arrivée, il y a trois jours, dans ces parages.
Elle a relâché dans une baie nommée Dragôr, peu distante dq
0e port, où elle est encore retenue par les vents contraires. Ella
consiste en 4 vaisseaux de ligne et 2 frégates. On assure
aujourd'hui qu'elle n'a pas de troupes à bord, et qu'elle doit
s'arrêter en Angleterre pour y pr^i^drç des renseigaements,
avant de se rendre dans la Méditerranée. Lorsque Tescs^dre ser^
dans notre rade, nous pourrons en savoir davantage par les
officiers eux-mêmes qui ne manqueront pas de descendre à terra
pour vendre, suivant leur usage, tout ce qu'ils peuvent enlever
des bâtiments. Des personnes prétendent cependant qu'ils ont
ordre de ne s'arrêter qu'à Elseneur(l).
On dit que cette escadre a escorté jusque sur les côtes de la
Poméranie 30 bâtiments de transport partis en même temps
de Revel, dont les troupes ont débarqué le 2 octobre à Stralsund,
où quelques jours avant 3,000 Suédois étaient arrivés.
Si ce rapport est vrai, on peut évaluer le nombre des troupes
déjà réunies dans la Poméranie suédoise à environ 12,000 hom-
mes, dont 4,000 Russes. Mais il doit y en arriver encore.
Des lettres de Riga, du 21 septembre, annoncent qu'une partie
de la cavalerie qu'on embarquait dans oe port occupait déjà
.50 bâtiments et qu'on en attendait 50 autres.
11 est possible que l'expédition que l'on prépare en Angleterre
soit liée à celle des ports de la Baltique, mais si toutes ces
troupes combinées se réunissent en Hanovre pour marcher de
concert contre la Hollande, elles ne prévoient pas le danger
certain de se voir couper toute retraite avant deux n^ois par les
glaces.
(1) Helsingôr.
7 OCTOBRE.
Le prince royal de Danemark est parti depuis près de huit
jours pour Kiel où Tarmée d'observation commence à se rassem-
bler. Le prince Christian, son cousin, ira le joindre cette même
semaine avec son régiment. On a mis ici les batteries et toutes
les fortifications sur le pied de guerre, on parle même d'armer
quelques blockschifîs, comme ceux qui ont servi à la défense de
Copenhague en 1801. L'objet de ces préparatifs est de tenir ce
pays dans un état de neutralité armée, et le gouvernement a
même, dit-on, préparé à ce sujet une déclaration qui ne tardera
pas à être publiée. On ajoute qu'il a répondu par une note très
forte aux pressantes sollicitations que la Russie et la Suède lui
ont adressées pour l'engager à faire cause commune avec elles.
Il ne cesse de passer des courriers anglais pour Stockholm et
Pétersbourg.
M. le comte de Bemstorfî en partant avec Monseigneur le
Prince a prévenu le corps diplomatique par une circulaire qu'il
serait remplacé, en son absence, par son frère le comte Joachim,
qui revient de Berlin.
CHAPITRE II
8 octobre.
Le général Andréossy au général Mathieu Dumas.
NOrdlingen, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 4 heures da matin.
Monsieur le Général,
Je vous préviens que le quartier général a ordre de partir de
suite pour Donauwôrth, où il doit être rendu avant midi (i).
ÀNDRftOSSY.
H^^chstAdt, le 16 yendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 1 h. 3/4 du matin.
M. le maréchal Ney invite M. le maréchal du Taillis à prévenir
les généraux Dupont, Loison, Malher, Tilly, etc., que la troupe
restera aujourd'hui dans la position en arrière d'Hôchstadt.
Les généraux Dupont, Loison et Malher occuperont par des
postes d'infanterie de 50 hommes, savoir :
La i^ division : Lauingen, Dillingen et Steinheim ;
(1) La fiarde vint aussi à Donauwôrth, où TEmpereur demeura.
Andréossy appelle à Nôrdiingen, pour les diriger aussitôt sur Donau-
wôrth, avec le quartier général : 1® la compagnie de sapeurs; 2® le
détachement de gendarmerie, attachés au grand quartier général. Il fait
désigner 1 maréchal des logis et 8 gendarmes pour être spécialement
attachés au major gi'nrral et ne recevoir d'ordres que de lui.
298 CHAPITRE II.
La 2® division : Hôchstàdt;
La 3« division : Blindheim et (iremheim.
L'ordonnateur en chef sera invité à réunir le plus de vivres
possible dans la journée.
Le général Tilly fera pousser une rçconnaissance sur Herbrech-
tingen et Ulm, par la rive gauche du Danube.
Gassaimg.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney,
Donanwnnh, le 10 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 6 heares du matin.
Monsieur le Maréchal,
Nous avons patgé le Danube et lo Loch. Le maréchal Davout
occupe Neuburg. Le maréchal Bemadotte arrivera ce soir à
Ingolstadt. Le maréchal Soult va marcher pour tâcher de couper
le corps qui est à Ulm.
L'Empereur ordonne que vous vous mettiez suMe-ehamp en
marche pour prendre une position, soit celle de Giengen, soit
toute autre qui ait le double avantage de garder la route d'Ulm h
Donauwôrth par Gundelfingen ; vous vous placerez de manière
à repousser Tennemi qui viendrait vous attaquer.
La division de dragons qui est à Neresheim (celle à pied) sera
provisoirement à vos ordres et renforcera votre corps d'armée ;
je lui en donne Tordre, que vous trouverez ci-joint, et que vous
voudrez bien lui faire parvenir.
Si Tennemi vous offre une occasion favorable, TEmpereur
approuve que vous l'attaquiez. Vous aurez soin, dans tous les
cas, de couvrir non seulement la route de Hcidenheim à Nôrd-
lingen, mais encore celle d'Ulm h Donauwôrth.
La division Gazan, qui est à Aalen, a reçu l'ordre de se rendre
à Neresheim ; si elle se trouve encore dans ce dernier lieu, au
lieu de la faire joindre au pont de Munster comme je le lui ai
prescrit, Fintentiou de l'Empereur est qu'elle se range sous vos
ordres, et que vous la teniez toujours sur votre gauche.
M. le maréchal Lannes, du corps d'armée de qui cette division
fait partie, doit marcher lui-même à Burgau. Si vous apprenes
que l'ennemi se retire et n'attende pas ce moment, tombez4iii
dessus.
8 OOTOBRE. t09
Je donne égalepiant ordre au général gourçier, commandant
la 4^ division de dragons à cheval, de passer provisoirement
sous votre commandement.
Si qu^Jqve événQmfint vodi^ obligeait à vou» rMuirq à la
diif0nsiv0 et h battre en retraite, ypus auriez mn da faire mar-
abar gne division p^r {{aidaohaim, Aaleo, faiwangap, d'abord
pour protéger le grand parc qui arriva par çatta diractiao, at
pour couvrir touta la routa da l'année qui vient d'HailbroPA aur
NôrdUngan,
Comme il est probable que le passage du Laab at Toacupatiop
d'Augiiburg, qui auront lieu dans )a journée, vout aofiu dégriser
Tennemi, il est nécessaire qua vous ayez toujours derrière voua
un popt sur le Dauube, parce que, par une marche de flanc,
vous vous porteriez sur le Lech, si les circonstances le rendaient
nécessaire.
Je ne pense pas qua le maréchal Laune§ puisse aller aujour-
d'hui jusqu'à Burgau, mais il arrivera bien certainement jusqu'à
la hauteur de Dillingen; communiquez avec lui par des pa-
trouilles de cavalerie ; instruisez-^le de tout ça que VOUS appren-
drez d'Ulm, cela servira à régler sa marche.
Veuillez me tenir exactement inforipé de votre position, de
vos mouvements et de ceux de Tenuemi.
Maréchal Bbbthibr.
Le maréohAl Berthler au général BAraguey-d'Hillier:
Donaawôrth, {e 16 veqdémiaive an xnr (8 octobre 1805).
Les circonstances rendant nécessaire d'accroître momentané-
ment les forces du corps d'armée de M. le maréchal Ney, l'In-
tention de l'Empereur est, Général, que vous passiez Jusqu'à
nouvel ordre sous le commandement de ce maréchal aveo la
division que vous commandez; veuillez, en conséquence, prendre
ses ordres pour la suite des opérations dont il est chargé et aux^
quelles vous devez contribuer.
Son Altesse Impériale le prince Murât est prévenue de cette
disposition.
Maréchal Bbbthimb.
300 CHAPITRE II.
Le maréchal Berthier au général Qazan.
Donauwôrih, le 16 Tendémiaii-e an xiy (8 octobre 1805).
Les circonstances rendant nécessaire d'accroître momentané-
ment les forces du corps d'armée de M. le maréchal Ney, Tinten-
tion de TEmpereur est, Général, que vous passiez jusqu'à nouvel
ordre sous le commandement de ce maréchal avec la division que
vous commandez; veuillez, en conséquence, prendre ses ordres
pour la suite des opérations dont il est chargé et auxquelles
vous devez contribuer.
M. le maréchal Lannes, du corps d'armée de qui vous faites
partie, est prévenu de cette disposition.
Maréchal BKRTHi£R(i).
Le maréchal Berthier au maréchal Ney.
DonauwOrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Le Lech ayant été passé hier, l'armée do M. le maréchal
Soult se porte sur Augsburg, où elle arrivera ce soir.
Le prince Murât, a\ec 10,000 hommes de cavalerie, sera ce
soir à Zusmarshausen et aura des postes à Burgau.
M. le maréchal Lannes sera ce soir à mi-chemin de Wertingen
à Zusmarshausen.
M. le maréchal Davout, avec son corps d'armée sera réuni à
Aichach. 11 est impossible que l'ennemi instruit du passage du
Danube et du Lech, ainsi que de l'épouvante qui a dû s'emparer
du corps de troupe qu'il avait au delà du Lech, ne songe sérieu-
sement à prendre le parti de la retraite. 11 est à croire qu'il
essayera d'abord de la faire sur Augsburg, mais bientôt il
apprendra qu'il n'est plus temps et il tentera de la faire sur
Landsberg, ou, si nos troupes arrivent à temps, il se décidera à
livrer bataille, ou enfin à se retirer dans le Tyrol ; mais il est
probable qu'il prendra le parti de combattre ; dans cette hypo-
(1) Même ordre uu général Bourcier, commandant la 4^ division de
dragons à cheval.
Le prince Murât en est pré\enu.
8 OCTOBRE. 301
thèse, TEmpereur désire que votre corps d'armée se trouve à la
bataille.
Sa Majesté ne pense pas que Tennemi soit assez insensé pour
passer sur la rive gauche du Danube, puisque tous ses magasins
sont à Memmingen et qu'il a plus grand intérêt à ne pas se
séparer du Ty roi que, dans cette manœuvre, il découvrirait entiè-
rement. L'intention de l'Empereur est donc que vous vous por-
tiez aujourd'hui au pont de Gùnzburg que vous occuperez avec
votre avant-garde. Employez tous les moyens pour tâcher de
réunir à vous la division du général Gazan et celle de dragons
du général Bourcier.
Vous préviendrez le général Baraguey-d'Hilliers qu'il serait
chargé, si jamais l'ennemi faisait la sottise de vouloir pénétrer
par Heidenheim, Aalen et Nôrdlingen, de battre en retraite
devant lui en suivant la route d'Heidenheim, Aalen et Ëllwangen,
pour disputer le terrain, protéger le grand parc de l'armée et la
grande et seule communication de tout ce qui vient de France
et qui est tellement couverte de détachements de différentes
armes, qu'en peu de marches, le général Baraguey-d'Hilliers
aurait réuni 20,000 hommes. Quant à vous, Monsieur le
Maréchal, avec la division Gazan et la division de dragons
du général Bourcier, vous vous trouverez avoir plus de
30,000 hommes.
Faites rétablir tous les ponts qui sont sur vos derrières et
ménagez-vous le plus de passages possible de manière que, du
moment qu'il sera constaté que l'ennemi évacue Ulm pour se
porter sur Augsburg ou sur Landsberg, vous puissiez, par une
marche de flanc, vous trouver toujours à sa hauteur et sur ses
flancs, où vous l'attaqueriez du moment où le maréchal Soult, le
maréchal Davout et le maréchal Lannes auraient commencé à
le joindre et à l'attaquer. Vous aurez soin cependant, Monsieur
le Maréchal, de tenir une division à Gundelfmgen, afin qu'elle
vous serve d'avant-garde, si jamais d'autres circonstances déci-
daient l'Empereur à vous faire marcher sur Ulm par Lauingen
et Albeck.
L'Empereur imagine que vous avez fait rétablir le pont de
Dillingen. Le maréchal Lannes pourra par là communiquer
avec vous ; envoyez des patrouilles de cavalerie à sa ren-
contre.
301 CHAPITRE n.
M. le maréohal Mufat a aussi Tordre de éommuniqtldr aTM
vous ; envoyez également des patrouilles à sa rencontre.
Les moment» aotuels, Monsieur le Maréohal^ sont de lA plus
grande importance ; TEmpereur oômpte sur votre zèle^ sur vos
talents et sûr votre activité. Elle est tout entière nécesftaife en
oe moments
Maréehal BrarniBa.
VEmpèrBur au tn&réchAl X (i).
Quartier impérial, à Donauwnrth, le 16 yendémiaire tn xiv
(8 octobre 180&).
Mon cousin, le général Kienmayer, qui a voulu hier défendre
le Lech, s'est retiré sur Augsburg. Soult avec deux divisions est
à sa poursuite sur la droite du Lech, et deux autres divisions
sur la rive gauche. J'espère que ce corps sera entamé. Il me
tarde d'apprendre que vous êtes maître du pont de Gùnzburg.
Je ne puis plus penser que Tennemi puisse avoir d'autre
projet que de se retirer sur Augsburg, ou sur Landsberg, ou
même sur Fùssen. Toutefois, il pourrait hésiter, et, dans ce cas,
c^est à nous à faire en sorte que pas un n'échappe. Je ne doute
pas qu^l ne puisse revenir quelques-unes de ses forces du Tyrol.
Votre position à Gùnzburg est favorable pour vous porter par-
tout où il faut.
NapoLéo]» (2).
DIépositions de ïïiàfvhe du 6* cùrpm d'arrrtée
pour le 16 yehdémiAire art XIV (8 octobre 1805).
Le IC vendémiaire an ziv (8 octot>re 1805).
L'armée marchera aujourd'hui à 2 heures, la droite en
tète (3).
■ ' ■ ■ 1 1 ■ ■ . »■ ■ I . «■> . ■ . I I- Il ■ ■• iif
(1) L'original de cette lettre ne porte pas d'adresse. Sa teneur
indique qu'elle était destinée au maréchal Ney ; mais elle a été remise
au maréchal Lannes et se trouve encore aujourd'hui dans les archives
du duc de MontebeHo.
(2) Correspondance de Napoléon, n* 9352»
(3) Changements ordonnés ])endant le moutement ;
On est parti à 4 heures seulement.
8 ocTOBi». 308
La cavalerie légère partira à 2 heures et ouvrira la marche
sur la direction d'Ulm par Gundelfingen, elle prendra ensuite
position en avant de Hausen^ au delà du Lonthal et occupera
Englen-Gehaû, Nerenstetten, OËllingen, elle placera un poste
de 30 hommes à Nerenstetten, son but doit être d'éclairer toutes
les communications qui aboutissent à Ulm.
La 1'* division, qui marchera ensuite, établira sa !'• brigade
en avant de Hausen, près de Tendroit où la route traverse le
Lonthal. La 2« brigade à Bissingen sur les hauteurs, en arrière
du point où la route est coupée par le Lonthal, ou la Rurbe,
4 compagnies d^infanterie légère à Nerenstetten avec le poste
de cavalerie.
La 2^ division bivouaquera sur les hauteurs à droite de Bdrg-
berg ; un bataillon d'infanterie légère à Stetten pour éclairer les
bois en avant.
La 3« division sur les hauteurs à gauche de Brenz ; le 59* régi-
ment à Gundelfmgen. Ce régiment fournira 3 compagnies au
pont de Lauingen et trois autres au pont de Dillingen, ces der-
nières seront relevées par les grenadiers de M. le maréchal
Lannes et joindront les trois premières à Lauingen; lorsque les
6 compagnies auront été enfin relevées, elles joindront leur
division qui marche sur Ulm par Albeck.
La 3^ division établira en outre un bataillon d'infanterie légère
à Stotzingen et Sontheim pour éclairer sur la route d^Ulm, la
cavalerie de cette division restera avec ce bataillon pour commu-
niquer avec la i'^ division à Hausen.
La division Gazan s'établira sur les hauteurs en arrière de
Medlingen, adossée au bois.
Les dragons à pied bivouaqueront sur les hauteurs à droite
d'Herbreehtingen en établissant des postes en avant de ce
village, ainsi qu'à Falkenstein et Saint-Nicolas sur la direction
de Dillingen, grande route d'Ulm*
La division de dragons du général Bourcier prendra position
à gauche de Bolheim, et portera un régiment en avant de
Dillingen. Ce régiment s'éclairera sur toutes les communica-
tions qui y aboutissent.
Le parc d'artillerie sera en arrière de Medlingen.
Celui des vivres à gauche du village*
Le quartier général à Medlingen» {A^ M,)
304 CHAPITRE n.
6« CORPS D*ARMÊE.
Ordres militaires écrits sur le champ de bataille
avant la prise d'Ulm,
Écrire au général Baraguey-d'Hilliers, colonel général des
dragons à Neresheim ; lui mander de se mettre en marche avec
les dragons sous ses ordres pour venir prendre la position indi-
quée dans Tordre de marche que j'ai arrêté pour le 6® corps de
la Grande Armée, afin de pouvoir me diriger sur Ulm, demain
17, et y attaquer Tennemi s'il osait encore défendre cette posi-
tion.
Qu'il trouvera sur les ordres de Son Excellence le Ministre de
la guerre qui le place provisoirement sous mon commande-
ment.
Au général Bourcier à Neresheim, même lettre que celle au
général Baraguey-d'Hilliers.
Au général Gazan à Neresheim, même ordre. Mais si l'officier
porteur de la dépêche ne le trouvait pas sur ce point et que ce
général se soit dirigé sur Munster, comme il en avait Tordre,
dans ce cas, Tofficier porteur de la dépêche suivrait la route de
Neresheim à Munster.
Le général du Taillis écrira au général Tilly de laisser un
détachement de cinquante chasseurs à Dillingen pour la garde
du pont sur le Danube et celui de Lauingen, d'Hôchstâdt et de
Steinheim. Cet officier rentrera avec Tartillerie fournie de la
«> division aussitôt que les grenadiers aux ordres du maréchal
Lannes arriveront dans cette ville et qu'il sera relevé d'après
la demande qu'il devra en faire ; il prendra pour rejoindre son
corps la route d'Ulm par Albeck.
Savoir quel chemin les officiers porteurs des dépêches devront
tenir pour trouver les généraux Baraguey-d'Hilliers, Bourcier et
Gazan ; ils mettront la plus grande diligence et me rapporteront
des reçus à Medlingen où j'établis mon quartier général.
Écrire de suite aux généraux Tilly et Dupont de se mettre en
marche. Le premier ouvrira la marche avec toute la cavalerie
légère — à la !2« et 3e division de suivre le mouvement de la
8 OCTOBRE. 308
i'® qui tiendra la route de Gundelfingen. Enfin, que je leur
expédierai en chemin les positions que le 6© corps d'armée devra
prendre aujourd'hui en vertu des dispositions arrêtées par Sa
Majesté TEmpereur.
Le général Tilly ne devra pas oublier de laisser un très bon
officier à Dillingen, il lui demandera la plus grande activité et
barricadera les ponts de manière à éviter toute surprise.
Au général Seroux, le général Dupont remettra une pièce
de 8 et le général Tilly un obusier.
D'Hôchstàdt à Môrslingen, Ober-Finningen , Demmingen,
Eglingen et Neresheim, il prendra 4 chasseurs ou hussards.
{A. M,)
Le général de division Malher à M. le maréchal d'empire Ney.
Blindheim, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai rhonneur de vous rendre compte que la reconnaissance
que j'ai portée sur Pfafi'enhofen, a appris qu'un officier général
français et 3G dragons sont venus en reconnaissance à
Mertingen. Depuis samedi dernier, Tennemi n'a pu passer sur
les bords de la Zusam, il y avait fait préparer du logement pour
de rinfanterie, mais à minuit, Tofficier qui en était chargé
reçut une ordonnance pressée qui le rappelait.
Les on-dit des paysans portent Tennemi à Zusmarshausen; s'il
vous était possible de mettre à ma disposition quelques fonds,
je pourrais envoyer quelques espions à la découverte et vous
transmettre des renseignements plus exacts.
Les ponts sous Blindheim et Gremheim ont été barricadés
toute la nuit avec des voitures ; j'ai poussé ce matin une recon-
naissance de grenadiers, de l'autre côté, qui n'a rien découvert.
Mes troupes, comme vous me l'avez ordonné hier, sont prêtes
à partir.
Agréez, Monsieur le Maréchal, etc
{A, M.) Malher.
III. 20
306 CpAPIT^E II.
Le 16 veadémiaira i^) xiv (8 of^l^r^ i^Oj!!).
Les ponts de Laiiingen, Dillingen et Steinheim, sont gardés;
il y a un poste à AJtheim.
iUne reconnaissance est dirigée sur Herbrechtingen et sur
la route d'Ulm.
Le capitaine Blautiol, commandant le détachement à DîUin-
gen, rend compte qu'aujourd'hui, à la pointe du jour, une
patrouille de deux hommes s'est avancée près du pont ; la vedette
a fait feu, et les deux hommes se sont retirés.
L'officier posté à Lauingen rend compte qu'il a reconnu cinq
ou six vedettes ennemies, placées à mille pieds de la ville \ un
officier autrichien, accompagné d'un dragon, s'est avancé jusqu'à
deux portées de carabine des avant-postes. Une heure après
minuit, une de nos vedettes a reconnu une patrouille ennemie,
a fait feu, l'ennemi s'est retiré sans riposter.
Ce matin, à la pQintp du jpMr, l'eupeT^i était posté à un quart
de lieue du pont.
D'après les rapports (]iii me soat parvenus, l'ennemi faisait
garder Gùnzburg comme avant-postes, il y a de la caY^Jen^ et
de rinfanterie. (4. itf-)
Le générai Ou TaiUia au générnl (1).
Hochstadt, le 16 vendémiaire an xxv (8 octobre 1805), k midi.
Mon cher Général,
Le Maréchal me charge de vous prév^mr, que vous devez
vous tenir prêt à partir avec votre division.
Faites rentrer tous les postes établis dans les nionti^gnos et
les détachements envoyés sur notre gauch^.
L'armée va marcher sur Ulm par Dillingen. Cette disposition
doit être tenue secrète.
Dn Tai^us.
Mettez-vous de suite en mouvement et dirigez-vous sur
Gundelfingen.
Vous recevrez des instructions en route.
Du TailMS.
(1) Tilly.
6*" CORPS DARMÉB.
{du 17 au matin).
Quartier général : Môrslingen.
/'« division : Bisgingen.
i" brigade en avant de Qausen, prçs de Tendroit où la route
traverse le Lbnthal.
â« brigade à Bissingen, %\ir les hauteups, en avrière du point
où la route est coupée par le Lonthal et la Hnrbe.
4 compagnies d'infanterie légère à Nerenstetten avec le poste
du i^^ régiment de hussards.
^« division : Burberg.
La division à la gauche de la i'« division, sur le^ hauteurs de
Burberg, ayant le Lonthal sur son front.
i bataillon d'infanterie légère à Stetten pour éclî^irer le^ bois
en av^nt.
(La division a repris la route de pillingen, Gundelfingen, Bren^
et Hermaringen, la prenant à gauche elle s*est dirigée sur les
hauteurs de Burberg.)
3^ divisi^ : Brenz.
La division sur les hauteurs, fi gpuch^ d^ Breuz,
Le 59® à GuudeUiugen, foumii^tiaut 3 çompt^guîes w PQUt fia
L^uingen ; 3 oompaguies à celui dP OiHiugW-
i bsitaillon d'inf^terie légère ^ Stotzingen et Sonth^i|[q, pou?
éclairer U route d'Ulm,
Cavalerie légère : En avant de Hausen, au delà du Lonthal, et
occupant Wertingen, Nerenstetten, OEUingen; i poste à Nerens-
tetten.
(La cavalerie a ouvert la marche du corps d'armée sur la
direction d'Ulm par Gundelftngen.)
Pipision Ga,zan : Sur Içs hautow^ çp arrière de Môrslingen,
açlossée aux boi§.
4« diviûon de dragons (général Boureifr) i Bolheim.
5 régiments à gauche de Bolheim, et 1 en avant de Dillingen.
Dragons à pied (général Baraguey-d'Hilliers) : Herbrechtingen»
308 CHAPITRE II.
Au bivouac, sur les hauteurs à droite d'Herbrechtingen, ayant
des postes en avant de ce village, à Falkenstein, Saint-Nicolas,
et sur la direction de Dettingen, sur la grande route d'Ulm.
Le maréchal Ney au colonel {sic) Crabbé.
Le 16 yendémiairc an xiv (8 octobre 1805).
M. Crabbé partira deux heures après Tarrivée des troupes à
Ilausen, à la tète de 2 compagnies de voltigeurs, 2 compagnies
de carabiniers et 4 de chasseurs, prises sur les deux bataillons
du 9« régiment d'infanterie légère, une pièce de 4, un escadron
de cavalerie légère, pour se diriger de ce point sur Ulm ; il
marchera dans le plus grand ordre militaire et recommandera
un silence absolu. Il s'arrêtera dans les positions qui lui paraî-
tront les plus avantageuses pour Tinfanterie. Il fera ouvrir la
marche par les compagnies de voltigeurs, suivies des i compa-
gnies de chasseurs à pied ; la pièce de 4 marchera entre les
2 compagnies de carabiniers. La marche sera fermée par l'esca-
dron de cavalerie légère ; cette troupe formera sa réserve ; il
aura seulement 7 ou 8 hommes bien montés et bien sûrs qui
marcheront sur les flancs et à la hauteur de son infanterie. Dès
qu'il rencontrera l'ennemi, il fera faire halte à sa réserve et
attaquera vivement avec la tête, il le poussera jusqu'à ce qu'il
rencontre des forces d'infanterie au moins équivalentes aux
siennes ; dans ce cas, il ferait sa retraite sur sa réserve qui à
son tour couvrirait la marche ; il fera tirer le canon si l'occasion
devenait pressante afin de pouvoir lui envoyer les secours néces-
saires pour protéger sa retraite. Mais s'il ne trouvait devant lui
que de la cavalerie, il ne s'arrêtera pas et tâchera de s'emparer
d'Ulm, s'il est possible. 11 me tiendra exactement informé de
tout ce qui lui paraîtrait mériter mon attention, mais surtout si
l'ennemi paraît avoir évacué Ulm, ou si au contraire il y était
en mesure de déboucher sur nous parla rive gauche du Danube.
Je me tiendrai à Ilausen ou à Stotzingen où il m'adressera son
rapport qui devra me parvenir au moins avant trois heures du
matin.
{A. M.) Nkt.
8 OCTOBRE. 309
Ordre du 16 vendémiaire an XIV (8 octobre 1805).
Le maréchal Ney, commandant en chef le 6« corps d'armée,
voulant assurer la rédaction exacte des marches et opérations
militaires qui seront exécutées par le corps qu'il commande,
arrête les dispositions suivantes :
1° MM. les généraux de division lui transmettront tous les
jours de marche un rapport qui contiendra la note des camps
ou cantonnements que leurs divisions respectives occupaient
avant la marche, et celle des camps ou cantonnements qu'elles
auront pris à la suite du mouvement ; un rapport semblable
sera fait pour les jours de combat ;
2» La description des positions militaires, camps ou bivouacs,
devra désigner exactement les points auxquels les deux ailes
étaient appuyées et les accidents du terrain qui couvraient les
flancs et le front de la division; les villages, bois, ravins, etc.,
qui auraient été occupés pour la sûreté des positions, seront
désignés, ainsi que les corps qui les occupaient;
30 Les incidents militaires qui auraient pu survenir pendant
la marche seront fidèlement rapportés ;
40 Lorsque les généraux de division auront Tennemi devant
eux, ils auront soin de donner, aussi bien que possible, la des-
cription de la position qu'il occupe et remplacement de ses
troupes dans cette position ;
5® Les rapports devront être accompagnés d'un croquis qui
indiquera les positions militaires et les emplacements des
troupes ;
6® Les rapports des combats devront présenter toutes les cir-
constances de la marche des différents corps, ainsi que les
diverses manières dont ils pourraient avoir combattu, en colonne
ou en bataille, les manœuvres par le moyen desquelles chaque
division aura passé aux différents ordres de colonne et de
bataille seront aussi désignées;
7^ Lorsqu'un général de brigade ou un chef de corps aura un
commandement isolé, il se conformera aux dispositions du pré-
sent ordre. S'il était isolé et néanmoins sous le commandement
d'un général de division, il adresserait ses rapports à ce
général.
En rassemblant des matériaux aussi exacts, le maréchal com-
310 CHAPltfeË II.
mandant en ohef n'a d'autre but que celui de mettre au plus
grand jour la conduite des braves troupes du 6« corps d'armée
et («elle des chefs qUi lë« dirigent ; il A droit d'attendre d'eux la
plus gftjMe exactitude dans l'exécution des mesures preiorites.
Au quartier général, à Giengen, etc..
(A. M.)
Journal d98 opérations de la division Oupont.
Le 16 (5 oclobré), à 2 heures après-midi, la division se met en
mouvement. Elle laisse Dillingen sur la gauche, passe par Lauin-
gen, Gundelfingen, firenz, Stotzingen et arrive, à 3 heures du
matin, à Ëissingen (1).
A Stotzingen la route de traverse que la division suivait se
croisait avec la route de Langenau. Une centaine de traiiiéurs
prend cette route et rencontre un pdste ennemi en àvàiit de ce
village ; ils se réunissent aussitôt, engagent une fdsillàde et se
retirent en bon ordre par Stetten, où ils se rallient à d^àutires
soldats à qui la fatigue n'avait pas permis de suivre. l)és partis
se présentent et cherchent à pénétrer dans le village. Les Fran-
çais se défendent avec vigueur, les repoussent et se mettent en
marche pour rejoindre la division.
4 compagnies du 96® régiment et 50 chevaux dii !«' hussards,
que le général, averti par la fusillade, envoyait sur ce point, les
rencontrent à un quart de lieue dû camp. C'était à qui vanterait
ses exploits de la nuit ; ils regrettaient tous de n'avoir pas eli à
leur tête un officier pour diriger leurs mouvements, poursuivre
l'ennemi qu'ils avaient mis en déroute et faire des pHsotinleris.
Le détachement des -i compagnies et des oO chevaux poUTsUit
sa reconnaissance sur Stotzingen, d^où il déloge l'ennéttii, à qiîi
il tue 2 cuirassiers et fait 1 uhlan prisonnier.
Dans ce moment, le maréchal Ney arrive à la tété dé là divl-
(1) 11 y a 36 kilomètres environ du camp occupé le 15 vendémiaire
par Dupont (entre Sonderheim et Deisenhofen) et le village de bis*
singcn. Les deux dernières lieues de cette marche devaient se faire pé!t
lie mauvais chemins et en terrain accidenté.
8 OdTOB&È. 311
sion Malher marchant sur Gunsburg ; il donne Tordre au déta-
chement de rentrer au caiilp, pour suivre le mouvement de la
division qui part aussitôt pour Albeck.
Le général Comp&ns au général Oucf/Hdf
Manstar, le 16 vendémiaire an xir (8 oetobre 1806).
Mon Général,
M. le maréchal commandant en chef vous charge de vous
diriger sur-le-champ, avec les troupes à vos ordres, sur Wertin-
gen et voiis y établir ttiilitaitemeiit aussitôt vott-e arrivée, il vous
charge aussi de rappeler la reconnaissance que vous avez dû
pousser ée tnâtin, sur là ^Dutë d'AugsbUfg, et de lu faire rentrer
à sa ditisidn. Sun intention est que vous en poussiez aussi suf la
route de Wertiugen à Dillingeh pour avoir dés tioutellës du liorps
d'armée, aux ofdres de M. le maréebal Ney, qUi doit passer le
Danube sur de point et sUi* la route de Wertlttgen à tJlm pour
avoir dès nouvel^s de Tennemi ; il vous engage aussi à faire
éclairet la gauche de vôtre marche et de vous assurer si elle est
couverte par des troupes de la réserve de cavcderie.
GOMPANS.
Le général Compans au Commandant du parc d'artillerie
du 5* corps,
Donauwôrth, le 10 vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
D'après les intentions de M. le maréchal commandant en chef,
j'autorise le commandant du parc d'artillerie Au 5® corps de la
Grande Armée, à requérir dans la route tous les chevaux de par-
ticuliers qui pourront lui devenir nécessaires pour accélérer sa
marche.
La présente autorisation sera valable jusqu*a nouvel ohire.
COMPAMS.
312 CHAPITRE II.
Le général Belliard au colonel général Baraguey^d'HIIIiers
et au général Bourcier,
Le prince Murât me charge de vous prévenir que, jusqu'à
nouvel ordre, vous recevrez des instructions de M. le maréchal
Ney. Ayez la bonté de donner des ordres pour que le parc de ré-
serve vous suive.
Je vous prie de me faire savoir si le bataillon qui se trouvait
en arrière s'est réuni à votre division.
L'Empereur au maréchal Berthier.
Quartier impérial, à DonauwOrth, le 16 vendémiaire an xiv
(8 octobre 1805).
Mon Cousin, le maréchal Lannes partira dans la journée avec
son corps d'armée et occupera Wertingen. 11 poussera son avant-
garde aussi loin qu'il le pourra sur la route de Burgau ; il com-
muniquera, par des patrouilles de cavalerie, avec le maréchal
Ney par le pont de Dillingen. Il aura soin de tenir bien éclairé
tout le pays entre le Danube et la Zusam. Vous donnerez Tordre
au maréchal Soult de diriger les divisions de Saint-IIilaire, de
Legrand et de Vandamme, avec son quartier général, à Augs-
burg, toutefois après s'être assuré que Tennemi n'est pas en force
à Aichach et que le maréchal Davout est maître de Neuburg et
de son pont. Donnez ordre au général Marmont de s'emparer
d'ingolstadt aujourd'hui, s'il peut le faire plus promptement que
le maréchal Bernadotte, qui a ordre de l'occuper demain.
Napoléon (i).
Le maréchal Berthier au maréchal Lannes,
Donauwôrth, le 16 vendémiaire an xiv (S octobre 18U5).
Monsieur le Maréchal,
L'intention de l'Empereur est que vous partiez, dans la jour-
née, avec votre corps d'armée pour occuper Wertingen ; vous
(I) Correspondance de Napoléon, n° 9351.
8 OCTOBRE. 313
pousserez votre avant-garde aussi loin que vous le pourrez sur
la route de Burgau.
Vous communiquerez, par des patrouilles de cavalerie, avec le
maréchal Ney, par le pont de Dillingen, son corps étant, aujour-
d'hui, à Giengen.
Vous aurez soin, Monsieur le Maréchal, de tenir bien éclairé
tout le pays entre le Danube et la Zusam.
Je vous rappelle Tordre de m'envoyer, tous les soirs, un aide
de camp ou un officier d'état-major et de me faire connaître ce
qu'il y aurait de nouveau.
Maréchal BRRTmER.
Le maréchal Berthier à Son Alt&sse Sérénissime le prince Murât
Donauwnrth, le Iti vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'intention de l'Empereur est qu'avec les trois divisions de
dragons et les deux divisions de grosse cavalerie, et toute l'artil-
lerie attachée à ces deux divisions, vous vous dirigiez sur Zus-
marshausen et Burgau.
La division de cavalerie de M. le maréchal Lannes marchant
dans la même direction, vous êtes autorisé à en prendre deux
régiments pour éclairer la marche de votre grosse cavalerie.
L'intention de l'Empereur, mon Prince, est que vous dirigiez
de fortes colonnes sur Burgau, que vous occupiez ce poste si tou-
tefois il n'y a pas d'infanterie ennemie. S'il y en avait, vous
tacheriez de connaître le nombre et le nom des régiments.
Vous aurez de forts partis sur la route d'Augsburg à Ulm,
parce qu'il est important qu'avant que nos troupes occupent cette
ville, ces patrouilles puissent enlever les diligences, les voyageurs,
même les détachements ennemis qui se rendraient d'Augsburg
sur Ulm et au quartier général autrichien.
Vous recevrez des ordres pour la route que vous devez tenir
demain.
S'il n'y a rien de nouveau, il se pourrait que Votre Altesse
reçût l'ordre de couper la roule de Landsberg à Ulm, c'est-à-dire
de se porter sur Mindelheim.
iH4 cttÂtntRB n.
ié VoUs pfëvie^s itué (6 tnartehal Nisy MtA, atijoiird^huî, déâ
postes à Gundelfîngen, et peut-être à Gùnzbufg ; M. lé tnài'êt;hâl
LahUéfe, à Wertingeii, et II dêpàssefa cette posltloil, st éela est
possible, etitre WertiUgetl et Zusitiarsbaiijieti.
M. le maréchal Soult, avec toute son armée, ttldnihë sut* Atlgs-
burg. Le maréchal DâVoUt ))âsâë â NëubUrg et M. le th&i'echal
Bernadotte, à Ingolstadt. Cela me paraît §lifflsahtp6iirVdu^fUife
éohhaltre la position de râi^ibée.
Faites p&sser aul tnarétthatil ïioalt, Ney et Latibes toiltes les
nouvelles intéressantes que vous auriez.
L'Empereur désire que vous établissiez des relais de chevaux
de trois lieues en trois lieues sur la route de Donauwôrth, afin
que les aides de camp puissent aller ventre à terre de Donauwôrth
à la position que vous oeeupez»
Maréchal Bbrthikr.
Le générai Belllard au géhèiral Klein.
Le 16 iretiâéttlltirt ftli ut (8 oettfbtê 1601).
D'après les ordres du prince Murât, vous ((uitterez de suite la
position que vous occupez sur le Lech pour vous porter sur
^usmarshausen, route de Gûnzburg à Àugsburg. Là division
Beaumont et deux divisions de cavalerie vous suivront ; vous
formerez une avant-garde. Les trois divisions partiront ensemble
de Donauwôrth et vous ne devez pks les attendre pour vous
mettre en mouvement.
On verra sûrement l'ennemi, mon cher Orénéral, et le Ihrince
compte sur la bravoure, le zèle et le dètouement de vos troupes
comme sur le vôtte.
Marchez avec beaucoup d*ordre et faites bien éclairer Votre
marche.
Le quartier général du t*rince sera cfe soir à 2usmarshauseh.
Bblliabd.
8 oetOBRE. 318
Le général BéWkMS M^ iHhéHÙk MftUfhôht, d'Hautpoul
et N&nsouty,
Le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
D'après les ordres du prinee Muratf tous partirez de suite de
la position que vous occupez pour vous porter sur Zusmars-
hauseU) route de Gûnzburg à Augsburg ; tous prendrez votre
rang de taille {sit) areo la i'® division de grosse cavalerie qui
sera elle-même précédée par deux divisions de dragons partant
de Donauwôrth.
On verra sûrement Tennemi, mon cher Oénéral» et le Prince
compte sur le zèle, la bravoure et le dévouement de vos troupes
comme sur le vôtre.
Le quartier général du Prinee sera ee soir à Zusmarshauseni
BiiLUÀft».
Le èéhéV^al BblliàM àti boMmndant (4) dOs tif^dhé à fiM
à Munster.
Le 16 Tendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Vous partirez ft lA réception du présent ordre, arfed VolhJ
batatllou, pont vous i-eudi'e aii qiiartlet géuéml à Zusitidrs-
hausett, route d'Augsburg à OûUÉbiirg. Vous passere* par
Wertlttgeu. S'il y a Une toute plus dOUiie et plus commode,
vous la pt*endter. Celle de Mertlngen sera peut-etfe itieilletire et
plus sûfe eu raison de la position des ennemis; Vous tnàfchetet
dans le plus gfand otdre et ^ous aufez soin de bien vous mii*e
êelairei-;
Vous ne quittereÉ votre position ïjU'aprês Tat^rivée des troupes
de k. le maréchal Lannes.
(i) Depuis lô 13, un bataillon de» dragdtts a pied marchait Ch avaht
du fëstô de ia diti«ioa. Il était ie 43 k Heidenheim^ la dividioa à SQssëU;
le 14 k Atnerdingen, la ditisioii k Heiddtiheim ; le 10 à Munster, la
diTÎsion à Heldenhëini.
316 CHAPITRE II.
Le prince Murât à l'Empereur,
Wertingen, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Les troupes de Votre Majesté ont rencontré Tennemi et Tont
complètement battu. 2,000 prisonniers, 6 canons et 6 drapeaux
enlevés aux Autrichiens, voilà le résultat du premier succès de
vos armes dans cette campagne. Il m'est impossible de vous
rendre compte, aujourd'hui, avec détails, de la journée de
Wertingen et de vous faire connaître toutes les belles actions
qui Font signalée. Je me borne à vous dire que votre cavalerie
s'est couverte de gloire ; je ne saurais vous peindre l'enthou-
siasme qu'elle a fait éclater, ainsi que les braves grenadiers
d'élite. Tous ont chargé aux cris répétés de : « Vive l'Empereur î »
Les colonels Arrighi et Meaupetit ont été blessés à la tête de
leurs régiments, le premier en chargeant les cuirassiers, l'autre
en chargeant l'infanterie. Le colonel Meaupetit, après avoir été
frappé, a dit au général qui le commandait : « Si je meurs, ne
laissez pas ignorer à Sa Majesté que mon régiment a chargé en
criant : Vive l'Empereur I »
Sire, en attendant que je puisse faire à Votre Majesté un
rapport plus circonstancié, je m'empresse de vous faire connaître
ma position et celle de M. le maréchal Lannes.
La brigade de cavalerie légère, aux ordres du général Treillard,
est établie à Hausen, à trois lieues de Zusmarshausen. La l**® et
la 2« division de dragons occupent les villages en arrière. Le
général Nansouty est à Wertingen, où j'ai moi-même mon
quartier général. Tous les renseignements que j'ai recueillis
annoncent que l'ennemi fait sa retraite sur Augsburg par Zus-
marshausen. (L'affaire d'aujourd'hui et le passage du Lech
doivent faire changer le projet de l'ennemi, il essaiera de se
retirer par Landsberg.) Le général Auffenberg était chargé de
flanquer cette marche. C'est son corps d'armée que nous avons
défait. Il paraît que Tennemi occupe encore Gûnzburg ; mais,
sans doute, il l'évacuera cette nuit. Je présume aussi qu'il
abandonnera Ulm. Le général Mack était hier au soir à Gûnzburg
et tous les équipages avaient été renvoyés à Zusmarshausen.
Ce qui doit faire présumer que l'ennemi avait le projet de réunir
ses forces pour nous attaquer, c'est que les troupes que nous
8 OCTOBRE. 317
avons battues, s'étaient rendues de Landsberg à Gùnzburg et
en étaient parties ce matin pour venir à Wertingen, où elles
sont arrivées ce matin à 10 heures.
M. le maréchal Lannes occupe les hauteurs en arrière de
Wertingen, sur la route de Burgau. La division Saint-Hilaire,
qui arrive à Tinslant, s'établira sur la route de Wertingen à
Augsburg. Je fais reconnaître Zusmarshausen et Burgau et
nous agirons d'après les renseignements qui nous parviendront,
ou d'après les ordres que je recevrai de Votre Majesté.
MOOAT.
Sire, M. Exelmans, mon aide de camp, qui aura l'honneur de
vous remettre ma lettre, s'est conduit de la manière la plus
brillante : constamment à la tète des charges, dans plusieurs
moments il a raffermi et ramené les régiments ; il a eu 2 che-
vaux tués sous lui; mon aide de camp Piéton a montré la plus
grande valeur; il a fait prisonniers 2 officiers autrichiens (1).
Le général Belliard au général Andréossy.
Au quartier général, à Zusmarshausen, le 17 vendémiaire an xiv
(9 octobre 1805).
Tout le corps de Son Altesse Sérénissime le prince Murât a
rencontré l'ennemi au village de Wertingen. Le Prince l'a
attaqué de suite, l'ennemi a fait beaucoup de résistance, mais il
a du céder à la valeur française des troupes de Sa Majesté. Le
corps de M. le maréchal Lannes, après la prise du village qu'à
enlevé la cavalerie, a pris part à la bataille ; il y a eu plusieurs
charges de cavalerie très vigoureuses et dont les résultats ont
été heureux. 3 bataillons ont déposé les armes. La cavalerie
s'est immortalisée et toutes les charges se sont faites aux cris
de : « Vive l'Empereur ! » Son Altesse Sérénissime le prince
Murât a poursuivi l'ennemi avec vigueur jusqu'à la nuit. Le
résultat de la journée a été la prise de 6 ou 8 pièces d'artillerie,
quatre drapeaux et 1200 à 1500 prisonniers. L'ennemi a dû
(1) Tout entier de hi main de Murât.
318 c^A?ïTBB n.
avoir b^awpqup de blessés. Nous ayoï^s evi ^ po^e çftté 6Q Qiï
8Q blessés, J'ai Vbûnneqr de vous adresser 1080 prisQAniers^
savoir : 1 major, 8 officiers, 2 officiers de -santé, i080 soldat^ OU
sûus-Qffipier§, Ce soir, je vous (er^i ^^ rapport détwUé, j*«tt«i^ds
les rapports des corps.
I^es blessés vpnt être conduits à Dopauvôrtb. ^otre ^flibw-
lancç est très mal 04*ganisée. Je vp.us prie de demande? W'ot
npus donne des voitures, des caissons, des inédicaments et des
officiers de sainte.
Belliabd.
Marche^ et rs^ppQris, historique^ de /^ P^^ d/^^/oft
de dragons montés.
La division partit de Donauwôrtji à 5 heures du matin, pour
se rendre eu arrière du Lech, sur la route de Rain, et y attendre
de nouveaux ordres ; à 9 heures, elle reçut celui de faire Tavant-
garde d'une colonne, composée de la 3« division de dragons et
de la 1'® de cuirassiers, dirigée de Donauwôrth sur Zursmars-
hausen ;' arrivée ^ Aucbsesheim, elle se fouva précédée de
toute la colonne dont elle devait faire Tavant-garde.
Le général Klein la mit aussitôt au grand trot, et malgré
cette allure, qu'elle conserva pendant plus de deux lieues, elle
ne put parvenir à reprendre son rang que dans la plaine, en
avant de Lauterbacb, où toute la colonne se mit en bataille.
Le prince Murât, après lui avoir fait fRire quelques mouve*
ments, la dirigea sur Wertingen, où Tennemi avait un corps de
12,000 hommes, la plupart grenadiers^ placé dans le Wertingen,
et sur les hauteurs à droite et à gauche avec des avant-postes
dans le village de Oottmannshofen ; parvenue sur les hauteurs
en face de Wertingen, la division se forma en bataille. Le
général Klein, voulant attaquer les avant-postes ennemis, fil
mettre pied à terre à 60 dragons, pris dans les trois régiments
de la l"^» brigade ; la division, précédée de ces hommes à pied,
marcha en avant, débusqua Tennemi et le força à se i*etirer
dans Weiiingen.
Le général Klein, qui voyait par les mouvements de Tennemi
qu'il cherchait à se retirer par les hauteurs et l^ois à ga^Çbe de
8 OCTQBEE. 319
Wertingen, conçut Je projet de lui coqper la retraite ; il fallait
pour cela passer la J^usam ; les bords en étant marécageux et
poupés de fossés, on fut obligé de remonter le long de cette
rivière, jusque vis-à-vis le village de Roggden, on se trouve un
mauvais petit pont en bois sur lequel la division passa ; en
débouchant de Gottmannshofen, elle fut canonnée par une
batterie placée au bas de la chapelle du Wein-Berg, près de
Wertingen ; elle perdit quelques chevau^t et n'en continua p?is
moins sa marche ; pendant ce mouvement, les tirailleurs à pied,
qui avaient ordre d'amuser Tennemi, s'étaient emparé^ dw pont
de Wertingen et s'étaient établis à l'entrée de la ville.
L'ennemi, à qui le général Klein n'avait pu dérober ce mou-
vement, avftit cherché à s'y opposer, en plaçant de }'infanterie
et de la cavalerie avec du canon «le long des bois qui couvrent
les crêtes des montagnes qui séparent la vallée de la Zusam
d'avec celle de la (iraben : cette disposition, jointe à l'avantage
du terrain et à pelui des annes (i), paraissait devoir lui assurer
le succès. Cependant il en fut autrement.
Le i«"" régiment» après avoir passé la Zusani, fut dirigé vers
la hauteur à droite du village de Hoggden ; pçirvenu, avec peine,
au sominet de cette hauteur, il rencontra la cavalerie ennemie
qui était en bataille sur le plateau, ayant derrière elle et à sa
gauche, son infanterie et 4 pièces de canon.
Le l«f régiment marcha droit à elle et la chargea ; la mêlée
fut longue, meurtrière et le succès pendant quelque temps incer-
tain ; enfin la cavalerie ennemie fut forcée de se retirer, et de
chercher son salut sous la protection de son infanterie et de
son artillerie; celles-ci firent feu sitôt qu'elles le purent sans
craindre de nuire aux leurs. La position du vainqueur devint
alors très critique ; néanmoins, pour ne pas perdre le fruit de
son succès, ni donner à la cavalerie le temps de se rallier, il la
poursuivit vigoureusement jusque dans le bois où elle se jeta.
Le 1*' régiment borna là ses avantages et vint se rallier au
revers de la montagne qu'il avait gravi pour aller à l'ennemi ;
(i) L'artillerie de la division n'avait pu la suivre à cause du mauvais
chemin qui était trop étroit et occupé par des cuirassiers; c^ n'était
qu'ep prenant sur les côtés, ou en défilant par un, que la division avait
pu passer.
320 CHAPITRE II.
ce réj;iment, en se retirant, ramena avec lui des prisonniers et
deux caissons qu'il avait pris à la suite de la charge.
Pendant ce temps, les deux autres régiments de la i" brigade
s'étaient dirigés dans la gorge de Roggden d'où le 2» et le 20«
s'étaient portés pour soutenir le le»*, le S" en longeant les bois,
ayant à sa droite le 20« en échelon.
La 2« brigade s'empara de la hauteur à gauche dudit village
de Roggden et s'y forma en bataille pour servir de réserve.
Le 2« régiment arriva par cette marche sur le flanc droit de
l'infanterie ennemie, qui, à son approche, se jeta dans les bois;
les dragons l'y suivirent et en prirent une partie avec une pièce
de canon et un caisson ; mais le bois devenant trop fourré pour
atteindre le reste, ils revinrent sur leurs pas pour aller les
couper de l'autre côté de la montagne entre Ëppisburg et Bins-
wangen, par un chemin très difficile, situé dans le bois à la
naissance de la gorge ; ce mouvement a obtenu le succès qu'on
en attendait ; car l'ennemi, se voyant devancé dans cette partie,
mit bas les armes.
Le 20« régiment, après s'être emparé d'une pièce de canon, se
forma en bataille sur la hauteur où il resta jusqu'au soir ; la nuit
étant arrivée, on plaça des postes pour arrêter les hommes, qui,
cachés dans les bois, essaieraient de s'échapper, et la division
fut bivouaquer à Zusamaltlieim.
UadjudanUcommandant Devaux au général Belliard.
Aucrbacb, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon (iénéral,
La 3« division de dragons a eu ordre de passer le Danube
le 10 {8 octobre) à 7 heures du matin, et de se porter sur Zus-
marshausen par Mertingen et Wertingen. L'ennemi occupait
cette position. Son Altesse Sérénissime le prince Murât, après
nous avoir fait mettre en bataille sur les hauteurs en face de
Wertingen et poussé des tirailleurs à pied et à cheval sur la
ville, ordonna au général Reaumont de faire charger un régi-
ment en colonne sur la cliaussée et dans la ville, ce qui fut
exécuté avec beaucoup de vigueur par le 9® régiment de dra-
8 OCTOBRE. 321
gens, ayant le général Scalfort à sa tète; tout le reste de la
division s'est porté ensuite légèrement [sic) et a pris position
au-dessus et en avant de Wertingen en soutenant le 9«, qui se
lança rapidement sur un bataillon de grenadiers ennemis, lequel
se formait en carré sur la hauteur; le général Beaumont envoya
le 16« régiment sur la gauche pour manœuvrer et couvrir la
division, laissa le 12*^ en réserve et, se mettant à la tête des 3«
et 8«, chargea aussi sur le bataillon; le résultat a été la prise
entière de ce bataillon, 4 ou 0 pièces de canon et 4 drapeaux;
les bois ont empêché de prendre plus de monde ; le 12« s'étant
ensuite porté en avant, ayant à sa tête le général Boyé, et le
Prince lui ayant ordonné de charger, ce général a chargé Ten-
nemi avec la plus grande vigueur, et il a fait une charge sous
le feu le plus vif des ennemis embusqués le long des bois, ce
«lui a rendu nul le feu de cette charge.
La nuit a mis fin au combat.
Les généraux Boyé et Scalfort, ainsi que tous les chefs et les
corps, se sont distingués.
Le général Beaumont recommande le capitaine Moreau, aide
de camp du général Boyé, qui a sabré avec deux hommes dix
dragons de la Tour, et le capitaine Berger, son aide de camp,
qui a montré la même vigueur.
Le colonel Maupetit a été blessé d'un coup de baïonnette,
chargeant aux cris de : « Vive TEmpereur ! » Son régiment a
pris les drapeaux et les pièces de canon.
Le général Beaumont ne peut encore connaître les traits par-
ticuliers des corps, il espère que Son Altesse Sérénissime, qui
n'a pas quitté dans le feu le plus vif, voudra donner à Sa
Majesté un mot d'éloge de sa division.
Devaux.
Journée du 16 vendémiaire an XIV {8 octobre 1805).
Combat de Wertingen,
La division du général Walther, qui était en position à Rain,
reçut l'ordre de remonter le Lech sur la rive droite pour se
porter à Friedberg ; elle était suivie par deux divisions de M. le
maréchal Soult qui marchaient sur Augsburg.
Les if« et 3e divisions de dragons, ainsi que la i'® division de
III. 21
332 CHAPITRE II.
grosse cavalerie, qui rentra au corps de réserve, partirent de
Donauwôrth à 8 heures du matin et se dirigèrent sur Zusmars-
hausen par Auchsesheim, Mertingen, Druisheim et Hirschbach.
A Mertingen, les 9*^ et 10® régiments de hussards, commandés
par M. le général Treillard et du corps d'armée de M. le maré-
réchal Lannes, se sont réunis au corps d'armée et en ont formé
Tavant-garde.
La division Oudinot, du corps d'armée de M. le maréchal
Lannes, partie de Munster, marchait sur notre droite, la divi-
sion Saint-Uilaire, du corps d'armée de M. le maréchal Soult,
marchait sur notre gauche en longeant le Lech sur la rive
gauche, pour aller à Augsburg.
A Kloster-Holzcn, un peu à gauche de la route de Dniisheim
à Wertingen, le Prince fut instruit (|ue Tennemi occupait Wer-
tingen.
11 fit SCS dispositions pour l'attaquer. L'avant-garde poussa en
avant pour le reconnaître, pendant que le corps d'armée se
réunissait dans la plaine de Hirschbach.
La position de l'ennemi ayant été bien reconnue. Son Altesse
Sérénissime ordonna aux troupes de ko mettre en mouvement.
On fut obligé de passer un défilé pour arriver sur les hauteurs
de Gottmannshofen, où les divisions se mirent en bataille.
Les hussards commencèrent à tirailler; on attaqua le hameau
qu'occupait l'ennemi en avant de Wertingen, et on tira quelques
volées de canon pour répondre à l'ennemi.
Le hameau fut enlevé après peu de résistance ; l'ennemi se
retira sur Wertingen. On le poursuivit, et là s'engagea une
fusillade très vive.
Des dragons mirent pied h terre, atta(iuèrent vigoureusement
le pont que défendait rennemi, l'emportèrent et s'emparèrent
en même temps du faubourg. Pendant ce temps, la colonne de
M. le maréchal Lannes s'avançait dans la plaine, sur la rive
gauche de la Zusam et ses tirailleurs s'engageaient avec ceux
de l'ennemi.
Le Prince ordonna à la division Klein de longer la côte,
d'aller passer la Zusam au-dessus de Wertingen, près le village
de Kog/zdcn et de tourner la position de l'ennemi. Pendant que
ce mouvement s'opérait, les tirailleurs prenaient peu à peu pos-
session de Wertingen, que l'ennemi défendait avec opiniâtreté.
f
8 OCTOBRB. 313
et les hussards, commandés par le général Treillard, tournaient
la position de Tennemi et menaçaient ses flancs.
La division Klein, ayant passé la Zusam et étant sur le point
de gagner les hauteurs, le Prince ordonna au 9« régiment de
dragons, commandé par le général Scalfort, de passer au galop
le village de Wertingen, de balayer tout oe qui faisait résistance
et de se porter en avant dans la plaine.
Cet ordre fut exécuté ; le régiment entre dans le village, le
traverse par la gauclie, prend deux directions en entrant dans
le faubourg et continue de se faire jour. Mais en débouchant,
la colonne de droite fut arrêtée par une fusillade extraordinaire-
ment vive des ennemis qui occupaient les maisons et les ver-
gers, ainsi qu'une hauteur qui enûlait la route.
Cette colonne dut prendre position en arrière et comme
Tennemi faisait mine de vouloir rentrer, Tofficier qui la com-
mandait fit mettre pied à terre à des dragons qui arrêtèrent les
mouvements de Tennemi par leur feu.
Le Prince ordonna à la division Klein, qui avait gagné la
hauteur, de charger; le i^^ régiment de dragons s'ébranle,
charge en montant et de front le régiment de cuirassiers de ,
qui attendit la charge de pied ferme, et de concert avec le
10^ régiment de hussards qui, par une manœuvre savante, prit
Tennemi de front et de flanc et l'obligea de se retirer, après lui
avoir fait beaucoup de mal.
Pendant ce temps, le village avait été pris en entier; la divi-
sion Beaumont l'avait traversé et était venue s'établir sur les
hauteurs en avant et soutenant le 9® régiment de dragons. Le
général de division Beaumont envoya le 16« régiment sur sa
gauche pour manœuvrer et couvrir sa division, laissa le 12^
en réserve et à la tète des 5« et 8«, il soutint le 9« et chargea
une troupe qui se formait en carré. Cette charge brillante a
eu pour résultat la prise entière de ce corps de troupe qui a
mis bas les armes, de quatre pièces de canon et autant de
drapeaux.
Le prince fit suivre la division de cavalerie, commandée par
le général Nansouty, et ordonna qu'elle s'établit en réserve sur
la hauteur, en avant de Wertingen.
Ensuite, le 12« s'est mis en mouvement avec le Prince qui a
fait charger lui-même ce régiment, sous le feu le plus vif des
324 CHAPITRE II.
ennemis adossés au bois. On en a pris une partie; le reste s'est
jeté sous le bois où la cavalerie Ta poursuivi.
Tous ces derniers mouvements étaient suivis et] appuyés par
le corps d'armée de M. le maréchal Lannes, dont on ne parle
pas, son chef d'état-major devant faire un rapport.
L'ennemi a été poursuivi jusqu'à la nuit qui a mis fin au
combat et toute cette division eût été prise si on avait eu une
heure de jour de plus.
Le corps d'armée de réserve a pris position sur la Zusam :
Les hussards à Villenbach ;
La l'» division à Zusamaltheim ;
La 3« division à Roggden ;
Le l®*" de grosse cavalerie à Wertingen.
La division Saint-Hilaire, que le Prince avait fait prévenir,
s'était dirigée sur le feu, mais son éloignement ne lui permit
pas d'arriver assez tôt pour prendre part au combat. Elle s'éta-
blit à une heure de Wertingen sur la rive droite de la Zusam,
pour repartir le lendemain et se rendre à Augsburg, sa pre-
mière destination.
Jamais combat ne fut plus brillant, jamais les dispositions ne
furent mieux ordonnées, mieux exécutées et si l'ennemi eût
tardé d'un quart d'heure de quitter sa première position, tout se
trouvait enveloppé et obligé de déposer les armes ; jamais les
troupes ne montrèrent plus de bravoure et d'enthousiasme.
Toutes les charges se sont faites aux cris unanimes de : « Vive
l'Empereur î » et chacun des officiers et soldats des deux corps
rivalisait d'ardeur et de dévouement pour Sa Majesté.
Le Prince, qu'on regrettait de voir trop souvent exposé, ne
saurait donner trop d'éloges aux officiers généraux et particu-
liers des différents corps de cavalerie et d'artillerie sous ses
ordres, aux officiers de son état-major et en général à tous les
braves qui ont combattu dans cette belle journée.
Des bataillons carrés enfoncés, des pièces d'artillerie chargées
et enlevées, des régiments de cuirassiers et de dragons dispersés,
t2,500 prisonniers faits, dont un major et plusieurs officiers,
10 pièces de canon prises avec leurs caissons ainsi que 6 dra-
peaux ; voilà la résultat du combat. L'ennemi a eu beaucoup de
tués et de blessés.
Nous avons de notre côté 19 hommes tués, 89 blessés et
8 OCTOBRE. 325
2 prisonniers de guerre. La division Beaumont a eu 35 chevaux
tués et 53 blessés. (L'état pour les chevaux de la division Klein
n'est pas encore arrivé.)
Le général de division Beaumont recommande particulière-
ment le colonel du 9« régiment de dragons, Maupetit, qui a reçu
un coup de baïonnette dans le ventre et qui a poussé sa charge
aux cris répétés de ; « Vive l'Empereur ! » Cet officier ne demande
pas d'avancement, mais le général Beaumont sollicite pour lui
un grade dans la Légion d'honneur.
Le colonel Maupetit demande que le sous-lieutenant Labouré,
qui s'est distingué et a pris une pièce de canon, soit nommé
lieutenant à la place du lieutenant Chevalier qui a été tué ; que
le chef d'escadrons Didelot, officier plein de mérite et qui a aussi,
à la connaissance du général Beaumont, marqué dans cette
affaire, soit promu au grade de major. 11 demande encore la
croix pour les sous-lieutenants Tirlemont et Fayet. Le jiremier
ayant fait plusieurs officiers prisonniers et entre autres un
major qu'il a remis au général Gardanne ; le second s'étant
emparé d'une pièce de canon.
Les dragons qui ont pris les i drapeaux sont :
Feval, Massé, Grand, Labourée et Orban.
Le colonel du 12® demande de l'avancement pour le lieutenant
Boulet et le sous-lieutenant Vignon.
Le colonel du 8® demande que le maréchal des logis Barroux
soit promu au grade de sous-lieutenant.
Le colonel du o® demande de l'avancement pour le maréchal
des logis Closter ; il est à la connaissance du général de division
Beaumont que ce sous-officier, ainsi que l'aide de camp
Moreau se sont jetés sur une douzaine de dragons de Latour et
qu'ils les ont sabrés. 11 demande aussi de l'avancement ou la
croix pour l'adjudant-major BoUevin.
Le général Beaumont demande l'étoile de la Légion pour le
capitaine Moreau, aide de camp du général Boyé, qui s'est
particulièrement distingué et le grade de chef d'escadrons pour
le capitaine Berger, son aide de camp.
Le général de division Klein recommande particulièrement et
demande de l'avancement pour le colonel du l«f régiment de
dragons, Arrighi, qui a été blessé en chargeant à la tête de son
régiment.
326 CHAPITRE n.
Une récompense pour le brigadier Leblanc.
Il demande aussi de Tavancement pour le chef d'escadrons
Gobecht, le capitaine Fabré du 20« et le capitaine Malon, son
aide de camp.
Il fait aussi Téloge du sous-lieutenant Galbaud, aide de camp
du général de division Belliard qui a chargé le régiment de
cuirassiers avec le 1" régiment de dragons et a fait un officier
prisonnier. Le général Belliard demande pour lui le grade de
lieutenant et Tétoile de la Légion d'honneur.
L'adjudant-commandant Bertrand est aussi recommandé par
le général de division Klein.
Son Altesse Sérénissime se réserve de faire un rapport sur les
officiers généraux de son corps d'armée, sur ses aides de camp
et officiers de son état-major. Néanmoingje crois devoir parler de
messieurs Piéton, Flahaut et Exelmans qui se sont particuliè-
rement distingués, entre autres M. Exelmans qui s'est trouvé à
plusieurs charges et qui a eu deux chevaux tués sous lui.
Le général de division^ chef de Vétat-major général,
Aug. BfiLLIARD.
Le maréchal Lànnes à PEmpereur.
Wertingen, lo 16 vendémiaire an xrr (8 octobre 1805).
Sire,
J'ai rhonneur de rendre compte à Votre Majesté, cfii'en
conformité de ses ordres, j'ai fait passer aujourd'hui le Danube,
devant Munster, à la division de cavalerie légère et à celle de
grenadiers du 5» corps de la Grande Armée et que, vers 1 heure
de raprès-midi, je me suis dirigé sur Wertingen, avec l'intention
de m'arreter à mi-chemin pour attendre l'artillerie des grena-
diers, qui n'avait pu déboucher de Donauwôrth, dans la matinée
et qui se trouvait considérablement en retard.
Je marchais à peu près depuis doux heures, lorsque le canon
s'est fait entendre dans la direction de Wertingen ; j'ai pressé
la marche de ma colonne et je me suis porté de ma personne en
avant pour reconnaître Tennemi.
8 OCTOBRE. 327
J'ai trouvé la cavalerie aux ordres de Son Altesse Sérénissime
le prince Murât, aux prises avec l'ennemi qui occupait Wertin-
gen, et manœuvrant pour le tourner par sa droite ; j'ai aussitôt
ordonne à la mienne de manœuvrer pour le tourner par sa
gauche, il s'est alors décidé à la retraite, mais elle se faisait en
bon ordre.
J'ai alors ordonné aux grenadiers de filer le long de la crcte
dos bois qui couronnent les hauteurs de Hinswangen ; ils ont
marché avec tant do rapidité qu'ils ont forcé l'ennemi de
s'arrêter pour combattre. Dans moins d'une heure, il a été
battu et mis en déroute.
Douze ou (luinze cents prisonniers, cinq ou six canons, six
drapeaux, un grand nombre d'ennemis tués et blessés ont été le
résultat de ce combat dont j'aurai l'honneur de vous faire
parvenir un rapport détaillé.
La cavalerie aux ordres de Son Altesse Sérénissime le prince
Murât, celle de mon corps d'armée et les grenadiers, ont riva-
lisé d'ardeur et de courage.
Le cri de : «Vive TRlmpereurî » s'est fait entendre dans tous les
rangs, pendant et après le combat ; jamais acclamation ne fut
plus unanime, ni plus vive. Son Altesse Sérénissime le prince
Murât, qui s'est constamment montré à la toto des troupes, le
confirmera à Votre Majesté.
J'ai Thonneur de vous adresser, jointe à ma lettre, une note
contenant des renseignements donnés par im officier hongrois
prisonnier.
J'espère que ces renseignements intéresseront Votre Majesté;
Jo suis
Lannbs.
S** CORPS d'armée.
Rapport du 16 au 17 vendémiaire.
J'ai l'honneur do vous rendre compte, qu'en conformité des
ordres que Votre Kxcellence îivait transmis à M. le maréchal
commandant en chef, la division de cavalerie et celle de grena-
diers ont passé le Danube hier devant Munster, et que vers
une heure de l'après-midi cette colonne s'est dirigée sur Wer-
tingen.
328 CHAPITRE II.
. M. le Maréchal avait rintention de Tarrêter à mi-chemin pour
attendre rartillerie des grenadiers qui, n'ayant pu déboucher
dans la matinée de Donauwôrth, était considérablement en
retard.
Il y avait à peu près deux heures que la colonne marchait,
lorsque le canon se fit entendre dans la direction de Wertingen.
M. le Maréchal pressa sa marche et se porta en avant de sa per-
sonne.
Il trouva la cavalerie, aux ordres de Son Altesse Sérénissime
le prince Murât, aux prises avec Tennemi qui occupait Wer-
tingen, et manœuvrant pour le tourner par sa droite.
Il ordonna alors à la sienne de se porter sur sa gauche et de
la déborder. Deux escadrons de cuirassiers, qui voulurent s'op-
poser à ce mouvement, furent chargés et culbutés par le 2i« ré-
giment de chasseurs. Ces mouvements décidèrent Finfanterie
ennemie, forte de neuf bataillons, à faire sa retraite vers les
bois qui couronnent les hauteurs de Binsi^angen.
M. le Maréchal ordonna à la division de grenadiers de longer
la crête de ces bois et de se porter sur l'ennemi ; cette division
marcha avec tant de rapidité qu'elle y parvint.
Dans moins d'une heure, il fut battu et mis en déroute.
1,200 ou 1,500 prisonniers, toute Tartillerie ennemie, six dra-
peaux et un grand nombre de tués et de blessés ont été le
résultat de ce combat.
Toute la colonne ennemie serait tombée en notre pouvoir, si
elle n'eût eu derrière elle des forets, où elle s'est jetée, et si la
nuit ne fut pas venue couvrir sa retraite. Ses débris ont dû se
retirer vers Gûnzburg.
La cavalerie, aux ordres de Son Altesse Sérénissime le prince
Murât, celle du corps d'armée et les grenadiers ont rivalisé
d'ardeur et de courage.
Le cri de : « Vive l'Empereur ! » s'est fait entendre dans tous
les rangs, avant, pendant et après le combat. Jamais acclama-
tion ne fut ni aussi vive, ni aussi unanime. Son Altesse Sérénis-
sime le prince Murât, «[ui s'est constamment montré à la tête
des troupes, le confirmera sans doute à Votre Excellence.
Le corps d'armée, après le combat, s'est retiré sur les hau-
teurs qui dominent le village de Binswangen et y a pris posi-
tion, couvrant la route de Wertingen à Gimzburg.
8 OCTOBRE. 329
La brigade de chasseurs à cheval a bivouaqué sur la même
route en avant de Binswangen et celle de hussards est passée,
après le combat, aux ordres de Son Altesse Sérénissime le prince
Murât.
J'aurai Thonneur d'adresser à Votre Excellence Tétat de nos
pertes, qui sont peu considérables, et les renseignements ulté-
rieurs qui parviendront à M. le Maréchal sur ce combat.
J'ai l'honneur de joindre à ma lettre des renseignements
donnés par un officier hongrois prisonnier que j'ai questionné.
Us ont déjà été adressés à Sa Majesté l'Empereur par M. le
Maréchal.
COMPANS.
Renseignements donnés par un officier hongrois,
le 16 vendémiaire an XIV, au combat de Wertingen.
Le 16 vendémiaire an xiy (8 octobre 1805).
Le corps de troupes autrichiennes qui défendait Wertingen
était composé de 9 bataillons dont 7 de grenadiers et 2 de fusi-
liers ; de 2 divisions de cuirassiers et de 6 canons de calibre
de 6.
Ce corps, commandé par le lieutenant général Auffenberg,
était parti de Gùnzburg le 15, à 9 heures du soir et arrivé à
Wertingen le 16, vers les 8 heures du matin, il était destiné à
se rendre à Donauwôrth.
Ce corps, avant son départ de Gùnzburg, avait travaillé au
rétablissement du pont sur le Danube, qui d'abord avait été
coupé.
Le général Mack était à Ulm le 14 ; le prince Ferdinand y
était attendu.
Le gros de l'armée devait être entre Memmingen et Ulm.
L'opinion générale, dans l'armée, porte sa force à environ
60,000 ou 70,000 hommes y compris les troupes du Tyrol.
330 CHAPITRE n.
Dénomination des corps composant la colonne.
1 bataillon de Stuart.
1 i
—
de Reuss-Greitz.
1 ^
—
d'Erbach.
Grenadiers ) 1
—
de Froon.
hongrois. \ i
=
de François Jellachich.
de Joseph Colleredo.
de l'Archiduc Louis.
\ 2 — de Reisky (fusiliers).
2 divisions de cavalerie de T Archiduc Albert (cuirassiers)
6 canons du calibre de six.
Extrait de« « Mémoires » du général baron Thiébault {\),
Le lendemain, 8 octobre, nous partîmes pour Landsberg.
C'était une journée de huit lieues ; nous en avions fait cinq, et
le général Saint-Hilaire, Morand et moi, réunis pour causer,
nous marchions à la tête de ma brigade, lorsque Philippe de
Ségur, officier d'ordonnance de l'Empereur, nous atteignit et
remit au général Saint-Hilaire une lettre que, à mon étonnement,
celui-ci lut à haute voix et que voici littéralement :
« Monsieur le général Saint-Hilaire, je vous fais cette lettre
pour vous dire que Fennemi occupe Landsberg. Je pense que
vous m'en ferez bon compte, et, sur ce, je prie Dieu qu'il vous
ait en sa sainte et digne garde. »
Napoléon.
« Allons, Messieurs, nous dit aussitôt le général Saint-Hilaire,
hâtons le pas pour arriver de jour et justifions la confiance de
l'Empereur. » Et les troupes, informées du contenu de la lettre,
doublèrent le pas en chantant et en accompagnant leurs chants
des cris de : « Vive l'Empereur ! »
11 y avait un (]uart d'heure que nous faisions ainsi bonne
route, lorsqu'un aide de camp de Murât, galopant aussi vite que,
à travers les terres labourées, cela était possible à son cheval,
apparut à notre droite nous faisant des signes; dès qu'il put se
(1) Publiés par Fernand Calmettcs, tome 111, page 417.
8 OOTOBRS. 331
faire reconnattre et entendre, il nous cria d'arrêter les troupes.
On fit lialte ; nous sûmes que le Prince était aux prises avec un
corps ennemi, bien supérieur en nombre et qu'il nous ordonnait
de le rejoindre en toute hâte. « Impossible, répondit Saint*
Hilaire ; voyez, Monsieur, les ordres de FEmpereur.
— La question est à Ulm, reprit cet officier, et non pas à
Landsberg... et qu'y deviendrez-vous, d'ailleurs, si le Prince est
accablé ; si le général Mack se fait passage ? » Et, comme ces
raisons, déjà très fortes par elles-mêmes, étaient appuyées par
le canon tonnant du côté de Windelhein, il insista pour qu'on
ne perdit pas un moment: « Ahl Messieurs, nous dit alors le
général Saint-Hilaire, que faire? » Et comme en achevant cette
exclamation, il avait arrêté son regard sur moi : « Mon général,
lui dis-je, marcher où le canon tire. » Et la citation de cet adage,
qui, pour le reste de sa vie, doit retentir aux oreilles du maré-
chal Grouchy, ayant décidé le général Saint-Hilaire : « Eh bien.
Messieurs, reprit-il, par régiments, têtes de colonnes à droite».
Le commandement fut répété, et bientôt, en cinq colonnes
d'infanterie, nous nous dirigeÂmes vers Murât, que son aide de
camp se hâta d'aller prévenir.
Il y avait à peine un nouveau quart d'heure que nous mar-
chions ainsi, lorsqu'un cri de : « Halte ! » arrêta notre mouvement.
L'aide de camp de Murât avait disparu ; le feu se ralentissait, et
Saint-Hilaire n'ayant plus rien qui le ralliât, avait changé d'avis.
Il nous réunit pour nous expliquer que nous désobéissions à
l'Empereur, même h un ordre écrit par l'Empereur, que nous
faisions peut-être manquer une manœuvre superbe, que nous
perdions l'occasion de nous signaler et de jouer un rôle à nous,
et tout cela d'après les ordres de qui n'avait pas d'ordres à nous
donner. « Ainsi, Messieurs, nous allons marcher sur Landsberg...
têtes de colonnes à gauche. » Et après trois quarts d'heure de
temps perdu et trois quarts de lieue péniblement faits, nous
reprenons dans des terres labourées et en ne cachant pas trop
notre humeur, la direction d'une route que nous avions eu raison
de quitter.
Nous Tavions retrouvée et nous la suivions de nouveau,
lorsque le canon de Murât se fait réentendre à coups précipités
et de plus près, assez près même pour que nous distinguions la
fusillade.
332 CHAPITRE II.
Nous aurions pu être arrivés auprès de lui, il pouvait être
compromis faute d'avoir été renforcé et, plus encore, pour avoir
compté sur nous. Ces réflexions, qui ne nous échappaient pas,
n'échappaient pas davantage à nos soldats ; en juges infaillibles,
ils évaluèrent la faute militaire et le tort de n'avoir pas tenu
une promesse que les circonstances rendaient sacrée. Un mur-
mure général s'éleva, et ce pauvre Saint-Hilaire en fut d'autant
plus bouleversé que le feu redoublait. 11 revint à nous, en jurant
contre une position qui ne lui laissait que le choix de la déso-
béissance, qui le forçait à agir en aveugle et le vouait au risque
de se compromettre, quoi qu'il fît : « Mais, mon Général, lui dit
Morand, il y a dix à parier contre un que le corps qui était à
Landsberg s'est réuni aux troupes que le Prince combat. » Et la
division, changeant pour la troisième fois de direction en moins
d'une heure, refit têtes de colonnes à droite. De tous ces faux mou-
vements, il résulta que nous n'arrivâmes qu'au moment où, par la
vigueur de ses attaques. Murât était parvenu à repousser et les
troupes d'un corps venant du Tyrol, et celles arrivant de Lands-
berg. En survenant à temps, nous aurions non seulement aidé à les
battre, mais à les envelopper. Aussi fûmes-nous très mal reçus,
et Murât n'eut-il un bonjour un peu gracieux que pour moi, ce
que j'attribuai à l'avis que j'avais donné en présence de son
aide de camp. Personne, du reste, ne s'occupa de nous. Ce fut
avec peine que nous trouvâmes des abris ; quant à nos troupes,
elles passèrent au bivouac toute cette nuit, qui fut très froide.
Le lendemain 9, au matin, nous repartîmes pour Landsberg;
une pluie aussi abondante que glaciale commença à tomber à
la pointe du jour et tomba sans discontinuation ; les chemins se
trouvèrent horribles, et nous n'arrivâmes à Landsberg qu'à la
nuit, trempés jusqu'aux os, morfondus et pour apprendre que,
d'après des ordres supérieurs, tous les équipages du corps d'ar-
mée avaient rétrogradé sur Augsburg, d'où il résultait que
j'étais sans un cheval de main, sans un domestique, sans une
chemise et sans une paire de bottes à changer.
8 OCTOBRE. 333
Le général Belliard au général Walther.
Donauwdrth, le 16 vendémiaire an xiv(8 octobre 1805).
D'après les ordres de Son Altesse Sérénissime le prince Murât,
vous partirez de suite de la position que vous occupez en arrière
de Rain, pour vous porter sur Friedberg en remontant la rive
droite du Lech, sur la route d'Augsburg à Munich.
Vous êtes prévenu que le corps de M. le maréchal Soult vous
suit, et que le Prince marche sur la route derrière Augsburg.
Vous aurez soin, mon cher Général, de marcher dans le plus
grand ordre et avec précaution, en vous faisant éclairer avec
soin.
On verra sûrement Tennemi, et le Prince compte, mon cher
Général, sur la bravoure, le zèle et le dévouement de vos troupes
comme sur le vôtre.
Le quartier général du Prince sera ce soir à Zusmarshausen,
route de Gùnzburg à Augsburg.
Belliard.
Le général Walther au prinœ Murât.
Petersdorf, le 1«> vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Aussitôt après avoir reçu à midi votre ordre, en arrière de
Hain où je me trouvais depuis 2 lieures du matin, je voulus me
mettre en marche ; deux divisions d'infanterie qui défilaient à
travers la ville retardèrent mon départ et je ne pus, quoique je
fisse, regagner la tête de la colonne, autrement que par un
détachement du 3« régiment qui avait à sa tête le général
Sébastiani, qu'après Tarrivée à Tembranchement des routes
d'Aichach, Friedberg et Neuburg. Je continuai ma marche sur
Friedberg et bientôt je fus informé par des paysans que
Fennemi était à Affing, je détachai contre lui le reste du
3® régiment qui, avec mon avant-garde composée d'hommes de
plusieurs corps, débusquèrent Tennemi qui était encore à cheval
et prirent 5 hommes et 3 chevaux. La forte canonnade que
j'avais entendue sur ma droite, les rapports parvenus à
M. le maréclial Soult que l'ennemi était en forces devant lui, et
les assurances de ne pas aller aujourd'hui en avant d'Aichach,
334 CHAPITRB II.
et par-dessus tout, la nuit entièrement close à 8 heures du soir,
me déterminèrent à faire bivouaquer le 3« régiment en avant
d'Affmg, le ii« à Gebenliofen et les trois autres régiments en
échelons sur la grande route jusqu'à Petersdorf, où je me suis
établi avec le 22« régiment et Tartillerie; demain, avant le
jour, j'enverrai des reconnaissances sur Aichach et Friedberg,
et j'agirai d'après leurs rapports.
Le 10® régiment, qui rejoignait aujourd'hui la division, se
trouvait très fatigué, je le laissai en observation à l'embranche-
ment des routes de Munich et de Friedberg, en lui ordonnant de
regarder principalement sur le côté de Neuburg.
Le général Sébastiani, qui avait atteint les vedettes ennemies,
les poursuivit avec son avant-garde sur la route d' Aichach. Il
n'est pas encore rentré.
Dans notre petit engagement de ce soir, nous avons perdu un
dragon et un cheval qui ont été tués.
Walther.
Le maréchal Berthier au maréchal Soult
Donaawtirtb, lo 16 vendémiuro an xiv (8 œtobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'intention de l'Empereur est que vous dirigiez la division du
général Saint -Hilaire, celle du général Lcgrand, celle du
général Vandamme et tout votre quartier général sur Augsburg ;
toutefois, cependant, après vous être assuré que l'ennemi n'est
pas en force à Aichach, et ([ue M. le maréchal Davout est maître
de Neuburg et du pont de cette ville.
Je vous rappelle rordre. Monsieur le Maréchal, de m'envoyer
tous les soirs un aide de camp ou officier de votre état-major
pour me faire connaître votre position et celle de l'ennemi.
Maréchal Bbrthibr.
8 OCTOBRE. 338
L'Empereur au maréchal Soult.
QuartitT impérial, à Donauwiirtb, If* liî Tcndémiaire an xiv
(S oitobre ls(>5).
.Mon cousin, j'ai [)ivvonu le princo Murât <nie l'ennemi R'esl
retin» sur Au^shur^. .l'ni pr^'vonu Saint-Ililnirc, «iiicyni renforcé
du Is- de lijrnt' qui «'tait resté â Donanuôi-th. Votre parc do
résene, ou il y a plus de M'A) caissons, vient d\Hrc dirij^é sur
Au,::sluiri: et se tiendra à iiii-eheuiin. Le prince Miirat, avec
1U,()(Ml houinies de eavalerie, se porte sur Zusniarshauscn pour
couper la route dllni à Auj;shurjr, pour donner bonne chasse â
la eavalerie qui était hier à liain. Le niaréehal Ney occupera ce
N(»ir (iiinzhurf:, où je su|)pose (]uc Tenncnii pourrait venir, s*il
^^ croyait encore a temps pour se retirer sur Augsburf;. Le»
grenadiers <le Lannes ne se donneront pas de repos avant d'être
A /usmarshauscn. et je dirigerai ce soir la division Sucliet,
i^iiivnnt les nouvelles que j'aurai d'ici à deux heures. Ne vous
donne/ aueun re|»os. et s<ui,i;e/. <pie, soit de jour ou do nuit, il
(nui que vous m'enleviez ce corps. Le moins que vous puissiez
fnen\uyer, c'est .t.tMM) ou i,tMK) prisimniers.
Napolkon (i).
Le maréchal Soult k l'Empereur,
A hauteur du viltap' <!<> Cîuiidi'lsdorr, lo It; vendciniairc an xiv
(H .^tohro Iso:.). A 1 h. 1/2 du soir.
J«' ret'ois. à remhranchenient des routes qui conduisent à
AuL'shuri: v{ a Aiehaeh, la <lépéehe dont Votre Majesté m'a
hi'niin*.
A l'instant même, je taisais eharucr un parti de *Mï() uhUns
qui fait ra\ant-;:arde d'un corps de Vi^OiH) «i t»,(M)0 hommes
réunis a \iehaeh ; cotte eirc«mstance me détermine à passer par
relt«' \ille pour battre le corps qui s'y tn)Uvo et ensuite me
jMirter sur Au^'sburj;.
Je diiin rendre conqtte a Votre Majesté que d'apn*s le rapport
de dfux liabitants de Municii, t\\ir je viens d'interroger et qui en
il; Cifrtnfuitvl'ltwe 'U .Vii/"»//()n, 11*9353.
336 CHAPITRE II.
sont partis hier au soir, il paraît que rennemi a concentré des
troupes en cette partie. Il doit aussi en réunir à Friedberg.
Hier, il est parti de Munich pour Ratisbonne et Ingolstadt le
régiment des cuirassiers de FEmpereur et quelques régiments
d'infanterie, qu'on n'a pu me désigner.
Je n'ai aucune nouvelle du maréchal Davout et je ne sais pas
même s'il aura pu jeter son pont aujourd'hui à Neuburg. L'en-
nemi; en évacuant cette place, paraîtrait vouloir tenir encore à
Ingolstadt et se couvrir par l'Ach.
Il sera fort tard quand j'arriverai à Aichach, mais je ferai
tout mon possible pour en déloger l'ennemi aujourd'hui. Là, je
tiendrai la tète des défilés qui donnent dans les plaines de
Munich et la position de Friedberg sera en quelque sorte tournée.
Je me dirigerai demain matin sur cette ville et de là sur Augs-
burg.
La division de dragons, commandée par le général Walther,
a suivi ma marche, je la dirigerai sur Augsburg, mais elle ne
pourra y arriver d'aujourd'hui.
Je désire bien vivement que ces dispositions, que j'ai cru
devoir prendre, soient conformes aux intentions de Votre
Majesté.
SOOLT.
Le maréchal Berthier au maréchal Soult
Donaawftrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 8 heures du soir.
Monsieur le Maréchal,
Je vous préviens qu'à 4 heures, le prince Murât est arrivé
sur Wertingen, qu'il a trouvé les hauteurs couvertes d'une divi-
sion ennemie.
A o h. 1/2, l'attaque a commencé ; les grenadiers de M. le
maréchal Lannes étaient arrivés ; la canonnade a été vive ; la
fusillade assez chaude ; quelques prisonniers, faits au commen-
cement de l'action, disaient qu'il y avait ii bataillons partis
d'Ulm pour venir occuper la tète du pont de Donauwôrth. On
n'en sait pas davantage : l'Empereur na pas de rapport; il
paraît (|ue la canonnade s'est éloignée ; on n'entend plus rien.
Dans quehiues heures, on aura des nouvelles ; mais j'ai cru
8 OCTOBRE. 337
devoir vous prévenir, afin que vous vous trouviez prêt dans le
cas où vous recevriez des ordres.
L'Empereur imagine que la division du général Saint-Hilaire
aura pris part à TafTaire, puisqu'elle se trouvait à hauteur.
Maréchal Berthier.
Le maréchal Soult à rEmpereur,
Stcinbach, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 8 beares da soir.
Sire,
La charge de cavalerie que j'ai fait engager à hauteur du
village de Gundelsdorf et dont j'ai eu l'honneur de rendre
compte à Votre Majesté par ma première dépêche, nous a menés
jusqu'aux hauteurs de Steinbach; là, l'ennemi nous a montré
plusieurs lignes de cavalerie faisant ensemble à peu près 1800
chevaux des régiments de Merveldt (uhlans) et Liechtenstein
(hussards) ; 1000 autres chevaux des mômes régiments se sont
tenus en arrière du bois de Walchshofen et n'ont pas pris part
à ratfaire. Le général Rienmayer y commandait, il avait sous
lui le général-major Nostitz.
Eu avant du village de Walchshofen, il y a eu une charge de
cavalerie dans laquelle le 8^ régiment de hussards, deux esca-
drons du 11® régiment de chasseurs et le 26« régiment de chas-
seurs, ainsi qu'un escadron du 13« régiment de dragons, que le
général Sébastiani avait amené, ont été engagés ; on a tué une
vingtaine de uhlans, blessé un très grand nombre et fait une
douzaine de prisonniers ; le 8® de hussards s'est particulièrement
distingué, tous les autres corps ont parfaitement fait, et les
généraux Margaron et Sébastiani ont mérité que je les cite à
Votre Majesté. A 8 heures, on se battait encore entre Aichach
et Walchshofen, et, en ce moment, les divisions, qui arrivaient
seulement, prennent position. L'artillerie n'a pu tirer que
quelques coups de canon, n'ayant pu arriver assez à temps pour
nuire à l'ennemi.
Les Autricliiens avaient 3 pièces de canon, mais ils n'ont pu
s'en ser^'ir; en sortant du bois, nous avons trouvé quelques
postes d'infanterie.
III. 22
338 CHAPITRE n.
Un des prisonniers, que j'ai fait interroger, assure que toutes
les troupes qui étaient à Neuburg et devant Donauwôrth ont
ordre de se retirer sur Munich où Tarmée doit se réunir et
attendre les Russes ; le général Kienmayer, en passant aujour-
d'hui devant le régiment de uhlans, a dit que c'était là où il
nous attendait.
Le môme prisonnier prétend que le général Klenau a passé la
nuit dernière à leurs postes, et qu'on disait généralement que
ses troupes se retiraient sur Landsberg. 11 a dit aussi que le
général Gottesheim était parti pour la Bohème et que trois régi-
ments de cavalerie, dont les dragons de Klenau font partie, et
un d'infanterie avaient pris la même direction ; il ignore où est
le général Mack, mais il croit qu'il devait se rendre à Munich.
Les trois hommes venant de Munich, qui ont été arrêtés par
les avant-postes, et dont j'ai eu l'honneur de rendre une partie
de leur rapport à Votre Majesté, m'ont observé depuis que^ ce
matin à 8 heures, ils avaient vu à Aichach se mettre en marche
pour liatishonnc, le régiment de cuirassiers de l'Empereur;
d'abord sa marche avait été arrêtée, mais un nouvel ordre Ta
fait remettre eu mouvement; ils disent aussi qu'ils y ont vu
5,000 à 6,000 hommes d'infanterie ; l'un d'eux prétend avoir ici,
entre ses mains, copie de l'ordre de route de l'armée russe^
mais qu'il a oublié chez lui cette copie ; voici l'itinéraire qu'il
en donne.
La !'<' colonne doit arriver à Dachau le 16 octobre; la 2^,
le 18; la 3% le 20; la 4®, le 22; et la 5«, le 2i; en tout, 45 batail-
lons. Cette infanterie emploie 2,232 voitures qui portent
10 hommes chacune ; le restant de cette troupe va à pied et se
relaie successivement.
Ces trois hommes me paraissent suspects, quoiqu'ils pré-
tendent être appelés à l'armée bavaroise par le général Deroy ;
je les fais conduire au grand état-major général, où ils pour-
ront être examinés.
Demain, à la pointe du jour, je ferai attaquer Aichach, et,
aussitôt que l'ennemi aura été rejeté au loin, je dirigerai la
colonne sur Friedberg et Augsburg, où je ferai en sorte d'arriver
de bonne heure; mais comme la cavalerie de l'ennemi est de
beaucouj) supérieure à celle de Votre Majesté que j'ai à lui
opposer, j'ai invité le général de division Walther à disposer
8 OCTOBRE. 389
d'une brigade de dragons pour être rendue à 5 heures du matin
en avant du village de Steinbach, et la réunir aux trois régi-r
ments de cavalerie légère du corps d'armée. J'ai aussi invité le
général Walther à prendre la route d'Augsburg avec l'autre
brigade, en le prévenant que celle qu'il m'enverra le joindra
demain entre cette ville et Friellberg.
J'ai l'honneur
SOULT.
Le maréchal Berthier au maréchal Soult
Donauwôrth, le 10 vendémiaire an ut (8 octobre 1805), à minait.
Monsieur le Maréchal,
L'Empereur a vu avec peine que vous soyez éloigné encore
du centre de la guerre, car vous deviez être à Augsburg
par l'extrémité de votre gauche, c'est-à-dire que vous deviez le
dépasser sur-le-champ et faire une marche sur Ulm ; au lieu de
cela, vous êtes à une demi-marche derrière ; il est nécessaire de
remédier le plus promptcment à cette erreur. Portez-vous le
plus tôt possible à Augsburg, où, avec le général Saint-Hilaire,
vous aurez une force imposante. Votre corps d'armée est
destiné à opérer, contre le Lech et le Danube ; le maréchal
Bemadotte, le général Marmont et le maréchal Davout opére-
ront sur l'autre rive.
Vous saurez que 12 bfltaiUoQ« de grenadiers autrichiens
se sont fait prendre par le maréchal Murât et le maréchal
Lannes; caaons, drapeaux, tout est tombé en leur pouvoir;
c'est au village de Wertingen que cette affaire s'est passée. Ces
bataillons venaient à grandes marches de Botzen, dans le
Tyroi; cette afïaire a duré deux heures; nous n'avons pas
encore les détails, que l'on ne saura bien que demain matin.
Nous n'avons pas encore de nouvelles du maréchal Davout.
L'Empereur va le diriger droit sur Augsburg et il lui tarde fort
qu'il y soit arrivé ; il est vraisemblable qu'il y dirigera aussi le
général Marmont. La difiiculté sera de vivre ; on fera ua peu
comme on pourra, mais il faut être en masse. L'ennemi ne doit
pas tarder à faire son mouvement rétrograde avee ses forées
réunies.
340 CHAPITRE II.
Donnez fréquemment des* nouvelles à TEmpereur et ayez
Toreille sur tous les coups de canon qui se tireront du Lech,
afin dy porter des secours. Rentrez dans le système de la
guerre, telles sont les intentions de TEmpereur.
Maréchal Berthibr.
Le général Andréossy au général Suchet
I^ 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Vous voudrez bien, conformément aux ordres de Son Excel-
lence le ministre de la guerre, major général, vous porter, dès
votre arrivée, au delà du Danube et prendre position, avec votre
division, 300 toises en avant de la rive droite du fleuve.
1/intention de M. le major général est que vous laissiez un
bataillon dans Donauwôrth pour y maintenir la police, fournir
des gardes aux magasins et établissements et empêcher qu'on
nVmpoi-te de Tavoine et du fourrage et pour faire rejoindre sans
délai tout ce qui appartient à la 3« division du 4« corps.
P.-S. — D'après de nouvelles dispositions, vous ne laisserez
pas de bataillon dans Donauwôrtli.
Andréossy (1).
LEntpereur au général Dumas.
Quartier impérial, à DonaawiVrth, le 16 vendémiaire an ziv
(8 octobre 1805), à 1 heure après-midi.
Monsieur le général Dumas, vous vous rendrez en toute dili-
gence à Neuburg et vous m'écrirez de Neuburg par un de vos
aides de camp. Vous me manderez quels sont les corps arrivés à
Neuburg et tous les détails concernant les ennemis, régiment
par régiment, dans ces cantons (2) : si on croit qu'Ingolstadt
(1) Lo général Ferry, de lu division Nansouty, est nommé dans la
division Legrand en remplacement du général Levasseur, malade.
Andréossy donne les ordres d'exécution nc'^cessairos.
(?) Ici, (iu<?l(iu<'s mots iliisil)les de la main de TEmpereur.
8 OCTOBRE. 341
est occupé en force. Si le général Marmont y était arrivé, vous
vous y rendrez pour lui dire qu'il est nécessaire qu'il passe le
Danube sur-le-champ, que l'ennemi est coupé; que, dans peu
de jours, il n'aura plus d'autre parti à prendre que d'essayer de
nous passer sur le corps, et comme il pourra réunir jusqu'à
80,000 hommes, il n'y a pas un moment à perdre pour rassem-
bler nos forces. Enfin, si le général Marmont n'était pas encore
à Ingolstadt, vous irez le trouver où il sera, et vous lui ferez
connaître notre système de guerre, qui veut qu'il passe le
Danube sans délai. Vous irez, de là, trouver le maréchal Bema-
dotte; il doit être parti aujourd'hui d'Eichstâdt pour Ingolstadt.
Du moment que vous aurez vu le premier de ces corps, ou que
vous saurez positivement où il est, vous m'en instruirez. Vous
prendrez des renseignements précis sur les corps ennemis qui
se trouveraient soit sur la Rednitz, ou vers la Bohème, et vous
connaîtrez les noms des corps et les généraux qui les com-
mandent; et, après cela, vous me viendrez rejoindre, s'il se
peut, dans la journée de demain.
Napoléon (i).
L'Empereur au maréchal Davout
Quartier impérial, à Doaauwttrth, le 16 vendémiaire an xiv
(8 octobre 1805).
Mon cousin, ce matin, à 8 heures, il n'y avait personne à
Neuburg et vous ne l'occupiez pas encore. Il me tarde bien de
savoir enfin votre armée arrivée.
J'ai besoin qu'elle soit réunie, demain dans la journée, à
Aichach. Il paraît que le général Kienmayer, qui commande le
seul corps qui est entre ceci et Ratisbonne, s'est retiré sur
Augsburg.
Il est poursuivi de telle sorte qu'il ne peut échapper.
Napoléon (2).
Ne perdez pas une heure, et que j'apprenne sans retard que
vous occupez Aichach; votre cavalerie et votre avant-garde
peuvent y être ce soir.
(i) Correspondance de Napoléon, n"» 9355.
(2) Ibid,, no 9354.
342 CHAPITRE U.
La maréchal Berth'fr au maréchal Davout
DonanwOrth, le 16 TendémUlra m ut (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'intention de l'Empereur est que, du moment que vous serez
maître du pont de Neuburg, vous vous dirigiez sur Aichach, où
rintention de Sa Majesté est de réunir dans la journée de demain
tout votre corps d'armée ; mais, en vous ordonnant ce mouve-
ment, r Empereur suppose que l'ennemi n'est pas en force à
Ingolstadt, et que le général Marmont n'éprouve aucun obstacle
à s'en emparer. C'est à vous à vous faire éclairer sur ces diffé-
rents objets.
Je vous rappelle l'ordre, Monsieur le Maréchal, de m'envoyer
tous les soirs un aide de camp ou un officier de votre état-major
pour me faire connaître votre position et celle de l'ennemi.
Maréchal Bkrthuii.
Le général Daultanne au général Gudin,
Au quartier géoôral, à Steppberg, lo 16 veadémiaire an xiv
(8 octobre 1805).
Mon cher Général,
L'intention de M. le Maréchal est que vous marchiez sur Neu-
burg avec toute votre division. Le général Bisson, marchant par
la rive droite du Danube, a ordre de s'emparer de cette ville et
d'y faire rétablir le pont.
Lorsque vous serez rendu à cette destination, vous recevrez
de nouveaux ordres.
Je vous salue de tout mon cœur,
{A. G.). Daultannb.
8 OOTOBRE. 343
Le maréchal Davout à l'Empereur.
Nenborg, le 16 Tendémiaire an xnr (8 octobre 1805),
à 6 heures du soir.
Sire,
Je reçois à Tinstant les ordres que Voire Majesté m'a fait
rhonneiir de m'adresser relativement au mouvement à faire sur
Aichach.
Il est six heures du soir; les troupes, après une marche forcée,
arrivent à peine à leurs positions ; les parcs sont en arrière ;
quelques heures de repos deviennent indispensables; mais, dès
la pointe du jour, les troupes seront en mouvement pour se
porter sur Aichach, où elles ne pourront arriver que tard, attendu
que la journée est de onze lieues.
J'ai Thonneur
Davout.
Ordre.
Au quartier général, à Neabnrg, le 16 Tendémiaire an xiv
(8 octobre 1805).
La l'« division appuiera sa droite à Sinning et la gauche
vers Sehensand, poussant des reconnaissances sur la route
d'Aichach.
La 2« division appuiera sa droite au village de Sehensand et
la gauche se prolongeant en avant de Wagenhofen.
La 3« division appuiera sa droite à la gauche de la 2«, de
manière à se trouver à cheval sur la route de Neuburg à Ingols-
tadt, ayant le village de Zell en avant de son centre et qu'il fera
occuper.
(i4. G.). Daultannb.
Le maréchal Davcut au maréchal Berthier,
Nfîubarg, le 16 vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que ce
matin, avant le jour, j'ai fait passer la 1'^ division à Steppberg ;
344 CHAPITRE II.
elle a envoyé un corps sur Rain pour communiquer avec les
troupes du maréchal Soult.
Les autres divisions se sont portées sur Neuburg qui était
évacué ; elles sont toutes en avant de cette place.
J'ai été instruit que le régiment autrichien de Gyulay était
attendu ici aujourd'hui ; j'ai mis aussitôt notre cavalerie légère
à sa poursuite.
Demain, à la pointe du jour, Tannée se mettra en marche
pour se porter sur Aichach, où elle ne pourra arriver que fort
tard, attendu que la journée sera de onze lieues.
Davout.
Journal de marche de la division Priant.
De Monhcim à Zell, le 16 vendi^miaire an xiv (8 octobre 1805).
Le 16, à midi, nous quittons nos bivouacs dans les environs
de Monheim pour aller passer le Danube à Neuburg, déjà occupé
par Tavant-garde et le corps du maréchal {sic) Marmont ; nous
allons prendre position (sans passer dans la ville que nous
laissons sur notre droite) en arrière de Zell et de Bruck, dans
des bois qui s'étendent jusqu'au Danube La route que nous
avons parcourue est bonne, bien ferrée et large de 7 à 8 mètres.
Elle passe à Warching, baigné par le même ruisseau qui coule
à Monheim, à Natterholz, à Bioscnau, Ammerfeld, à Rennerts-
hofen, situé sur et près la rive gauche de FUssel, à Steppberg,
à l'embouchure de la susdite petite rivière dans le Danube :
vallon, ruisseau et pont en bois, traversés par la route entre les
deux derniers susdits villages Quoique les fortifications des
petites villes de Rain, Neuburg, Ingolstadt soient en partie
détruites (on rétablit celles de cette dernière ville, qui était la
plus forte place de Bavière), cependant la rive droite du fleuve,
sur laquelle ces villes sont bâties, est en beaucoup de points
tellonient escarpée et a un tel commandement sur la rive opposée
(de 20 à ^5 mètres au moins) que nous n'avons pu concevoir
comment Tarméc autrichienne, dont la retraite était assurée,
i^avait pas cherché, au moyen de quelques bonnes batteries, à
iTlarder notre approche de ce fleuve et notre passage.
8 OCTOBRK. 345
Le général de brigade Gautier à M. le général de division Gudin
R^hrenbof, le 16 Tendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Mon Général,
J'ai rhonneur de vous rendre compte de la position occupée
ce soir par ma brigade.
Le 256 régiment de ligne est établi à la tête du bois, derrière
le ruisseau et le village de Zell, ayant trois compagnies déta-
chées au village de Bruck pour couvrir la gauche et placer des
postes jusqu'au Danube.
Le 85« régiment de ligne a son le»* bataillon sur la lisière du
bois qui se trouve entre moi et le général Petit; ses postes
s'étendent sur le front du même bois et dans la plaine ; il se lie
par des patrouilles au 21® régiment. Une grand'garde de chas-
seurs est placée dans Tintervalle de ces deux corps et pousse des
vedettes dans la plaine, le reste du détachement est bivouaqué
ici avec une compagnie de grenadiers du 85«.
Les deux pièces de 8 que vous m'avez annoncées prendront
position à Rôhrenhof entre le bois et la grande route.
Le 2^ bataillon du 85® régiment forme la réserve et est adossé
au bois à gauche de la route d'Ingolstadt.
La position est trop étendue pour l'occuper avantageusement
avec les troupes que j'ai l'honneur de commander. Je la recti-
fierai, autant que possible, demain à la pointe du jour si nous
devons y rester.
Le général Vialannes ne m'a rien fait dire, j'ai laissé chez lui
un ordonnance pour être prévenu des ordres qu'il recevra et
vous en faire part de suite.
Je n'ai aucune nouvelle de l'ennemi.
Agréez, mon Général, mon respectueux attachement.
(.4. G,). Gautikr.
346 CHAPITRE n.
8* CORPB D*ABMAB.
Journée du 16 vendémiaire an XIV (8 octobre 1805),
Quartier général : Neuburg.
Avant-garde : (?).
L'infanterie de Favant-garde passe le matin à Steppberg dans
des bateaux que l'on va chercher sur la rive droite.
Elle prend position à la tète du bois de Kaiserburg jusqu à ce
qu'elle soit relevée par la i'^ division. Alors elle se porte en
avant sur la route d'Aichach en passant par Neuburg.
l^a cavalerie passe à Nouburg.
1^ division : Neul)urg.
Prend d'abord position à la tùto du bois de Kaiserburg après
avoir passé le Danube à Steppberg.
Le 17® se porte h Brunthal pour observer la route de Rain.
On occupe momentanément OberetUnter-HauscnetFon pousse
des partis sur Sinning.
Le soir, la division se porte en avant et établit son bivouac
à 1 h. 1/2 de Neuburg. La droite à Sinning et la gauche à
Sehensand.
.2^ division : Zell.
Passe le Danube à Neuburg, laisse la ville sur sa droite et va
prcndrc'position à la tète des bois, en arrière de Zell et de Bnick,
sur la route de Neul)urg à Munich par PfafTenhofen.
3^ division : Wagenhofcn.
Tient la droite de la 4'' division et bivouaque à la place que
devait occuper cette 2^ division.
Elle appuie sa droite à Sehensand et sa gauche au delà de la
route entre Wagenhofen et Zell.
Cavalerie légère : (?).
Grosse cavalerie : Suit le mouvement de la 3« division.
Parc: Suit le mouvement de la 3« division.
Passage du Danube : Le matin, le colonel du génie Tousard
surprend le pont de Neuburg, entre dans cette ville avec
25 hommes et y fait quelques prisonniers. Il y avait encore
150 honmies dans la ville, lesquels prirent la fuite. Il fit de
8 OCTOBRE. 847
suite réparer le pont dont le recouvrement et la moitié des
poutres étaient enlevés.
A 10 heures du matin, Tarmée de M. le maréchal Davout
commence à passer à Neuburg.
Le même jour, Tarmée du général Marmont arrive devant
cette ville.
Il y a à Neuburg une espèce de digue qui vient aboutir à la
rive gauche du Danube d'une part et par laquelle on entre dans
la ville vers la tète du pont. Une partie de notre cavalerie est
entrée par là. Rien n'est plus aisé à défendre que le passage du
Danube à Neuburg. La ville domine beaucoup la rive gauche.
Elle est enveloppée d'un camp retranché qui n'a pas été fini,
mais qu'avec quelques travaux on rendrait bon. Il recevrait au
moins 15,000 hommes.
Le général Dumas à l'Empereur.
Neuburg, le 16 Yendémiaire an xiv (8 oetobre ]805)t
à 1 1 heures du soir.
Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que j'ai
trouvé M. le maréchal Davout à Neuburg, ayant déjà fait passer
toute son armée : Son avant-garde est en avant de Neuburg, à
deux lieues sur la route d'Aichacl], où il marchera dès le point
du jour.
Il y avait à Neuburg, le 15 (7 octobre), un régiment de gre-
nadiers qui en est parti à 8 heures du soir ; le régiment de
Gyulay <iuiy était attendu, ci dont le logement était arrivé le 16
{8 octobre) au matin, n reçu contre-ordre en chemin, il partait
de Geisenfeld. M. le maréchal Davout a poursuivi et pris
30 hommes de ce logement. Le général Kienmayer, qui avait
son quartier général à Neuburg, a fait évacuer Ingolstadt; il
rassemble un corps d'environ 15,000 hommes ; il a annoncé ici
à Neuburg qu'il se retirerait sur Aichach où il tenterait le êort
des armes, M. le maréchal Davout pense qu'il ne tiendra point
à Aichach et se retirera par Munich, d'autant plus que le corps
du général Kienmayer est destiné à se réunir au corps de troupes
russes qui doit arriver à Wels.
348 CHAPITRE II.
Il n'y a point eu, entre Neuburg et Ratisbonne, d'autres
troupes que celles du général Kienmayer, qui avait porté sur
Eichstâdt un régiment d'infanterie et quelques escadrons de
cavalerie : il n'y a rien dans ce moment à Ratisbonne, ni sur
aucun point de la rive droite du Danube entre Ratisbonne et
Neuburg. .
Ingolstadt, évacué, n'est point eiïcore occupé par les troupes
du général Marmont ni par celles de M. le maréchal Bemadotte.
Le général Marmont a concentré ses troupes à Nassenfels
(deux lieues de Neuburg, sur la route d'Eichstadt).
Je vais lui transmettre les ordres de Votre Majesté, je me
rendrai ensuite près de M. le maréchal Bemadotte.
Conformément aux ordres de Votre Majesté, je remets cette
dépêche à mon aide de camp Clermont-Tonnerre.
J'y joins une note des régiments et corps ennemis sous les
ordres du général Kienmayer ; il parait que les ennemis n'ont
qu'une connaissance très imparfaite des mouvements des armées
de Votre Majesté : le général Mack, qui était il y a cinq jours à
Ingolstadt, disait ((u'il n'y aurait pas d'affaire séreuse avant le
22 octobre.
M. l'archiduc Ferdinand était avant-hier à Neuburg, il ne s'y
est arrêté que pour conférer avec le général Kienmayer.
On a transporté à Neuburg iO hommes de Colloredo, blessés
au pont de Donauwôrth.
Je suis Dumas.
Ordre de marche du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805),
Au quartier général, à Noabarg, le 16 vendémiaire an xir,
(8 octobre 1805).
L'avant-garde, aux ordres du général Eppler, partira demain
17 des positions qu'elle occupe à i licures du matin et se portera
directement sur Aichach ; lorsque cette avant-garde sera arrivée
à la hauteur du village de Walchshofen, elle y prendra position
en arrière des hauteurs qui dominent ce village.
Le général Eppler fera porter de suite de forts partis sur
Aichach et par la droite il poussera des reconnaissances sur les
villages de Haunswies et de Algertshausen. 11 ne regardera cette
8 OCTOBRE. 349
première position de Tavant-garde que comme provisoire et
pour y attendre l'arrivée des divisions.
La 1'® division partira demain à 5 heures du matin et se
portera sur Aichach, dès que la tête de* la colonne aura joint
l'avant-garde. Celle-ci se portera en avant de la i'« division,
prendra position la droite à Seebach et la gauche vers HoUen-
bach, faisant occuper sur son front les villages de Saint-Jodoc,
Affing et poussera de fortes reconnaissances en avant de sa
droite.
La 2« division partira également à 5 heures du matin, suivra
le mouvement de la i^ et viendra prendre position à sa gauche,
la droite à HoUenbach et la gauche à Walchshofen et se placera
de manière à maîtriser fortement la route d'Aichach, ainsi que
le village de Walchshofen. Cette division fera occuper Bembach
et Algertshausen.
La 3® division suivra le mouvement des deux premières et
viendra prendre position en seconde ligne en avant du village
dlnchenhofen.
Le parc d'artillerie de réserve suivra le mouvement de la
3^ division.
La cavalerie légère suivra le mouvement de Tavant-garde.
Il sera distribué, demain 17, pour !2 jours de biscuit ou de
pain à toutes les troupes du corps d'armée ; aussitôt le présent
ordre reçu, les fourriers se rendront à Neuburg pour y recevoir
cette distribution ; pour les accélérer il sera procuré des voitures
aux fourriers pour le transport du pain : ces voitures devront
être soigneusement renvoyées au parc après la distribution faite.
Daultanne.
Le maréchal Berthier au général Marmont
Donauwôrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le général Marmont,
L'intention de l'Empereur est que vous vous empariez dln-
golstadt aujourd'hui, §i vous pouvez le faire plus promptement
que M. le maréchal Bernadotte, qui a ordre de l'occuper demain.
350 GHAPITKB II.
L'Empereur imagine que vous êtes en mesure de passer le
Danube à Neuburg, ou entre Neuburg et Ingolstadt.
Vous devez passer ce fleuve sans délai si H» le maréchal
Bemadotte n'a personne devant lui, et, immédiatement après
que vçus aurez passé le Danube, vous vous porteriez sur Ingols-
tadt afin d'en faire réparer les ponts et rendre le passage facile
au maréchal Bemadotte et aux Bavarois (1).
Je vous rappelle Tordre, Général, de m'envoyer tous les soirs
un aide de camp ou un officier de votre état-major pour me
faire connaître votre position et celle de Tennemi.
Maréchal Bbsthikb.
le maréo/ia/ Berntidotte au maréchal Berthier.
Eiehst&dt, le li\ vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Je vous annonçais hier que je m'établirais aujourd'hui avec
mon corps d'armée et les Bavarois, en arrière de la petite rivière
de Schuttcr, ayant Nassenfels sur mon front, et que mes avant*
gardes s'approcheraient, autant que possible, de Neuburg et
d'ingolstadt. J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'il m'a été
impossible d'arriver à ma destination ; le général Marmont a
dirigé son corps d'armée par la route que je tenais, ses troupes
ont obstrue ma marche et malgré les plus grands soins et la
meilleure volonté des chefs, le premier corps d'armée et les
Bavarois ne pourront passer aujourd'hui Eichstadt, à l'exception
cependant de mes avant-gardes qui se portent sur le Danube.
J'ai l'avis que l'ennemi a évacué Ingolstadt et Neuburg ; je
viens de charger le lieutenant général de Wrede, qui a des
relations avec les magistrats de la première ville, de leur écrire
pour faire rétablir le pont, sans perdre de temps.
Je partirai demain à trois heures du matin avec toutes mes
(1) il est envoyé copie de cette lettre au maréchal Bernadotte.
8 OCTOB&B. 381
troupes, je me dirigerai sur Ingolstadtoù je passerai le Danube,
je pense être rendu dans cette ville pour 9 heures du matin.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal, de m'adresser vos ordres
à Ingolstadt.
J'aiThonneur
BSRIVADOTTS.
Le général Berthier au maréchal Berthler.
EichsUdt, le 16 vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai Thonneur de vous rendre compte qu'à notre arrivée à
Ëichstadt, nous avons trouvé une compagnie de Salzburg (vété-
rans en activité) casernée dans la ville et forte d'environ
80 hommes bien armés et équipés, ainsi qu'environ cinquante
autres invalides pensionnés.
D'après les ordres de M. le maréchal Bemadotte, la compa-
gnie de vétérans a été désarmée, conduite et consignée dans
son quartier, ou elle sera gardée à vue en attendant vos ordres.
Comme M. le Maréchal n'a pas cru devoir la faire prisonnière
de guerre, je prie Votre Excellence de vouloir bien me dire si
cette troupe doit être envoyée sur les derrières de l'armée.
J'ai l'honneur....
L. Berthier.
Le maréchal Berthier au maréchal Bernadette.
Doiiauwnrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Nous avons passé le Lech dans la journée du 15 (7 octôltre).
Aujourd'hui, à la pointe du jour, le prince Murât a battu la
plaine avec 1000 hommes de cavalerie pour intercepter les com-
munications d'Augsburg à Ulm. Arrivé à Wertingen, il a ren-
contré onze bataillons de grenadiers autrichiens ; la division du
général Oudinot, formant la !'• division de M. le maréchal
Lanncs, étant arrivée à temps, ce corps a été enlevé; drapeaux,
canons, tout a été pris.
352 CHAPITRE II.
Le 16 {8 octobre), au matin, le maréchal Soult s'est porté sur
Aichach, pour y enlever un corps de 10,000 hommes qui s'y
trouvait; à 4 heures après-midi, il avait déjà rencontré les
avant-postes, et si ce corps ne s'est pas retiré, il sera pris.
Le général Saint-Hilaire s*est porté sur Augsburg, où sera
réunie demain toute Tarmée du maréchal Soult.
Le maréchal Ney, avec son corps d*armée, occupe Gûnzburg
et tous les débouchés qui mènent sur la rive gauche du Danube.
L'ennemi parait être encore en très grande force sur ce point,
et l'Empereur a l'espoir que ce corps d'armée finira mal.
Sa Majesté ordonne que vous passiez le Danube, soit à Ingols-
tadt, soit à Neuburg. Emparez-vous d'Ingolstadt, il n'y a plus un
moment à perdre. Ordonnez également au général Marmont de
passer le fleuve et de se mettre sur-le-champ en marche pour
se rendre à mi-chemin de Neuburg ou d'Ingolstadt à Augsburg.
Vous, Monsieur le Maréchal, après avoir pris possession
d'Ingolstadt et rétabli le pont, vous marcherez sur tout ce qui
serait en deçà de l'Inn, ou de ce qui, sur la rive gauche, pourrait
s'approcher de l'Altmuhl avant que vous soyez formé à passer.
Je vous ferai parvenir les ordres de l'Empereur, car les événe-
ments changent à chaque instant et les jours ici vont se presser
avec une grande rapidité.
Maréchal Bbrthibr.
JOURNAL DU CORPS BAVAROIS.
Marche à Ingolstadt, le 16 vendémiaire {8 octobre).
Le maréchal arriva à Ëichstadt, de même que le lieutenant-
général Deroy. L'avant-garde, après avoir attendu l'arrivée
de Fârmée et après avoir défilé devant le maréchal, fut postée
près d'Eitensheim ; durant la marche, elle envoya de fortes
patrouilles sur la gauche, et, dès son arrivée, elle détacha une
forte reconnaissance jusqu'à Ingolstadt et s'empara des bateaux
sur l'Altmuhl et sur le Danube.
Le 17 vendémiaire (.9 octobre), le lieutenant général rendit
compte au maréchal que l'ennemi avait évacué Ingolstadt et que
le pont endommagé par lui était rétabli.
8 OCTOBRE. 353
Le quartier général du maréchal arriva à Ingolstadt, celui du
lieutenant général Deroy à Feldkirchen.
L'ennemi, étant informé que Son Excellence le maréchal Soult
avait passé le 6 le Danube près Donauwôrth, s'était entièrement
retiré.
I'^' CORPS D*ARMÉE.
Ordre de marche du 17 vendémiaire.
Eichstfldt, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Le lieutenant général de Wrède partira demain matin à
A heures du matin avec tout son corps pour se rendre à Ingols-
tadt; il enverra des partis sur Kelheim; il fera rétablir le pont
sur le Danube et le passera. Il s'établira militairement sur les
hauteurs de Hottliurn et enverra des reconnaissances très en
avant, sur la route de Pfaiïenhofen, pour connaître la marche
des Autrichiens.
Le général Kellermann partira à 5 heures du matin, se diri-
gera sur Ingolstadt, passera le Danube et s'établira à la droite
du général de Wrède. Il enverra des partis sur la route de
Schrobenhausen, sur la rivière de Parr.
Le général Drouet partira avec sa division à 5 h. 1/2, se diri-
gera sur Ingolstadt, en suivant la grande route, passera le
Danube et s'établira derrière les généraux de Wrède et Keller-
mann. Il enverra des partis sur Neustadt.
Le général Rivaud partira à 5 heures, suivra la grande route
et ira se mettre en bataille en arrière, un peu sur la gauche de
la ville.
M. le Maréchal donnera là de nouveaux ordres.
MM. les généraux sont prévenus qu'ils doivent s'éclairer beau-
coup sur leur gauche dans cette marche.
Le général Éblé au colonel Navelet
Weissenburg, le 16 vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
Vous ne m'avez pas envoyé. Monsieur, les états que je vous
ai demandés, ainsi qu'à M. Juvigny; vous me dites avoir laissé
m. 23
354 CHAPITRE II.
7 \oiliires à Kin/iimn'ii t»l \oiis in«» laissez iirnorer de «|iiell»*
ospi'oo olles sont cl 00 <)irolles contiennent.
l.e convoi romniandô par M. IVrrin s'est réuni A vous et %oii«>
ne ni'i'ii parle/ pas. Vousdevoz ronoo\oir lenibarnis «tan^» lo«nif|
celte iiôirHirciicf me jette.
Si MHis ne poii\«'/. obtenir «les ehe\an\ en pa\aiit. «'^vay:
<ren\o\rr un «lelaelienu'iil «rartilierie a che\al <lan^ le ei.n»t«* il»
Liehtenaii apparlen.ini au pa\s de NurtMilieri; et fait»"* fi»l»'\t»r
«le Inree ton»* ceux ipie >ous pourrie/ aM»ir jUMiu'a la i-«»neur-
renée du nonihre ipii \ou> est nécessaire.
Vu Min\eu de Innlre il»' M. le Maréchal «lonnr au eidniifl ili»
'\V' rÔLiiinent. \oUs aurtv ohteiiu «les siddals en nonihre snfliviîil
pour reiuplaeer h-s pa\saus désertés: flans le cas ei>nlraire. enn-
tinae/ d'entplo\er des canotiniers rn payant.
Si. parmi le^ snldals ilu train, il s'en lrou\e ipii siûpnt «'n i-Lil
de eotiduire \ eht»\au\. iU rece\ri»nt par jour Hl simis i-n ^n* lîe
leur sohle.
Les d«'u\ eniiMiis ilf MM. jlurlaux et IVrrin did^ent !n'Tes%,iî.
renuMit \t>us roiirnjr un i:iaiid nonihre de elie\an\ et je p^-n*»*
«|ue CI' siMil semurs pourra \ous siinire pour si»rtir «In pa**
prussieti.
he W fissiiihur:;, nmus nhus reluire/, a Kielist.idl un %on*tron-
\ere/ de nmixeaux onjirs, et. s il m'est pnssihie, je \iuis enverrai,
de la, des «'lh'\au\ a Weissmloiri:.
V«Mis aurez d«'s harnais; lailfs. vn Cf»nscipiener. irarnir 1**
clirNaux aiii\rNdf ll.iîinMi* 1*1 raites-|i»s atteler aut.int «pi^
possihh».
•l'axais (h-nianih- a M. .hnii:n\ I éhit ih-s ehe\aii\ hano\ri^n«
|il<»prrs a indir s«-i \ ir»* . |r in* I .ii pas iitu.
pBl.t.
Deuxiomti biiltt^tin dv l<\ Grande Arm^.
l.iN iNiii» iinhts ^,' piisst'iit \\\rv la plus untiide r.ipiditr-
!.« 1 i. Il N* 'li'!'- i|imn|..ii fil] i.iips ilarno-e du iiiareehal >**\i\ï
■ :i;- I ■■ ' .«■'!■ Il- _«ii':.'l \ ih-Linmii'. a t'urcr i\v iii.irrhr'. r.'
-i-'.'i I'-'- ' N nihii..' Il -IU' di-iiv lo'ureN. fst arnxer « h hriiri**
- . ■ M •; .iiivvor lli « t ^ 4 *>! tiiipai« t- du pont <pir dffi*ndail \r
8 OCTOBRE. 385
r^frininnt do Coiloredo. Il > a eu ({iielques hommes tués et des
prisonniers.
Ltf 15, à la poinle du jour, le prince Mural est arri%é avec ses
dragons: le pont a été à l'heure même raecoiuniodé, et le prince
Murât. a\ee la di\isi(»n de dragons (|ue commande le général
Wallher, s'rsl porté sur le Leeh, a fait passer le colonel Wattier
a la tétc de 21M) dragons du 4" régiment qui, après une charge
trcN hrillanie, s'est ein|)aré du pcmt du Lech,et a eulhuté rennemî
«)ui «lait du douhie de sa Torce. \a* même jour, le |>rince Murât
a cniiclit* a Uaiii.
Le lu, le maréchal SouH est parti avec les deux divisions
Vandaniine et Legrand poin' se porter sur xVugshurg, dans le
nn'me temps que le général Sainl-llilaire, a\ec sa division, s'y
portait par la risc gauche.
Le lii, a la p<»iiite du jour, le prince Murât, à la tète des divi-
NiiiHN de ilragniis des généraux Heaumont et Klein et de la divi-
sion de earahiniers et de cuirassiers, commandée par le général
NanMiulN, s est mis en marche pour couper la roule d'IJlni à
AugshurL:. \rri\é a Wertingen, il aperçut une di\ision ecmsidé-
rahle d inraiiterie ennemie, appu\ée par i escadrons de cui-
ra^sifi-s dWlhert. Il enveloppe aussitôt tout ce corps. Le maré-
chal Lannes, qui marchait derrière ces divisions de cavalerie,
arri^«* a\ee la di\ision Oudinot, et après un engagement de deux
heures, drapeaux, canons, hagages, ofiiciers et soldats, tuute la
fli\isi4in ennemie est |)riHe. Il > avait it hataillons de grenadiers
•pli \enaienl en grande hâte du T>rol au secours de Tannée de
Ua\i«'re. i'.v ne sera que dans la Journée de demain qu*on cou-
tiailra tous les détails de cette action \raimenl hrillante.
Le maréchal Soult, a\«'e ses divisions, a nianiTUvré toute la
journée du {'\ et du Iti sur la rive gauche du Danube |K)ur inter-
cefder les déhnuchés d*Ulm et observer le cor|>s d^armée qui
(laniit encore réuni dans cette place.
Li> enrps du maréchal Davnut est arrivé seulement le îi\ à
Neiil»uru'.
!.•• corps du i:énéral Marmt>nt \ est également arri\é.
Li' corps du ^t'hi'ral hcrnadotte et les Kavarois sont arrivés
\v Kl a Lichst.idt.
l'ar les r«*iiseit:neiiients <pii ont été pris, il parait que li régi-
356 CHAPITRE II.
ments autrichiens ont quitté Tltaiie pour renforcer Tarmée de
Bavière.
La relation officielle de ces marches et de ces événements
intéressera le public et fera le plus grand honneur à Farmée.
Le général Andréossy au général Rheinwald.
NOrdlingen, le IC vendémiaire an xiv (8 octobre 1805),
à 4 heures du matin.
Monsieur le Général,
Son Excellence le ministre de la guerre, major général, désire
que vous ne laissiez rien passer, ni par la route de Schôrndorf,
ni par celle de Gôppingen, et je suis chargé de vous en trans-
mettre Tordre.
Andr6ossy.
Le général Andréossy au Général commandant les troupes
de Wurtemberg.
Donauwiirth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Général,
L'intention de Sa Majesté l'Empereur est que vous placiez un
bataillon à Ellw angen et un autre à Heilbronn, le but principal de
la destination de ces deux bataillons est d'escorter les prison-
niers de guerre qui seront envoyés sur Spire, en suivant cette
direction.
Je vous invite à ni'adresser tous les jours un rapport sur les
troupes de Son Altesse Sérénissime Télecteur de Wurtemberg
<|ui doivent servir avec la Grande Armée et à me donner égale-
ment toutes les nouvelles tiue vous pourrez avoir de la position,
des desseins et des mouvements de l'ennemi.
Andréossy.
8 OCTOBRE. 357
Le général Andréossy au colonel Lauer^
commandant la gendarmerie attachée au quartier général.
Donauwftrth. le 16 Tendémiairc an xiv (8 octobre 1805).
En conséquence des dispositions de Sa Majesté et des ordres
de Son Excellence le ministre de la guerre, major général, il est
ordonné aux deux bataillons wurtembergcois qui sont arrivés
à Nôrdlingen de continuer leur route, demain 17, sur Donau-
wôrth, où ils recevront de nouveaux ordres (1).
Andréossy.
Le général Andréossy à Son Altesse Sérénissime Électorale
le prince de Bade.
Donauwftrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
L'intention de Sa Majesté l'Empereur serait que Votre Altesse
Sérénissime voulût bien placer un bataillon aux confins de votre
électorat, sur la route de Ileilbronn à Brucbsal et un autre
bataillon à Eppingen ; le but de la destination de ces deux
bataillons est d'escorter les prisonniers de guerre qui seraient
envoyés sur Spire en suivant cette destination.
Andréossy.
Le général Andréossy à l'adjudant-commandant Petiet
NOrdlingen, le 16 vcnd(5iniaire an xiv (8 octobre 1805).
D'après l'intention de Son Excellence le major général, il est
ordonné à M. l'adjudant-commandant Petiet de rester à Nôrd-
lingen jusqu'à nouvel ordre, pour y prendre le commandement
des dépôts de dragons qui y sont. Il enverra l'état de situation
au major général tous les deux jours.
Ci-joint l'état de situation actuel de ces dépôts, avec les
numéros des logements des officiers qui les commandent.
L'adjudant-commandant Petiet prendra des renseignements
(!) Ordre à M. Potiot d'assurer leur subsistance.
388 CHAPITRB II.
sur tout ce qui pourrait être à Nôrdiingen, appartenant au corps
du maréchal Soult, et donnera des ordres pour diriger tout sur
Donauwôrth.
Andbéossy.
Le gànénal AntiréoMy à M. Petiet, acUudant-oommanriaflt.
Donauwttrth, le 16 Tendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Vous voudrez bien, M. Fadjudant-oommandant, vous rendra au
quartier général à Donauwôrth, aussitôt que vous aurez remis
à M. le général Milet le commandement des dépôts de dragons
qui étaient provisoirement sous vos ordres.
AlIDRiOSiT*
Ordre du jour.
Le 16 Tondémiaire an w (8 octobre ISOft).
Tous les petits dépôts des carabiniers et des cuirassiers seront
placés à Harburg, près Donauwôrth, et seront provisoirement
sous les ordres du général de brigade Verdière, qui résidera
dans ce château.
Tous les petits dépôts de dragons seront placés près de Nôrd-
iingen, au château de la princesse Wallenstein. Ils seront sous
les ordres du général Milet.
Andréossy (1).
Le général Andréossy à M, le général Verdiéres.
Donauw(^rth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Je vous préviens que, d'après l'intention de Sa Majesté et les
ordres de Son Excellence le ministre de la guerre, major général,
(i) Notiftcalion à Murât en lo priant de diriger les dépôts des diffé-
rents corps sur les deux points indiqués. I/intendant général est
informé de, la création des d(^pôts de Nôrdiingen et d'Harburg, et invité
à prendre les mesures nécessaires pour leur administration.
8 OCTOBRE. 389
tous les petits dépôts des carabiniers et des cuirassiers, ceux
des chasseurs et hussards, des i«r^ 2«, 3», 4«, 5® et 6« corps de
Tarmée, seront établis à Harburg.
Son Excellence le major général a décidé que vous prendriez
provisoirement le commandement de tous ces petits dépôts
réunis. Vous êtes autorisé à les placer par division dans les
villages, le long de la Wôrniz. Vous ferez occuper militairement
le château d'Harburg dans lequel vous vous établirez de votre
personne. Je vous prie de vouloir l)ien m'instruire de votre
arrivée dans ce château.
Vous voudrez bien rendre compte tous les deux jours à l'état-
major général de la situation des dépôts qui seront sous vos
ordres en indiquant le gain qifauront produit aux corps les
soins qui auront été apportés au traitement des chevaux éclopés.
Je vous prie de m'accuser réception de cette lettre.
Andréossy (1).
Le général Belliard au général Milet
Lo 16 vcndt'miairo an xiv (8 octobre 1805).
D'après les ^ordres du prince Murât, vous partirez de suite
pour vous rendre à Nôrdlingen ; vous prendrez le commandement
de tous les dépôts de cavalerie, dragons et chasseurs. Vous
donnerez vos soins pour que les chevaux blessés ou malades
soient rétablis le plus promptement possible et vous enverrea
des détachements sur Farmée aussitôt qu'il sera possible.
Déjà il doit y avoir beaucoup de chevaux guéris. Organiseï
des détachements et envoyez-les joindre leurs régiments respec-
tifs ; vous les dirigerez sur Douauwôrth, où ils auront de nou-
veaux ordres.
Bblliard.
garde impériale.
Donauw«rth, le 16 vendémiaire an xrv (8 octobre 1805).
Tous les hommes hors d'état de servir, appartenant au]|
(i) Ordre identique pour le géïK^ral M il et.
360
CHAPITRE II.
différents corps de la Garde, seront envoyés demain à Nord-
lingen où sera établi provisoirement le dépôt.
Chaque dépôt sera commandé par un officier.
La cavalerie fera partir demain matin tous les chevaux
blessés. Il y aura à Nôrdlingen un aide-artiste vétérinaire pour
les chasseurs à cheval, les grenadiers à cheval, la gendarmerie
d'élite et Tartillerie.
La solde des hommes envoyés au dépôt sera assurée
jusqu'au 25.
Les différents détachements partiront de Donauwôrth ensem-
ble, Tofficier le plus ancien des deux armes en prendra le
commandement.
Bbssièrbs.
Ordre de bataille de /'armée impériale et royale en Allemagne,
le 8 octobre 1805.
b-:b
REGIMENTS
BT BATAILLONS.
CORPS DU FELD-M\RÉCHAL-LIEUTENANT WERNEK.
Vogel.
Chovau-légers
3
8
Reuss, grenadiers
»
ZînzcndorfT.
Sporck
Reuss-Greitz, grenadiers.
Sporck, grenadiers
Kaunitz, grenadiers
Jellachich, grenadiers. . . .
1
1
1
1
1
O'Donncll.
Kaunitz
4
3
Jellachirh
IlohonfoUl.
Stuarl, grenadiers
Erbach
1
1
1
1
Joscpli-Collorodo
Archiduc- Louis
Mayer.
Auerspcrg
1
1
1
1
Archiduc-Charles
Kroon
Reuss- Plauen
Aucrsperg.
Albert, cuirassiers
Totaux
»
8
26
16
8 OCTOBRE.
361
MAJORS.
REGIMENTS
ET BATAILLONS.
AUX ORDRES DU GÉNÉRAL-MAJOR D*A8PRE.
Schwarzenberg, uhlans..
Rosenberg
HobenzoUern
Wurtemberg
Ghastelcr, chasseurs (deux
compagnies)
Totaux .
1/3
3 1/3
CORPS DU FELD-MARÉCHAL-LIBUTENANT SCHWARZENBERG.
g
Liechtenstein.
Schwarzenberg, uhlans..
KlenaUy chovau-légers. . .
Chasteler, chasseurs
6
6
»
a
o
5
Frosnel.
Frnhlich, grenadiers
Rainier, grenadiers
Kolowrath, grenadiers. . .
Manfredini
1
1
1
1
»
»
Mack, cuirassiers
8
Sticker.
Frfihlich
4
l
»
Archiduc-Rainicr
»
S
Weidcnfeld
Kolowrath
4
1
i>
«
Manfredini
»
en
f
Speth.
lîohonloho, dragons
Totaux
»
6
ÎO 2/3
2G
CORPS DU FKLD-MAUÉCHAL-LIKUTENANT COMTE RIESCH.
Ulm.
Wober.
Ghonedegg.
Mccsc^ry .
Riese
4
4
Archiduc-Maxirailicn
Stuart, infanterie
Reuss-Plaucn
3
3
»
Erbach
3
Blankenstein
»
»
6
Palatins
8
A reporter
17
14
368
CHAPITRE II.
u
GilfÉRAUX-
MAJORS.
RÂOIMENTS
ET BATAI I.I.OICH.
BATAILLONS.
CORPS DU FELO-MARÉCHAL-lilBUTENANT COMTB RIESGH (suHe).
à
o
Auorsperg.
II
X
Hermann.
Auer.
Report
Archiduc-Looig
17
3
4
14
»
Proon
Archiduc-Charles
Auersperg
1
4
»
Hohenzollem . .
»
u
6
Archiduc-François
8
Nassau
»
6
Totaux
Zt
34
CORPS DU FELD-BiARÉGHAL-LIBTTTBNANT JBLLACHICH.
Rohan.
Empereur, infanterie....
Beaulieu
4
5
»
'
Stain
4
1
t»
Richter.
Hildburghauscn
»
Empereur, grenadiers. . .
Beaulieu
1
1
1
1
D
»
Wolfskeol.
Stain
u
Uildburghausen
Rosenberg
»
8
Totaux
Zl
8
CORPS DU FELD-MARÉGHAL-LIEUTENANT KIENMAYER.
Caramolli.
liorraine
8
Archiduc-Ferdinand
8
Deutschmcistor
5
Gyulay
5
Thelen.
Joseph CoUoredo
Wurtemberg, grenadiei-s.
Uicso
3
1
1
Nostitz.
Liechtenstein, hussards..
Mecrweldt, uhlans
U
Hapor.
G<;mmingen
4
Hohonlohe
»
Totaux
19
31
8 OCTOBRE.
363
B-1
gAuéraux-
MAJORS.
REGIMENTS
ET BATAILL0!t8.
Maximilicn (à Munich)
Nassau
Totaux ....
De Brood ,
De Peterwardein . . . . ,
Du banat allemand. . .
1" valaquo
2* valaquc
Total
RÉCAPITULATION.
Wernck ,
D'Aspre ,
Schwarzenberg ,
Riesch
Totaux
Kienmayer
Totaux ....
Jellachich
Totaux ....
BATAII.L0W8.
ESCADRONS.
1
»
»
t
1
2
'A
»
:\
M
t
„
t
»
2
M
12
»
26
3 1/3
20 2/3
32
82
19
101
21
122
16
6
26
31
82
31
116
8
124
[A. V.)
CHAPITRE III
9 octobre.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney.
Donauworth, 1^ 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805), à minuit.
V^ous avez entendu la canonnade qui a eu lieu dans la journée
du 16 : ce sont 11 bataillons de grenadiers autrichiens venant de
Botzen dans le Tyrol et que le prince Murât a enveloppés avec
sa cavalerie, et que le maréchal Lannes, avec les grenadiers
formant sa première division, a attaqués et faits prisonniers,
avec canons et drapeaux.
Le maréchal Soult s'est porté sur Augsburg ; il est donc
essentiel que vous arriviez promptement à Gùnzburg, afin
d'intercepter tous les mouvements de Tennemi d'Ulm sur Augs*-
burg et d'Ulm sur Donauworth ; soyez très attentif, si Tennemi
manœuvre sur la rive droite, à vous porter rapidement et paral-
lèlement à lui. Jetez la division Gazan sur la rive droite ; enfin,
ne perdez pas de vue que par les projets de TEmpereur, qui
sont de cerner Tennemi et de lui ôter sa retraite, il se trouve
obligé de dissimuler un peu ses forces, et qu'il a besoin de toute
la confiance qu'il a dans ses généraux et de toute leur activité,
pour ne pas rester oisif quand il faudra agir.
En un mot, Monsieur le Maréchal, vous êtes chargé d'observer
le corps d'Ulm : s'il marche sur Donauworth, vous devez le
suivre ; s'il marche sur Augsburg, vous devez également le
suivre, en vous tenant toujours sur sa gauche, c'est-à-dire entre
lui et Donauworth, et vous devez toujours avoir une de vos
366 CHAPITRE III.
divisions une demi-marche en arrière pour faire votre avant-
garde et pour vous trouver toujours entre Tennemi et Donau-
wôrth, si jamais il se dirige sur cette ville, où s'il y envoie de
forts partis.
Maréchal Berthibb.
Dispositions de marche pour le 6^ corps du 17 vendémiaire an XIV,
La cavalerie légère, aux ordres du général Tilly, suivra le
mouvement de la 1'® division.
La f® division ira prendre position sur les hauteurs en arrière
d'Albeck, ayant la Slotzbach sur son front ; elle liera sa gauche
avec la droite de la :2o division établie à Langenau. Le général
Dupont poussera son avant-^arde le plus près possible d'Ulm et
établira un poste à Thallingen, un autre à Haslach.
La 2« division partira de sa position d^ Burberg pour en
prendre une nouvelle sur les hauteurs en arrière de Langenau,
ayant TAch et la Slotzbacli sur son front. Elle communiquera
par la droite avec la i^^ division établie à Albeck. Le général
Loison tachera de s'emparer du pont du Danube établi à
Elchingen, ainsi que du pont de ThaHingen.
La 3*^ division portera sur-le-champ les troupes d'infanterie
qui se trouvent à Dillingen et GundeUingen, dans les positions
qui sont sur la rive gauche du Danube, vis-à-vis de Gûnzburg
et de Ueisensburg, en suivant la chaussée de Gundelfingen à
Lauingcn. Le général Malher laissera deux postes de 25 hommes
d'infanterie pour la garde des ponts de Dillingen et de Lauingen ;
le reste de la division, établi près de Brenz se dirigera également
sur Gûnzburg par Hachingen et Riedhausen à travers l6s marais
qui maintenant sont praticables.
Si Fartillerie éprouvait trop de difficultés pour passer sur
cette route, elle prendrait la chaussée au-dessus de Gundel-
fingen et suivrait le mouvement du général Labassée. Le général
Malher fera toujours occuper Stotzingen par le l®"" bataillon du
21^ de ligne auquel il attachera îà5 hommes de cavalerie ; il
chercbora enfin à s'emparer du pont de Leipheim.
La division du général Gazan ira bivouaquer à la gaucho de
Gundelfingen ; cette division relèvera tous les postes fournis par
9 OCTOBRE. 367
celle du général Malher pour la garde des ponts de Dillingen et
Lauingen. Elle placera, de plus, A compagnies de grenadiers à
Medlingen, pour la garde du quartier général et du parc. Le
général Gazan fera rejoindre les troupes (|u'il relèvera à leurs
divisions respectives.
La division de dragons du général Bourcier viendra s'établir
à Nerenstetten et préviendra de son arrivée les généraux Dupont
et Loison.
Les dragons à pied continueront à rester à Herbrechtingen,
gardant les deux grandes routes qui. conduisent à Ulm, Tune
par Hausen, Tautre par Dettingen. Il est surtout important de
garder fortement les hauteurs sur la rive droite de la Brenz près
Anhausen, alln que dans aucun cas la communication d'Hei-
denheim ne soit interrompue.
Les généraux Dupont, Loison et Malher laisseront leurs
bagages en arrière jusqu'à ce que le mouvement de l'ennemi
soit prononcé.
Tous ces mouvements seront exécutés par les divisions
aussitôt après la réception du présent ordre.
L'armée est prévenue que Son Altesse le prince Murât et
M. le maréchal Lannes ont enveloppé, près de Wertingen, sur la
rive droite du Danube, un corps de 11 bataillons de grenadiers
autrichiens qui ont été forcés de mettre bas les armes.
Ney.
Le quartier général et le parc de rései-ve resteront à Medlingen.
{A. M.)
Ordre supplémentaire donné au général Malher.
Le 17 vendémiaire an xîv(9 octobre 1805).
Mon cher Général,
Je vous préviens ({ue je viens d'envoyer le colonel du génie
Gazais auprès de vous avec une compagnie d'ouvriers et les
moyens qu'il a à sa disposition pour construire un pont sur le
Danube sous Giinzhurg.
Comme il parait, d'après les renseignements que j'ai reçus,
368 CHAPITRE m.
que Tennemi commence à évacuer la rive gauche du Danube,
je désirerais que vous pussiez arriver promptement à la position
qui vous est assignée, afin de vous établir sur la rive droite de
ce fleuve. Le pont de passage qui parait préférable est celui de
Reisensburg. Vous verrez sur les lieux à déterminer celui qui
présenterait le plus de célérité ; les renseignements que j'ai
reçus me font présumer que le gué «jui existait jadis entre Tile,
par où passe la grande route et le pont de Reisensburg, existe
encore ; il faudra le faire sonder.
En un mot, mon cher (iénéral, Tétat actuel des deux ponts,
celui des moyens que le colonel Gazais peut employer à leur
réparation et celui du gué susmentionné, doivent vous déter-
miner sur le choix des moyens (|ue vous aurez à prendre pour
étal)lir la moitié de votre division sur la rive droite.
Si vous vous déterminez au pont de Reisensburg, vous y ferez
faire de suite, après le passage, des abatis considérables et un
retranchement pour couvrir le pont.
Vous pousserez ensuite des postes sur la direction d'Ulm, par
Leipheim, et vous ferez les dispositions nécessaires pour le réta-
blissement et la garde du pont ({ui se trouve dans ce dernier
endroit.
Enfin, mon cher Général, vous établirez des petits postes, en
avant des quatre routes qui aboutissent à Gùnzburg, et vous me
rendrez compte en arrivant sur le Danube de Tétat des choses,
et des mesures que vous prendrez pour l'exécution du présent
ordre, et pour couper toute retraite à Teunemi s'il Teffectuait
sur ce point. Votre artillerie restera sur la rive gauche.
(.1. :)/.) Nev.
Le général Loison au maréchal Ney.
Le is vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Je suis parti de mon bivouac de Burberg pour me rendre à
Langenau où j'ai pris position, la droite appuyée à ce bourg et
la gauche se prolongeant vers Albeck. Je n'ai placé que la
brigade Hoguet dans cette position et pour exécuter vos ordres
9 OCTOBRE. 369
3e me suis porté avec la brigade Villatte à Elchingen, afin de
me rendre maître du pont de ce nom, ce qui a eu lieu.
Les postes avancés ennemis fur/ent enlevés par les hussards
du 3« régiment détachés à ma division et le pont par les éclai-
reurs et carabiniers du 6^ régiment ; une pièce de canon fut
prise par le sergent-major de la compagnie Oudin et par le
sieur Puissant, sergent de la même compagnie ; le sergent-
major est grièvement blessé. Je ne peux que me louer de la
conduite des capitaines Oudin, Preux, des deux capitaines des
carabiniers, et du capitaine commandant le 3® escadron de
hussards, officier de la Légion d'honneur. Je vous prie, Mon-
sieur le Maréchal, d'obtenir une récompense pour le sieur Puis-
sant et Faigle de la Légion d'honneur pour M. Oudin et son
sergent-major grièvement blessé. Je ne puis encore vous donner
le nombre des prisonniers ; parmi eux se trouvent un officier et
l'épée d'un autre qui s'est échappé. Le pont était défendu par
600 hommes du régiment de Sporck et une pièce de canon.
J'ai fait prendre position à la brigade Villatte sur les hauteurs
de MofTen à Elchingen, faisant face au pont et se liant avec les
postes de la division Dupont et ceux de la brigade Roguet. Un
bataillon et une pièce de canon gardent le pont et les routes qui
conduisent à Thalfingen et à Leipheini.
J'attendrai vos ordres à Elchingen.
J'ai l'honneur de vous saluer avec la considération la plus
distinguée.
LOISON,
à rinstitut anglais, n* 140
(près la porte (la Danube).
En faire le rapport au Ministre de la guerre, dire que c'est la
suite de l'opération que j'avais combinée pour faire replier tous
les postes autrichiens qui se trouvaient sur la rive gauche du
Danube.
Quant à la demande de la récompense, écrire au général
Loison de m'envoyer un état nominatif de tous les militaires,
officiers, sous-officiers et soldats qui ont mérité de fixer son
attention dans l'attaque du pont d' Elchingen pour le joindre à
celui de la 3» division que j'adresserai à Sa Majesté.
{Note du maréchal Ney),
m. . 24
370 GHAPITRB III.
Le général Loison au maréchal Ney.
Au quartier Kénâral.deyant Ulm, le 30 Ttndémiaire an xiv
(22 oetobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai riionneur de vous envoyer ci-joint l'extrait de mon rap-
port du 18 vendémiaire sur la prise du pont d*Elchingen, ainsi
que Tétat nominatif des braves qui se sont distingués et qui
méritent la décoration de la Légion d'honneur ou de Tavance-
ment.
J'ai omis, dans mon rapport de l'affaire du i22, la prise d'un
général-major et d'une pièce de canon, ce qui en porte le nombre
à cinq ; je vous ai rendu compte verbalement de la conduite des
officiers de mon état-major dans cette journée ; je ne puis trop
vous rappeler coml)ien a été brillante celle de M. Hamelinaye,
adjudant-commandant, mon chef d'état-major; vous avez été à
même de le juger, ayant été constamment à vos cdtés. Je vous
prie de solliciter pour cet estimable officier Tavancement qu'il
mérite à si juste titre.
J'ai l'honneur d'être. Monsieur le Maréchal, votre très humble
et très obéissant seiTitcur.
(i4. M.) LoisoN.
Extrait du rapport de la prise du pont d'Elchingen dans la nuit
du i7 au i 8 vendémiaire^ fait à Af. le Maréchal le i 8 ven-
démiaire.
Les r»« et ()9e régiments et le «J« escadron du 3« régiment de
hussards ont été dirigés sur Ober-Ëlchingen pour enlever le pont
que l'ennemi gardait sur ce point et qui se trouvait défendu par
un bataillon du régiment de Sporck et une pièce de canon.
L'escadron de hussards, commandé par le brave capitaine
Schœny, est arrivé le premier sur les avant-postes autrichiens,
les a enlevés et a fait 51 prisonniers, dont un ofQcier.
Cette cavalerie, n'écoutant que sa valeur, s'est portée sur le
pont, avec la plus grande audace, mais quelques planches enle-
vées l'ont empécliée de franchir le pont et l'ont forcée d'attendre
l'infanterie.
Alors les carabiniers et voltigeurs du 6® régiment d'infanterie
9 OCTOBRE. 371
légère sont arrivés, ont passé le pont à la baïonnette, ont enlevé
la pièce de canon, tué plusieurs canonnière et mis Tennemi en
fuite. Le sieur Stener, sergent-major des voltigeurs, blessé d'un
coup de feu au bras droit, n'a pas voulu se retirer et a persisté
à donner à sa compagnie Texemple du courage et du dévouement.
Les nommés Thiébault, caporal, et Gauclair, voltigeur, et
Puissant, sergent, se sont portés sur la pièce avec intrépidité et
ce sont ces trois braves qui ont pris la pièce de canon.
Les officiers de ces quatre compagnies les ont dirigées avec
le plus grand courage et la plus grande intrépidité.
Le général de division, gouverneur,
{A. M.) LoisoN.
L'adjudant'Com mandant Deatabenrath au général M. Duma$.
Ulm, le t brumaire an xiv (24 octobre 1805).
Mon Général,
J'ai eu Fhonneur de vous remettre moi-même, devant cette
place, les détails de Taffaire de Gùnzburg. Je vous transmets
aujourd'hui ceux de la première prise du pont dTlchlngen par
la 2« division, qui s'est si vaillamment montrée sous .les ordres
de M. le maréchal Ney dans la journée où ce pont fut enlevé aux
Autrichiens pour la deuxième fois. Vous recevrez incessamment,
mon Général, les détails de cette bataille d'Elchingen qui ne
peut être confondue avec la petite affaire dont je vous rends
compte.
Le IG vendémiaire, la 2« division avait quitté sa position en
arrière de Hôchstâdt ; elle s'était portée sur Burberg et y avait
pris position, ayant le Lonthal sur son firent.
Le 17, cette division partit de. Burberg pour se diriger vers
Ulm; elle a pris position sur les hauteurs, en arrière de Lan-
genau. (On doit remarquer ici que le chemin qui conduit de
Burberg à Stetten est très étroit et très encaissé; il ne serait
pas praticable pour les voitures dans la mauvaise saison).
La i^* brigade, commandée par le général Villatte, s'est
portée sur Ober-Elchingen pour enlever le pont que l'ennemi
gardait sur ce point; elle était précédée de deux pièces de 8 et
de l'escadron du 3« de hussards qui éclairait la marche*
SVl CHAPITRE III.
La colonne étant arrivée au village d'Unter-Elchingen, le
général Loison a pris les dispositions suivantes :
Le 39» régiment a été placé en réserve sur les hauteurs à
gauche de Kloster-Elchingen.
Le G» régiment a marché en colonne sur le village d*Ober-
Ëlchingen pour gagner la chaussée qui conduit au pont du
Danube. Les deux compagnies de voltigeurs et celles de carabi-
niers ont flanqué la gauche du régiment et ont côtoyé les bois
et les marais qui bordent le fleuve.
L'escadron de hussards s'est dirigé sur un poste avancé qu'il
a enlevé sans résistance, et se portant ensuite droit au pont, il a
pris de même un officier et quelques hommes qui se trouvaient
sur la rive gauche. Le pont était défendu par un bataillon du
régiment de Sporck, fort de COO hommes, et par une pièce de
canon.
Cette troupe a été efl'rayée de Tattaque impétueuse des hus-
sards, conduits par le capitaine Schonier ; mais quelques planches
du pont ayant été retirées, ce brave officier a été obligé de rétro-
grader pour attendre Tinfanterie et il a essuyé alors un feu très
vif de mous({ueterie et de mitraille qui, heureusement, n'a
blessé personne.
Les voltigeurs et les carabiniers sont ai-rivés et ont marché
au pas de charge sur le pont, dont ils se sont emparés, malgré
le feu de Tennemi qui s'est vu obligé de prendre la fuite et
d'abandonner son canon.
Le résultat de cette affaire est la prise du pont d'Elchingen,
ordonnée par M. le maréchal Ney, et celle de 57 Autrichiens,
dont un officier et d'une pièce de canon.
L'ennemi a eu 10 à 12 hommes tués; notre perte a été de
2 hommes tués et 2 blessés, dont l'un est le sous-lieutenant
Chartier.
Agréez Dbstabknrath.
P,-S. — Diverses missions dont vous m'avez chargé m'ont
occasionné quelques dépenses. Je vous prie, mon Général, de
me mander comment je dois m'y prendre pouir en être rem-
boursé.
9 OCTOBRE. 373
Le général Malher au maréchal Ney.
Ad quartier général, à Brenz, le 17 vendémiaire an xiv
(9 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Je n'ai pu, grâce à la belle marche du grand parc, et surtout
à sa célérité à parquer, arriver à ma position avant 2 heures :
j'ai laissé le général Labassée à Gundelfingen, qui éclairera les
deux chemins qui sont en avant et communiquent sur Bochin-
gen, avec un fort poste que j'y ai établi. Steinheim est occupé
par quatre compagnies de mon avant-garde, mes trois compa-
gnies de voltigeurs et mes 50 chevaux sont à Stotzingen. C'est
de ce point qu'est partie la reconnaissance que vous m'avez
chargé de pousser sur Giinzburg ; le capitaine Saint-Léger, qui
la commande, me fait prévenir que l'ennemi occupait hier et en
force Stotzingen, qu'il en a tout enlevé et s'est retiré. En ce
moment, l'ennemi l'empêche de se porter sur Gûnzburg, ils
tiraillent. Malgré la supériorité de l'ennemi, Saint-Léger me
rend compte que le voyant se reployer doucement, il ne marche
lui-même qu'avec beaucoup de précaution, craignant qu'on ne
veuille l'attirer dans une embuscade.
Je monte à cheval et vais m'y porter, je courrai moi-même
vous rendre un compte précis de cette reconnaissance.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect et
de mon attachement.
Maliier.
Le général Labassée me rend compte qu'il s'est emparé de la
barque au moyen de laquelle 12 cavaliers ennemis ont passé
hier le Danube et se sont portés sur Gundelfingen ; du reste, ses
postes, parfaitement établis, n'ont rien vu ni entendu.
{A. M.)
374 CHAPITRE III.
Le général Malher au maréoh&l Mey.
Aa quartier général de Oûnzburg, le 18 yendémiaire an xr?
(10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
En conséquence des ordres que vous m'avez donnés, je suis
parti hier, à 9 heures, des cantonnements occupés par ma divi-
sion et ai marché sur trois colonnes pour m*etnparer des trois
ponts existants sur le Danube, Tun à Leipheim, Tautre sur
Gùnzburg et le troisième sur Reisensburg. J'ai dirigé mon
avant-garde, rassemblée à Stotzingen et commandée par le
colonel Lefol, mon chef d'état-major, sur le premier; le général
Laba'ssée, à la tète du ^9^ régiment et partant de Gundelflngen,
s'est porté sur celui de Reisensburg ; le général Mareognet, à la
tète de sa brigade et du 50^ régiment, s'est dirigé sur Gùnz-
burg; je suis resté à la tète de cette colonne. Vers les 3 heures,
nous nous sommes trouvés tous trois à la même hauteur et en
mesure d'attaquer, si le colonel Lefol avait pu vaincre les diffi-
cultés que lui opposait le marais qu'il devait traverser ; mais son
intrépidité et son intelligence se sont malheureusement irouYées
en défaut, et après avoir perdu son cheval et risqué devoir périr
plusieurs hommes de sa colonne, il a pris le parti de se retirer
sur Riedhausen, d'où il est venu me rejoindre dans la nuit(i).
Le général Marcognet étant arrivé au débouché du bois, en
face du pont sur Gùnzburg, porta avec tant de rapidité (2) son
(1) « A uiio petite distance, de notre point de départ, nous aperçûmes
l'ennorai; le général rangea son corps d'armée dans la plaine, et nous
nous avançAmes en ordre de bataille. L'ennemi ne jugeant point à
propos de se mesurer contre des forces aussi supérieures, il n'y eut pas
une amorce de brûlée, et il délogea de Gundeliingen. Si nous eussions
eu seulement 90 hommes de cavalorie légère pour éclaireir nos tirail-
leurs, dans moins d'une demi-heure nous eussions pu faire fouiller le
village, déloger l'ennemi et éviter une perte de temps de près de deux
heures. Sur ces entrefaites, le maréchal arriva, donna quelques ordres
au général Malher et partit ». (Mémorial de Lafarelle. Carnet de la
Sahretacfie, 1902.)
(2) L'armée se mit en colonne et s'avança par un chemin creux qui se
trouvait flancjué par des prairies extrêmement marécageuses. Les soldats
prirent la lisière de la prairie, et nous, nous cheminâmes dans ce che-
9 OCTOBRE. 376
avant-garde et ses édaireurs en avant, qu'à peine avait-elle fait
feu qu'elle 'fit prisonniers 200 Tyroliens, parmi lesquels 23 offi-
ciers, s'empara de deux pièces d'artillerie et d'un général-major,
le baron d'Aspre, pris particulièrement par les éclaireurs du
50« régiment.
Aussitôt, le 'ÈD^ régiment, traversant au pas de charge le gué
du premier bras du Danube, s'empara de l'île, se portant sur le
pont du grand bras, et trouva une travée entièrement coupée,
ce qui, sans ralentir son ardeur, l'exposa à un feu d'artillerie
et de mousqueterie des plus terribles ; l'espoir que nous avions
de pouvoir raccommoder le pont me détermina à faire soutenir
le 25* régiment par le 27» et placer en réserve derrière le pont le
50® régiment (1).
min où nos chevaux avaient de l'eau jusqu'au ventre, ot souvent
s'enfonçaient dans la vase fort avant. Je ne saurais exprimer tout ce que
j'eus à souffrir durant cette route (jui dura près d'une lieue. En sortant
de ce chemin, nous entrâmes dans un bois qui nous conduisit en vue de
Gùnzburg. On n'avait fait aucune reconnaissance des lieux, mais le
Français ne doute jamais de rien, et, comme si nous avions la certitude
que le pont qui se trouvait sur le Danube n'eilt pas été coupé, les tam-
bours battent la charge et toutes les troupes s'empressent d'aller de
l'avant. Nous voilà sur un terniin entièrement découvert et en face du
premier pont qui est jeté sur le premier bras du Danube et qui commu-
nique à Tile qui se trouve sitU(V en face de (tiinzburg. (Lafarelle.)
(1) Mais Tartillerie do rf^nnemi commence à jouer, et il nous fusille
vigoureusement. On s'avance vers le pont, mais on reconnaît que les
madriers ont M(S enlevés. Nous faisons avancer quelques-unes de nos
voitures do matériaux pour le faire réparer. Quatre de nos pièces de
campagne sont mises aussitôt en batterie pour riposter au feu de celles
de l'ennemi ; mais que pouvaient-elles contre vingt?
Pendant ce temps, le 27* régiment, excité par la charge que l'on
continuait à battre, passe au gué le premier bras du Danube, s'enfon-
çant dans Teau et dans la vase jusqu'à la ceinture.
Le colonel Gazais est blessé d'une balle morte qui l'atteint au cou-
de-pied. Je m'assure que sa blessure n'est point dangereuse et je vais au
feu ; un moment après, mon pauvre camarade Boudhors reçoit une balle
morte au bnis. La douleur qu'il en ressentit fut très vivBé
Nous nous décidâmes aussitôt à passer dans l'île en gueyant comme
avait fait la troupe et à nous assurer de l'état du serx)nd pont et des
moyens do lo réparer. (Lafarelle.)
376 CHAPITRE m.
Ayant enfin pu reconnaître Timpossibilité de raccommoder le
grand pont, je pris le parti de retirer mes troupes et de me con-
tenter de garder la lisière du bois. Ces divers mouvements, faits
sous le feu de plus de 20 pièces d'artillerie placées avec avan-
tage, m\ont fait éprouver une perte assez considérable, mais
tout en ayant à regretter la perte de quelques braves (i), cette
action a donné la mesure de ce que Sa Majesté a lieu d'attendre
de son armée ; chaque corps a déployé une bravoure et une fer-
meté au delà de tout éloge ; nos jeunes militaires n'ont pu être
distingués dans les rangs, et, à la vivacité de notre feu, l'ennemi,
d'après les rapports des prisonniers, nous a cru toute Farmée ;
il nous a sans doute fait cet honneur, parce que lui-même y
avait réuni la plus grande partie de la sienne.
(1) Arrivé dans Tilc qui devenait le point de mire de la fusillade de
l'ennemi et du feu de son artillerie, nous ne pouvions pas faire un pas
(elle est extrêmement fourrée par des osiers) sans trouver quelques-uns
des nôtres morts ou blessés.
Enfin, après des peines incroyables, nous arrivons sur la lisière de
rile, en face du grand bras du Danube. Nous nous approchons le plus
près possible de la culée du pont, et, malgré l'épaisse fumée qu'occasion-
nait le feu de nos gens, nous reconnaissons que deux traTées du pont
ont été entièrement coupées et qu'à une troisième, on n'a enlcTé que les
madriers. Mais les moyens que nous avions étaient de beaucoup trop
insuffisants pour faire une pareille réparation , de sorte qu'après
avoir tenu conseil, nous convînmes de venir rendre compte de ce que
nous avions vu à notre colonel et au général Malher. Nous nous frayons
de nouveau un chemin au hasard, à travers l'Ile ; et nous n'y faisons
pas un pas que nous n'ayons doublement à redouter la mort, soit du côté
de Fenncmi qui nous fusillait et nous mitraillait de la manière la plus
vivo, soit de la part des nôtres qui déchargeaient leurs fusils de l'inté-
rieur de l'île, s'en s'embarrasser de ceux de leurs camarades qui
étaient en avant.
Enfîn, au milieu des morts, des mourants et des blessés, nous parve-
nons sur les bords du pelit bras du Danube que nous passons comme la
première fois au gué et nous nous rendons sur la lisière du bois. Là , je
rencontre le général Marcognet, je demande à lui parler en particulier,
je lui fais le récit de notre reconnaissance et je le préviens que laisser
plus longtemps sa troupe dans l'île, c'est exposer du monde en pore
porte, puisque dans l'état où se trouvait le pont, ni nous ni l'ennemi ne
pouvions le passer. (Lafanîllo.)
9 OCTOBRE. 377
Le général Marcognet a eu un cheval tué sous lui, et son
aide de camp, le lieutenant Jorry, blessé, le colonel Gazais et le
capitaine du génie Bouzet ont été légèrement blessés. Les chefs
de bataillon Parent, Darné et Frappart, blessés.
A la gauche, le général Labassée, communiquant son impé-
tuosité au 59« régiment, était plus heureux que nous; malgré le
feu de trois pièces d'artillerie enfilant la chaussée, malgré les
quatre régiments d'infanterie ennemie qui, des hauteurs, fai-
saient un feu terrible et croisé sur lui, il parvint au pont
dont les madriers étaient ôtés et le franchit; parvint jus-
qu'aux pièces sur lesquelles les canonniers se firent tuer, prit
500 hommes, s'empara des hauteurs et poussa l'ennemi jusque
dans la ville qui, à plusieurs reprises, paya cher l'envie qu'il
avait d'en ressortir.
La cavalerie tenta sans succès de reprendre les hauteurs que
couronnait le 59« régiment ; à six reprises différentes, elle char-
gea jusque sur les baïonnettes ; six fois elle fut reçue à moins de
quinze pas, et, son front couvert de morts et de blessés, elle prit
la sage résolution de se retirer.
Instniit du succès du général Labassée, je m'y rendis aussitôt
et y portais toute ma division. A la pointe du jour, j'ai fait cerner
la ville, Tennemi n'y avait laissé que les blessés au nombre
d'environ 300 et environ 150 traînards qui ont été pris.
L'action du 59® régiment est une des plus glorieuses de l'his-
toire militaire, mais ce régiment a éprouvé une perte bien sen-
sible pour lui, dans la personne de son colonel, M. Lacuée. Le
lieutenant-colonel Silbermann en a aussitôt pris le commande-
ment. Je vous prie, Monsieur le Maréchal, d'obtenir de Sa
Majesté qu'il soit nommé colonel; il s'est conduit avec une intel-
ligence et une bravoure dont on voit peu d'exemples. Son
second, M. Savary, mérite également les bontés de notre souve-
rain. Il fait la guerre avec une intelligence, une activité et une
bravoure dignes des plus grands éloges.
J'aurai l'honneur de vous adresser l'état des officiers ou sol-
dats qui se sont plus particulièrement distingués et pour lesquels
j'aurai l'honneur de vous prier de solliciter de l'avancement ou
la décoration.
Je ne dois point omettre. Monsieur le Maréchal, les éloges qui
sont dus à M. Caron, chef d'escadron commandant mon artillerie
878 CHAPITRE m.
qui, avec quatre pièces de canon, a si bien su diriger son feu
qu*il faisait tête à vingt.
Je recommande aussi à vos bontés particulières mon aide de
camp Deboutard, lieutenant depuis huit ans, à qui Sa Majesté
promit le grade de capitaine pour cette année et qui, dans
l'affaire d*hier, a rempli son devoir comme un brave et digne
officier.
Je n*ai aussi que des éloges à donner à M. de la Gennetière
pour lequel j'aurai Thonneur de vous demander la décoration.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect et
de mon attachement.
{A . M.) Halhxr.
£xtra/t du « Mémor/a/ de campagne » d'Antoine de LAUrelle,
capitaine du génie (t).
Je fis part au général Malher, qui n'avait point été précisé-
ment blessé, mais qui avait reçu au bras un éclat de bois, des
deux reconnaissances que j'avais faites.
Ce rapport, qui était le seul véritable parmi tous ceux qu'il
avait reçus, ainsi qu'il eut la bonté de me le dire, était d*autant
plus important qu'il expliquait le peu de succès qu'avait eu son
attaque, malgré la bravoure de sa troupe. Enfin, nous étions à
discourir sur toutes les circonstances de cette journée, lorsque
le général Labassée arriva et annonça qu'il s'était emparé d'un
pont qui est à l'extrémité de Giinzburg, et qu'après une affaire
très chaude, il a débusqué l'ennemi de sa position formidable,
et qu'il se trouve aux portes de la ville.
L'on révoque en doute que ce soit d'un des ponts de Gûnzburg
qu'il se soit emparé, par la raison que la carte qui, à la vérité,
était le seul témoignage qu'on pût mettre en avant, mais qui
avait son degré d'autorité, ne désignait que l'existence d'un
seul pont. Le général Labassée soutient que c'est réellement
d'un pont de Gûnzburg qu'il s'est emparé.
J'affirme de mon côté, que, durant que j'ai fait ma seconde
(1) Publié par M. lo. capitaino d<» CazeneuTo, dans le Carnet de la
Sabretachc, 1902.
9 OOTOBRX. S79
reconnaissance, j'ai effectivement entendu une très forte fusil-
lade à la gauche de Gûnzburg. Enfin, on se décide à aller sur les
lieux.
Nous laissons nos ohevaux en arrière, et, à travers les marais
affreux, nous arrivons au bivouac du 50« régiment. Le général
me dit de marcher en tête d'une compagnie et d^aller faire répa-
rer le pont. Je me mets en marche et j'arrive au lieu indiqué.
Les sapeurs du régiment avaient commencé l'opération, mais
d'une manière très imparfaite. Je fais ra^embler les planches
dont nous pouvions avoir besoin et je me mets à l'œuvre. Dans
moins d'une heure le pont fut réparé. Le général Malher, accom-
pagné du général Labassée, arrive et nous allons visiter la posi-
tion dont il s'est emparé. Notre étonnemwit s'accroit à chaque
pas, car on ne conçoit pas comment, avec une poignée de
monde, il a pu s'emparer d'un pont où sur une si longue étendue
il n'existait que des longerons, et débusquer l'ennemi d'une
hauteur formidable d'où, par un chemin en ligne directe, il enfi-
lait avec son artillerie le pont et l'avenue qui y conduit. Ajoutes
à cela que l'ennemi était pourvu de cavalerie et qu'elle a chargé
jusqu'à sept fois. Le o9^ régiment, qui s'est immortalisé dans
cette journée, ajgule malheur de perdre son colonel, le jeune et
intéressant Lacuée, l'un des officiers les plus distingués de
l'armée.
Arrivés au point où nos troupes n valent pris position, il n'y
avait plus à douter que nous fussions sous les murs de Gûnz-
burg. Nous entendions très distinctement le bruit des convois
d'artillerie et des bagages qui s'éloignaient; enfin, si nous
eussions eu de la cavalerie, il n'y avait rien de plus aisé que de
s'emparer de ce convoi, car il paraît que la terreur était dans
Tàme de nos ennemis et qu'ils avaient perdu la tête. Faute de
ce moyen, il a fallu nous résoudre à attendre conseil du lende-
main.
380 CHAPITRE III.
A M. /e général Songis, premier inspecteur général de rartillerie,
commandant celle de la Grande Armée.
Au quartier général, à Gûnzbarg, le 10 Tendtaiiaire an xxy
(11 octobre 1805).
Mon Général,
Je n'ai encore reçu sur l'affaire de Gûnzburg d'autre rapport
que celui des tués et blessés. Je m'empresse de vous les faire
connaître.
M. le général Malher fait le plus bel éloge de la conduite des
chefs et soldats, et notamment du chef d'escadron Caron, com-
mandant l'artillerie de la division. Les blessures sont d'autant
plus honorables qu'elles sont presque toutes des coups de balles.
Vous verrez, mon Général, qu'il y a eu deux sei^cnts de tués
et un blessé de manière h ne plus servir. La 10* compagnie^ se
trouve presque sans chefs, et il est urgent de lui en donner.
J'écris à ce sujet au chef de bataillon Villeneuve; s'il ne peut
faire sur-le-champ les remplacements des sous-officiers en sui-
vant les formes légales, je ferai des nominations provisoires que
j'aurai l'honneur de soumettre à votre approbation.
Je vous prie, mon Général, de m'indiquer uu moyen de com-
pléter les compagnies qui auraient souffert. J'ai sous mes ordres
un personnel si faible qu'il est important de remplacer de suite
les pertes. Le moyen ordinaire de tirer des dépôts est imprati-
cable dans la position où nous nous trouvons.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
Le général d'artillerie,
Sbroux.
P,'S, — On n'a pu retrouver que deux pièces de 7 et un obu-
sier. Les deux autres (si elles ont été prises) ont été jetées dans
le Danube, on ne sait où. Les fusils paraissent avoir été tous
brisés et jetés dans le Danube d'après les renseignements que
j'ai recueillis. Le colonel Riitty va s'occuper de toutes recherches
à ce sujet.
Sbroux.
Je viens de découvrir des magasins qui renferment 167 fusils
9 OCTOBRE. 381
d'infanterie, environ 6,000 cartouches à balle et une quantité
d'autres objets du ressort de l'administration, tels que casques,
gibernes, banderolles, etc.
#
ÈtsA des officiers, eous-officiers et canonniers de la 10^ compagnie
du y régiment d'artillerie à pied qui ont été tués ou blessés
le 17 vendémiaire an XIV.
MM. HuOT, lieutenant Blessé.
QuÉRY, sergent Tué.
Maquet, sergent Tué.
BiCHAT, sergent Une cuisse emportée.
Maiigari), canonnier Blessé.
Bacuelot, canonnier Blessé.
MoROT, canonnier Blessé.
Leclerc, canonnier Blessé.
Marotte, canonnier Blessé.
Paquet, canonnier Blessé.
Parent, canonnier Blessé.
Bavot, canonnier Tué.
3® COMPA(iiME DU 5* bataillon DU TRAIN d'aRTILLERIR.
Deux soldats blessés dont je ne connais point les noms.
chevaux du train.
Un tué et un blessé.
Ganzborg, le 18 vendémiaire an xir.
Le chef d'escadron commandant V artillerie de la 3* division.
Signé : Car on.
Poar eopie conforme :
Le colonel chef de Céiai-major d^artille'^ie,
P. M. Bicqeulley. (A. A.)
38S GHAPiTRB m.
Le Général commandant en chef l'artillerie à M. le général Songia,
premier inspecteur du corps impérial de rartillerie.
Âu quartier général, à Mèdlingen, le 18 vendémiaire an xnr
(10 octobre 1805),
Mon Général,
Le 3^ division a fait hier soir un mouvement et une attaque
sur Gùnzburg. L'ennemi Ta évacué ce matin en se retirant sur
Ulm. Nous avons pris un général-major, 700 hommes, 3 bouches
à feu (2 pièces de 7 et 1 obusier). L'armée regrette particu-
lièrement le colonel Lacuée, du 99® régiment d^lnfanterie, tué
d'une balle. L'artillerie a perdu 3 sergents et 6 canonniers de la
iO« compagnie du l^"" régiment, tués ou blessés. Le lieutenant
Flouot a été blessé d^une balle au pied. Je vous ferai plus tard
un rapport à ce sujet, s'il y a lieu, lorsque j'aurai reçu les
comptes qui doivent m'être rendus.
Des munitions ont été consommées et tout annonce une
grande bataille devant Ulm où l'on en consommera d'autant
plus que la division (lazan et celles des dragons des généraux
Baraguey-d'llilliers et Bourcier sont réunies sous les ordres de
M. le maréchal Ney et demanderont probablement des muni-
tions de remplacement.
N'ayant aucune connaissance du lieu de présence du grand
parc et de son itinéraire et n'ayant encore reçu aucune instruc-
tion pour le remplacement des munitions consommées, je vous
prie, mon Général, de me donner le plus tôt possible vos ordres
à ce sujet. 11 est d'autant plus urgent que je les reçoive, qu'il
manque encore quelques caissons au petit approvisionnement
que le 6« corps mène avec lui.
Ignorant, mon Général, le lieu de votre présence et craignant
un trop long délai, j'écris en même temps à Son Excellence le
ministre de la guerre pour lui demander où se trouve présen-
tement le parc et quel est son itinéraire pour y diriger, s'il y a
lieu, les caissons vides.
J'ai l'honneur, mon Général, de vous saluer respectueusement.
Sbroux.
Je fais venir au parc l'artillerie prise sur l'ennemi. Je vous
9 OCTOBRE. 388
prie de me mander ce (lue je devrai en faire. Gomme elle ne
peut qu'embarrasser nos mouvements, je voudrais qu'elle fût
envoyée sur les derrières si elle peut y être avec sûreté.
P,-S, — Il y a 5 bouches à feu prises au lieu de 3. Je fais
aussi rechercher les fusils des prisonniers et vous en rendrai
compte. Je vous prie, mon Général, de me dire ce que je devrai
en faire.
{A. A.)
Journal des opérations de l'artillerie depuis le 6 vendémiaire ,
jour du passage du Rhin, jusqu'au 30 inclus (27 septembre
au 22 octobre 1805).
Le camp de Montreuil, ayant pris la dénomination de 6® corps
de la Grande Armée, (luitta sa position sous Montreuil le 12 fruc-
tidor et, par une marche rapide, se porta sur le Rhin. H arriva le
4 vendémiaire à f^auterburg ; sa force consistait en 23 batail-
lons d'infanterie répartis on 3 divisions et 9 escadrons de cava-
lerie légère, avec un équipage d'artillerie de 30 bouches à feu,
savoir: G canons de 12, 18 de 8, 0 de 4, et 0 obusiers.
L'artillerie était commandée en chef par le général Seroux,
inspecteur général d'artillerie, le colonel BicqeuUey était chef
d'état-major et le colonel Hutty, directeur du parc.
Les chefs de bataillon Villeneuve et Morial commandaient
l'artillerie des 1^^^ et "1^ divisions et le chef d'escadron Caron
celle de la 3«.
Les troupes d'artillerie étaient :
Les 6«, 9«, iO«, 11« et 12« compagnies du 1" régiment d'artil-
lerie à pied, la i""® compagnie du 2« régiment d'artillerie à
cheval, 1/5 de la 4® compagnie d'ouvriers ;
Les cinq premières compagnies du 5* bataillon principal du
train ;
Les 4« et 5^ du 3® bataillon bis.
Le 5 vendémiaire an xiv. — A 0 heures du matin, le corps
d'armée a passé le Rhin sur un pont de bateaux qui avait été
construit à cet effet à uu (fuart de lieue au-dessus de Lauter-
burg, une partie de l'artillerie fut attachée aux divisions,
chacune eut une pièce de 12, 4 pièces de 8, 2 pièces de 4 et
1 obusier^
384 CHAPITRE III.
La i^^ division se porta à Ettlingen.
La 2® et la cavalerie à Durlach.
La 3« à Carlsruhe.
Le parc d'artillerie en avant du viUage d'Aum.
Le 6 vendémaire an xiv. — Le quartier général en chef à
Carlsruhe.
Il séjourna dans ces positions.
Le 7 vendémiaire an xiv. — Il continua sa marche sur
Stuttgard.
La 1'® division sur Vaihingen.
La 2« et la 3® à Enz-Vaihingen.
Le quartier général à Vaihingen.
Le parc en arrière de Pforzheim sur la rive gauche de la Nagold.
Le 8 vendémiaire an xiv. — Il continua sa marche sur Stutt-
gard où, après quelques pourparlers, les i^ et 3® divisions
entrèrent le soir. La 2« division, s'étant dirigée surLudwigsburg,
vint prendre position à Cannstatt et Ësslingen.
Le parc vint, par Vaihingen, s'établir en arrière de ZufTen-
hausen, où il n'arriva que le 9, à 6 heures du matin.
Le 9 vendémiaire an xiv. — La i""® division fut répartie à
Stuttgard et Wangen.
La 2« resta à Cannstatt et Ësslingen.
La 3« fut réunie à Stuttgard.
Le 10 vendémiaire an xiv. — On fit aux troupes une distri-
bution de 50 cartouches par homme.
Le / f vendémiaire an xiv. — Trois obusiers, s'ervis par rartil-
lerie légère, allèrent joindre à Plôchingen la division de cavalerie.
La 2^ division à Ësslingen.
La 38 à Iledeslingen.
Le parc à Ësslingen.
Le 1.2 vendémiaire an xiv. — Le corps d'armée était à la
hauteur de Gôppingen.
La i»"® division à Gross-Sùsseu.
La 20 à Klein-Esslingen.
La 3<» à Gôppingen et le quartier général en chef aussi à
Gôppingen.
Le pare était en arrière du village de Faurndau.
9 OCTOBRE. 385
Le i 3 vendémiaire an xiv. — Il quitta la grande route d'Ulm
et marcha sur Giengen par Weissenstein et Heidenbeim.
6 pièces de 8 qui étaient au parc partirent dans la nuit du
12 ou 13 pour les 3 divisions, à raison de 2 pour chacune.
Le parc partit de Faurndau à 6 heures du matin sous Tescorte
de i compagnies d'infanterie.
L'artillerie éprouva, dans cette longue et pénible marche de
12 lieues, des difficultés considérables. Une montagne que Ton
rencontre en sortant de Weissenstein Tarrêta pendant une
journée. Il fallut doubler les attelages, elle n'arriva à Giengen
que le lendemain dans la journée.
Le 14 vendémiaire an xiv. — L'armée bivouaqua autour de
Giengen.
Le i 5 vendémiaire an xiv. — KUe se porta sur le Danube,
Farmée et le quartier général à llochstàdt.
Le parc marcha entre la 2« et la 1'® division et vint s'établir
dans une plaine immense en arrière de cette ville. Les 3 pièces
de 12 qui restaient furent réparties dans les trois divisions qui
eurent alors chacune 11 bouches à feu (et 3 avec la cavalerie).
I^e 16 vendémiaire an xiv. — Vers 3 heures du soir, l'armée
fit une contremarche, se reportant vers Gundelfingen et Bur-
berg, le quartier général et le parc à Medlingen.
La 3« division se dirigea sur (iùnzburg qu'elle devait attaquer
le lendemain.
Le 17 vendémiaire an xiv. — La 1^« division se porta sur
Albeck (route d'Ulni à Stuttgart), à 3 lieues d'Ulm. Quoique
l'armée ennemie fût réunie à Ulm, et que la position d' Albeck
fut belle et importante à conserver, l'ennemi ne la défendit pas.
La 2® division vint à Langenau et prit position sur les hau-
teurs en arrière de ce bourg.
Une pièce de i et un obusier de cette division furent détachés
avec le 6® d'infanterie légère et 2 pièces de 8 avec le 39« de
ligne pour enlever le pont que l'ennemi avait sur le Danube à
Ober-Elchingen. Le pont fut enlevé le soir même. L'artillerie
ne prit point part à cette attaque.
AFFAIRE DE GlJNZBURG.
La 3« division avait l'ordre de s'emparer de Giinzburg, rive
III. 25
386 CHAPITRB lU.
droite du Danube. Elle se porta à travers les marais en fao« de
cette place et voulut passer de vive force le pont de droite
défendu par un corps considérable d'Autrichiens dans leurs
retranchements. Ce pont est coupé en deux parties par une île.
Là s'est engagé un combat sanglant où nos troupes firent des
prodiges de valeur.
2 pièces de 8 et 2 de A furent placées à la tète du pont, sous
le commandement du lieutenant Huot. La canonnade Hit vive
et soutenue et les troupes forcèrent la première partie du pont
sous la protection du feu de Tartillerie. Une pièce de 8 les
accompagna dans Tile, Tautre la suivit, mais une d'elles fut
bientôt démontée. On se battit à petite portée de mitraille pen-
dant quatre heures et pendant ce temps Tinfanterie cherchait à
rétablir la seconde partie du pont que Tennemi avait rompu.
Les canonniers furent écrasés par les balles et l$t mitraille. Le
sergent-major Ciaudin, de la 10® compagnie du !•' régiment
d'artillerie, homme brave et sous-officier distingué, est resté,
lui troisième, pour servir la pièce de 8.
M. Huot, qui commandait les deux pièces de 4*, fut blessé,
3 sergents et 8 canoimiers de la 10® compagnie, 1 maréchal des
logis et 1 soldat de la 3« compagnie du 5« bataillon principal du
train furent tués ou blessés.
Enfin, à la nuit close, vers 7 h. 1/2, le 59« régiment, avec
1 pièce de 8 et 1 obusier, attaqua le pont de gauche; il culbuta
dans le fleuve une foule d'ennemis qui se précipitaient pour le
passer, et, à l'aide de solives qui n'étaient pas coupées, des
soldats gagnèrent la rive droite et s'y maintinrent. Les deux
pièces étiiient placées dans la direction de la route pour l'enfiler,
et, tandis que hi batterie attirait sur elle le feu de l'ennemi, le
59® défilait des deux côtés pour aller attaquer.
Le pont fut rétabli, l'artillerie passa et se porta vers la ville ;
2 pièces de 7 et un obusier, jetés par Tennemi dans les fossés,
furent relevés et mis en batterie avec l'artillerie firançaise.
Le lendemain, Gùnzburg devait être enlevé de vive forée,
mais l'ennemi l'évacua pendant la nuit, se retirant sur Ulm*
(A. A.)
9 OCTOBRE. 387
6' CORPS D*ÂRMÉE.
Emplacements du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805),
Quartier général : Medlingen.
/'« division : Albeck.
La division est établie en avant d'Albeck et les avant-postes
placés en face de ceux de Tennemi.
La division a marché de Bissingen sur la direction d'Ulm ;
elle a trouvé près d'Albeck le corps commandé par le chef
d'escadron Crabbé, qui avait été forcé do se replier devant des
forces supérieures, après avoir poussé sa reconnaissance jusque
près d'Haslach.
L'ennemi occupait Albeck ; le général Dupont prit le parti de
l'en déloger, quoiqu'il fût déjà nuit. A l'approche de la division,
ce poste fut évacué précipitamment.
£^ division : Langenau.
La division a pris position sur les hauteurs en arrière de Lan-
genau, ayant l'Ach et la Slotzbach sur son front et communi-
quant par sa droite avec la l'« division.
La division est partie de Burberg pour marcher sur Ulm. Elle
a passé par Stetten, Asselfingen et Rammingen.
Le chemin qui conduit de Burberg à Stetten est très étroit et
encaissé. Il ne serait pas praticable pour les voitures dans la '
mauvaise saison.
3^ division : Riedhausen.
La division a marché sur trois colonnes pour s'emparer des
ponts de Leipheim et de Gùnzburg.
La colonne de droite, aux ordres de Tadjudant-commandant
Lefol, était composée de 6 compagnies de grenadiers, 3 de
carabiniers, 3 de voltigeurs et 20 chasseurs du 10« à cheval.
(Elle laisse un bataillon du ^7» de ligne à Stotzingen.) La colonne
se dirigea sur Leipheim à travers des marais qui se sont trouvés
inipraticables ; alors elle changea de direction à gauche et
repassa en avant du village de Riedhausen, où elle arriva vers
minuit.
La colonne du centre, commandée par le général Marcognet
(où se trouvait le général Malher), était composée de 3 batail-
388 CHAPITRE III.
Ions du 25^ léger, d*un bataillon du 27^, des deux bataillons du
50® et de 4 pièces d'artillerie. Elle marche de Brenz sur Gûnz-
burg par Sontheim et Riedhausen. Arrivée au bois qui $e trouve
à une petite distance du Danube, près de Gûnzburg, au débouché
dudit bois, le général Marcognet attaque Tennemi posté en
avant du pont, le repousse dans Tile. Une compagnie de volti-
geurs, soutenue par deux compagnies de grenadiers, pénètre
dans rîle, malgré ie feu de Tennemi, fait 200 prisonniers, dont
23 officiers. Le 25» léger et les quatre pièces d'artillerie sou-
tiennent ce mouvement. Le bataillon du 27* étant arrivé, le 25«
passe dans Tile. Le 27« suit le mouvement et le oO« resta en
réserve derrière le pont. (Noie de Vartillerie : Une pièce de 8 el
une pièce de \ passèrent dans l'île pour battre sur la rive droite.)
Le 25» régiment, arrivant dans l'île, se porta sur ie pont du
grand bras du fleuve et l'aurait emporté malgré le feu d'artillerie
et de mousqueterie, mais le pont avait été rompu dans une
étendue considérable. Le général Marcognet ayant reconnu Tim-
possibilité de le réparer, ordonna la retraite qui se fit en échelons,
et plaça ses troupes dans le bois, le oO« couvrit la retraite.
La colonne de gauche (le 59* régiment), aux ordres du géné-
ral Labassée, marcha de Gundelflngen en colonne, et malgré le
feu croisé d'une artillerie considérable et celui de plusieurs régi-
ments d'infanterie ennemie, arrive au pont du Danube que tra-
verse la chaussée de Giinzburg à Dillingen, le passe sur les
poutrelles, les madriers ayant été enlevés, arrive jusqu'aux
canons, en prend trois, fait 500 prisonniers et repousse l'ennemi
jusque dans la ville.
Le 59» régiment fut ensuite formé en bataille sur la hauteur
qui est en arrière et à droite de la ville. Là, il reçoit et repousse
six charges de trois régiments de cavalerie ennemie qui occu-
paient la plaine et se maintient toute la nuit dans sa position.
Dans la nuit, le général Malher avait dirigé ses troupes sur la
colonne de gauche. Le 50<^ régiment passa le Danube pour sou-
tenir le 59®, et la l'« brigade fut placée en réserve en arrière du
pont.
Le 18, à la pointe du jour, la division entra dans la ville d'où
Tennemi s'était retiré pendant la nuit, y fit 450 prisonniers et
prit position en arrière de la Gûnz, la droite à la ville, la gauche
se prolongeant parallèlement à la rivière.
9 OCTOBRE. 389
Note de V artillerie : Une pièce de 8 et un obusier attaquèrent
le pont et favorisèrent le passage à 7 heures du soir.
Cavalerie légère : Albeck.
La cavalerie légère au bivouac, dans les vergers, en arrière
d'Albeck.
Division Gazan : Gundelfingen.
La division au bivouac, à la gauche de Gundelfingen, a relevé
les postes de la 3^ division aux ponts de Lauingen et de Dil-
lingen.
Division de dragons : Nerenstetten.
Au bivouac, en avant de Nerenstetten.
Dragons à pied : Herbrechtingen.
A gardé sa position du 16.
Gardant les deux grandes routes qui conduisent à Ulm par
Hausen et Dettingen.
Gardant aussi les hauteurs sur la rive droite de la Brenz, près
de Anhausen, pour conserver sa communication d'Heidenheim.
Journal des opérations de la division Dupont.
Le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
De Bissingen, le général Dupont, d'après les ordres du maré-
chal Ney, avait, le 17, à la pointe du jour, envoyé sur Albeck un
bataillon du 9« d'infanterie légère, 30 hussards du l®"" régiment
et une pièce de 1, sous le commandement du chef d'escadron
Crabbé, aide de camp du maréchal. Cet officier rencontre Tennemi
près de Hausen, le repousse jusque hors d'Albeck et reconnaît
la position en avant de ce village ; il aurait gardé cette position
jusqu'à l'arrivée de la division, mais la pièce de i est démontée
et l'ennemi se présente en force ; il se retire sur les hauteurs
couronnées de bois, en arrière d'Albeck, sans être entamé.
Le l^"" de hussards a eu 1 homme tué et le 9«, 2 hommes tués
et 3 blessés.
L'ennemi occupait, par de petits postes, la plaine qui sépare
Albeck des bois où s'était retirée la reconnaissance du chef
d'escadron Crabbé, lorsque le général Dupont arrive à la tête de
390 CHAPITRE m.
la division à 6 heures du soir. Le général fait aussitôt former le
9» en colonne sur la route, et détache sur ses flancs deux com-
pagnies de voltigeurs et deux escadrons de hussards; il marche*
dans cet ordre vers Albeck, le reste de la division suit en colonne
le mouvement du 9®. Les Autrichiens, s'apercevant de ces dispo-
sitions, se retirèrent avec précipitation. Mais Tobscurité ayant
empêché de voir leur mouvement rétrograde, deux pelotons de
voltigeurs se prennent mutuellement pour l'ennemi et font un
feu de file qui, heureusement, ne blesse personne.
On pénètre dans le village. La division bivouaque en avant.
On trouve au piquet le cheval d'un brigadier autrichien qui
n'avait pas eu le temps de le brider.
Pendant la marche de Bissingen sur Albeck, on entendait sur
la gauche une canonnade très vive et une fusillade bien nourrie.
C'était le combat que livrait la division Malher pour s'emparer
du pont de Gûnzburg
Le prince Murât au maréchal Ney.
An quartier général de Zosmarshausen, le 17 vendémiaire an xnr
(9 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Le canon s'est fait entendre de votre côté. L'Empereur pense
que c'est le vôtre, et me charge de vous envoyer un officier,
pour être informé du résultat du combat que vous avez dû livrer.
Recevez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma parfaite
considération.
{A. M.) MUEAT.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney.
DonauwOrth, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805, à midi).
Monsieur le Maréchal,
Nous n'avons pas encore des nouvelles de vous et nous ne
savons pas où vous avez passé la nuit. Vous avez entendu le
canon du combat de Wertingen : si vous aviez fait passer
quelques escadrons au pont de Dillingen, vous auriez fait beau-
coup de prisonniers ; cependant nous en avons 3,000, */ à 8 dra-
9 OOTOBRB. 391
peauXf beaucoup d'artillerie ; c'était une division composée de
là bataillons de grenadiers.
Le quartier général sera ce soir à Augsburg.
Ordonnez à la division Gazan et à celle des dragons à pied
de passer le Danube et de se rendre à Augsburg, où il est néces-
saire qu'ils soient arrivés dans la journée de demain.
Quant à Ulm, il est impossible que Tennemi Toccupe en
force : s'il l'occupe avec 3,000 ou 4,000 hommes, envoyez une
division pour l'en chasser ; s'il l'occupe avec des forces beaucoup
plus considérables, portez- vous-y avec toute votre armée, enle-
vez le poste et faites un bon nombre de prisonniers.
Immédiatement après, dirigez-vous suivant les mouvements
de l'ennemi, soit sur Augsburg, soit sur Landsberg, soit sur
Memmingen.
La division de dragons du général Bourcier continue à être
sous vos ordres.
Instruisez sur toutes choses, deux fois par jour, l'Empereur
de tout ce que vous faites ; vous sentez combien cela lui importe
pour la combinaison générale.
Maréchal Bbrthibb^
Le maréchal Ney au maréchal Berthier.
Medlingen, le 17 vendémiaire an xir (9 octobre 1805).
L'ennemi est phis fort à Ulm qu'on ne l'avait cru; il a reçu à
Gùnzburg un renfort de 15,000 hommes.
Le mouvement, dont M. le Maréchal a rendu compte hier au
Ministre, a eu lieu ; la 3" division s'est emparé, après un combat
fort vif, du pont de Reisensburg. Elle a fait 800 à 900 prison-
niers, parmi lesquels se trouve un général-major, le baron
d'Aspre ; nous avons eu environ 300 hommes tués ou blessés.
Le colonel Lacuée est tué.
Le colonel Gazais et trois cliefs de bataillon ont été blessés ;
le général Marcognet a eu un cheval tué sous lui ; tout le monde
s'est conduit avec beaucoup de distinction.
M» le Maréchal a très peu de cavalerie; il est important qu'en
cas d'événement il puisse être soutenu.
Les renforts arrivés à l'ennemi viennent de Schaffhouse ; il
paraît qu'Ulm formera le flanc gauche de sa ligne de bataille.
392 CHAPITRE III.
La ^ division occupe sa position de Langenau ; elle a forcé
Tennemi, après une petite escarmouche, à passer sur la rive
droite ; cependant, il est encore maître des ponts d'Elchingen et
de Leipheim.
La 1'® division a dû constamment repousser Tennemi jusqu^à
Albeck, excellente position défensive; elle n'a pu s'y établir
qu'à 9 heures du soir. L'ennemi s'est replié jusqu'à une demi-
lieue d'Ulm.
La division de dragons du général Bourcier est arrivée hier à
11 heures du soir à Nerenstetten ; il a ordre d'y rester pour cou-
vrir les l"* et 2« divisions.
Je rapproche la division de dragons à pied qui est à Her-
brechtingen pour la placer à Brenz, afin d'être plus à portée de
passer le Danube.
Nby.
Le général Bourcier au maréchal Berthier,
Bolheim, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
J'ai l'honneur d'accuser à Votre Excellence la réception des
ordres qu'elle m'a fait celui de m'adresser les 14 et 15 de ce
mois ; ils ne me sont par>'enus à Geislingen qu'hier 16, à
i\ heures du soir ; le premier par un officier de l'état-major du
général Baraguey-d'Hilliers, et le second au même instant, par
un maréchal des logis d'ordonnance.
D'après celui du ii, je devais couvrir, jusqu'au 15 au soir, les
débouchés d'Ulm et servir d'avant-garde au corps du général
Baraguey-d'Hilliers qui était en position à Heidenheim et à la
division du général Gazan qui l'était à Aalen.
Votre Excellence m'engageait, par le même ordre, à faire tirer
quelques coups de canon sur l'ennemi, si je trouvais une occa-
sion favorable, à l'effet de lui faire supposer que j'avais un
corps considérable et de l'infanterie. Je n'aurais pu me confor-
mer à cette disposition, ayant renvoyé mon artillerie et mes
bagages, d'après l'ordre de changement de destination que je
reçus en route, lequel m'envoyait à Geislingen au lieu d'Heiden-
heim. Quant aux autres dispositions de cet ordre, je n'ai pu m'y
conformer, l'ayant reçu trop tard.
Ainsi que j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Excellence
9 OCTOBRE. 393
par ma lettre d'hier, j'ai envoyé au quartier général de Son
Altesse Sérénissime le prince Murât, rofficier de chevau-légers
de Rosenberg que nous avons fait prisonnier à notre entrée dans
Geislingen, lors de la petite affaire qui y a eu lieu, et dont j'ai
rendu compte à Votre Excellence par la même lettre.
Hier matin, en reconnaissance, on a fait un autre prisonnier,
dragon du régiment de Hohenlohe ; un déserteur du régiment
de Klenau, infanterie, a été reçu aussi hier matin à mes avant-
postes. Je compte envoyer ces deux hommes au quartier général
de M. le maréchal Ney.
Conformément à Tordre de Votre Excellence du 15, reçu
également le 16, à 6 heures du soir, je suis parti de Geislingen
la nuit dernière me dirigeant sur Nerejsheim. En passant ce
matin à 6 heures à Heidenheim, un adjudant-commandant m'a
remis une lettre du chef de Tétat-major de M. le maréchal Ney,
contenant un ordre de Votre Excellence, qui met ma division
sous les ordres de ce maréchal. D'après ceux que ce dernier
m'a donnés en même temps, j'ai fait prendre position par ma
division à Bolheim à 4 heures après-midi.
Je reçois en ce moment Tordre des dispositions de la marche
du corps de M. le maréchal Ney. Conformément aux dispositions
de cet ordre qui me sont relatives, ma division va prendre posi-
tion aujourd'hui à Nerenstetten.
C'est avec bien de la difficulté que je suis parvenu jusqu'à
présent à procurer les subsistances à ma division ; depuis
quelques jours, elle n'a reçu ni pain, ni viande et des fourrages
qu'en petite quantité, surtout en avoine.
Les villages que j'ai occupés jusqu'à présent ont eu à ali-
menter les troupes qui m'ont précédé et, par cette raison, se
trouvent presque sans ressources.
BOUKCIER.
Le Commissaire ordonnateur en chef à M. le maréchal
d'empire Ney, commandant en chef le 6* corps de la Grande Armée.
Au quartier général, à Mcdlingen, le 17 vendémiaire an xiv
(9 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'ordre du jour de la Grande Armée du 15 de ce mois insiste
de nouveau sur la nécessité qu'il y a d'avoir 4 jours de biscuit
SM CHAPITRE m.
et 4 jours de pain à Tayance, et tous les généraux deniandent
que ces 4 Jours de pain soient distribués. Je m'étais flatté, pen*
dant quelque temps, de pouvoir maintenir les distributions au
niveau prescrit par TEmpereur ; mais plusieurs circonstances,
indépendantes de moi et des commissaires des guerres, et qui
vous sont parfaitement connues, ont rendu illusoires les efforts
constants que nous n'avons cessé de faire. Si, dans ce moment,
le pain qui a été dirigé sur les diverses divisions a pu y arriver,
le service des 17 et 18 est assuré, malgré les pertes qu'on a
essuyées ; mais je ne puis faire réunir lés 4 jours à l'avance ;
bien loin de là, si Tarmée conserve ses positions actuelles,
j'ignore comment je pourrai assurer sa subsistance» Tous let
points qui Tentourent sont occupés parles divisions de dragond^
celle de Gazan et le corps de M. le maréchal Lannes ; ce n'est
que devant elle qu'elle puisse trouver de quoi vivre. Les com-
missaires des guerres feront humainement tout ce qui sera
possible pour arriver à ce but ; mais chercher à vous tromper^
ce serait me rendre coupable d^une imprudence et d'une pré-
somption dont je suis incapable ; vous ne devee donc pas,
Monsieur le Maréchal, compter sur une administration qui est
sans moyens et sans ressources et qui ne peut utiliser oetix des
pays occupés par l'armée qu'avec des peines, des difficultés et
des pertes qu'il est impossible de se peindre. C'est ce que j'ai
eu rhonneur de vous dire plusieurs fois.
Il est bien pénible et bien affligeant pour moi. Monsieur le
Maréchal, d'avoir à vous présenter de semblables détails ; mais
dans une occasion d'une importance aussi majeure, il ne m'est
pas permis de dissimuler lavérité à quelqu'un qui, comme vous,
jouit auprès de Sa Majesté Impériale d'une confiance et d'une
considération acquises par tous les services multipliés que Vous
avez rendus avec une si haute distinction.
Vous pouvez au surplus être bien assuré que tous mes ins-
tants se passent à combiner et à employer les moyens que les
circonstances peuvent offrir pour arriver au but auquel il est si
essentiel d'atteindre.
Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, mon respectueux
hommace.
Marchant.
J'ai envoyé à l'intendant général un courrier pour lui deman-
9 OOTOBRB. 395
der de nous faire envoyer à force, des derrières, des secours qui
ne peuvent être dirigés que par lui.
(A. M.)
L'Empereur au maréchal Lannea.
Quartier impérial, à Donaawôrth, le 17 vendémiaire an ziv
(9 octobre 1805).
Mon Cousin, j'ai vu avec plaisir, dans votre rapport, la bonne
conduite des grenadiers d'élite. Il est fâcheux que vous n'ayez
pas eu deux heures de jour de plus ; il n'eût pas échappé un seul
homme de ce corps. Vous vous trouvez toujours dans les bonnes
circonstances ; il est vrai aussi que vous vous en tirez fort bien.
Vous devez avoir sous vos ordres les divisions Saint-Hilaire et
Suchet, ce qui vous forme un corps de 25,000 hommes, indé-
pendamment de la cavalerie. Moi-même, je partirai à 10 ou
il heures avec toute ma Garde, pour me porter le long du Lech
sur le chemin d'Augsburg. J'espère arriver de bonne heure à
Mertingen ; j'irai probablement coucher à Augsburg.
J'écris au prince Murât de donner pour direction à votre
corps, si de nouvelles circonstances n'y changent rien, de vous
placer assez près d'Augsburg, pour pouvoir vous y porter demain
de bonne heure et être à portée de concourir aux opérations que
les circonstances pourront faire juger nécessaires.
Mettez à Tordre des grenadiers que je suis content de la
manière dont ils se sont conduits au combat de Wertingen.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Je vous embrasse de cœur.
Napoléon (1).
Le maréchal Berthier au général d'HautpouL
Donauwôrth, le 16 vendémiaire an xiv (8 octobre 1805).
à 9 h. 1/t da matin.
Ordre au général d'Hautpoul de se mettre en marche sur la
route d'Augsburg jusqu'à Mertingen, où il attendra de nouveaux
ordres.
Maréchal Bbrthibb.
--— - - -^--
(i) Correspondance de Napoléon, n* 9857.
396 CHAPITRE III.
Le maréchal Berthier au général Suchet
DonaawOrth, le 17 veadémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Ordre à la division du général Suchet de partir pour se rendre
à Wertingen sous les ordres de M. le maréchal Lannes.
Il laisse à Donauwôrth le 64« régiment, et s'il n'est pas arrivé,
il laisse le 3« bataillon du 34®.
Il se porte entre le pont et la Wômiz.
Maréchal Bbrthibb.
Le général Suchet au général Becker,
En rente pour Wertingen, le 17 vendémiaire an xiy
(0 octobre 1805), à midi.
D'après le rapport des officiers prisonniers, il paraît que
l'armée autrichienne continue d'être dans la position de Stockach.
J'apprends que les divisions du maréchal Lannes sont parties de
Wertingen, ce qui me fait présumer que nous aurons du chemin
à faire pour les rejoindre.
En conséquence, vous ordonnerez une longue halte en avant
de Pfaffenhofen, où cette dépêche vous sera remise. Les habi-
tants ont promis de la bière, dont vous ordonnerez la distribu-
tion, ainsi que des rations de pain qui suivent la division.
J'espère qu'après cette halte nous serons dans le cas de pousser
loin en avant.
Je vous prie d'informer de ces dispositions le général Valhu-
bert.
Suchet.
Le maréchal Berthier au maréchal Lannes,
DonauwOrth, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Les divisions Suchet et Saint-Hilaire, qui vous ont joint, sont
sous vos ordres. Rendez-vous avec elles entre Augsburg et Zus-
marshausen. L'intention de l'Empereur est qu'en vous conser-
vant le commandement de toute l'infanterie, le maréchal Murât
9 OCTOBRE. 397
ait le commandement général, ce qui n'empêche pas que vous
adressiez directement vos rapports à l'Empereur et que vous
receviez directement les ordres de moi.
Il parait que Tennemi se retire à force.
Le maréchal Soult est à Aichach où il a eu affaire à un corps
de 0,000 à 7,000 hommes qui se dirigeait sur lui. Avant midi, le
maréchal Soult sera à Augsburg où TEmpereur se rendra lors-
qu'il aura reçu tous les rapports.
La division du maréchal Davout, qui a passé à Neuburg,
marche aussi sur Augsburg. Toute l'armée va se trouver entiè-
rement réunie.
Prévenez le général d'Hautpoul qu'il ait à bien éclairer les
routes, car l'Empereur suivra vraisemblablement à deux heures
derrière lui.
Maréchal Brrthier.
Le maréchal Lannes au maréchal Berthier.
Wei-tingen, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
J'ai riionneur de rendre compte à Votre Excellence que nos
patrouilles ont rencontré cette nuit celles du général Malher.
J'ignore encore si toutes les troupes du corps d'armée de M. le
maréchal Ney ont effectivement passé le Danube. Comme les
Autrichiens ont tour à tour coupé et rétabli le pont de Gûnzburg,
cette disposition de leur part ferait présumer qu'ils ont l'inten-
tion de faire quelques mouvements sur M. le maréchal Ney.
Cependant le changement fréquent et presque journalier de leurs
généraux décèle assez l'état d'inquiétude où ils se trouvent;
aussi je ne doute point qu'ils se replient sur Augsburg.
Conformément à vos ordres. Monseigneur, j'ai fait passer à la
disposition de Son Altesse Sérénissime le prince Murât les deux
régiments de cavalerie légère. Votre Excellence sait que cette
disposition me réduit à ma seule division de grenadiers, tandis
que les autres corps d'armée se composent de trois ou quatre
divisions. Avec si peu de monde, je ne puis guère entreprendre
d'aussi grandes opérations que mes camarades. Toutefois,
croyez, Monseigneur, que pour assurer le triomphe des armes de
l'Empereur, je me porterai avec le zèle et le dévouement que
CHAPITRB m.
VOUS me connaissez partout où j'entendrai le canon de Tennemi.
Je prie Votre Excellence d'engager Sa Majesté à compléter le
corps d'armée dont Elle a daigné me confier le commandement.
J'attends ici vos ordres.
J'eus Thonneur d'adresser hier soir à l'Empereur tous les ren-
seignements que j'avais recueillis sur l'ennemi. Depuis je n'ai
rien découvert d'intéressant.
J'ai eu, dans le combat d'hier, 25 ou 30 grenadiers blessés et
3 ou 4 de tués.
J'envoie à Votre Excellence 1100 prisonniers autrichiens. Je
la prie de donner des ordres à l'officier qui commande l'escorte
de rejoindre au plus tôt la division de grenadiers.
Agréez, Monseigneur, l'assurance de ma haute considération.
Lannes.
Le général Compana au général Oudinot
Wertingen, le 17 vendémiaire an xir (9 octobre 1805).
M. le Maréchal commandant en chef vous charge de mettre
de suite en marche les troupes sous vos ordres et de vous diriger
avec elles sur Zusmarshausen, point vers lequel se dirige aussi
le corps de cavalerie aux ordres do Son AJtesse Sérénissime le
prince Murât.
COMPÀNS.
Le général Compans au général Foucher.
Wertingen, le 17 Tendémiaire an xiy (0 octobre 1805).
Mon Gêné rai f
Monsieur le Maréchal vous charge de donner vos ordres pour
((ue le parc du corps d'armée nous suive sur Zusmarshausen où
nous allons nous porter*
GOMPANS.
9 OCTOBRE. 3»9
Le général Compana au général Fauconnet
Wertingen, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Monsieur le Général,
M. le Maréchal coramandant eu chef vous charge de renvoyer
un escadron de votre brigade de chasseurs à Binswangen avec
ordre de s'y établir militairement, couvrant la route de Gùnz-
burg. Il protégera le passage du parc d'artillerie et des équipages
de vivres des corps d'armée qui se dirigent de Donauwôrth par
Wertingen sur Zusmarshausen.
Il poussera des reconnaissances sur Dillingen pour avoir des
nouvelles du corps d'armée de M. le maréchal Ney, enfin il
rejoindra le corps d'armée de M. le maréchal Lannes à Zusmar-
shausen en couvrant la marche de l'artillerie et des vivres qui
passeront probablement dans la soirée.
COMPANS.
Le général Corn pans au soua- lieutenant H i roux,
Wertingen , le 17 Tendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Ordonne à M. liiroux, sous-lieutenant de carabiniers au
bataillon d'élite du 13*- régiment d'infanterie légère, de partir de
suite de Wertingen avec le détachement à ses ordres, montant
à 43 hommes, pour concourir à l'escorte d^une colonne de pri-
sonniers autrichiens, d'environ 1400 hommes, qui seront con-
duits à Donauwôrth, où ils seront remis à Son Excellence M. le
maréchal Berthier, ministre de la guerre et major général.
Le sous-lieutenant Hiroux, après avoir fait la remise des pri-
soimiers, retournera à son corps avec son détachement et, dans
le cas où la division serait partie, il trouvera ici, chex le bailli,
des avis sur le chemin (]u'elle aurait pris.
GOIIPÀNS.
400 CHAPITRE III.
Le général Comp&ns à M. Vast, commissaire ordonnateur.
Neresheim, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Le corps d'armée se dirige sur Zusniarshausen où sera le
quartier général de M. le maréchal Lannes, commandant en
chef; il faut vous hâter de nous rejoindre; le corps d'armée
manque de subsistances et M. le Maréchal a été extrêmement
surpris, non seulement de ne pas vous voir, mais encore de
n'avoir aucune nouvelle de votre marche.
Faites les dispositions les plus promptes pour faire avancer de
suite, sur le point désigné ci-dessus, le convoi de biscuit et tous
les vivres que vous aurez.
Je joins ici deux lettres de M. l'intendant général que M. le
Maréchal a bien voulu que je décachette en votre absence ; il
vous charge de leur donner suite et de tenir la main à la
prompte exécution de leur contenu.
COMPANS.
5* CORPS d'armée.
Rapport du 17 au 18 vendémiaire (9-70 octobre).
Zusmarshausen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
J'ai l'honneur de vous rendre compte que le corps d'armée a
quitté le 17 (i) octobre), sa position en avant de Wertingen, sur
la route de Gùnzburg, et s'est dirigé par Villenbach, Alten-
mùnster, Werlenschwang sur Zusmarshausen où il a pris position
dans l'ordre suivant :
Division de cavalerie,
La brigade de hussards a été détachée sous les ordres de Son
Altesse Sérénissime le prince Murât.
La brigade de chasseurs a été établie à Gabelbach. Un esca-
dron du 21^ régiment a été laissé le matin à Binswangen pour
couvrir Wertingen.
Division de grenadiers,
La brigade, aux ordres du général Laplanche Mortières, a
pris position sur la route de Burgau, savoir :
9 OCTOBRE. 401
^ bataillons en première lij^ne, à mi-chemin entre Zus-
marshausen et Burgau.
2 bataillons en seconde ligne, sur le sommet de la hauteur
qu'on rencontre en sortant de Zusmarshausen.
Cette brigade, sitôt qu'elle a été établie, s'est trouvée déta-
chée aux ordres de Son Altesse Sérénissime monseigneur le
prince Murât.
La brigade, aux ordres du général Dupont, a pris position en
avant de Zusmarshausen, sur la route de Steinkirch, la droite
appuyée à cette route, la gauche s'étendant vers celle d'Augs-
burg.
La brigade, aux ordres du général Ruflin, s'est placée à la
gauche de la précédente et a appuyé sa gauche à la route
d'Augsburg.
L'artillerie de la division et les sapeurs ont été établis sur le
plateau, qui est en avant de Zusmarshausen, sur la route de
Steinkirch.
2^ division,
La 2^ division continue à être détachée sous les ordres du
maréchal iNey.
Paix d'artillerie du corps d*armée.
Le parc d'artillerie est arrivé le 17 à Donauwôrth.
COMPANS.
Le maréchal Berthier à Son Altesse Sérénissime le prince Murât.
Donauworth, le 17 veadumiaire an xiv (9 octobre 1805),
à 2 heures du matin.
L'Empereur a appris, par le major que vous avez fait prison-
nier, les détails du combat de Wertingen. Ce major pense que
les 12 bataillons auront tous été pris. Soyez à la pointe du jour
vous-même à cheval, afin de faire courir des postes et de
ramasser le plus de prisonniers qu'il vous sera possible.
A 5 heures après-midi, le maréchal Soiilt était aux mains
avec un corps de 10,000 hommes à Aichach. Le général Saint-
Hilaire est à Augsburg.
Tout en ramassant les prisonniers, que cela ne vous empêche
III. Î6
403 CHAPITRE III.
pas de remplir le but de vos ordres en vous portant sur Zusmars-
hausen. Le maréchal Lannes doit s'en rapprocher le plus qu'il
sera possible. La division Suchet se rend sous les ordres du
maréchal Lannes. La division Saint-Hilaire, qui est à Augsburg,
ne se trouvera éloignée qu'à trois lieues de Zusmarshausen ; au
moindre événement vous lui donnerez Tordre de se réunir à
Zusmarshausen, pour se joindre au corps de M. le maréchal
Lannes.
L'Empereur espîi^re (|ue M. le maréchal Soult sera demain, de
bonne heure, avec ses deux divisions à Augsburg ; il tarde
beaucoup à Sa Majesté de voir réaliser ce mouvement de Zus-
marshausen à Augsburg ; Elle aurait une assez belle armée.
L'Empereur n'a aucune nouvelle d'Ulm, ni du général Mar-
mont, ni du maréchal Davoul ; il attend les unes et les autres
avec impatience.
La division d'Hautpoul se mettra en marche à la pointe du
jour. Du moment que vous avez aperçu Tennemi, vous auriez
dû prévenir l'Empereur qui ne l'a été qu'à 8 heures du soir ;
eniin, éclairez bien les débouchés sur Ulm.
Certainement l'ennemi devrait être en marche de cotte place
sur Augsburg et, dans ce cas-là, il faut que M. le maréchal
Soult soit prévenu et que ee Maréchal et le maréchal Lannes
soient réunis ensemble.
Si l'ennemi est en force, il ne faut pas que M. le maréchal
Lannes engage une affaire sérieuse, qu'il ne soit réuni avec le
maréchal Soult.
Correspondez avec le général Saint-Hilaire et Ney,
Faites connaître ces dispositions au maréchal Lannes, auquel
je n'écris pas.
Maréchal Berthibr.
L'Empereur au prince Murât
Quartier impérial, à DonaawôrUi, le 17 ▼andémiaire an xn
(9 octobre 1805).
Mon Cousin, je suis extrêmement satisfait du compte que vous
me rendez de la bonne conduite de ma cavalerie et spécialement
des dragons dans la journée d'hier. Ils ont eu affaire avec douze
bataillons de grenadiers et c'est ce qu'il y avait de mieux dans
9 OCTOBRE. 403
l'armée autrichienne. Faites-le connaître à Tordre. La division
Sucbet se rend pour appuyer le corps du maréchal Lannes. J'ai
dirigé d'Hautpoul sur Mertingen, grande chaussée de Donau-
worth à Augsburg. Moi-même, avec toute ma Garde, je vais
militairement suivre la même chaussée, et j'irai coucher à
Augsburg, où je compte que le maréchal Soult est arrivé à
Theure qu'il est. Interceptez la grande route d'Augsburg à Ulm,
et poussez le général Walther entre Augsburg et -Landsberg, et
placez le maréchal Lannes de manière que, si demain à la
pointe du jour, Augsburg était attaqué, les trois divisions de ce
Maréchal pussent s'y porter. Je ne partirai pas avant dix heures.
J'attends les rappoi-ts du maréchal Ney, qui me sont nécessaires
avant de me fixer au parti que je viens de vous faire connaître.
11 est fAcheux que le maréchal Ney n'ait pas jeté hier quatre ou
cinq bataillons par Dillingen ; il eût été temps encore cette
nuit. Par ce moyen, peu d'ennemis auraient échappé". J'attends
les huit drapeaux et les prisonniers (fue vous avez faits ; 2,000,
c'est bien peu ; j'avais espéré, d'après le premier rapport, que
la cavalerie serait arrivée à temps pour empêcher que l'ennemi
. ne se réfugiât dans les bois. J'ai fait officier de la Légion
d'honneur votre aide de camp (1), qui m'a apporté deux dra-
peaux. J'attends le rapport pour récompenser oeux qui se sont
distingués au combat de Wertingen.
NAPOLéON (2).
Le général Belliard au général Beaumont
Zasmarshansen, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
D'après les ordres du prince Murât, vous irez vous établir
avec votre division au village d'Auerbach, à une lieue de Zus-
marshausen, sur la route d' Augsburg. Vous ferez pousser des
reconnaissances sur cette ville pour vous assurer si l'ennemi
l'occupe ou si les Français s'en sont emparés. Dans ce dernier
cas, vous communiquerez avec eux ; vous vous établirez mili-
tairement, ayant soin de vous bien éclairer sur les routes à
(1) Exelmuns, chef d'escadron.
(2) Correspondance de Napoléon, n» 9336.
404 CHAPITRE III.
Menden (?) et Schwabuni(?). La troupe devra être au bivouac et
les chevaux sellés. Le quartier général du Prince sera à Zus-
marshausen.
Bklliard.
Le général Belliard au général Klein.
Le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
D'après les ordres du Prince, vous vous établirez avec votre
division en arrière du village de Zusmarshausen. Vous aurez
soin de vous garder militairement, de vous éclairer sur votre
droite et en même temps autour de vous, ayant des postes sur
les routes d'Augsburg, Gimzburg et Mindelheim.
Vous êtes prévenu qu'un régiment de hussards est sur la
route de Mindelheim, au village de Steinkirch, un autre sur la
route de Burgau, au village de Glottwing. La division de grosse
cavalerie est établie en arrière du village de Werlenschwang .La
division Beaumont occupe le village d'Auerbach.
La troupe bivoua(|uera et les chevaux resteront sellés.
Belliard.
Le général Belliard au général Nanaouty.
Zusmarshausen, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
D'après les ordres du prince Murât, vous vous établirez avec
votre division à Werlenschwang, ayant soin de le garder militai-
rement et de vous éclairer sur les routes de Burgau et sur celles
(|ui peuvent aboutir sur vos derrières, au village que vous occu-
pez. Des régiments sont placés à une lieue; les troupes en avant
de Zusmarshausen, sur les routes de Burgau, où Ton dit que
l'ennemi se trouve, et d'Augsburg que Ton pense être occupé par
nos troupes.
Les régiments devront bivouaquer et les chevaux rester sellés.
Le quartier général du Prince sera à Zusmarshausen.
Belliard.
9 OCTOBRE. 40î>
le général Belliard au général Treillard,
Le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Le prince Murât ordonne qu'un régiment de hussards aille
s'établir sur la route de Burgau au village de Glottwing, à une
lieue en avant de Zusmarshausen, et qu'il pousse des recon-
naissances sur Burgau, ayant soin de bien se garder et de tenir
des petits postes intermédiaires, qui se retireraient rapidement
sur le régiment, si l'ennemi, qu'on dit être à Burgau, marchait
sur nous; d'éckiirer toutes les routes sur sa droite et sur sa
gauche. L'autre régiment devra occuper le village de Steinkirch,
à une lieue de Zusmarshausen, sur la route de Mindelheim,
poussant des reconnaissances sur ce dernier village, et s'éclai-
rantde mêmeavec beaucoup de soin sur ses flancs.
Vous établirez votre quartier général à Glottwing.
Ayez soin, mon Général, de faire connaître au Prince le
rapport de votre reconnaissance.
Belliard.
résekve de cavalerie.
Rapport du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805)
au 28 inclus (20 octobre 1805).
Le 17 vendémiaire an xrv (9 octobre 1805).
Le corps d'armée quitta sa position de Wertingen sur la
Zusam, à 7 heures du matin, pour marcher sur Zusmarshausen
(|u'on disait être occupé par l'ennemi.
Il en était parti la nuit.
Le corps d'armée prit position. Le 9« de hussards s'établit à
Glottwing sur la route de Burgau, avec ordre de pousser des
reconnaissances sur ce point.
Le iO« occupa Steinkirc^h sur la route de Mindelheim, poussant
de même des reconnaissances sur cette ville et sur Schwabach.
La 3e division de dragons tint Auerbach, route d'Augsburg,
communiquant avec les troupes françaises du corps d'armée de
M. le maréchal Soult, qui devaient occuper Augsburg.
La i"^" division de dragons eut une brigade à Wolpach, et la
:2e en arrière de Zusmarshausen, et la 1*"^ division de cuirassiers
était à Werlenschwang.
406 CHAPITRE III.
La division de grenadiers de M. le maréchal Lannes s'établit
en avant de Zusmarshausen, sur la route de Steinkirch, et la
division du général Suchet, qui s>st réunie au corps d'armée,
prit position à une lieue en arrière.
Le régiment de chasseurs à cheval occupa Neuenmùnster.
Sa Majesté TEmpereur et Hoi arriva à "i heures du soir avec
le grand quartier général.
La reconnaissance du 9® régiment de hussards rencontra
Tennemi à llosshaupten.
A 3 heures, on entendit Tattaque de M. le maréchal Ney sur
Giinzburg. Le Prince fit marcher sur Glottwing, où il se porta
lui-même, une brigade de grenadiers avec son artillerie qui,
dans la nuit, de concert avec le 9® régiment de hussards, enleva
le village de Rosshaupten. Une patrouille communiqua par
notre droite au milieu des postes ennemis avec les troupes de
. M. le maréchal Ney à Dillingen.
Marches et rapports historiques de la P* division
de dragons montés.
Le 17 yendi^miaire an xiv (9 octobre 1805).
A "2 heures du matin, la vodette d'une des gardes placées la
veille pour arrêter les partis ennemis égarés, ayant entendu du
bruit dans son voisinage, s'y porta et reconnut de Tinfanterie
autrichienne qui cherchait à s'échapper; aussitôt elle donna
Talarnie, le poste monta à cheval; Tofficier qui le commandait,
s'étant dirigé aux cris de la vcdetto, s'empara d'un détachement
ennemi, composé de 80 grenadiers et :i officiers, avec un dra-
peau.
La division s'est mise en marche à 9 heures du matin, pour se
rendre à Zusmarshausen, où elle a pris position à midi.
A "2 heures, la 2® brigade a été s'établir à Wolpach.
A i) heures, le 26^ est monté à cheval pour accompagner Son
Altesse Sérénissime le prince Murât dans une reconnaissance
sui- liurgau et n'est l'entré ù son cantonnement qu'à minuit.
9 OCTOBRE. 407
Le maréchs^l Soult au maréchal Berthier.
Maiabach, le 17 vendémiaire an xiy (9 octobre 1605),
à 4 h. 1/2 du matin.
Je viens de recevoir la dépêche du 16 {8 octobre)^ dont Votre
Excellence m'a honoré ; elle aura vu par mon rapport du même
jour que les prisonniers, que j'avais faits hier dans cette partie,
avaient assuré que Tennemi, en se retirant d'Ulm, devait se
porter sur Landsberg, ce (jui annonce une disposition prise
depuis quelques jours.
Je vais me porter sur Aichach, où j'espère qu'aucun obstacle
ne m'empêchera d'arriver, et me dirigerai de suite sur Fried-
berg; cette marche doit déterminer l'ennemi, qui est devant
Augsburg, à se retirer au plus vite sur Landsberg; dans cette
supposition, je prierai Votre Excellence de vouloir bien me faire
connaître s'il n'entrerait pas dans les dispositions de Sa Majesté
que je dirigeasse le 4® corps d'armée sur ce débouché important,
tandis que le maréchal Davout me remplacerait à Friedberg ;
mais, dans ce cas, je. demanderais que les 1'» et 4« divisions du
corps d'armée, qui sont sur la rive gauche du Lcch, ainsi qu'un
renfort de cavalerie, eussent ordre de me rejoindre.
J'ai l'honneur
Soult.
P. -S. — Si le corps d'armée était réuni, je demanderais avec
instance à Sa Majesté la permission de le diriger sur Munich
pour m'établir au centre de la ligne d'opération de l'armée enne-
mie, l'obliger à s'élever jusque dans le Tyrol, passer i'Isar et
être en position de battre les Russes à mesure qu'ils arriveraient.
4" CORPS d'armée.
Ordre,
La V^ division prendra position en avant du village de
Rriegshaber, sur la route d'Ulm. Elle portera son avant-garde
en avant de Steppach, en arrière de la Schmutter. Elle placera
des postes au delà de cette rivière.
408 CHAPITRE III.
La 2« division prendra position en arrière du village de
Gôggingen, sur la route de Mindelheim k Memmingen. Elle por-
tera son avant-garde en avant de Gôgglingen, gardera tous les
ponts de la Wertach et se liera par la droite par des postes
avec ceux de la i^^ division.
La 3« division s'établira en arrière du village d'Haunstetten,
sur la route de Landsberg, dirigeant sa droite vers la gauche de
la 2« division. Elle portera son avant-garde en avant d'Hauns-
tetten, et éclairera la rive gauche du Lech.
Le 8® de hussards fera Tavant-garde de la 1™ division;
Le 11« de chasseurs, de la 2« division;
Et le 26® de chasseurs, de la 3« division.
Les chasseurs corses et les tirailleurs du Pô seront envoyés à
la 3® division.
Le général Saint-llilaire enverra un bataillon à Augsburg, où
sera le quartier général.
{Sans date), Soolt'{1).
Le général Salligny au Commissaire ordonnateur.
Augsbnrg, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Monsieur fOrdonnateur,
D'après votre rapport, il faut, pour avoir des souliers, faire
donner leur contingent aux habitants de cette ville. Si c'est une
mesure absolument indispensable à prendre, il faut s'y résoudre.
Pour cela, je mets à votre disposition 100 hommes d'infan-
terie (2).
Puisque les magistrats ont signé l'engagement de fournir
iO.OOO rations à 0 heures du soir et que rien n'est rentré, décla-
rez-leur que, si pour Munich il n'y a pas 10,000 rations de
fournies, on fera' entrer en ville deux régiments. Il faut encore
requérir 40.000 rations pour demain.
La garde doit être fournie.
(1) Lo iiianThal Soiilt nVlnmc nxw divisionnaires un iHat des besoins
en souhers.
(2) Fournis par le :^C}^.
9 OCTOBRE. 409
Vous faites tn»s bien de faire enlever tout ce qui est fabriqué;
c'est le moyen d'avoir quelque chose.
Il est juste que l'ordonnateur Mathieu Faviers partage les
ressources d'ici, mais le Maréchal pense que 6,000 rations lui
suffisent; insistez pour qu'il n'ait pas d'avantage. Les tirailleurs
du Pô doivent avoir des souliers les premiers.
Salligny.
Le maréchal Soult au maréchal Berthier.
Augsburg, le 17 vendéniiairo an xiv (9 octobre 1805).
J'arrivais à Friedberg, et mon avant-garde était aux portes
d'Augsburg, lorsque la lettre, que Votre Excellence m'a écrite
le 1() (8 octobi'é), à minuit, m'est parvenue. J'ai été vivement
affligé de voir que Sa Majesté n'avait point approuvé la marche
que j'ai ouverte par Aichah pour me rendre à ma destination ; le
rapport que j'ai eu l'honneur de vous faire la nuit dernière aura
peut-être justifié les motifs qui m'ont déterminé à donner cette
direction à la colonne; j'eusse craint de compromettre ma
gauche, si je n'avais d'abord repoussé le corps qui la menaçait,
et dont la force en cavalerie était supérieure à celle que je pou-
vais lui opposer; d'ailleurs Votre Excellence doit se rappeler
qu'elle m'a positivement prescrit, dans son ordre du 16 de ce
n»ois, de marcher sur Aichach, si par cas l'ennemi y était en
force; j'ai obéi par devoir et par nécessité; j'ambitionne que Sa
Majesté en soit persuadée, et qu'Elle ne conserve aucun doute
sur renipressement (|ue je mets à remplir toutes ses intentions
et la partie de ses dispositions ciu'Elle m'a fait l'honneur de me
confier.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal et Ministre, de vouloir
f)ien mettre sous les >eu\ de l'Empereur ma justification, et
d'avoir la bonté de me dire si Sa Majesté en est satisfaite.
J'ai rhonneur
Soult.
410 CHAPITRE III.
Le maréchal Soult à l'Empereur.
AOfrsbarg, le 17 rendémiâire an xiv (9 octobrt 1805).
Sire,
Ce matin, à la pointe dn jour, les 2« et 3« divisions du corps
d'armée se sont mises en mouvement pour se diriger sur Augs-
burg en passant par Aichach et Friedberg; à fi heures, Tavant-
garde est entrée à Aichach (Fennemi avait évacué cette ville
depuis deux heures). A midi, elle était à Augsburg où elle joint
celle de la \^- division et la division de dragons, commandée par
le général Walthcr, qui y entrait en même temps.
J'ai fait établir la i*^ division en avant de Kriegshaber, sur la
route d'Ulm, la 2^ est entre Augsburg et Gôgglingen, couyrant
la route de Mindelheim, la 3^ entre Gôgglingen et Haunstetten,
couvrant la route do Landsberg. J'aurais pu marcher encore
aujourd'hui, mais mamiuant de pain, et la troupe étant fatiguée
par la pluie (prelle a reçue, j*ai cru devoir lui donner le temps
de prendre les subsistances que je fais préparer à Augsburg.
Demain, je marcherai sur Ulm pour remplir les intentions de
Votre Majesté, que Son Excellence le Ministre de la guerre m'a
fait connaître par sa lettre du 16 (S octobre).
J'ai rendu au général Waltlier la brigade de dragons qui a
suivi le mouvement do la colonne (jue je conduisais, et cette
division est établie aujourd'hui en avant de Friedberg, couvrant
le débouché de Munich, conformément aux ordres qu'elle a
reçus de Son Altesse le prince Murât. J'ai l'honneur de prier
Votre Majesté de vouloir bien me faire connaître ses intentions
à l'égard de cette division, si elle doit suivre mon mouvement
sur Ulm.
11 y avait hier à Aichach deux régiments d'infanterie (Prince
Ferdinand et Deutschmeister) et deux bataillons de troupes irré-
guliÎTCs, le régiment de uhlans de Merveldt et les hussards de
Liechtonstein ; cette troupe s'est retirée sur Schwabhausen, où
des cuirassiers de l'Empereur, ([ui d'abord avaient été dirigés
sur Uatisbonne, et d'autres troupes venues de Neuburg, se sont
également retirées; tous les renseignements portent que l'ennemi
veut défendre ce poste et y attendre, si Votre Majesté le lui
permet, l'arrivée des Russes. Dans les environs de Munich, il
9 OCTOBRE. 411
doit y avoir dans ce moment une douzaine de mille hommes
auxquels le général Rienmayer donne des ordres.
300 hussards se sont retirés ce matin de Friedberg sur Munich.
A Friedberg, les Autrichiens avaient commandé 50,000 rations
de pain, qui devaient partir demain pour Ulm ; il y en avait déjà
4,000 rations de fabriquées, qui ont servi à Tavant-garde ; il y a
un magasin de blé et un autre d'avoine.
Le baron de Lieber, banquier de la cour de Vienne, a dit au
général Lariboisicre que, depuis deux jours, le bruit courait que
Tarchiduc Charles était arrivé à Weissenhom, près Ulm, mais
il ne rassure pas positivement. Le prince Ferdinand et le général
Mack sont toujours présumés à Ulm.
J'ai Thonneur Soult,
Le général Vandamme au maréchal Soult
OCgglingeOf le 17 vendémiaire an xiy (9 octobre 1805),
Monsieur le Maréchal,
J'arrive ici et je suis établi à la position que vous m'avez
ordonné d'occuper, mes troupe^ sont exténuées de fatigue, elles
souffrent surtout beaucoup du manque de vivres et il est bien à
désirer que nous ayons enfin quelques distributions.
Les rapports des voyageurs, postillons et paysans portent que
Tennemi a encore occupé ce matin le village de Sch wabmûnchen,
sur le chemin de Mindelheim : il a reçu ce matin un convoi de
40 voitures d'artillerie, qui a filé sur Mindelheim, venant de
Munich par Landsberg.
Un déserteur, qui m'est arrivé ce soir, dit que la majeure
partie des troupes est encore vers Memmingen, Kempten et
Ulm ; il dit aussi qu'une grande partie de l'armée ennemie est
déjà défaite par la fatigue, attendu que les Autrichiens ont pris
de force beaucoup de jeunes gens qui ne peuvent supporter les
fatigues de la guerre.
J'ai été très mécontent aujourd'hui de la marche du bataillon
corse.
J'ai l'honneur
Vandammi.
\M CHAPITRE III.
Le maréchal Soult ru maréchal Berthier.
J'ai rhonnoiir do rendre ediiiple a Votre Kxcellenre de la
po^itidii ijue les trois premières divisions du rorps d'ariiiée ont
prises en avant d\\uj;sbnr^, où elles sont arrivées aiijutinl'hui
à une heure, l.a première division est en avant du \ illace d**
Krieirshaher, sur la roule dTIm.
La ±'di\ision entre Vuirstiuri; et (iô^^linisen eoii\rant la n»ut^
de Mindellieim.
La .'{'* entre (i«i*;tflin^en et llaunstetten rouvrant la rmite d^
LandslMTf;.
Dejuiis liitT. la troupi* mampie de pain, j'esp«Te que re mhî
je pfiurrai lui fu donner pour deux jours : a Friedhen:. jen ji
trou>è i.(NN) ratinus faisant partie d un i-onvoi <|ui de\ait rtrr
l'ait sur l'ini : il \ a aussi, dans eette ville, un mauasin de M**
et un autrr d'a\iiiue. nuelqucs ei»rps imt des hommes qui
inani|urnt de soniitTs. j't'ii fais demander lî.tNN) paires a \iiçs-
hurt:. Sur n'It*' <|uantitf, j'rn iddiendrai bien le ti»'rs. qui
Nuftiniiit aux liesnins nuiuus.
L'«'nnriui a\ait hier a Aieliaeh, en outre des rèiriment^ At
eaxalcrii'. d^nt j«' \nus ai donné les noms, les rèciment^ d'
l>«'utM"liniiiNti'r ft priiM'i* FtTdinand. infanterie, ainsi ipie deui
hataillniis il«' tnmprs irrétrulieres. tiette troupe sVst rrlift-r *uf
Srliwalih.iiiNfn, nu, lu'assure-l-on, il > a iri.tNNl li(inime% d^
rfunis l't ou 1 i-niifuii se )»rtip«isi> de tenir pisqu'a r*irri\*'f* d^
ItUNNI'N.
\ Muiiirh. il liiMt \ a\«>ir un«* ilnu/aine de mille liomme%.
Mf'uiain. jf man'hfrai Mir l'Iui, en exécution des dispir%iti<%iis
(pir Notre Kxeelleiiii' me t'ait «'nruiaitre par sa lettre du l<^
s' ..» f'.hn' .
.le la prii- lie ni*' liii'i' M la dixisiim de draiinns. riininiAnd>-^
par I»* L'«mral \\allhi*i. ilmt suixre mon mouvement et ^i j^ p«ii*
lui ilniiiifr «les nriln'N. |.i> terrain ipo' j ai a parmurir drniâDd'
plus «le ra\ alc| |i- 4|lh' p- M fil ai.
.)•' Il .11 aui-uii*' ii<iM\*'||i- ilu iiiareehal haxout. ni de ses tmupe^
.1 .11 rtiiiiiiK'ur lie \iHis|iMei\ MiuiMeur II* Mareclial et MiniUrr.
i!i \>>i!l-i!i Im-ii lu Nhlnjurr |f iimiixemenl des oirps qui «rn»nt J
fM.i .l!..|t.v
.1 •. l 'i'.im«-ur ... Sn*l.T.
9 OCTOBRE. 413
P.- S. — J'ai fait connaître aux divisions les brillants succès
que le prince Murât a obtenus, et cette bonne nouvelle leur fait
désirer vivement de trouver Toccasion de signaler leur courage
et leur dévouement pour Sa Majesté.
(Sans lieu ni date.) Soult.
Bulletin historique des marches de la division
de la Garde impériale.
Le 17 vendémiaire, elle passa le Danube à Donauwôrth, et se
dirigea sur Augsburg en côtoyant le Lech et en traversant un
pays de plaine boisé. Elle poussa jusqu'à Augsburg (12 lieues).
Cantonnements à Augsburg.
Général Roussel.
Le maréchal Berthier au général Marmont
DonauwOrth, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805),
à 10 heures du matin.
Général,
Les moments sont précieux; chaque heure perdue nous ôte
une partie des succès que notre marche nous a donnés.
Rendez-vous avec votre corps d'armée ce soir à l'intersection
des routes d'Augsburg à Neuburg et de Munich à Rain, c'est-à-
dire au village dans les environs de Gundelsdorf. Tirez des vivres
partout où vous pourrez, car il y aura bien de la peine à vivre à
Augsburg.
Le quartier général sera ce soir à Augsburg.
Je vous préviens que, dès aujourd'hui, votre corps d'armée
ne recevra des ordres que du grand quartier général.
Maréchal Berthier.
414 CHAPITRE m.
Le général Marmont au maréchal Berthier.
Neabarg, le 17 rendémiaire an xiv (0 oHobie 1805).
J'ai Thonncur du vous rendre compte que mes troupes
viennent de passer le J)anube. Files auraient marché immédia-
tement et auraient couché ce soir à POrnbach oix est la croisée
des routes de Ffan'enhofen et de Schrobenhausen, si la cruelle
disette qu'elles éprouvent n'avait pas rendu indispensable de les
arrêter pour leur distribuer quelques subsistances. Elles vont
recevoir un tiers de ration de pain et quelque peu de pommes de
terre; après quoi elles marcheront et iront, j'espère, à trois
lieues sur la route de Pfairenhofen.
Le maréchal Hernadotto est à Ingolstadt; il passe le Danube
sans avoir d'ennemis en présence. En conséquence, je ne m'y
rends pas. Le maréchal Davout vient de partir pour Aichach; je
prends une position intermédiaire.
Je n'ai aucune direction pour mon mouvement de demain,
mais, à moins d'ordre contraire, je me rendrai à Schrobenhausen
pour être plus à portée de soutenir le maréchal Davout et laisser
un peu de place au maréchal Hernadotte.
Je vous demande avec les instances les plus vives, Monsieur
le Maréchal, de prendre en considération ma position relative-
ment aux subsistances et de me faire donner de prompts secours
en biscuit. Mes besoins augmentent parce que je m*éIoigne tou-
jours, parce (juc le passage du territoire prussien retarde l'arri-
vée de mes convois, parce que le pays est épuisé et que le
voisinage des corps d'armée réduit à rien les ressources que je
pourrais encore en tirer.
Je prie Votre Excellence Marmont.
Note après avoir communiqué au général Marmont les ordres
et les dispositions de Sa Majesté,
Nasscnfels, le 17 vendémiairo an xiv (9 octobre 1805),
à -1 h. 1/2 du matin.
Les troupes du général Marmont sont arrivées le 15 (7 octobre)^
à Pappenhcim, excessivement fatiguées. Il devait marcher le
9 OCTOBRE. 418
lendemain à Neuburg par Tagmersheim et Bergen, route de
traverse dans laquelle tous les rapports l'ont déconseillé de
s'engager; il a pensé (ju'en partant de très bonne beure il aurait
le temps de prendre à la hauteur de StafTensheim, en tête des
colonnes de M. le marécbal Bernadette, la grande route de
Weissenburgpar Eicbstiidt et Neuburg. Mais la difficulté des
chemins et la lenteur de la marche dans le défilé a fait que la
colonne de M. le Maréchal a été coupée sur tète et il en est
résulté un grand encombrement et la perte réelle d'une marche
pour M. le Maréchal.
Le général Marmont s'est trouvé cependant par là, étant
arrivé à Nassenfels, en mesure de passer le Danube ce matin 17
{9 octobre), et, se portant le plus tôt qu'il le pourra sur Schro-
benhausen, d'appuyer le mouvement et l'attaque de M. le maré-
chal Davout sur Aichach; il a dû, dès ce matin, en mettant ses
troupes en mouvement, se concerter avec lui.
Le général Marmont a reçu les mêmes avis que le maréchal
Davout sur les forces et les mouvements de Tennemi en Bavière,
et quant à ce (|uî concerne la Kednilz et la frontière de Bohême,
il se réfère aux rapports (ju'a dû recevoir et transmettre M. le
maréchal Bernadotle.
Mathieu Dumas.
Ordre de marche.
Au quartier général, à Neuburg, le 17 vendémiaire an xiv
(9 octobre 1805).
L'avant-garde partira à 5 h. l/!2 du matin et réglera sa marche
de manière à n'être pas au delà d'une lieue du corps d'armée.
Elle s'éclairera très au loin sur la route de Rain à Aichach pour
chercher à communiquer avec les troupes françaises et surtout
avec une division de dragons qui se porte sur le même point.
L'avant-garde s'éclairera également sur sa gauche et particuliè-
rement sur les routes (|ui pourraient venir de Schrobenbausen.
La 1^« division partira à 5 h. 1/i, la 2®, à G heures, et la 3« à
r» h. 1/2.
Les divisions ne marcheront qu'avec leur artillerie et laisse-
ront les voitures et bagages en tout genre qui marcheront à la
416 CHAPITRE III.
suite du parc de réserve d'artillerie, conformément à Tordre
précédemment donné.
Chaque division fera marcher un demi-bataillon sur sa droite
et un demi-bataillon sur sa gauche pour couvrir ses flancs. Ces
demi-bataillons seront toujours en vue de leur division.
Il est expressément commandé aux généraux de division,
lorsqu'ils seront à deux ou trois lieues de leurs positions, d'avoir
fréquemment des patrouilles de deux ou trois hommes de cava-
lerie pour communiquer avec les troupes qui marchent sur la
route de Rain.
Le général, chef de Vétat-mojor^
{A, G,), Daultanne.
Le maréchal Davout à l'Empereur.
Aichach, le 17 vendéraiaii'e an xiv (9 octobre 1805).
Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté qu'aujour-
d'hui, à cinq heures, les divisions de ce corps d'armée avaient
pris position à Aichach.
Le général Kienmayer s'était déjà retiré sur Munich avec
précipitation ; d'après les mouvements que l'on a remarqués
dans ses troupes et même dans son quartier général, tout
annonce la crainte, l'incei-tilude et l'irrésolution, ce qui attaque
singulièrement le moral du soldat qui ne paraît pas se dissi-
muler la position fâcheuse dans laquelle se trouve l'armée autri-
chienne.
Les officiers, pour rassurer les esprits, parlent beaucoup des
Russes, mais cela n'est qu'un faible palliatif.
Les Autrichiens ont frappé sur la Bavière une réquisition de
(juatre cents chevaux de selle, propres à monter des officiers et
môme des officiers généraux ; ces chevaux doivent être livrés
tout équipés et conduits par deux cents palefreniers.
J'ai l'honneur
Davodt.
9 OCTOBRE. 417
Le maréchal Davout au maréchal Berthier,
Âichach, le 17 vendémiaire an xrv (9 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai riionneur de rendre compte à Votre Excellence que le
corps d'armée a pris position à Aichach ce soir, entre les cinq
et six heures, Tavant-garde s'est portée à Pfaffenhofen, à deux
lieues en avant d'Aichach, sur la route de Munich.
La cavalerie légère du général Vialannes a pris position à
Vernes, à gauche de la route de Munich.
La fe division est établie en avant d' Aichach, sur la lisière
d'un bois, entre les routes d'Augsburg et de Munich.
La 2^ division est postée dans les bois, à la gauche de la
route de' Munich.
La .*{e occupe la lisière des bois sur la route de Neuburg à
Aichach.
L'Empereur d'Autriche avait, par une proclamation, menacé
de la peine capitale les habitants qui protégeraient et recèle-
raient les déserteurs de ses troupes ; malgré ces défenses, les
habitants, stimulés par des ordres secrets de l'Électeur de
Bavière, continuent à receler des déserteurs autrichiens, ce qui
entretient la désertion dans leur armée ; il nous est arrivé
aujourd'hui 7 à 8 de ces déserteurs.
Davout.
3« CORPS d'armée.
Journée du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805).
Quartier général : Aichach.
Avant-garde :
Marche sur Aichach et prend position auprès de Walchshofen
jusqu'à ce qu'elle voit arriver la tête de la l'« division, alors elle
se porte en avant d' Aichach.
/re division : Aichach.
Bivouaque, la droite à Seebach (?), la gauche à Ilollenbach,
occupant les villages de Saint-Jodoc et de Affing et le bois qui
est en avant de ces villages.
m. 27
418 CHAPITB£ Ul.
•
2*^ division : Bernbaeh.
Appuie sa droite â la ^iiche de la l'* division à Holienbach,
Ja gauche à Walchsliofen, en occupant les villages de Bembach
et de Algertshausen.
^« division : Inelieuliofen.
En deuxieiue ligne à Inchenhufen : les troupes sont placées
en avant de ce village, faisant f:iee a Aichach et tenant la tête
des bois.
Cavalere légère : A rallié Tavant-garde et suit son mouvement.
Parc: Suit le mouvement de la 3« division et parque en
arrière d'inchenhofen.
Journal de marche de la division Priant
De Zell à Aichmeh, le 17 vendémiaire an xnr (9 octobre 1805).
L'avant-garde marche sur Aichach; elle prend une première
position en arrière des hauteurs de Walchshofen; elle se porte
en avant à rarrivée de la l'^ division, appuie sa droite à la hau-
teur sur laquelle est le château de Scherneck, sa gauche sur
lIolIcnl)acli, occupant Saint-Jodoc et Afling sur son front; elle
se porte une troisième fois en avant, traverse Aichach, couvre
cette; petitf' ville en se mettant â cheval sur la route de Munich,
en arrière de Kliugen, et la l»"® division occupe définitivement
sa seconde position. «
La "2^ division appuie sa droite à llollenbach, sa gauche à
lle/hon'cn (?) ; elle occupe Bembach et Algertshausen. Son
(|uarlier générai alla à Aichach. Nous étions au milieu des bois
el avions ic; Paar sur noire front; la position était bonne. La
'A^ division se porta en seconde ligue derrière nous dans les bois
et occupa Inchcnhofon.
Nous avons eu constamment de bons chemins malgré le mau-
vais temps et un bon nombre de montées et descentes, le terrain
étant en général très accidenté. Nous passâmes sept à huit ruis-
seaux sur des ponts en bois ci trouvâmes à droite et à gauche
beaucoup de chemins vicinaux en bon état.
Nous suivîmes la route de Neuburg à Augsburg jusqu^à
9 OCTOBRE. 419
Gundelsdorf, village sur une hauteur isolée, avec église et cime-
tière muré. Nous passâmes à Feldkirchen, près une ferme isolée,
nommée Kalkhofen, à Wagenhofen, Rohrenfels, traversé par un
très gros ruisseau. Nous passâmes près de Bairn, d'HoUenbach,
de Seyboltsdorf, à Schônesberg, à Walden, traversé par un
ruisseau, à Gumpenberg, à Pôttmes, gros bourg près d'un lac et
traversé par TAch, très petite rivière, à Handzell, village avec
château et situé dans une espèce d'île formée par TAch et un de
ses bras; nous passâmes Tun et l'autre sur des ponts en bois,
puis entre deux étangs avant d'arriver à Gundelsdorf.
Le général Gautier au général Gudin.
Walchshofen, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Mon Général,
La brigade que j'ai l'honneur de commander est placée dans
le bois, dit Inchenhofen-Wald, à 600 toises en arrière de ce
village, laissant à sa droite l'espace de deux régiments pour la
brigade du général Petit qui aura sa droite à la route.
La !2<' division vient de quitter la position que nous occupons
pour aller prendre celle de la l»"® division qui doit avoir marché.
L'offlcier d'état-major, chargé de m'indiquer l'emplacement,
n'a pu le faire après le départ de la division Priant. J'ai pris sur
moi de m'établir à son lieu et place et j'ai prié M. Larcilly(l)
de rendre compte à M. le Maréchal de cette détermination que
vous approuverez sans doute, mon Général, avec d'autant plus
de raison que la nuit, le mauvais temps et la fatigue ne nous
permettaient plus d'attendre dans la plaine.
Agréez mes hommages respectueux*
(A. G*), Gautier.
(i) Officier d'état-raajor du corps d'armée.
420 CHAPITRE III.
A M. le maréchal Davout
Inchenhofen, le 17 Tendémiaire an xi¥ (9 octobre 1805).
J'ai rhonneur de vous rendre compte que ma division est
arrivée à Inchenhofen à 5 h. i/2; elle allait prendre sa position,
que j'avais reconnue, lorsqu'un officier de Fétat-major général
est venu la chercher pour la placer en avant des bois d'Inchen-
hofen; ce changement, qui ne me rapproche que d'une demi-
lieue d'Aichach, est cause que la queue de ma colonne ne sera
pas rendue avant 10 heures dans son bivouac, vu la difficulté
du passage dlnchenhofen où les hommes ont été obligés de
passer un à un.
Les troupes détachées sur les flancs n'ont rien vu que beau-
coup de pillards de toutes les divisions; le mal à cet égard parait
augmenter et il serait, je crois, très nécessaire d'y porter
remède ; les marches forcées y contribuent à la vérité, mais il
est dangereux que le pli, une fois pris, il ne faille des exemples
nombreux pour le déraciner.
D*après les renseignements qui m'ont été donnés, le corps du
général Kienmayer est composé des régiments des hussards de
Liechtenstein :
1 bataillon de Wurtemberg:
1 bataillon des grenadiers de Gemmingen ;
1 régiment de cuirassiers de Lorraine ;
4 bataillons d'infanterie du régiment Deutschmeister ;
2 bataillons de CoUoredo.
Les uhlans de Merveldt, le régiment de Peterwardein, le régi-
ment de Gyulay devaient faire partie de ce corps d'armée.
GUDIN.
Le général de brigade Daultanne, chef de /'état-ma/or génértJ,
au général Gudin.
Au quartier génOral. à .\iohach, le 17 vendémiaire an xnr
(9 octobre 1S05).
Mon cher Général,
J'ai l'honneur de vous inviter à donner vos ordres pour qu^un
sous- officier par régiment et un pour le parc d'artillerie de votre
9 OCTOBRE. 421
division, ainsi qu'un autre pour le grand parc, se rendent à
Aichach, avant 4 heures du matin, pour prendre livraison d'une
portion des vivres provenant d'une réquisition frappée sur le
bailliage d'Aiebach par ordre de M. le Maréchal. Ces objets con-
sistent en pain, riz et eau-de-vie dont on ne peut encore appré-
cier les quantités, attendu que les rentrées ne sont pas entière-
ment effectuées.
Ces sous-officiers s'adresseront, à leur arrivée, au commis-
saire des guerres Burguet, qui se tiendra à la municipalité pour
faire la répartition entre les divisions.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
Poar le Général, chef de l'état-major général :
L adjudant-commandant sous-chef^
(A. G,) Hervo.
Note,
Marche des troupes de M. le maréchal Davout.
Beau convoi de pain et de biscuit défilant cette nuit par Neu^
burg ; il y en a pour six jours pour toute son armée.
M. le maréchal Bernadotte observe que les régiments d'infan-
terie diminuent beaucoup par les malades et plus encore par le
nombre d'hommes qu'il est obligé de fournir au bataillon du
train d'artillerie, aux équipages de l'armée et aux administra-
tions; il prie le ministre d'envoyer des conscrits aux bataillons
du train ou lui envoyer deux compagnies. Beaucoup de voitures
sont conduites par des paysans.
M. le maréchal Bernadotte et le général Marmont n'ont pas
de biscuit; on n'en a pas fabriqué à Wiirtzburg. M. le maréchal
Bernadotte en fera faire.
M. le Maréchal a pleine confiance dans les Bavarois contre les
Autrichiens, excepté trois régiments franconiens qu'il surveille.
Son corps français est hors de proportion en cas d'isolement
pour combattre les Russes.
M. Dumas.
4St CRAPITR8 m.
Notes dictées fMir M. le maréchal Bernadotte, après avoir reçu
communication des ordres et des dispositions de Sa Majesté.
Eiehit&dt, le 17 Tendémiairt an xir (9 octobre 1805).
à 7 heures da matin.
L'Empereur connaît les motifs qui ont empêché M. le maré-
chal Bernadotte d'être à Ingolstadt avec toute son armée, hier 16
(8 octobre) ; mais le général bavarois de Wrède s'est approché
hier jusqu'à une lieue de cette place et y est entré ce matin avec
environ 8,000 Bavarois.
Le général Keilermann suit le général de Wrède à une heure de
distance avec deux régiments de cavalerie, une compagnie d'ar-
tillerie légère et un régiment d'infanterie légère.
Toutes ces troupes et celles de la division du général Drouet,
qui suit à une heure de distance le général Keilermann, passent
le Danube et se portent sur les hauteurs de Rothenthurm. Ces
généraux envoient des partis sur la route de PfafTenhofen, où le
Maréchal a le projet de porter ces avant-gardes dès aujourd'hui,
s'il le peut. La route de Schrobenhausen sera aussi éclairée, et
des partis seront poussés sur Neustadt pour avoir des nouvelles
du c(Ué de Ratisbonne.
M. le Maréchal se porterait demain avec toute son armée sur
PfafFenhofen s'il ne recevait pas de nouveaux ordres de Sa
Majesté. 11 se liera avec le corps du général Marmont qui se
porte aujourd'hui, s'il le peut, sur Schrobenhausen. 11 faut
observer que les troupes du général Marmont sont très fatiguées
et que le reste de son artillerie n'a pu passer le défilé d'Eichstadt
que la nuit dernière.
11 est parti d'ici (Eichstiidt), il y a cinq jours, un corps d'en-
viron i,0(K) hommes pour se rendre h Amberg et y attendre une
colonne russe que le général Me^^'eldt est chargé de diriger : ces
informations, parvenues à M. le Maréchal depuis quelques jours,
lui sont confirmées par le général Deroy, commandant les troupes
bavaroises.
M. le Maréchal reçoit à l'instant l'avis que, parmi les troupes
autrichiennes qui sont à xVmbcrg, se trouve le régiment de
Gmùnd (1), un escadron de uhlans et un escadron de cavalerie.
(i) Ce régiment n'existe pas. Lire : Gemmingen.
9 OOTOBRB. •423
Il y a deux jours, il n'y avait rien sur la Rednitz, rien à Lauf,
sur le Pegnitz, rien à Neumarkt.
Le maréchal Bemadotte n'a pas encore reçu la solde de fruc-
tidor; il a néanmoins Favis que 345,000 francs ont été versés
dans la caisse du receveur à Hanovre : le reste suivra.
Le Maréchal pourvoit à la solde de vendémiaire par une con-
tribution sur le pays d'Eichstadt, qu'on lui a ordonné de traiter
en ennemi ainsi que l'ordre teutonique. Les rentrées seront
suffisantes pour pouvoir donner quinze jours de solde de vendé-
miaire demain à l'armée.
Le Maréchal fera aussi donner des souliers aux troupes, ainsi
que des capotes, ne pouvant plus compter sur celles qui étaient
en confection à Hanovre.
Les troupes, quoique fatiguées, ont le meilleur esprit. Elles
ont un peu souffert. Elles ont été cependant bien nourries et
très bien sur le pays prussien, ou l'on a payé argent comptant.
M. le Maréchal désire d'avoir une compagnie de sapeurs et un
régiment d'infanterie, parce qu'il ne se trouve pas en proportion
avec l'armée bavaroise.
Mathieu-Dumas.
Le maréchal Berthier au maréchal Bernadette.
DonaawOrth, le 17 yendémiaire an xir (9 octobre 1805),
à 10 heures du matin.
Monsieur le Maréchal,
La plus grande activité est devenue nécessaire. L'ennemi,
déconcerté dans toutes ses mesures, a toutes ses colonnes en
mouvement ; dans la supposition que nous ne passerions pas le
Danube, une division ennemie de 12 bataillons de grenadiers
est venue se faire prendre à 3 lieues do Donauwôrth, ce qui a
donné lieu au combat de Wertingen.
Je vous préviens que le général- Marmont recevra désormais
des ordres directs de Tétat-major général et je lui en fais passer.
L'Empereur, Monsieur le Maréchal, ordonne que sans perdre
un jour, un seul instant, vous partiez d'Ingolstadt avec 12,000
424- CHAPITRE lit.
à 14,000 Français de votre armée, autant de Bavarois ; avec ce
corps de 35,000 à 40,000 hommes, vous vous dirigerez droit sur
Munich, à marche forcée, allant jour et nuit ; vous vous empa-
rerez du pont de Tlsar et de tous les magasins qui se trouvent
dans la ville, et vous vous mettrez sur-le-champ en bataille
sur la route de Landsberg et sur celle de Vienne.
Vous laisserez à Ingolstadt un corps de 6,000 à 8,000 hommes,
dont 2,000 Français et 6,000 Bavarois, lequel se retranchera à
Ingolstadt et y tiendra des partis le long de TAltmûhl et de la
Rednitz.
Éclairez bien les mouvements de Tennemi sur la rive gauche,
afin de donner le temps à T Empereur d'envoyer un corps
d'armée pour manœuvrer et agir sur la rive gauche du Danube,
dans le cas où cela deviendrait nécessaire.
L'Empereur espère que votre avant-garde sera à Munich
demain au soir 18 (/O octobre).
L'ennemi ne peut pas avoir dans cette ville plus de 8,000
à 10,000 hommes. Vous les attaquerez et vous les pousserez
vigoureusement dans la journée du 18.
Le quartier général impérial sera aujourd'hui à Augsburg,
ainsi que l'armée du maréchal Soult.
Celle du général Marmont sera en marche pour s'y rendre, et
enfin celle du maréchal Davout sera à Aichach.
Je n'ai pas besoin de vous dire, Monsieur le Maréchal, qu'il
est probable que des régiments isolés, des brigades, des petites
divisions ennemies se dirigent dans le sens le plus opposé à la
guerre ; mais avec les Bavarois, il vous sera facile d'avoir des
renseignements et vous tomberez hardiment sur toutes ces
colonnes ennemies, afin de faire le plus de prisonniers pos-
sible.
Vous laisserez le commandement du corps d'Ingolstadt à qui
vous voudrez, même à un général bavarois ; mais, dans ce cas,
vous aurez soin de mettre avec lui un général de brigade fran-
çais, actif et intelligent.
Recommandez au général qui commandera à Ingolstadt de
placer un bataillon au pont du Lech, vis-à-vis Rain, et de me
rendre compte deux fois par jour, au quartier général, afin de
m'instruire de tout ce qui se passerait.
Vous me ferez connaître, par le retour de l'officier, le lieu où
9 OCTOBRE. 425
vous coucherez ce soir, celui où vous coucherez demafn, dans
le cas où le gros de votre corps ne puisse pas arriver à Munich.
Maréchal Berthier.
Le maréchal Bernadotte au maréchal Berthier.
Ingolstadt, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805),
à 1 1 heures da soir.
Monsieur le Maréchal,
J'ai Thonneurde vous rendre compte que j'ai passé le Danube
à Ingolstadt ; le pont est parfaitement rétabli ; j'ai fait prendre
poste à mon avant-garde en' avant de Reichertshofen, en pous-
sant des patrouilles jusqu'à Pfaffenhofen ; j'ai établi le général
de Wrède en avant d 'Ingolstadt, ainsi que la division du général
Drouet. Les troupes du lieutenant général Deroy et la division
du général Rivaud sont établies, une partie dans la ville même,
et l'autre partie en arrière et très près d' Ingolstadt.
J'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée par M. Figuier,
adjoint à Tétat-major ; il n'a pu me la remettre qu'aujourd'hui
à 5 heures du soir, ayant été obligé de faire la majeure partie
de la route à pied ; j'ai donné de suite au général Marmont
Tordre de se porter à moitié chemin d'Augsburg, avec d'autant
plus de raison, (ju'en consultant toutes les cartes et les gens du
pays, je me suis assuré (ju'il n'existait point dans ces contrées
de ville, bourg ni village, du nom d'Augsprug.
Je partirai demain avec toutes mes troupes ; mon avant-garde
s'établira à Pfairenhofen ; je prendrai poste aussi très près de
cette ville avec le premier corps de la Grande Armée et les
Bavarois ; je me porterais bien plus en avant, si un avis, auquel
j'attache, à la vérité, peu de confiance, mais dont l'objet est
beaucoup trop important pour négliger de savoir à. quoi s'en
tenir, ne m'empêchait de trop m'éloigner des bords du Danube;
Ton vient de nie dire que la première colonne des Russes était
près d'arriver à Ratisbonne ; j'ai dépêché de suite deux courriers
à M. Bâcher, et j'aurai la réponse demain de bonne heure.
D'après ce que vous me dites par votre lettre d'hier, je dois
recevoir de nouveaux ordres au premier instant. Je suis en
4S6 CHAPITRB m.
mesure de les exécuter. En quittant Ingolstadt, dois-je y laisser
quelques troupes? Je pense que vous trouverez bon que j'y
laisse quelques Bavarois.
J'ai Thonneur
Bbrnadottb.
Journal du corps bAvarois.
lA 17 vendémiaire an znr (9 octobre 1805).
À 6 heures du matin, Tavant-garde passa le Danube ; pendant
cette marche, elle avait continuellement, sur toute la longueur
de ses deux flancs, des chaînes d'éclaireurs. Son quartier général
s'établit à Unsernherm, une lieue en avant d'ingolstadt, sur la
rive droite du Danube ; la position appuyait par sa gauche à
Schweig, et par sa droite à Unsemherm en passant par Rotben-
thurm. Des partis furent détachés jusqu'à Kelheim, Pfaffenhoffen
et Ratisbonne.
Tous les rapports disent que Tennemi est en pleine retraite
vers rinn, excepté Taile gauche qui se rejette vers Schôngau
sur le Lech et en Tyrol.
Les rapports rentrés le soir indiquèrent que Tennemi se
ralliait vers Tlsar, mais laissait entrevoir Tintention de s'abriter
derrière Tlnn.
Le général Éblé au colonel Navelet
BichstAdt, le 17 vendémiaire an ziv (9 octobre 1805).
Monsieur,
D'Eichstâdt, vous vous rendrez, le 19 du courant, avec votre
parc à Ingoldstadt où je vous laisserai de nouveaux ordres.
Vous donnerez à M. Picart, adjudant-major de votre régi-
ment, ainsi qu'à M. Petit, artiste vétérinaire en chef, Tordre de
se rendre le plus tôt possible au grand quartier général pour être
employés à l'état-major d'artillerie.
ËBLÉ.
OOTOBRB. 427
Au généraf Berthier.
EichsUdt, le 17 Teiidémi«ir6 an xnr (9 oetobre 1805).
Mon cher Général,
J'ai Thonneur de vous prévenir que parmi les 30 hommes que
chacune des deux divisions d'infanterie de l'armée a fournis
pour le train d'artillerie, il s'en trouve la majeure partie
impropre au service, et qui au lieu d'atteindre le but que l'on
s'était proposé ne fait qu'embarrasser, et ce qui est pis encore,
détruire les chevaux et les voitures. Je vous prie, en consé-
quence, de donner les ordres nécessaires pour que ces hommes
soient renvoyés à leurs corps et remplacés par d'autres,
(Suit la liste par division et par corps des hommes dont il est
parlé ci-dessus.)
Voici la note de ceux qui existent dans différents régiments,
qui sont propres au service du train et qui demandent à y entrer.
(Suivent les noms.)
Tant que les régiments ne seront pas rassemblés pour faire
sortir à la tète les hommes qui ont déjà servi dans le train, au
lieu de réorganiser ce corps on le perdra, ainsi que les chevaux,
parce que les colonels n'exécutent pas les ordres tels que vous
les leur transmettez.
ÉBLÉ.
Le général Êblé au général Songis.
Ingolstftdt. le 17 Tendémitire an xir (9 octobre 1805).
La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 13 de
ce mois m'est parvenue aujourd'hui.
A mon passage à Wiirtzburg, j'ai fait recevoir 100 chevaux
que, par une mesure extraordinaire, M. le maréchal Bernadette
nous a fait obtenir ; ils seront à déduire sur les 2,000 que
M. Otto a ordre de faire fournir ; la plupart de ces chevaux sont
conduits par des canonniers chez lesquels la bonne volonté
diminue à mesure que les peines augmentent et si je recevais
un plus grand nombre de chevaux ils deviendraient inutiles,
faute de soldats du train.
La 2« bataillon employé cinlevant en Hanovre n'a jamais été
428 CHAPITRE III.
complet en hommes ; depuis deux ans, je n'ai pas cessé d'en
demander et, si Ton m'en eût fourni, le bataillon aurait égale-
ment pu être complété en chevaux.
Vous me recommandez, Général, de faire harnacher les
chevaux qui seront reçus avec les harnais de ceux morts ou
hors de service ; permettez que je vous rappelle ici que le gou-
vernement n'a rien fourni depuis mon arrivée à l'armée de Ha-
novre pour achat de harnais et que ceux qui existent, excepté les
selles que M. le maréchal Bernadotte a fait fournir des magasins
de Hanovre, sont le produit des économies faites sur l'entretien
du ferrage et des harnais. Le bataillon n'a donc pu avoir aucun
approvisionnement, mais je pourrais y pourvoir, à l'harnache-
ment près de 100 à 120 chevaux.
Je ne puis envoyer aucun homme à Pforzheim avant d'en
avoir de disponibles, car indépendamment des canonniers qui
conduisent des voitures, j'ai donné 4 chevaux à tous les soldats
en état de les conduire et je n'en ai mis que deux aux voitures
qui nécessitent 6 chevaux.
Si j'avais été dans la possibilité d'envoyer des hommes à
Pforzheim, je les aurais mis, comme vous me le recommandez,
sous les ordres d'un officier, quoique je sentisse combien ils sont
essentiels à leurs compagnies qui se trouvent abandonnées, tant
pour la discipline que pour l'administration, quand le chef est
absent.
Quant au dépôt de cartouches d'infanterie qui doit s'établir à
Wûrtzburg, il est de mon devoir de vous observer, Général,
que, pour y arriver, il faudra que nos convois traversent la
Prusse, ce qui ne peut se faire, vu la neutralité de cette puis-
sance, et, dans le cas où elle accorderait le passage, il serait
nécessaire d'établir des routes d'étape qui viendraient aboutir
aux points occupés par le corps d'armée de M. le maréchal Ber-
nadotte. Le défaut de voitures vous empochera aussi de faire à
temps usage de ce dépôt.
Il serait pout-ctre plus avantageux pour l'armée et plus facile
à obtenir par la Prusse, que Ton fît partir de Wûrtzburg des car-
touches d'infanterie sur des voitures de roulier pour former des
dépôts à portée de l'armée. Chacune de ces voitures portant cinq
à six fois autant qu'une voiture d'artillerie, leur marche serait
plus rapide et la dépense qui en résulterait ne serait peut-être
9 OCTOBRE. 429
pas plus considérable que celles occasionnées par les convois
d'artillerie. Wurtzburg est une ville assez considérable pour que
Ton puisse y trouver un entrepreneur qui se chargerait du trans-
port dont il est question. Quelle que soit la mesure que vous
prendrez, Général, j'ai Thonneur de vous prier de donner des
ordres au directeur général des parcs de la Grande Armée de
s'entendre avec M. Navelet, directeur de celui du corps d'armée
de M. le maréchal Bernadotte, pour que les cartouches d'infan-
terie ne manquent pas.
L'Électeur de Bavière ayant évacué toute son artillerie sur
Wiirtzburg, ses munitions l'auront été aussi; je doute, d'aiUeurs,
qu'elles puissent servir aux pièces hanovriennes. Si on emploie
l'artillerie autrichienne qui pourra tomber entre nos mains, ne
sera-t-il pas à craindre qu'elle occasionne de la confusion en
multipliant les calibres et les différents attirails, à moins qu'on
ne puisse au même instant organiser un équipage complet d'une
seule espèce d'artillerie.
Si vous faites fournir de l'artillerie française, Général, il faudra
qu'elle arrive avec ses caissons, car ceux que nous amenons
du Hanovre sont d'une très mauvaise construction.
Je n'ai pas encore pu rassembler toutes les pièces nécessaires
pour former l'état de situation que vous m'avez demandé ; nos
marches sont si longues qu'elles commencent avant le jour, que
souvent elles durent jusque très avant dans la nuit, et que les
troupes étant toujours au bivouac, il est impossible aux com-
mandants des convois et des corps de s'occuper d'écritures;
mais, sentant combien il est essentiel que vous ayez une situa-
tion exacte, je ne négligerai rien pour vous la faire parvenir dès
qu'il y aura un jour de repos.
Avant de terminer ma lettre, Général, je dois encore vous
rappeler que ce n'est qu'avec des peines inouïes que les officiers
chargés du parc de réserve sont parvenus à Tameiier à deux
marches du corps d'armée. Des 500 à 600 chevaux requis en
Hanovre pour le conduire, il n'en reste qu'un très petit nombre,
exténués de fatigue et abandonnés par les propriétaires, excepté
douze ou treize restés au parc. Cet état de choses ne peut durer
longtemps et il ne sera pas possible d'établir l'ordre convenable
dans les équipages à moins de quelque séjour.
ËBLÉ.
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432 CHAPITRE III.
Le général Andréossy au général Godinot,
DonaawOrih, la 17 vendémiaire an xrv (9 octobre 1805).
Monsieur le Général,
En conséquence des ordres de Son Excellence le ministre de
la guerre, major général, vous prendrez provisoirement le com-
mandement de Donauwôrth.
Vous donnerez tous les ordres et vous prendrez toutes les
mesures que vous jugerez convenables pour y maintenir Tordre
et la tranquillité; pour faire rejoindre les soldats, détachements
ou convois allant aux corps d'armée qui ont passé le Danube, et
pour renvoyer à leurs corps respectifs ceux qui passeraient à
Donauwôrth et qui n'auraient point d'ordres légitimes pour y
venir ou aller sur le derrière.
Vous vous concerterez avec M. le général René, commandant
du quartier général, jusqu'à ce que le quartier général ait quitté
Donauwôrth.
Vous aurez à votre disposition le 3« bataillon du 34® régiment
et le 21® régiment de dragons.
Lorsque les prisonniers de guerre arriveront à Donauwôrth,
Tadjudant-commandant Bourcier, chargé de tout ce qui y a
rapport, les comptera en passant le pont et en dressera Tétat, en
ayant soin de désigner les corps.
Vous voudrez bien donner des ordres pour que tous les pri-
sonniers qui seront à Donauwôrth partent aujourd'hui sous
l'escorte de deux compagnies du 34« régiment et im détachement
du 21® de dragons.
Les troupes françaises seront relevées dans leur route par les
bataillons de Wurtemberg et de Baden, qui ont reçu des ordres
pour fourjiir des détachements sur la route de communication
entre Spire et l'armée par Nôrdlingen, Bopfingen, Ellwangen,
Gaildorf, Hall, OËringen, Heilbronn, Eppingen et Bruchsal.
Chaque fois que vous aurez des détachements de prisonniers
de guerre à faire partir, vous aurez soin de donner les ordres
nécessaires pour faire assurer leur subsistance et leur logement
et pour qu'ils soient gardés avec précaution jusqu'au moment
de leur départ. Les commissaires des guerres placés sur la route
• de Nôrdlingen à Spire sont établis à Boffenheim, Gaildorf,
9 OCTOBRE. 433
QKhriugen et Eppingen. Ils feront donner les vivres pour deux
jours.
Vous ferez délivrer au commandant de Tescorte des prison-
niers de guerre un ordre de route jusqu'à Spire.
La gendarmerie d'élite a des ordres particuliers de ne laisser
sortir personne de Donauwôrth avant que le maréchal des logis
placé au pont n'ait constaté que ce sont des Français et des indi-
vidus.
Le général Andréossy à M. le général René.
Donauworth, le 17 vendémiairo an xiv (9 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Je vous préviens que Son Excellence le ministre de la guerre,
major général, vous a désigné provisoirement pour commander
le quartier général. Vous aurez sous vos ordres Tadjudant-com-
mandant Lomet(?), chargé des logements, et ayant avec lui pour
le seconder l'adjoint Bolesta, Polonais. Vous aurez encore sous
vos ordres l'adjudant-commandant Bourcier, chargé spéciale-
ment des prisonniers de guerre. Il a auprès de lui, pour le
seconder, l'adjoint Tresseus. M. le colonel Wolf, vaguemestre
général, se conformera à ce que vous prescrirez, ainsi que M. le
colonel commandant la force armée du quartier général.
J'informe ces quatre officiers supérieurs et le commissaire des
guerres, attaché au (piarlier général, de votre nomination, et
Içs invite à prendre vos ordres.
Andréossy.
Le général Andréossy à M. le général René,
commandant le quartier général,
Donauworth, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Général,
Je vous préviens (|ue 3,000 à 4,000 Autrichiens prisonniers
viennent d'arriver. Vous tâcherez de les placer dans un local
hors de la ville. Son Excellence le ministre de la guerre, major
général, a donné Tordre au 3^ bataillon du 34^ de ligne de
III. 28
434 CHAPITRE III.
bivouaquer à Tcntrée du pont. 11 sorvira d'abord pour la gardo
des prisonniers, et ensuite pour leur escorte, du moment où on
aura déterminé Tépoque de leur départ. J'écrirai à H. Tlnten-
dant général pour qu'il soit pourvu à leur subsistance-
Faites dresser un état nominatif exact par corps de ces pri-
sonniers et faites interroger leurs divers commandants. Ck)pie
certifiée de Tinterrogatoire sera remise à Son Excellence le
ministre de la guerre, major général, et Tinterrogatoire, ainsi
(|ue Tétat nominatif, seront consignés sur le registre des pri-
sonniers de guerre.
Anoréossy.
Le général Andréossy à M. r Intendant général.
DonauwOrth, le 17 vendémiaire an xiv (0 octobre 1805).
Monsieur l'Intendant général.
Le chef de Tétat-major d'artillerie m'informe que, depuis plu-
sieurs jours, les canonniers attachés au quartier général et les
charretiers employés à la conduite des fourgons, et Tétat-major
même, ne peuvent avoir de vivres. L'intention de Sa Majesté
étant que toute Tarmée soit approvisionnée de quatre jours de
pain et de quatre jours de biscuit, il est urgent que vous preniez
les mesures les plus eriicaces pour que cet ordre reçoive son
exécution et que Ton ne soit pas dans le cas de manquer de
vivres, ainsi que cela est arrivé.
Andréosst(I).
Le général Andréossy à M. l'intendant général Petiet
Donauwiirth, le 17 vendémiaire an xiv(9 octobre 1805).
Monsieur Tlntendant général,
Vous savez que je if ai pas pu hier mettre six gendarmes à la
(lis[)ositi()n de M. Hartonieuf pour faire rentrer les foins néces-
(i)Lc général Pernéty, chef trétat-miyor de rartiilorie, eit aviié de
l'oxpétlitioii «le rrtte lettre.
9 OCTOBRE. 438
saires à la subsistance des chevaux du quartier général. Le
colonel Gamo ma écrit qu'il ne lui restait que des chevaux
éclo|)cs; je ne vois donc aucun moyen de remettre à M. Mon-
thiéry les gendarmes ou cavaliers nécessaires à la réquisition
des objets destinés aux hôpitaux qui doivent être établis à
Donauwôrth. Je vous engage à réitérer auprès de Sa Majesté la
demande d'une force armée qui restera constamment attachée à
votre service; tout ce que je puis faire, c'est de mettre à la dis-
position de M. Monthiéry des fusiliers pour les réquisitions dans
Tintérieur de la ville.
Andréossy.
Le général Andréossy à M. Petiet
Donauwoi-th, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
J'approuve la modilicution que vous me proposez, relative-
ment à la suppression du gîte de Boplingensurla route de com-
munication de rarmée, et vous pouvez donner vos ordres en
conséquence.
Je vais en prévenir Tadjudant-commandant Chevalier, à Spire,
ainsi cjuc les généraux commandant à Donauwôrth et Nôrd-
lingen.
Andréossy.
L'adjudant- commandant Hastrel à M. l'intendant Petiet
DonauwOrtb, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 180&}.
J'ai riionneur de vous prévenir que des détachements des
IT*' régiment d'infanterie légère, 4^^ {^e qI ^^e ^q ligne, doivent
partir sous deux ou trois jours de Heilbronn pour aller à Nôrd-
lingen, d'où le général Millet doit les diriger sur le 4« corps
d'armée.
IIastrbl.
P.-S. — Ces détachements ont du arriver à Heilbronn le 9 du
courant, |)eul-étre sont-ils déjà partis.
436 CHAPITRE III.
L'adjudant'Commandant Hastrel à M. Petiet
Donaawj^rth, le 17 vendémiairo an ziv (9 octobre 1805).
■
J'ai rUonneur de vous adresser quatre états indiquant Tarrivée
de plusieurs détachements, envoyés par les bataillons de dépôt,
aux réjçiments composant la Grande Armée.
Les détachements portés sur Tétat n<» 1, partiront de Spire le
19 brumaire et marcheront en une seule colonne.
ils cantonneront à Bruchsal.
Le 20, à Eppingen ;
Le 21, a Heilbronn;
Le 22, à Œhringen;
Le2;j, à Hall;
Le 2i, à (îaildorf ;
Le 2r>, à Ellwangen ;
Et le 26, à Nordlingen, d'où ils seront dirigés sur leurs corps
respectil's.
Les détachements portés sur Tétat n» 2, partiront de Spire, le
li frimaire, el suivront la môme route.
Je ne connais pas encore Tépoque de l'arrivée à Spire des
détachements portés sur Tétat n" 3, ni sur celui n® i. J'aurai
Thonneur de vous en instruire, aussitôt <|ue je le saurai.
Ces détîichemenls doivent emporter deux paires de souliers
par homme dans les havresacs et prendre, en partant de Spire,
du pain pour quatre jours.
Je vous prie. Monsieur Tlntendant général, de vouloir bien
donner vos ordres pour assurer les subsistances de ces troupes.
J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.
Ij aide-moi or général,
chef de V état-major gânéral.
Par ordre :
L'adjudatit-commandanf,
sous-chef de Vétat-yiajor général,
Hastrel.
9 OCTOBRE. 437
Le maréchal Moncey à l'Empereur.
Paris, le 17 vend(5miairo an xiv (9 octobre 1805).
Je m'empresse aussi de rendre compte à Votre Majesté, qu'en
vertu des ordres que le ministre de la guerre m'a transmis, le
12 vendémiaire, du quartier général de Ludwigsburg, j'ai, sur-
le-champ, pris les mesures nécessaires pour établir le plus
promptement possible, sur la route de communication entre
l'armée et Spire, neuf postes de gendarmerie de 16 hommes
chaque, y compris un officier.
Ces détachements sont prélevés sur les compagnies des 19® et
:2o<^ légions, et seront dirigés dans leur service par le chef
d'escadron Chariot, de la résidence de Strasbourg, qui se por-
tera à Hall, centre de la ligne de communication.
Le premier inspecteur général,
{A . iV., A F, IV, 1155). Maréchal Moncey.
M. Bâcher au maréchal Berthier.
Le 17 vendômiairo an xiv (9 octobre 1805).
François 11 a été extrêmement affecté du reproche de dupli-
cité et même de perfidie que contiennent les notes françaises
présentées à la dicte de Uatishonne. Ce monarque gémit en
secret de se voir ainsi compromis par les ministres infidèles
aux<|uels il a abandonné les rênes fiottantes de son gouverne-
ment agonisant. 11 prétend n'avoir aucun traité de subsides avec
rAngleicnc et (pie ses ministres l'ont déshonoré aux yeux de la
postérité s'ils en ont arrêté un à son insu.
Cette extrême débilité de caractère moral et physique dans un
jeime prince dont la réputation d'incurie et d'inaptitude est
généralement répandue jusque dans les contrées les plus recu-
lées des lîtats héréditaires de la maison d'Autriche, agit puis-
samment sur tous les esprits, au moment de l'explosion d'une
nouvelle guerre sans objet et sans but. Les habitants de Vienne
ne se dissimulent plus (jue les intrigues et l'or corrupteur de
488 CHAPITRE ni.
rAngleterre, après avoir fait ravager rMlemagne, par une-
guerre dévastatrice qui détruira ses fabriques et manufactures,
finiront par asservir successivement tous les Etats germaniques
par le système d'un monopole mercantile qui sera un véritable
joug de fer.
C'est surtout en Hongrie et dans les provinces qui avoisinent
l'empire ottoman, où cette lassitude du gouvernement des maires
du palais de Vienne existe dans toute sa force. Les régiments
des frontières, qui en sont tirés, se ressouviennent encore de
l'extrême rigueur avec laquelle on a fait fusiller un grand
nombre de leurs compatriotes pendant la dernière guerre, après
avoir fait désarmer les bataillons auxquels ils appartenaient.
La monarchie autrichienne n'a Jamais été exposée à de plus
grands dangers que dans le moment actuel. Elle a fait des efforts
prodigieux pour mettre en campagne tous les régiments qui
forment sa puissance militaire. Son intérieur est entièrement
dégarni, et une bataille perdue peut amener des suites incalcu-
lables, surtout pour le crédit public, qui a déjà éprouvé de si
fortes atteintes. Menacées de la banqueroute et de la famine, les
provinces autrichiennes sont livrées aux angoisses d'un avenir
d'autant plus inquiétant (]u'elles ne voient pas de terme aux
calamités de tous les genres que TAngletcrre va faire fondre sur
tout le continent.
Les habitants de Vienne ne peuvent pas se familiariser avec
ridée d'une guerre à outrance, et ils se flattent encore qu'il se
présentera peut-être un moyen d'arrêter Tefl'usion du sang. C'est
le vœu de leur Empereur, mais on sait par expérience combien
la volonté du monarque est impuissante lorsqu'elle se trouve en
opposition avec les sinistres projets des génies malfaisants qui
dirigent son cabinet secret, et ([ui se sont emparés plus forte-
ment (|ue jamais de l'oxcrcicc de l'autorité suprême dans toute
rétendue de l'empire autrichien.
9 OCTOBRE. 439
Le Secrétaire général du ministère de la guerre
au général Mathieu Dumas, aide-major général, maréchal des logis.
Paris, lo 17 vendémiaire an xtv (9 octobre 1805).
Général,
J'ai rhonneiir de vous adresser, conformément aux intentions
du ministre, un livret de remplacement des troupes à Tépoque
du 1^'' vendémiaire an xiv.
Son Excellence désire. Général, que vous lui renvoyiez à
Tavenir, tous les mois, le livret qui vous aura été adressé le mois
précédent.
J'ai Thonneur de vous saluer.
Dbnniée.
P. 'S. — J'ai Thonneur de vous prévenir, Général, que M. le
maréchal a fait suspendre, jusqu'à nouvel ordre, l'impression du
livret complet.
Ordre du jour,
Donauwftrth, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
L'Empereur défend expressément qu'il soit tiré des corps
aucun officier titulaire pour en faire des officiers de coiTespon-
dance, mais il peut en être demandé à prendre parmi les officiers
du grade de capitaine ou lieutenant, jouissant du traitement de
réforme; le major général fixera le nombre qui pourra en être
accordé.
A l'exception des courriers de l'Empereur, il est défendu à
tout individu faisant les fonctions de courrier dans l'armée, d'en
porter l'habit ci la plaque, sans avoir obtenu pour ce service
une commission du ministre de la guerre, d'après la demande
(jui en aurait été faite par les généraux en chef ou administra-
teurs généraux.
Tout individu qui porterait la plaque de courrier sans être
muni de cette autorisation, serait arrêté sur-le-champ par la
gendarmerie de l'armée ; toute commission accordée par le pré-
décesseur de Son Excellence le ministre de la guerre, est regar-
dée comme insuffisante, si elle n'est visée ou renouvelée.
Andréossy.
440 CHAPITRE III.
Supplément à r ordre du jour du 17 vendémiaire an XIV,
(Copie d'une lettre du Ministre de l'Administration de la guerre à M. Petiet,
conseiller dl^^at, intendant général de la Grande Armée.)
Paris, lo 9 vendémiaire an xiv (P'oetobre 1805).
En m'informant, par votre lettre du troisième jour complémen-
taire, Monsieur, que les corps réclament le payement des sou-
liers et des capotes accordés par TEmpereur, vous demandez si
je ferai les fonds directement aux corps.
Je vous préviens (jue .les fonds nécessaires pour le premier
tiers des redingotes et pour la première paire des souliers ont
été ordonnancés au profit des corps à la fin de fructidor dernier.
Je fais, dans ce moment, ordonnancer une somme de 200,000
francs à compter sur le second tiers des redingotes et une autre
de :2i9,627 francs, à compter sur la deuxième paire de souliers.
Quant au complément du dernier tiers des redingotes et de la
deuxième paire de souliers, il sera ordonnancé dans le courant
de bnunaire prochain.
Les payements él^uit assurés au moyen de ces dispositions,
c'est pour les corps un motif de plus pour hâter les achats et
confections des souliers et redingotes.
Dejban.
A M. le prince de Tayllerand.
Varsovie, b 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
Comme j'ai eu l'honneur de vous le marquer dans ma lettre
du H, je m'occupe à des découvertes; mais mes soins, quoique
actifs, n'ollrent pour le moment <|ue de la stérilité sous le rap-
port d'une connaissance exacte des forces et des mouvements
militaires des troupes russes.
Un émigré qui vient d'arriver de Mitau et qui a par consé-
«juent traversé en longueur les troupes russes, depuis cette ville
jusiiu'ici. m'a assuré (|ue depuis les environs de Memel jusqu'à
Wilna et tout le long de la rivière de Memel justprà Grodno, il
y avait environ 3( ),()()() hommes, presque tout infanterie, dont
9 OCTOBRE. 441
partie se diri^eaienl sur Meniel sans qiril fut question de faire
UH oanip à Wilna, ei c|ue les |{usses se disaient être 55,000
lioinnies : de (îrodno à Hrzcsc, on y comptait :20,()00 hommes,
lion r<»nipris un ré{j;inient de cuirassiers, quatre de dragons et
deux do hussards. Nous savons <|ue de Brzesc à Sendoniir, il y a
â peu prrs 7(),(M)() hommes, ce (|ui fait monter les forces russes
dan> une ligne de plus de '■l'M) lieues â 120,000 hommes, dont
les points principaux sont très éloignés les uns des autres, de
Memcl a Wilna, Hrzesc, Ko/.inice, Palawy et Sendomir : on
assure un corps de :i(),(KM) hommes arrivé «i Olmùtz, et qui est
suixi par un secon<l corps de même nombre, mais celui-ci s'est
arrêté entre Teschen et Crakovie; il paraît <|ue ces deux corps
sont lt»sr'>0,(HM) honnncs <|ui devaient passer par Lemberg.
Les rapports de quelques déserteurs russes, qui sont venus
ici. disent qu'il y a hcauciiup de mécontentement parmi le sol-
dat depuis «pril sait qu*il doit faire la guerre contre la France,
*' c'est, disent-ils, ce qu'on leur avait caché au fond de la Russie,
nu on leur disait qu'ils \eiiaient se battre contre les Prussiens,
mais que depuis qu'ils sont instruits de la vérité, ne voulant pas
se liattre rontre les Framais, la désertion â l'intérieur s'accroît
tous les jours et le méc<iiitentcmcnt prend de la consistance. Je
\ouN donne eeci e<»mmc propt»s de déserteur : ce qui est beau-
roup plus (MTtaiii, e'est que les INihmais ne se soucient pas de
Nv liattn* contre les Russes, ils les désirent trop ardemment
piMii liMir opposer de la résistance, même ailleurs qu'ici. Je crois
que |e m'assure tous les jours, par ce que J'entends, que dans le
ras ou la Prus>e se déclarerait contre la Russie, la Prusse ferait
ftirt hien <rempl«)}er ailleurs les régiments qui sont en partie
ei»mposés de Polonais.
Kn causant a\ec un indi\idu <|ui vient de Saint-Péterslioiirg
rt qui parait, outre ses connaissances personnelles, être assez
instruit sur le caractère de l'empereur Alexandre, sur ses projets
::igantesques autant que sur l'esprit (|ui ri'gne dans le Sénat de
IVtersbourg. j'ai puisé dans t<Mis ses raisonnements ceux qui
peu\ent n'être pas indill'éreiits a vous transmettre.
!.«' S«'-nat de Pétershourg, dit-il, est maintenant en rivalité
fl ••pinjoii et d'opérati«)n a\ec l'empereur Alexandre; en remon-
tant .1 une époque de six mois, on se rappellera que le Sénat
.i|i»rs était contre le système de la guerre et résistait aux vues
44S CHAPITRE ni.
d'Alexandre qui croyait, en se déclarant contre la France,
entraîner avec lui toutes les puissances, et, ne consultant que
ses jactances ou peut-^tre des vues d'une ambition encore
cachée, il a voulu lever le masque malgré l'opposition constante
de la majeure partie de son Sénat.
Maintenant, cet ordre politique est bien changé (m'a dit cet
homme venant de Pétersbourg), la résistance qu'a opposée la
Prusse pour entrer dans la coalition du Nord, ses grands prépa-
ratifs pour conserver une neutralité armée, la réflexion venue
peut-être trop tard, tout cela va, dit-on. arrêter la marche et les
opérations de l'empereur Alexandre; mais son Sénat, mainte-
nant séduit par l'or que les Anglais prodiguent plus encore à
Pétersbourg qu'à Vienne, a changé de système. Entièrement
vendu aux tracasseries anglaises, il est actuellement plus
prononcé pour la guerre que ne la désire l'empereur Alexandre,
ce qui, nécessairement, a fait naître un schisme dans les opéra-
tions combinées dont on tire déjà des conséquences qui ne
devraient être que des conjectures, mais qui changeraient bien
de face Tordre actuel, si Alexandre avait réellement les projets
qu'on suppose lui être suggérés par son ministre, Oartoriensky,
qui, loin d'avoir perdu son crédit près du monarque, en reçoit
de nouveaux témoignages d'amitié par la préférence qu'il donne
dans ce moment-ci au château de son père, à Pulawie, où il
(l'Empereur) va s'établir pour longtemps, à en juger par les
préparatifs qu'il y fait.
On attribue maintenant à Alexandre des vues différentes à
celles qui lui ont d'abord fait mouvoir d'aussi grandes forces,
on lui suppose des vues d'ambition sur la totalité de la Pologne.
Quoique je n'ajoute pas grande croyance à ces raisonnements,
la disposition des forces peut appuyer les projets, car jusqu'à
présent, où sont les armées russes pour faire la guerre à la
France? Les Autrichiens sont seuls exposés à soutenir le choc
des Français. Les Russes qui sont à Corfou, qui pourront les
aider en Italie, et la petite armée, qui n'est encore qu'à Olmûtz,
<iui viendra les seconder en Bavière et en Souabe. Tandis que
par la position des forces russes dans la Pologne autrichienne,
Alexandre en est le propriétaire et non le gardien, il en sera de
même de la partie prussienne, s'il y met le pied.
De ces conjectures qui, d'un moment à Tautre, peuvent
9 OCTOBRE. 448
devenir de la très grande réalité, je compte qifil n'est plus
d'une sage politicpie de la Prusse de temporiser aussi longtemps
lorsque la Russie allume la mèche, et lorsque son ambition
peut, à chaque instant, mettre à exécution des projets qui com-
promettraient la sûreté de la Prusse. Celle-ci tient encore le
timon pour se préserver de Torage, mais une plus longue incer-
titude dans son système devient dangereux, même pour sa
dignité. Il est temps, je crois, que le Roi parle clair; la poli-
ti(|ue, le secret, la prudence ou la finesse, no peuvent plus lui
servir de rempart contre des armées ambitieuses qui sont sur
ses frontières, quelles (|ue puissent être les arrière-pensées
d'Alexandre. C'est un géant qui fera de grands pas si on ne lui
coupe vite la jambe!
Dans l'état des choses, on est ici sur le qui-vive à ne pas
laisser aucun doute sur l'évacuation de cette ville si les Russes
avancent. Il est parti hier et aujourd'hui plus de 300 chariots
portant de quoi se retrancher du côté de Lôwitz, toute l'artillerie
est partie, il ne reste presque plus de troupes en ville, et le bruit
général est que l'empereur Alexandre y sera dimanche, attendu
que, depuis hier, on dit la guerre déclarée, et ces on dit peignent
la joie sur la figure des habitants du pays, tout ce qui tient à la
Prusse s'entend ; dans tous les cas, je reste.
Stralsund, le 17 vendémiaire an xiv (9 octobre 1805).
La !''« division des troupes russes est arrivée, il y a huit
jours, dans les environs de Stralsund, et les autres ont été suc-
cessivement débarquées; on estime ce corps, composé d'élite, à
^2:i,00() hommes.
Général commandant, le comte de Tolstoï.
Le comte Woronzoft, major général.
Comte d'Ostermann.
Prince Schachowsky.
Généraux . { Sodwaratski.
Werbbrbwski.
Nkweroffski.
444 CHAPITRE III.
I Comte LiKWBN.
mosamskoi.
Alexbibff.
Aides de camp du général commandant :
Prince Biron de Courlande.
Nariskin.
Bbhhendorff.
{Note provenant de la légation de France à Ratisbonne,)
CHAPITRE IV
lO octobre.
Troisième bulletin,
Zusmurshausen, lo 18 vendémiaire an xiv (lu octobre 1805).
l.e maréchal Soiilt a poursuivi la division autrichienne* qui
s'était réfugiée à Aichacli, Ta chassée et est entré le 17, à midi,
à Augsburg, avec les divisions Vandamme, Saint-Hilaire et
Logrand.
Le 17 au soir, le maréchal Davout, qui a passé le Danube
à Neuhurg, est arrivé à Aichach avec ses trois divisions.
Le général Marmont, avec les divisions Boudet, Grouchy, et
la division hafave du général Dumonceau, a passé le Danube et
pris position entre Aichach et Augsburg.
Enfin, le corps d'armée du maréchal Bernadotte, avec Tarmée
bavaroise commandée parles généraux Deroy et Verden, a pris
position à Ingolstadt; la Garde impériale, commandée par le
maréchal Hessières, s'est rendue à Augsburg, ainsi que la divi-
sion de cuirassiers aux ordres du général d'ilautpoul.
Le prince Murât, avec les divisions de dragons de Klein et de
Heaumont, et la division de carabiniers et de cuirassiers du
général Xansouty, s'est porté en toute diligence au village de
Zusmarshausen, pour intercepter la route d'UIm à Augsburg.
Le maréchal Lannes, avec la division de grenadiers d'Oudinol
et avec la division Suchet, a pris poste le même jour au village
de Zusmarshausen.
L'Empereur a passé en revue les dragons au village de
446 CHAPITRE IV.
Ziismarshaiiscn ; il s'est fait présenter le nommé Marente,
dragon du i« régiment, un des plus braves soldats de Tarmée,
(|ui au passage du Loch avait sauvé son capitaine qui, peu de
jours auparavant, Tavait cassé de son grade de sous-officier. Sa
Majesté lui a donné Taigle de la Légion d'honneur. Ce brave
soldat a répondu : « .le n'ai fait que mon devoir; mon capitaine
m'avait cassé pour (|uelque faute de discipline ; mais il sait que
j'ai toujours été un bon soldat.
L'Empereur a ensuite témoigné auv dragons sa satisfaction
de la conduite (piils ont tenue au combat de Wertingen. Il s'est
fait présenter par régiment un dragon auquel il a également
donné l'aigle de la Légion d'honneur.
Sa Majesté a témoigné sa satisfaction aux grenadiers de la
division Oudinot. Il est impossible de voir une troupe plus
belle, plus animée du désir de se mesurer avec rcnnemi, plus
remplie d'honneur et de cet enthousiasme militaire qui est le
présage des plus grands succès.
Jusqu'à ce que r(m puisse donner une relation détaillée du
combat de Wertingen, il est convenable d'en dire quelques mots
dans ce bulletin.
Le colonel Arrighi a chargé, avec son régiment de dragons, le
régiment de cuirassiers du duc Albert. La mêlée a été très
chaude; le colonel Arrighi a eu son cheval tué sous lui: son
régiment a redoublé d'audace pour le sauver. Le colonel Beau-
mont, du 10« de hussards, animé de cet esprit vraiment français,
a saisi, au milieu des rangs ennemis, un capitaine de cuirassiers,
(ju'il a pris lui-même, après a\uir sabré un cavalier.
Le cohmel Maupetit, à la tcMedu Oc de dragons, a chargé dans
le village de Wertingen. Blessé mortellement (i), son dernier
mot a été : «t Que l'Empereur soit instruit (|ue le î)» de dragons a
été digne de sa réputation, et qu'il a chargé et vaincu aux cris
(le : « Vive l'Empereur! •.
Cette colonne de grenadiers, l'élite de l'armée ennemie, s'étant
formée en carré de j|Uîilre bataillons, a été enfoncée et sabrée.
Le :2« bataillon de dragons a cluirgé dans le bois.
La division Oudinot frémissait de l'éloignement qui Tempc-
(Ij L«' ooloncl Mîiuprtit n'»*st point mort do ses blessures, roniiue on
l'a su iifpujs.
10 oeTOBRE. 447
chait encore de se mefturei* avec rennemi, mais à sa vue saulef
les Autrioiiieiis accélérèrent leur retraite : une seule brigade a
pu donner.
Tous les canons, tous les drapeaux, presque tous les officiers
du corps ennemi (jui a combattu à Wertingen ont été pris ; un
grand nombre a été tué : 2 lieutenants-colonels, 6 majors,
00 «Hiciers, 4,000 soldats sont restés en notre pouvoir; le reste
a été éparpillé, et ce qui a pu échapper a du son salut à un
marais qui a arrêté une colonne qui tournait Tennemi.
Le chef d escadron Exelmans, aide de camp de Son Altesse
Sérénissime le prince Murât, a eu deux chevaux tués. C'est lui
qui a apporté les drapeaux à TEmpereur qui lui a dit : a Je sais
([u'on ne peut être plus brave que vous; je vous fais officier de
la Légion d'honneur ».
Le maréchal Ney, de son côté, avec les divisions Halher,
Dupont et LoLson, la division de dragons à pied du général
Baraguey-d'Hilliers et la division Gazan, ont remonté le Danube
et attaqué rennemî sur sa position de Giinzburg, il est 3 heures;
le canon se fait entendre.
11 pleut beaucoup, mais cela ne ralentit pas les marches for-
cées de la Grande Armée. L'Empereur donne l'exemple ; à cheval
jour et nuit, il est toujours au milieu des troupes, partout où sa
présence est nécessaire. 11 a fait hier 14 lieues à cbeval; il a
couché dans un petit village sans domestiques et sans aucune
espèce de bagage. Cependant Tévéque d'Augsburg avait fait
illuminer son palais et attendu Sa Majesté une partie de la nuit.
Ordre de position pour le 6'' corps d'armée
du 18 vendémiaire an XIV.
La cavalerie légère se placera en arrière d'Albeck ; 50 hommes
du 1"' de hussards près de Bernstadt; 50 hommes du 10* de
chasseurs près de llorselfingen; 50 hommes du 3^ de hussards
à Witthau et Morizen.
Ces détachements éclaireront la route de Bernstadt à Ulm.
Le l'^' de hussards poussera des reconnaissances sur la direc-
tion de Geislingen et Stuttgard.
La U*' division, aux ordres du général Dupont, ayant en
448 CHAPITRE IV.
réserve deux régiments de dragons, restera à Albeck ; elle pous-
sera son avant-garde aussi près d'Ulm qu'il sera possible, sans
se compromettre, et gardera les bois sur la direction d'Has-
lach.
Le général Dupont portera cinq compagnies à Gôttingen ou
sur la direction de ce village; il les fera soutenir par un déta-
chement de cavalerie légère; ces troupes chercheront à s'appro-
cher du Danube par Elchingen et à surprendre le pont qui doit
s'y trouver; dans le cas où cela réussirait, on porterait un
bataillon en soutien à Elchingen.
Enfin, la l''^^ division soutiendra les postes de cavalerie à
Witthau et Morizen en y plaçant des postes d'infanterie légère.
La 2^ division restera dans la position de Langenau; elle
s'éclairera dans la direction d'Elchingen et sur celle de Rie-
dlïeini ; elle sera à portée d'ctre soutenue par quatre régiments
de dragons de la division du général Bourcier.
La 3^ division, aux ordres du général Malher, restera à gauche
de Gundelfmgcn.
La division du général Bourcier postera deux régiments de
dragons près d'Albeck, eu résene de la division Dupont. Le
général Bourcier se dirigera lui-même avec les quatre autres
régiments à gauche de Langenau, pour soutenir toutes les
divisions indistinctement ; il placera un escadron à Rammingen,
afin d'observer tout ce (jui se passe dans la plaine sur la direc-
tion de Gimzburg.
La division des dragons à pied, aux ordres du général Bara-
guey-d'IIilliers, viendra sur-le-champ s'établir en arrière de
Stotzingen, adossée au bois; elle occupera Brenz avec quatre
compagnies, Lonthal avec trois compagnies et Sontheim avec
deux compagnies. Le général Baraguey-d'Hilliers enverra quatre
autres compagnies à Medlingeu pour la garde du parc et du
quartier général (1), les quatre compagnies de grenadiers que
celles-ci relèveront rentreront à la division Gazau, ainsi que le
bataillon qui est a Brenz.
Dans le cas où les Autrichiens sortiraient d'Ulm avec de
(1) Note «lu gi^nt'ral Haraguey-d'Hilliers : « Comme je pris mon
quartier pfénéral à Stotzingen, j'ajoutai à ces dispositions de placer un
baUiillon en avant de ce viUage. »
10 OCTOBRE. 449
grandes forces et attaqueraient la i'« division, celle du général
Loison se porterait sur-le-champ en arrière d'Albeck et se place-
rait en arrière de la l*"® division pour la soutenir.
La division Gazan s'établirait en arrière du général Malher.
Le Maréchal commandant en chef donnerait alors les ordres
ultérieurs et prévient seulement les généraux de division, que si
l'ennemi réussissait dans son attaque, la retraite devrait s'effec-
tuer de la manière suivante :
La fe et la ^^ division, sur la route de Ileidenheim avec le
l^r de hussards et le lO^^ de chasseurs.
La 'S^ division, la division Gazan, la division de dragons du
général Bourcier, les dragons à pied, le 3« régiment de hussards
et le parc de réserve sur la route du Danube par Gundelfingen.
L'armée est prévenue que la 3« division s'est emparée des
ponts de Reisensburg et Giinzburg et qu'elle a fait 900 prison-
niers, dont un général et quelques officiers.
Le Maréchal commandant en chef,
{A. M.) Signé : Ney.
Le maréchal Ney au général Loiion,
(Non expédiée.)
Mon cher Général,
Je vous transmets l'ordre de mouvement pour le 19. Cet ordre
était rédigé sur l'hypothèse de votre passage à Giinzburg,
lorsque votre lettre du 18 vendémiaire m'a annoncé que vous
étiez maître du pont d'Elchingen. Cette nouvelle m'a déterminé
à faire passer votre division sur ce point si les communications
sont praticables pour l'infanterie et la cavalerie, ce qui parait
présumable, puisqu'on ne jette des ponts fixes que sur des com-
munications semblables.
Dans tous les cas. Général, je vous laisse le choix des deux
mouvements (|ue vous déterminerez sur la connaissance des
lieux. Vous devrez faire connaître sur-le-champ, au général
Bourcier, le parti qu'il doit prendre pour suivre votre division.
Si vous passez à Klehingen, mon cher Général, il est possible
III. 29
450 CHAPITRE IV.
que VOUS trouviez Fennemi entre la Roth et la Biber; dans ce
cas, il faudra l'attaquer en le poussant sur Leipheim. Vous me
donnerez le signal de Fattaque par un coup de canon tiré de la
hauteur d'Elchingen, afin (|ue je puisse marcher sur la même
direction de Leipheim avec la 3« division.
Par ce mouvement, tout ce qui se trouverait d'ennemis entre
la Roth et la Biber est à nous.
Si les Autrichiens étaient là en force supérieure, il faudrait
alors m'en informer par un officier de votre état-major et suivre
votre mouvement par (liinzburg.
Veuillez prendre connaissance de Tordre ci-joint et le trans-
mettre au général Bourcier.
J'ai Thonneur de vous saluer.
{A. M.) iNiY.
Le général Malher au général Dutaillia,
Âu quartier géntTal, le is vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Géncial,
Je vous envoie sept déserteurs et neuf travailleurs, parmi les-
<|ucls se trouve un homme qui prétend avoir été pris pour guide
et qui pourra vous donner des renseignements sur la position de
rennemi ; il serait peut-être bon que ces hommes fussent gardés
au quartier général pour sen ir de guides lorsque nous marche-
rons sur l'Ini.
On a sans doute fait une erreur de copie dans Tordre que vous
m'avez fait envoyer, il est dit : le général Malher laissera un
détachtment pour observer Clin sur la rive droite du Danube^ le
commandant sera désigné par le maréchal ; sans doute que c'est
sur la rive gauche qu'on a voulu mettre, vous aurez encore le
temps de rectifier cette erreur avant (|ue je ne commence mon
mouvement.
Agréez, mon cher (îénéral,.Tassurance de mon amitié.
(A. M.) Malubb.
10 OCTOBRE. 461
Le général Malher au maréchal Ney.
Au quartier général, à 0iiQ2barg, le 18 vend<3iiiiaire an xiv
(10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'ennemi a évacué Gûnzburg, je viens d'en prendre posses-
sion, j'en couronne les hauteurs parla division, j'en fais réparer
les deux ponts, je vais pousser une reconnaissance sur Leipheim;
tous les renseignements portent que l'armée entière était ici
hier avec l'archiduc Ferdinand, le général Mack et tout Tétat-
major. La perte de l'ennemi est on ne peut plus conséquente,
nous avons ramassé une centaine de traînards ; il y a dans la
ville deux ou trois cents blessés que je vais faire évacuer sur les
derrières ; il y a aussi des magasins, je vais les mettre en sûreté
et m'occuper de vous faire un rapport détaillé. J'ai à regretter
beaucoup de braves gens ; mais j'ai aussi des rapports bien
satisfaisants à vous faire. Tous les régiments se sont couverts
de gloire et particulièrement le 59^ régiment.
Je nf empresse de vous faire parvenir mes renseignements, si,
comme je n'en doute pas, mes camarades battent l'ennemi ; si
le général Gazan était ici, nous pourrions avantageusement
bombarder ses derrières.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect.
{A. M,) Malhbb.
Le chef d'escadron de Crabbé au maréchal Ney.
Albeck, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1806).
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous donner connaissance que M. le général
Loison vient d'écrire à M. le général Dupont qu'il s'était emparé
du pont d'Klchingen, mais il lui mande qu'il veuille bien s'em-
parer de Thallingen ; cependant, d'après votre instruction, c'est
M. le général Loison qui doit le faire.
Thalfiugeu se trouve à une demi-lieue en avant d'Elchingen,
dans le fond près du Danube, chemin direct d'Ulm. Si M. le
45'î8 CHAPITRE IV.
général Loison s'emparait de Thalfingen, je crois que M. le
général Dupont pourrait pousser jusqu'aux fermes d'Haslach-
crhof, deux fermes à cheval sur la route d'Albeck à Ulm, en
avant de la pointe du bois, que défendaient hier les Autrichiens,
et qu'ils occupent encore aujourd'hui ; de la hauteur en avant
de ces fermes, on découvre tout le Michelsberg, à leur droite est
Jungingcn entre les deux routes conduisant à Ulm et passant
près du Michelsberg, celle de Geislingen et celle d'Albeck ; dans
le fond, en avant de Jungingen, est une ferme nommée Erlin-
gerhof.
M. le général Loison s'ctant emparé de Thalfingen a en avant
de lui, dans le bois, une ferme nommée Bôfingenhof ; ce bois
n'est pas large, mais long d'une demi-lieue ; à la sortie sont
déjà les jardins de Ulm ; il y a cin(| ans les Autrichiens ont, du
côté d'Ulm, abattu beaucoup de bois ; le Danube coule à gauche,
dans le fond ; de ce côté le terrain est un peu marécageux.
D'Erlingerhof on peut gagner facilement Sôflingen, laissant
le Michelsberg à sagauclie ; une partie du mouvement peut être
couvert par un petit bois qu'on laisse à sa gauche ; entre le
Michelsberg on arrive sur la Blau qu'on passe à Sôflingen, on
a, pour lors, Ziegelhiittc à sa droite et Ulm faisant face au
Michelsberg.
Les Autrichiens font beaucoup de cas du poste Ziegelhûtte
(ju'ils ont retranché ; par là, la route de (ieislingen est couverte.
Pardonnez, Monsieur le Maréchal, si je me permets de vous
donner des renseignemenls qui étaient à ma connaissance, mais
je crois <|u'il est de ni(m devoir de vous rendre compte de tout
ce que je vois.
Je n'en ai rien dit à M. le général Dupont, ni par conséquent
à personne.
.rai appris que les Autrichiens faisaient aller des troupes
(llJlni à (jiinzburg et faisaient venir d'autres de Gùnzburgà Ulm.
Soyez persuadé de mon sincère attachement et respect avec
le(|nel j'ai l'bonneur d'élro, xMonsieur le Maréchal, votre très
humble serviteur.
(A • M.) De Cbabbé.
10 OCTOBRE. 453
Le général Dupont au maréchal Ney.
Au quartier général, à Albcck, le 18 vendémiaire an xiv
(10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
La !'•*' division a quitté la position de Dillingen pour marcher
d'après votre ordre sur la direction d'Ulm. J'ai trouvé près
d'Albcck le corps commandé par le chef d'escadron Crabbé, qui
avait été forcé de se replier devant des forces supérieures, après
avoir poussé la reconnaissance près d'Ulm. L'ennemi occupant
Albeck, j'ai pris le parti de l'en déloger; il était déjà nuit. A
notre approche, ce parti a évacué précipitamment; un cheval
a été pris.
La division a établi son camp en avant d'Albeck ; nos avant-
postes sont placés en face de ceux de l'ennemi, et j'attends dans
cette position de nouveaux ordres. M. Crabbé, votre aide de
camp, m'a prévenu de votre part de ne rien engager sans ordre
nouveau.
J'ai l'honneur de vous saluer. Dupont.
iXote de la main du maréchal Ney.
Dire (|ue le chef d'escadron avait poussé l'ennemi jusque près
de llaslach sous Ulm, et après avoir tiré le troisième coup de
^canon, l'aflVit de la pièce s'est dressé; l'ennemi s'en étant aperçu,
a voulu s'en emparer, mais les compagnies d'infanterie du génie
et la cavalerie légère des 3^ de hussards et 10^^ de chasseurs ont
forcé l'onncmi à rester sur la défensive; cependant l'ennemi
avait fait sortir d'IJlm environ 1000 hommes de cavalerie et
(jnehiues bataillons qui faisaient mine d'envelopper le petit
corps de M. Crabbé qui s'est déterminé à se replier en bon ordre
jusqu'à la tctc du bois, en arrière d'Albeck, faisant beaucoup de
mal à l'ennemi, sans jamais se laisser entamer. Enfin, la 3° divi-
sion arrivait dans cette direction vers 6 heures du soir, et
l'ennemi, appréciant la profondeur delà colonne qui marchait
dans lo plus grand ordre, se replia, en battant en retraite,
juscju'au delà de llaslach.
{A. M.)
454 CHAPITRE IV.
Le général Dupont au maréchal Ney.
Albeck, le 18 Tendônutire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Aussitôt la réception de vos ordres qui m'ont été remis par
votre aide de camp, je me suis occupé de leur exécution et je
les ai communiqués au général Tilly. Les postes avancés ont été
rapprochés d'Ulm; d'autres postes ont été établis pour éclairer
la route d'Ulm à Stuttgard et pour assurer par ma gauche ma
communication avec Gùnzburg par Gottingen et Elchingen.
Le général Sahuc m'ayant prévenu qu'il passait sous mes
ordres avec une brigade de dragons, je lui ai mandé de se rendre
de suite à Albeck.
M. Crabbé, votre aide de camp, a dû vous rendre compte des
renseignements (jue j'ai reçus sur une réunion considérable de
troupes à Ulm. Un déserteur autrichien, qui arrive à Tinstant,
me fait le rapport semblable.
Je vous prie de me donner des ordres et de me faire connaître
le mouvement de Tarmée, afin que je puisse me diriger en con-
séquence dans le cas où il arriverait des événements imprévus
et où je n'aurai pas le temps de prendre de nouveaux ordres.
J'ai l'honneur de vous saluer.
{A. M,) Dupont.
Le général Loison au maréchal Ney.
Au quartier général d'Elchingen. le 18 vendémiaire an xiv
(10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Le général Dupont me marque qu'il n'a pas cru devoir s'em-
parer du pont do Thalfingen, parce que, dit-il, votre instruction
ne le lui ordonne point et que, d'ailleurs, il est trop éloigné de lui.
Votre instruction porte bien (jue je m'emparerai des deux
ponts (rMlchingen et de Thalfingen : je me suis emparé, comme
j'ai en rhonneur de vous en rendre compte, du pontd'Elchingen,
à pcMi près à 2 heures du matin, après une marche pénible, dans
des chemins afircux; je croyais d'autant plus que celui de Thaï-
10 OCTOBRE. 456
fingen devait être au pouvoir du général Dupont, que la même
instruction portait qu'il devait y établir un poste, pousser son
avant-garde le plus près possible d'Ulm et, par conséquent, cou-
vrir entièrement ma droite, ce qui me fit regarder comme une
erreur de copiste, l'article de Thalfmgen, qui me concernait.
D'ailleurs, le pont de Thalfmgen est à portée du général Dupont
et est éloigné de ma position qui se trouve, eu égard à celle du
général Dupont et la mienne, en avant de son front.
Le pont de Leipheim n'étant point au pouvoir du général
Malher, me fait regarder comme un peu hasardée la position
d'Elchingen ; malgré cela, je crois pouvoir m'y maintenir, si le
général Dupont menace l'ennemi sur Thalfmgen, en cas qu'il
l'attaque vigoureusement. Il a essayé de reprendre le pont,
mais il a été si bien reçu qu'il a abandonné son projet. Les rap-
ports des prisonniers sont qu'ils arrivent à marche forcée du
Tyrol et que l'on attend sous peu de jours une colonne de
0,000 Russes, commandée par l'ex-général Moreau, que l'un
d'eux dit avoir vu et parfaitement connaître.
Je n'ai aucune nouvelle du général Malher, les reconnais-
sances que j'avais dirigées sur lui ayant rencontré l'ennemi;
voudricz-vous, Mcmsieur le Maréchal, me faire le plaisir de me
marquer quelle est sa position actuelle.
J'attends vos ordres. Monsieur le Maréchal, et laisse reposer
la troupe qui en a un pressant besoin.
J'ai l'honneur de vous saluer avec la considération la plus
distinguée.
(A. M.) LoisoN.
Le général Bourcier au maréchal Ney.
A Nerenstetten, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Conformément aux ordres que j'avais reçus, j'étais en route
pour me rendre à Neresheim, lorsqu'en passant par Heiden-
heim, un adjudant-commandant m'a remis des ordres du major
général (lue m'a adressés le général du Taillis; à ces ordres, je
devais trouver jointes des instructions de vous; elles étaient
bien annoncées dans la lettre d'envoi, mais n'y étaient pas
456 CHAPITRE IV.
jointes. Je vis le général Baraguey-d'Hilliers qui m'en donna
connaissance et, conformément à ce qu'elles prescrivaient, je
vins avec ma division m'établir à Bolheim. A peine y étais-je
arrivé que j'ai reru, à îj h. 30, votre ordre du 17. Je me suis
mis de suite en mouvement pour me rendre à Nerenstetten, où
ma division bivouaque depuis ce matin, 1 heure, en avant et
en arrière du village.
Je vois avec bien du plaisir, Monsieur le Maréchal, la
4® divisi(m que je commande, placée sous vos ordres. Veuillez
être persuadé qu'il ne dépendra pas de moi qu'elle ne contribue
fortement pour sa part au succès de votre armée.
Depuis plusieurs jours, la division n'a reçu ni pain ni viande,
et du fromage (|u'cn petite quantité; si vous n'y voyez pas
d'inconvénient, je désirerais que vous m'autorisassiez à faire
occuper Borslingen, Sezingen et Wettingen; peut-être, trou-
verai-je quelques ressources dans ces villages. Je viens
d'envoyer quelques officiers dans quelques villages sur ma
droite, pour reconnaître s'ils présentent quelques moyens de
subsistance ; mais j'en doute fort, l'armée les occupant ou
bivouaquant en avant d'eux.
L'état de fatigue dans lequel les marches ont mis les che-
vaux, nie fait insister. Monsieur le Maréchal, pour que vous
preniez en considération le besoin où ils se trouvent.
J'ai envoyé une forte reconnaissance sur ma droite, sur la
roule d'Ulm; j'aurai Thonneur de vous rendre compte du
rapport qui me sera fait à sa rentrée.
Recevez les expressions, je vous prie, de la haute considé-
ration et du sincère attachement avec lesquels j'ai l'honneur
d'être, Monsieur le Maréchal, votre très humble et très obéis-
sant senileur.
{A. M.) BOURCIER.
Rapport à Son Altesse Sérénissime Monseigneur le prince Murât.
I^ 30 vendémiairo an xiv (22 octobre 1805).
Dans la nuit du 17 vendémiaire (9 octobre), je reçus de
M. le maréchal Ney l'ordre de mettre à la disposition du
général Dupont deux régiments de ma division. Je lui envoyai
10 OCTOBRE. 467
les ioe et 17e, commandés par le général de brigade Sahuc, qui
se rendit avec eux à Albeck pour y recevoir de nouveaux
ordres.
Le Maréchal me prescrivait aussi de me rendre à Gùnzburg
avec mes quatre autres régiments et mon artillerie. Je me
conformai à cet ordre et j'arrivai à 6 heures du matin à
Leipheim, sur la rive droite du Danube, après une marche de
nuit dans des marais et chemins tellement difficiles que j'y ai
perdu une vingtaine de chevaux qui s'y sont noyés. Plusieurs
hommes auraient également péri sans le dévouement des
dragons qui, au péril de leur vie, les ont retirés des précipices.
De Leipheim, je fus prendre position à Holzheim et Steinheim
avec le reste de ma division.
6« CORPS d'armée.
Journée du 18 vendémiaire {10 octobre).
Quartier général : GùnzbuFg.
'/••e division : Albeck.
La division a gardé sa position du 17.
Les postes avancés ont été rapprochés d'Ulm ; d'autres postes
ont été établis pour éclairer la route d'Ulm à Stuttgard et pour
assurer, par la gauche de la division, la communication avec
(funzburg par Gôttingen et Unter-EIchingen.
2^ division : Langenau.
La 2e brigade a gardé sa position du 17.
La nuit du 17 au 18, la 1'^ brigade, commandée par le
général Villate, marcha sur Ober-Elchingen pour enlever le pont
que Tennemi gardait sur ce poii^t. La brigade était précédée de
deux pièces de 8 et d'un escadron du 3® régiment de hussards
qui éclairait sa marche.
La colonne étant arrivée au village d'Unter-Elchingen, le
général Loison prit les dispositions suivantes :
Le 39e régiment a été placé en réserve sur les hauteurs de
Saint-Wolfgang.
Le fie léger a marché en colonne sur Ober-Elchingen pour
458 CHAPITRE IV.
gagner la chaussée qui conduit au pont sur le Danube ; les deux
compagnies de voltigeurs et celles des carabiniers ont flanqué
la gauche du régiment et ont côtoyé les bois et les marais qui
bordent le fleuve.
L'escadron de hussards s'est dirigé sur un poste avancé qu'il
a enlevé sans résistance, et se portant ensuite droit au pont, il
a pris de même un officier et quelques hommes qui se trou-
vaient sur la rive gauche.
Le pont était défendu par un bataillon de Sporck, fort de
()00 hommes et par une pièce de canon. Cette troupe a été
effrayée de Tattaque impétueuse des hussards, conduits par le
capitaine Schasnier, mais (|\ielques planches ayant été retirées
du pont, les hussards furent obligés de se retirer pour attendre
rinfanterie ; alors ils essuyèrent un feu de mousqueterie et de
mitraille.
Les voltigeurs et les carabiniers du (>« régiment d'infanterie
sont arrivés et ont marché sur le pont au pas de charge. Ils
s'en sont emparés malgré le feu très vif de l'ennemi, qui a été
obligé de prendre la fuite et d'abandonner son canon.
Le (Je régiment est arrivé pour soutenir ces braves compa-
gnies et il a été témoin de leur triomphe.
Le résultat de cette affaire est la prise du pont d'Elchingen,
celle de 57 Autrichiens, dont un officier et d'une pièce de
canon, 10 à 12 tués ou blessés.
3^ division : Gùnzburg.
A 9 heures du matin, la division a quitté sa position qu'elle
avait prise à la pointe du jour, en arrière de la Gùnz, et a
occupé les cantonnements suivants :
Le 2o« léger et l'escadron de hussards à Leipheim.
Le 27® régiment à Bubisheim.
Le oO« — à Reiserisburg.
Le 59« — à Giinzburg.
Le parc de la division, en arrière de la ville.
Cavalerie légère. — Dans sa position du 17, ayant 50 hommes
du !«>* régiment de hussards, près do Bernstadt; 50 hommes du
iO'^ de chasseurs, près de Horselfingen; 50 hommes du 3« de
hussards, à Witthau et Morizon, pour éclairer la route de
Bernstadt à Ulm.
10 OCTOBRE. 459
Division Gazan : Gundelfingen.
La V^ brigade, en avant de Gundelfingen.
La 2« — , à la gauche de cette ville.
Division de dragons : Langenau.
2 régiments près d'Albeck.
4 — à gauche de Langenau.
Division de dragons à pied. — La division en arrière de
Stotzingen, ayant 4 compagnies à Brenz, 2 compagnies à Son-
Iheim, 3 compagnies à Lonthal et 4 compagnies à Medlingen.
Le maréchal Ney à l'Empereur.
Gunzburg, le 18 vendémiaire an xiv(10 octobre 1805).
La division du général Malher a fait meneille hier. Généraux,
officiers ci soldats, tous se sont couverts de gloire h Tattaque de
Giinzburg. Le r)9« a ouvert la marche, a de suite enlevé le pont.
L'cslimahle colonel Lacuée à sa tête a été tué. L'affaire devint
bientôt générale, parce que les Autrichiens avaient au moins
30,000 hommes sur ce point, commandés en personne par
Tarchiduc Ferdinand ; le maréchal Mack y était également avec
quatorze généraux.
Ce matin, nos troupes ont définitivement pris position au delà
de Giinzburg, n'ayant jamais abandonné le pont et la rive droite
du Danube.
Le résultat de cette brillante affaire est la prise de cinq pièces
de canon, de 1200 prisonniers et 300 à 400 blessés restés ici.
11 y a eu au moins 1000 hommes de tués à l'ennemi. Le général
baron d'Aspre que j'envoie à Votre Majesté, pourra, s'il le juge
convenable, lui dire que Tarmée autrichienne était disposée à
faire un grand effort sur mon corps d'armée, mais l'attaque de
Giinzburg a tout déjoué. La retraite des Autrichiens s'effectue
sur Biberacb.
,1e viens de donner ordre : au général Dupont, commandant
la i'- division, de s'approciier d'UIm et d'en faire le blocus par
la rive gauche du Danube ; je lui laisse deux escadrons du
ler hussards et deux régiments de dragons de la division du
460 CHAPITRE IV.
général Bourcier; au général Loison, de partir sur-le-champ de
sa position de Langenau pour venir s'établir au-dessus de
Gùnzburg dans la direction de Lcipheim. Quatre régiments de
dragons, commandés par le général Bourcier, ont ordre de le
suivre, ainsi que le 3® de hussards et le 10« régiment de chas-
seurs à cheval.
Je laisse à Stotzingen la division de dragons à pied, aux ordres
du général Baraguey-d'Hilliers, ainsi que la division Gazan à
Gundelfmgen, f)our pouvoir se porter sur la rive droite du
Danube, soit par Gùnzburg, soit par Lauingen ou Dillingen.
J'attends les ordres de Votre Majesté Impériale et je la supplie
d'agréer le profond respect de son plus (idèle sujet.
Ney.
Le maréchal Berthier au maréchal Ney.
ZasmarshauscD, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805),
à B heures du soir.
Monsieur le Maréchal,
L'Empereur vient d'apprendre par le général Savary les détails
de voire glorieux combat ; il reste actuellement à prendre pos-
session d'Ulm, ce qui est important sous tous les points de vue.
Sa Majesté vous laisse le maître de marcher comme vous l'en-
tendrez pour arriver à ce but : cernez, dans la journée de
demain, Ulm.
Les dragons à pied continueront à rester sous vos ordres, vous
les placerez à Gimzburg, sur l'une et l'autre rive, et ils seront
en position de se porter où ils pourraient être nécessaires.
Immédiatement après qu'Ulm sera pris, vous n'attendrez pas
de nouveaux ordres pour agir; vous y laisserez un officier du
génie pour achever les travaux que les Autrichiens ont com-
mencés.
Vous vous dirigerez sur Memmingen, ou sur tout autre point
où se serait porté l'ennemi, et le suivrez le plus possible.
Les points de Mindelheim et de Landsberg seront occupés en
force : Mindelheim, par le maréchal Lannes; Landsberg, parle
maréchal Soult; on se portera, s'il le faut, sur Kempten ou sur
Fùssen; ne manquez pas, arrivé à Ulm, de m'envoyer tous les
10 OCTOBRE. 461
renseignements possibles sur la force de Tennemi, le nombre
des corps et leur direction.
L'Empereur vous recommande de faire marcher et de faire
donner vos divisions en masse. Vous pourrez laisser la division
de dragons à pied à Ulm et, selon les circonstances, vous êtes
autorisé à ne laisser à Ulm (ju'une partie de cette division, et à
faire marcher le reste avec vous pour servir de réserve.
Comme 1 Empereur va se porter à Munich, où nos troupes
arrivent ce soir, afin d'y attendre les Russes qui viennent de
déboucher, il laisse le commandement de toute la droite, con-
sistant dans le corps du maréchal Lannes, du vôtre et de la
réserve de cavalerie, au prince Murât.
Adressez vos rapports au •maréchal Murât, ce qui n'empê-
chera pas que vous correspondrez directement avec l'Empereur
et avec moi.
Ce soir, d'Augsburg, l'Empereur vous écrira quand il aura lu
votre rapport.
Maréchal Berthier.
Note.
Zusmarshaasen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Ordre aux troupes de M. le maréchal Lannes de se rendre à
Mindelheim demain 19.
Même ordre au maréchal Murât.
L'Empereur a donné le commandement de sa droite, consis-
tant dans les corps commandés par les maréchaux Ney et
Lannes, et la réserve de cavalerie, au prince Murât.
La division Gazan entre sous les ordres du maréchal Lannes.
Maréchal Berthibr.
Le maréchal Berthier k Son Altesse Sérénissime le prince Murât,
Zusmarshauson, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
L'intention do TEmpereur est que la division Nansouty parte
462 CHAPITRE IV.
demain, à la pointe du jour, pour se rendre à Augsburg, ou
elle recevra des ordres de Tétat-major général.
Vous vous rendrez demain, de votre personne, à Mindelbeim.
Vous aurez les commandements directs des corps des maré-
chaux Ney et Lannes, formant la droite de Tarmée. Vous les
dirigerez de manière à ce qu'ils se secourent mutuellement et
fassent le plus grand mal possible à Tennemi. Tous les ordres
passeront à ces géi^éraux par votre état-major; mais ils pour-
ront écrire directement à l'Empereur ; bien entendu qu'ils
s'adresseront à vous pour tout ce qui est du service.
Marchez avec précaution et donnez toujours en masse.
A Maréchal Bbrthibb.
Rapport sur les marches et opérations de la réserve de cavalerie.
Le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Sa Majesté partit le matin pour Augsburg.
Le corps d'année marcha sur Burgau; l'ennemi qui, la veille,
l'avait occupé avec environ 20,000 hommes, l'abandonna et se
retira sur Ulm.
La 3« division de dragons fut envoyée sur la route de Min-
delbeim avec le 10» régiment de hussards.
La l""® division de grosse cavalerie fut détachée du corps
d'armée et se rendit à Augsburg.
Marches et rapports historiques de la 1^ division
de dragons montés.
Le 18 Tendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Le "ii)^ régiment est monté à cheval, à midi, pour se rendre à
Burgau ; à 1 heure, le 4« et le 14^ l'y ont suivi ; le soir, la
i^^ brigade et le quartier général s'y sont également rendus.
10 OCTOBRE. 463
Le général Compans au général Oudinot
Zusmarshaasco, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Général,
M. le maréchal commandant en chef vous charge de faire
rentrer Tescadron de chasseurs qui a été détaché hier à
Binswangen, votre quartier général, et de lui faire rejoindre sa
brigade.
COMPAMS.
Le général Compans au général Suchet
Zusmarshauson, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Un adjoint de Son Excellence M. le major général vient
d'apporter à l'instant, à M. le maréchal Lannes, qui est absent,
Tordre de faire partir de suite le 17^ régiment d'infanterie
légère et do le diriger par le chemin le plus court sur Burgau.
Ce régiment doit marcher sans artillerie ; je vous prie, mon
Général, de faire mettre de suite cet ordre à exécution et d'en
rendre compte à M. le Maréchal.
J'ai demandé à la disposition de qui serait le 17® régiment;
pour le moment on n'a pu répondre à cette question. Je crois
pourtant pouvoir vous dire que Son Altesse Sérénissime le
|)rince Murât est sur le point de Burgau, qu'il y commande; au
surplus, nous aurons sans doute la solution de cette question
avant Tarrivée du régiment à sa destination.
Uien de nouveau juscju'à présent pour le reste de votre
division. Je me félicite, mon Général, d'avoir de nouvelles
occasions de vous assurer de mes respects.
Compans.
P.'S. — M. le maréchal sera lui-même à Burgau; le i7« doit
être conduit par un général de brigade; M. le maréchal vient
de me le faire dire à l'instant.
464 CHAPITRE IV.
Le général Compans au général Suchet
Zosmarshaaseii, le 18 Yendémiaire an xnr (10 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Je reçois à Tinstant Tordre de M. le Maréchal commandant
en chef de révoquer le départ du !?• régiment d'infanterie
légère et de le laisser dans sa position. Veuillez, je vous prie.
Monsieur le Général, faire exécuter cette disposition.
M. le Maréchal désire que vous fassiez manger la soupe à ce
régiment, d'où j'augure qu'il pourra peut-être en disposer dans
la journée.
Compans.
Le général Compans au général Suchet
Zasmanhaaseo, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon Général,
D'après les ordres de M. le Maréchal commandant en chef,
veuillez bien donner les ordres pour que la division que vous
commandez se mette de suite en marche sur Zusmarshausen.
11 serait nécessaire que vous arriviez ici avant votre colonne,
afin de recevoir de M. le Maréchal les ordres pour votre marche
ultérieure.
Compans.
Le général Compans au général Suchet
Zusmanhaasen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
D'après les dispositions arrêtées par M. le Maréchal comman-
dant en chef, la division à vos ordres doit partir sur-le-champ
de ses cantonnements d'Altenmimster et de Werlenschwang
pour se rendre le plus promptement possible, mais en prenant
toutefois (|uelque repos dans la nuit, à Mindelheim, en passant
par Zusmarshausen, Steincnkirch , Dinkelscherben, Ziemets-
hausen et Kirchheim.
Vous prendrez, à votre passage à Steincnkirch, le lO* régi-
ment de hussards qui sera provisoirement sous vos ordres.
10 OCTOBRE. 465
Je préviens de ces dispositions . le colonel de ce régiment par
la lettre ci-jointe, qnc je vous engage à lui faire remettre assez
tôt pour qu'il soit prêt au moment où vous désirerez le mettre
en marche.
M. le maréchal désire que vous laissiez à Zusmarshausen
tous les bagages et voitures de vivandiers de la division^ sous
la conduite de votre vaguemestre, qui prendra les ordres de
l'adjoint à Tétat-major Oudry, qui est chargé provisoirement
des fonctions de vaguemestre général du corps d'armée.
M. le maréchal vous donnera des ordres ultérieurs avant votre
arrivée à Mindelheim.
COMPANS (1).
Le général Compans au général Oudinot.
Zusmarshausen, lo 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
D'après les dispositions arrêtées par M. le maréchal comman-
dant en chef, la division à vos ordres, à Texccption toutefois de
la brigade Mortier, qui continue d'être à la disposition de
Son Altesse Sérénissime le prince Murât, doit se mettre en
marche demain matin à 0 heures, pour se rendre à Mindelheim,
en passant par Stcinenkirch, Dinkelscherben, Ziemetshausen
et Kirchheim.
Les deux régiments de chasseurs et Tartillerie doivent suivre
ce mouvement. M. le maréchal désire que vous laissiez ici tous
les bagages et voitures de vivandiers de la division, sous la
conduite de votre vaguemestre, qui prendra les ordres de
l'adjoint à Tétat-major Oudry, qui est chargé provisoirement
des fonctions de vaguemestre général du corps d'armée.
M. le maréchal vous donnera des ordres ultérieurs avant
votre arrivée à Mindelheim.
il me charge de vous dire que Son Altesse Sérénissime Mon-
seigneur le prince Murât lui a assuré qu'il vous rendra sans
retard la brigade Mortier.
Compans.
(i) Le ^éin'ral Compans réclanir également à la division Suchct des
situations.
III. 30
466 CHAPITRE lY.
Le général Compans au général Beaumont
Zusmarshausen, le 18 vcndt^miaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon Général,
M. le maréchal commandant en chef vient de recevoir votre
lettre; il me charge de vous mander en réponse que, d'après les
dispositions qu'il a arrêtées, la division à vos ordres doit partir
d'Osbach demain matin, à G heures, pour se diriger sur Mindel-
heim en passant par Zusmarshausen, où elle prendra son artille-
rie, Sleinenkirch, Dinkelscherben, Ziemetshauscn et Kirchheim.
M. le Maréchal vous adressera des ordres ultérieurs avant l'ar-
rivée de la division à Mindclheim.
Les circonstances lui paraissant commander que les divisions
soient dégagées de toute espèce de bagages et voitures de vivan-
diers, il en a ordonné la réunion ici pour ce qui concerne son
corps d'armée, et il vous engage à prendre le même parti pour
jue qui concerne la division à vos ordres.
Votre vaguemestre pourra prendre les ordres du capitaine ad-
joint Oudry, que M. le maréchal a désigné pour remplir les
fonctions de vaguemestre général du corps d'armée.
COMPANS.
Le général Gompans au général Foucher.
Zusmarshausen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Général,
Je vous préviens (|iic le corps d'armée se mettra en marche
demain malin, à (» heures, puur se diriger sur Miudelheim en
passant par Steinenkirch , Dinkelscherben, Ziemetshausea et
Kircliheini.
M. W. maréchal vous charge de donner des ordres pour faire
suivre le parc d'artillerie en toute diligence.
Tous les bagages du corps <rarmée devant être réunis ici sous
la direction de M. Oudry, eapilainc adjoint à F état-major général,
chargé provisoiremenl des ronctions de vaguemestre général.
10 OCTOBRE. 461
M. le maréchal ordonne que ceux qui pourraient se trouyer au
parc de rarlillerie se conforment à cette disposition.
M. le maréchal montera h cheval de bonne heure.
G0MPAN8.
Le général Compans à M. Oudry, adjoint à /'état-major.
Zusmarshaluen, le 18 Tcndémûdre an xrv (10 octobre 1805).
Monsieur,
Je vous préviens que M. le maréchal commandant en chef
ayant jugé à propos de réunir demain, à Zusmarshausen, tous
les bagages du corps d*armée et voitures de vivandiers, vous a
désigné pour remplir provisoirement les fonctions de vaguemestre
général.
Je préviens de cette disposition les vaguemestres des divisions
Suchet, Oudinot et Beaumont qui doivent prendre vos ordres.
Choisissez un local où vous puissiez faire parquer en ordre
toutes les voitures dont la police et l'ordre de marche vous sont
confiés, et attendez ici les ordres que je vous adresserai ultérieu-
rement de la part de M. le maréchal.
Je mets à votre disposition une ordonnance à cheval et les
gardes que MM. les généraux de division laisseront aux bagages.
Le corps d'armée se portera demain à Mindelheim ; c'est là
où vous pourriez adresser vos lettres si vous aviez quelques
comptes à me rendre ou quelques ordres à prendre de moi.
M. le maréchal compte sur votre zèle et votre activité.
GOMPANS.
Le général Compans à M. Vaat, comminairo dos guerres,
Ziiamarobausen, le 18 vendémiaire an xir (10 octobre 1805).
Monsieur le Commissaire,
Je vous préviens que le corps d'armée se met en marche
demain matin, à 6 heures, pour se diriger sur Mindelheim en
passant par Steinenkirch , Dinkelscherben , Ziemetshausen et
Kircbheim.
468 CHAPITRE IV.
Donnez vos ordres pour que ranibuLince suive immédiatement
la division de grenadiers et que le convoi de vivres et de liquides,
qui est en arrière du corps d'armée, rejoigne le plus promptement
possible ; employez, pour liAter son arrivée, tous les moyens
imaginables. M. le marécbal est plus impatient que je ne pourrai
vous rexprimer de vous voir arriver.
COMPANS.
Le maréchal Berthier au maréchal Lannes.
Augsburg, le IR vcndt^miairc an xiv (10 octobre 1805), à miDait.
Tous les renseignements que TEmpereur reçoit le portent à
croire (jne Tennemi vient livrer bataille à Ulm ou un peu plus
baut. Les renseignements, d'ailleurs, du combat de Gûnzburg,
ne sont pas tels que Sa Majesté l'espérait. L'Empereur pense
donc que vous devez passer par le même cbemin qu'a tenu le
prince Murât, c'est-à-dire par Burgau, afin de vous tenir tou-
jours à portée du marécbal Ney et que, s'il faut se battre, vos
deux corps se battent réunis.
Enfin, si l'ennemi file par Memmingen, il se trouvera arrêté
à Landsberg.
Donnez cette nouvelle direction à votre corps d'armée et
tenez-vous toujours prêt à tomber sur l'ennemi avec les autres
corps d'armée. Donnez nouvelle de cela au prince Murât; d'ail-
leurs, c'est à lui à juger, d'après les circonstances, qu'il ne faut
pas se précipiter, (jue si rennemi était en grande force et résolu
à livrer ))ataille devant Ulm, vous devez marcber lentement et
ne vous battre (jue dans le cas où vous seriez parfaitement en
mesure.
Marécbal Bbrthibu.
Le général Compans au général Suchet.
Zusmarshauson, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
D'après de nouvelles dispositions ordonnées par Sa Majesté
rEmpereur, M. le maréchal commandant en cbef me cliarge de
révcxjuer l'ordre donné à l'instant à votre division de se rendre à
Zusmarsbausen pour en recevoir de nouveaux.
Compans.
10 OCTOBRE, 469
Le général Compans au général Fauconnet,
commandant la brigade des chasseurs à cheval.
Zusmarshauson, le 18 veadémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Vous pouvez faire reposer vos chevaux et les faire débrider.
I/cscadron du 21^ régiment de chasseurs à cheval, qui avait été
laissé à Binswangen, part actuellement d'ici pour rejoindre son
régiment.
Compans.
Le général Compans à M. Vast, commissaire ordonnateur.
Zusmarshauson, lo 18 vcndiîmiairo an xiv(10 octobre 1805).
Monsieur le Commissaire,
Je connais la destination d'une ambulance; il me suffit de
savoir (ju'il } en a une de formée dans le corps d'armée, pour
(|ue je lui transmette les ordres de M. le maréchal quand il y
aura lieu.
Compans.
Le général Compans au général de brigade Claparède,
Zusmarshausen, le li vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Général,
M. le maréclial Lannes, commandant en chef, désirant vous
mettre à même de figurer avec avantage devant Tennemi, me
charge de vous annoncer, en attendant l'organisation définitive
des grenadiers, que son intention est que vous alliez prendre le
commandiîment de 2,()()0 chasseurs avec deux pièces d'artillerie
dans la divisicm aux ordres du général de division Suchét, fai-
sant partie du Ti^ corps de la Grande Armée.
Vous irez prendre les ordres de M. le général Suchel, que
vous trouverez à son quartier gjfenéral, à Zusmarshausen.
470 CHAPITRE IV.
M. le maréchal me charge, mon cher Général, de vous
annoncer qu'il saisit cette occasion a\'ec plaisir pour vous
prouver combien est grand Tintérêt qu'il vous porte.
G0lfPÂN9.
5<' CORPS D* ARMÉE.
Journée du 18 vendémiaire (10 octobre 1805).
Division de cavalerie,
La brigade de hussards continue d*ètre détachée sous les
ordres de Son Altesse Sérénissime le prince Murât.
La brigade de chasseurs n'a pas fait de mouvement. L'esca-
dron détaché à Binswangen est rentré à son régiment.
Division de grenadiers.
Les brigades aux ordres des généraux Dupas et Ruffin n'ont
pas fait de mouvement.
La brigade aux ordres du général Laplanche-Morticres con-
tinue d'être détachée aux ordres de Son Altesse Sérénissime le
prince Murât.
L'artillerie et les sapeurs n'ont pas fait de mouvement.
2« division (général Gazan).
La 2« division continue d'être détachée sous les ordres de
M. le maréchal Xey. ^
Division aux ordres du général Suchet,
Cette division est passée le 18 (/O octobre) sous les ordres de
M. le maréchal commandant en clief. Elle occupait les canton-
nements de Wcrlcnschwang et de Altenmûnster, où elle était
arrivée dans la journée, lorsqu'il lui donna l'ordre de les quitter
pour aller bivouaquer en avant de Steinenkirch; elle passa la
nuit dans cette position.
Division de dragons aux ordres du général Beaumont,
La division aux ordres du général Beaumont est aussi passée
10 OCTOBRE. 471
\g iH (10 octobre) sous ceux de M. le maréchal commandant en
chef. VAle a hivouaqué ce jour-là à Auerbach.
Parc d'artillerie.
Le grand parc d'artillerie du corps d'armée est arrivé le 18
{iO octobre) à Wertingen.
RÉSERVE DE CAVALERIE.
Ordre.
Burgau, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobi*e 1805).
Le corps d'armée qui se trouve à Burgau partira sur-le-champ
pour se diriger sur Weissenhorn et, comme il est présumable
que ce poste est occupé par l'ennemi, on devra s'en approcher
avec la plus grande précaution et beaucoup d'ensemble.
On marchera dans l'ordre suivant : le 9« régiment de hus-
sards formera l'avant-garde et éclairera la marche toujours au
moins à une lieue en avant en se flanquant de droite, devant
communiquer avec les troupes légères de M. le maréchal Ney et
s'étendant le long de la Biber. En arrivant sur cette rivière ainsi
que sur la Uotli, les flanqueursde gauche communiqueront avec
ceux de droite du 10^ régiment de hussards, qui remonte la
Mindel.
Tous les équipages resteront à Burgau.
La brigade de M. le général Mortières, précédée d'un régiment
de dragons, marchera ensuite et emmènera avec elle son artil-
lerie.
La division du général Klein fermera la marche, ayant son
artillerie à la suite de son premier régiment.
M. le général Treillard prendra provisoirement le commande-
ment de la cavalerie légère de la brigade du général Mortières,
comme le plus ancien général.
Mur AT (1).
(1) Il est probable qu'un contre-ordre de Berthier, que nous n'avons
pu retromcr, a suivi de près Tonlre daté de Zusmîirshausen, 18 vendé-
miaire, et a dirigé Murât sur Weissenhorn au lieu de Mindelhcim.
472 CHAPITRE IV.
Zasmtnh&aien, le 18 Tendémiaire an xrv (10 octobre 1805).
Ordre au grand quîirtier général de se rendre à Augsburg(i).
Maréchal Berthibr.
Le général AndréOBsy au général Mathieu Dumas,
Général,
Je vous préviens que le quartier général part aujourd'hui, à
A heures, pour se rendre à Mertingen, d'où il partira demain, de
très bonne heure, pour Augsburg.
J*ai Thonneur de vous saluer.
Pour Vaide-major général^ chef de V état-major général :
L Adjudant-commandant^
{Sans date.) Hastrbl.
Bugeaud à Mf^ Phillis de La Piconnerie.
Ma chère Amie,
Je ne suis resté qu'un jour à Strasbourg; nous avons passé le
Rhin et fait des marches forcées qui nous ont beaucoup fatigués.
Nous partons tous les jours de grand matin et nous ne nous ar-
rêtons que lorsqu'il est nuit. Toute Tarmée marche avec la même
vigueur et notre petit homme conduit la barque avec une vitesse
surprenante. Il faut avoir hon pied pour seconder son génie actif.
Tu jugeras de la rapidité avec laquelle nous avons marché,
quand tu sauras qu'en sept jours nous avons fait 80 lieues, ce
qui est beaucoup pour des troupes chargées, car, outre notre sac,
(I) Î/Empereur sera logé h Augsburg, chez l'ancien Électeur de
T^^vos (4'^ bulletin). La Garde reste à Augsburg.
10 OCTOBRE. 473
nous portons sur notre dos tous nos ustensiles de campagne,
marmites, bidons, pioches, bêches, etc.
Je suis absolument éreinté et je ne conçois pas comment le
corps peut résister à des fatigues si continuelles. Encore si, en
arrivant au logement, nous avions un bon lit ; mais pas du tout,
nous n'avons qu'un peu de paille, qu'il faut encore attendre trois
ou quatre heures et, souvent, on ne peut se coucher que dehors,
auprès d'un feu. La faim est encore un autre tyran. Juge si
iO,(K)0 liommes arrivant dans un village peuvent trouver facile-
ment chacun de (juoi manger. Ce qui me cause encore de la
peine, ce sont les vexations et les vols que Ton fait aux paysans :
leur volaille, leur bois, leur lard leur est enlevé de gré ou par
rapme. Je ne fais pas ces choses-là, mais quand je suis bien af-
famé, je t()lère en secret et je goûte bien ma part du vol. Tout
ceci prouve hien que jusqu'à présent je n'avais vu que des roses.
Ne crois pourtant pas, malgré le dégoût que je parais expri-
mer, que je manque de force et de courage pour supporter tous
ces maux. Au contraire, je les endure avec patience, et je fais
mes ellorts pour /emplir mon état avec honneur. Je t'assure que
je mourrai ou (|ue je me distinguerai. Je me sens le plus vif désir
de gagner la croix de mérite : Une s'agit que de trouver une oc-
casion.
On s'est déjà battu et les avantages ont été pour nous. Le 16,
on a fait 4,000 prisonniers que j'ai vu défiler ; il y avait beau-
coup d'officiers qui avaient fort bonne mine ; plusieurs étaient
couverts de sang.
On assure que le général (s2c)Murattientencore 11,000 hommes
blocjués à 3 lieues d'ici et que, demain, nous marchons pour dé-
terminer plus promptement leur reddition.
No sois pas étonnée si je reste longtemps sans t'écrire, peut-
otre deux mois.
Adieu, ma chère Sœur.
Ton frère,
Thomas (1).
(I) Comto d'Ideville, Le maréchal Bugeaud, torae I, page 91.
474 CHAPITRB IV.
Le maréchal Btrthier au maréchal SoulL
Augtbnrr. le 18 Tendémialrp an ut <I0 octotav inOéy
i )rdrc au inan^clial S(»ult de se porter de Friedberg sur I
berg, dès demain matin. Lui annoncer qiril aura la di\»ioB de
dragons du général Walther, provisoirement sous ses ordres 1)
Maréchal
Ordre dé mouvement.
AoRibonr, la IS ▼end^iiii* u inr (i<i oetobrt IMM.
Los di\isit»ns du corps d'armée loveront les divers camps
<]u'o]|i's ocrupent aux environs dWugsburg demain 19. a la poiatr
du jour, pour so diriger sur Landsberg en passant par llauoslel-
tcn et Lcrhfild.
La .'{« division fttrniera trte de colonne, et fournira la^ant-
gîirdo.
La i** di\isi(»n ni.irrliora ensuite et, après elle, la l'^.
L'a\ant ;:.-into sera l'nniposco de i t>ataillons d*infanierie légère
de hi .')'" di\ isiiin. de '1 pièees de t cl du H« régiment de hussards.
Le 2(î''de eliasseurs a clio\al marchera avec cette a vanl-frarde
Jusi]u'a ee que le H" de hus>ards ait pu la joindre ; après, il rea-
trera a la l»ri::a«le de ea\aleiîe lé:;ère.
Le gêuerui de hrig.idf Merle commandera Tavant-garde, sous
les onlre> de M. le u'enriiil Legraiid.
La di\isinii de i*:i\;ilerie légère, a\ec son artillerie, marchera
ininiédiiitenieiil apn'N l'a\ant-garde.
La ± di\isiiiri de (IniirunN. eiuiunandée parle général Walther.
iii.'inlieni iiuMii-di.'iteiii«nt apri's |e> brigades de bataille de la
',\" (li\iNi(in
M. le LiriiiT.'tl WaltliiT xondra bien régler les mouvements de
n;i ti-iiipe do ni:mii-rr .i «*** qu'elle soit rendue à liaunstetten a
li lu-lires pn'riNi>s du in;itiri.
MM. I«'s ::. m r.iiix \ iiiiihiiiiuie et Saint-llilaire régleronl les
■ 1; M.' III. 'M- • Miir.M .t .1 Wilth.r.
10 OCTOBRE. 475
mouvements de leurs divisions respectives, de manière que la
tiHe de la ^^ arrive à 7 heures à Haunstetten et la tête de la i*^
à 8 heures, au même endroit, afin que la marche du corps d'ar-
mée s'opère sans interruption.
Le parc du corps d'armée marchera après lai '^division et sera
gardé par elle.
Tous les équipages des troupes et des généraux resteront à
Augshurg jusqu'à nouvel ordre.
Les chefs de corps y pourront laisser 25 hommes par régiment,
commandés par un officier, pour veiller à leur garde, mais ils
auront soin de choisir pour cet eiïet les militaires les plus éclopés,
qui auraient de la peine à suivre. Le vaguemestre général
restera avec les équipages, veillera à leur réunion, et ^ fera
pourvoir des subsistances nécessaires les hommes et les che-
vaux qui y sont attachés.
La position des divisions et le quartier général de Tarmée
seront indiqués par un nouvel ordre lorsque la troupe appro-
chera de sa destination.
L'eau-de-vie sera distribuée demain à 5 heures du matin, et
l'ordonnateur en chef prendra les mesures nécessaires pour
(lu'il soit en même temps délivré une ration de pain par
homme, et le riz qui existe en magasin. Pour cet effet, il fera
prendre tout le pain provenant des réquisitions faites tant à
Augshurg (|ue dans les communes environnantes, qui sont à sa
disposition ou chez les boulangers affectés au corps d'armée.
Pa7' ordre de M. le maréchal Soult :
Sallig'ny.
Le général Salligny aux généraux commandants
les 2« et 3« divisions, — Circulaire,
Augsburg, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Je vous préviens que votre division marchera sous peu,
veuillez bien la tenir prête; je vais vous faire transporter au
camp tout le pain dont on peut disposer ici.
476 CHAPITRE IV.
L'ordonnateur m*a dit que vous aviez déjà de Tean- de-vie; si
cela est, vous Tavez sûrement fait distribuer.
Sallignt.
Le général Salligny au Général commandant d'artillerie.
Âa^bnrg, le 18 vendémUire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Général,
M. le maréchal commandant en chef vous invite à envoyer à
l'état-major jrénéral un état des chevaux nécessaires pour rem-
placer ceux qui manquent aux attelages des équipages des divi-
sion^, à l'artillerie léircre et au parc du corps d'armée, afin que
les réquisitions en soient faites. Vous comprendrez dans ces
états les chevaux hors de service.
Je vous préviens que, d'après Tordre de M. le maréchal, j'ai
invité le commissaire ordonnateur en chef à faire délivrer la
viande pour deux jours h la compagnie d'artillerie sous les
ordres du général Margaron ; l'ordonnateur, à qui j'ai commu-
nic|ué votre lettre relative aux vivres tjui n'ont pas été délixTés à
rartillerie. a reçu l'invitation de leur faire fournir sans délai.
Salligny.
Le général Salligny au Commissaire ordonnateur.
Augsburg. lo IS vendémiaire an iiv (10 octobre 1805).
Mon cher Ordonnateur,
Je vous préviens que les ordres du maréchal sont que Thôpital
d'Hcilbronn soit évacué : (jue les hommes t|ui s'y trouvent soient
dirigés sur leurs corps s'ils "^ont en état de rejoindre ou dirigés
sur les hôpitaux de Hall, d'Ellwangen ou de ceux qui pourraient
être établis dans les places (lui se trouvent plus rapprochées de
la ligne d'opération.
D'après cette disposition, les tjfliciers de santé militaire qui
avaient été chargés de l'hôpital militaire d'Heilhronn en seront
retirés, mais M. le maréchal ordonne qu'il soit signifié aux
magistrats de tenir ces établissements prêts à Mre ouverts si
les circonstances l'exigent.
10 OCTOBRE. 477
Le maréchal vous charge d'écrire aux directeurs des hôpitaux
des places sur la rive gauche du Rhin de diriger sur leurs corps
et par convois les militaires du corps d'armée qui y sont en
traitement, lors(|u'ils seront rétablis.
Donnez des ordres précis et rendez compte au maréchal de
l'exécution de ces dispositions.
Salligny.
Le général Salligny aux Commandants des détachements
des 18-, 36% 43% 46' et 88\
Augsburg, lo 18 vendémiaire an Xiv (10 octobre 1805).
Monsieur,
Vous voudrez bien partir avec votre détachement le lende-
main de votre arrivée à Heilbronn, pour rejoindre votre régi-
ment, en passant par Hall, Ellwangen, Nôrdlingen et Donau-
worlli, où vous prendrez des renseignements de rofficier
supérieur (pii y commande, afin de vous diriger de suite sur
votre corps.
SAlugny.
Le général Salligny à M. le chef de bataillon Boy,
commandant à Heilbronn.
Augsburg, !♦' 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Commandant,
Vous trouverez ci-jointes diverses lettres pour les comman-
dants de détachements qui doivent arriver successivement à
Heilbronn pour rejoindre les bataillons de guerre des corps dont
ils font partie; nous voudrez bien les déposer entre les mains
d'une personne à Heilbronn en l'invitant à les faire remettre à
leur adresse à l'instant de l'arrivée de chaque détachement.
Je pense quv vous aurez dirigé par HaH, Ellwangen et Donau-
\v()rth sur l'armée, tous les détachements (pii seront arrivés à
Heilbronn, notamment celui de 150 hommes du 88® régiment;
celui de pareille force du 17® d'infanterie légère; celui de
100 hommes du 18*^ de ligne et celui de ()0 hommes du 4® régi-
478 CHAPITRE IV.
ment, les trois premiers ayant dû s'y rendre le 9 et le quatrième
le 10 de ce mois; s'ils s'étaient arrêtés à Heilbronn, vous leur
donneriez Tordre d'en partir sur-le-champ pour rejoindre leurs
corps respectifs.
Salliont.
Le général Salligny à rOrdonnateur en chef.
Augsburg, lo 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Ordonnateur,
M. le maréchal a reçu votre lettre de ce soir relative aux
3(K) paires de souliers reconnues par l'inspecteur de l'habUle-
ment : je les mets à la disposition de M. le général Legrand
pour les corps de sa division qui en ont le plus besoin. J'écris
au général Legrand de les faire prendre chez vous ce soir
même, je vous invite à les faire réunir pour qu'elles soient
remises aux personnes qui se présenteront pour les recevoir.
SaLLIGiNY.
Le général Salligny au Commandant de la force publique.
Aagsburg, le 18 vcndcmiairo an xiv (10 octobre 1806).
Commandîint,
Vous voudrez biou, conformément aux instructions de M. le
maréchal commandant en chef, faire inscrire sur un registre
particulier les noms de tous les prisonniers qui seront faits par
lo corps d'armée ainsi que ceux des déserteurs qui y arriveront.
Ce rctristrc sera divisé en {) colonnes : la l** contiendra les
noms et prénoms; la :i« le lieu de naissance: la S^TAge; la !•
lo irrado : la o« lo régiment : la (»• indi(|uera s'ils sont prisonniers
ou déserteurs: la 7« le lieu où ils ont été pris ou celui de la
désertion : la S« la date do la prise ou do la désertion : la 9« la
direction qui leur sera donnée.
Vous ferez connaître à M. lo maréchal, par un rapport parti'
oulior ohaipio fois i|ue la chose on vaudra la peine, ce que vous
rooueilleroz d'intéressant dos interrogatoires que %ous leur ferei
subir ot vous on tiendrez note pour y avoir recours au besoin.
10 OCTOBRE. 479
Je vous recommande particulièrement d'apporter le plus
frrand soin à la tenue du registre des prisonniers et déserteurs,
de veiller à ce que chaque colonne soit exactement remplie,
afin ({ue l'on puisse toujours y puiser les renseignements dont
on pourrait avoir besoin; cet objet est d'une importance
majeure.
Salligny.
Le général Salligny à M. le chef de bataillon Boy,
commandant à HeîWronn.
Augsburfç. le 18 Tendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Commandant,
Vous voudrez bion, conformément aux ordres de M. le maré-
chal commandant en chef, faire évacuer de suite Thôpital établi
à Ileilbronn et signifier aux magistrats de cette ville de tenir cet
établissement prêt à otre ouvert au premier ordre qui en sera
donné.
Vous dirigerez par Hall, Ellwangen et Donauwôrth les
malades cjui se trouveraient en état de rejoindre leurs corps et
vous leur ordonnerez de se rendre près le général commandant
à Donauwôrth, pour savoir quelle est la direction qu'ils devront
suivre et s'y rendre au plus tôt.
Quant a ceux susceptibles d'être évacués, Us le seront sur les
hôpitaux de Hall et Kllwangen ou sur ceux qui seraient établis
dans les places les plus rapprochées de la ligne d'opération;
vous re(|uerrez les moyens de transport à ce nécessaire.
D après cette disposition, les officiers de santé qui avaient
été ciiargés du service de l'hôpital militaire d'Heilbronn devront
eu être retirés ; l'ordonnateur en chef leur adresse des instruc-
tions à ce sujet.
Après l'évacuation totale de l'hôpital militaire d'Heilbronn qui
devra être terminée sur-le-champ, vous rejoindrez de suite le
(luartier général partout où il sera, en suivant la direction que
je viens de vous tracer.
Salligny.
480 CHAPITRE IV.
Le général Schiner au général Vandamme.
Mon Général,
J'ai Thonneur de vous rendre compte que je ne suis arrivé
ici qu'à 9 heures, avec i'avant-garde de votre division, ayant
été entravé dans la marche par un mouvement irrégulier tant
des troupes que des bagages qui la précédaient. Je me suis
établi dans les premières granges, en me gardant militaire-
ment, étant d'ailleurs couvert par les !'• et 3« divisions.
Il'est impossible de trouver ici quelque chose en subsistance.
Votre avant-garde aurait besoin de pain et d'eau-de-vie. J'ai
des louanges à lui donner sur sa manière de marcher et de se
conduire.
Il y a ici tous les généraux des i'« et 3« divisions de logés,
et comme l'avantrgarde n'a été établie que vers les 9 h. 30, je
n'ai pu les voir aussi tard.
J'ai l'honneur
SCHINKB.
P. -S, — Je suis logé chez le curé.
Le général Vandamme au maréchal Soult.
G^gglingen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal.
J'ai rhonneur de vous rendre compte que j'ai fait pousser
les reconnaissances jusqu'à plus de trois lieues au-dessus
dlnningen, sur la rive gauche de la Wertach, sans rencontrer
rcnnemi. Il résulte des renseignements pris dans différents
villages, (jue (puitre hussards autrichiens ont emmené hier
:2(X) chevaux dos paysans de ces environs-là et les ont conduits
du colé de Memmingen.
.l'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
Vandamme.
iO OCTOBRE. 481
Le commissaire des guerres Géant au général Vandamme.
Raisting, le 18 vend(^iDiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon Général,
J'ai eu Thonneur de vous rendre compte, hier, des difficultés
sans nombre que j'ai éprouvées à Augsburg, pour obtenir du
pain pour un jour. 11 n'a pas moins fallu, pour y réussir, que
passer la nuit entière à courir de la municipalité au magasin,
et du magasin chez les boulangers de la ville. Enfin, j'en ai
obtenu, et votre division est la seule qui en ait eu. Je lui ai
procuré aussi de l'eau-de vie pour deux jours.
Mais les peines que j'ai prises pour obtenir si peu, me
donnent des inquiétudes sur l'avenir. Tout me fait penser qu'il
me sera impossible d'assurer le service du pain, car pour me
rendre ici, j'ai parcouru dix villages, dans l'espoir de trouver de
(juoi suffire aux besoins du jour, et ce que j'ai recueilli se borne
à une centaine de pains de trois livres, que j'ai délivrés au
4G<î régiment. Rien n'annonce que demain je serai plus heu-
reux, et cette position est affreuse.
J'ai essayé d'un moyen qui produira peut-être quelque chose :
c'est de former un approvisionnement de farines, que je ferai
manutentionner par les boulangers attachés à la division. Mais
il faut d'abord réunir assez de sacs, et je n'en ai encore que
trois. Quand nous aurons eu recours à cette ressource, il faudra
la renouveler, ce qui ne pourra se faire qu'avec une force
armée suffisante pour qu'elle ait lieu sur-le-champ.
Je vous prie, mon Général, de m'accorder un détachement
de 20 hommes d'infanterie ou au mois G hommes à cheval;
demain je courrai le pays et j'aurai de la farine, et demain,
dans la nuit, je ferai cuire. Tous les jours je ferai de même, s'il
y a possibilité.
Si mes efforts sont sans succès, je vous conjure, mon Général,
de ne point m'en accuser. Mes désirs sont d'accord avec mon
devoir, et il faut que je rencontre des obstacles insurmontables
comme ceux ([ue j'ai rencontrés, pour ne pas faire donner à
la division la subsistance qui lui est due et dunt elle a tant
besoin.
J'ai l'honneur Gkant.
III. 31
48Î CHAPITRE IV.
Le maréchal Soult au maréchal Berthier.
Augsburg, le 18 veadémUire an xrv (10 octobre 1805).
Des cinq compagnies de sapeurs qui étaient employées au
4« corps d'armée, quatre sont restées à Boulogne et celle qui
reste est insuffisante pour les travaux journaliers que le réta-
blissement des ponts et des routes nécessitent.
Pour y suppléer, j'ai Thonneur de prier Votre Excellence de
vouloir bien demander Tagrément de Sa Majesté pour qu'il soit
attaché quelques autres compagnies de sapeurs au 4® corps
d'armée.
D'après les mêmes motifs, je vous prierai aussi, Monsieur le
Maréchal et Ministre, de demander à l'Empereur qu'il soit
également attaché une portion de compagnie de pontonniers
au A^ corps d'armée.
J'ai l'honneur
SouLT.
Le maréchal Soult au maréchal Berthier.
Âugsbarg, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal et Ministre,
J'ai eu l'honneur de proposer à Votre Excellence le chef de
bataillon Boy, pour occuper un des emplois de son grade
vacants dans le 34^ et le 04'* régiment; mais ma demande
n'ayant point été accueillie, j'ai l'honneur de vous prier de
vouloir bien faire délivrer <à cet officier une commission pour
être employé comme adjoint à Tétat-major du 4® corps de la
Grande Armée.
Le nombre d'oHiciers que Votre Excellence a retiré de cet
état -major est si considérable, que ceux qui restent sont insuf-
fisants pour faire le service ; j'ai donc l'honneur de vous prier
de nouveau, Monsieur le Maréchal et Ministre, de vouloir bien
pounoir à leur reinplacemcul.
J'ai rhonneur
SouLT.
10 OCTOBRE. 483
Le maréchal Davout à l'Empereur.
Aicbach, le 18 vendémiaire an xit (10 œtobre 1805).
Sire,
Jf supplie Votre Majesté de vouloir bien me permettre
•d'entrer dans <|iiel(|ues explications sur un reproche réitéré
f|irKlle \ient do me faire adresser par son ministre de la
;:uerre, sur ce ipie je n'ai pas amené de Mannheim tout le
matériel de Tartillerie qui était aiïecté au .'$• corps de la Grande
Armé»'.
M hourhes à feu et des voitures de munitions, pndonges, etc.,
ee qui formait un total de "110 voilures, ont été amenées dans
les jounires des "i et i\ \endéuiiaire (?7'?S srpiemàre), par
iiO chevaux du "1^ bataillon du train d'artillerie, et VâH) chevaux
de rri|uisition, avec l'ordre de renvoxerces derniers an corps
d'armée du trénéral Marmoiit, auquel ils appartenaient. A ce
inémt' nnire, h* premier inspecteur et le {général Faultrier
anniuir.'tji'ht que '.\M) chexaux d(^ réquisiiitui alt'ectés au .')" C(»rps
d'armée étaient en route et devaient arriver au premier
moment. Lrs WiH) chevaux de ré(|uisiti<»n ont été envoyés au
L'énéral Marmont, ctje me suis mis en marche avec MHvoi-
ture<. dnnt 21 houches à feu; J'ai laissé le reste à Mannheim
axt'c des (»fliciers d'artillerie et des eanonniers, avec Tordre de
nous rejoindre aussitôt l'arrivée des chevaux de réquisition
annoncés.
I,e ^'énéral Sorbier a écrit depuis, plusieurs fois, pour presser
J'expétlitiDn dr ce matériel. J'ai du n'attribuer qu*à la rapidité
de nos Miarchcs et aux mauNais chemins la non-arrivée de ce
qii«' la hfci'ssilé m'a obli»:é d«* laisser derrière moi ; et s'il» ne
siint pas en marche, alors les avis donnés par le pnmiier inspec-
tfur étaient inexaels: je ne pouvais les supposer tels et frapper
une réipiisition de chevaux, lorsqu'on m'annonçait une quantité
Miffi santé.
I.e ministre de la i:uerri> m'a fait aussi, de la part de Votre
M.ip-st*'. Il* reproche d a\oir n-tetiu rartillerie de la crusse cava-
leri«- qui n'i'tait attarliee que momentanément au .'I* curps
d arm«*e. Je vous supplie. Sire, de \ouloir me permettre de vous
ub^erver que e« reproche est de la deruière inexactitude.
484 CHAPITRE IV.
Lorsque j'ai eu Tordre d'envoyer à Harburg la division de cava-
lerie du général Nansouty, elle n'avait avec elle que le personnel
de son artillerie ; ce personnel a eu Tordre de la rejoindre ; les
deux pièces de 8 et Tobusier, par un malentendu arrivé à
OKttingen après le départ de la cavalerie et du 3« corps d'armée,
sont venus ici, et le général Sorbier, aussitôt qu'il en a été ins-
truit, a donné les ordres de diriger ces pièces sur Danauwôrth,
pour de là rejoindre la division du général Nansouty.
Je prie Votre Majesté de vouloir bien excuser la longueur de"
ces explications ; je ne les ai données que parce que votre
ministre m'a réitéré ces reproches non fondés.
L'armée est bivouaquée en avant de Aichach, ainsi que j'en ai
rendu compte hier à Votre Majesté, et j'attends, pour en partir,
ses ordres.
Le général Kionmayer s'est retiré sur Munich; il s'est arrêté
hier dans Taprès-midi entre cette place et Dachau; il a laissé
(|ucl(|ues avant-postes entre lui et notre avant-garde, dont les
reconnaissances ont tait ce matin quelques prisonniers à cinq ou
six lieues d'ici.
Les Russes sont annoncés à Braunau pour le 10 octobre,
aujourd'hui, et à Munich pour le iT». Ce qu il y a de certain,
c'est que le (> octobre, il n'y en avait pas encore à Braunau.
Le régiment de Gyulay a rejoint ici le général Kienmayer ;
auparavant son départ, un régiment, également en route des-
frontières pour rei«>indrc Tarmée, a rallié ce général hier entre
Munich et Dachau. Ce corps d'armée peut être, depuis ces réu-
nions, de iO,0()() à :2(),()(M) hommes. Tous les habitants sensés
peignent leur infanterie comme très découragée; ce qu'il y a de
certain, c'est la désertion; depuis vingt-quatre heures, il en est
arrivé ici une trentaine. Tous ces déserteurs, bien entendu,
annoncent cpiils seront suivis de beaucoup d'autres.
Leur cavalerie a encore un peu de moral.
Le général Kienmayer a eu dans la maison que j'habite deux
terreurs paniques, qui ne sont point dignes de la réputation dont
il jouit.
Suivant tous les rapports de Munich, et entre autres d'un
homme, que j'ai envoyé de Spire et qui commence à nie donner
do ses nouvelles, Tarmée de Souabe ne doit pas élre au delà de
40, (XM.) à .'30,000 hommes. Ces rapports dépeignent Tannée de
10 OCTOBRE. 488
rarchidiic Charles comme très nombreuse ; on la porte de 80,000
à 100,000 hommes.
J'ai rhonneur
Davout.
Le maréchal Davout au maréchal Berthier,
Aichach, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai rhonneur de rendre compte à Votre Excellence que le
corps d'armée à mes ordres attend ici ceux que Sa Majesté
voudra bien ma faire adresser.
Ce dernier séjour a fait beaucoup de bien, en permettant aux
divers parcs et convois de rejoindre le corps d'armée.
Je vous prie de me faire connaître le point sur lequel les pri-
sonniers, ainsi (jue les déserteurs, doivent être dirigés, afin que
je puisse y faire conduire ceux qui se trouvent réunis à mon
quartier général ; en cas de départ, je les laisserai sous la
garde et ^surveillance des autorités locales, qui sont également
intéressées à ne point les laisser échapper.
Davout.
P. -S. — J'invite Votre Excellence à vouloir bien adresser ses
ordres au colonel Cassive, du 48^ régiment, qui vient d'y être
remplacé, pour que cet officier supérieur puisse, en se retirant,
quitter l'armée avec honneur.
Journal de marche de la division Priant
Le 18 yendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Les deux premières divisions passent la Parr à Aiebach et
vont établir leurs bivouacs sur la crête des hauteurs moyennes
et boisées, trois quarts de lieue en avant de cette petite ville, à
la sortie de laquelle la montée est assez forte après le pont.
La 1'"- division, dont la gauche est aussi à Klingen, a sa
droite à la Parr, à Gallenbach et occupe Blumenthal.
486 CHAPITRE IV.
Nous eûmes une fausse alerte causée par le rapport d*un
officier de^ chasseurs à cheval qui crut voir une force consi-
dérnhle marchant sur nous dans quelques reconnaissances
autrichiennes. La division prend les armes; le Maréchal monte
à cheval.
D'Aichach à Klingen, la route est bonne; elle a deux montées
et deux descentes à mi-distance d'Aichach à Klingen. 11 y a un
très beau moulin sur la droite. Ce jour et les précédents, nous
eûmes beaucoup de neige fondue et de pluie.
,'<'' CORPS d'armée.
Journée du 18 vendémiaire (10 octobre 1805).
Quartier général : Aichach.
Avant-garde : quartier général : Ober-Roth.
Escarmouches en avant d'Ober-Roth, entre le i^'de chasseurs
et les uhlans.
l«"e division : quartier général : Hlumenthal.
La gauche à la route de Munich, la droite à celle d'Augsburg,
en avant d'Aichach ; elle est adossée aux bois, derrière Blu-
menthal.
2*^ division : quartier général : Klingen.
A une demi-lune en avant d'Aichach; la droite h la route de
Munich, sur la lisière des bois, entre les petits villages de
Bergen et de Mezenried.
L'artillerie de la division à Rergen.
.*i« division : ()uartier général : Inchenhofen.
Elle reste en deuxième ligne dans la mènje position que le
jour précédent.
Cavalerie légrro.
Parc.
10 OCTOBRE. 487
Le général Gudin à M. le maréchal Davout
Le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
J'ai l'honneur de vous rendre compte que ma division est
dans la même position qui a été indiquée hier; les troupes sont
très mal, vu le mauvais temps et l'isolement où se trouve le
camp.
Je fais mon possible pour me procurer un peu de pain pour
une distribution, mais je ne pourrai pas y réussir; il est dû
demain et même, à la rigueur, aujourd'hui. Si je peux réunir
2,000 rations, ce sera l'impossible. Vous voyez, d'après cela,
combien je suis en déficit.
La situation de la division est, pour :
Le 12" réi^nment, de 1 ,523 hommes et 60 officiers.
2L — 1,736 — 56 —
25« — 1,691 — 59 —
85« — 1,538 — 61 -
Artillerie v.t train 182 — 5 —
Le détîichement du 12^ chasseurs. 58 — 2 —
Totaux 6,728 — 243 —
GUDlN.
Le général de brigade Daultanne, chef de r état-major général,
au général de division Gudin, commandant la 3* division.
Au quartier général, à Aichach, le 18 vendémiaire an xiv,
(10 octobre 1805).
Mon Général,
M. le Maréchal vient de décider que tous les chevaux des
voitures qui vous ont apporté des vivres seront mis à la dispo-
sition de Tartillerie, pour en renforcer les attelages et rem-
placer les chevaux du train montés ou hors de service.
Pour régulariser cette mesure et fermer la porte aux abus,
M. le Maréchal vous invite à vous faire rendre compte du
nombre de chevaux de trait existant à la suite de votre division,
soit qu'ils aient servi au transport des vivres, soit qu'ils aient
été employés à celui des équipages et autres voitures. Ces
chevaux seront remis, par vos ordres, dans le jour, au com-
488 CHAPITRE IV.
mandant de rartillcric de votre division, qui devra rapporter
procès-verbal de ré('e[)tion, conjointement avec votre chef
d'état-major et votre commissaire des guerres. Ce procès-verbal
devra faire mention du nombre de chevaux remis, du signale-
ment de cbacun d'eux, du nom du propriétaire et lieu de son
domicile; enfin, on désignera ceu\ des chevaux qui auraient été
abandonnés par leurs maîtres.
L'officier d'artillerie de votre division prendra les ordres du
général d'artillerie Sorbier, (jui est prévenu de cette mesure,
pour l'incorporation dans les bataillons du train, servant à votre
division, des cbevaux (jui seront nécessaires pour remplacer
ceux uni sont morts, ou renforcer les attelages de votre artillerie
et lui remettre l'excédent pour servir au parc de réserve de
l'armée.
M. le Maréchal a remar(|ué avec peine que le nombre des
voitures s'accumulait à la suite des divisions; il me charge de
vous rappeler les ordres (ju'il a déjà donnés pour réduire à deux
voitures par régiment les transports des équipages des corps ;
il en t'xig^î la plus stricte exécution; il donne lui-même le
premier exemple de la réduction de ses équipages au plus strict
nécessaire, et il est persuadé que MM. les officiers généraux et
les cohmels s'empresseront de le suivre, en laissant sur les
derrières et à la suite de l'armée, des voitures (|ui ne servent
qu'à on appesantir la inarcbc.
Déjà, par les savantes combinaisons de notre Souverain,
nous nous trouvons sur les derrières de l'ennemi; une partie
vient de mettre bas les armes; encore quelques jours de priva-
ticuis et <le marcbes forcées et la campagne sera finie. 11 ne
nous restera plus qu'à nous occuper d'en recueillir les résultats.
Veuillez bien, mon Général, donner vos ordres pour que
ceux de M. le Marécbal reçoivent, dès cette position, leur
entière exécution.
J'ai riioiineurde vous saluer.
(A. G.) Daultannb (1).
(J) A rt'tt»' pitVt' se trouve joint U) rompto rondu d'cxi^cution de la
))np-i4l<> (iauticr. \a* ^éiiiTal Daultanne prévient aussi le général Gudin
qup 11' payeur principal vient iTarriver à Aicliarh, et il Tinvitc à toucher
lin anmiptf snr la soldi».
10 OCTOBRE. 489
Le général Gudin au général Daultanne.
l^e 18 vendcmiairo an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Général,
Je viens de recevoir votre lettre de ce jour, relative aux inten-
tions de M. le Maréchal pour la remise à rartillerie de tous les
chevaux qui ont conduit des vivres.
Je vais les faire exécuter de suite, mais elles ne produiront
pas un ^rand avantage dans ma division, car j'ai très peu
d'équipages.
Aucun officier général de ma division n'a de voitures, tous
sont réduits â un fourgon (fui leur appartient.
Gudin.
Le général Gudin au général Petit et au général Gautier.
Inchenhoreo, le is Tondémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon cher Général,
11 est «» h. 30, et je n'ai reçu encore aucun onlre de mouve-
ment. Je pense, d'après cela, qu'il faut faire faire de suite la
soupe ; je vais envoyer dos huMifs au camp pour faire faire une
distrihution de viande d'un jour.
J'esprre donner aussi ^«(MN) kilog. de pain à chaque régiment,
et il est nécessaire que le corps l'envoie chercher de suite avec
les vf»itures qui ont conduit les hiscuits.
J'ai envoyé, cette nuit, deux grands tcmneaux de bière à
chaque réui nient.
(iUDIN.
P.'S. — iNMir le général (lautier.
Le S.V doit avoir eu un grand ttmneau de hière et deux
ninindn*s. Si la distrilnition n'était pas au niveau des autres,
\o\(*/ a ht cniiiplétiT par un des villages à votre gauche.
490 CHAPITRE IV.
Le général de brigade Gautier à M. le général de division Gudin.
Walchshofcn, lo 18 vendémiaire an xiv (10 oetobre 1805).
Mon Général,
J'ai donné ordre à M. le colonel du 25** régiment d'envoyer
deux compagnies an\ villages de Kuliebach et de Schônbach
pour y requérir 20 sacs de farine de 200 livres chacun et les
faire conduire le plus promptcment possible au quartier général
à Inchenhofen ; à M. le colonel du 85«, d'envoyer trois compa-
gnies à Haslangkreit, Windten et Stockensau pour s'y faire
fournir 20 sacs de farine qui doivent être dirigés sur le même
point. Les détachements vont partir à l'instant ; ils ont ordre
d'être rentrés au plus tard à la pointe du jour demain matin
avec leurs approvisionnements.
J'ose à peine vous entretenir de la situation des troupes. Vous
sentez aussi vivement que moi combien leur position est pénible
et combien elle le sera davantage dans la nuit prochaine, si
elles doivent rester sous la pluie.
Agréez/mon Général, l'hommage de mon respect.
{A, G.). Gautier.
Le général de brigade Gautier k M, le général de division Gudin.
Walchshofen, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805),
Mon Général,
Nous n'avons point d'ordres et point d'apparence d'en rece-
voir. Les bœufs sont arrivés ici, mais les bouchers sont encore
en arrière. Je vous prie de leur faire donner ordre de venir de
suite pour abattre au camp.
Les fourriers du 2")® régiment sont chargés de recevoir les
deux moutons qui nous sont destinés ; ce corps n'a point reçu la
viande délivrée dans la nuit. J'ai ordonné qu'on aille la chercher
à Inchenhofen où elle doit être restée.
J'ai riionneiir de vous remettre les derniers rapports.
Agréez, mon Général, l'assurance de mon attachement sin-
cère.
(A. G.). Gautibr.
10 OCTOBRE. 491
Le général de brigade Petit, commandant dans la Légion d'honneur,
à M. le général de division Gudin.
Le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Mon Général,
J'ai Thonneur de vous rendre compte que, conformément à
vos intentions de ce jour et à la réquisition du commissaire des
guerres Thomas, j'ai donné Tordre à une compagnie du 12« régi-
ment de parcourir les communes désignées dans ladite réquisi-
tion, afin d'y percevoir les quantités de farine demandées ou du
pain en remplacement.
Comme ces communes se trouvent dans le même rayon, j'ai
cru ne devoir envoyer qu'une compagnie.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
{A. G,) Pbtit.
Le général Marmont au maréchal Berthier.
Pnttmes, le 18 yendémiairc an xiv (10 octobre 1805),
à 3 h. 1/2 après midi.
Monsieur le Maréchal,
Je n'ai reçu que ce matin, à ^ heures. Tordre que vous m'avez
fait l'honneur de m'adresser pour me rendre au point d'intersec-
tion des routes de Munich à Hain et d'Augsburg à Neuburg.
L'officier (jui en a été porteur, n'ayant pu trouver de moyens de
transport dans une partie de la route, a été obligé d'en faire le
tiers à pied.
Aussitôt que Tordre m'est parvenu, j'ai fait partir mes troupes
de Lichtenau, où elles étaient. Je viens d'arriver avec elles à
leur destination. Mon avant-garde occupe la croisée même des
routes. Une division est campée à Gundelsdorf, une autre à
llandzcll et la troisième à Pôttmes, ainsi que ma réserve d'artil-
lerie. J'attendrai dans cette position de nouveaux ordres.
J'ai Thoniieur de rappeler à votre souvenir nos besoins de
sui)sistance. Ils sont extrêmes. Ils viennent d'être accrus par la
conduite scandaleuse que vient de tenir envers nous le baron
prussien Lietniz, directeur du cercle de Wassertrudingen. Ce
492 CHAPITRE IT.
misérable, auquel j'ai fait donner de ma poche :2 4,000 francs sur
des fournitures dont nous n'avons discuté ni le prix ni le mode
de payement, fournitures dont la quotité n'est pas encore arrê-
tée, mais qui ne doit pas s'élever à plus de 36,000 francs, a eu
l'audace et l'indécence d'arrêter et de garder jusqu'à parfait
payement 20,000 rations de biscuit qui traversaient son terri-
toire, que je faisais arriver à grand'peine et à grands frais et
que sans cela j'aurais reçues cette nuit.
Peut-être trouverez-vous qu'il fût désirable qu'il soit puni.
Je prie Votre Excellence. ..
Mabhont.
Le maréchal Bernadotte au maréchal Berthier.
Pfaffenhofcn, le 18 ycndémiaire an xir (10 oetobro 1805),
à 5 hearos après midi.
Monsieur le Marécbal,
L'officier que vous avez chargé de m'apporter votre dépêche,
datée de Donauwôrth le 17 vendémiaire, à 10 heures du matin^
n'a pu arriver à Ingolsladt qu'à 3 heures de la nuit; il a été
obligé de faire une partie de la route à pied.
Aussitôt que votre lettre m'a été remise, je me suis empressé
de remplir les dispositions qu'elle contient. J'ai laissé à Ingols-
tadt le général de division Hivaud, le 51® régiment, fort d*à peu
près 2,000 hommes, 4,000 à 5,000 Bavarois, tant infanterie que
cavalerie, et de l'artillerie en proportion ; j'ai laissé au général
Rivaud des instructions pour qu'il remplisse le but que Sa
Majesté se propose; il doit vous rendre compte deux fois par
jour. Une fois ce corps organisé, j'ai fait mettre en marche mon
corps d'armée et les Bavarois. La grande pluie qui tombe depuis
ce malin m'empêche d'aller aussi loin que j'aurais voulu ;
cependant, malgré ce très mauvais temps qui accable nos che-
vaux d'artillerie, mes avant-gardes vont être placées à Hohen-
kamer et les corps d'armée à Heichertshausen où je serai de ma
personne. Je vais faire prendre quelque repos aux troupes et
leur donner le temps de faire la soupe; je me remettrai en
marche dans la nuit vers 1 heure, et, si le temps ne me con-
10 oOtobre. 493
trarie pas trop, je serai demain à midi, à Munich; j'y attaquerai
l'ennemi et je remplirai ponctuellement vos instructions.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal, de dire à Sa Majesté
combien j'éprouve de peine de ne pas avoir reçu vos ordres, hier
dans la journée; mes avant-gardes auraient été, ce soir, près de
Munich, et j'y serais arrivé moi-même avec le reste des troupes
demain, à 4 heures.
Veuillez agréer Bernadotte.
Relation des mouvements du corps bavarois.
i(> vendémiaire (8 octobre). — L'armée marcha à Eichstiidt ;
17 vendémiaire [9 octobre)^ à Ingolstadt ;
18 vendémiaire {10 octobre), à Pfaiïenhofen; la brigade du
général Siebein resta à Ingolstadt avec celle du général Rivaud
pour observer les ennemis qui pourraient arriver de la Bohême.
Ce corps marcha, par la suite, sur Nuremberg et le Haut-Palati-
nat, pour arrêter la marche de l'archiduc Ferdinand, qui, d'Ulm,
se retira par Nuremberg, à Eger; mais comme on n'atteignit que
Tarrière-garde, il n'y eut que quelques escarmouches, dont plu-
sieurs furent cependant bien vives, et auxquelles le 4<^ régiment
des chevau-légers se distingua beaucoup, particulièrement le
major de IJndcnau. Les caporaux Wagner et Pfister, avec
12 liornmes, surprirent un piquet de cavalerie de 40 chevaux,
en sabrèrent 10 ou 11, (irent 0 prisonniers et s'emparèrent de
3 chevaux.
JOURNAL DU CORPS BAVAROIS.
Marche à Munich.
i S vendémiaire. (10 octobre), — Le Maréchal plaça son corps
(l'armée à l'entour de PfafFenhofen : Tavant-garde occupa d'abord
pour quehiucs hertres une position à Ebenhausen, une grande
lieue en avant de la précédente, ensuite elle se remit en marche,
traversa Ptaflenhofen, prit sa position à Ilohenkamer, balaya
494 CHAPITRE IV.
Um patrouilles ennemies et établit ses avant- postes jusqu'à
IJntcrhuck, tandis que le général Kellermann se plaça comme
soutien à Reichertshausen.
/ H vendémiaire {10 octobre), — Les mouvements tant rapides
de la firande Armée ayant fait perdre la tramontane à Fennemi,
on fut obligé d'envoyer partout des patrouilles pour ne pas se
joindre à Timprovistc; une forte patrouille fut envoyée à Frey-
sing et plusieurs sur la grande route de Mimich.
Dos prisonniers déposèrent qu'une avant-garde ennemie avait
pris poste près Nympbenburg.
Avant le dépari à Kbenbausen, le lieutenant général baron
de Wrè<le publia la proclamation suivante :
Proclamation. — « J'instruis Tavant-garde que par un ordre
(» [)ré('is de Sa Ma joslé IKuipereur des Français, Tbonneur d'at-
M laquer el do cbassor les Autrichiens de la capitale de la
u na\ière, lUi ils commcttont toutes sortes d'atrocités, est
« résorvé à ravaiil-gardc. Qui d'entre nous ne désirerait pas
u d'arriver par uiarches forcées à une deslinalion si honorable ?
« Levez-vous, valeureux Bavarois ; domain il faut vaincre ou
« mourir aux portes do Munich. »
Ordre de marche du 18 vendémiaire»
IngoUtidi. le 1 S vcndémiairt' an xiv \10 octobre 1S05).
L'armée est prcvonue quollo marche à l'ennemi et qu'elle doit
lo ronoontror dans la journôo.
Lo ironôral Rolloruiaun, otuumandant Tavant-ganle. partira
do siiito p«»ur so roudro à rfatTonhofon.
1.0 lioutonant gonoral do Wrèdo suivra la même route à un
quart do liouo on arrière du go no rai KoUormaBn.
La division du gonoral Drouet partira à S h. 30 en suivant la
roulo do PfatVouhofon.
La l"' di\ish'U, oonunandoo pro\isoiremont j>ar lo général
PaotluuL suixra iiumodiatomont la d' division.
Lo iorpN d armoo do ro>or\o. commando* jvir le lieuteDant
i:onoral 1\mo\. suixra le momo uunnomoni à un quart de lieu«
on arriore.
10 OCTOBRE. • 498
M. le général Rivaud reste à Ingolstadt, où il commande
7,000 hommes français et bavarois; il reçoit de M. le maréchal
une instruction particulière pour couvrir les derrières . de
Tarmée.
i" CORPS d'arméb.
Ordre de marche du 19 vendémiaire.
Pfafrenhofcn, le 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Le corps de troupes bavaroises, aux ordres du lieutenant
général de Wrède, partira demain 19, à 3 heures du matin, de sa
position en avant de Hohenkamer sur la rivière de Glon, pour
se rendre à Munich.
Il s'éclairera hcaucoup sur sa gauche pour avoir des rensei-
gnements sur Landshut.
Le général Kellcrmann partira demain à 3 heures du matin de
sa position de Reichertshausen avec la division d'avant-garde,
suivra la morne route (|ue le lieutenant général de Wrède, à un
quart do lieue au plus en arrière de lui, afin d'être toujours à
morne de Tappuyer s'il est attaqué par l'ennemi ou s'il l'atta-
quait lui-mome.
La 2e division, commandée par le général Drouet, partira
demain à 2 heures, se dirigeant sur Munich, toujours par la
grande route, suivant la marche du général Kellermann, qui sera
une lieue en avant de lui.
Il s'éclairera aussi sur sa gauche, afin d'avoir des nouvelles de
Freysing et de Landshut.
La i^^ division, commandée provisoirement par le général
Pacthod, suivra le mouvement du général Drouet et partira de
son camp immédiatement et aussitôt que la 2® division aura
elleclué son mouvement. Elle se trouvera toujours à 200 toises
en arrière afin de l'appuyer s'il est nécessaire. Il enverra des
partis sur sa gauche pour l'éclairer.
Le corps de troupes bavaroises de réserve, commandé parle
lieutenant général Deroy, se tiendra prêt à se mettre en
marche à 2 h. 30 du matin et efTectuera son mouvement dès
rinstant où la queue de la l""® division aura filé.
Il devra se tenir au plus à 200 toises de cette division*
496 CHAPITRE IV.
Le général Êblé au colonel Navelet
Pfaffenhofen, le 18 yendémiaire an xiv (10 otftobro 1805).
Monsieur,
Je vous préviens que M. le maréchal Rernadotte a fait requérir
dans le pays d'Eichstiidt, 100 chevaux qu'il destine au service
de rartillerie.
Ces chevaux doivent être rendus aujourd'hui à Ingolstadt.
Cette lettre vous sera remise sur la route d'Eichstadt et, dès
qu'elle vous sera parvenue, vous enverrez en avant le comman-
dant du ^2^' bataillon, M. Pinondelle et Tartiste vétérinaire, à
l'effet de choisir à Ingolstadt tous cetix de ces 100 chevaux pro-
pres au train ; ils seront de suite marqués et remplaceront les
bœufs, les chevaux manquants et autant de chevaux hanovriens
(|u'i1 sera possible ; bien entendu que vous ne vous priverez que
de ceux exténués et hors de service et vous les ferez remettre à
la disposition du commissaire hanovrien qui suit votre parc ;
vous m'en enverrez la note.
Si les chevaux requis dans le pays d'Eichstâdt sont sans har-
nais, vous les ferez garnir avec ceux (|ue vous amènerez à la
suite du parc.
Dans le cas où cette opération ainsi que celle delà marque ne
pourraient être faites demain dans la journée, elles se continue-
raient après-demain dans la matinée et, dès qu'elles seront
terminées, les chevatix partiront pour Pfaffcnhoffen où ils devront
arriver sans faute le même jour que vous. Si ce cas a lieu, ce
ne sera qu'à Pfaffcnhoffen que vous laisserez libres les chevaux
hanovriens dont vous pourrez vous passer.
Mandez-moi ce que vous aurez pu faire et combien de chevaux
vous aurez reçus.
Envoyez-moi cliaque jour un rapport ; l'ordonnance qui me
l'apportera vous attendra dans le lieu où elle m'aura trouvé et
vous remettra les ordres que j'aurai à vous faire passer.
Vous prendrez, près du général Rivaud, des renseignements à
l'égard de la sûreté de votre marche sur Pfaffenhoffen, et s'il
croit que Jo parc n'a pas de dangers à courir, vous partirez
d' Ingolstadt le lendemain de votre arrivée pour vous y rendre,
et, de là sur Munich.
10 OCTOBRE. 497
Connue je ne [névois pas la possibilité que vous fassiez de
plus fortes journées <|ue Tannée, il faut, au nHiins, faire eu sorte
de n'en pas reslt»r plus éloigné.
Je pense que, pour la facilité de vtdre correspondance avec
moi et pour rendre le service moins pénible, vous devrez faire
partir votre rapport à la |>ointc du jour le lendemain de votre
arrivée a un gîte <|ueleonque ; il devra être apporté par deux
hommes (|ui tn»u\eront au quartier général que nous quitterons
une ord(»nnaiu*e qui l'apportera à celui que nous occuperons le
même jour; \os hommes attendront où ils seront arrêtés le
deuxième rapport qui me sera apporté directement par l'un
d'eux, l'autre partira en même temps et restera a moitié chemin
pour \ reee\oir le lendemain le rapport que vous enverrez;
Tordonnanee qui m'aura rejoint restera au quartier général que
nous quitterons pour le recevoir et me l'apporter de suite ; par
ce moyen, chaque ordonnance n'aura à parcourir que la distance
d'un quartier général à l'autre.
fiBLÉ.
Le général Éblé au colonel Navelet
IiiKoUUdt, 11' 18 vendémiaire an xiv (10 octobre 1805).
Monsieur,
Le parc que vous dirigez restera à Ingolstadt, à moins que
d'ici à demain je ne vous adresse de nouveaux ordres.
Si \ous \ous arrêtez <lans celte ville, donnez ordre au com-
mandant du 2" bataillon du train de s'occuper de la répartition,
dans 1rs compagnies, des chevaux, tant de réquisition que
d'achat, en liano\re; il } comprendra aussi ceux reçus à
Wurtzhurg. Knfin, qu'il fasse l'impossible pour mVnvoycr un
tableau de cette répartiti<ui qui portera le nombre de chevaux
qui existait au 1'*^ bataillon au i**^ fructidor, et les augmenta-
tions et la perte qui ont eu lieu depuis.
Il se trouxe dans les di\isions une trentaine de chevaux que
j'en\errai au parc pour être signalés et marqués le plus tôt
possible.
Tant que \ous resterez a Ingidstadt ou avant que d'y arriver,
xous prendrez les ordres du général Hivaud.
ÊBlJ.
ni. 3t
498 CHAPITRE IV.
Le général Éblé à M. LenU,
commandant le 2" bataillon principal du train.
PfftffentioÉren, lo is yendémiaire an xit (10 octobre 1805).
Monsieur,
Je vous pn^vieiis (|ue M. le niaréch»! accorde iUO capotes au
bataillon que vous commandez et (pfil fera mettre à la dis-
|)osition du conseil d'administration une somme d^environ
^^(MM) francs ptMir cet objet. Mais Son Excellence espère que la
sollicitude sera partagée par les membres du conseil d'adminis-
tration, et (prils mettront tout en <iMiyre pour que les capotes
soient confectionnées sous p«ni de jours, malgré les marches de
l'armée.
Je C(mipte particulièrement sur votre zèle, Monsieur. J^espère
que le corps (jue vous commandez ne sera pas le dernier h
rcMnpJir les intenii(ms de M. le maréchal.
J*ai vu, à In^olstadt, du drap dont la couleur approche de la
nuance prescrite [)ar les rèjrJemenis, et je pense qu'il convient
({ue vous en fassiez acheter si lo prix n'est pas exorbitant.
Happelez-vous que je tiens beaucoup à ce que les capotes
soient doublées (rélofl'e de laine jusqu'au-dessous des épaules.
Des capotes hors de scnice pourraient être employées à cet
usa^^e.
Votre laillciu: ne pourrail-il pas couper les capotes et les
envoyer ensuite dans les compagnies où elles seraient cousues
par les soins des officiers ? Faites en cela ce qui sera le plus
avanta^'cux, mais, surtout, ce qui demandera le moins de
temps.
ËBLÂ.
CHAPITRE V
Combat d'HasIach.
A M. h mtkrM^Ï Hey, commandant le 6* oorpa d'armée.
Au quartier générU de ^ieder-Siôtzingen, le 19 vendémiaire an xiv
(Il o«tobre 1805). ,
Monsieur le Maréchal,
J'ai Thonneur de tous informer qu'en exécution ée re^ ordres
en date d'hier, j'ai exéeifté le moinvement qu'ih prescmâiéiit ;
j'ai értabli tnan qniirtier général à Nieder-Stotzingen/
J'ai i compagnie à fiis^ingen, 3 compagnies à Lontlia^
3 bataillons le long du bois derrière Stôtzingen^ I bétailloti h
Slôtzingen, avec 4 pièces d'artill«rrie, dont i compagnie^ à Asel-
fingen, 3 compagnie» à Brénz, i compagnie à Sontheim, i heh
taiUon k Medlingen'^ mon parc d'artillerie à Sontkieim ei le pare
de la réserve, que je traîne après moi par ordre de 8on Altesse
le prince Moraf, en arrière de Medlingen.
Je m'étais rendu hier au soir à Medlingen, dans l'espoir de
vous y trouver encore établi et de poifvoir votis y rendre mes
devoirs ; j'ai appris avec regret que vo«s vous étiez éloigné
jusqu'à Gfiïizborg.
Les subsistances deviennent de jour en jour pins rares et plus
difficiles, les villages que j'occupe ont beaucoup sonfîert, eeu^i
que je viens de quitter sont épuisé» et la rapidité s«eces«îve dé
nos motivememts ne permet pas de faire des approvisionnements
sur des points déterminés. Je vous prie donc, Monsieur le Maré-^
chai, de me faire eonnaHre quels secours je puis attendre dd
50Ù CHAPITRE V.
commissaire ordonnateur du corps d'armée que vous com-
mandez.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal, d'agréer l'expression de
mon dévouement.
Le Colonel-général des dragons^
(A. M.) Baraguey-d'Hillibrs.
Dispositions pour le 6* corps d'armée,
le 19 vendémiaire an XIV {11 octobre 1805).
Au quartier gcniTal, à Gunzburg, le 18 vendémiaire an xiv
(10 octobre 1805).
La U^ division, aux ordres du général Dupont, bloquera Ulm
sur la rive gauche du Danube ; on lui transmettra une instruc-
tion particulière; le le"" régiment de hussards sera réuni et
attaché à cette division avec les trois pièces d'artillerie de la
cavalerie légère et les deux régiments de dragons de la division
Hourcier.
Les dragons à pied, aux ordres du général Baraguey-d'Hil-
liers, partiront sur-le-champ de Stôtzingen et se dirigeront par
Langenau en arrière d'Albeck, où ils soutiendront la division
Dupont ; les détachements de dragons à pied rejoindront leurs
corps à Albeck.
La 2® division, aux ordres du général Loison, marchera sur
la rive droite du Danube par le pont de Gûnzburg ou, si cela
est possible, par celui d'iillchingen, avec l'infanterie et la cava-
lerie seulement. L'artillerie et les bagages de cette division se
rendront à (junzburg , par Gundelfingen, où ils prendront la
grande chaussée.
La division cantonnera en totalité à Leipheim, si elle passe
par (iùnzburg, à moins que l'ennemi ne soit en forces sur la
rive gauche de la Biber : dans ce cas, elle bivouaquerait sur les
hauteurs à gauche de cette ville ; si elle passe à Ëlchingen, elle
bivouaquera sur les hauteurs de Falheim et suivra les instruc-
tions particulières qui lui seront transmises.
Le général Dourcier, avec ses quatre régiments de dragons,
suivra le mouvement de la ^« division et passera sur la droite du
Danube. Si le passage a lieu à Gùnzburg, il s'établira à
COMBAT d'HASLACH. 8(H
Bubisheim, avec des postes à Schneckenhofen, communiquant
avec la cavalerie légère sur le développement de la Biber. Si le
passage a lieu à Elcbingen, il s''établira avec deux régiments à
Bûhl, deux régiments à Kûssendorf, avec des postes sur la route
de Weissenbom.
Le général Tilly, avec le 3® de bussards et le 10* chasseurs,
suivra également le mouvement de la 2® division et laissera ses
canons au général Dupont. Les deux régiments bivouaqueront
derrière Leipbeim, si le passage a lieu à Gûnzburg. Le 3* de
hussards fournira 50 hommes en arrière du pont de la Biber.
route d'Ulm, et occupera, s*il est possible, par de petits postes,
le village d'Echlishausen, poussant des reconnaissances sur
Falheim et Strass.
Le iO« de chasseurs fournira 50 hommes en arrière de BûM;
ce poste en établira un autre de 12 bommes en observation en
arrière de Klein-Kûssendorf, poussant ses pali^uilles et recon^
naissances sur Strass et Weissenhom.
Si le passage a lieu à Elcbingen, le général Tilly placera ses
deux régiments à Strass et Falheim, avec des postes sur la
route d'Ulm, au petit pont de la Leibe et à Steinheim.
L'armée est prévenue que la 2® division a emporté, le 17, le
pont d'Elchingen sur le Danube, a fait des prisonniers et pris
une pièce de canon. La 3® division, dans Taflaire du 17, a pris
cinq pièces d'artillerie.
Dispositions supplémentaire» (1).
La 3« division partira à 8 heures du matin et se dirigera sur
Ulm, par Leipheim, où elle recevra de nouveaux ordres.
La 2« division la suivra à 10 heures du matin et recevra éga-
lement de nouveaux ordres.
Le quartier général sera indiqué plus particulièrement.
Le parc s'établira en arrière de Gûnzburg, rive droite du
Danube, près du pont sur Reisensburg.
NtT.
(1) De k main du maréchal Nej.
502 CHAPITRB V.
Le maréchRl Ney au général Baraguey-d'HIIIiers,
Au quartier génértl, à nnozburg, le 18 vendémiaire an xiv
(10 octobre 1805).
Mon cher Général,
Je vous transmets Tordre de marche arriHé pour le 19 veadé-
miaire.
Lorsque vous serez étahli à Albeck, vous voudrez bien vous
concerter avec le général Dupont pour le placement de votre
division, qui doit soutenir la sienne dans les positions du
blocus.
Nky (i).
Le maréchal Ney au général Dupont
Mon cher Général,
Je vous transmets l'ordre de la marche du 19 vendémiaire.
Cet ordre a sul)i des chanj^enients par l'arrivée de la divigion
Loison à Giinzburg.
Les ^e et ;je divisions marcheront, demain 19, sur {en blanc).
La r^ division et celle du jçénéral Baraguey-d'Hilliers reste-
ront sur la rive gauche et se conformeront à Tordre ci-joint.
Conformément à cet ordre, vous voudrez bien, mon cher
Général, resserrer la place dUIim autant que vous le pourrez et
faire une sommation aw commandant, au nom de Sa Majesté
TKmpereur des Français et Roi d'Italie.
11 est très important (|ue vous poussiez demain votre droite
jus()ue sur la Blaii, où elle sera appuyée. Vous occuperez les
hauteurs boisées en arrière d'Iïaslacherhof, etvous vous concer-
terez avec le général Baragucy-d'Hilliers, colonel-général des dra-
gons, sur le placement le plus avantageux de ses dragons à pied,
(\m doivent soutenir votre division et en former la réserve.
Vous devrez éviter, mon cher Général, de compromettre votre
division contre des forces supérieures et do la trop morceler.
Toutes les communications qui conduisent à Ulm, à vos postes,
(1) Note du géntral Bnranuey-iVHilUers : « Cet ordre n été reçu
Ir 19 voiulriiiiairo, ontn» niiili ot I heure, nu quartier général de
Stotzinpîn, apporté par M. Hipporl, officier (rrtat-major du maréchnl
Ney. »
COMBAT D'HASLACH. SOS
devront èire fortement gardées, vos postes bien retranchés et
couverts d'abatis.
Vous vous établirez à Haslach et ferez occuper ThaUingen,
si vous le jugez nécessaire.
Vous établirez un rassemblement général des deux divisions,
de concert avec le général Baraguey-d'Hilliers, et me ferez con-
naître le lieu que vous aurez {\\é. ; après que vous vous serez
concerté avec ce général^ vous pourrez me proposer une position
plus concentrée sous Ulm,afin qu'en cas d^ événement, vous puissiez
vous soutenir mutuellement (1).
Ney.
P. -S. — Veuillez, mon cher Général, me faire envoyer, sans
délai, copie du croquis des environs d'Ulm, qui a été levé à
Stuttgard par M. Favery (2).
Le maréchal Ney au général Dupont,
Giinsburp:, le 19 vendémiaire anxiv (11 octobre 1806).
Mon cher Général,
Vous voudrez bien faire rassembler un bon nombre d'échelles
des voitures du pays, afin que, si les circonstances le permettent,
on puisse escalader les ouvrages extérieurs de la place d'Ulm ;
vous ne tenterez cette entreprise que sur un ordre formel de ma
part, parce (|ue cette opération aurait lieu en même temps sur
la rive droite du Danube.
Veuillez aussi, mon cher Général, faire réunir des poutrelles,
madriers et autres pièces de bois, propres à faciliter le passage
du fossé d'IJlm, dans le cas où Sa Majesté se déciderait à faire
atta([uer cette place de vive force.
Je vous invite, mon cher Général, à vous concerter sur cette
opération importante avec le général Baraguey-d'Hilliers.
L'ennemi est frappé d'une terreur dont il y a peu d'exemples;
il se retire sur ïUberach, poiir pouvoir se sauver par le haut
Tyrol, toutes retraites lui étant coupées sur Kemptenet Fiissen;
(1) L«'s mots soulij^nés sont do la main du maréchal N«y.
(2) Capitainfi-adjoint à la l'"'» division.
504 CHAPITRE V.
il est donc probable que rarcbiduc Ferdinand n*aura laissé
qu'une faible garnison à Ulm, avec ordre de tenir jnsqu^à la
dernière extrémité ; mais nos préparatifs et nos menaces décide-
ront sans doute le commandant à se rendre, sans courir les
risques d'un assaut.
J'ai Thonneur
Net.
A M. le maréchal Ney.
Au quartier gt'^nôral, à Albeck. le 19 vendémiaire an xnr
(11 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal Ney,
J'ai reçu les différents ordres que m'ont remis MM. Rippert et
Saint-Léger, adjoints à l'état-major ; je marche à l'instant pour
me porter sur Ulm. Aussitôt que le général Baraguey-d'IIlUiers
sera arrivé, je me concerterai avec lui et vous rendrai compte
de ma position.
J'ai l'honneur de vous saluer.
{A, M.) Dupont.
Le général Baraguey-d^Hllliers au maréchal Hey,
Au quartier gém'ral de Niedor-Stntzingen, le 19 vendémiaire an xiv
(11 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal ,
J'ai reçu vos ordres du IH vendémiaire pour le mouvement
du lî> de ce mois ci vais les exécuter. Les troupes sont un peu
dispersées et arriveront un peu tard à leurs cantonnements;
elles ont marché ou bivouaqué toute la nuit par un temps
affreux ; les chemins sont défoncés et l'artillerie aura beaucoup
de peine à arriver. J'envoie de suite un de mes aides de camp
ail près du général Dupont pour conférer îivec lui sur remplace-
ment de nos troupes respectives.
J'ai déjà eu l'honneur de vous informer ce matin que, par
ordre du prince Murât, je traîne à ma suite le parc de réserve de
son corps d'armée, et que je l'ai placé à Medlingen ; comme je
ne puis pas m'en charger plus longtemps en étant occupé au
COMBAT d'haslach. 505
blocus d'Ulm, je \ous prie de m'autoriser à Tenvoyer à Donau-
worlh, 011 ail moins de me dire ce que j'en dois faire.
J'ai l'honneur de vous offrir les expressions de mon dévoue-
ment.
Le Colonel-général des dragons^
{A. M.) Baraguey-d'Hilliers.
Uadjudant'Com mandant Dembouski au général Le Suire, à Stetten.
Nieder-St^tzingeo, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Au reçu du présent, la l'^ brigade se réunira tout entière à
Nerenstetten d'où elle partira, la droite en tête, pour se diriger
sur Albeck. A l'entrée de cette ville, elle bivouaquera et attendra
de nouveaux ordres.
Le l®*" bataillon du le»* régiment, cantonné à Lonthal et Bis-
singen, se rendra par le chemin le plus court au lieu de rassem-
blement indiqué ci-dessus.
Les hussards qui sont auprès de vous suivront le mouve-
ment.
L'état-major de la division et les administrations se rendront
à Albeck, mais n'y feront pas de logement jusqu'à nouvel
ordre.
L'exécution de ces dispositions ne doit souffrir aucun délai.
Le parc d'artillerie se rendra à Langenau, le parc des vivres
et des bagages suivra le même mouvement, mais se rendra à
Albeck.
Je vous salue d'amitié.
Demuouski.
Louis Dembouski, adjudant-commandant, chef d'état-major
de la 2« division de dragons, à M. le général de brigade Wonderweid,
Au camp de Niedcr-Stbtzingen, le 19 vendémiaire an xiv
(11 octobre 1805).
Au reçu du présent, la seconde brigade de la division se
rendra tout entière à Nieder-Stcitzingen, d'où elle pai'tira, la
506 CHAPITRE V.
droite en U^te, pour se diriger sur Langenau. A l'entrée de cette
ville, elle bivouaquera et attendra de nouveaux ordres.
L'état-major, les administrations se rendront à Albeck, mais
ne feront pas le logement jusqu'à nouvel ordre.
L'exécution de ces dispositions ne doit souiïrir aucun délai.
Le parc d'artillerie se rendra à Langenau. Le parc des vivres
et des bagages suivra le mrmc mouvement, mais se rendra
à Albeck.
T^es hussards (|ui sont avec vous suivront votre mouvement.
Dbmboubki.
le général Dupont au général Baraguey-d'Hilliers.
Albeck, le 10 vendémiairo an xiy (H octobre 1806).
Mon cher Général,
La division que je commande marche sur Ulm. Arrivé à
Haslach, je vous préviendrai de ma position.
M. le maréciial Ney me marque que vous suivez mon
mouvement.
Ayez la complaisance de nravcrlir de votre arrivée à Albeck.
Mille amitiés.
Dupont.
(Cette lettre ?ii'est arrivée à Albeck, le iî), lorsque, à 5 heures
du soir, j'ai eu ciiassé Teunemi de ce quartier général. Elle
est la seule que j'aie reçue du général Dupont dans la journée
du 11).
(iénéral DAnAGUEY-n'HiLLiERs.)
Journal des opérations militaires de la division Dupont
Le 19, d'après les ordros du maréchal Ncy, la division se met
(Ml marche à H heures du matin. PtMidant la marche, le général
Dupont apprend que rennemi occupait Thalfingen sur sa gauche
et (juo le poste d'KlchingtMi, à (pii il avait donné l'ordre de s'y
porter, n'avait pu y pénétrer. Les reconnaissances de droite
avaient également rencontré des patrouilles autrichiennes vers
COMBAT d'haslach. 507
Domstatt. Ces renseignements lui font juger que l'ennemi s'at-
tendait à une action, et, en arrivant à Uaslach, il fut confirmé
dans ridée que toutes ses dispositions étaient déjà faites ; des
officiers autrichiens, prisonniers de guerre, ont assuré, depuis,
que leur ordre de bataille avait été pris la veille et que toute
Tarmée avait bivouaqué sur la montagne de Saint-Michel.
Le général avait ordre de cerner Ulm, en appuyant sa droite
k la Blau, tandis que les autres divisions de Farmée se présente-
raient vers la place sur la rive droite du Danube ; mais il ne
peut exécuter cet ordre, il n'a que le temps de se préparer au
combat. Le mouvement de Tennemi est décidé sur-le-champ;
pendant que son artillerie joue sur le front de notre position, il
porte sur notre droite plusieurs colonnes d'infanterie précédées
par un grand nombre d'escadrons. 11 se développe également
hors de ses retranchements sur notre gauche. Le feu des tirail-
leurs était devenu très vif; nos avant-postes avancés se replient ;
le dessein et les forces de l'ennemi étaient entièrement à décou-
vert : déjà il cherchait à nous déborder.
Le général Ilouyer avait placé le 9« d'infanterie légère sur la
route d'IIlm en avant d'ilaslach ; le général Marchand fait
déployer de suite le IH^ à gauche et place le 96® en réserve. Le
ler régiment de hussards couvrait la gauche. C'est en reconnais-
sant la position de ce régiment que le capitaine du génie Des-
clos, (lui accompagnait le général Dupont, a été tué d'un coup
de canon. La perte de cet officier a été très sensible k toute la
division.
Les progrès de l'ennemi sur notre flanc droit obligent le
général à mettre sur-le-champ en ligne le 96« régiment : il se
place à la droite du 9^; mais la ligne autrichienne se déployant
sur les hauteurs de Jungingen et s'avançant dans la plaine sous
la protection d'une artillerie nombreuse, le moment était arrivé
de suppléer au nombre par l'audace; 5,000 Français arrivent à
combattre ^5,000 Autrichiens, les deux autres divisions n'atta-
quant pas sur la rive droite (1).
(I) 11 existe dos Mémoires mnniiscrits du génf^ral Dupont, dont nous
regiottons de n'avoir pas en communication, et que M. le colonel Titeux
.1 pu consulter pour écrire son ouvrage considérable sur Le général
Dupant. Bien que ces mémoires, composés longtemps après le» événe-
508 CHAPITRE V.
Le général Dupont prévient le colonel Meunier, commandant
le 9® régiment, que son intention est de charger cette ligne qui
gagnait du terrain. Aussitôt ce régiment s'avance dans la plaine,
ments, n'aient pas In valeur documcntairo du rapport adressé au maré-
chal Ney apri^s l'aflaire, nous pouvons accepter provisoirement les
quelques détails complémentaires qu*ils nous donnent sur les com-
hats livrés autour de Jungingen. M. le colonel Titeux écrit ce qui
suit (p. 2 «8) :
« Le général Dupont, voyant le mouvement menaçant de Tennemi
sur la droite du 9*^ léger, fait immédiatement porter en ligne le
96* régiment, qui appuie sa gauche au 9' léger, et étend sa droite le
long du bois existant entre Haslach et Jungingen. Sentant que, sMl
laisse aux colonnes autrichiennes le temps de se déployer, il sera rapi-
dement écrasé par leur feu, il décide de les charger à la baïonnette
Au moment où les Autrichiens ouvraient le feu, le 9* léger les aborde
au pas de charge, la baïonnette baissée, sans tirer un coup de fusil;
l'intrépide Dupont est il sa tôte. Le général Marchand conduit de même
le 96*. Le choc est teirible : après une courte mêlée, la première ligne
de l'ennemi jette ses armes à terre et se rend; la seconde bat précipi-
tîimment en retraite Le 1«" bataillon du 32®, commandé par le chef
de bataillon Bouge, avait été posté par le général Marchand vers Jun-
gingen, îl la pointe du bois, pour empêcher notre droite d'être tournée.
Les prisonniers sont envoyés à Haslach, sous la garde du colonel Darri-
cau, pendant que la ligne de bataille se reforme sur sa position première.
« L'iu'chiduc se hâte de préparer une attaque nouvelle, et bientôt
l'ennemi s'avance avec de plus grandes forces, de façon à déborder nos
deux ailes en se jetant h la fois sur Jungingen et sur Haslach; il est
soutenu par une nombreuse artillerie qui couvre de boulets ces deux
villages. Le général Dupont n'a à lui opposer i|ue les 9* léger et
96*' «le ligne
« Dans cette nouvelle crise, le génér.d Dupont réitère la manœuvre
(pii lui a si bien réussi pour le premier choc. H donne l'ordre de charger
à la baïonnette, et ses deux régiments, s'élançant sur les traces de leur
vaillant général, abordent la ligne ennemie sans tirer et y font de san-
glantes trouées Les feux ennemis continuent, mais la vue de nos
baïonnettes opère son terrible effet au moment où elles vont agir. Les
lignt^s de Pennemi sont ouvertes sur plusieurs points, nos rangs y
pénètrent, la confusion s'y jette, et tout alors cède et se retire* précipi-
tamment. Le terrain du combat est tout entier à nous; il n^y a plus
d'ennemis que les j)risonniers restés entre nos mains
« Mais, pendant cette action, l'enumii s'est établi dans le village do
COMBAT DHASLACH. oO*.>
iiiarohnnt en hataille, oi sans tirer va (]r<»ii au corps le pins
avancé. Celle intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouve-
ment pour s'appuyer au village dclun^in^en; le 0* régiment
poursuit le sien. Le \H\^ s'avance ép:alement au pas de charge, et
dans ce premier choc, nous faisons :>,(MM) prisonniers de guerre.
La brigade de dragons, commandée par le général Sahuc,
composée des lîi** et 17® régiments, <jui, la veille au soir, s*était
réunie à la division, charge en même temps la cavalerie ennemie.
Pendant ce temps, le colonel Darricau avec un bataillon du 34''
tenait la position d'ilaslach, et résistait avec autant de fermeté
que de talent à tous les en'orts(|ue faisait l'ennemi pour enfoncer
notre gauche, (l'est à la faveur de cette résistance, que secon-
dait avec une grande audace le colonel Kouvillois, que Taile
droite a pu manoeuvrer dans la plaine et décider le succès. Le
second batailhm du li±^, conunandé par M. Rouge, avait été
porté par le général Marchand à la pointe du bois qui se trou-
vait sur notre droite, pour l'empêcher d'être tournée. Dans cette
positi<»ii essentielle, il remplissait ce but important en dirigeant
son feu et ses mouvements à propos.
Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur que lui
avait inspirée ntitre charge brillante, s'avance de nouveau avec
Juntrini:<*ii, aiiqufl rst appuytV nutre <]ruite, vt dont la possi*i>8ion nous
t!it in(li«>|>t:n?«ahlf. .Ntis bataillons vii-torit>ii\ sr tournent de et' r6té t't,
a|irè>« un furiftix mnibat dans It's viu'^ yi 1rs maisons, emportent Jun-
^'UiL'f'n. A |M'iiii' i-f résultat rst -il obtenu, qu'il leur faut fain> fao* à une
nouTf'llf h^ruf t'nn«>niit' qui m' pn'-smtv cntiv llnslat'h ft Jungin^eii.
I.r *.»* It'utT l't \r %• «1»' huni' M» rff«inurnt rapidi*nii*nt vi s«* pm-ipitent
«nr ••lit- a la liaionnt'th'. La nirlér ost furirusM'. L'enni'mi, cinq foi;*
«np«-rifur m nombre, fait «lis cflorts fxtraonhnain'!» pour avoir raison
if*' 1.1 prodik'if'usi' trnaritt- ilrs di'ux rés:inii*nts françiiis; il est encon*
• uibntr- <*t fibiip- «if battre t>n rrtraitr. Mais dans leur mairbr «'n avant,
ni»«» trnupf** !»iint drbonlrt's i>ur Icui-s aili'S par drs batiillons ennrmi»
qui i«-» rbarct'iit par «Irmènr : « Ils nous Miivairnt de si pn^s, dit le
^'/•néial Uupont, qut-, \ainqufui-s imi fnmt, il nous a fallu, faute d«*.
(*-iiip<. fauv nn<' ronvri-^ijun rnti«Tr i>t rhurpT par le trfUHiènie ranp,
pl.d-i- m ti'-ti* » l.r \illap* di' Junf:in^«*n ayant été rncon* n'prin |>ar
|Vrin*nii, \v %' s'imi mqi.nt' ib* nnu\rau; rinq foin b's .Vutrirhivns
|»arf i<'nn«>nt à rurriipcr. i-l iU en ^mt .lU^^tAt débigé», nous al»andun-
ii.iiit <{•' n«inibrfu\ prioonnu'i^ ••.
510 CHAPITRE V.
de plus grandes forces. Alors î) faut que les 9* et 96* règîmeiits
redoublent d'efforts et d'activité. Cest arec ces deux régiments
seuls que nous avons eu, pendant trois heures, à disputer le
terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce dernier village a
été pris et repris cinq fois ; chaque fois nos bataillons y enfer'
maienf Tennemi, qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux
prisonniers. A peine avions-nous mis en déroute un corps autri-
chien sur la droite du village que, sur la gauche, il s'en présen**
tait un autre pour nous tourner. (Test en prenant sans cesse un
nouveau front dans toutes les directions qne nos bataillon» fai'
saient face partout avec une rapidité et une bravoure admi-
rables. Plusieurs fois, un corps français chargeant mi corps
ennemi se trouvait lui-même chargé; il fallait précipiter la
défaite de rennemi que nous avions devant nous pour faire face
en arrière et marcher sur Tautre à son tour. C'était une mêlée
véritable que la succession rapide et terrible de tous ces ehoes,
dont la division est enfin sortie victorieuse.
Toutes les tentatives qu'a faites la cavalerie autrichienne ont
été infructueuses. Des bataillons isolés, des pelotons même ont
fait tourner la charge de cette cavalerie en fuHe, et notre infan-
terie a acquis dans cette journée mie nouvelle confiance dans
son arme contre les escadrons ennemis.
Notre arlillcrie, trop inférieure à celle de rennemi, a été
dcmontce en partie; plusieurs pièces ont en leurs chevan^v taéfs;
la neige et la pluie, qui régnaient depuis plusieurs jour», ayant
rendu le terrain extrêmement difficile, cette infériorité a été
encore plus sensible.
Pendant le combat, la cavalerie ennemie s'est portée sur les
derrières, a enlevé les bagages et pillé les objets du pare. Des
partis se sont même avancés jusqu'à Albeck, où devait arriver
la division des dragons à pied du générai Baraguey-cl'HiUiers,
i\in ne s'y trouvait pas.
Nous avons tué ou blessé à l'ennemi au moins 2,000 hommes;
nous lui avons fait 4,(K)() prisonniers et pris quatre bouches à
f(Mi et deux drapeaux.
^,iMX) prisonniers, conduits par un faible détachement, étaient
sur le point d'être repris par la cavalerie ennemie, qui s'était
portée sur nos derrières; le colonel Rouvilloi», sans eonsulter
son infériorité en nombre, charge avec une telle rapidité un de
COMBAT 1>'hASLACH. 541
ces escadroDs qu'il le met eo pleine déroute. Sur-le-champ, les
autres prennent la fuite. Il a été vaillamment secondé, dans ce
mouvement, par le colonel Darricau.
La nuit étant arrivée, la division s'est reformée sur le champ
de baUiille, où elle est restée jusqu'à la réception de Tordre du
maréchal Ney de se porter sur (liinzhurg, par Brenz, et de
passer sur la rive droite.
Dans cette journée mémorable, la division n'a perdu que
(>00 hommes tués ou blessés. Le colonel Saint-Dizier, comman-
dant le 11^ de draj^ons, a été tué. Le général Marchand a été
légèrement blessé.
L'adjudant-commandant Duhamel et le capitaine Caillemer,
aide de camp du général Marchand, ont eu leurs chevaux taés.
Dans le compte que le général Dupont rend de cette bataille,
il fait le plus grand éloge des généraux Rouyer, Marchand et
Sahiic, des colonels Barrois, Darricau, Meunier et Houvillois, de
radjudant-eommandant Duhamel, et de tous les officier» de
Tétat-major, qui ont rivalisé d'intelligence et de courage.
Cette bataille est décisive; elle a démoralisé les Autrichiens.
Depuis, ils n'ont plus su que fuir ou se rendre. Elle met le sceau
à la réputation militaire du général Dupont.
11 fallait son audace, son sang-froid, son coup d'œil d'aigle
pour sortir victorieux d'une lutte aussi inégale.
Le courage extraordinaire déployé par la division était le
résultat de la sécurité que lui avait inspirée sa confiance dans les
talents do sou général (1).
Lettre de M. le lieutenant général comte Dupont à M. le comte D, (î).
Pendant <|ue tous les corps de Farmée agissaient ainsi sur la
rive droite du Danube, ma division arrivait à Albeck. Je prends
(1) Le rapport envoyé le 21 pîu* Dupont au maréchal Ney est ideii-
ti({iie iiu frai^^nieiit de journal que nous ayons reproduit, sauf que le
griiéial y [Knlait à la première personne, et que les sept derniers para-
frraphes du journal ne s'y trouvaient pas ou y étaient moins développés.
(2) Brochure repro(iuite, avec peu de modifications, dans le Spectateur
laUitairc d<' mars 1840.
512 CHAPITRE V.
cette position le H octobre, et j*apprends aussitôt que rarmée
ennemie, à l'exception de ses corps détachés, occupe devant
nous le Michelsherg, près d'Ulm. La circonstance la plus remar-
quable se présente en ce moment. Napoléon, en pénétrant dans
la Bavière, croit que Tarcliiduc Ferdinand se retire sur les fron-
tières de TAutriche; et ce prince, placé sur la gauche du
Danube, pense que son ennemi est sur la même rive avec ses
principales forces. Cette méprise mutuelle va rendre les chances
des opérations plus graves et précipiter les événements de la
campagne.
J'occupais le camp d'Albeck depuis deux jours, lorsque je
reçois Tordre de me porter sur lllm, de bloquer cette place et
préparer les moyens de Tattaquer de vive force. Les autres divi-
sions du ()« corps devaient exécuter la même opération sur la ^
rive droite du Danube. Cet ordre était reifet de Terreur qui
régnait sur la position de Teunemi, et son exécution était évi-
demment impossible, puisque des forces dix fois supérieures
aux miennes couvraient la place de notre côté. Cette considéra-
tion ne suspend point le mouvement de ma division; elle marche
sur Ulni dans la matinée du 11 octobre.
En arrivant à Haslacb, nous voyons Texactitude de mes
reconnaissances confirmée, et le spectacle le plus imposant se
présente à nous. L'armée autrichienne, forte de 60,000 hommes
et commandée par Tarchiduc en personne, est sous les armes;
elle forme ses lignes et se prépare à recevoir la bataille. L'er-
reur dont j'ai parlé faisait croire à l'ennemi que ma division
était Tavant-garde de Tarméc française (|ui la suivait et allait
développer ses forces devant lui. La guerre offre peu d'exemples
d^me semblable situation. Aussitôt (|ue Tarchiduc s'aperçoit que
notre mouvement est suspendu à la vue de son ordre de bataille,
il détache de sa position un grand corps d infanterie et de cava-
lerie pour nous attaquer. Le moment était pressant. 11 fallait
choisir sans délibérer entre la retraite et le combat : je me
détermine pour ce dernier parti. Nos dispositions furent aussi
promptement faites <|ue l'exigeait une telle circonstance. Le
;jv)r régiment de ligne, commandé par le colonel Darricau, et le
l^»* régiment de hussards, sous les ordres du colonel Rouvillois,
se fornuMît devant Haslacb, *|ui sort de pivot à tous nos mouve-
ments; le î>" régiment d'infanterie légère, commandé par le
COMBAT D'HASLACH. 513
colonel Meunier, et le 96« de ligne, par le colonel Barois, se
déploient entre ce village et Jimgingen; une brigade de dra-
gons, formée des 15« et 17® régiments, sous les ordres du général
Sahuc, est placée en seconde ligne. Les brigades d'infanterie
étaient commandées par les généraux Rouyer et Marchand. En
voyant la supériorité de Tennemi et la vivacité de son feu, je
reconnais que je ne puis soutenir avec avantage un combat de
mousqueterie, et j'ordonne une charge à la baïonnette. Les 9»
et 96^ régiments exécutent cette attaque avec une brillante
audace : son effet est décisif. La ligne ennemie est enfoncée et
2,000 prisonniers de guerre tombent dans nos mains.
Le courage de nos troupes, exalté par ce succès, en promet-
tait de nouveaux. Le corps ennemi que nous avons à combattre
nous oppose iine grande supériorité et il reçoit des renforts qui
réparent successivement ses pertes; mais la même manœuvre,
employée contre lui dans toutes ses dispositions, est toujours
victorieuse : à peine une de ses lignes est reformée qu'elle est
atta<iuée à Tanne blanche, rompue et dispersée. L'infanterie n'a
jamais plus agi dans un combat et n'a moins brûlé de car-
touches ; elle n'employait son feu que pour repousser les charges
de la cavalerie ennemie, qui ont toutes échoué contre l'intrépi-
dité de nos bataillons. Nous avons repris cinq fois le village de
Jungingen, dont la possession était importante. Dans l'impossi-
bilité de faire face partout avec des forces si inférieures, il fal-
lait souvent l'abandonner pour fondre sur les lignes ennemies,
et le reprendre de nouveau lorsqu'elles étaient repoussées. Le
général Marchand, les colonels Meunier et Barois et Tadjudant-
commandant Duhamel, chef de Tétat-major, se sont particuliè-
rement distingués dans ces diflérentes actions. De son côté, le
3^6 régiment, secondé par le 1^"* de hussards, a résisté avec la
plus grande fermeté aux attaques dirigées contre Haslach.
Après sept heures de combat, nous restons maîtres du champ
de bataille : 4,000 prisonniers de guerre, des drapeaux et des
canons sont pour nous le prix de la victoire.
Telle a été la journée d'Haslach, dans laquelle une division de
5,000 hommes a triomphé d'un corps de 25,000 Autrichiens, en
présence de toute Tarmée ennemie. Mais si l'inégalité du nombre
rend ce combat remarquable, les suites qu'il doit avoir lui don-
neront une plus haute importance. Une méprise étonnante va
III. 33
514 CHAPITRB V.
cesser; instruit par mes rapports, Napoléon apprendra bientôt que
l'archiduc ne se retire point sur Tlnn ou sur le Tyrol, mais qu'il
est resté sur la rive gauche du Danube, dans une position où il
peut donner une face nouvelle aux opérations de la campagne.
Je rei^oiSi dans la nuit qui suit le combat, Tordre de |>a8«er
sur la rive droite du fleuve; mais de nouvelles dispositions me
prescrivent de garder sa rive gauche, et je m'établis à Brenc.
Les Otdoien du 32^ régiment de ligne à M. le générmi
de difieon Dupont, grend officier de la Légion d*hontwur.
Le 4 bramaire an xrv (26 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Permettez^nous de vous rendre compte de la conduite distin-
guée de notre colonel de Taile gauche de la division. II a
répondu à notre attente, quoique luttant sans cesse contre des
forces très supérieures et nous lui devons le peu de succès que
le régiment a obtenu dans la journée. Il était partout, retenait
Tardeur des soldats quand il le fallait, les lançait à propos pour
mettre en ftiite Tennemi lorsqu'il s'approchait trop de notre
position, et déjouait sans cesse par ses dispositions les projets
de Tennemi, ciui plusieurs foi» a tenté de nous envelopper.
Ses talents militaires sont connus depuis longtemps. Dans
cette mémorable journée il s'est surpassé et sa réputation de
bravoure mérite les plus grands éloges. Nous avons souvent
craint pour ses jours : plusieurs militaires ont perdu la vie à
ses côtés : son ordonnance fut même emporté d'un boulet au
moment où il lui donnait un ordre. Nous rendons grâce à notre
fortune militaire de nous l'avoir conservé; puissions-nous
n'avoir jamais à regretter sa perte que pour son avancement.
Avec un tel chef, on ne peut que vaincre. D'une activité éton*^
nante, il ne se donne pas un moment de repos. Son coup d'œil
est juste. Il sait affronter les plus grands dangers pour donner
l'élan à sa troupe, sait la contenir et la rallier lorsqu*iI est
nécessaire. Sans lui, nous n'aurions pas conservé un seul pri-
sonnier. Son audace, ses manœuvres sages et promptes ont
COMBAT D'hASLACH. 515
inspiré la terreur à la cavalerie ennemie, qui n'a rien osé tenter
quoiqu'elle fût en force sur nos flancs et sur nos derrières. Sou-
vent il s'est trop exposé au feu de Tennemi; c'est le seul
reproche que nous ayons à lui faire. Nous ne finirions plus s'il
fallait rapporter tous ses traits de bavoure pendant la bataille.
Sa retraite surtout lui a fait le plus grand honneur.
Notre admiration et notre dévouement ne connaissent pas de
bornes ; il en aura la preuve dans cette démarche qui est un
acte de justice ; se taire serait un crime.
Ses officiers désirent trouver l'occasion de lui prouver qu'ils
sauront mourir, s'il le faut, pour marcher sur ses traces.
Agréez Thommage des sentiments les plus respectueux avec
lesquels nous avons l'honneur d'être, Monsieur le Général, vos
subordonnés.
6" CORPS d'armée.
Journée du 19 vendémiaire (11 octobre).
Quartier général : Gùnzburg.
l^e division : La division marche en avant pour cerner Ulm;
à peine était-elle arrivée à Haslach, l'ennemi a fait jouer l'artil-
lerie de ses retranchements sur la division et a déployé dans
des ouvrages élevés sur la montagne du| Spitzberg des forces
considérables estimées de 20,000 à 25,000 hommes.
Le général Dupont fit ses dispositions pour la bataille. 11 ne
les indiqne pas et dit : « Je vous rendrai un compte détaillé de
tout ce qui s'est passé dans cette importante affaire. Dans
ce premier moment, je ne puis vous donner que les pre-
miers détails; nous avons tué ou blessé à l'ennemi environ
2,0(K) hommes et fait 4,000 prisonniers de guerre, nous avons
pris un drapeau [et trois canons {note de ^artillerie)], nous
sommes restés maîtres du champ de bataille, on s'est battu
jusqu'à la nuit et l'ennemi est rentré dans ses retranchements
(et derrière).
La grande supériorité de l'ennemi lui a permis de se répandre
au loin pendant l'action; des corps à cheval se sont portés
juscju'à Albeck et sur la route ils ont enlevé quelques voitures
516 CHAPITRE V.
du parc et des bagages appartenant à Tétat-major et aux
officiers des corps [tout ce qui a été pris appartenant à Fartil-
lerie a été retrouvé à Ulm. {Note de r artillerie)].
Je ne puis vous exprimer toute Tadmiration que m'a inspirée
la bravoure de nos troupes; le résultat de la bataille atteste
qu'il n'y en a pas de plus audacieuses et de plus dévouées.
5,100 hommes ont combattu pendant cinq heures une armée de
25,000 hommes et Tout battue complètement.
Le général Sahuc, qui a rejoint hier ma division, a conduit
parfaitement sa brigade de dragons.
"1^ division : La division a marché sur Gûnzburg où elle, a
séjourné.
3® division : La division a quitté ses cantonnements à 9 heures
du matin. La â^ brigade a cantonné dans Leipheim et dans les
environs de ce bourg. La l*"® brigade s'est portée à Ober-
Falheim et a pris position à la gauche de ce village dans la
direction de Strass, occupant par des postes ce dernier village
et Nersingen.
Cavalerie légère (général Tilly) : La cavalerie légère a laissé
ses canons à la l""® division et a suivi le mouvement de la
:i« division sur la rive droite du Danube. Elle bivouaque, savoir :
3« hussards, à Ober-Falheim ;
10« chasseurs, à Unter-Falheim.
Division Gazan : Cette division a marché sur Weissenhom
où elle est passée sous les ordres du maréchal Lannes.
Division de dragons : La division a suivi le mouvement de
la 2« division sur la rive droite du Danube et s'établit à Bubis-
heim avec des postes à Schneckenhofen, communiquant avec la
cavalerie légère sur la Roth.
Dragons à pied : Cette division, partant de Stôtzingen, s'est
dirigée sur Langenan où elle resta au bivouac pour soutenir
la K" division.
C05fBAT D'HASLACH. SI 7
Le Chef de bataillon commandant rartillerie de la division
à M. le géhéral Seroux, commandant en chef rartillerie
du 6" corps d'armée.
Bi-CDt, !«' ?0 vendémiaire an xiv (iS octobre 1805).
Mon (îtMHTal,
Je profite (lu proinior moment disponible pour vous rendre
compte de la journée dliier qui, si elle a été jrlorieuse pour les
armées françaises, attendu Textréme disproportion des forées
i»pposées, n'en est pas moins infiniment désastreuse pour
rartillerie, par les pertes irréparables que nous avons faites.
Lors«|ue la division est partie iVAlbcck sur les 11 heures pour
marrher sur Ulm, j'avais réuni aux dix bouches à feu que je
commandais les trois attachées à la division de cavalerie et ser-
\ic> par rartillerie léjrère.
Arrivé sur le champ de bataille, toutes les pièces ont été mises
en l»atterie et ont exécuté leurs feux pendant bien longtemps
sans changer de position contre les troupes et l'artillerie de
l'ennemi, (pii était très nombreuse. Plusieurs de nos pièces ont
été dénxmtées et renvoxées comme on a pu au parc qui était
resté en arricre : à jrauche une pièce de i avait été précédem-
ment démontée, et l'aflïit de rechange demandé par moi ne
m'est pas encore parNcnu.
L'armée faisant des progrès sur la droite, j'ai reçu Tordre
d'augmenter le nombre de bouches à feu de ce c<Mé pour pousser
les propres \ivement et c*est alors que nous axons fait
i.(NN) priNonniers et pris .'{ pièces de canon : mais tandis que
l'un triomphait de ce côté-là, la «rauche de l'armée a été débordée
par di*s troupes plus considérables que les nôtres, surtout en cava-
lerie, qui s'étant avancées jusqu'au village dWlbeck, ont coupé
rt emmené a\ec eux tout ce qui était en arrière et par consé-
ipient le parc de réserxi* de la dixision. Le lieutenant Kermorvan,
qui nc tronxait sur la gauche axec deux pièces de K, s>st p«>rté
de ee côte et après plusieurs déehar^es de mitraille, sa batterie
a été enxelnppée et rnlexée et lui lué sur ces lieux, à ce qu'on
assure.
L armée ayant été nbli^ée de rétrograder et les pièces obligées
de suixre b* i ixement des troupes dans un terrain coupé et
518 CHAPITRE V.
rendu extrêmement difficile par le mauvais temps, il est arrivé
qu'une pièce de 12 a été renversée dans un fos^ qu*elle devait
franchir et dont on n'a pu la retirer. La dernière pièce de 8 a eu
le même sort. Enfin la nuit étant venue et entièrement close, le
général a ordonné de se retirer sur Albeck, et c'est dans ce der-
nier mouvement que la seconde pièce de 12 a été renversée
comme la première sans qu'on ait pu la relever davantage ; en
sorte qu'il ne nous reste plus que quatre obusiers de 6 pouces
et une pièce de i démontée. Outre les pertes en matériel, nous
en avons fait de grandes en personnel et surtout dans le train.
Je ne puis encore vous donner l'état exact parce que les difTé-
rents détachements n'ont pu me le donner encore eux-mêmes,
mais je Taurai demain.
Je vous envoie un état des bouches à feu et voitures existantes
au parc de la division. Je ferai dresser, demain, l'état des pertes
et consommations. Ko attendant, je vous prierai, mon Général,
de vouloir bien ordonner au directeur du parc, dont j'ignore le
placement, de me faire passer les effets et munitions qu'il jugera
convenable, d'après Tétat ci-joint (1), et surtout des cartouches
d'infanterie.
Je dois des éloges aux officiers et aux troupes d'artillerie pour
le zèle et la bravoure que chacun a apporté dans l'exercice de
ses fonctions.
Le capitaine Noèl a (Hé fait prisonnier. Le chariot de muni-
li(ms, (|ui porUiit la caisse de Marotte contenant environ
7,0(K) francs, qui portait mes effets et ceux des officiers, est
tombé au pouvoir de renuemi. Nous sommes tous dans la
détresse et le dénuement.
VlLLKNBDVK.
A M. le générRi Songis , premier inspecteur général de l'artillerie,
commandAnt en chef celle de la Grande Armée.
Au quartior gém'ral, à Kiissendorf, le SI vendémiaire an xiv
(l.t octobre 1805).
Mon Général,
Je vous adresse avec bien du regret, par mon aide de camp
{\) Cet rtat n'a pas <'t(^ retrouvt^ Il est résumé dans la pièce fltlitanta.
COMBAT D*RASLÀCH. 819
Btnitiél, le rapport dé M. le ehef de bataillon Villeneuve, com-
mandant l'artillerie de la i^^- division. Il paraît que dans la
journée d'Albeck près d'Ulm, nous avons perdu en matériel, le
19 vendémiaire:
2 pièces de 12 (les afTiits sauvés) ;
6 pièces de 8 ;
1 pièce de 4 ;
3 caissons de 12 ;
10 caissons de 8 ;
8 caissons d'obusiers ;
6 caissons d'infanterie ;
1 affût de rechange d'infanterie ;
A chariots de paysans chargés de cartouches d'infanterie.
Nous avons pris à l'ennemi une pièce de 3.
J'ai lieu de craindre, d'après la composition des attelages,
que nous n'ayons perdu environ 80 bons chevaux du train d'ar-
tillerie.
La 6« compagnie du l*' régiment à pied et le tiers de la !!•,
un détachement de 50 hommes de la l^^ compagnie du 2* à
cheval, paraissent avoir beaucoup souffert. Je vous en rendrai
un compte plus détaillé après avoir reçu le rapport de M. le chef
de bataillon Villeneuve.
Je vous prie, mon Général, de vouloir bien pourvoir au rem-
placement de ces pertes, tant en personnel qu'en matériel.
Je presserai le directeur du parc de demander à M. le direc-
teur général 500,000 cartouches d'infanterie, en remplacement
des pertes et consommations. %
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
Le Général commandant Vartillerie du 6^ corps,
Sbroux.
6" CORPS d'armée.
Journal des opérat/ont de l'artillme.
Le quartier général vint à Gûnzburg et le parc resta, à
Medlingen.
S20 CHAPITRE V.
Le parc vint en arrière de Gûnzburg (rive droite du Danube),
La 2® division à Gûnzburg.
La 3^ à Leipheim.
La l""® partit d'Albeck vers li heures du matin, pour aller faire
une forte reconnaissance sur la route d'Ulm où était Tannée
autrichienne tout entière. Elle emmenait 13 bouches à feu dont
3 obusiers, servis par Tartillerie légère de la division de cava-
lerie, cjui furent depuis ce jour réunis à la 1"» division.
A une lieue d'Albeck, elle rencontra une forte colonne de
rarmée ennemie.
Toute Tartillerie fut mise en batterie et fit un feu soutenu,
sans changer de position, contre les troupes et rartillerie de
Tennemi qui était en nombre supérieur; plusieurs de ces pièces
furent démontées et renvoyées au parc de la division qui était
en arrière.
La division eut des succès sur la droite. Pour les poussser,
le général fit augmenter le nombre des bouches à feu de ce côté,
on y (it i,0()0 prisonniers et on s'empara de canons ; mais, pen-
dant ce brillant avantage, la gauche fut tournée par des forces
très considérables, surtout en cavalerie. Ces forces s'avancèrent
jusqu'au village d'Albeck, coupèrent et emmenèrent les équi-
pages et le |)arc de la division. Le lieutenant Kermorvan qui se
trouvait sur la gauche avec deux pièces de 8, chercha à arrêter
l'ennemi. Après plusieurs décharges à mitraille, sa batterie a été
enveloppée et prise.
La division (it sa retraite emmenant ses i,000 prisonniers.
Ceci est d\iutant plus remarquable qu'elle n'était guère forte de
plus de i,(MM) honinies, mais elle perdit la majeure partie de son
artillerie. Le terrain sur lequel elle manœuvrait était si coupé
par des fossés, si gâté par le mauvais temps qui régnait depuis
plusieurs jours que les deux pièces de 1:2 furent renversées et ne
purent être relevées. Klle perdit "1 pièces de 12, 6 pièces de 8,
1 pièce de S et beaucoup de caissons. Heureusement toute cette
artillerie fut reprise sïmis l'im.
Il n\ eut qu'un oanonnier tué et H blessés. :2 officiers,
18 eanonniers et :20 soldats du train furent faits prisonniers de
guerre. (>0 chevaux de trait furent tués ou pris.
La division lit sa retraite jusqu'à Brenz.
COMBAT D'HASLACH. S21
Rapport adressé à Son Altesse Sérénissime Monseigneur le prince
Murât, par M. le général de division Bourcier, le 30 vendé-
miaire an XIV,
Le 19 vendémiaire an xrv (Il octobre 1805).
Le général Sahuc reçut ordre le lendemain 19 (// octobre),
de se porter avec ses deux régiments près d'Ulm à la hauteur
d'Haslach. La division du général Dupont, s'étant formée en
bataille à cette position, le 15® dragons fut placé à la droite de
la ligne et le 17® à la gauche ; Taffaire s'engagea au même
instant. Un corps de uhlans chargea rartillerie, qui se trouvait
en avant du 17« de dragons et fut vigoureusement repoussé par
un seul escadron de ce régiment. Le général Dupont donna
Tordre alors de porter toute la cavalerie sur la droite. Le général
Sahuc, pour se conformer à cet ordre, réunit le 17® au 15® qu'il
trouva protégeant notre infanterie, qui manœuvrait dans la
plaine entre Haslach et Jungingen. Ce régiment se trouvait en
ce moment sous le feu de Tennemi dont la position était fort
avantageuse, étant maître d'un petit bois en avant de lui et
d'une batterie placée entre ce bois et Jungingen. Ce brave régi-
ment, malgré le feu de la mousqueterie la plus vive et la
mitraille qui lui tuait une grande quantité d*hommes et de che-
vaux, n'a quitté sa position que lorsque le général Sahuc,
jugeant qu'elle n'était plus nécessaire à conserver, lui ordonna
d'en prendre une nouvelle. Ce dernier mouvement se fit avec le
plus grand sang-froid, malgré le feu du canon qui emportait des
files entières.
Le 17® régiment, c|ui suivait dans la plaine les mouvements
de l'infanterie, resta longtemps exposé à un feu violent d'ar-
tillerie, qui lui fit perdre beaucoup de monde ; il a soutenu ce
feu avec une constance digne des plus grands éloges.
Ce fut quelques minutes après, que le général Dupont donna
l'ordre au général Sahuc de charger la cavalerie ennemie, qui
dépassait de beaucoup sa droite. Le général Sahuc forma la
sienne sur deux lignes, le 15® en première et le 17® en seconde.
Dans ce moment, les chevau -légers de Rosenberg s'ébranlèrent
pour charger un bataillon du 96® régiment d'infanterie qui
venait de passer un chemin creux ; le 15® régiment les chargea
avec vigueur et les repoussa loin de notre infanterie qu'ils vou-
oiJ CHAPITRE V.
iMicnt «Mit^iiiifr rt t\\\\, (It's ri> luiiiiM'iit. iif tut \»\u^ iii>)ii.'!-
iiiaiN W r»'' ri';;iiiiriit, l'har^r :i »»nu t«Mii- \m\i uni- r.ix.iltri» n?'--
iiifiiiciit sii|H'rii'iin' fil imiiiln'*'. lui nhlL'r ilf '»i- iij»l:'i -l ■■ '
•»!■ ijllirr tlrniri'r It- 17* t[iii iliar^tM ri ii'|iiiU'*'*.i I if.r.f! !! l
s|||MTinrilr «In linmlut' v\ IIIH' stM'iiluli' liL'Ili- 1(111 * «\ «". ••.
l'aMUil t'iirri- lU- s»» n'plii'r Mir It» huis. Ifs ilnix rru'umii;» *
rfloriiKTt'n! «l Iniirnimit iiiir mmmukIi» cliarue f|ui <!o\ii.i m»
mi'h'c ^:rnrr;»lt\ iiairr (|uo Irniit'iiii a\ant di'ji.isM^ leur dp- U
(It'iMiiN lniiuttMn|>s, avait l'ait tiler par U* hoi^i nii ccirfi^ «le ca\ji-
Irrii* <|iii arlu'\a <li» 1rs oinrlnppor. Krain-als «'t \Mlri'*hi«n»
«'iilr«'n*nt |M*|('-iiirK' ilaiis U* Imis ri vv in* tnt «iira^'r Im.miic.m;^
(Ir priiu* ipic W unirnil >aliiir par\int a rallier <|ii''|ipii*v.nn« l>-
si'N rsradruiis a la snrtif i\r w lnns. I.«'s auln*H n*\iiirfiit rii*-iil»
pn-iMirc l«'iii- raiiii dans la liiinr vi \r uanlrmil )iis«|ii .1 '.* Iifiir>«
du N'»ir. ipn- ri' ::rntral rrtiil nrdrr di* \frur |ii\i*iMipirr '
AilH'l'k.
Mans iM'Ih' ilriiinif iiirlt f, M. Sainl-hi/HT. i'iil<»iirl ilu |T"
rt-Lniticiit lit* dra:;iins. a t'tr tiif. 11 ttait aiipn-sdii i;i-ri<Tnl Sahiir.
unissant cnnjnintrnM'nl It-urs illnrls |)nur rallier ipirlipirs i^l*-
luns. Imsipn» sj-pan-s y:\i \v rlmr, |i* ridoiicl S.iint-lM/i<?r ii\
rn\ iioiini* il un»' ilnu/aiiit* t\v raxaljrr'» autrirluen<«. lia §u?-
i'iiiiiIm' NiMis le nnuiluc ri «'st ninri n»iiini(* il a\.iit wcii. m
lnMiinir il Imnni lit' ri rn lua\f hIImmit. Il •iiipurtr l»s ri'«r»'l% f!
I rstiliM' de i-rux ipii l'ont rimUM.
I.(»s \:\' l'I 17" ii'L'iini'nts. i|:ins n-tli* jnurni'f. nul f;iit priMn^
i)i> la plus ::i:irid<- )iia\iinri\ h's rlit-l's ri autrr« l'fluM'T^ t*u\
Mi<>tili< , (lit. ml ii> >.iii.-ii ni «pir d inti'llijcni'i il.iTis |f« nx Mx^>
nirids tpii SI- siiiit l^iijs. Ils mil i-nnuxi* ilt's |irrtos pr«id.ji« u»r «
Miais iri(-\ it.<hii-s. .iv.tnt cir rxpnsrs tniito la journiT .m fr 1 d :rf
n>>iii|irriisi' aitilli'iir i-l a\ant m a l'nniliattrr .i\r<' iiii .% Jrfn
. h. \.ii:\ I !.•• r.ix.il. iir i..|t.- d« J.IHNl -i .'(.INNI.
.!•■ i"MiN .1 II" liippn'l lit.it «It's prrlt*s^rssu\fr^ par iT^ de -t
!• _ iiH nls il . 1-1111 ilrv ..i!i,|,.r s, siiiis-niiirit*rs ««t drauitn^ ipii *^
> 1 I' jlus p;ii tii-iiiti 1' !<!• lit distinuMii-s et ipii iiiirit^nt i'«
_i III - .|. ^.! M ijiNti . 1 ; il'-iii.iiiiici's p.ir \i»lrr .\lli*s*i». |r * .•
.•...|X iiiM-i! <|'l iK l.N M|itl-:iifl<'l|t.
COMBAT D*HASLACH. 523
J'ai l'honneur de recommander particulièrement à la bien-
veillance de Votre Altesse les chefs d'escadron Dautrecour du
17® et Laroche du 15e ; tous les deux ont fait preuve de courage,
d'intelligence et de dévouement.
BOURGIBB.
Le général Dupont au général Sanson.
Brens, le SI vendémiaire an xr? (13 octobre 1805)«
Mon cher Général,
J'ai recours à vous; dans mon affaire d'Haslach près d*Ulm,
le 19, j'ai perdu mon équipage et toutes mes cartes. Je ne dois
pas les regretter puisque le succès de ma division a été très
brillant : 5,000 Français ont battu 25,000 Autrichiens. L'im-
mense cavalerie ennemie m'enveloppait et a enlevé nos bagages.
La division Baraguey-d'Hilliers, qui devait couvrir mes commu-
nications, n'est pas arrivée. Les autres divisions de notre corps
d'armée devaient aussi agir sur la rive droite du Danube et
cette opération a été remise, de manière que je me suis trouvé
seul. Il y a là quelque ressemblance avec mon passage du
Mincio. Du reste, je ne puis qu'être satisfait des éloges que
M. le maréchal Ney nous a donnés et de la promesse qu'il a
faite à la division de faire valoir auprès de l'Empereur cette
belle journée.
L'ennemi s'attendait à être attaqué et se tenait prêt; aussi
m'a-t-il présenté la bataille si vivement que si j'avais tenté de
faire retraite j'étais perdu. La victoire en est plus douce.
Je reviens à la perte de nos bagages. Pouvez-vous me prêter
quelques cartes ? 11 ne m'en reste pas une seule. J'en ai demandé
à Paris, mais quand arriveront-elles? A peine reçois-je de
France une lettre après vingt jours de date. Vous m'obligerez
infiniment de m'envoyer quelques lambeaux de topographie.
Mille amitiés.
DirpONT.
524 CHAPITRE V,
Le général Dupont au général Saitsoit.
Paris, le 8 Juin 1806.
Mon cher Général,
Je vous adresse le plan de TafTaire d'Haslach (i) : ce calque
rend mieux le terrain que celui que vous m'avez envoyé. Les
principales circonstances de la bataille y sont tracées ; pour les
reproduire toutes, il aurait fallu plusieurs retouches, mais ces
détails suffisent pour donner une idée de cette affaire, qui est
peut-être unique dans son genre ; c'est comme vous le voyez
une petite division aux prises avec une armée entière et cela
lui donne le caractère d'une bataille.
Plus de 6,000 Autrichiens ont mis bas les armes, mais nous
n'en avons gardé que 4,000 ; on était plus occupé du soin de
faire des prisonniers que de celui de les conserver. Nous nous
sommes emparés cinq fois du village de Jungingen : lorsque
nous en étions maîtres, l'ennemi revenant avec des corps frais
se formait dans la plaine et aussitôt nous marchions sur lui à la
baïonnette ; pendant ce temps, d'autres troupes revenaient dans
le village et il fallait de nouveau le reprendre. C'est avec les
quatre bataillons du 9« et du 96® que nous avons enfoncé suc-
cessivement toutes les lignes ennemies qui se sont formées et
reformées contre nous. Il nous est arrivé quelquefois en char-
geant d'être chargés nous-mêmes en flanc et par derrière;
c'étaient des moments de crise terribles. A peine un corps était-il
repoussé qu'il fallait faire un changement de direction et quel-
quefois demi-tour pour soutenir l'effort de ceux qui nous atta-
quaient.
Un bataillon du 32<^ m'a été très utile pour contenir la cavalerie
ennemie entre le bois qui est derrière Jungingen et ce village.
L'autre bataillon et les deux escadrons du !««' de hussards ont
tenu la position d'Haslach qui formait ma gauche avec la plus
noble fermeté.
Quelques compagnies jetées dans les petits bois qui se trou-
vaient sur mon front ont empêché l'ennemi de s'apercevoir que
mon centre était dégarni et d'en profiter. Cette faute et Tinac-
(1) G'pst d'après ce plan qu'a été établi celui que nous reproduisons.
COMBAT D*HASLACH. 525
tion de sa cavalerie, après le pillage de nos bagages, nous ont
beaucoup servi. Cette cavalerie a cependant chargé par inter-
valles et, à la fin de la journée, elle a chargé en masse. Nos
bataillons n'ont jamais été plus brillants que dans ce moment-là;
le succès a été complet, la nuit est arrivée et nous sommes
restés maîtres du champ de bataille.
Je me trouve en ce moment à Paris; j'y ai été envoyé de
Dùsseldorf en mission par le prince Joachim.
Recevez, etc Dupont.
Bien des choses, je vous prie, à MM. Guilleminot et Gauthier.
Le maréchal Ney au maréchal Berthier,
Le tO vendémiaire an xiy (It octobre 1805).
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence le rapport que
m'a fait le général Dupont sur la manière dont il a exécuté sa
part de l'attaque que j'avais combinée sur Ulm par les deux
rives du Danube, ainsi que le portent les ordres de mouvement
des 18 et 19 et les instructions particulières que j'ai données.
L'affaire du général Dupont, quoique extrêmement brillante,
n'a produit qu'une partie des succès qu'elle pouvait procurer,
parce que le général Baraguey-d'Hilliers, au lieu de se rendre à
Albeck pour soutenir le général Dupont, comme il en avait
l'ordre, a jugé à propos de rester à Langenau et s'est seulement
rendu de sa personne à Albeck pour y reconnaître son quartier
général. L'ennemi a profité de cette faute majeure et, prenant
les communications du général Dupont à revers, il a repris
environ 3,000 prisonniers sur 7,000 qu'il avait perdus, s'est
emparé de l'ambulance et d'une partie des bagages des régi-
ments et du général Dupont.
Je mets sous les yeux de Votre Excellence l'extrait des dispo-
sitions ordonnées pour le 0^ corps d'armée pour le 19 et expé-
diées le 18. Vous y verrez que le général Baraguey-d'Hilliers
devait soutenir la division Dupont; comment a-t-il pu se dis-
penser d'un pareil devoir? C'est à Votre Excellence qu'il appar-
tient d'apprécier la conduite de ce général. Je me bornerai à
536 CHAPITRE Y.
VOUS dire qu'il est bien essentiel pour le bien du service de
Sa Majestér et la gloire de ses armes que Ton n'ait plus de
pareilles plaintes à porter.
Nous prenons aujourd'hui possession de la ligne déterminée
par la Roth et la Luben et nous aurons probablement demain
une bataille sur TUler. Mes troupes se conduisent bien, mais je
suis fôehé de les morceler car, en passant Tlller, U faudra bien
en laisser une partie sous Ulm pour bloquer les fuyards.
J'adresse à Voire Excellence l'extrait de Tordre que j'ai
donné au général Dupont pour rester en observation sur la rive
gauche du Danube, conformément aux dispositions de Son
Altesse Sérénissime le prince Murât.
Je vous prie de vouloir bien faire connaître à Sa Majesté la
demande que je fais du grade de colonel pour M. Grabbé, mon
aide de camp, chef d'escadron, officier distingué par ses talents
militaires et qui a en sa faveur un grand nombre de traits de
bravoure : je le regarde comme un des officiers les plus propres
à conduire des troupes légères à la guerre et à conunander un
régiment de hussards avec la plus haute distinction.
(A. ^f.). NiY.
Le général Banaguey-d'Hillierê k l'Empereur
Loipheira, le tt vendémUlre an xrr (U octobre 1S05).
Sire,
J'ai reçu par vos ordres, du ministre de la guerre, une lettre
qui contient des reproches amers sur la conduite de la division
que je commande; j'ai lieu de présumer par ce que m'a dit le
maréchal Ney qu'ils se rapportent tous à la journée du 19 ven-
démiaire. Il n'est plus qu'une chose à laquelle je tienne inflni-
meut et à laquelle je tiendrai toujours, Sire, c'est à ma réputa-
tion et à l'estime de Votre Majesté; j'espère que d'après le»
pièces que j'ai l'honneur de lui adresser et que je la supplie de
lire, il ne lui restera plus aucun doute et que je cesserai enfin
d'Atre auprès d'elle la viclime de la calomnie ou de Terreur.
Je suis, etc
Haraoubt-d'Hilliebs.
COMBAT D'hASLACH. 5Î7
Exposé de la conduite du général Baraguey^d'Hillien et de /a
division de dragons à pied qu'il commande, dans la journée
du 19 vendémiaire {11 octobre),
Liiphoini, li* 22 vciuiémiairc an iiv (14 octobre IBOb).
M. \v niarôclial iNo) uvailordoiiiK*, par ses dispositions du 18.
«l'étahlir ainsi la dixision de dra^<»iis a pied :
\ compairnies à Môdliiiireii:
4 coiiipa^iiies à Hroiiz :
"2 rniii))a|;nics à Sontlieini;
.*i rompa^nies à Kontlial ;
1 bataill<»n à Slot/injrcn (v. n» 1).
Et le reste dans les hois en arrière d^Oher-Stôtiingen. Ces
dispositions étaient ripinreuseinent exécutées le US li) au soir,
malgré le temps le plus aIVrenx ()ui dura toute la nuit.
Le i\K entre midi et I heure, roflicier d etat-major liippert
remet au uénéral liarairuev-d'Hilliers, à Olier-Stôtzingen Tordre
par lequel il lui était onlonné de marcher sur Albeck le même
jour pour soutenir la di\isi(ui du général Dupont dans Ica por-
tions du hlocus (X. n<*' â et .'i); en lui remettant cet ordre, il lui
témoigna de\ant son état-maji^r le regret de rapporter si tard
et lit le réeit des di\ers événenu'uts (|ui a\aient retardé sa
marche et dont le iTsuUat était ({u'il s était égan'*! et que, |Mir
suite, il a\ait apporté au général Dupont ses «inires trois heures
avniit de remettre an général harague>-d'llilliers les siens. Au
m<»nient même ou le soussigné les reeut. il lit appeler son chef
d'état-major et lui doinia l'ordre éerit de faire rasKcmliler muis
délai la i^* hri^a<le a Nerenstetten pour la diriger KUr AlliecK,
la t^ a Stiitziugen pour la diriger sur i.angenau, où il Icurarri*
verait de nouveaux ordres. (I(*s ordres furent reçus à i h. l/i
par le général Le Suire a Stetten, et par le général VondenReid
a Stot/ingen. ipii lc«« mirent a exécution.
A .'i heures, le général liara^ue>-d'llilliers quitta Stôtiingen
pour se rfiidre a Mhfck et se fil précéder par son aide de camp
(I ) brreur : <''i->t If |K s.tii!« aiirnn dont**.
528 CHAPITRE V,
avec une lettre au général Dupont pour lui demander les points
sur lesquels il devait Tappuycr. P!n arrivant à 4 heures de sa
personne avec une faible escorte à Albeck, il trouva la route
couverte de voitures, de bagages, de soldats et de femmes
épouvantées, et son aide de camp le sabre à la main venant
d'être chargé dans la rue d'AIbeck par un parti de chevau-légers
ennemis. Sur-le-champ, il ramassa les fuyards, les mit en ordre
et leur donna un chef; la garde de son quartier général arri-
vant, elle fut peu après suivie de 100 hussards du i^^ régiment
et il fit remonter sur le plateau qui domine Albeck. L'ennemi
fuit et Ton prit position. C'est là (|u'il reçut la lettre u9 4. A
peine y était-il établi ((u'unc colonne d'infanterie et de cavalerie
pèlc-niéle, composée de tous les débris de tous les régiments de
la division Dupont, arriva sur lui et l'informa que les 15® et
17® régiments de dragons ayant été écrasés, leurs bataillons
avaient été coupés en plusieurs parties par une cavalerie très
nombreuse (|ui avait enveloppé le général Dupont lui-même et
avait pris toute son artillerie; qu'ils s'étaient ralliés dans les
l)ois comme ils avaient pu et marchaient sans but comme sans
ordres, bien plus ébranlés de leurs rcvei*s que présumant un
succès. Le général Haraguey-d'llillicrs les remit en ordre et en
position, et aussitôt après il poussa une reconnaissance de cava-
lerie vers le général Dup<uit pour savoir de ses nouvelles, car
toute conmuinicalion avait été jusque-là interceptée par l'en-
nemi et le soussigné n'a\ait reçu aucune des ordonnances et des
lettres (jue le général Dupont dit lui avoir envoyées.
Le général avait, aussitôt son arrivée à Albeck, envoyé ses
aides de camp à la recherche des colonnes; elles arrivèrent à
7 heures, harassées, lorscpie la nuit était très obscure et le
combat entièrement Uni. Sur ces entrefaites, l'aide de camp du
général Dupont arriva à Albeck et apprit au soussigné la posi-
tion de son général qui était à Ilaslach dans l'intention de tenir
jusqu'à ce qu'on eut enlevé ses blessés, et dans la nuit il reçut
ordre de se replier sur Gùnzburg.
Il résulte de ces faits d(mt cent témoins peuvent déposer la
vérité :
i*^ Que la division de dragons à pied était dispersée par
bataillons et compagnies isolées sur une ligne d'un pays mon-
tucu\ percé de chemins défoncés par la pluie et impraticables,
COMBAT d'haslach. 829
longue de quatre lieues, dont la compagnie la plus rapprochée
d'Albeck était distante de deux lieues et demie au moins;
2<^ Que le général n'a reçu ordre de marcher sur Albeck à
Tappui de la division Dupont que le 19 à 1 heure après-midi;
3" Qifil n'a pas différé d'une minute à Texécuter;
A^ Que rien ne lui a annoncé, avant 5 heures du soir de ce
même jour, que la division Dupont dût engager un combat
sérieux.
En y réfléchissant, qui pourra être étonné que des troupes
aussi disséminées, qui marchaient depuis trente-six heures sans
relâche et sans subsistance, aient mis cinq heures à se réunir
et à faire, les unes trois lieues, les autres quatre et demie, par
un temps pluvieux et des chemins boueux et remplis de neige?
C'est avec le sentiment douloureux que cause une injuste
accusation, que le soussigné a rédigé ces lignes pour la
repousser, lorsque sa conduite antérieure, ses longs, et il ose le
dire, ses bons services devaient Ten garantir.
Baragubt-d'Hillibrs.
Le général Le Suire» employé à rétat-major général,
au maréchal Berthier.
Vienae, le 12 niyôse (2 janvier).
Monseigneur,
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence les notes qu'elle
désire, afin d'acquérir une connaissance parfaite sur l'exécution
de l'ordre expédié, le matin du 19 vendémiaire an xiv, par M. le
maréchal Ney, au général commandant la division des dragons
à pied.
J'ai l'honneur, etc
Le Suirb.
34
630 CHAPITRE V.
Note du généml Le Suire, commandant la 7** brigade de la
division des dragons à pied, au sujet de l'affaire du 19 ¥end&-'
miaire an XIV (11 octobre 1805),
Vienne, le 12 nivôse (S janvier).
Établissement de la division des dragons à pied le 19 vende-
miaire an XIV {1 i octobre 1805). — La division se trouvait la
gauche en tête. Le quartier du général qui la commandait était
à Nieder-Stôtzingen.
La "-1^ brigade, composée des W^ et 4^ régiments, sous les
ordres du général Vouderweid, était bivouaquée le long et en
arrière du ruisseau Stetten.
Sa gauclie appuyée à Obcr-Stôtzingen et sa droite au bois de
Stetten, qui se trouvait éclairée par la 1*"® brigade.
La l*"^ brigade, composée du i«' bataillon du !•' régiment (à
cette époque le2« bataillon du l***" régiment était encore chargé
de faire le service du quartier général du prince Murât), du
2® régiment, et commandée par le général Le Suire, occupait
les positions ci-après :
1" Le !«' bataillon du 1^^ régiment avait reçu directement du
général commandant la division. Tordre de pjacer un demi-
bataillon à Lonthal et Tautre à Bissiugen.
Ce même bataillon de>ait faire des patrouilles toutes les
heures entre Lonthal et iiissingen, comme entre Bissingen et
Stetten ;
!2<^ Le !2« régiment était bivouaqué à gauche et en avant du
bois de SIeticn, se liant par sa gauche avec la i* brigade et
occupant pour cet ell'et le bois qui se trouvait entre les deux
brigades.
Kntre midi et 1 heure, le général commandant la division
reçut, par un oflicier d etat-major, Tordre de M. la maréchal
Ney de diriger promptement sa division sur Albeck.
•La iJe brigade, qui se trouvait à un quart de lieue du quartier
du général commandant la division, reçut aussitiM Tordre de se
porter à Langenau on passant par Hammingen: là elle devait
attendre de nouveaux <>rdres.
In bataillon du 4*^ régiment devait, d'après Tordre de M. le
maréchal Ne} , se rendre à Modlingen pour garder le parc du
corps d'armée.
COMBAT D'hASLACH. BSi
Le général commandant la !'« brigade reçut, û ^ heures
aprèK-midi, des mains d'un brigadier du 18* de dragous ù
cliovaL l'ordre dont est ci-joint l'original, n" ÎH>1, signé Dem-
bouski.
Auft!(itAt la réception de cet ordre, ce général s'empressa
d'expédier au c<donel commandant le i" bataillon du 1" régi-
ment Tordre de réunir au plus UM Hon bataillon à liissingen cl
de le porter avec la plus grande rapidité sur Nerenstetten, en se
munissant de bons guides et en passant par le chemin le plus
court.
KnHuite il marcha à la tête de son "1^ régiment, qu'il dirigea
Mir le lieu de rassemblement de sa brigade, où il n'arriva qu*à
la nuit, malgré toute la diligence imaginable qu'il employa dans
sa marche.
Selon ses înstructi<mH, le commandant de la l*"* brigade
attendit a .Nerenstelten le [^^ bataillon du 1" K*giment, qui n'y
arriva qu'à 7 heures du soir, ayant été retardé dans sa marche
par les mauvais chemins, par la (duie qui tomba continuelle-
ment et surtout par Téloignement où se trouvait ce bataillon
lorsqu'il reçut Tordre de départ. Il faut rendre justice aux dra*
gims à pied : toutes les fois qu'il a été question de marcher à
l'ennemi, ces braves gens, dignes du nom qu'ils portent, ont
généralement manifesté tous les sentiments qui caractérisent le
grenadier français.
Pendant que les généraux de brigade exécutaient avec xèle
le^ onlres de marche qu'ils avaient reçus, le général comman-
dant la dixision se rendit avec s(ui état-major à Albeck, où il
arriva h ti heures du soir.
H apprit bienttU que le général Dupimt axait attaqué le même
jour un ennemi bien supérieur en forces. Il se porta en avant
axec un fort détachement du 1^' hussards et continua h rallier
dexant Mbeck ceux des soldats de cette division qui avaient été
forcés de faire un nuMivcnient rétrograde, dans un combat qui
fut irlorieux pour les armes de la France.
V*Tv \vs H heuH's du soir, ce général partit d'Albeck pour se
rendre a Langenau, ou il trou>a la 2" brigade et ou il passa la
nuit.
AusHÏtAt Tarrivéc du l^^^ bataillon du 1"' régiment à Neren-
stctten. le général Le Suire le réunit au "f régiment el dirigea
532 CHAPITRE V.
CCS trois bataillons sur Albeck où l'on n'arriva qu'à 9 heures du
soir, sans cependant avoir fait une seule halte de Nerenstetten
à Albeck.
En sortant de Nerenstetten, cette brigade rencontra une
colonne de 1200 à 1500 prisonniers de guerre autrichiens, que
la division du général Dupont avait faits dans la journée.
Après avoir établi sa brigade à gauche et sur les hauteurs
dWlbeck, le général Le Suire se rendit chez le général Dupont
pour savoir de lui où était son général de division.
Le général Dupont, on lui apprenant qu'il était parti pour
Langenau. lui demanda 300 dragons pour aller enlever ses
blessés, et différents détachements pour faire le service, ce qui
fut fait sur-le-champ.
Sur ces entrefaites, un aide de camp de M. le maréchal Ney
arriva à Albeck porteur d'un ordre pour le général Dupont, qui
le communiqua au général Le Suire.
Cet ordre portait que Sa Majesté l'Empereur, voulant concen-
trer ses forces sur la rive droite du Danube et devant la place
d'Ulm, la division du général Dupont partirait d'Albeck le len-
demain matin, précédée par la division des dragons à pied, à
l'effet de passer le Danube à Giinzburg ou à Leipheim dans la
même journée.
En conséquence, le général Le Suire s'empressa d'informer
son général de division de son arrivée à Albeck et de Tordre
que M. le maréchal Ney venait de faire parvenir, en lui annon-
rant que sa brigade arriverait le lendemain matin de bonne
heure à Langenau.
Le 20 vendémiaire, à \ heures du matin, le général Le Suire
se mit en marche a\ec sa i)rigade qui précédait la division
Dupont.
Il prit avec lui l'artillerie de la division des dragons à pied,
laquelle était arrivée à Albeck la veille à 10 heures du soir.
A Langenau, les deux divisions Dupont et des dragons à pied
se réunirent et exécutèrent le mouvement ordonné la veille par
M. le miiréclial Ney.
Le SuifiB.
yota. — LofMeier détat-major chargé de porter Tordre du 19
MU m;itin aux irénéraux Dupont et Baraguey-d'Hilliers remit
COMBAT d'haslach. 533
premièrement entre 8 et 9 heures du matin au général Dupont
celui d'attaquer Tennenn.
Après quoi cet oflicier se dirigea sur Nieder-Stôtzingen où il
remit au général Baraguey^'Hilliers l'ordre qui le concernait.
11 en résulta que le général Dupont attaqua Tennemi avant
même que la division des dragons à pied eût commencé son
mouvement pour se porter sur Albeck.
Lb SUIRB.
DiBîances qui se trouvaient entre Albeck et lee deux brigadee
de la division de dragons à pied le 19 vendémiaire au matin.
i^*^ BRIGADE.
/^f bataillon du /«^ régiment.
De Stetten. d'où le général commandant la brigade expédia
Tordre de départ pour ce bataillon, jusqu'à Bissingen, où était
établi le cobmel qui le commandait, 1/:! lieue: de Hissingen à
Lontbal, d'où le deuxième demi-bataillon fut rappelé, l/!2 lieue;
de Lontbal à Hissingen, d'où le bataillon se mit en marche pour
Nerenstetten, 1/:^ lieue: de Hissingen à Nerenstetten, 2 lieues;
de Nerenstetten à Albeck. i lieue 1/i. Total : 5 lieues d'Alle-
magne.
1'** régiment.
De Stetten à Nerenstetten, ± lieues: de Nerenstetten à Albeck,
1 lieue 1/i. Total : .'{ lieues 1/2 d'Allemagne.
t*" HRKÎADI.
Kn passant par Langcnau pour se rendre à Albeck, cette bri-
gade avait .') lieues i/2 d'Allemagne à parcourir.
Le général Baraguey-d'Hilliers à l'Empereur.
FariH. le S6 mara 1806.
Sire.
\\}\rv Majesté m'a ren<hi a l'espérance et au bonheur en me
permettant d'appn^fondir 1rs griefs que l'on nra imputés dans
la journée du t*.) vendémiaire. Je n'avais rien tant à redouter
834 CHAPITRE V.
(|iie le défaut d'infomiationH précises; ainsi, plus elles seront
solennelles, et plus mon innocence vous sera, j'espère, prouYÔe;
mais, Sire, l'absence du ministre que tous voulez charger de
cette enquête, Tincertitude de Tépoque de son retour, les bruits
qui se répandent du prochain départ de Votre Majesté pour
ritalie, la dispersion des témoins que je dois citer de mes
actions et de ceux qu'allégueront sans doute mes accusateura,
tout me fait craindre d'être encore privé longtemps de Tavan-
tage de me justifier. Je prie donc Votre Majesté de me per-
mettre de remettre sous ses yeux un court exposé des faits qui
me concernent dans la journée du 19 vendémiaire, et de la sup*
plier de le lire en consultant Thuilé ci-joint de la carte de
Hohnenbergcr; j'ai indiqué, pour chacun des faits, les noms des
officiers dont le témoignage peut être invoqué, de sorte que si,
après cette lecture. Votre Majesté a besoin de nouvelles
lumières, le ministre de la guerre, étant sur les lieux et au
milieu des témoins, pourra, aidé de ces renseignements précis,
consulter avec facilité le terrain et les hommes et vérifier
l'exactitude de mon récit.
J'ai tant de conflance dans Téquité de mon prince et dans la
bonté (le ma cause, que j^affirme qu'il suffira de vouloir l'exa-
miner sans prévention pour être convaincu que je n'ai manqué
à aucun de mes devoirs dans cette circonstance. Sire, je n'ai de
patrimoine à laissera mes enfants qu'une réputation sans tache.
Je sers avec honneur depuis vingt-deux ans; j'ai toujours été
esclave de mes devoirs et obéissant jusqu'au scrupule en
matière de service ; mon dévouement pour la gloire de Votre
Majesté est sans bornes. P<?ut-elle penser que j'aie voulu trahir
on un jour, par négligence, le fruit de mes travaux, mon hon-
neur, l'avenir do mes enfants, de vieux principes et mes plus
clicrs sonliments? Non, Sire, je suis loin d'être ingrat à vos
boutés et j'ai l'honneur de vous répéter, comme à Schônbrunn,
(\\w Je suis victime des nombreux ennemis que m'a faits mon
zèle à inlroduire une nouvelle tactique dans une arme qui y
répujrnait, d'une erreur d'un officier d'état-major et d'un
insuccès <|ui m'est étranger ci «juil n'a été en mon pouvoir ni
de prévenir, ni de réparer.
Je suis avec respect, Siro
Baraguey-d'Hillikrs.
COMBAT d'iïaslach. B3B
Exposé de la conduite du général Baraguey-d'Hilliers,
le 19 vendémiaire (11 octobre 1805).
I.o iiiart'cha] Noy a>ait donin\ le 18 vond^miairo, Tordre
d'cmplnccmont suivant : «« I.a division de drapons h pied viendra
siir-Ic-rliamp sYtahlir on arriôrodc Slôfzîngen. adossée au bois;
elle occupera Hren/ avec quatre compagnies, Lonthal avec
trois eoHi|)aj:nies, Sonthcini par deux compagnies. Le fr^n^ral
enverra quatre autres compagnies à Môdlingen, ete »>
Ces dispositions étaient exécutées le 19 à 1t) heures du
matin, aprrs une marclip de nuit par un temps affreux, qui
réduisit les :i,»WH) lioninies '1), dont était alors composée la
division, en>iron au\ deux tiers.
I/artillerie resta à Hrenz, à cause de rimpratical)ilitë des
cliemins de traverse.
Le 19, entre il tieures et midi, Torficierd'état-major Rippert,
du corps d'armée du maréchal Ney, remit, à Stôtzingen, au
général î^'iraguey-dHilliers, Tordre suivant du maréchal Ncy :
•■ Je vous transmets, mon cher Général, Tordre de marche
arrêté pour le 19 vendémiaire. Lorsque vous serez établi à
Mbeeli, vcmis voudrez bien vous concerter avec le général
Dupont pour le placement de votre division, qui doit soutenir
la sienne dans les pi»sitions du Idocus. »
Extrait de l'ordre du 6* corps d'armée^ du 19 vendémiaire
(11 octobre 1805).
•* Les dragons à pied partiront sur-ie-champ ci ne dirigeront,
par Langenau, en arrière d'Albeclv, ou ils soutiendront la divi-
(I) li f.iilt fihvrvi-i i|th>, \u\v \.\h-iftu'v ^\vi^ <lrtiirlii*mi'lltft des 22', SS**,
fù' * l il* r*j:iiwt\\is tli- <lr.i;:iiii>, furmatit 2 ri»iii|);ii;nit>», «>t |Nir celle
ilu 2' iMt.iiiliiii ilii I '' ii'i^iiiii-iit, fnnii.iiit G riinqu^'iiiei», ipii était
•!• t.ii-hi' au i|ii.irtii-i u'<'riir.<] du priinr Mur.it, U: général Harapury-
•1 Hilli«r«. ;iu Im-u •!•• iS «'<irn|ML'rii«'S. ira\ait ahirs i|iic 7 bataillon»
furmint 34 • «iinpn^'nh h, stvnir : 14 i'nm|i;i^iiii*!i \ la 1^ bripide
f t tu k U r.
536 CHAPITRE V.
sion Dupont. Les détachements rejoindront leurs corps à
Albeck. »
En remettant cet ordre, Pofficier d'état-major exprima le
regret de l'apporter si tard, raconta que son guide Tayant aban-
donné, il s'était égaré, de sorte qu'il avait été près le général
Dupont avant de se rendre près du général Baraguey-d'Hilllers.
Aussitôt que le soussigné eût lu ses ordres, il fit, sans une
minute de délai, expédier, afin d'éviter Tencombrement des
routes, au général Le Suire, l'ordre de réunir au plus tôt la bri-
gade de droite à Stetten et de se diriger sur Albeck par Lin-
denau, Stôtzingen et Nerenstetten, et au général Vonderweid,
commandant la brigade de gauche, de se diriger sur le même
point par Langenau. Les ordres expédiés, les ordonnances par-
ties et les premiers mouvements de rassemblement s'exécutant,
le général Haragucy-d'llillicrs se mit de sa personne en route
avec son état-major, GO hommes du 1^^ régiment de hussards et
50 dragons à pied, en se faisant précéder par un aide de camp
pour connaître du général Dupont les points sur lesquels il
jugeait nécessaire d'être appuyé. A un quart de lieue d'Albeck,
le général Baragney-d'lïilliers trouva la route couverte de voi-
tures de i)agages, de femmes épouvantées, de soldats en
déroute, et son aide de camp, qui venait d'être chargé dans les
rues de ce bourg par des clievau-légers ennemis, et qui lui
apporta la lettre suivante du général Dupont, laissée le matin à
son départ : u La division que je commande marche sur Ulm.
Arrivé à llaslach, je vous préviendrai de ma position. Le maré-
chal Ney me marque que vous suivez mon mouvement; ayez la
complaisance de m'avortir de votre arrivée à Albeck. n Sur-le-
champ, le soussigné rassembla les fuyards, les remit en ordre,
leur donna des chefs, les emplaoa et lit de suite réattaquer
Albeck par son escorte. Cette entreprise réussit; l'ennemi fût
chassé après quelque résistance. Le plateau repris, les hussards
étaient encore éparpillés à la poursuite de Tennemi, lorsque le
général Haraguey-d'Hilliers découvrit au loin, sur la chaussée
dWlhcok à Ulm, deux grosses colonnes composées de toutes
armes. Ce (ju'il venait de trouver l'obligeait à la prudence; il
les (it reconnaître : la première était des prisonniers autri-
chiens: la deuxième était formée du l'"" régiment de hussards
et des débris de tous les corps de la division Dupont, dont les
COMBAT D*HASLACH. 537
chefs rinstruisirent qu'à la gauche les 15® et 17® régiments de
dragons ayant été mis en pièces, leurs propres bataillons avaient
été coupés en plusieurs parties par une cavalerie ennemie très
nombreuse qui avait enveloppé toute la division, pris toute
Tartillerie et sans doute le général lui-même; que, dans ce
désordre, ils s'étaient ralliés comme ils avaient pu pour rega-
gner le camp et sauver les débris. Le général Baraguey-d'Hil-
liers fit reformer cette troupe harassée^ dont le moral était
ébranlé, et détacha successivement, mais toujours vainement,
deux officiers d'état-major avec deux détachements vers le
général Dupont, pour avoir de ses nouvelles, en même temps
qu'il envoya d'autres officiers à la recherche de ses colonnes,
pour hAter leur marche. Les premiers rencontrèrent l'ennemi
en force supérieure et ne purent percer; ceux-là rencontrèrent
les colonnes, qui n'arrivèrent qu'à la chute du jour. Un aide de
camp du général Dupont, étant enfin arrivé vers 7 heures du
soir, donna pour la première fois de ses nouvelles positives et
annonça la retraite de l'ennemi. Alors le général Baraguey-
d'Hilliers fit prendre position à la 1'® brigade derrière Albeck et
plaça la 2® à Langenau ; dans cette même nuit du 19 au 20, il
reçut ordre de se porter par Gùnzburg sur Kûssendorf, et
l'exécuta.
Témoins. . Résumé.
Tous les officiers de la divi- Il résulte de rhistorique ci-dessus :
sion et notamment ceux qui jo Que le 19 au matin les ordres en-
composent l'étut-major. ^^y^s le 18 au soir par le maréchal Ney
étaient exécutés et la division de dragons
à pied emplacée la droite à Lonthal, le
centre dans les bois entre Lonthal et
Brenz, la gauche à Brenz et Môdlingen,
malgré une neige continue, de la pluie
et un temps affreux, occupant une ligne
î\ vol d'oiseau de 3 lieues 1/2;
. Dembouski, adjudant-com- 2® Que l'ordre de marcher le 19 sur
mandant, chef do l'état-major. Albeck n'est arrivé au général Baraguey-
Pinthon. capitaine adjoint. d'Hilliers que le même jour à près de
Coussauil-Dullié, (juibourg midi, tandis que Tordre correspondant
et Mculan, aides de camp. est arrivé plus de trois heures aupara-
Savain. capitaine du génie, vant au général Dupont (quoique celui-ci
S38
CHAPITRE V.
Beautalier, du 18^ dragons
et Carr^, du 0" dragons, offi-
ciers d'ordonnance.
Rdal, du 12° dragons, rom-
mandant la garde du quartier
g«5n6ral.
L'offlricr dVUit- major Rip-
pert, porteur des ordres du
maréchal Ney. •
Mêmes témoins quo ci-
di'ssus.
MAmes témoins que ci-
dessus et notamment :
Coussaud-Dullié, aide de
ramp ;
Réal, du 12" dragons, com-
mandant le quartier général ;
Stroli, officier au 17* dra-
gons ;
Un chef d'escadron du l*""
régiment de hussards.
Mêmes ténjoins que ci-
drssus.
Rou^illois, colonel du !•'
hussards et tout son régi-
ment, plusieurs officicm supé-
rieurs de la division Dupont,
inconnus au général Hara-
guey-d'llilliors.
Coussaud-Dullié, aide de
camp.
l'n officier d'état-major du
in.iréchal NtîV, inconnu.
fût réuni à Albcck) c'est-Mire à moi ht
de 2 lieues de Tennemi, tandis que le
centre et la droite de Tautre étaient à
4 lieues d*Albcck et sa gauche à plus de
5 lieues \/^), par Terreur de M. Rippert,
officier d'état-major du maréchal Ney,
qui on était porteur;
3° Que le général Baraguey-d'Hilliers
n'a pas mis une secx)nde de retard dans
l'expédition dos ordres de ce mouvement
et a pris, au contraire, toutes les dispo-
sitions de détail propres à l'accélérer en
indiquant aux colonnes des routes diffé-
rentes et les plus courtes ;
À^ Qu'il s'est porté le premier de sa
personne sur Albcck, et y ayant trouvé
1 ennemi, s'est comporté de manière »h
Yen chasser et î\ rétablir Torire parmi
les fuvards:
5« Qu'après îi\oir repris le plateau en
avant d'Albeck il y a recueilli les débris
do la division Dupont et en a tiré le parti
(prouvaient les circonstances:
6® Qu'aussitôt après avoir pounii à
ces événements inattrndus il a cherché
à communiquer atec le général Dupont,
dont il n'avait reçu aucun ordre ni avis
de passer Albcck, et n'a pas pu y réussir;
7° Qu'aucune partie de la teneur des
ordres n'indique un combat immédiat,
un besoin urgent, ni d'autres disposi-
tions que celles qu*il a prises.
COMBAT D HASLACH.
itt9
Il croit, d*ap^^s ces données, que sa
conduite a été conforme à son devoir et
la soumet dans tous ses détails à l'exa-
men lo plus scrupuleux.
Reprtjches présumés.
Est-ce la dissémination de
la division entre Lonthal et
MOdlingen dans les l>ois en
arrifre de StOtiingen sur une
ligne de plus de 4 lieues?
Est»ce de n'avoir pas mis
asaai da célérité dans Texécu-
tion de l'ordre de se porter à
Albeck?
Eat«re la lenteur de la
marcha des troupes ?
E>l-c«' de n'avoir pas mar-
ché avec les colonnes?
Est-ce iPavoir fait réunir
rhai|tui brigade a^anl de la
metUv «*n man'ht* au lieu lie
s*atlarhi>r au texte de Tordn*
« Ici détachements de tlra-
iri»ni» à pied rejoindront leurs
corp» à AUieck " 1
OUSERVATIONS ET HÉPONSES.
Elle était prescrite par Tordre de
M. le maréchal Ney, du 18 vendémiaire,
il n*j a rien été changé.
Dix témoins oculaires prouveront qu'il
n'a reçu ces ordres à Stôtxingen que
la 19 entre II heures et midi et qu'il
n*a pas perdu une seconde pour en pres-
crire l'exécution la plus prompte.
Peut-«?lle lui être directement attri-
buée? et d'ailleurs doit-on s'étonner
que des soldats qui ont marché toute la
nuit précédente par une pluie à terse,
qui sont exténués de faim et de fatigue,
qui ont à parcourir un terrain et des
chemins détn^mpés, remplis de neige,
qui n'ont pu être mis sous les armes
qu'entre midi et I heure, aient employé
les uns cinq à six heures pour Csire A à
5 lieues, les autres, six à sept à faire 5 à
0 lieues ; distances qui sépÂ^ent Lonthal
ou Brenz d'Albeck.
Mais, puisqu'elles marchaient par dea
directions différentes sur le même point
pour accélérer leur marche, n'étalt-ee
[las au rendex-vous qu'il devait les pré-
cédur, d'autant mieux qu'il avait à y
cherciier les instructions du général
lluiHint sur son placement.
!• 1^ teneur de l'ordre annoooa-
t-elle un lM>soin de secours aaaei urgent,
un combat assex immédiat pour en-
tendre par l'expression de détachement
plus de i|uatn' liataillons entiers quand
il n'y en a que huit à une dimion?En
effet, il y avait alors le 2* hataillon dn
1*» régiment détaehé iu i
540 CHAPITRE V.
du prince Murât, quatre compagnies
l.onthal (le !•' bataillon du 1" régi-
ment); quatre compagnies à Brenz (le
l*'' bataillon du 4* régiment); deux com-
pagnies à Sontheim (prises sur les six du
2« bataillon du 3« régiment); quatre
compagnies h Môdlingen (le 2* bataillon
du 4* régiment). Il ne restait donc dans
les bois derrière Stôtzingen que Tingt
compagnies sans artillerie. Était-ce ayec
une pareille poignée d'hommes que le
général Baraguey-d'Hilliers devait mar-
cher pour soutenir le général Dupont
dans les positions du blocus? On ne
niera pas, sans doute, qu'à moins d'un
cas particulier, le premier soin d'un
général qui marche à Tennemi ne soit
de réunir tous U»s corps qu*il a sous son
commandement pour le maintien de la
discipline, pour arriver en bon ordre et
produire sur IVnnomi le plus d*effet,
surtout quand ils sont aussi peu nom-
breux que Tétaient ceux de la division
de dragons à pied; et, lorsque ee cas
arrive, ne mérite-t-il pas bien d*étre
spécialement expliqué par celui qui
donne des ordres? Je le demande : Estril
rien de moins significatif sous ce rapport
que l'ordre et la lettre de M. le maréchal
Ne\ du 19 vendémiaire, rapportés dans
le cours de cet exposé ?
Est-i!e sa conduite à Al- Pouvait-il faire plus et mieux avec
),0(>k? 60 dragons à pied et 60 hussards? En
s*en tenant aux ordres qu'il avait reçus,
n'était-ce pas ïh qu'il devait s'arrêter?
A-t-il négligé des efforts pour avoir des
nouvelles du génénil Dupont, ou lui
donner des siennes? Pouvait-il se con-
duire autrement qu'il ne l'a fait quand
il a recueilli les débris de la division
Dupont, soit pour rétablir le moraJ des
soldats, soit pour prévenir de plus
graves résultats d*un insuccès vraisem-
blable?
Peut-on donc lui imputer Non, sans doute, car sans la méprise
COMBAT D HASLAGH. S41
les révère éprouvas par le de TofOcier porteur des ordres, le gé-
général Dupont ? néral Baraguey-d'Hilliere aurait reçu
Tordre de roarrher à Albeck à 9 heures
du matin; le général Dupont ceux de
marcher, à midi ; par là, le général Ba-
raguey-d'Hilliere serait arrivé à Alheck
à peu près au moment où le général
Dupont en serait parti, et alore le con-
cert était complet entre les deux divi-
sions; mais, au contraire, le général
Dupont, qui était réuni et à S lieues de
Tennemi, a reçu à 9 heures Tordre
d'attaquer, et le général Baraguej-d*Hil-
liers, qui était disséminé de 4 à 5 lieues
en arrière, n'a reçu Tordre de marcher
h son appui qu*à près de midi ; il en est
résulU^ que le premier a attaqué six ou
sept heures avant que le deuxième tùi
arrivé. C'est donc cet intervertissement
dans la remise des ordres à qui seul, et
exclusivement à toute autre eircon-
stjince, on doit attribuer Tinsiiccès de
cette journée.
Après ces réflexions et ces éclaireit-
sements, le soussigné se repote pleine-
ment sur Téquité de Sa Minette Impé-
riale.
N*ayant pu que soupçonner les repro-
ches qu'on lui fait, il s'est créé des
doutes, des objections et se flatte d'y
avoir répondu victorieusement. Si, con-
tre son attente, il y avait quelques nou-
velles charges qui lui fussent tnconnnet,
il s'engage à les réfuter avec le même
avantage dès qu'elles lui seront coramo-
niffuées ; car sa conscience ne lui repro-
rh«* rien et il peut répéter avec aiMinnoe
à Sa Majesté qu'il Ta servie avec iNo
dans cette occurrence comme dans tontet
les autres.
BaAAGUET«*HltUBk
B4I CHAPITRE T.
rCmpereur ay maréchal Berthier.
La Malmaiaon, le 5 ayril 1806.
Mon C!ousin, voug troirverei ol-jolnt la justification du général
Baraguey-d'Hilliers. Je désire que vous la lisiez avec attention
et que vous la communiquiez au maréchal Ney, avec les noms
des officiers cités en témoignage ; car il est juste que, s'il y a
eu impossibilité pour le général Baraguey-d'Hilliers à se trouver
à TafTaire du 19 vendémiaire, il soit entièrement lavé et qu'au-
cune ombre de soupçon ne plane sur sa tète. Faites dresser un
procès-verbal en règle de Texamen des faits. S'il y a de sa faute,
il doit être puni, mais s'il a fait son devoir, il ne doit rester
aucune prévention contre lui.
Napoléon (1).
Le maréchal Ncy au prince de NeufchâteL
Memmingen, le 13 avril 1806.
Monsieur le Maréchal,
En m'adressant Texposé de la conduite du général Baraguey-
d'Hilliers dans la journée du 19 vendémiaire, vous me prescrivez
de recueillir tous les renseignements possibles sur cette affaire,
d'interroger les officiers cités en témoignage par ce général, et
de dresser de l'examen des faits un procès-verbal qui puisse
fixer l'opinion de l'Empereur.
Je suis, Monsieur le Maréchal, dans l'impossibilité la plus
absolue de satisfaire à cette demande : i^ parce que j'ai depuis
longtemps renvoyé à Paris tous les papiers relatifs à cette cam-
pagne, qui ne m'étaient plus d'aucune utilité ; 2» parce que
Téloignemcnt de la division Dupont ne me permet pas de rece-
voir les témoignages demandés.
En vous exprimant combien je désire que l'Empereur soit
informé de tous les détails de cette affaire, et que le résultat en soit
tel que le général.Baraguey-d'Hilliers conserve les bonnes grâces
de Sa Majesté, je ne puis m'empècher de vous avouer que j'aurais
( I ) Correspondance de Napoléon^ n® 10058.
COMBAT d'haslach. 843
beaucoup préféré qu'un autre que moi eût été chargé de cotte
espèce d'enquête ; et vous-même, Monsieur le Maréchal, jugerez
sans doute que je dois le désirer, si vous voulez bien considérer
que le général Baraguey-d'Hilliers se trouvait sous mon com-
mandement, que le général Dupont y était plus particulièrement
encore, et que Tinterprétation des ordres donnés par moi parait
être le premier objet qui doive (ixer l'attention.
Je regarderais comme une situation très pénible celle de me
trouver pour ainsi dire juge et partie.
Je vous fais part de ma répugnance, Monsieur le Maréchal,
avec d'autant plus de confiance que je suis convaincu que dans
une circonstance pareille vous réprouveriez comme moi.
J'ai riionneur, etc Ney.
Le chef d'escadron Rippert au Maréchal.
Memmingen, lo 11 mai 1806.
Monsieur le Maréchal,
Ce sera avec la même vérité que je vous fis dans le temps, et
de vive voix mon rapport, sur la mission dent vous m'avez
chargé à (limzhurg le 19 vendémiaire an xiv; ce sera sur la
garantie de ma |)arole d'honneur que je répéterai aujourd'hui et
par écrit ce même rapport.
Deux dépêches, Tune à l'adresse du général Baraguey-
d'Hilliers à Stotzingen, l'autre à celle du général Dupont à
Albeck, m*ayant été remises à Gùnzburg le 19 vendémiaire
an XIV, à A heures du matin, je suis parti sur-le-champ pour
Stotzingen.
Dans les marais de Hiedheim que j'avais à traverser, et dont
les chemins étaient en partie couverts d'eau, j'ai perdu sans
m'en apercevoir la route de Stotzingen, de sorte qu'au jour, me
trouvant en vue d'Albeck, je m'y suis dirigé et j'ai pu remettre
vej's ies 8 heures du matin au général Dupont la dépêche dont
J'éL'iis porteur pour lui ; il eu a pris counaissanee devant moi et
m'a dit qu'il allait ordonner son mouvemenrt, que je devait
l'annoncer au général Baraguey-d'Hilliers* Je suis donc parti
544 CHAPITRE V.
sur-le-champ pour Stôtzingen, où je suis arrivé à 10 heures du
matin.
Je puis ajouter ici à mon témoignage, Monsieur le Maréchal,
celui de votre premier aide de camp, M. le chef d'escadron de
Crabhé ; il dira que je le rencontrai à une portée de canon de
Stôtzingen, et que je lui fis part de ma mission.
M. le général Baraguey-d'Hilliers a donc reçu vos ordres à
10 heures du matin, et en même temps Tavis que le général
Dupont était en mouvement, puisque je le lui ai annoncé. Je ne
suis pas reparti sur-le-champ de Stôtzingen, le général m'ayant
dit qu'il fallait attendre et qu'après son déjeuner, il me donne-
rait une lettre ; elle ne me fut remise qu a midi et demi. De
retour à Gimzburg à 2 heures, je la donnai, en votre absence,
à M. le général chef de Tétat-major.
Daignez,- Monsieur le Maréchal, agréer Rippkrt.
Sous Ulm, le S5 vendémiaire an xiv (17 octobre 1805).
Je soussigné, certifie sur ma parole d'honneur qu'il était envi-
ron 1 h. 30 du matin le 19 vendémiaire, lorsque je fus, par ordre
du général Du Taillis, chercher M. Rippert, chef d'escadron,
pour se rendre de suite chez M. le maréchal.
(A. M.) Talbot,
Aide de eamp
Snus Ulm, le S5 vendémiaire au xiv (17 octobre 1805).
Je soussigné, certifie sur ma parole d'honneur avoir reçu
à Giinzburg, le 10 vendémiaire, à 3 heures du matin, deux
dépêches de M. le maréchal Ney, pour les porter. Tune à M. le
général Baraguey-d'Hilliers, à Stôtzingen, l'autre à M. le général
Djipont, à Alheck ; (piaussitot ces dépêches reçues, me ren-
dant auprès de M. Kloss, comnïandantdu quartier général, pour
y prendre un guide, je rencontrai en chemin M. Barbus, capi-
taine adjoint (|ui en revenait; il me dit y avoir élé pour le
même motif et n'en avoir point trouvé ; nous y retournâmes en-
semble, et il nous fut impossihle de trouver des guides ; alors
je me décidai à prendre \m paysan du(|uel je me fis suivre pour
COMBAT d'haslach. 545
m'indifiuer le chemin de Stôtzingen ; le paysan s'étant sauvé en
traversant le bois, à gauclie de Giinzburg, snr la rive gauche
du Danube, la nuit étant très obscure, et ne pouvant le retrou-
ver, je fus obligé de poursuivre ma route seul ; m'étant égaré
à travers le marais, j'arrivai au grand jour à Langenau, et de
là je fus chez M. le général Dupont, auquel je remis sa dépêche
à S h. 30 ; M. le général Dupont m'ayant dit que c'était un ordre
de mouvement, je partis de suite de son quartier général pour
me rendre à Stôtzingen auprès du général Baraguey-d'Hilliers
auquel je remis sa dépèche à 10 h. 30 du matin.
(A. M.) lllPPERT,
Chef d'escadron.
Memmingen, le II mai 1806.
Je soussigné, certifie sur ma parole d'honneur avoir rencon-
tré, le 19 vendémiaire an xiv, à 10 heures du matin, sur la grande
route de Langenau à Stôtzingen, et tout près de ce dernier
endroit, M. le chef d'escadron Rippert, adjoint à l'état-major
général, le(|uel m'a déclaré porter des dépêches à M. le général
Haraguey-d'llilliers, et revenir d'Albeck où il en avait déjà remis
à M. le général Dupont.
IjC Chef d* escadron y
aide de camp de M, le marf^ckal Ney,
De Grabbé.
27* RÉGIMENT d'infanterie DE LIGNE.
Devant Ulm, le 25 vendémiaire an xiv (17 octobre 1805).
Nous, ofliciers et sous-officiers dudit régiment, faisant partie
des détachements placés par ordre de M. le maréchal Ney, le
17 vendémiaire courant, au village de Stôtzingen et à la garde
du bois, en avant sur la route, certifions que nous avons quitté,
le 19 suivant, notre poste et que nous y avons été relevés par
III. 35
646 CHAI>ITRE V.
les dragons h pied h midi, heure à laquelle nous en sommes
partis pour rejoindre notre régiment dans le m(^me jour.
Nocturne, Jailliakt, Grély, Gassub, Autatb.
Cuporal. Caporal. LienlenanL Sou-Ueatenuit.
{A. M.) HOUTRRNE, La F*ONDRIBBRG.
Caporal.
Le maréchal Ney à Son Altesse Sérénissime
le prince de Neufchâtel, ministre de la guerre.
Mommingen, le 2 jain 180().
Monseigneur,
J'ai riionncur d'adresser à Votre Altesse Sérénissime, confor-
méniont à Tordre (prelle niVu a donné, un précis de ce qui s'est
passé le It) vendémiaire (an xiv) dernier aux divisions Dupont
et Raragucy-d'Ililliers. J'ai dû me borner à fiver le véritable
point do la (|ucstion et m'abstenir de la résoudre.
J'ai Thonneiu', etc Ney.
MomniinKen, lo t juin 180(i.
Le maréchal commandant on chef le 0« corps d'armée, se con-
formant à Tordre qu'il a reçu de Son Altesse Sérénissime le
prince ministre de la guerre, do recueillir tous les renseigne-
ments <iu'il serait on son pouvoir do si* procurer sur la conduite
du général naraguey-d'Uilliers dans la journée du lî) vendé-
miaire dornier, s'est fait représcnlor les ordres qui ont précédé
cotte allairo et los ra|)porls i\\n l'ont suivie.
L'exposé suivant est le résultat de cet examen des faits.
Le maréchal commandant en chef le i\^ corps d'armée avait
reçu Tordre (h* s'emparer des ponts du Danube, et de tenir les
deux rives de oo fleuve.
Tous los rapports annonçant (|u'il était resté des forces assez
importantes à Ulm, il so décida à faire bloquer la place, afln
de paralyser uni' partie de ces forces en les empêchant de
déboucher.
COMBAT d'haslach. 847
Il donna en conséquence Tordre de mouvement général rap-
porté ci-joint sous le n^ 1 (i).
D'après cet ordre, les divisions Dupont et Baraguey-d'Hilliers,
soutenues par deux régiments de dragons, devaient opérer de
concert sur la rive gauche, tandis que par un mouvement com-
biné les divisions Loison, Malher et Bourcier auraient balayé la
rive droite et soutenu au besoin les deux autres divisions par les
ponts de Leipheim, d'Elchingen ou de Thalfingen.
Toute cette partie du mouvement ordonné sur la rive droite
n'eut pas lieu, d'après des ordres supérieurs qu'il est inutile de
rappeler ici.
Cependant le général Dupont, ayant reçu Tordre de mouve-
ment pour le 19. s'était mis en marche et s'était engagé avec
l'ennemi dans la persuasion qu'il allait être soutenu par les
dragons à pied, comme cet ordre le portait expressément. Sa
division eut à combattre ^5,000 hommes depuis 1 heure de
Taprès-midi jusqu'à 0 ; elle ne fut point secondée, et cependant
le résultat de cette lutte si inégale fut très glorieux pour les armes
de Sa Majesté.
Le but de cet exposé étant de rechercher quels obstacles ont
pu s'opposer à la coopération des dragons aux succès de cette
journée, il est nécessaire d'indiquer les positions occupées par
les troupes la veille de Faction, de rappeler des ordres donnés
et de constater autant que possible l'heure de leur réception.
Le 18 vendémiaire au soir, la position des troupes sur la rive
gauche était comme il suit :
La division Dupont dans l'excellente position d'Albeck ;
La division Haraguey-d'llilliers avait une compagnie à Bis-
singen et trois compagnies à Lonthal ;
Trois bataillons le long du bois derrière Ober-Stôtzingen ;
Un bataillon à Stôtzingen ;
Trois compagnies à Brenz, une à Sontheim, une à Asselfingen;
Un bataillon à Môdlingen, où Ton avait demandé que quatre
compagnies.
Le général Baraguey-d'llilliers n'ayant pas fait connaître la
position de ses deux autres bataillons, on suppose qu'ils étaient
à iNieder-Stotzingen avec son quartier général.
(1) Voir plus haut, page 500.
548 CHAPITRE V.
L'ordre de mouvement pour le 19 vendémiaire fût expédié à
1 h. 30 du matin ; le chef d'escadron Rippert, adjoint à Tétat-
major, devait passer d'abord à Stôlzingen pour y remettre la
dépêche adressée au général Haraguey-d'Hilliers, et se rendre
ensuite auprès du général Dupont.
Cet officier, parti de Giinzburg pendant la nuit, a déclaré qu'il
s'était égaré, et (jue par suite de celte erreur il était arrivé
auprès du général Dupont avant de se rendre à Stôtzingen.
Il atteste néanmoins avoir remis au général Baraguey-d'Hil-
liers l'ordre dont il était porteur à 10 heures du matin; ce fait
est appuyé parle témoignage de M. le chef d'escadron Crabbé.
Les déclarations de ces deux officiers se trouvent ci-jointes sous
les n'>* i et 3 (1).
Il n'a pas été possible de constater d'une manière plus posi-
tive l'heure de la réception de cet ordre, non plus que celle du
départ des dragons à pied et de leur arrivée à Langenau.
L'ordre du général Haragucy-d'IIilliers à ses brigades est
rapporté ci-joint sous le n" i.
La comparaison de cet (U'dre avec celui du maréchal donne
lieu aux (jueslions suivantes :
Le maréchal, ))révo}ant (pie les détachements fournis par les
dragons à pied pourraient retarder la marche de la division,
avait ordonné (\urlle partirait de StMz'imjcn sans attendre ces
détachements^ f/ul la rejoindraient à Albeck : Pourquoi les bri-
gades ont-elles reçu ordre de ne (|uiller Stôtzingen que quand
elles seraient réunies?
L'ordre du maréchal portait (lue la division de dragons se
rendrait sur-le-champ à Albeck pour soutenir le général Dupont;
pouniuoi Télat-major de cette division a-t-il prescrite ses bri-
gades et à rarlillerie de ne s'avancer que jusqu'à Langenau?
On demandera encore pourquoi, tandis que les troupes et
Tartillerie restaient en arrière, on envoyait à Albeck les équi-
pages et le parc des vivres, qui se trouvaient ainsi former
lavanl-gardc de la division?
Quoi (|u"il en soit, il est inutile de s'appesantir davantage sur
des détails (|ui ne conduisent à aucun résultat. Le véritable
point (le hi ((uestion est de savoir si, depuis 10 heures du matin
(I) Voir phis hîuit, pages Si-i et 545.
COMBAT d'haslach. 549
jusqu'à (> heures du soir, le général Baraguey-d'Hilliers, en exé-
cutant Tordre de laisser ses détachements en arrière, a pu faire
arriver ses troupes à Albeck.
Ce résumé semble suffisant pour jeter quelque jour sur cette
affaire et le maréchal peut croire qu'il a rempli la tâche pénible
qui lui a été imposée; il ne lui reste plus qu'à exprimer son
désir de voir le général Baraguey-d'Hilliers faire sortir des cir-
constances où il s'est trouvé les motifs d'une pleine et entière
justification.
Ney.
Le prince de Neufchâtel à l'Empereur.
Munich, le 16 juin 1806.
Sire,
J'ai l'hoimeur d'envoyer à Votre Majesté un rapport sur les
griefs imputés au général Baraguey-d'Hilliers dans la journée
du 19 vendémiaire an xiv et sur ses moyens de défense; d'après
mon o|)inion, Sire, il résulte que le retard que la division de
dragons à pied sous les ordres du général Baraguey-d'Hilliers a
mis à exécuter les ordres du maréchal Ney provient de la diffi-
culté que Tordre de commandement et celui de rassemblement
pour son exécution ont éprouvé par des circonstances impé-
rieuses.
Je pense donc qu'on ne peut établir contre ce général aucun
reproche de négligence condamnable; le seul tort qu'on puisse
imputer au général Baraguey-d'Hilliers est de ne pas avoir
maintenu une discipline assez sévère dans sa division, ce qui a
nécessairement causé de la longueur dans l'exécution du ras-
semblement de ses troupes ainsi que dans leur marche.
Je présente à Votre Majesté
Berthier.
Rapport sur les griefs imputés au général Baraguey-d'Hilliers
dans la journée du 19 vendémiaire an XIV et sur ses moyens
de défense.
Munich, le 16 juin 1806.
Le maréchal Ney, étant à Giinzburg, envoie dans la nuit
du IS au 10 vendémiaire au général Baraguey-d'Hilliers, qui
550 CHAPITRE V.
était à Nieder-Stôtzingen, l'ordre de se porter avec sa division
de dragons h. pied par Langenau en arrière d'Âlbeck, afln d'y
soutenir la division Dupont qui devait marcher de ce point sur
Haslach, pour former le blocus d'Ulm, sur la rive gauche du
Danube.
Le chef d'escadron Rippert, porteur de cet ordre, ainsi que de
celui relatif au général Dupont, qu'il ne devait remettre qu'après
le premier, s'égare, et se trouvant au point du jour près d'Al-
bcck, remet au général Dupont Tordre (jui le concernait et qu'il
se met en mesure d'exécuter immédiatement, en chargeant
M. Ilippert d'en prévenir le général Baraguey-d'Hilliers.
Cet officier se rend aussitôt à Nieder-Stôtzingen ; il remet à
10 heures du matin au général Baraguey-d'Hilliers son ordre
de mouvement et le prévient (jue la division Dupont exécute le
sien.
Le général Baraguey-d'Hilliers dit n'avoir reçu cet ordre
qu'après 11 heures. Dans l'un ou l'autre cas se présentent ces
questions : 1« Ce général a-t-il mis à l'exécuter la célérité
(ju'cxigoait la circonstance et l'exactitude à laquelle on devait
s'attendre? 2" A (luclle heure les dragons à pied sont-ils arrivés
auprès d'Albcck et fi (|uelle lieure auraient-ils pu y être rendus?
.> Knfin à (juelle cause peul-on atlribuer le retard du mouve-
meut de la division de dragons à pied et quelles en ont été les
suites; car h»s fautes s'aggravent par leurs conséquences mal-
heureuses, comme elles s'excusent par des succès.
Si l'on examine d'ahord la position des dragons le matin du
19 vendémiaire, on verra qu'elle était, conformément aux ordres
antérieurs du maréchal Ney, adossée aux bois de Lonthal et
qu'elle occupait les villages de Brenz et de Môdlingen, chacun
avec un bataillon de quatre compagnies. KUe était arrivée la
nuit dans celte |)osition, et rartillerie, attendu la difficulté des
chemins, avait été laissée à Brenz.
La droite de cette position est h ([uatre lieues communes
dAlheck et à une lieue de .Nieder-Stot/ingen. Môdlingen, à
l'extrcme gauche, est à six lieues d'Albeck et à deux petites
lieues de Nieder-Slotzingen.
Le générnl Baraguoy-d'Ililliers, au reçu de la dépêche du
maréchal Ney, ordonne à sa brigade de droite de se réunir à
Stetten et de marcher sur Albeck par Lindenau, Setzingen et
COMBAT D'HASLACH. 551
iNerenstetten ; à celle de gaucho de se rassembler à Nieder-
Stôtzingen pour aller bivouaquer en arrière de Langenau; à
rarlillerie de suivre le mouvement de cette dernière brigade.
Cet ordre de marche sur deux routes différentes devait favori-
ser le mouvement, nuiis Tordre de rassemblement des brigades
eu masse lit perdre deux heures de temps.»
Le général liaraguey-d'Hilliers donne pour motifs de la
réimion entière de ses brigades la raison plausible d'arriver à
l'ennemi en masse afin de produire plus d'effet, et il ajoute que
n'étant pas prévenu d'un engagement ou d'un danger imminent,
il n'a pu croire que ces mots de l'ordre du maréchal Ney « les
détachements de dragons rejoindront leurs corps à Albeck »,
fussent applicables aux deux bataillons postés à Brenz et à
iMôdlingen.
Cependant, prévenu comme l'était le général Baraguey-
d'Hilliers, (juc la division Dupont était en marche et que l'ordre
relatif aux dragons à pied se trouvait considérablement retardé
par l'erreur de Tofficier, qui avait été chargé expressément de
le lui apporter avant de remettre au général Dupont le sien, le
général Haraguey-d'llilliers aurait pu penser qu'en mettant
immédiatement toutes les troupes adossées au bois de Lonthal
en mouvement, et réunissant ainsi deux ou trois heures plus tôt
une brigade et demie près d'Albeck, il produirait un plus grand
effet et plus prochainement utile, qu'en portant séparément une
brigade sur Albeck et une autre derrière Langenau qui en est
éloigné de j)lus d'une lieue.
Il est constant, si Tordre a été remis à 10 heures du matin au
général haraguey-d'llilliers, que cinq bataillons composés de
vingt-six compagnies formant environ 2,700 hommes auraient
pu être rendus à Albeck à 3 heures après-midi; comme il est
vrai (jue Tartillerie et les deux bataillons de Brenz et Môdlingen
n') pouvaient arriver que deux ou trois heures plus tard.
Mais on p(Mit observer d'ailleurs que l'engagement de la divi-
sion Dupont a\oc Tennemi ayant eu lieu à une heure au delà de
Jlaslach, les dragons à pied dans aucun cas, par le seul effet de
Tinlervcrtissi'nient des ordres envoyés aux deux divisions, ne
pouvaient arriver assez à temps pour produire un effet avanta-
geux.
Le généial Haraguey-d'llilliers, arrivant de sa personne à
352 CHAPITRE V.
Alheck avec r*)() dragons à pied el (>0 hussards, vers les 3 heures
et envoyant un aide de camp au général Dupont pour avoir de
ses nouvelles et se concerter avec lui, en reçoit un seul billet
laissé dans ce village, qui ne lui indique aucune mesure à
prendre «lue celle de le prévenir de son arrivée à Alheck. Il fait
avec son faible détachement tout ce qu'il y avait à faire à Tégard
de Fennemi qui poursuivait jusqu'à ce village les fuyards de la
division Dupont ; mais il envoie inutilement deux officiers
d'état-major avec de petits détachements pour tâcher de par-
venir à ce général qui alors se trouvait enveloppé.
Il j)araît, de Tavcu du général Daraguey-d'IIilliers, que la
brigade de droite de sa division n'est arrivée à Alheck qu'à
7 heures du soir, et colle de gauche à la même heure en arrière
de Langenau.
On a vu (ju'une brigade et partie de Tautre auraient pu être
rendues à Alheck à 3 heures ; il y a donc eu un retard de quatre
heures quïl faut attribuer : 1^> au rassemblement général
ordonné ; 2^' à la lenteur de la marche des troupes déjà fatiguées
par vme marche do nuit.
IVaillours on a vu (|ue ce n'était pas ce retard qui avait eu
des conséquences fàchouscs, mais bien Tintorvertissement dans
la remise des ordres (|ui avait fait marcher la division Dupont
avant la division naragucy-d'IIillicrs, tandis que Tinverse
devait avoir lieu.
Enfin le général Barague^-d'llilliers proteste que Tordre ne
lui a été remis (|u'à près do midi, et dès lors on ne peut établir
contre lui aucun reproche do négligence.
Le Major géuéî'ai, prince de Xeufchâtel et Valangin^
Heiithieu.
Le général Malher au général Dupont.
Obcr-lilciche, le 27 vcmlrmiairc an xiv (19 octobre 1805).
Mon cher Camarade,
Je vous proviens (juc j'ai trouvé, sous Ulm, votre fourgon et
un caisson (jue je présume appartenir à votre ambulance; si
COMBAT d'haslach. 553
vous les voulez faire prendre, ils sont à mon quartier général à
Ober-Bleiche ou la Blancherie près Ulm ; je vous les aurais
envoyés, s'il m'avait été possible de trouver des chevaux.
Agréez, etc.
Malher.
Le maréchal Ney aux généraux Dupont et Baraguey-d'Hilliers,
Gûnzburg, le 19 vendémiaire an xiv (II octobre 1805).
En conformité des nouvelles dispositions arrêtées parTEmpe-
reur, Taile droite, dont le ()® corps dépend, sera sous les ordres
de Son Altesse le prince Murât. Comme son intention formelle
est de concentrer sur la rive droite du Danube, et parallèlement
h riUer, toutes ses forces réunies pour combattre Tennemi, qui
paraît vouloir se défendre, il ne restera sous Ulm, rive gauche
du Danube, (|u'un corps d'observation composé du l^' bataillon
du i)^ léger et des deux derniers escadrons du 1®"^ de hussards,
qui étaient attachés à la division de cavalerie à pied du général
Baraguey-d'llilliers. Ce détachement sera commandé par
M. Crabbé, mou aide de camp, auquel j'envoie une instruction
particulière.
Le général Dupont quittera en conséquence, sur-le-champ, sa
position d'Albeck, et se dirigera avec les deux premiers esca-
drons du l'-'" de hussards et son infanterie, qui sera suivie par
les deu\ régiments de dragons aux ordres du général Sahue,
pour passer sur la rive droite du Danube, soit par le pont
d'KIchingcn, soit par celui de Gi'inzburg. Si les marais étaient
impraticables, cette troupe passerait par Gundelfingen, et de là
se dirigerait sur Giinzburg. Dans Tun et l'autre cas, rartillerie,
les canons et les bagages passeront par Gundelfingen, et pren-
dront la tcte de la marche ((uelques heures avant le départ de
la troupe.
La divisiim du général Baraguey-d'Hilliers précédera les
mouvements des troupes réunies sous le commandement du
général Dupcmt, et observera les mêmes dispositions pour la
direction de ses canons et bagages.
(.4. M.) Ney.
554 CHAPITRE V.
Instructions pour M. Crabbà.
!-«• !'.> T<»nd"Tii:air»» tm \iv «11 oi •■'»»•» :«»-^
Lt* tiiari.M'h;il il «'iiipirr Nr\ «Irlai-lii* M. «Talihi-. n..ii .. .i.- i^
('aiii|). >iir ia rivf uaiirlir tlii haiiiilK'. a\(*t* Ji* !'■ ii.it.cll •!) >: .
•.»'■ n'iriiiii'ii! (rinranlirlr li-Liiff. h-s :{•■ ft i" «-NraiIrniiN .lu | * r j-.
nn'iit <lt' liu>**ariU, «laii^ If Inil iri»l»st»r\iT \r^ iiimixtiii' i.t'» iV
l'iMnii'iiii siir i-rllr ri\o Lraui-JH'.
!,<• l'Iii^t" tr«*N<';!<lnnis Oahhi* r|i*\ra i'\itt'r Imit f nj.i.» t.i- : i
a\t'i* rfiiiit'iiii t'I SI' liiiriicra a l'IaMir dfs |Mtslfs sui t"«it» * l- •
('iiiiiiniiiiicaliiihN |tat nu rriinfiiii |MMii'rait tltlMiiitlit'r ^>ii !• rw-
^aiirlic (In Maiiuhr.
Il i'Iii'rclii'ra a ciMinaitrt' tmiN 1rs iiiiiii\riiirii|s tirs Xiitru-hi- r«
«•t leur t'orcr. alin ili* ui'ni iiitnniici' sur lt* (*liaiii|i .1 lïuii/tiiir.
Si IcniH'Uii «liltiiufluil sur |i|usifurs nilMiiiii's, M. i rAi*\>* k\' \'^
Io> fairr ciMnxt'r par autaiil ilr |M'lil> rnrps dt-rlairiurs .ju r- r.
(Imitt CoMlpti' <li' InUs ers UKHIX t'iUi'Ilts I ij ||t* {1r\ r.i j.Ul. ' «
> rlniLiiMT «II* la ii\t' Laui'lh' «lu l>aiiulii'. i|ui' ili* luaiit' n- a )-••:
\nir r.iiir sa ii'Iraitr sui- |.|(-|iiii::i'ii nu tinii/litir^. un si- if-m'
Mil batailluii i|.- «lij_;oiiN rhai'::!- i\r iialtlrr Ifs pniils 1) Ljiliin^»':.
\'\ iiii-iiti- (i'Iui lit- llialtiiiL:i'M, a iintiiis ijui* M. iT.iliJif ii'- ji^«
i-i>ii\i'iialilr lir !•■ mnipii' liii:t a lait. linlMi. sj 1 rniiriiii f*>r{.i.t
M. r,i.»l»ln- ili' NI- [rplii'i liTN l'u aiiii-n'. il diru'i'rait s.« r»-tr.i.!-
sur l:iii..iii <-t it |.ij[i<|i.ii( ili- l.i i arini-i* i|Ui uiaiiho %u-
Mi-iiiuiiii;.! ri ; il ^li.i iii «'Ml ii>s|iiiu<laMi*i> axt'c un si'i'..h.l crj'»
(1 «iJiNi r\ .tli'iii it^ti- sui l.i ii\i- ihiiitf (lu hanulit'. iim r*-rr^r!
uiK' iiisl|-ui-li«iri ii<- •-■•iiiiiiuiii«|Ui'|- i-uaJfiMi'iit a\rr M 1 r.it>»i
i|iii < ••iii[iiiirih|hi-i.i .i\<r iiini |i;ir li's ninvriis 1rs pjus ruurts fl
Il s jlillN Nlll N.
t. 1/ .
CHAPITRE VI
11 octobre.
Quatrième bulletin de la Qrande Armée,
Augsburg, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Le combat de Wertingen a été suivi, à vingt-quatre heures
de distance, du combat de Gùnzburg. Le maréchal Ney a fait
marcber son corps d'armée, la division Loison sur Langenau,
et ia division Malher sur Gi'mzburg. L'ennemi, qui a voulu s'op-
poser à cette marche, a été culbuté partout. C'est en vain que
lo prince Ferdinand est accouru en personne pour défendre
(iiinzburg. Le général Malher Ta fait attaquer par le 59« régi-
ment; \v combat est devenu opiniâtre, corps à corps. Le colonel
Lac liée a été tué à la tète de son régiment qui, malgré la plus
vigoureuse résistance, a emporté le pont de vive force; les
pièces de canon qui le défendaient ont été enlevées et la belle
position de Oiinzburg est restée en notre pouvoir. Les trois
atta(|ues de Tennemi sont devenues inutiles ; il s'est retiré avec
précipitation ; la réser>e du prince Murât arrivait à Burgau et
coupait Tcnnemi dans la nuit.
Les détails circonstanciés du combat, qui ne peuvent être
donnés que sous quelques jours, feront connaître les officiers qui
se sont distingués.
L'Empereur a passé toute la nuit du i 7 au 18, et une partie
de la Journée du 18, entre les corps des maréchaux Ney et
Lannes.
5o6 CHAPITRE VI.
I/aclivilé de rarmée française , rétendue et la complication
des combinaisons ({ui ont entièrement échappé à rennemi, le
déconcertent au dernier point.
Les conscrits montrent autant de bravoure et de bonne
volonté que les vieux soldats. Quand ils ont une fois été au feu,
ils perdent le nom de conscrits ; aussi tous aspirent-ils à Thon-
neur du titre de soldats. Le temps continue à être très mauvais
depuis plusieurs jours. 11 pleut encore beaucoup ; Tannée cepen-
dant est pleine de santé.
L^ennomi a perdu plus de !2,:)00 hommes au combat de Gûnz-
burp:. Nous avons fait 12(M) prisonniers et pris () pièces de
canon. Nous avons eu i(K) hommes tués ou blessés. Le général-
major d'Aspre est au nombre des prisonniers.
L' Empereur est arrivé à Au^sburg le 18, à 9 heures du soir.
La ville est occupée depuis deux jours.
La communication de rarmée ennemie est coupée à Augsbui^
et Landsberg et va rétro à Fiissen. Le prince Murât, avec les.
corps des maréchaux Ney et Lannos, se met à sa poursuite.
Dix régiments ont été retirés do Tarméc autrichienne d'Italie et
viennent en poste depuis le Tyrol. Plusieurs ont déjà été pris.
Quehjues corps russes, qui voyagent aussi en poste, s'avancent
vers rinn ; mais les avantages de notre position sont tels que
nous pouvons faire face à tout.
L'Kmpereur est logé a Augsburg chez lancien Electeur de
Trêves, qui a trailé avec magnificence la suite de Sa Majesté,
pendant le temps t\\ic ses équipages ont mis à arriver.
Le général de division Malher à M. le maréchal d'empire Ney.
Au quartipi* général de Leipheim, lo 19 vendémiure an uv
(11 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Ma seconde t)rlgado est entièrement cantonnée à Leipheim ;
elle n'a resté un instant à sa position que pour attendre la dis-
trihutinii des billets de logement. J'ai seulement laissé quatre
compagnies pour la g«irde du parc et des équipages. Lorsque
j*amai reiu le rapport de mes généraux de brigade, j'aurai
11 OCTOBRE. 657
Thonneurde vous rendre un compte plus exact de ma marche
et de ma position.
Agréez, Monsieur le Maréchal, Tassurancc de mon respect et
de mon attachement.
(A. M,) Malhbr.
Le général dû division Malher à M. le maréc/ia/ d'empire Ney.
Au quartier général, à Leipheim, le 19 TeDdémUire an xnr
(Il octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai établi ma divi-
sion, savoir :
La brigade du général Marcognet et les chasseurs à cheval à
Falheim, ayant un poste à Nersingen, qui doit pousser des
reconnaissances Jusqu'au pont d'Klchingen, pour s'assurer s'il
est occupé par la l*"*' division ou par les dragons à pied. Le
général Till\ ayant placé un escadron de hussards à Strass, le
flanc gauche de ce poste est parfaitement assuré.
Afin de soutenir le général Marcognet, s'il était attaqué, j'ai
placé 1(* capitaine Bazer<[ue avec trois compagnies de voltigeurs
et cinq ctmipagnies de grenadiers en arrière du pont de la Biber,
la gauche à Kchlishausen.
La brigade du général Labassée est cantonnée dans Lei-
pheim. avec un détachement bivouaqué en arrière pour la
garde du parc et des équipages. J'ai fait placer une garde au
pont pour observer ce passage. Le général Tilly ayant aussi
placé un escadron à Bùhl, tout mon flanc gauche se trouve par-
faitement gardé et nous reposerons très tranquillement jusqu*aù
moment que vous avez ordonné p<»ur demain.
Je ne dois cependant pas vous dissimuler. Monsieur le Haré-
chai, qu^au mouvement qui se dispose, je parais devoir rester
en panne devant Tlm ; il serait, je vous l'avoue, très désa-
gréable pour ma division de ne pas concourir au succès de la
campagne cl je compte fortement sur vos bontés pour qu*il ]l*en
fût rien.
Je re«;ois â l'instant le rapport du général Marcognet. L*ea*
nemi occupe le pont d'hlchingeu; Tofficier du 25* régtmept, qui
858 CHAPITRE VI.
a ét^ chargé de cette reconnaisRancc, s'est approché de si près
qu'il a reconnu les ciiasseurs du Loup, dont le feu n'a fait de
mal à personne.
Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, rassurance de mon
respect et de mon aitacheuient.'
(A. M.) " Malhbr.
L'ordonnateur en chef Marchant au maréchal Ney.
Ofinzbarg, lo 19 Tenâéiniairo an xiv (11 octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
Je me suis présenté chez vous ce soir, mais vous reposiez et
je n'ai pas voulu vous déranger.
Je voulais encore, Monsieur le Maréchal, vous parler de la
position (le vos trou[)es, sous le rappoii: des subsistances. Il
paraît, d'aprcs les rapports (|ui me sont faits, que tout le pays
d'ici lllm est à peu près hors d'état de rien fournir; la troisième
division, (|ui est en avant, se trouve sans pain pour demain et je
viens de lui faire donner de la farine avec laquelle on lui en
fabri(iuera cette nuit, dans les villages (pfelle occupe ; la deuxième
division en fait fabriquer chez les boulangers de cette ville. Gomme
ces divisions seront toutes hors d'ici demain, je me proposais
d'y rester ï)ovu' suivre l'eilet d'une réquisition que j'ai frappée
et les alimenter autant bien (|ue les circonstances lo permet-
traiGiUt ; mais Je viens d'apprendre <|ue demain matin, la divi-
sion (iazan occupera la ville ; dès lors, je ne dois plus compter
sm- amunedes ressources qu'elle présente et j'ai lieu de croire
(|ue le service sera totalement compromis.
Si vous voulez. Monsieur le Maréchal, parer à ce cruel incon-
vénient. Je vmis prie de viMiloir bien faire en sorte que la divi-
sion (iazan occupe une autre position (|ue celle de Gûnzburg,
et, en outre, de me laisser ici une compagnie de cavalerie avec
laquelle je pourrai contraindre lexécution des mesures que j'ai
prescrites ; sans ce secours, tous mes efVorts seraient nécessai-
rement paralysés et totalement infructueux.
Veuillez, M(>nsieur le Maréchal, agréer l'assurance de mon
respectueux hommage.
\,A. M.) Margiiamt.
11 OCTOBRE. 559
L'Empereur au prince Murât
yuartior général, à Au^burg, le 19 vendémiaire an xiv
(11 octobre 1805), à 8 heui*os da matin.
iMon Cousin, j'ai fait donner cette nuit, au maréchal Lannes,
rordic de passer par Bureau. Je ne tiens pas encore les affaires
finies dr voire coté. L'ennemi, cerné comme il est, se battra. Il
reçoit des renforts du Tyrol et de Tltalie ; il pourra donc vous
op|)oser, sous peu de jours, plus de 1(),0(X) hommes. Il faut
donc (jue votre réserv e et les corps de Ney et de Lannes, qui font
de 50, ()()() à ()0,(KK) hommes, marchent le plus près possible, de
manière à pouvoir être réunis en six lieures et écraser Fen-
nemi.
Les Russes viennent en hâte ; marchez doup sur Fennemi par-
tout où il se trouve, mais avec précaution et ensemble ; s'il vous
échappe, il sera arrêté sur le Lech. D'ailleurs, dans une bonne
bataille, avec l'esprit (|ui anime les troupes, il vous en resterait
la moitié.
Napoléon (1).
Le prince Murât à l'Empereur.
Sire,
Les reconnaissanc<'s poussées sur Mindelheim et Weissen-
horn ont rapporté (|uc ces deux postes étaient faiblement occu-
pés ; il paraît, d'après tous les renseignements, que Fennemi a
conceulré ses forces derrière l'Iller et sous lllm.
l)*a|)rès les dernières dispositions de Votre Majesté, Sire, le
cor|)s (lu maréchal Lannes sera rendu tout entier demain soir à
Weissenhorn, occupant à sa gauche Bubenhausen, Jloggenburg,
poussant des postes de troupes légères sur Krumbach, et sur
tous les points (jui conduisent à Memmingen et Mindelheim; sa
ca^alerie légère couvrira son front, son parc et la réserve seront
à Kiissendorf.
Les divisions de dragons à cheval occuperont, à la droite de
Weissenhorn, Altenhofen et Ilegelhofen.
(1) Currrspondance de NapoUon^ n^ 9364.
360 CHAPITRE VI.
Le corps du inaréclial Ney sera placé demain soir de la
manière suivante : imc division sur la rive gauche du Danube a
Albeck, une à P'alheim et la troisième à Reinpolzhofen ; la divi-
sion de dragons sera en arrière el en réserve à Kùssendorf, une
division de dragons à cheval sur son front ii Ilolzheim.
La cavalerie légère des deux corps d'armée formera une pre-
mière ligne et occupera Steinlieim, Finnigen, Holszchwang,
Auflieim, Wullcnstelten, Witzighausen et Ulerberg.
Ce soir, mon avant-garde est à Wettcnhausen poussant des
postes jusqu'à Inchenhauscn.
Après-demain {13 octobre) à G lieures du matin, ces deux
corps d'armée seront réunis, marcheront sur FlUer, et jetteront
derrière ce fleuve les postes avancés de l'ennemi ; une recon-
naissance sera faite inmiédiatement après, et nous tenterons un
passage de vive force, après avoir réuni sur un seul point toute
notre artillerie et avoir trompé l'ennemi par quelques fausses
attaiiucs.
J'arrive moi-même de Falheim, d'où j'ai distingué les forces
de Tarmée autrichienne derrière i'Iller, a>ant beaucoup de cava-
lerie en avant sur la rive droite.
Selon les rapports, l'armée autridiienne a neuf régiments de
cavalerie, et quinze d'infanterie, ce (|ui peut faire environ
;i5,(H)() h(mimes. Sire, nous comptons tous sur la victoire et
nous l'obtiendrons, nôtres fidélité et notre amour pour vous en
répondent.
Je n'ai point écrit hier soir à Votre Majesté parce que je
n'avais pas de renseignements à luicomnumiquer.
J'ai l'honneur Mubat.
Rapport sur les marches et opérations de la réserve de cavalerie.
Le ly vendémiaire an xir (11 octobre 1805).
Le corps d'année prit position «à l'embranchement des routes
de Oiinzburg à Weissenhorn.
La division (îazan se réunit au corps d'armée de M. le maré-
chal Lannes et prit position à (iimzhurg où fut établi le quartier
du prince.
11 OCTOBRE. 561
Marches et rapports historiques de la 1^ division
de dragons montés.
Le 19 vendémiaire an xiv(ll octobre 1805).
A 8 heures du malin, la division s'est réunie en avant de Bur-
gau et s'est dirigée vers Wettenhausen où s'est établi le quartier
général avec un régiment ; les autres ont occupé les villages de
Deubach, Holszchwang et Ichenhausen.
Ordre du jour.
Au quartier général, à Gûnzburg, le 19 yendémiaire an xir
(11 octobre 1805).
Son Altesse Sérénissime le prince maréchal de l'empire Murât
s'empresse de faire part aux troupes composant son corps d'ar-
mée des témoignages de satisfaction que Sa Majesté Impériale
el Royale a donnés à la conduite des troupes qui prirent part à
la journée du i() (8 octobre). Tous les régiments qui combat-
tirent rivalisèrent de gloire dans ce début éclatant d'une nou-
velle guerre.
Le Prince remarqua avec intérêt l'enthousiasme et le dévoue-
ment des troupes. C'est au cri répété et unanime de : « Vive
l'Empereur ! » qu'elles fixèrent la victoire, dont le résultat fut
^,50() prisonniers, 10 pièces d'artillerie, G drapeaux. Son Altesse
Sérénissime connaît l'intrépidité des régiments qu'elle com-
mande ; elle espère qu'ils lui fourniront souvent, dans cette cam-
pagne, l'occasion de donner à leur bravoure les éloges qu'ils
méritèrent si souvent.
MURAT.
Pour expédition conforme :
Le Général de division, chef de l* état-major général^
Bblliard.
m. 36
562 CHAPITRE VI.
Le maréchal Lannes au maréchal Sert/iier.
Zasmarshausen, le 19 yend^miaire an xiv (11 octobre 1805),
à 6 heures du matin.
D'après les ordres que vous m'avez transmis, de la part de
Sa Majesté TEmpereur, j'ai aussitôt dirigé sur Burgau la marche
de mon corps d'armée, qui devait d'abord se porter sur Mîndel-
heim.
La division Suchct, qui est en marche sur la route de Steînen-
kirch, où elle a passé une partie de la nuit à Mindelheim, reçoit
aussi Tordre de se diriger sur Burgau par le chemin le plus
court.
J'espère que Tofficier porteur de mes dépêches pour ce général
le trouvera avant son arrivée à Dinkelscherben.
Lannes.
Journée du 19 vendémiaire (11 octobre 7805).
Bor^a, le 20 TendAmiaire an xnr (It octobre 1805).
Division de cavalerie légère.
La brigade de hussards continue d'être détachée sous les
ordres de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le prince Murât,
à l'exception d'un escadron qui est passé sous les ordres de M. le
général Suchet.
La brigade de chasseurs est partie de son cantonnement à
0 heures du matin, et s'est dirigée sur Burgau, d'où elle a été
cantonnée dans le village de Rnôringen.
Division de grenadiers.
La brigade aux ordres de M. le général Laplanche-Mortières
continue d'olre détachée sous les ordres de Son Altesse Sérénis-
sime Monseigneur le prince Murai.
Les brigades aux ordres des généraux Dupas et Ruffin ont
quitté leur bivouac à G heures du matin, et se sont dirigées par
la grande route sur Burgau.
Elles ont bivouaqué en avant de cette ville, sur la gauche de
la route de Gùnzburg.
11 OCTOBRE. 863
L'artillerie et les sapeurs ont bivouaqué en arrière de ces
brigades.
!J^- division.
Cette division continue d'être détacbée sous les ordres de
M. le maréchal Ney.
Division aux ordres du générai Suchet.
Cette division a quitté son bivouac de Steinenkirch à G heures
du matin, et sest dirigée par Zusmarshausen sur Burgau. Elle
a bivouaqué en avant de cette ville sur la droite de la route de
Gùnzburg. L'artillerie a bivouaqué en arrière de la division.
Division de dragons aux ordres du général Beaumont,
Cette division est partie d'Auerbach à 6 heures du matin, et a
suivi la marclie de celle des grenadiers. Elle a bivouaqué en
arrière de Burgau. Son artillerie a bivouaqué en arrière d'elle.
Parc d'artillerie.
Le grand parc d'artillerie du corps d'armée est arrivé le 19
(// octobre) à Zusmarshausen.
Le général Compans aux généraux Oudinot, Beaumont, Gazan,
Suchet et colonel Kirgener,
Burgau, le \\) vendémûdre an xnr (11 octobre 1805).
D'après les dispositions arrêtées par M. le maréchal comman-
dant en chef, la générale sera battue demain matin à 5 heures
précises au (juartier général, dans les camps et dans les canton-
nements du corps d'armée. MM. les généraux commandant les
divisions donneront leurs ordres en conséquence.
Aussitôt la générale battue, les troupes prendront les armes
et se mettront en marche pour se diriger sur Giinzburg dans
l'ordn? suivant :
La division de dragons au\ ordres de M. le général Beaumont
et son artillerie marcheront en tète.
La division de grenadiers (à l'exception de la brigade
564 CHAPITRE VI.
Mortières), sa brigade de chasseurs à cheval et son artillerie
suivront immédiatement la division de dragons.
M. le général de division Oudinot est informé que la brigade
Mortières recevra des ordres particuliers pour rejoindre sa divi-
sion dans la journée; les trois compagnies de sapeurs du corps
d'armée suivront la division de grenadiers jusqu'à Gûnzburg où
elles seront réparties à raison d'une compagnie par division
dans les divisions aux ordres de MM. les généraux Oudinot,
Suchet et Gazan.
M. le colonel du génie Kirgener, commandant le génie du
corps d'armée, est chargé de dcmner des ordres en conséquence.
La division aux ordres de M. le général Suchet, son artillerie
et le 10« régiment de hussards, marcheront immédiatement
après les sapeurs.
1/amhulance du corps d'armée marchera après la division du
général Suchet.
Les vivres et liquides que M. le commissaire ordonnateur sera
parvenu à réunir à ïhirgau marcheront après Tambulance, el il
prendra des mesures pour accélérer la marche du convoi qui est
resté en arrière.
Le parc d'artillerie du corps d'armée devra se rendre le plus
diligemment possible à (iùnzburg : La compagnie d'artillerie à
cheval qui y est attachée le devancera de manière à y arriver
en même temps (|ue la colonne.
M. le général Foncher, commandant l'artillerie du corps
d'armée, donnera ses ordres en conséquence.
A Giinzburg, M. le maréchal commandant en chef donnera,
pom- la continuai ion de la marche, des ordres ultérieurs qui
seront comnuins à la division commandée par M. le général
Gazan, si toutefois elle n'en a déjà reçu de son Altesse Sérénis-
sinie le prince Murât.
Les équipages du corps d'armée continueront à rester à
Gùnzenhausen jusqu'à nouvel ordre.
GOMPANS.
il OCTOBRE. , S6o
Le général Compana au général Suohet
Zuiroarshaaspn, le 11) yeDdimiaire an xiv (11 octobre 1805).
M. le maréchal me charge de vous écrire que, d'après de nou-
velles dispositions arrêtées par Sa Majesté Impériale, tout son
corps d'année doit se diriger sur Burgau, et que son intention
est que vous vous y dirigiez par le chemin le plus court du point
où ma lettre vous trouvera.
J'ai fait passer votre lettre au colonel du 64* ; nous lui donne-
rons ici Tordre de se diriger sur Burgau.
COMPANS.
Le général Compana au colonel Kirgener, commandant /a génio.
Zoimanhaaieo, le 19 yendémiaire an xiv (Il octobre 180&).
Monsieur le Colonel,
J'ai l'honneur de vous prévenir que M. le maréchal comman-
dant en chef a décidé qu'à compter de ce moment et jusqu*k
nouvel ordre de sa part, les sapeurs du corps d'armée sont sous
vos ordres ; vous voudrez hien les diriger aujourd'hui à la suite
de la division de M. le général Oudinot, sur la route de Burgau.
GOMPANS.
P,-S, — L'ne demi -compagnie doit attendre à Zusmars-
liauseu Tarrivée du grand parc d'artillerie et le suivre dans sa
marche.
Le général Compana au général Fouchor.
ZusroarBhauM'o. 1<* 19 ▼cDdémiain' an xiv (11 octobre 1S05).
Monsieur le Général,
J'ai l'honneur de vous prévenir que le grand parc d*artillerie«
au lieu de suivre la destination qu'on lui avait d'abord donnée,
doit, d'apn's les dispositions faites par M. le maréchal, se diriger
sur Burgau aussitôt l'arrivée du parc. Vous voudrex bien oidon-
566 CHAPITRE VI.
ni^r <|iio h's <lon\ coiiifKiL'tiieN darlillerio a chexal «|iii !•• ^uixi'Dt.
le (irNain'cnt pour ^f rendre sur Hiirtrau a\ec 1«» plii*^ lio •••■|f r:i-
|m>sil)lt', aupn'.s *lii <|uariier ^ém-ral «le M*, le maréchal, «m. rli-»
rt'i'cN ront drs nnlr^s.
\'\\v <lemi-«'oni|>ai;riie dv sajuMirs a nrdre de n-^ter iri pc*^^r
serNir dN's(M»rte an fiar»-.
Le gênerai Compans à M. VasU commissaire ordonnateur.
Z.i'«:r, irvh.i.isen. If II» v«»nd*"fniftir« .in ttv (l| ortr^br» !«»"*
Moiisii'ur r< )nlnniiateiir.
J'ai I honiH'ur d«' nmiin |»n'M*nir tiue \oiis de\e/ xnii* din*:^"
sin lîiir-aii an lun df >ni\rr la destination «in'on xou^ .ixj î
dnliiirc.
Tniitrs Ifs dispusitinns ([«' ma lettre s«»nt inainteini*-^ .1 1 f \-
«rptinfi d«* et' ('liafi:i«*in«'nt d«' din'etion.
Le gênerai Compans au colonel Nèrin, commandant le 4* re^im«f»r
/u>'t. .rsliiUH»-:., 1" r» v»n«li«nniir*» *n mv Ml ortobr* .*•»*
Mi»?ivnui l»' <.«di»n»d.
\iMiN (|i-\i/ ,i\Mir ittii dan> la nnit nue lettre «In *:«u<-nî
>U'li«-t «MiiCTiiarit II' «hrmin «pu* d«'\ait trnir \v rr^iiiient .1 *«•*
i'r«liiN |iMiir f i;.'iii,|r.- |.j dixisioii. Lrs dispusition^ dt» eftt'' Iftli»
'-"lit ili.th_»''» . <f r«::niH'nt dnit s»* diriuvrdu point <iii mi.i Irltr*
Noiis |».ii N iffi-ln, siir- hiiri^an. par la n»nt«» la plu^ rMnn*'. >j
\ ..i,v MN 1*/ il»-s t»aL'aL'«'>. f n> t»\ f/drs lei. Ou\ de la dix i^»n ^•li'h'-t
\ • ii^'- ' 'II"! I.i II <i pthiii i|i> 1,1 [»rt>srntr «'t iiif«triiir/-nM>i J<
I . \. .iiti-'ii il'N i||Nj,..s,ti..ns «{Il rljr n-nfcriiie.
^.ollpA^^.
11 OCTOBRE. 667
Circulaire adressée aux bourgmestres de Burdenbaoh, Tetingen,
Mûnsterhausen, Wettenhausen, Glott.
Hurgau, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Requiert les bourgmestres de , d'avoir à fournir avant
0 heures du soir, quatre mille rations de pain d'une livre et demie
chaque, qui seront conduites à Burgau où elles seront mises à
la disposition de M. le commissaire des guerres Vast, faisant
fonction d'ordonnateur au 5« corps de la Grande Armée, qui régu-
larisera cette fourniture.
COMPANS.
Ordre du jour du 19 vendémiaire an XIV {11 octobre 1805),
Le corps d'armée d'avant-garde devant se mettre en marche
demain à la pointe du jour, la brigade aux ordres du général
Claparède partira à 0 heures du matin de ses cantonnements
pour se diriger sur Giinzburg.
La l'*o brigade d'infanterie se mettra en marche à 7 heures
pour suivre la même destination (i).
Celle du général Valhubert suivra le mouvement de la f®.
Le parc d'artillerie, suivant Tordre d'hier, marchera avec la
division.
Lo lO'- régiment de hussards rejoindra la brigade du général
Claparède en avant de Burgau.
Le niancjue absolu de subsistances engage le général de divi-
sion à répéter aux généraux do brigade de s'en procurer, autant
que possible, dans les lieux où ils passent.
Le commissaire des guerres fera délivrer demain la viande
pour deux Jours.
Le Général commandant^
SUCHET.
(\) Cette, brif^îule étiiit à Rôsingen.
568 CHAPITRE VI.
Le général Nansouty au maréchal Berthler,
Stadtbergen. le 19 yendômiaire an xiv (Il octobre 1805).
J'ai rhonneur de rendre compte à Votre Excellence que, con-
formément aux ordres que j'ai reçus, j'occupe avec la division
que je commande les villages de Steppbach, Westheim, Rriegs-
haber, Stadtbergen, Pfersee, Diedorf. Willishausen et Leiters-
hofcn. J'ai fait placer des grand'gardes en avant de ces deux
derniers villages, qui communiqueront entre elles, et celle de
gauche avec les troupes de M. le maréchal Soult. J'en aurai
aussi une en avant de Stepphach. J'ai fait faire des reconnais-
sances en avant de mes cantonnements.
Je me suis élahli de ma personne h Stadtbergen.
Nansouty.
r.AKDK IMPÉRIALE.
Ordre.
Augsburg, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Tous les généraux et chefs de corps de la Garde enverront
l'ordre aux commandants de leur dépôt à Strasbourg de faire
partir pour l'année tous les hommes d'infanterie et de cavalerie
disponibles.
Ces différents détachements formeront l'escorte des capotes
et des souliers de Tinfanteric. Ils marcheront réunis sous les
ordres de rofficier le plus ancien des différentes armes.
Us partiront de Strasbourg de suite aprôs qu'ils en auront
reçu l'ordre, pour se rendre à Spire, et de Spire immédiatement
à l'armée.
{Registre d'ordres des grenadiers.)
Le maréchal Berthier au général Marmcnt.
Au{;sl)urg. le 10 vcndémiaiir an xiv (U octobre 1805),
à (i heures da matin.
Il est ordonné au général Marmont de partir de Pôttmes avec
toutes les troupos à ses ordres pour se rendre à Augsburg; U
11 OCTOBRE. 569
prendra position; il enverra un des officiers de son état-major
auprès du général Dumas, qui lui indiquera les positions qu'il
devra occuper.
Le Major général^
Maréchal Berthier.
Dans toutes les lettres que m'écrit M. le général Marmont, il
me parle de subsistances : je lui répète que, dans la guerre
d'invasion et d'expédition que fait l'Empereur, il n'y a point de
magasins; (|ue c'est aux généraux commandant en chef les
corps d'armée à se pourvoir de leurs moyens de subsistances
dans les pays qu'ils parcourent. Le général Marmont a eu ordre
de se pounoir de quatre jours de pain d'avance et de faire con-
fectionner pour quatre jours de biscuit : il ne peut donc compter
que sur les ressources qu'il se procurera par lui-même ; c'est
ainsi (|ue font tous les corps de la Grande Armée, et le général
Marmont connaît plus que personne la manière dont l'Empereur
fait la guerre.
Le Major général^
Maréchal Berthier.
Le maréchal Berthier au général Dumas.
Âuprsburg, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Le générai Dumas est prévenu que le corps d'armée du
général Marmont arrive aujourd'hui à Augsburg, venant de
Fôttmes. La division du général Nansouty arrive à Augsburg
venant de Zusmarshausen.
L'intention de rKinpereur est que M. le général Dumas recon-
naisse la position qu'occupera le général Marmont et le corps
du générai Nansouty à Augsburg; qu'il fasse prévenir les géné-
raux de l'endroit qu'il aura désigné et qu'il les y fasse conduire;
il rendra compte à il h. 1/2 à l'Empereur des dispositions qu'il
aura reconnues pour ces corps.
Berthier.
B70 CHAPITRB Vï.
Note.
position tîu J*' corps //ai7ïi»'V sur Atiythirff.
I.e corps (rarmce du ^éiuTal ManiKnit arrivant %iir \ii;:^hur.-
|iar la miilodr iVittnies. prendra poNition an drli«PUi*lti* dc^ Inm*
dt* LiTlilianseu.
2di\iMons a la droite dt* la chanssco t*t la .'r Un p<ii fb
arrirro vi ii j:anrhc de la rliauNséi». Distance nui\onu«- : nut
dcnii-liono d'Anj^shurj:.
l.a ^miu'Ih* de la li*;iu* est ap|»u\i''c an marais (|ai sVU'ud jus-
qu'au piftl des liauleiirs de FriiMll»erg.
La eoniMiunicatinu sur le front est par la mute d'An^sburç a
Kriedheri: el, sur les derrières, par Miililliausen, <|ui tM ,i une
lieue et demie dWu^shur^, et d'où part un chemin <|ui \i a
rri«'dl)er^, eu tournant le marais par la gauche.
/^(txiiinn #/e Ai n'-serrr d** ravalme du yhïêral .Vaniou/y.
<.ett«- di\isiiiii. M'uant |)ar la mutede Znsniarv|iaiist*n. canUm-
uera dans Ji's \illa^es de Krii-ir^iiaher. Steppliacli. sur la cliaiis«<^
UMMiii' .t IrtiJN (juarls de lieue et une demi-lieue de l.i »ille.
Si «'e> \ill:i^t>s III* Miriisent piunt et la position <le cette di«i
siuii di-\aiil se lier par la gauche a\uc celle de M. le marrchil
Sniijt «'Il arrirrc d<' sa tlriiit(\ \r i:éneral Nansunt) s'rtendra ju
pird et sur les ri'\er> des hauteurs ipii. a In dist;uire duii^
d<'itii-lii'ur t't triiis «pi.irts de lieue de la rixe gauche du l.ech ri
dr hi \illr. riuiiit'iil le IlisnIh de eette ri>i«'re.
<!tN \iII:il:i'n sunt sihri'ssi\cuient, r\\ s'êloignant jusqu'à iinf
liiMi- «I Nu^^lmr:; :
Stailtlx'i'L'en. a une deiiii-Ueue ;
l.iitershntVn. a trois ijuarts de lieue:
W l'Ilcnhur::, a nn<' lii-uc.
L Aide-major général^
marrchai y encrai dtê /«'«/u.
^>-ins Itru Ht thifr . Mathieu Dcmas.
11 00T0BR8. 571
Le maréobul Bûrthier au général Oumaa.
Angsburg, le 19 Tendémiaire an zxr (11 oeteiMM 1805).
Général,
Je vous envoie ci-joint une note dont les dispositions vous
sont confiées.
Bbbthieb.
M. le général Ddmas fera paraître demain, comme à l'ordi-
naire, les journaux d'Âugsburg et y fera insérer une note qu'il
rédigera dans le sens des idées ci-après. Faire conndtre les
succès de Tarmée à Taffaire de Wertingen et à celle de Qûnz-
burg, que Tarmée autrichienne est entièrement eeméa; fhire
connaître le passage de TEmpereur à Stuttgard, U manière
dont il y a été reçu, le traité d'alliance offensive et défensive
fait entre TEmpereur et les Ëlecteurt de BaTière, de Wurtem-
berg et de Baden; que le 1^ fournit 26,000 hommes, le S>
8,000, lé 3M,000;
Que Tarmée française traite en pays ami et neutre tout ee
qui n'appartient pas aux princes de la maison d'Autriche ou qui
n'est pas connu comme agent secret de cette maison, et ceux
qui n'ont point trahi constamment la constitution de l'Empire
pour élever la maison d'Autriche ;
Que l'Ordre teutonique, du jour où il a nommé pour grand-
maître un prince de la maison d'Autriche, a montré un carac-
tère de dépendance et de servitude qui (ait considérer cet ordre
comme ennemi; que s'il avait voulu être neutre il aurait nommé
pour grand-maître un prince qui, par ses relations politiques,
devait être supposé rester neutre dans la guerre de FAutriche
contre la France.
Le général Dumas fera traduire an allemand la note qu'il
aura rédigée, de manière qu'elle paraisse demain dans la
gazette d'Augsburg. ^
Le général Dumas écrira de ma part à M. Baeheri à Ratis-
bonne, pour lui faire oonnaitre les résultats des afUree de
Wertingen et de Gûnzburg. U lui dira que le priaèe Morat,
avec 80,000 hommes, pousse l'armée ennemie sur le Rhin, où
572 CHAPITRE VI.
elle sera prise en flanc aux débouchés du Tyrol par rarmée de
M. le maréchal Augereau, forte de 35,000 hommes; que l'Em-
pereur se porte avec 90,000 hommes à la rencontre des Russes;
Qu'il doit répandre la nouvelle des succès des Français et
faire réimprimer dans tous les journaux la proclamation de
l'Empereur à Tarmée française, et de l'Empereur à l'armée
bavaroise.
Le Bailli de Vellinburg au général Vandamme.
Vellinburg, le 19 TendémUire an xiy(1I octobre 1805).
Votre Excellence Monseigneur le Général,
Je vous remercie très humblement de la grande grâce que
vous avez eue en m'accordant un détachement de votre Garde,
dont le départ je regrette fort, comme monsieur le charmant
officier et ses très braves grenadiers se sont comportés très
aimablement tant en égard de la patience, manque des vivres à
leur arrivée, qu'en égard de ses bons services et très belle con-
duite, dont je ferai le rapport à M^' mon prince, sitôt possible.
J'ai l'honneur
Fr. RoBOBCK,
BaUly.
Le maréchal Soult à l'Empereur.
Landsberg, le 19 vendc^miaire an xiv (11 octobre 1805).
Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que les divi-
sions du 4« corps d'armée se sont rendues aujourd'hui à Lands-
berg et occupent les positions suivantes :
La 3« division, qui formait tête de colonne, est établie en
arrière de Holzhausen, sur la route de Mindelheim, et a son avant-
garde à Buchloë;
La 2« division est sur la hauteur en arrière de Landsberg, cou-
vrant les routes de Munich el de Weilheim ;
La division de dragons est à Schwifting et Pùrgen, servant
d'avant-garde à la 2® division;
11 OCTOBRE. 573
La 1^ division est adossée au bois d'Unter-Igling et porte son
avant-garde sur la route de Schôngau, à une lieue à gauche de
Landsberg. Ces positions ofTrent quelque chose d'irrégulier,
mais il était nuit A il tcmihait beaucoup de pluie et de neige
lorsque les troupes s'} sont rendues; j'ai cru devoir attendre
jusqu'à demain matin pour les rectifier.
En arrivant à liurlach, j*ai été instniit qu'un régiment de cui-
rassiers autrichiens était arrivé à Lansberg et se disposait à en
partir aujourd'hui pour se rendre à Memmingen; j'ai aussitôt
donné ordre au K^ régiment de hussards de se rendre à Holz-
hausen, sur la route de Mindelheim, pour l'inquiéter à son pas-
sage et j'ai fait presser la marche de la cavalerie ; elTectivement,
en arrivant prés de Landsberg, j'ai vu ce régiment en bataille au
débouché des roules de Mindelheim et de Schongau, mais
entièrement engagé dans cette dernière et paraissant couvrir la
marche de plusieurs voitures d'équipage.
Le iti« régiment de chasseurs à cheval a eu ordre de l'atta-
quer et de le poursuivre avec vigtieur sur la route de Schongau ;
il a été soutenu par un régiment de dragons, tandis que le
11' régiment do chasseurs a pris la route de Mindelheim pour
aller joindre le H" régiment de hussards ; une brigade de dra-
gons, qui avait passé le Lech à Kaufering, se portait en même
temps par la rive droite sur la route de Weilheim.
Le :^i' régiment de chasseurs a marché avec intrépidité à fen-
nemi. et sans consulter ni le nombre, ni l'espèce de troupes
qu'il avait à combattre, il a chargé avec vigueur le régiment de
cuirassiers du prince Ferdinand, fort de tNN) chevaux et ayant
sept pièces de campagne, et après lui avoir blessé beaucoup de
ca\aliers, lui a faittM) prisonniers, dont un lieutenant-colonel,
un capitaine et un autre onicier : il lui a pris aussi 60 cheraux
et i pièces de •».
O* régiment, à la tête du(|uel le général Margaron se trouvait,
a eu i hommes tués et 7 ou H blessés ; il s'est fait dans cette
action une réputation de bravoure qu*il justifiera.
La brigade de dragons, commandée par M. le général Sébas-
tiani, qui s'était portée sur la route de Weilheim, a enleTè
Ml cuirassiers du niénir régiment.
Le régiment de Kerdinand-ctiirassiers avait potitivement
ordre de se rendre a Memmingen et de forcer sa maieho; le
574 CHAPITRE VI.
8« régiment de hussards, qui Fattendait à son passage, a trouvé
son logement et en a enlevé une partie.
Nous avons trouvé à Landsberg un magasin de blé, qui n'est
pas très considérable, et 7(K) à 8<K) sacs d'avoine.
Hier, il est passé en cette ville, se rendant à Memmingen, la
caisse niiliiaire et un é(|uipage de pont de 30 bateaux; ce matin,
il est parti pour Weillicim un convoi d'artillerie, composé de
2() bouches à feu de divers calibres; j'ai ordonné au général
Sébusliani de se mettre demain, avant le jour, à sa poursuite et
j'espîTC qu'en peu d'heures il pourra l'attraper. Les deux régi-
inenls de dragons qu'il y cmploiru ont reçu des ordres en consé-
quence.
Le bruit court ce soir à Landsberg (|ue ce matin les troupes
de Votre Majesté sont entrées à Munich, et, en même temps, on
m'annonce que les reconnaissances qui ont été portées sur cette
roule ont rencontré rcnnemi à une lieue et demie de Landsberg ;
si cela est, cette troupe est furieusement compromise; demain
je m'en assurerai et j'aurai Thonneur d'en rendre compte à Votre
Majesté.
Je ferai aussi porter une forte reconnaissance sur Schôngau
et une autre sur Mindclhcim.
Un homme qui arrive de Munich m'assure que depuis cette
ville jus({u'à Landsberg, il n'y avait que quelques détachements
de troupes autrichiennes, et que le général kienmayer s'était
retiré de Scli>^ahliausen et de Dachau, sur Munich ; son corps
d'armée est aujourd'hui évalué à i(),00<) hommes.
Le même individu affirme de nouveau que l'arrivée des Russes
est retardée et (|u'ils auront rc(;u ordre de se rendre sur les
frontières de Hohénte ; il prétend que depuis huit jours les voi-
tures de transport étaient commandées, mais qu'hier le contre-
ordre avait élé donné aux bailliages qui devaient les fournir.
Tous les hôpitaux el autres établissements, que les Autri-
chiens avaient à Munich , sont évacués depuis hier sur
Ihaunau.
Les ambassadeurs de Russie el d'Autriche, qui étaient à
Munich, sont partis aussi hier pour Salzburg.
j'ai l'honneur.. ..
SOULT.
11 OCTOBRE. 875
Le maréchal Souli au maréchal Berthier.
I^aiulsbrrK, lo 10 vi'ndéniinirp an xiv (Il octobre IHor»).
J'ai riioiiiiour de nMidro coniptt» à Volrr KxccIIcium» de la
position iurruTUpcnt les di>isions d(>s corps d'armée en avant
•le LandshtTi;.
I.a .'{'' division, qui l'orniait Irle de eolonne, est établie en
ariii're de FF<d/h.'inson sur la route de Mindcllieini et a son
a\anl-.t;anle à liuehloé.
La J'dixision isl sur la hauteur en arrière de Landsbcrf;,
fou\raiil les routes de Muiiieh et de Weilheini.
La dixisiou diî drairoiis est à Selixiiriintr et Piirjrcn, servant
d'a>aiit-LMrd<' à la "!'' <li\ision.
La l"'ili>ision est adossée au bois dTnter-l*;lin^ et porte
vnn a\ant-^arde sur la roule de Sebôn^au, à une lieue à gauche
de LandsberL:. T.es |»nsitions oH'rent (|uel<|ue chose d'irréjçiilier,
mais il étail nuit el il tombait beaucoup de pluie et de neige
lorsipie les troupes s'j sont rendues: j'ai cru devoir attendre
justpra demain pnur les rectifier.
Kn arri>ant a Landsberi:, nous axons trou\é le régiment de
enirassiers du prince l'erdinand «pii occupait les routes de
SehoiiLMU et de Mindtdheim, mais il était engagé dans la i*^.
Le K^ réjL'iment <li' hussards, «pie j'axais porté à llol/hausen pour
lui enupi-r la relraili», n'a pas été assr/ heureux de le rencontrer,
mais je 'JCi* régiment de chasseurs â chexal, auquel j'axais donné
ordrt' de h* pitursuixn* \i*:oureusenient, a eu occasion de lui
donner deux eliarp's qui Tunt le plus grand htmneurau régiment
ainsi qu'au général Marnanin qui était à sa tête. Le résultat a
éti- qui* 120 cuirassii'rs axée leurs chexaux, et i pièces de canon
de lî sniit ri'stés en notre |)ouvoir. Les reeonnaissanees que j'ai
rnxnxées sur les roules tie Munich et de AVeilheim n*étant pas
l'heure rrntrées, jr uv puis rrndre a Votre Kxcellencc les rensei-
L'urmrnts sur irs mouM'Hirnls de l'ennemi tpi'ellps ont acquis.
hfinain, j'aurai riioiirieiir dr \ous (>n adresser de positifs en
ini'-mi* ti>mps ipir je \nus rn\ errai. Monsieur le Maréchal el
Ministre, les noms ijfs oi'iieiers. sous-oriiciers et chasseurs qui
SI' siiut liistiuLnii's partieulii'rement.
576 CHAPITRE VI.
Parmi l«»s prisonniers, se Irouvonl un lionlenanl-otilnn^l. ur
capitaine mnimandant d'eseadrun et »raiitn's oflieir r^.
hcinain. Je \os adresserai au lîrand FHal-Maji«r ::f*nrral »Ti
\tMis (Iniinnnt des renseignements plus rtemlus.
SiriT.
Le maréchal Soult au général Vandamme.
I.aiHlslior^'. !•' I<* Ti>nilénii.'iir- an xiv Ml ■vt.-ktr* l** ■ .
Monsieur \o <i«''nëral.
Le rhrC di* ri'lal-inajnr m'urral m'instruil «pie I inf.inlf-n'
tif hatailli' de \(dri' di\isinn s'«>tait etahlif en a\ant du \ill.«^*'*
dt' KanliTiii^ ; aupar:i\ant d«* muis \nir, i'a\ais t'li.ir::i' Ir «-h»-?
•I»' t»atailliiii t.nniprri' d'allrr a sa n-neunlri' par rflti' ri»Htf. jm ijr
lui r\itt'r Ir drtnur lie la \illr, et il di'\ait \nus dirf ii«* r«-laM:r
«Ml :i\aiit lin \iliai:r, s'il rtait trop tard pnur i|u'«'ll*' prit l.i |n.%.-
Iiiiii <pic I axais indi«|Ui''('. \.f rontrt'tcmps i|ui a fii Ikmi ««t^
ri-païf demain malin, i-ii rcetilianl tnntrv |fs ptisitinns ilu > ••r|>*
d armrr,
.\v \ous pii-xiiMiN «|Uf jt' dnnui" iinire au t:«'nrral S<-|ia<«tiaDi J-
|MM'ti-r demain dr i:rand matin une ieeiinnai«>Naiie>' tU- Jem
ri'::imi iils «If dia;^nMs' snr \V«*illieim. a l'eMi't d\ rnlr^^r ii:i
«-i>ii\ni iraitdl<-rif 4pii a prisfi'tte direetion. Sa niiN^ittn rmipli^.
il i'r\ii-iidra MiiiipiT le \illaLi' i\r l*uri:en.
I.r ::«M»i-.il Waltlni, aNrr tnds n'i:iment%. dtnl i-n rii»'!H''
lriii|iN |i.Mi^N,T iim* n-iunnaisNani'f sur la n»ut»* d»* Munn-h. 'S
i.Niiiii .1 >< hw iilm:: ; il srra ni-ct'ssaire, MiuiNirur. ijin* \'ii;%
|ii>>ti :.'ii/ Il iiMiiiMiiii lit de ci'N di'iix i:i'nrran\. en pi-rtaiil «^n
.i\.iiit, |M.iii lis sniiliiin. un hataillon d'infanlrrh' mit •-ha<p2^
!>iil'. < '^ il< ii\ l).<tadliiiis. i|u'il Nnl'fit itr f.iirr partir au j<*ijr.
!• i.ln-ioi t .1 tiiiis ri -.UNi-nts |orsi|Uf les draiiiins rf*\ ti'nilri«iit.
.1 -•! i il'iIllM-lIt
NilLT.
11 OCTOBRE. 577
Ordre du général Andréossy aux deux bataillons de Wurtemberg.
Augsburg, le li> vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Conformément aux intentions du ministre de la guerre, major
«général, il est ordonné aux deux bataillons de Wurtemberg,
qui sont à Donauwôrth, d'en partir aujourd'hui 19.
Ils garderont le pont militairement en attendant de nouveaux
ordres à Ha in.
Andréossy.
Le général Andréossy aux maréchaux Davout, Soult, Bernadotte,
Marmont.
Augsburg, le 11) vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Son Excellence le ministre de la guerre, major général, me
charge de vous prévenir que la route de communication entre
Spire et la Grande Armée jusqu'à Nôrdlingen est prolongée sur
Donauwôrth, Maitingen et Augsburg.
Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien donner des
ordres |)our diriger sur Augsburg tous les prisonniers de
guerre (jui seront faits par le corps que vous commandez. En
général, lorscjuc le corps d'armée à vos ordres sera plus loin de
France (juc le (|uartier général impérial, les prisonniers de
guerre devront toujours être dirigés sur le quartier général,
d'où ils seront envoyés h Spire par la route établie.
Andréossy.
Le général Andréossy au général René,
Augsburg, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
Monsieur le Général,
Son Excellence le ministre de la guerre, [major général, vous
a désigné |)our commander provisoirement dans la place d'Augs-
l)urg, sans cesser néanmoins d'être commandant du quartier
III. 37
578 CHAPITRE VI.
général. J'ai prévenu .M. révéf|uc d*Au»rsl)urjr . ainsi que :1a
commission (lu Sénat.
Je vous invite â prendre toutes les mesures que vous croirez
convenables p(»ur assurer el maintenir la tranquillité et le bon
ordre dans la place, en faisant droit aux justes réclamations qui
vous seraient portées, cl en donnant les ordres les plus précis
pour i|ue les Français <|ui sont dans cette ville ou qui y passent
ne commettent aucun désordre et pour que tous les militaires
(]ui ne sont pas de la garnison rejoignent leurs corps.
Anoréossy.
Le général Andréossy au Commandant de la place d'Augaburg,
Auf^sburg, le VJ vciidémiairo an xiv (11 octobre 1805).
Monsieur le (iénéral,
,1c vous préviens ((ue, daprcs Fintcntion de Sa Majesté et les
ordres du ministre de la guerre, tous les convois, soit de che-
vaux, soit de bagages, soit d'hommes, le pain, le biscuit, les
dépôts, petits détacrhements, hommes isolés, enfin tout ce qui
vient de France pour (juchiue corps (|ue ce soit de Tarmée, se
rendra directement à Augshurg, el Son KAcellence le major
général donnera les (»rdres de destination ultérieure, d'après
Tctat qui lui sera adresse chaque jour par le général comman-
dant à l)(mau\vorth.
Veuillez bien donner des ordres précis pour être instruit de
tout ce (jui entrera dans la ville, afin de pouvoir exécuter à la
niirnit<' les ordres (|ue vous serez dans le cas <le recevoir (Toncer-
nant les <*onvois ou (Ictachemcnts venant de Donauworlh.
Anduéossy (1).
(1) Dos ordres sont «loinn's m rniiséqiicnrc nu fféiUTal (jodinot,
rniiiiiiainl.iiit à l)uniiii\>()rth.
I 1 OCTOBRE. 579
Le généra/ Andréossy au prince Murai.
Au»tsl)Ui%:. le H» v^ndémiain' an xiv (Il ociobn* Ihori).
Sim K\(i*lK*iu"i' le ininistiv de la .;:iumit me charge de pré-
xi'iiir Votre Allfsse Srrénissinie «m'elle ne doil plus eii>t)\t*r an
quartier iréiiéral im|n'rial les prisnimiers (|iii seront faits,
lor^qur la |)osilion dr son torps d'aniit'e sera pins rapproehéo
ili's fronlit'ri'N <le l'raiiee <pn' rrllr i\\i qnartier frénéral impérial.
l.i'N prisofmirrs <lr\ronl rtri' dirims, nwv nne eseorte eom-
mandre par nn oriii'ier d'rtal-major, par la ronle de Selion-
dort* snr Stult,i:ard ri Spire, on ils seront rrmis a M. radjndant-
enmniandant t;he\alier. rt \vs drla<*liemenls d'rseorte \iendronl
rejidndre lenrs eorps. Tons les prisonniers jails snr ['.\m et dans
ertte partie ponrroni rtre rassemhirs a (îiin/hnri:. l'n ol'tirier
di'tat-inapn' «pu* Votn* Altesse Sérénissinii' > plaet^ra, les fera
partir par i'on\oi en les <lirii:eanl sm- Spire, soit par lleilhronn,
sinl par Stnttuard. La ronte d'Ileilhronn doit ètri' préférée,
|iaref ipie e'est eelh* i\r l'armée «pii est or^aniséi*. Votre Altesse
Sérenissime donnt"ra si's ordres ponr t\\w l'oftieier d'état-major
ipii commandera ces ennNois, fasse fonrnir des\i\res par réipii-
silion. en étai»liss;inl nne es|>ece de re>ue a\ee tes hnur^-
niestres.
Andukossy (I .
Le iiencr,il Andréossy au gênerai Pernetty.
An.kliir. . I>- J!' vcii'lcini.iirr .m \iv Ml urtolip* Iso:>).
Mon elii'i- (iriiéml.
.If \iiiis in\itr .1 Mirilnii \\\ri\ me proeiirer le plus tnt ipril
\ons sera possildr un i-tat i*\a<*t de silnntion du pi'i'snnnel et du
mati-riel dn urand parc d'arlillrrie. #
\\) l.« ^» lu I il ■! \-|ii- ' •» <liriL« ««iir Spiii . Il i-oni|i.n:ni- piir t'jidjn-
'S.tnl- "111111 nnlint !hi<<>u>li !•>, ipn ii-\ii iiili.i iii |iii<«ti' .iprés l'ainir riiiihé
•I I ■•iJMiJ Mit I iHiirri iiKl.mt < .lii \ ilin . Ci- iliMiMir iliricrr.i l<* p*iiér:d
.; \«|.|. .1 ...[| m \. II. t.i>t |ii i<«Miiiiii 1 .i\ii- lui. <«iii' iiiii- \illr i|t* l'iiité-
ii> ui . >>ii lU ^1 II Mil ->\i- Il ^111 \ Il II. lin •■ iji^ iii|i>rili-4.
!• .ii'i-l \imI|">..\ .'.lit .•..! . ifi I m iii.iin- ilf Lt idlr, ilunt k
ll'<lll ■ «I I i|*>«i t-li |i|.MI< .
580
CHAPITRE VI.
I/Kmporeiir exige un état général de l'armée et le major
général me le demande instamment. Veuillez donc, je vous
prie, mon clier (iénéral, vous occuper particulièrement de cet
objet.
Andréossy.
Le général Andréossy aux maréchaux Ney, LanneSy Davout,
Bernadotte et au prince Murât
Augsburg, le 10 vendémiaire an xiv (11 octobre 1S05).
Monsieur le Maréclïal,
J'ai riionneur de vous prévenir que Sa Majesté exige absolu-
ment que je lui présente, le 21 dans la matinée, un état de
situation exact des diflërents corps de Tarmée sous la date la
plus récente.
On indi<|uera les détachenjcnls arrivés des bataillons de dépôt
et la date de Tordre en vertu ducpiel ilsonl rejoint les bataillons
de guerre.
Sa Maji'slé attache la plus grande importance aux étals de
situation et je prie Votre Altesse de vouloir bien donner des
ordres pour (jue ronicier que j'ai Tbonneur de vous adresser
puisse le rapporter et être de retour dans la journée.
Andréossy.
11 OCTOBRE. 581
Aperçu de l'armée autrichienne sous /et ordres
de l'archiduc Ferdinand.
( Pofttériour aa 10 octobre 1805.)
INFANTERIE.
>yMS OKS COhI'S. UHSRRVATIOMS.
An'hiiiur-HainitT.
Frôhlich.
Kolownith.
Archiilur-Muximilit'n.
Hiesi' Du rorp« de Kienmayer.
llanfri'diiii.
Erbnrh Du ror|>8 de Kienmayer.
Stuarl.
Jus«*|»h-<lollonMtu Du corps diî Kienmayer.
Kaunitz.
Hf*uss-]Mjiui*ii.
Auers|KTu.
lit* mniinK«'n Dans le Haut-Painlinat, h Amberg.
Wurleniheri; Du corps de Kienmafcr.
JelWhirh.
liyulay Du corps de Kienmayer.
Stiin \ Ces quatre régiments avaient fait
D«*auli4'u r partie du camp de Bregoni, sot»
KjîstT k le commandement du général
llildhur);liausrii / Wolfskeel.
II«Mitschm**ist<T \ Ces quatn* régiment*, qui ne sont
CnMiziT-W.iraidiiis. f entrés en Ilavière que le 6 octobre^
ItrofMltT i tM* sont joints le 10 au corps de
3 .lutn's r^):i^lt•nl^ fruiitirns. . . . / Kicnmafer, 4 Munich.
CAVALERIE.
^M.H•k.
Dui-AllMTt.
ll*riiirt'-Hn\.d-F«'nli-
Ciiir.««>«ifni.\ naiid A Landshut et environs.
rllohfii/olli-iii.
.\.i*is;tu.
i ClMrli-<«-«li-Li»rr.iin«'. A Landshut et environs.
582 CHAPITRE VI.
-. / I.atour.
Uni irons l
. . 1 Hohonlohi^ A Sulzharh, dans le Haut-Palatinut.
<»t rhovau- < ,^ ,
i Rosenberif .
^ ». Klenau.
!Li<'rhtrnslein.
Hlankenstcin.
Palatinat.
I Mervcidt En Bavière.
(SchwarzenlMTg.
GÉNÉRAUX DE L'aRMÉE AUTRICHIENNE.
l'hlans.
Arcliidiir Feriunanf), rommandant on chof.
M.\<:Kf commandant on sooond.
Mayer (l), rhof do IV-tat-major.
KlENAT (2). llKSSR-HOMROIlKi (10).
KlENMAYER (3). MeRVELDT (1 1 ).
WOI.FSKEEL (4): SciiWARZENBERr, (lî).
GOTTESHEIM (K). UlESE (13).
Stipskiz (6). Mer(:am>i.\(14).
HiLLER (7). Hoiian (15).
Werneck (8). Caramelli (16).
HOHENLOnE (y). liYLLAT (17).
Comte KicniiOLDT, commissaire général civil.
(I) Mayor von HoMonfeld, (iénéral Quartier-Meister Stabs Colonel.
(2)Klonau, Fold Marschall Lieutonant.
(3) Kionmayor, Fold Marschall Liouti«nant.
(4) (iénoral-Major.
(5) Feld Marschall Ijoutonant.
(6) Fold Marschall Lioutonant.
(7) Fold Marschall Lieutonant.
(8) Fohl Marschall Lioutonant.
(9) Hohenloho-IngolfinKon, Fiirst Friedrich Feld Marschall Lieutenant.
(10) Bosson-Homburg, Friedrich VvU\ Marschall Lieutenant.
(II) Graf, Fold Marschall Lioutonnnt.
(12) Fiir>t Ciirl-llofkriotrsraths, Vico-Pn'sidont (Feld Marschall Lieu-
tenant).
(13) Uiesch jnoltabloniont (Hieso était i\ Palmanova), Feld Marschall
Lieutonant.
(14) ti«''noral-Major.
(15) (lénéral-Major.
(16) (iénéral-Major.
(17) Feld Marschall Lieutonant
il OCTOBRE. 588
IVnprrs cet aperçu, l'armée antricliienne, en Allemagne, est
composée de :ir> réfrimenls d'infanterie et 15 régiments de cava-
lerie.
Les régiments d'infanterie ne sont pas de force égale, et
aucun n'est au complet ; il y en a qui, d'après la nouvelle orga-
nisation, sont déjà formés sur .*> bataillons, mais la majeure
partie n'est <|ue de i bataillons ; quelques-uns ne sont même
que de .'{ ; ce (pii fait iju'on ne peut guère évaluer reffectif de
clia<|ue réu'iment, l'un dans l'autre, à plus de !^,80(). En suivant
ce calcul, l'infanterie se monterait à 70,()00 hommes.
Les régiments de cavalerie ne sont également pas au complet.
On ne peut guère estimer à plus de 7(N) hommes les régiments
de cuirassiers, à plus de 8<N) hommes ceux de dragons, et à plus
de ICMN) ceux de hussards et ulilans. Ce qui donnerait pour la
cavalerie 1:2, i(K) hommes.
On ne connaît pas le nombre des compagnies de canonniers,
bombardiers, sapeurs, pionniers, etc., qui sont à Tannée. On
suppose que l'artillerie et le génie peuvent aller à 4,000 hommes.
Ce qui donnerait le total suivant pour toute Tarmée :
Inf.intrrir 70,000 hommes.
C^iviihiif 12,500 —
Artiiit-rit; i*l ^t'iiir 4,000 —
Total 86,800 hommes.
L'année autrichienne en Souabc peut être renforcée à volonté
par 1.*i,(NN) hommes du Tyrol, suivant que les cireonstanees
l'exigeront. Les 8 régiments de ligne qui sont dans le Tyrol
peuvent se porter moitié en Italie et moitié en .XUemagne; le
corps des chasseurs tyroliens est également disponible. Ces
troupes ne sont pas nécessaires à la défense d*un pays dont toas
les passages sont fortifiés, dont tous les habitants sont inscrits
sur les registres de la milice, composée de 3 eorpi d*élite,
qu'on é\ahie de .'{O.tNN) a it^lNM) hommes, indépendamment
desquels il existe déjà \ ré^riments de miliciens, formés depuis
près de deux innjs sur le pied de Tinfanterie de ligne, chacun
de ti ciMiipaLMiieN.
On ;issnn> qu'un Unui*- dans ce moment, » Pilsen en Bohème,
une aiMM'f de n-^nvi- distinée â renforcer Tannée d*Allemagne,
584 CHAPITRE VI.
en cas de besoin. Cette armée sera composée de bataUloDS et
d'escadrons de réserve.
Ordre du jour.
Augsburg, lo 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805).
La solde sera payée à Tarmée jiis(|irau l*"" brumaire.
A dater du l*^"" brumaire, la solde du corps d'armée de M. le
maréchal Bernadotle sera payée par la caisse de la Grande
Armée.
La solde du corps d'armée de M. le général Marmont conti-
nuera à cire payée par la Batavic.
Tous les déserteurs de l'armée ennemie seront dirigés sur
Piiilippsburg par Spire, où ils seront incorporés dans le régiment
de Latour-d'Auvergue : (m les adressera au commandant de la
place, (|ui prendra, à cet égarcL les ordres du maréchal KcUer-
luann.
L'Kmpereur esi instruit <|ue les postes d'Allemagne sont
désorganisées parce (|u'()n se permet de prendre de force des
chevaux que l'on ne renvoie pas. 11 en résulte que les officiers
délai-major et les courriers de Thlmpereur ne peuvent voyager,
et (jue les affaires de l'Etat se Ircuneiit compromises parce que
les ordres de la plus haute iin|>ortance ne peuvent parvenir.
11 est ordonné à MM. les maréchaux et généraux commandant
en chef de faire renvoyer tous les chevaux de postes qui pour-
raient être à la suite de leurs corps d'armée.
A mesure (pi'ils se porteront en avant, ils devront donner des
sauveganles aux maîtres de postes pour garantir le semée dont
ils sont chargés. Sa Majesté considère comme ime faute capi-
tale renlèvement des chevaux de postes, ou leur emploi en
c(mlravention du règlement sur le service des postes.
Andréossy.
11 OCTOBRE. 585
Le maréchal Berthier au général (PHautfiouL
Augsborg. lo 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805),
h 7 heares du matin.
Il est ordonné an général d'Hautpoul de partir sur-le-champ,
pour se rendre à mi-chemin dWugshurg à Dachau.
Il préviendra de sa position le général Marmont, qui sera à
Augshur^, et le maréchal Davout, qui se rend d'Aichach à
Dachau.
Le ;;énéral dllautpoul est prévenu que, s'il avait des ordres
de M. le maréchal Davout, il devrait les exécuter et m'en prévenir
sur-le-champ.
Maréchal Berthieb.
L'Empereur au maréchal Davout
V^uarti<»r impi'rial. à Augiburg, le 19 Tcndémiaire an xvr
(II octobre 1K05;, à 'A heorcs après-midi.
M<m Cousin, j'ai reçu votre lettre. Je vois avec plaisir que ce
n>st pas p<Mir priver la division .Nansouty de son artillerie que
\ous ave/. ord(mné <|u>lle vint à votre quartier général. Cette
divisi<»n vient anjourdhui à .\ugshurg, où il faut diriger cette
artillerie. Le paierai licrnadotte a du ctrc aujourd'hui, à midi,
à Miinirh; le inarcchal Soult à Landsherg. Veillez à ce que les
rlie\aii\ restent aux postes. Mette/.-y mcmc un petit paquet de
cavalerie, pour (]ue les communications avec Munich soient
très rapides. Je suis ini|uict du peu d^artilleric et du peu de car-
touches (|ue vous axe/. Knvoyez-moi ce soir Tétat de situation
des ennemis et le nom <!<> leurs régiments qui ont été plusieurs
jours entre .\ichach et Daeliau. A}e/ des postes de cax'alerie au
xilla^e de Hrnck, sur Landsherg, et sur Tautrc chemin d'Augs-
hurL' a Muiiieh. Faites faire du pain partout pour vos troupes,
auxquelles je >ondrais hien laisser un jour de repos, mais les
moments sont pressants, il faut prendre de bonnes positions.
l/armée du prince Ferdinand est entièrement tournée. Le prince
.Murât le poursuit axec les divisions des généraux Lannes
et .Ne).
NapoUon (I).
(I) Correspnndanre //*; N'ipoirnn, n»9367.
586 CHAPITRE VI.
Le maréchal Berthier au maréchal Davout.
Augsburfç, le li) vendémiaire anxiv (Il octobre 1805),
à 7 heures du matin.
Ordre au maréchal Davout de se porter à Dachau, où il est
nécessaire que son avant-garde arrive aujourd'hui; que tout
porte à croire qu'il n'y a pas dVnnemis; s'il y en a, il faut les
attaquer demain. Si tout son corps ne peut arriver aujourdlini
à Dachau, il le placera au moins à la croisée des chemins de
Dachau à Aichach et de Dachau à Augshurg, vers Sulzemoos.
Dans tous les cas, M. le maréchal Davout laissera h cette
croisée de chemins une division, à moins qu'elle ne lui soit néces-
saire pour attaquer reniiemi. 11 dirigera de fortes patrouilles
sur les chemins do Landsherg et de Munich et sur celui de
Landsberg à Munich, vers le village de Germcring, à trois lieues
de Munich.
M. le maréchal Davout est prévenu que M. le maréchal Ber-
nadotte marche sur Munich avec toute son armée, que M. le
maréchal Soult est à Landsberg et que le général Marmont est à
Augsburg. Il est également prévenu (|ue la division de grosse
cavalerie du général d'IIaulpoul, prend position à mi-chemin
dWugshurg à Dachau, (|u'il peut se servir de cette division sui-
vant les circonstances, mais qu'il ne peut et ne doit rien
changer à son organisation.
.le préviens M. le maréchal Davout, (pi'il peut envoyer à
Augshurg, au général Andréossy, les prisonniers ou déserteurs
(ju'il |)eul avoir.
Maréchal Berthibk.
Ordre de marche du 19 vendémiaire an XIV {11 octobre 1805),
1/avant-garde aux ordres du général lleudelet se portera sur
Dachau, en chassera l'ennemi et prencha position sur la rive
gauche de l'Amper, aura des avant-postes une lieue en avant ot
enverra de fortes patrouilles sur le village de Germering, à trois
lieues (W Munich, sur In route.
Les If" et ±'- divisions sc^ pculeront en avant crOber-Hoth, sur
la rive gauche du ruisseau de ce nom, et prendront position : la
I""'- division à droite de la roule d(* Munich, et la "1*' à la gauche.
11 OCTOBRE. 587
Lfi l"* <ii>isinii rlahlira un bataillon sur sa droite, h Palsweis,
i»t la 2** (li>iNion sur sa jraiiclu», a Fraiicnhofon.
La .'{<' <ii>isinn ainsi ()iic le parc de réser>'e prendront position
snr Ir <ilon.
La l""'- <li\isi()ii onvorra île tories patrouilles sur la roule de
LaiMlsheri:.
La ea>alerie Ictrèn- suivra le ni<Mivenicnt de l'axant-^arde et
sera aux ordres du général Ileudelet.
Les ::i iiéraux de divisicui eux erront de suite leurs chefs d*6tat-
niajiir n'ennuaiire la position <|ue les troupes â leurs ordres doi-
\ent «M'euper.
1.4' <|n;irtiiT i;riirral sera élahli :i Ober-Uoth.
Les snus-orficiers des rr«:iuients, <|ui ont dfi venir chercher le
pain pnur les ei»rps, le l'erout suivre.
Lr G'-nrinl^ rhrfdt* i'rlat'mujor général,
iA . a.'. DAULTANIfl.
Le maréchal Davout au général de brigade Heudelet.
Airh.-irh, 1<^ 11) vcndt-miairo an xiv (11 r)(toltrG 18<iri)
<ir lierai,
.II* xiiiis pn-NJens «pir je \ieiis de vous contier le conunan-
d<-ui<-n( lie r.ix.'iut-L'.'inle du .*{'' corps d*arnu''e, C(»uiposéc des:
l.'{' n-::inirijt ilinrautcrii' It'irêre,
\i\H' rrjiuii'ht d'inlaut<'rie de li^ne,
;î pures «!»• L
1'' «'I {!'• rii:iiiirijts (le chasseurs â cheval.
Le Lifiii r.il l.ppliT rvt attache a celte avant-^arde souh vos
urdres : I adiudanl-rnoiinandant Mares est attaché aussi à votre
a>ant*::.-inl< . .«liisi «pu* ladptiut /adêra, Padjudanl du fcénie
Thrinlli<r i-t 1«-^ nUirnis d «i.it uiajnr <lè(achcs mainienHni avec
\v 'J.r\\t'll\\ I!|ip|r|
{.(•rsiph* Li cniiif iir liL'rn>. aux nnlren du général Vialaiines,
srr.i iiitririir<li,iiii .i \n|ir ,i\;iiit iianlc el au Corps d'nrniéc*, elle
ser.i ;i \«»n nnjris
388 CHAPITRE VI.
Vous établirez votre avant-garde en arrière du Glon, vos
avant-postes seront à Ober-Roth, à l'embriinciienient des routes
de Munich, et occuperont le pont surla Uoth. Vous ferez replier,
cette nuit, tous les postes que les Autrichiens pourraient avoir
entre vous et TAniper ; vous occuperez Dachau et le pont qui
est sur cette rivière.
Vous communiai uerez par des partis avec les troupes de
M. le maréchal Hernadotte, dont Tavant-garde était à PfafFen-
hofen ; vous vous tiendrez toujours en communication avec ce
corps d'armée. Vos communications ne seront (|ue verbales et
roificier devra vous donner connaissance du 2« corps d'armée,
ainsi (jue des nouvelles de Tennemi que vous aurez.
L'armée autrichienne, par les savantes combinaisons de notre
souverain, a été surprise avant sa réunion. Aucun plan de
campagne n'existe ; le moral des trou]»es et des officiers est
singulièrement attatpié ; il faut, par des attaifues et des fausses
alertes de nuit, fatiguer ces troupes. 11 n'y a pas de meilleurs
moyens pour maintenir la désertion elles découragements.
Vous enverrez des partis du coté de Friedberg et l^amlsberg
pour faire en sorte de cojnmuniquer et d'avoir des nouvelles du
corps d'armée du maréchal Soult qui doit occuper cette position.
Vous chargerez particulièrement l'officier du génie Prévôt
(les reconnaissances des routes elchenjinsde traverse <|ui seront
sur votre front et vos lianes. 11 adressera les rapports au chef
de Tétal-major général.
établissez ttmjours, entre le quartier général et vous, des
postes de correspimdance (jui ne devront porter que vos
dépêches, les miennes et celles de Tétat-major. Vous ferez
connaître les points où \n\\s établirez ces postes.
.le vous invite à vous occuper des subsistances de Tarmée,
surtout sous le ra{)port du pain : vous c<mnaissez trop notre
position embarrassanle pour ne pas faire mettre à exécution les
différentes rétiuisitions (jue l'ordonnateur enverra au commis-
saire Chanteau. Je vous invile même à ne pas attendre ses
ré(|uisitions pour agir.
V<Mis enverre/ sans perdre de tenjps tous les prisonniers et
déserteurs au (juarlier général où il } a un bureau organisé
pour leur interrogatoire.
Le corps ennemi (|ue vous avez vis-à-vis de vous est com-
11 OCTOBRE. S89
mandé par le général Kicnmayer ; il a sous ses ordres les géné-
raux Sioukenesky v.i Pilalo. Les régiments de :
iiyulay 1 ,800 hommes.
CoUorédo 1 ,gOO —
DeutschmeisttT 2,000 —
WurtrmluTp (pivn.uiii'rs) 500 —
<;r;i.listan<T 1 ,800 -
BrooiliT 1 ,800 —
IVtiTwaniriiHT 1,800 —
(^uirassin-s ilo Fordiiiaml 800 —
— do Nassau 800 —
riilaiis (le SchwarzonlMT^ 1 ,000 —
Hiiss^inls ilr Li<M'hteïist«'in i ,000 —
Blaiiki-iisl.'iii 1 ,600 —
TuTAi 15,900 hommes.
11 parait, d'après les rapports des es|)ions, déserteurs et pri-
s<»nniers que le général Kicnmayer occupera les hauteurs de
Urcishcrg, en avant de Munich ; il n'est point vraisemblable
qu'avec 1rs mouvements du maréchal Hemadotte, il puisse
occuper <-ette position très longtemps; vous ferez reconnaître
quels seraient, dans tous les cas, les points par où Ton pourrait
attaquer avec avantage cette position.
Il y a une espèce d'hommes dont vous pouvez vous ser\*ir
avec a\antage dans ce pa>s, ce sont ceux employés à la conser-
vation (h's hois ; ils out des chers qui <»nt tous les plans des
Toréts : ils sont, en général, attachés à leur souverain ; ce
seraient d'excrllents guides dans les hois |»our conduire les
détaclK'uients destinés à inquiéter l'ennemi.
In hataillon du 17*' a été envoyé hier a PfaflTenhofen ; si le
général Kppler lui a\ait Tait faire un autre mouvement, vous le
feriez placer dans cette position, en prévenant le général Bisson,
boUN les «»rdres de qui il est.
Davout.
890 CHAPITRE VI.
Le général Daultanne au général Gudin,
Au quartier général, h Aichach. le 19 vend<>niiairo an xiv
(11 octobre 1805).
Mon cher Oénoral,
M. le niaréclial désiro <|uo vous lui tassiez connaître quel
a pu rtn* \v produit dos iTi(uisilions de pain, <|uc vous avez
laites pour le eompte de \otre division, et (jucls villajçes vous
les ont fournies, afin d'éviter que les réquisitions ne se croisent
et qu'il puisse savoir ee qui ])eut être dil en pain à clia<|ue corps.
M. le niaréehal se pnqxjse de faire faire encore îiiijourd'hui
auv troupes une distribution de pain et dVau de-vie, sans pou-
voir absolument déterminer si la distribution de pain sera com-
plète. Veuille/ bien ordonner qu'un sous-ofdeier et quelques
liommes de corvée par réj::inient soient envoyés sur-le-champ à
Aichach pour recevoir le produit de ces distributions.
Vous êtes invité à faire rapporter [)ar ces sous-ofticiers et
lumimes de corvée au commissaire ordonnateur les tonneaux
((ui ont servi à transporter rcau-de-\ie lors des dernières distri-
butions, ces vaisseaux éteint indispensables p(nir faire de nou-
veaux envois.
M. le maréchal est instruit, mon (îénéral, que pendant qu'il
est entièrement occupé du soin de procurer des subsistances à
rarmée, des militaires se répandent dans des moulins pour y
enlever de la farine et maltraiter les meuniers, qui finiraient
bientôt par abandonner leurs moulins. M. le maréchal vous
invile, mon tiénéral. à envo\er dans les moulins (|ui sont le
plus à portée de vt)tre di\isi<m, des sau\et:ardes de trois ou
quatre hommes dont un sous-of(icier ou caporal. Iles sauve-
irardes auront pour eonsiirne de ne permettre lentréc des
moulins à aucuns militaires (|ui ne peuvent y avoir aucun
besoin, de veiller à ee (|ue les moulins aillent continuellement
et à ee <jue les farines soient euAoxées (idèlement et pronip-
tement à Aiehaeh : pour cet etlet, un soldat devra toujours
aeeompairner les voiluro de farine Juscprà .Viehaeh et tenir la
main a ee que les mêmes >oitures rapportent du jrrain aux
iinMilins à leur rentrée. M. le maréchal vtms in>itc à donner,
ilans votre division, un ordre très sévère contre le maraudage
11 OCTOBRE. 691
t't .1 itiuiuncci- ;t M»> troupt's <|ii(' si elles nnitiniUMit à se |)ortcr
iiiix nirmc's <»\(M's. il st» \orra cnntrnint «lo l'aire des rxciuples
lV;i|»|«;mls. Li's lrMU|M's (lt)i\('nt rtn- cniixaiiinios (railleurs <|iie,
par niir irM»nulnil«' sniitemie, l'ilos sf pri>eraient de toutes les
ri'ssniirri's (h) pas s.
Il a «'(('' rendu coniplc a M. Ir niarrclial «pia la positinii <le la
I'" «liNisinu, il a été ilrmuxt-rt un petit dépôt de sel appaiienant
a reruH'ini : une disfrihutitui en a elé faite a la \^^ dixision. Pour
vu taire une distrihutinn aux autres divisions, \(»us êtes invité,
mon «irnéral, a nous eoncerler a\ee le ^'énéral Hisson, afin de
\ous proeurer le plus proniptruient ee seeours.
.l'ai riHMUieur d«' nous saluer.
{.\. fi.' DVULTANNE.
.'V <:«)kl»S h'.MîMftK.
Journée du 19 vendémiaire {11 octobre 1805).
Uiiirti'r ifrurnil : < H mm- I tôt h.
.t V'ttif iinrd' : harjiau.
f.a\aiit -artli'. aui:rn«'nl«*e du H^S^'réjri nient d'inTanterie el de
tontr la eaxalfri*' l«"t;rre. passe sous les ordres du frénêrni de
hrii:ad<' lleud«'let.
//i/'/w/i'/ //• ; <irnrral llppler.
Se piirli" sur haehau. |j* I.'K d'inlanterie léjrére à une lieuc
en axant sur la mule i\r Munich : W KM' â Dneliau.
f'iiiitlr,i,- : «Miirral Nialannes.
>uil II- ninuvriueni di* rinl'anti'rie. (n parti de eaxaleric
iliai-i- Ifs IniNsartls di* Kaiser, rn axant de haeliau, en tue deu\
i»u liMjs, rt lail une di/aine dt> prisonniers.
é "' ilntMtiti : La !■' division dexait prendre pusition en
axanl d nhcr iî<dh. mais la dil'lieultê des elieniins rt le temps
altifux ipi il tairait . I cmpt'eiM'reiit d'arrixer.
I.lle liiMiuaipia tn ndoiint-. sur la route et dans les huis à
drtiiti* rt a ::aih'li<' «n ai ritrc d ( )lM'r-Uotli.
J* ifiÊ isiiiii : l!rd\v «'l:.
|-!ri tMlniiiM' NUI la iiMilr. a la ipieue de la 1'** divinion.
!.*• filmi itait pn s lic la |rte de la eoltuine et séparait la
1 '' di\is|iin d(* la si-eitiidr.
592 CHAPITRE VI.
,'i^- division : Inchcnborcii.
La .*]« division garde toujours sa position d'inchcnhofen.
Pa7'c de réserve : Ueste près de la 3»^ division.
i\otes lopographiquvs et militaires. — La position sur la rive
«gauche de rAnmior est bonne. Elle commande beaucoup la rive
droite (|ui est une plaine 1res unie et marécageuse. La droite de,
cette position s'appuie bien au\ montagnes et à TAniper-Séc ;
mais sa gaucbe est un peu en Tair et peut être facilement tour-
née, ce nesl ([u'une bonne position de bivouac; au reste, d'après
le système de guerre actuel, on ne peut guère en trouver d'autres
et ce n'est qu'en marcbant toujours que l'on doit attaquer et
dé Tendre un pays.
Le maréchal Davout au maréchal Berthier.
nber-Rdth, lo 11» vcndéini.iirf au xiv(ll octobre 1805).
Monsieur le Maréchal,
J'ai riionneur de rentire compte à Votre Excellence, que son
ordre, daté du \\) [Il octobre) à ti lioures du matin, ne m'est
parvenu (|u'à midi et demi et (|ue de suite ses dispositions ont
été mises à exécution.
L'avant-ganle «pii était sur le (lion et (|ui avait ses avant-
postes à Ober-Hotb, à rembrancbement des routes de Dachau
à Augsburg et à Aicbacli, s'est portée à Dachau qu'elle a occupé,
ainsi que tous les points de communication qui existent sur
l'Amper; elle a poussé ses avant-postes à près de deux lieues
sur la route de Munich.
L'ennemi avait évacué Dachau, on n'y a trouvé cfue quel(|ue$
uhlans escortant une voiture.
D'après les renseignements pris à Dachau il paraît que Ten-
nemi tient position en arrière de Munich et a encore un gros
corps en avant sur .Nymphenburg et à cette hauteur. On estime
à -it»,(MMJ hommes le corps d'armée (jue commande le général
Kienmayer sous Munich.
En se portant en avant de Dachau, les avant-postes de l'avant-
garde ont poussé l'eunemi et en ont tué plusieurs; (»ii a fait
4|uel(|ues prisonnierîs.
11 OCTOBRE. 593
Dans la journée d'hier, les avant-postes do l*avant-gardc, en
venant occuper ()l)er-Uoth, ont eu un petit engagement avec
les ulilans de Mencldl.
Un dt'tacliement du :i« régiment de chasseurs à cheval a
soutenu une charge ; 7 à H uhians ont été blessés, un officier et
un uhian ont été Tnils prisonniers; nous n*avons eu dans cet
engagement, ni lue, ni blessé.
Les doux premières divisions de ce corps d'armée se sont
portées aujourdluii en avant d*()ber-Uoth sur la rive gauche du
ruisseau de ce nom et ont pris position à droite et à gauche de
la route de Mimich.
La li^ division et le parc de réser\e ont pris position sur le
lîlon.
La cavalerie légère aux ordres du général Vialannes a suivi
le mouvement de Tavant-garde sur Dachau.
Demain '10 {J ? septembre), je ferai porter Tavant-garde avec
la brigade de cavalerie à Moosach ; elle enverra à Germering, sur
la route de Munich â Landsberg, de forts détachements d*infan-
lerie et de cavalerie pour occuper et défendre les communica-
tions contre tout ce qui pourrait se présenter venant du côté de
Munich ou de Landsberg.
Les deux premières divisions prendront position sur la rive
gauche de l'Ampcr, occupant par de forts détachements tous les
ponts (le communication qui existent sur cette rivière et parti-
culièrement celui «le KnrstenfehI.
La :!'* division sera chargée de ptMisser des |mrtis sur la route
de l^fatVenhoft^n p(»ur aller a la rencontre et reconnaître les
troupCN (lu maréchal Bcrnadolte.
La .'i'' dixision prendra |)osition a Ober-Uoth et fera occuper
par un bataillon le xillage de Wiedenzhausen.
Je me propose d'rtablir mon quartier général à Dachau.
J\'ii l'honneur de reprêNenter â Votre Kxcellence qu*il devient
d'une nécessité impérieuse de prendre promptement des mesures
extra«irdinaires pour mettre un frein au maraudage et au pillage
qui sont portés au dernier excès; les habitants de ce pays
observent avec la plus xixe douleur qu*â répo4|ue où leur prince
était en guerre axec la France, ils ne furent jamais aussi mal
traités qu'au moment ou leurs enfants et leurs parents font cause
commune avec mms contre les Autrichiens.
m. M
894 CHAPITRE VI.
J'ai l'honneur de prier Votre ËxceUence, de solliciter de
Sa Majesté, l'autorisation de faire fusilier quelques pillards ;
ces exemples terribles sont nécessaires pour arrêter le mal qui
va toujours croissant.
Pour me conformer aux instructions de Votre Excellence, je
ne crois pas devoir entrer demain à Munich, puisque c'est le
maréchal Bernadotte qui doit Toccuper.
Dayout.
Il paraît (jue le corps du général Kienmayer a reçu quelques
troupes <)ui se sont échappées par Landsberg ; cette nuit nous
aurons de forts postes sur cette route.
Les postes de jrauche de notre avant-garde sont liés avec
ceux du maréchal Bernadotte.
Journal de marche de la division Friant
I)<i Kling^en à Krdweg, le 19 vcndémiairo an xiv (11 octobre 1805).
A i heures du soir, les l^e et 2« divisions partent par un
temps affreux a\oc ordre de s'établir en avant d'Ober-Roth, à
cheval sur la route de Munich, en ayant la Hoth, gros ruisseau,
sur son front; cette position était militaire, mais le temps fut si
mauvais (pie nous ne pûmes arriver et les deux divisions durent
l)ivoua(|uer en colonne sur la route et dans les bois à droite et à
gauclie; nous étions un peu couverts par le Glon. Le général
Friant établit son quartier général dans une grosse ferme; celui
du maréchal élail à Ohcr-Koth.
Le chemin monte et est assez mauvais en quittant Klmgen ;
les montagnes sont assez fortes et boisées jusqu'à Wollemos,
gros village sur un plateau à noire gauche et à (pielque distance
du chemin; plusieurs chemins vicinaux assez bons partent de
la route et conduisent à Wollemos, Sielenbach, Pfaiïenhofen,
ifamclsbcrg. Ce dernier village est sur une hauteur au pied de
laquelle passe la route assez plane depuis vis-à-vis PfafTea-
hofen; ruisseau à droite et près la route 30() mètres plus loin
((u'iianiclsherg; cette route, devenue meilleure, se continue
dans un vallon, traverse Zeitlbach, gros village partagé en
deux par une grande tiaque, qui reçoit le ruisseau dont nous
M OCTOBRE. 595
venons di» parler, traverse Unler-Zeitlbach, Klein-Berghofen,
«|ui sont aussi dans ee même >anon; elle a clone peu de montées,
peu de descentes avant d'arri\er à Krdwe^, village dans un fond
cl sur la droite du tJlon, petite rivière de S à 10 métrés de lar-
jreur, assez ra|)ide et peu profonde et dont le lit est pierreux
3' COnPS I>K LA GRANDE AKMÉK DU RHIN.
Ordre de marche du 20 vendémiaire (12 octobre 1805),
Demain 20. a 8 licurrs du malin, ra\ant-f;ardc, suivie de la
hriiraded(» eaxalerieijn j:rn«''ral Vialannes. se portera à Moosach,
rouir dr Munich, et enverra i\ (iermerinj:, sur la route de
Munich a Landsheri:, un dctaehement do ïNM) chenaux, et
itNt hommes d'infanterie a Pasinir pour en défendre le pont
contre tout ce qui |>oun-nit se |)résenter venant de Munich ou
de l.andsjjeri:.
L'axant- Lrardc apportera sa plus irrande attention à la route
lie Munich a Lan<lsher^^ de manière a Tinterceider et à couper
<*e passade a l'ennemi <)ui >oudrait séehapper «le Landshcr^ ;
dans le cas ou ces postes seraient alla(|ués, le f^énéral comman-
dant l'axant-LMnh» les fera soutenir a\ee la plus grande opi-
niiUreté.
Les deux premières di\isions prendront position sur la rive
;:aucli(> de l'Amper. La 1"^ dixisjnu sera établie sur les hauteurs
en arrière de hachau. la L'auelie appii)ée a la grande route de
Muni«'h et la droite n«> proloriireant vers Kstin^ iprdle fera
occuper: elle «d»ser\era tous les ponts ipii existent sur TAmper
et particulièrement ctlui (h* l'urslenfehlhniek où elle aura un
détachement de -HH) hommes d'infanterie et Ht chevaux.
La '1'' diMsioii prendra position sur les hauteurs en arrière do
Dachaii. la dr<»ite appnvee a la ^^ande mute de Munich; elle
fera (»ceu fier les ponts ipii peuvent se trouver Hur TAmper
lusipi'a celui de Mocliini: i \m(ier-Moeliin^).
Le irènéral I- riant en \ erra quelques partis sur la route de
l*falteiihoteii ji Munich pour avoir connaissance de la marche
des troupes de M. le maréchal iSernadotte.
La iC division prendra posilimi a Oher-ltuth, sa droite dans
596 CHAPITRE VI.
les bois eu arrière du village et fera occuper par un bataillon
le village de Wiedeuzhausen, sur la route de Friedberg, et
poussera des reconnaissances sur la même roule pour commu-
ni(]uer avec la division de cavalerie aux ordres du général
d'ilaulpoul
Les parcs seront placés en arrière de sa division. Le quartier
général du corps d'armée sera à Dacliau.
Le Général, chef de V état-major général^
Daultanne.
Le maréchal Bernadotte à rEmpereur.
Iloimhauscn, le 10 vondi'miairo an xiv (11 octobre 1805),
à 11 h. 30 du soir.
Sire,
Je viens de recevoir la lettre que Votre Majesté m'a fait
riionnenr de m'écrire.
J'ai élai)li aiijourdliui mon avant-garde à Ralteberberg ; elle
est chargée de pousser des reconnaissances le plus près possible
de Munich : je suis avec le corps de l)ataille sur les hauteurs de
Maisteig et llcimhausen.
J'ai rendu compte déjà au major général de l'armée, des
motifs qui m'a> aient empêché d'arriver à Munich ; les pluies
continuelles et abondantes Je peu de ressources que nous avons
pour les subsistances, et par-dessus tout l'impuissance où sont
les na>arois di* se mouvoir avec autant de célérité (pie nous, sont
causes (pic je n'ai pas été aujourd'hui à temps de combattre
rcnncmi et (rentrer dans Munich. Jus(|u'à présent, tous les
rîip|M)rts s'accordent à dire (pi'il \eut en disputer Tcntrce et
qu'il a là au m(»ins d!0,(M)0 hommes.
Je marcherai à rennemi demain, à (» heures du matin et,
quoi(pic je n'aie (|ue 11,000 l'rancais et i{{\v l'armée bavaroise
soit un |)cu décousue, j'espère les l'orcer dans leurs positions.
J'ai (h'jà l'ail partir des détacbemenls sur Freising ; j'ai
or(h)nné qu'on (M)upe le |)ont sur l'isar ; je vais envoyer de
iiou\ elles reconnaissances sur ce p(ûnt, et si l'ennemi venait
à \ manœuvrer je m'y porterais de suite.
11 OCTOBRE. 697
Dans les instructions que j'ai laissées au général Rivaud, je
lui ai prescrit de Taire faire, sans perdre un seul instant, une
tête de pont à In^olstadt et de mettre cette place à Tabri d'un
coup de ninin ; il a avec lui un ofTicier du génie. Je pense que
si Ton pouvait disposer de «)(K),(K)() à i4Nt,()00 francs pour le
rétablissement des ouvrages, il ne serait pas difficile de faire de
cette pince un poste militaire avantageux. Cependant, Sire, les
officiers du génie ne sont pas de mon avis.
Le nombre des troupes françaises diminue chaque jour par
les malades ; je supplie Votre Majesté de me permettre de
rappeler le .">{<' régiment que j'ai laissé à Ingoistadt; j'en ai
d autant plus besoin que la première colonne russe doit arriver
demain ou après à Munich ; cette nouvelle est confirmée par le
rapp(»rt d'un officier de Collorcdo, qui a été fait prisonnier ce
s<»ir, avec VA) hommes et 10 chevaux. Les équipages du lieu-
tenant général Werneck ont aussi été pris.
J'ai l'honneur
BlRNADOTTB.
Le maréchal Bernadotte au maréchal Berthier,
Heimhausen, le 19 vendémiaire an xiv (11 octobre 1805),
à 11 b. 30<luioir.
Mcmsieur le Maréchal,
Tous les avis <iue je rerois de tous cotés, et particulièrement
de Katisbonne, s'acconlent à annoncer que la première colonne
russe d(»it arriver à Munich demain ou après; cette nouvelle
m'a été confirmée aujourd'hui par un officier du régiment de
Collorcdo (|ue ncuis avons fait prisonnier.
J'ai l'honneur, etc.
BiKHADOTTE.
Journal du corps bavarola.
19 vendrminire { 1 1 octobre). — Toute ravant-garde marcha
avant la pointe du jour par Kuterbuck, passa TAmper el
occupa en ordre de bataille les hauteurs de lleimhaufien el
colles de la maison dite - t'.haussée-llaus », pour y attendre
5J8 CHAPTTRE VI.
r;irri\ro «li» l'arnirr. C.p nir-nitvjniii, le lioiitt'narit ^nn-nd I^ff-;»
\iiil ;i l'ntrrbiick t*( lo iii.'ircrlial â liriniliniiNCii.
J *f rntvl' miiiiï'i' i H th'tnbr*' . -- L'avanl-janle n'.ix.til j««i'.l'
aucun iv|niN «Iciniis lri»is jours, pendant Ifsipii'N ••II»* n^^ r»»* «lî
aiitro c'h<»NO (lu'iine (Icnii-|M>rtinn de pain, (lepi'nilant. %an« .noir
l'ii le temps ih' faire la soupe, il fallut suivre I nrilr» l-i M-ir-
elial. «'t partira midi pour Kaltclierheru' : t>n dt'xait .itt.i>pKr
renru'mi l't . «iapris la di'^pnsition antt'rieure. le rli.i-H#'r -î-
Munieh.
Le lieuli'uaiit ui'Uiral hamn df Wnde a^ama sur K.dl» 'i» r
heri:. a[»ri's a\i»ir pnussr tie fnrls [larlis mm ilela d»' ^.•lilr!*h»'ii:i
atin de eouxrir I- tlan«' uaui'lie «pii paraisv;nt fortfiiit'nt iii<»n.if''
\M «pie haclian élait fm-nre nn-iipi' par l'cnni-riii i »h rtM*siî
parfaiteiiieiil a sur[>ri*iidn' reriniiiii a KaH»diiTl»T;.-. t .it:»ri»T •■!
'M\ ln'iiiiihs furtiit fails pris-tntiit-rs. |.r lii'utt'naiit d«- llfrliin.
du il' ri'L:iiinlil di- 4lir\au-li':^ers. prit a Srldi*îs|ii"irn I nhi.in "'>
*i hiiNsanls. I.r licutrnant Spil/i*l. ilu i*"^ n-L'iment d«* clit-x.ii
l,.-i|s, dilarlii- le Iniii; di- la ri\r ilrmli' i\f r\riip»'f \ir* Ili- lu *
pniii iriipiii tfi Irniifiiii. surprit un piipift île Ihih^k N •!'
I.h'i-hti'iislriii 1-1 ru lit prisoiMiMMs | raporal et \ liti|iiiiii<»
l.r liiMil.'ii.iiil ui-rirral rtait sur Ir pniiil d»' si- nndlri- vu ui-mj-
\i-iii'-ul \<'|N Miinirh, jnrsipi MM aide de ramp «lu ui.trx-^i.
;ippiirt.i iiiiilii-d<- Nii^prinln- l.i Miarelie de I a\aiit -..ir-l' . il'i*
Mt'lli' .Hi Ihvmimi- \iN.,|.\jN >ildeisheim, de liarerli r l riiiiri.,.
aul.iid «pii- pi'ssilili- .1 de parln If «M \riideMiiairr, , .' ■ 'vôT'
Irhili Mi.Mii .1 <• htiiiiN prreiNt's ihi matin pour alItT sur MMii:**!:
'■'.. ' ■ I ■ ■. .V..: . iir- T. \j\ i ! 1 . t ' -« 1 •
M"ii^«iL:iM'ur.
.1 I i!.|.i • i!i .Il iiiàdn* innipli' a Vidre Kxeidlfiiir. .pi hi^f
i>t!> |>.ii M !• rn.iirriial Heriiadotte df r'-<«t^r )
'.- '-! -M .!\' ' lir.. .|i\iN|i.i, •-.imposée de iJMM» lfia\.iroi%. d'-r.l
l'i • \ i; I' ■ 1^ I I h' .11 II :.inMnl iriiifanterio frain-ai**», f..'t
:■ ■ _iiiiiijl li.i\.ii.iis ^ur les liord«k i|r I liin. .i««s-
11 OCTOBRE. S99
onln» <lo sr tiardor v\ srclairor on avant depuis P(nffenhofen,
jiisiprà rtMiiltoiicliiirc (1<> rinn. .rai rlahli un hninillon léger
ha>arois depuis Vnhhuri; Jusqu'à Pennin^; ( li<")liming\ sur
l'Altnudil, la li*:ne passant par Saint-l.orenz. J'ai fait />galemcnt
partir cette nuit un Italaillon Jéirer l)avan)is |M)ur se rendre sur
le pnnt de Lech devant Ha in, avec ordre de sVclaircr sur sa
droite.
On m'avait donné quelques în(|uiétudes sur le grand parc
d'artillerie du l'^^eorps «l'armée qui devait arriver, hier soir, à
l'!ielist:idt. .l'ai t'ait partir p(»ur Nassenfels un détachement de
eavalerie, mais il a battu les environs sans rencontrer l'ennemi.
J'ai fait aussi sortir d'inirolstadt cinq c(Mupagnies du r>i« régi-
ment p(»ur aller au-devant du parc qui doit arriver ce soir ou
demain a Ingnistadt.
Des petits partis de ea\alerie ont parcouru hier les deux rives
du Danuhe. depuis Ingtdstadt Jus(|u à kelheim. D'autres partis
lUit reuMUilé rMlmiilil jusqu'à Dietfurt ; aucun n'a tn»uvé
rennemi, et n'a pas appris qu'il y en eut dans ces contrées.
J'ai appris seidement |»ar mes intelligences <ju*un régiment
autrichien de quatre bataillons avait voulu passer de la rive
uaucbe a la droite du Danube par ltatisl»onne, mais le passage
lui a>ant été rei'usr. ce régiment a descendu le Danube et l'a
passé a Dnnaustaul': ,|'en\i»ic des partis et des hommes aflidés
\ers le llaut-Palatinat : on m'assure qu'il y a quelques détache-
ments autrichiens ; des que j'en aurai des nouvelles, j'aurai
rhnnneiir de les transmettre a Votre Excellence.
J'apprends que les Musses ont dû arriver hier 10 octobre,
a Kied en Autriche, qu'ils dcuvent entrer aujourd*hui sur la
l(a\it re. et «pi'il a été commandé I.MN) voitures pour tran^
porter la première «olonue forte de ir*»,IMM» hommes; on assure
qu il > a einf| eoinnues et que le tout forme en\iron tiO^Onil
hommes.
Les fnrtilications d'lug<dstadt ont été tellement rasées qu*a
peine y en reste-t-il de traces. L*n <imple et mauvais mur,
endommagé en plusieurs «ndroits. forme renceinte de cette
plac«'. il n'\ a pas un«' seule pnrte fermée ; il me paraît donc
dauL'er<'H\ de pfiiser a tenir dans la place, je fais cependant
ii'b\ei- h- ninr tl iiarrieader li>s portes pour parer à une surprise.
On \.i Ir.ixailli r i l.i tétf du pont, ipii a été aussi entièreoient
600 CHAPITRE VI.
r;iséc. Hm t>ni))lni«M'a ;i rrs ha\an\ li»u> h*> iiin\riiN.i mi ili^j-»-
siti(»n, mais dans la saisnii v[ W iiiaii\ai«^ Ifiiip^ iin il f.iit. a\,'
un >cnl i»l'li('ior dt» ;:rnit\ sans saprur^ v\ \iiiiLint tii*imt*r \ «-rt
nuM'ai:*' nnr caparit*' a rtnittMiir «Irnx Itatailliin^ ft hnil j'i...-»
«!»• «'anon, il faudra lûcii drs jnurs a>aiil iiiri'll»* |»iiiss.' ^i-rvir J»
Tais |)ro>isi>iri'ini'n( l'aire ipu'ItpH'N l'p.tulcnuMit^. ilrrri» rr lr*-
«picls «»n pourra plaorr ipiatrt* pim's il ^irtilltTif v\ ipirlipir
inlanlrrii'. v\ \v l'ai^ dispnsrr U's niadritM* an p'»fit il unr
luanit'ro a rr ipr<»ii pui>*>r Irx t'uK'M'r racili-niciil . ««ii r-»iil:[j!it.r»
n)alL:rr rrla. les Iraxaux d«* la trtt* ilu [»i>iit.
.Il' prir \iilr«* l-.xoi-lh'Ut't*, d'i-lrr prrNU.id» i ipir i •inpli' r.n
Inni mon /«lo l't mi's mnyus :i rfuiphr IHIip-t •!»' iiM>n •'••lufn.ir:-
diMnrnl : Ihmiumix t\v pnuxnir dniint'r par l.i. .1 **.i M.«|f*ti-. I.1
pH'UNf d»' iniiU di'\t>urnn'nl.
.lai riionnt'ur. ftc.
M. Bâcher au j^énerRl Rivaud
K.iti<»h-^r.n»\ I'^ 1'.' v.^ndi'n.:Air'' »n \i\ ill rt. •■•*■ > ■'.
7 ririip^ •; . ni.i'in
MnrisiiMir 1»* <irnrra!.
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11 OCTOBRE. 601
au reste, qu'ordres et contre-ordres parmi les Autrichiens et par
conséquent désordre dans tous leurs mouvements ; on ne peut
donc que difficilement se procurer des renseignements exacts.
Ce qui me parait en attendant le plus vraisemblable, c'est
qu'il n'y a dans ce moment que 2,()00 à 3,000 hommes d'infan-
terie dans le Ilaut-Palalinat et 500 à <U)0 hommes de cavalerie.
Ces troupes ne peuvent se maintenir dans la position d'Aml)erg,
sans s'exposer à être coupées.
Si elles se maintiennent néanmoins dans le Ilaut-Palatinat,
cela annoncerait l'arrivée d'une colonne de 0,000 Russes qui
devait être dirigée vers le Haut-Palalinatet qui aurait pu arriver
hier à Waldmunchen, sur l'extrême frontière de la Bohême et
du Ilaut-Palatinat, à trois journées de marche de Straubing età
quatre de Hatisbonne ; dans ce dernier cas de l'approche d'une
colonne russe, dont on n'a cependant aucun avis certain, le
régiment de Gcmmingen et les OCX) hommes de cavalerie se
réuniraient aux Russes.
J'ai l'honneur Hacher.
P. -S, — On mande de Landshut, sous la date du 17 vendé-
miaire, que l'armée autrichienne se retire de la Souabe par
Dachau et Freising en hâte et surtout en grand désordre, et on
assure qu'elle se dirige en grande hâte sur l'inn, vers Wasser-
burg.
HlVAUD.
Bulletin de Ratisbonne du 19 vendémiaire an XIV (11 octobre1805).
D'après les renseignements les plus récents, les troupes autri-
chiennes se disposent à abandonner leur position dans le Haut-
Palatinat de Bavière. Le cordon qui occupait tous les ponts et
passages du Danube, depuis l'Altmùhl jus(|u'â l'Inn, a été levé
hier. Le puiuel de 30 hommes de cavalerie autrichienne (|ui se
trouvait à Stadt-am-IIof, vis-à-vis le pont de Hatisbonne,
a (juitté celte station très à la hàle et l'on ne doute pas que
toutes les provinces bavaroises ne soient incessamment évacuées
par les troupes autrichiennes qui continuent de se retirer très
à la hâte, derrière l'Inn.
G03
CHAPITRE VI.
Situation des troupes qui composent le prtmier corps de U
Grande Armée (sous Munich), commandé par Son Excellence le
maréchal Bernadette
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